Hey ! Comment ça va ? Je poste ce chapitre en avance parce que j'ai appris il y a peu que ce week-end ce ne serait pas possible. Mais ce n'est pas forcément pour vous déplaire :) je sais que j'ai laissé le dernier chapitre sur une sorte de cliffanger.
Laissez-moi vous dire que ce chapitre est un de mes préférés. J'ai adoré l'écrire et je l'avais planifié avant même d'écrire le chapitre 12 :) Il ne s'y passe pas forcément grand chose mais c'est un grand pas en avant narratif et aussi dans le développement d'Hannah. J'espère que vous l'aimerez autant que moi :)
Je tiens à remercier tous ceux qui reviewent mes chapitres. Je sais que ça peut être chiant de le faire à chaque fois mais croyez-moi, je vous remercie du fond du coeur parce que c'est grâce à cet effort que vous faites que cette histoire prend vie. Merci vraiment du fond du coeur...
RGR :
LeLynxBlanc : Hey ! Merci beaucoup beaucoup pour ta review :) Je suis allergique aux histoires prévisibles alors j'essaye de ne pas en faire. Je suis contente que tu dises que Torn est imprévisible :) Parmi tes questions rhétoriques il y a la réponse ;) Et tu vas voir ça très vite... J'espère que ça te plaira.
Harry Potter appartient toujours à JKR et à Warner Bros, Torn à Natalie Imbruglia et les lieux mentionnés (hormis le Nortmai) existent tous.
Bonne lecture !
Torn
Nothing's fine, I'm torn
XVII - Direction
.
All is lost again
But I'm not giving in
I will not bow
I will not break
I will shut the world away
I will not fall
I will not fade
I will take your breath away
I Will Not Bow - Breaking Benjamin (Dear Agony)
.
J'ouvris faiblement les yeux. Je sentais de la pierre sous mes doigts, et une humidité insupportable comme celle des prisons. Il faisait froid et noir. La seule lumière des environs était un pâle rideau que la lune venait faire frapper Marcus. Il était assis à côté de moi, en tailleur, tenant son frère endormi dans ses bras. Aley dormait sur les genoux de sa mère, elle-même appuyée sur l'épaule de son mari. Brin et Lyou étaient debout et fixaient la direction d'où venait la lumière.
Je me redressai lentement. J'avais mal de partout, particulièrement aux cervicales et au dos. Ma tête semblait sur le point d'exploser et fourmillait de sifflement. J'avais des griffures encore fraîches sur les bras et mes vêtements étaient entièrement déchirés. Je tentai de me lever mais mes genoux tremblaient trop et me lâchèrent. Lyou me remarqua et se précipita vers moi pour m'aider.
- Où est-ce qu'on est ? lui demandai-je quand je pus rester stable debout
- Dans une cavité rocheuse qu'on a trouvé par miracle, m'expliqua-t-elle avec un sourire doux. La voiture est bien cachée et il ne reste aucune trace de notre passage. Les aurors nous ont perdus.
- Qu'est-ce qui m'est arrivé ?
- Quand on a quitté la route, on s'est aventurés dans le bois. Ça secouait beaucoup et ta tête a sûrement heurté quelque chose trop violemment. Tu as perdu connaissance pendant deux heures seulement.
Je soupirai de soulagement en constatant que nous étions provisoirement en sécurité. En me réveillant, j'avais eu peur d'être en prison. Heureusement, ce n'était qu'une impression. Nous ne risquions rien pour l'instant.
Brin s'approcha de nous également et prit Lyou par la taille, la collant contre lui. Marcus leva la tête, sans dire un mot. Nous étions les seuls éveillés pour le moment. Les autres étaient bien trop épuisés pour garder les yeux ouverts. J'adressai un sourire redevable à Lyou :
- Tu as été géniale, tu sais ? C'est grâce à toi si les aurors n'ont pas pu nous attraper.
