Hey ! Comment ça va ?
On approche sensiblement de la fin de cette fic... Je devrais avoir fini de poster vers le début du mois d'août, selon mes calculs. Que dire ? Je sens que ça risque de me rendre un peu triste. Sur mon profil, vous pouvez lire mes projets à venir mais je pense qu'il s'agira d'abord de réécrire "Le plus humain de tous", désolée pour ceux qui connaissent déjà la fin.
Sinon, autre petite nouvelle : cette semaine, j'ai changé presque routes les couvertures des fics. Celles qui n'y sont pas encore passées sont mes deux premières Oubli et Pardon et Irrévocable. Si vous voulez aller faire un tour... Même celle de Torn a changé (troisième version) et celle de Lys Ecarlate.
Dans la semaine, Torn est devenue ma deuxième histoire la plus lue (dépassé Le plus humain de tous) et la plus reviewé (dépassé Lys Ecarlate). Encore une fois, je remercie tous mes lecteurs et toutes mes lectrices (particulièrement ceux qui ont laissé une review). Merci mille fois pour votre soutien :)
Quant au mystère de l'enfant mort... Au moins une personne a deviné ;)
RGR :
LeLynxBlanc : Hey hey ! Merci énormément, ça me fait vraiment plaisir que tu aimes toujours :) Pour le baiser, sorry sorry mais je te promets que les choses vont évoluer très bientôt ^^ Pour la solution d'Hannah, il faudra encore attendre un moment, d'autres personnages vont (re)faire apparition entre temps. Encore merci et j'espère que ce chapitre sera à la hauteur de ton attente :)
Harry Potter appartient toujours à JKR et à Warner Bros, Torn à Natalie Imbruglia et les lieux mentionnés (hormis le Nortmai) existent tous.
Bonne lecture !
Torn
Nothing's fine, I'm torn
XVIII - Angleterre
.
I can feel you falling away
No longer the lost, no longer the same
And I can see you starting to break
I'll keep you alive if you show me the way
Forever and ever the scars will remain
Breaking Benjamin - Give Me A Sign (Dear Agony)
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Être fort ce n'était pas ne pas avoir peur. C'était avoir peur et avancer en surmontant ses craintes, même dans la plus violente des tempêtes. Eva et Andreas Flint étaient forts parce que malgré tout ce que la vie leur avait fait subir, ils continuaient à croire en un avenir meilleur. Lyou était forte parce qu'après des années et des années de souffrance, elle avait encore le courage de se battre pour protéger tous ceux qu'elle aimait. Marcus était fort parce qu'il s'était accroché jusqu'au bout pour ne pas sombrer après que la femme qu'il aimait le plus au monde lui ait été arrachée. Vasco était fort parce qu'il gardait toujours le sourire alors que le monde s'effondrait autour de lui. Aley était forte parce qu'elle acceptait de grandir trop vite pour ne pas s'écraser au sol.
Et moi aussi je serais forte.
Je passai ma main dans les cheveux blonds de Marcus avec mélancolie. Il était si incroyable... Je me sentais bien avec lui, et je haïssais le fait que nous avions neuf chances sur dix de mourir. Je venais à peine de comprendre comment être heureuse et je ne savais pas si j'allais pouvoir le vivre. Marcus m'avait quasiment implicitement dit que si on s'en sortait, on serait ensemble. Mais je ne pourrais jamais remplacer Mélissa pour lui. Il l'avait aimée bien trop fort pour que je puisse lui arriver à la cheville.
Je tournai la tête vers Vasco, qui parlait depuis dix bonnes minutes avec son père. Ils étaient apparemment en train de dresser le bilan de ce qu'ils avaient fait en six ans. Ils avaient l'air tellement dévastés à l'idée qu'on avait plus de chances de mourir que de survivre, qu'au fond de moi éclata quelque chose.
