Hey ! Comment ça va ?

On y est, le chapitre dont j'ai déjà parlé plein de fois :) J'espère sincèrement qu'il vous plaira parce qu'il y a plein de personnages de partout...

Alors, petite information pour les lecteurs de BS principalement ou ceux intéressés par l'histoire, j'ai mis une "bande-annonce" pour BS sur Youtube : (enlevez les espaces et ) adresse de youtube/watch?v=2NsxmGq5Eb4

J'en profite pour vous remettre l'adresse de celle de Torn pour ceux qui sont "nouveaux" : adresse youtube/watch?v=YFhub7juz_g (toujours sans espaces)

Bon... Je mettrais un chapitre pour BS demain normalement.

Mais bon, revenons à nos moutons de Torn...

RGR :

Suna : Hey ! Bien revenue :) Merci pour les descriptions, j'ai eu beaucoup de mal avec ça très longtemps. Hannah a peur de ne pas être à la hauteur de Mélissa parce qu'elle a une sorte de complexe d'infériorité développé par rapport à sa soeur, doublé par le fait qu'elle ne veut pas "salir" la mémoire des morts. Pour les traîtres, ça vient tout de suite :) En tout cas merci beaucoup pour ta review et à bientôt j'espère :)

LeLynxBlanc : Hey ! Merci beaucoup pour ta review ^^ Et oui, deviné pour les voix ! En même temps je n'ai pas fait trop de secrets cette fois :) Tous tes compliments me font vraiment énormément plaisir, merci du fond du coeur :) J'espère que ce chapitre te plaira :) À bientôt et bonne lecture !

Harry Potter appartient toujours à JKR et à Warner Bros, Torn à Natalie Imbruglia et les lieux mentionnés (hormis le Nortmai et les maisons des personnages) existent tous.

Bonne lecture !


Torn

Nothing's fine, I'm torn

XIX - Retrouvailles


.

But I don't care what they say

I'm in love with you

They try to pull me away

But they don't know the truth

My heart's crippled by the veins that I keep on closing

Leona Lewis/Jesse McCartney - Bleeding Love

.


Nous étions désormais tous dans le salon. Marcus bouillonnait de rage et avait avancé de deux pas devant nous, assassinant du regard les deux autres réfugiés présents. Vasco avait mis sa main sur mon épaule, comme pour me tirer à l'arrière en cas de conflit. Mais pourquoi est-ce que les garçons devaient toujours se battre ? L'air était chargé en tension, épaisse, mortellement asphyxiante.

Mon regard froid tomba dans celui d'Ernie puis dans celui de Justin. Ils avaient l'air désemparés. Leurs visages étaient émaciés, leurs yeux cernés de noir, leurs joues trempées d'une sueur visiblement visqueuse. Leurs cheveux étaient sales et désordonnés. C'était comme si ils avaient souffert plus que moi.

- Hannah... supplia Justin en s'avançant d'un pas

- Ne t'approche pas d'elle ! cracha Marcus en se mettant entre nous

Je posai ma main sur l'épaule de mon ami pour l'apaiser. Je reportai alors mon attention sur Justin et me rappelai que j'avais aimé cet homme. Cet homme qui m'avait déchiré cœur et âme, me réduisant en cendres en l'espace de toutes ces années de sentiments dévorants. Je ne pus retenir la grimace de dégoût et de haine qui déforma mes lèvres.

Il voulut s'avancer encore mais je reculai, levant mes paumes devant moi comme pour faire barrière entre nous. Ce simple geste instinctif provoqua un changement dans son expression. Il passa du choc au désespoir et je l'entendis à nouveau murmurer mon nom comme une plainte.

- Ne t'approche surtout pas de moi, sifflai-je en voyant qu'il allait s'avancer encore

- Hannah... Je t'en supplie, je...

- Non ! Reste loin. Recule. Recule !

Il fit deux pas en arrière et je baissai mes mains. Je m'étais faite à l'idée de ne plus jamais le revoir, ni Ernie. J'avais oublié qu'il faisait partie de cette histoire et que tôt ou tard j'allais avoir à me confronter à lui à nouveau. Ma rage avait refait surface en l'espace de quelques secondes. Dans mes veines, je sentais mon sang chauffer, me faisant trembler de colère.

- Hannah, laisse-moi t'expliquer ce...