Elle sourit faiblement :
- J'ai eu peur, Hannah. J'ai crû qu'on n'y arriverait pas, que c'était fini. Ils auraient pu nous rattraper et nous arrêter. Dans ce cas, nous serions en train d'attendre l'heure de l'exécution, croupissant dans une cellule d'Azkaban.
- Mais ça n'est pas arrivé, répéta Marcus. Et c'est grâce à toi, Lyou.
- Ça fait longtemps que j'ai promis de protéger cette famille -ou ce qu'il en reste- avec mon propre sang s'il le faut.
Je passai mes bras autour de son cou et la serrai dans mes bras en fermant les yeux. Elle resserra notre étreinte à son tour et je sus qu'il y avait un sourire sur ses lèvres. Lyou était la femme la plus forte, la plus déterminée qu'il m'ait été donné de connaître. Je ne connaissais pas ses dons en tant que sorcière mais j'étais sûre d'une chose : aucune autre femme du monde magique ne lui arrivait à la cheville en termes d'humanité, de force morale, d'habileté et d'obstination. Justin avait crû trouver la nouvelle proie parfaite quand il l'avait vue. Mais il n'avait pas pensé une seconde qu'il se serait fait écraser par l'amour qu'elle avait pour la vie et pour les siens.
- Merci Lyou... murmurai-je dans son oreille avant de me détacher d'elle. Pour tout depuis le début.
- Merci à toi, Hannah. Pour mon frère.
Brin croisa les bras sur son torse et fit deux pas en direction de Marcus, l'air pensif. Puis il se tourna à nouveau vers Lyou et d'une voix parfaitement calme, dit :
- Alors comme ça tu es une sorcière ?
Marcus posa délicatement son frère au sol et se leva à son tour, prenant place juste derrière moi, ses bras autour de mes épaules. Lyou baissa la tête pour éviter le regard de Brin, ne sachant pas quoi répondre.
- Nous sommes tous des sorciers, soupira Marcus en désignant les autres. Et ceux qui nous en veulent aussi.
- J'imagine que je ne devais pas le savoir parce que je ne vous aurais pas crus.
- Entre autres. Mais tu vois, non seulement tu nous aurais pris pour des fous mais si la voix s'était répandue et était sortie du Pembrokeshire, on serait déjà morts.
- Et est-ce que j'ai le droit de savoir quel crime vous avez commis ?
Marcus regarda Lyou, qui releva la tête et osa enfin rencontrer les yeux de Brin qui étaient revenus sur elle. Elle déglutit et répondit d'une voix affaiblie par la peur :
- On fait partie d'une famille qui par le passé à pris position lors d'une guerre. Et lors de celle qui s'est terminée il y a peu, on a refusé de choisir un camp. Mais le passé est le passé et la neutralité n'existe pas dans le monde sorcier. Les deux camps nous ont comme ennemis mais les perdants ayant été exterminés, les gagnants doivent nous faire payer le prix d'une allégeance que nous avons pas faite.
- Donc ils croient que vous êtes avec leurs ennemis et veulent vous tuer au même nom qu'eux ?
- C'est ça.
- Ce ne serait pas plus simple de leur dire la vérité ?
Je me raidis. La vérité...
- Hannah... Pour moi il n'y a pas de fin si les gens savent la vérité.
- La vérité... Mais personne ne veut l'écouter.
- Personne n'a eu le choix. Donnons-le leur.
- Vous voulez qu'on se batte, c'est ça ?
J'avais eu cette discussion avec la mère de la fratrie. Les gens ne savaient pas ce qui était réellement perpétré lors de la Purge. Mais si ils le savaient, trouveraient-ils ça injuste ou encourageraient-ils leur gouvernement à continuer ces crimes ? Si notre voix pouvait être entendue, accepterait-on de nous laisser la vie ? C'était ça la clef de notre survie : la vérité. Ce n'était pas une fuite à l'aveugle que nous devions faire. C'était un plan.