La vie était un cadeau qui était donné à tous, sans distinctions d'ethnies ou d'opinions. Chaque être, moldu, sorcier, cracmol ou même créature magique, avait le même droit de mener une existence digne et paisible. Pour des crimes non commis, ou même des crimes tout court, personne ne pouvait décider de la mort d'un individu. Personne n'avait reçu ce pouvoir sur ses congénères et pas même le Ministère de la Magie. Tous ces Mangemorts exécutés avaient beau avoir commis les pires crimes, les exécuter arbitrairement, sans procès, valait seulement à ramener les aurors à leur niveau.
- Je ne les laisserai pas faire, sifflai-je entre mes dents
Les regards convergèrent vers moi. Marcus avait celui le plus intense et Brin celui le plus confus. Mais j'étais en train de brûler intérieurement. J'avais subi trop longtemps dans ma vie, maintenant j'allais agir.
- Ils n'ont pas le droit de décider de la vie ou la mort de qui que ce soit, crachai-je. C'est la plus cruelle des injustices.
- D'ailleurs, réalisa alors Aley. Je me demande si les "héros de guerre" sont d'accord avec ce système ou s'ils n'en savent rien...
- Tu veux dire Potter et sa clique ? ricana Lyou. Ce sont des aurors, bien sûr qu'ils le savent. Mais tu vois, si les choses n'ont pas changé, c'est qu'ils n'en ont rien à faire. Ils perpétuent la même abomination que leurs collègues.
- Mais à Poudlard, Hermione Granger était contre toutes les injustices, rappelai-je. Même l'exploitation des elfes de maison. Je m'étonne qu'elle laisse faire ça.
- Si Granger est au courant des exécutions arbitraires et qu'elle ne peut rien faire, elle pourrait faire une alliée considérable.
- Tu ferais confiance à quelqu'un qui se méfie de toi par principe ? demanda Marcus qui n'avait pas ouvert la bouche depuis notre départ de l'abri
- Si ma vie en dépend, oui, en dernier recours. Qu'est-ce qu'on a perdre après tout ?
Il haussa les épaules :
- Rien de plus que ce qui va finir par nous être arraché si on perd ce combat.
Dans le rétroviseur, je vis un sourire en coin étirer les lèvres de Lyou. Son visage reprit des couleurs et je ne pus pas m'empêcher de m'en réjouir. Après quelques fractions de seconde, la même expression s'empara des visages de Vasco puis d'Aley puis de Marcus.
- On va arriver à la frontière avec l'Angleterre, nous avertit Andreas Flint en jetant un coup d'œil aux panneaux. Ça veut dire...
- Contrôle, compléta Eva en retenant un frisson
Il faisait encore nuit noire. Le message avait dû passer quand à notre numéro de plaque et tout ce que l'auror Clark avait pu relever sur nous. Il fallait trouver un moyen de passer entre les mailles du filet. C'était le plus gros obstacle qui nous séparait de Londres.
- Bon, soupira Lyou. Est-ce qu'il y a des chemins de campagne à emprunter dans les parages ? Brin ? Tu as une idée ?
- Je venais ici avec mes parents quand j'étais petit, tu sais ? Il y a peut être un moyen de contourner les contrôles. Normalement, il n'y a aucune douane entre le Pays de Galles et l'Angleterre. Il y a plein de petits chemins qui évitent de prendre les grandes routes bondées. Tourne à droite dès que tu peux.
Lyou avait beau avoir embarqué Brin avec nous par pure incapacité de ne plus le revoir, il s'avéra extrêmement utile pour éviter le plus gros contrôle de la série qui l'avait précédé. Nous traversâmes ainsi la frontière par une route auxiliaire, avant de reprendre l'autoroute un peu plus tard.
- Je n'étais pas venue dans ce pays depuis très longtemps, lâcha Lyou
Quand j'eus compris que nous étions dans mon pays natal, je me sentis dix fois plus mélancolique qu'auparavant. J'étais née en Angleterre et je n'y avais presque rien vécu de beau. J'avais haï chaque seconde de mon existence à cause de mes parents. Maintenant, parmi les choses que je voulais absolument faire, il y avait voir mon père. Et lui parler.