- Expliquer ? aboyai-je. Expliquer quoi, Justin Finch-Flechtley ? La façon dont tu m'as traitée tout ce temps ? La drogue que tu m'as refilé et qui m'a dégradé la mémoire ? Le fait que tu, que vous m'avez sciemment abandonnée à ma mort, tous les deux, alors que vous étiez mes amis ? C'est ça que tu veux expliquer ? Tu peux aller brûler en enfer, je m'en porterai mieux !

La colère qui déliait ma langue était bien trois fois plus violente que ce que j'avais estimé avant. J'étais folle de rage. Je les détestais littéralement. Rien que le fait de voir leurs visages me donnait envie de leur cracher dessus tout le venin qui s'était accumulé depuis leur départ.

- Hannah, insista-t-il. Je suis désolé, crois-moi mais...

- Ça te va bien de dire que tu es désolé, maintenant ! En attendant, tu sais combien ça fait mal ? Tu sais combien je suis désolée que vous ne soyez pas enfermés dans une cellule à l'heure qui l'est ? J'espère que vous avez bien souffert tous les deux, parce que moi j'aurais très bien pu ne pas m'en sortir.

Je fis pour quitter le salon mais la présence de Marcus à mes côtés me retint. Alors je pris son bras et lui fit signe de venir avec moi dans la cuisine. Alors que nous commencions à bouger, Justin se jeta sur moi, agrippa mon bras et me tira vers lui :

- Écoute-moi, Hannah !

Et comme il fallait s'y attendre, Marcus réagit au quart de tour. Il attrapa Justin par le col de son maillot et le poussa le plus loin possible de moi, l'envoyant s'écraser contre un Ernie qui ne s'était pas remis du choc. Leila étouffa un cri en voyant la bagarre entre les deux hommes commencer. Les Flint, eux, n'avaient pas l'air si mécontents de ce que Justin recevait.

Ma sœur se prit la tête entre les mains, alors que Franz posait sa main sur son épaule en signe de soutien. Elle lâcha un juron avant de se mettre entre les deux rivaux :

- Ne vous battez pas dans ma maison ! s'écria-t-elle. Soyez plus diplomates. Apparemment il y a des choses à clarifier entre Justin et Hannah. Allez tous les deux dans la cuisine discuter tranquillement.

J'interceptai le regard de Lyou, qui m'indiquait discrètement ses deux frères. J'opinai en comprenant ce qu'elle voulait me dire. Je croisai les bras sur ma poitrine :

- D'accord mais seulement si Vasco et Marcus viennent avec moi.

Justin eut l'air particulièrement fâché de ma requête. Au contraire, Marcus laissa ses lèvres s'étirer en un rictus narquois et fier. Vasco semblait lui aussi plus que satisfait. Je tournai les talons et me dirigeai vers la cuisine, suivie par les trois hommes. Je ne voulais pas parler à Justin mais si c'était le seul moyen d'éviter que Marcus se fasse mal à cause de lui...

Je m'assis sur la table de la cuisine et décroisai mes bras. Je lançai un regard méprisant à l'intention de mon ancien meilleur ami :

- Vas-y, "explique-toi"... dis-je avec une froideur hargneuse

Je vis dans ses yeux que j'avais réussi à le blesser rien que par mon ton. Il ne m'avait jamais entendue parler ainsi, ni même ne m'imaginait capable d'une telle colère envers une personne. Il lança un bref regard méfiant aux frères Flint avant de me répondre :

- On ne voulait pas te laisser là-bas, je te jure. Mais c'est que... On a paniqué. Tu as parlé de la malédiction du Pembrokeshire et... Je vous ai menti quand j'ai dit que ce n'était qu'une légende, je savais pertinemment que c'était vrai.

- Quoi ? explosai-je

- Attends ! Laisse-moi t'expliquer !

- Tu le savais et ça ne t'a pas arrêté ? Tu voulais nous tuer ou quoi ?

- Je t'en prie, calme-toi ! Je ne voulais pas nous tuer, je te jure. Mais tu me connais, l'inconnu, le danger ça m'attire... Mais quand tu as perdu les pédales, tu as fait comprendre que tu avais eu affaire aux fantômes et qu'ils menaçaient de revenir. Tu as essayé de te noyer mais je t'ai sorti la tête de l'eau mais après tu as hurlé comme une possédée. Et tu t'es effondrée. On a pensé que tu avais été possédée et que ça t'avait tuée.