- Ils ne nous écouteront pas, soupira Marcus. Ils nous tueront avant.
- Il faudrait gagner du temps, murmurai-je pour moi
Personne ne m'entendit. Un tableau se dessinait dans mon esprit, une échappatoire, un espoir. J'entrevoyais une possibilité de s'en sortir. Mais il nous fallait du temps et des alliés. Et j'avais besoin de ma sœur.
Je me précipitai vers mon sac, qui gisait à côté de la tête de Vasco. Lyou, Marcus et Brin ne relevèrent pas et continuèrent leur discussion. J'ouvris mon sac et sortis les lettres que Justin avait caché pendant la Bohème. Celle de mes parents. Non, mon père pourrait m'aider mais jamais me sauver. Leila. Oui, j'avais besoin d'elle impérativement. Madame Chourave ? Non, jamais. Elle avertirait le Ministère et les Flint seraient condamnés. Je pris donc la dernière lettre, celle qui portait le logo du Département de la Justice Magique. Susan... Susan Bones... Ma meilleure amie. Et j'eus l'illumination.
.
- Hannah ! Hannah !
Je levai la tête de mon livre d'Histoire de la Magie :
- Oh ! C'est toi, Su. Ça va ?
- Oui mais devine ce que je vais te dire.
- Quoi ? Ils ont annulé le contrôle de Défense contre les Forces du Mal ?
Elle soupira en levant les yeux au ciel. Rogue avait beau être un expert en la matière, ses contrôles étaient d'une difficulté sadique parfois. Nous étions en sixième année, l'année entre les Buses et les Aspics. Poudlard était plus sombre que jamais et la guerre avait éclaté.
- Non, tu penses à autre chose des fois ? Ah oui, à Justin.
- Tais-toi il est juste à côté !
- Si tu veux mon avis, il est déjà au courant. Mais bon, ce que je voulais te dire c'est que j'ai discuté avec Madame Chourave et qu'elle a finalement accepté de m'encourager dans la voie de la Justice magique.
- Elle n'était pas d'accord ?
- Non, soupira mon amie avec tristesse. Vu que ma tante y travaillait et que... Enfin bref, elle a rejoint la liste des membres de ma famille que je ne reverrai plus.
- Su... Tu n'as pas choisi cette voie en souvenir de ta famille ?
- J'y pensais déjà avant mais ça a achevé de me convaincre. Ce monde a besoin de justice, Han. Il en manque. Je veux faire en sorte que plus jamais on ne laisse des innocents être condamnés à la place des criminels.
- Su... Crois-moi, tu as ta place dans ce monde-là mais promets-moi une chose. Ne te mets pas en danger de mort si la cause ne vaut pas la peine d'être défendue.
- Promis, Han. Et sache que si jamais tu as besoin de moi un jour, ma porte te sera toujours ouverte.
- Je m'en souviendrai.
.
Ma porte te sera toujours ouverte... Oh Susan, cette promesse d'adolescentes allait enfin prendre son sens. Il était temps de savoir si sa porte était vraiment ouverte.
- Ça va Hannah ? me lança Lyou de loin
- Oui, oui ! Donne-moi juste un peu de temps.
Je fouillai dans le sac de Marcus, y trouvant un stylo -un outil bien pratique que j'avais découvert lors de mon séjour au Nortmai. J'attrapai la lettre de ma sœur et me mis à lui écrire un mot.
Leila, j'ai besoin de toi et c'est urgent. On a été repérés et on est en fuite. Mais j'ai trouvé la solution pour s'en sortir. J'ai besoin que tu sois là quelque part sur la route qui mène à Londres. Ne réponds pas. Et si Susan est toujours de notre côté, trouve un moyen pour qu'elle accepte de te/me voir. Je t'aime. Hannah.
Je rangeai le stylo et me levai. Je pliai en quatre la lettre et la mis dans ma poche. J'allais devoir trouver un oiseau. Pas une chouette parce que ça allait attirer l'attention.