Entre le moment où j'avais quitté l'Angleterre et celui où j'y remettais pied, plus d'un mois s'était écoulé et j'avais intérieurement le sentiment de ne plus être la même. J'avais laissé derrière moi les chaînes qui retenaient mes poignets et mes chevilles. J'étais devenue celle que j'avais souhaité être toute ma vie. Et pour ça, il avait fallu que Justin et Ernie me brisent, que les Flint me relèvent et que Marcus me reconstruise.
Le destin était un drôle d'ami...
.
Nous voyageâmes trois bonnes heures sans trop d'encombres. La tension grimpait assez rapidement quand on entendait des voitures de police ou quand on approchait d'un péage. Nous n'étions pas encore saufs, on ne l'avait sûrement pas oublié.
Il y avait une autre tension, d'un tout autre genre, entre Brin et Lyou. Ils se fixaient régulièrement à travers le rétroviseur. Je n'arrivais qu'à voir le regard de l'aînée des Flint, vu qu'elle était dans le bon angle de mon champ de vision. Il était très clair qu'elle essayait de faire passer un message à Brin avec ses yeux, pour s'excuser encore une fois et pour tenter de lui faire comprendre combien elle tenait à lui.
Le Moldu gallois n'était pas le seul à avoir des sentiments dans cette histoire. Il avait passé assez de temps avec Lyou pour qu'elle ait envie de lui ouvrir la porte de son cœur. Mais elle n'avait pas eu le temps de le faire et dans son regard, on lisait combien elle brûlait d'en avoir l'occasion. Elle l'aimait.
Je tournai un peu le regard et vis que je n'étais pas la seule à avoir remarqué les échanges silencieux entre Brin et Lyou. Marcus fixait encore sa sœur sérieusement. Il avait l'air de la comprendre mieux quiconque. Soudainement, il tourna la tête et plongea ses yeux d'un vert trop familier dans les miens. Il passa une main derrière mon cou et m'attira plus près de lui jusqu'à ce que son souffle balaye mes lèvres. Encore une fois, nos fronts collés, nos yeux aimantés et assez proches pour entendre nos battements de cœur respectifs, cette envie difficilement répressible de faire disparaître le goût horrible de la bouche de Justin sur la mienne alluma un incendie dans mon estomac.
C'était un sentiment beaucoup plus fort que ce que j'avais pu ressentir dans ma courte vie. Il me faisait littéralement revivre. C'était comme recevoir une violente décharge d'adrénaline, d'énergie et renaître de mes blessures. Ça n'était rien de ce que me faisait Justin. Marcus ne me donnait pas envie de jeter mon amour propre aux flammes, ni même de le flatter juste pour faire en sorte d'être aimée un peu en retour. Non, il me donnait envie de vivre jusqu'au bout.
- N'aie pas peur... chuchota Marcus en m'envoyant son souffle sur les lèvres
- Je n'ai pas peur.
- Je ne croyais pas sérieusement qu'on pourrait s'en sortir jusqu'à ce que tu me dises que tu avais peut être trouvé un plan.
- Je ne croyais pas sérieusement que ça puisse marcher avant que tu ne l'approuves.
Un immense sourire étira ses lèvres et m'aveugla. Son visage rayonnant ajouté à sa proximité n'arrangeait rien à mon envie de plus en plus dévorante de plaquer son sourire à mes lèvres. Il fallait que je me retienne. Si j'avais appris quelque chose avec Marcus c'était sûrement que l'implicite avait plus d'efficacité parfois.
- Tu peux entendre mon cœur ? murmurai-je
Il rit discrètement :
- Il est juste contre le mien, alors bien sûr que oui.
- Tu te souviens de quand tu m'as prouvé qu'on était tous les deux vivants ?
- C'était avant-hier, donc oui.
- Tu pensais l'être avant ?
- Sincèrement ?
J'opinai en déglutissant.
- Non, lâcha-t-il. Après la mort de Mélissa, c'était comme si mon âme m'avait été arrachée. J'étais un corps vide qui avançait dans la nuit noire.