- Tu sors ? me demanda Marcus alarmé
- Je serai de retour dans deux minutes.
- Je viens avec toi. Je ne te laisserai pas seule là dehors.
J'opinai et lui tendis ma main. Il l'attrapa sans hésiter et la pressa comme pour sceller un accord entre nous. Nous sortîmes tous les deux de la cavité et nous plongeâmes entre les arbres de nuit.
- Aide-moi à trouver un oiseau qui ne soit pas chouette ou hibou.
- Pourquoi ?
- Tu verras...
- Reste ici. Je vais en chercher un.
Il disparut entre les arbres, me laissant plantée dans l'obscurité, là où même un chat ne m'aurait pas repérée. Je frissonnai de froid dans mes habits déchirés. Il faisait nuit et par conséquent la température n'était pas très élevée. Je me sentais à la fois si vulnérable et si forte. Tout au fond de moi, j'étais certaine de percevoir une flamme qui grandissait et l'excitation s'emparait de mes veines. C'était l'effet que me faisait l'espoir. En temps normal, j'aurais fait une crise. Mais je me sentais plus forte que jamais, prête à me battre pour que cette injustice prenne fin.
Marcus revint avec une sorte d'immense rapace au port royal perché sur son épaule. L'oiseau avait l'air de bien aimer mon ami, vu qu'il se frottait à sa joue.
- Qu'est-ce que c'est ? demandai-je sans retenir mon sourire d'émerveillement
- Un milan. Il est sympathique, vraiment.
- Comment tu as fait ?
- C'est de la magie primitive. C'est celle qui lie la nature entre elle et qui est à l'origine de la malédiction du Pembrokeshire. Elle coule dans mes veines à cause de mon ascendance. Sans utiliser un seul sort, ça me permet d'entrer plus facilement en contact avec la nature.
- C'est donc ça tes arguments, ris-je
- Oui c'est ça, sourit-il. Alors ? Qu'est-ce que tu veux lui faire faire ?
Je sortis le papier de ma poche et le tendis à Marcus, qui me dévisagea avec suspicion.
- J'ai besoin que Leila reçoive ce message.
- Hannah, qu'est-ce que tu as en tête ?
- J'ai peut être trouvé un moyen de nous en sortir, Marcus. Fais-moi confiance.
Il prit le papier et le donna au milan. L'oiseau le prit dans son bec et attendit que Marcus lui donne des instructions en gallois pour s'envoler.
- Il a compris ?
- Oui, ne t'en fais pas. C'est quoi ton plan ?
- Je t'en parlerai quand on sera tous réveillés, d'accord ?
Il attrapa ma taille et me fit reculer lentement jusqu'à ce que mon dos soit contre le tronc de l'arbre le plus proche. Puis il caressa ma joue et appuya son front sur le mien. Ses yeux se remplirent de tendresse :
- J'aimerais comprendre une chose... Tu n'es pas en danger de mort. On te recherche seulement parce que tu as fugué et qu'on veut te ramener dans le droit chemin. Alors pourquoi est-ce que tu jettes tes chances de vivre aux braises ?
- Parce que je ne veux pas vivre si vous n'êtes pas là. C'est aussi simple que ça. Ma fin sera la même que la votre parce que c'est mon choix.
- Hannah...
Il m'embrassa sur le front doucement. Je frissonnai encore une fois, à cause du froid, mais surtout à cause du contact de ses lèvres avec ma peau. Il se détacha et planta son regard vert que je connaissais par cœur dans le mien. Il ressemblait tellement à l'enfant de mon cauchemar...
- Marcus... murmurai-je alors. L'enfant mort est vivant.
- Quoi ?
- Il m'a dit qu'il était vivant. Qu'il n'était jamais mort. Je... Je ne comprends plus rien. Quand je le vois, il bouge, il me regarde, il cligne des yeux, il dit mon nom et il me raconte des choses qui n'ont pas de sens. Si je lui demande qui il est, il me dit qu'il est là ou qu'il est un enfant.