- Je croyais que Justin avait emporté mon cœur avec lui... Je m'étais complètement trompée, tu sais ? C'est juste que je l'avais ouvert à la mauvaise personne. Je me suis dit alors que je ne laisserais aucun homme y entrer à nouveau. Mais ça n'a pas marché.
Il sourit et me caressa la joue, sans pour autant reculer son visage :
- Je m'étais promis de ne plus condamner quelqu'un par amour. J'ai échoué aussi...
- Tu n'as condamné personne, Marcus.
- Et alors comment expliques-tu que tu sois maintenant en danger de mort ?
- Dans ce cas, je me suis condamnée toute seule. Tu n'y es pour rien. Ne prends pas sur toi les choix que je fais. Je ne regrette rien de ce qui m'est arrivé dans ma vie, même si ça doit me conduire à la potence.
- Hannah...
- Oui ?
- Tu es la femme la plus extraordinaire qu'il m'ait été donné de rencontrer.
Je souris et plongeai ma tête dans le creux de son épaule, rompant du même cou la tension insupportable causée par le fait d'être à deux millimètres de s'embrasser. L'éloignement était à la fois frustrant et soulageant. On ne pouvait pas se jeter dans un brasier, aussi beau soit-il, si à la clef on risquait de ne plus jamais revoir le matin.
- Ils nous ont retrouvés ! cria Lyou
Elle appuya violemment sur l'accélérateur et je me retrouvai écrasée contre Marcus. La voiture filait à toute allure, bondissant sur les imperfections de terrain. Je relevai la tête et croisai un panneau de sortie. Birmingham. Sans savoir pourquoi, je sentis que c'était là.
- Entre dans la ville ! hurlai-je à Lyou
- Quoi ?
- Fais-moi confiance ! Entre dans la ville et sème-les !
Elle donna un brusque coup de volant et prit la sortie, filant à toute vitesse vers Birmingham. Prévisible, la voiture de police s'élança à notre poursuite. Après de nombreux détours jusqu'à l'intérieur de la ville, nous arrivâmes face à un feu rouge. Lyou appuya lentement sur le ralentisseur. Quand elle fut sur le point de s'arrêter, elle relança l'accélérateur et s'engouffra rapidement sur la gauche dans un dédale de ruelles. Au bout d'une demie heure, elle avait semé la voiture.
- Et maintenant ? me demanda-t-elle
- Enfile-toi sur la droite, répondis-je d'instinct
Elle s'exécuta. Nous nous retrouvâmes dans une ruelle qui se terminait sur un garage délabré. Il n'y avait hormis nous qu'une camionnette blanche. La portière du véhicule s'ouvrit et en sortit Leila.
- Comment...? souffla Vasco
Lyou débloqua les portières :
- Prenez vite tous les sacs.
Nous descendîmes de la voiture, Marcus aidant son père et les autres garçons prenant les affaires du coffre. Leila alla ouvrir l'arrière de la camionnette et en vitesse, on chargea. Je me précipitai vers ma sœur pour l'étreindre à lui en briser les côtes :
- Je ne sais même pas comment j'ai fait pour savoir que tu étais là... soupirai-je de soulagement
- Moi non plus. Allez, montez vite qu'on puisse déguerpir.
- Comment est-ce que les aurors ont su pour le Pembrokeshire ?
- Vous avez été dénoncés. Je te dirai plus tard.
Nous grimpâmes à l'arrière de la camionnette tous les huit et Leila s'y enfila avec nous.
- Tu ne conduis pas ? demanda Vasco
- Non, Franz s'en occupe.
Franz ? La clef du mystère de l'enfant aux yeux verts était juste là ? Je tentai une nouvelle fois de faire appel à ma mémoire pour me souvenir de son identité mais échouai encore. Il avait été comme effacé de tous mes souvenirs. La drogue de Justin avait un effet bien trop néfaste à mon goût.
- Dormez, nous conseilla Leila quand la camionnette se remit en marche. On ne sera pas à la maison avant une heure et demie et c'est encore nuit. Reposez-vous un peu.
Lyou fut bien trop contente de se laisser aller contre Brin pour fermer les yeux. Elle ne dormait pas depuis presque vingt-quatre heures et l'adrénaline l'avait épuisée. Les parents Flint s'endormirent aussi rapidement, suivis par Aley. Vasco et Marcus posèrent chacun leur tête sur une de mes épaules et finirent par sombrer dans le sommeil à leur tour.
- Ça va ? me demanda Leila quand le silence fut tombé. Tu ne dors pas ?
- C'est dur de dormir... Je fais beaucoup de cauchemars.
- Ah oui ? Toujours ?
- Oui, à chaque fois. Dès que je ferme les yeux, je vois les mêmes choses. Ça me tourmente et ça me hante.
- Tu en as parlé à quelqu'un ?
- À Marcus.
Elle esquissa un sourire amusé :
- Je vois, je vois.
- C'est quoi le plan pour la suite ?
- Quand on arrive, vous vous arrêtez deux secondes chez moi mais vous vous abriterez chez Franz, personne n'ira jamais chercher là-bas. Quand il fera jour, j'enverrai un message à Susan pour lui demander un rendez-vous urgent. Mais au lieu d'y aller, je t'y enverrai.
- Comment ?
- Tu verras bien.
- Tu sais ce qu'est devenue Hermione Granger ?
- Elle est toujours là. De temps en temps, on entend parler de ses prises de position. Le nouveau ministre ne l'aime pas beaucoup mais elle est intouchable. Si tu comptes lui demander de l'aide... ça s'annonce un peu dur.
- Et... Leila...?
- Oui ?
- Je voulais juste savoir... Qui est Franz ?
- Quoi ? Tu ne t'en souviens pas ?
Je secouai la tête :
- Justin m'a refilé un truc qui a dégradé ma mémoire. Je l'ai déjà vu dans quelques souvenirs qu'il me reste mais... Je ne sais pas qui c'est.
- C'est le filleul de Papa. C'est le fils de son meilleur ami. On a passé beaucoup de temps ensemble quand... Oh Hannah je suis désolée !
- Quoi ?
- J'avais oublié que les parents ne te faisaient pas venir avec nous à leurs fêtes... Bon tu n'as rien raté c'était d'un ennui mortel. Mais Franz est venu deux ou trois fois à la maison et on a joué toutes les deux avec lui. Il est le meilleur élève en Divination des dernières décennies.
- Et il fait quoi comme métier ?
- Oh il est spécialiste en Divination. Il a un grand don. Il est parti sept ans à l'étranger. Je ne l'ai revu que cette année depuis. Il est rentré en Angleterre la semaine dernière. Il ne savait rien de ce qui s'était passé par rapport à toi, à maman... Bref il a eu quelques surprises.
- Est-ce qu'il a un rapport avec un enfant blond aux yeux verts ?
- Hein ? Non pas que je sache. Pourquoi ?
- Il faudra que je lui parle.
- Pour l'instant dors, Hannah. On sera chez moi dans une heure et demie. En attendant, repose-toi un peu. Tu ne crains rien.
.
Des secousses me firent ouvrir brusquement le yeux. Effrayée, je me redressai en sursaut. Ça n'avait jamais été bon signe. Pourtant, tous ceux qui étaient éveillés paraissaient parfaitement calmes. Marcus était encore endormi sur mon épaule. Il était loin le temps de ses nuits blanches systématiques.
Le véhicule s'arrêta complètement et nous entendîmes un portière s'ouvrir puis se fermer. Quelques secondes plus tard, les portes de l'arrière de la camionnette furent grandes ouvertes et je vis le Franz en question. Pas excessivement grand, le teint particulièrement bronzé, les cheveux bouclés et d'un brun presque bronze... C'était exactement l'homme que j'avais vu dans une des images mentales rapides et floues de mon cerveau, à côté de Leila et mes parents.