- Et sa voix ressemble à celle de quelqu'un que tu pourrais reconnaître ?
Je frissonnai. Je repensai aux mots qu'il prononçait dans mes rêves et passai la même phrase en boucle dans mon esprit : je suis vivant. Peu à peu, je n'en isolai que le son, le timbre et me figeai d'horreur. Mes lèvres tremblèrent quand j'ouvris à nouveau la bouche :
- C'est la tienne. En plus aiguë.
Il parut décontenancé mais pas si surpris, comme s'il avait posé la question juste pour être sûr que ma réponse n'allait pas être celle-ci.
- Tu es sûre qu'il est exactement comme moi enfant ?
- Je... Je crois c'est tout. Mais si tu pouvais me remontrer la photo que tu as, je pourrais peut être te dire ça plus précisément.
- Allons-y.
- Marcus ! Pourquoi est-ce que tu tiens tellement à savoir ça ?
- Parce que cette histoire a un sens, Han. Parce que je sens que ça n'est pas anodin.
Il attrapa ma main et m'entraîna à sa suite dans la cavité. Aley s'était réveillée et avait rejoint sa sœur. Les parents Flint aussi étaient éveillés mais ne s'étaient pas levés. Vasco, lui, dormait encore comme un ange. Lyou se tourna vers nous :
- Tout va bien ?
- Oui, répondit Marcus. Mais j'ai juste un truc à vérifier. Quand Vasco sera réveillé, il faudra préparer à manger. Réunion d'urgence.
Il attrapa son sac et fouilla dedans. Il n'en sortit la photo que nous cherchions et me la tendit. Je la pris entre mes mains et examinai la physionomie de l'enfant qui était représenté. Il avait exactement les mêmes yeux que celui de mon rêve mais ses cheveux étaient de quelques nuances plus foncés.
- Tu as eu les cheveux plus clairs ? demandai-je à Marcus
- Non. C'était ça le plus clair.
Je fronçai les sourcils. Dans mon rêve, l'enfant les avait d'une nuance bien plus claire. Un peu plus comme les miens. Les yeux étaient identiques, le grain de peau aussi, les traits du visage aussi, la coupe de cheveux aussi... Tout. Ce fut là que je repérai un détail minuscule. Sur le bord de son cou, petit Marcus avait une tâche beige. Je levai la tête et vis la même sur la version actuelle de mon ami.
Je fermai les yeux et visualisai le noir total. Je lâchai mentalement un appel et quelques secondes plus tard, je me retrouvai projetée dans mon rêve. J'étais assise devant l'enfant aux yeux verts, qui jouait avec des minuscules cailloux. Il les disposait étrangement, comme s'il dessinait une forme, un message. Il leva la tête vers moi et sourit :
- Je ne t'attendais pas, tu sais ?
- Je sais...
- Je suis content de te voir.
- Pourquoi est-ce que tu ne veux pas me dire qui tu es ?
- Parce que pour l'instant je ne le sais pas non plus. Je sais juste que tu m'as rendu la vie.
- Et où est-ce que tu es ?
- Ici. Juste devant toi.
- Je vois ça. Mais en vérité.
- Ici. Juste devant toi.
- Tu as un nom ?
- Pas encore.
- Est-ce qu'on s'est déjà rencontrés ?
- Pas encore.
- Tu existes ?
- Pas encore.
Il me sourit et m'indiqua le dessin qu'il avait fait avec ses cailloux. C'était un nom. Un nom que j'avais déjà entendu quelque part : Franz. Abasourdie, je levai la tête vers l'enfant qui souriait toujours. Mon regard tomba alors sur son cou. Il n'avait pas de marque.
.
Je me redressai en hurlant. J'étais dans les bras de Marcus, à demi allongée sur le sol, le visage de mon ami à deux centimètres du mien et son regard brillant d'inquiétude directement planté dans le mien.