Je secouai gentiment Marcus. Ses paupières s'ouvrirent pour révéler ses magnifiques yeux verts. Il sourit doucement en me voyant tout près de son visage :
- Bonjour, murmura en collant un baiser sur l'arrête de ma mâchoire
- On est arrivés, souris-je à mon tour
Il bâilla et se leva. Il me tendit ses mains et me tira vers lui pour me relever à mon tour. Quand je fus sur mes deux pieds, j'enroulai brièvement mes bras autour de son cou pour l'embrasser sur la joue. Puis il prit ma main et nous suivîmes tous les autres à l'extérieur.
La maison de Leila n'était pas très grande, sur un étage seulement. Elle était assez isolée du reste des habitations de la zone. Le soleil levant la frappait en plein, l'illuminant d'un faible éclat irisé.
- Depuis quand tu ne vis plus chez Papa ? demandai-je à ma sœur
- Sept mois.
J'opinai en redressant mon sac sur mes épaules. Franz ferma les portes de la camionnette sans en sortir nos affaires. Je me rappelai alors que c'était chez lui qu'on allait se réfugier. Ça s'annonçait embarrassant...
Leila nous fit entrer dans la première pièce, en l'occurrence la cuisine. Elle se précipita vers l'évier pour remplir des verres avec de l'eau. Elle les posa sur la table et chacun en prit un. Franz se mit à côté de moi et m'adressa un immense sourire :
- Si n'avais pas vu ces yeux-là, je ne t'aurais probablement pas reconnue... avoua-t-il
Du coin de l'œil je remarquai que Marcus lançait un regard mauvais à cet ami d'enfance oublié. Possessif Marcus ?
- Euh... fis-je. J'imagine.
- Leila m'a dit que tu étais partie, quand je suis revenu. Je me disais bien que ça finirait par arriver, mais bon. Je n'avais pas prévu tout le reste.
- C'est tes dons de Divination dont parlait Leila qui te l'ont dit ?
- Tu ne t'en souviens pas ?
- Euh... J'ai eu beaucoup de choses à régler depuis la dernière fois.
Gros mensonge.
- Je comprends.
Il sourit et s'éloigna vers sa sœur. Marcus se détendit à vue d'œil, m'arrachant un sourire amusé. Il ne réagissait pas comme ça quand je passais quelques moments avec son frère, pourtant.
Je jetai un coup d'œil à l'horloge derrière moi. Il était presque six heures du matin. Ça avait l'expérience la plus angoissante de toute ma vie. Et vingt-quatre heures ne s'étaient même pas écoulées depuis que nous avions quitté Marloes.
Il nous restait des cartes à jouer. On n'allait laisser aucune chance nous filer sous le nez. Ce n'est jamais terminé tant qu'on n'a pas gagné. On avait encore du sang à verser, rien à perdre et la plus grande des déterminations. Survivre n'était plus un besoin, c'était un combat.
- Tu as dit qu'on avait été dénoncés, rappela Aley à Leila. Par qui ?
- Et bien par...
Nous entendîmes alors des pas dans la pièce d'à côté. Leila grimaça quand Marcus regarda dans le salon. Je jetai un coup d'œil par-dessus son épaule et le regrettai immédiatement. J'avais oublié un détail crucial. Nous n'étions pas les seuls réfugiés chez ma sœur...
- Hannah ? s'exclamèrent deux voix à l'unisson
Et merde.
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Youps. Et voilà, chapitre 18 :) La semaine prochaine, ce sera le 19 dont j'ai déjà beaucoup parlé dans mes réponses aux reviews. Il y aura quelques réponses à quelques questions :)
N'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de ce chapitre, de l'histoire ou si vous avez n'importe quelle question. J'y réponds toujours :)
Juste une question pour vous : avec qui aimeriez-vous éventuellement voir Aley et Vasco ? Toute réponse bienvenue (même les plus bizarres).
Le chapitre de BS sera posté demain normalement, s'il y a des intéressés :)
Merci beaucoup et à la semaine prochaine !
ACSD