- Je me suis effondrée ? réalisai-je
- Oui, complètement sans prévenir. J'ai crû que tu avais un malaise ou je ne sais quoi. Qu'est-ce qui t'a pris ?
- L'enfant... Ce n'est pas toi.
- Comment tu peux en être sûre ?
Je caressai la marque sur son cou :
- Tu as ça et pas lui. Il a dit qu'il n'existait pas encore mais qu'il avait un rapport avec un type du nom de Franz. J'ai connu un type qui s'appelait comme ça mais je ne me souviens pas de qui c'était. Il était très proche de ma sœur en tout cas.
- Il faudra lui demander la prochaine fois qu'on la verra.
J'opinai et il m'aida à me relever. Vasco s'était réveillé à son tour et avait rejoint le groupe. Lyou était plongée dans la préparation d'un repas rapide. Nous étions encore en pleine nuit, sans doute vers minuit ou une heure du matin. La nuit était alliée des fugitifs.
Quand nous eûmes terminé notre dîner retardé, Marcus se tourna vers moi et me lança un regard qui voulait dire "alors ton plan ?" Je déglutis difficilement avant de prendre la parole :
- Je pense avoir trouvé comment nous en sortir... Enfin peut être.
Le silence s'écrasa lourdement dans la cavité, tous les regards ayant convergé vers moi en attente d'en savoir plus. J'avais désormais très peur de me tromper. Ce n'était pas que ma vie qui était en jeu. C'était celle de bien huit personnes.
- Susan Bones, repris-je. C'est ma meilleure amie. Et d'après les informations que j'ai, elle est entrée au Département de la Justice Magique. Susan ne m'abandonnera jamais et m'a promis que si j'avais besoin d'aide, elle me la donnerait. Elle pourrait bien être notre seule possibilité de se faire entendre.
- Mais comment est-ce que tu veux la rencontrer sans se faire repérer ? demanda Aley
- J'ai besoin de Leila pour ça. Elle peut trouver un moyen de nous faire entrer.
- Et qu'est-ce qui te fait dire qu'elle acceptera de nous aider ?
Je plantai mon regard dans celui du plus jeune frère Flint :
- Peut être qu'elle ne le fera pas pour moi, après tout je ne lui ai pas donné de nouvelles depuis deux ans et elle peut m'avoir remplacée. Mais jamais elle ne pourra gagner contre ses sentiments pour Vasco.
- Hannah... murmura l'intéressé
- Elle t'a aimé pendant onze ans ! Et Marcus pense qu'on ne peut pas passer facilement outre des sentiments qui ont duré aussi longtemps avec autant de force.
- Mais je ne pourrais jamais utiliser les sentiments de quelqu'un pour mes propres intérêts, c'est...
Son regard tomba alors sur son frère. Puis sur son père. Puis sur Aley. Puis sur moi. Puis sur son père. Puis sur Brin. Puis sur Lyou. Ce n'était plus une question d'éthique : c'était la vie ou la mort de ceux à qui il tenait le plus au monde. Ses épaules s'affaissèrent et il prit son visage entre ses mains. Quand il releva la tête, il s'adressa à moi :
- Ça marche.
Je souris :
- C'est notre seule chance de toute façon. Leila peut nous abriter le temps qu'il faudra, je pense.
- Et où est-ce qu'on peut la trouver ?
- Sur la route qui mène à Londres.
Lyou sortit les clefs de la voiture :
- En route pour Londres alors. Aley, Brin. Aidez-moi à charger la voiture.
Sur ce, les trois intéressés disparurent. Je m'agenouillai à côté de Vasco pour le prendre dans mes bras. Il me serra contre lui l'espace d'un bref instant avant de m'embrasser sur la joue et de murmurer à mon oreille :
- Tu devrais aller voir Marcus. Il a vraiment besoin de toi, tu sais ?
- Moi aussi j'ai besoin de lui...
- Alors dis-le lui.
Je souris et me levai. Marcus s'était éloigné pour s'adosser contre la paroi de la cavité. Je lui fis face, une moue embarrassée sur les lèvres. Il me sourit gentiment et prit ma main :
- Tu te donnes tellement de mal... Alors que tu ne nous connais que depuis un mois environ.
- Mais avec vous j'ai compris quelle vie je voulais vivre. C'est à dire avec vous.
- Hannah...
- Tu mériterais tellement mieux que ça... Je veux dire, tu mérites de vivre heureux avec l'occupation de tes rêves, une femme que tu aimes de tout ton cœur et des enfants et...
- Hannah !
Il plaqua deux doigts sur mes lèvres :
- Si la vie nous donnais encore une chance, soit certaine que je ne voudrais que d'une seule femme à mes côtés et c'est celle qui m'a redonné goût à la vie.
Je me raidis entièrement, pas certaine d'avoir compris de qui il parlait exactement. N'attendant aucune réponse, Marcus enchaîna :
- Ça n'aurait pas de sens d'avancer sans raison de vivre. Je ne suis rien sans ma raison de vivre.
- Je crois que... Moi non plus.
Il sourit tristement :
- On parle de toi comme si tu n'étais pas là, tu sais ?
Je retins un frissonnement en entendant la confirmation de ce que je pensais. C'était moi que Marcus avait appelé sa raison de vivre. Le souvenir du baiser raté de la salle de bain du Lobster Pot revint m'interpeler.
Marcus caressa tendrement ma joue puis mes cheveux, toujours en souriant faiblement. Il y avait de la mélancolie dans son regard, mêlée à de l'affection. Je lui aurais sauté au cou en situation normale. Mais le temps nous était compté. Commencer à aimer, commencer à goûter le bonheur... C'était interdit si on ne voulait pas brûler encore plus. Ne pas se donner des ailes si on était fortement destiné à s'écraser au sol.
- Je suis tellement désolée... murmurai-je pour la centième fois en moins de trois jours
Il me fit taire d'un regard et m'embrassa sur le front. Jamais de ma vie je n'aurais pensé me retrouver là. Je ne pensais pas un jour détester Justin et Ernie de toutes mes forces, avoir pardonné mes parents pour tout ce qu'ils m'avaient fait, me battre pour des vies, et surtout je n'aurais jamais crû pouvoir aimer un autre que Justin.
- Vous venez ? nous lança Aley
- On arrive ! lui répondit Marcus juste avant de se pencher plus près de moi. Je te jure sur ma propre vie que si on s'en sort, je ne te quitterai plus jamais.
Je voulus lui demander quelque chose à propos de Mélissa mais me retint, ce n'était pas le moment de le confondre dans ses émotions. Pour l'instant, la priorité était survivre, pas ressentir.
- Et Hannah... fit Marcus avant de se diriger vers la sortie. Je t'avais dit que tu serais forte.
.
.
.
Et voilà ! Est-ce que ça vous a plu ? Verdict ? Est-ce que vous êtes contents ? La phrase de la mère Flint qui disait "Non. Parce que peut être qu'à ce moment-là, ton choix pourra condamner une personne que tu ne peux pas vivre sans. Et ton choix sera influencé par tes sentiments" était en fait pour Vasco, pas pour Hannah. Et on a des nouveautés dans le mystère "enfant mort". Est-ce que vous avez une idée ?
Je n'ai pas posté de chapitre pour BS parce que je n'ai pas eu le temps pendant cette semaine agréablement chargée. Je me rattraperai la semaine prochaine :)
Voilà voilà, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez et si vous avez des titres de chansons qui iraient bien avec l'histoire, n'hésitez pas non plus à me les faire parvenir :)
Torn a égalé Lys Ecarlate en matière de reviews sur le dernier chapitre.
À le semaine prochaine !
ACSD