- Tu ne serais pas un peu abruti ? Si j'étais possédée par un truc c'était par ta maudite drogue hallucinogène. D'ailleurs, je peux savoir pourquoi tu m'as refilé cette horreur ?

- Je suis tellement désolé... Mais je ne sais jamais comment parler aux gens, leur dire ce que je pense vraiment. Avoir été pétrifié en deuxième année et avoir frôlé la mort tout ce temps, ça m'a affecté. Mais je n'ai jamais su comment en parler à quelqu'un. Et j'ai tout cumulé en moi, canalisant la douleur dans toutes les sortes de dépravations possibles. J'ai commencé par fumer. Puis la drogue. Tu étais la seule personne qui tenait assez à moi pour ne pas aggraver les choses. Je voulais te dire comment je me sentais, partager mon malaise avec toi. Le seul moyen que j'ai trouvé c'était ça. C'était une énorme erreur, je suis tellement désolé...

- Espèce de sale mythomane écervelé ! Je tenais à toi et tout ce que tu as trouvé à faire c'est utiliser ma naïveté pour m'empoisonner !

- C'est faux !

- C'est vrai et tu le sais pertinemment ! Tu m'as laissée de côté toutes ces années mais moi je suis restée avec toi quand même. Tu m'as fait souffrir plus que je n'ai jamais laissé paraître mais je tenais tellement à toi que je m'accrochais quand même ! Je n'ai jamais voulu voir combien tu étais mauvais pour moi, parce que je t'aimais. À cause de toi, j'ai touché le fond. Mais ce n'est pas grâce à toi si je me suis relevée.

- Hannah, je suis déso...

- Dis encore ça une fois et je t'égorge ! J'en ai eu ma claque de tous tes mensonges ! Maintenant explique-moi pourquoi tu m'as embrassée.

Je vis du coin de l'œil que Marcus avait des envies de meurtres. Vasco se contrôlait pour ne pas intervenir dans la conversation. Moi aussi, je voulais frapper Justin mais je me retenais pour le laisser finir ses explications.

- Hannah...

- Dis-moi juste pourquoi et n'essaye même pas de t'excuser.

- Parce que je... Enfin, je veux dire que...

- Tu voulais juste profiter du fait que je sois une imbécile naïve pour t'amuser un peu, pas vrai ?

Je ne pouvais même plus retenir ma langue. Je lâchais tout ce que j'avais contenu en un mois. Et je me sentais progressivement mieux, comme si cracher mon venin à sa figure était le remède contre ma douleur.

- Non ! protesta-t-il. Je ne pourrais jamais faire ça ! Et puis tu n'es pas une imbécile, Hannah...

- Alors pourquoi ? Je ne passerais pas ma journée à attendre !

- Si je t'ai traitée comme une enfant, comme une poupée tout ce temps c'est parce que c'était ma façon de te montrer que je tenais à toi. Tu as été ma meilleure amie depuis la première année, Hannah. Je t'aime plus que tu ne crois, plus que ce que j'ai pu montrer.

- Et donc tu penses que ça va changer quelque chose de me servir ça maintenant ?

- Je ne suis pas en train de mentir ! Je t'en supplie crois-moi ! Aucune fille n'a eu plus d'importance à mes yeux que toi. C'est juste que je suis nul à le faire comprendre.

- Tu aurais dû y penser avant. Maintenant ça ne sert plus à rien.

Il tomba à genoux sur le sol :

- Je t'en prie ne dis pas ça... J'ai fait ce que j'ai pu !

- Tu nous as dénoncés, Justin ! aboyai-je. Et après ça tu t'attends encore à ce que je te pardonne ?

Il se releva :

- Parce que j'étais censé savoir que tu allais tomber dans les ténèbres ? siffla-t-il. Quand on est arrivés en Angleterre, Ernie a fait le lien entre le nom que tu avais mentionné...

Il pointa Marcus du doigt avant de poursuivre :

- ...et le fait que tu avais parlé des Flint peu avant. On a compris alors que tu étais menacée par des Mangemorts. On a paniqué et on s'est mis à chercher ta sœur de partout. On s'est dit que si on avait une chance de te tirer de là, c'était qu'elle les dénonce. Mais elle est partie en disant qu'elle devait aller travailler. Alors on y est allés nous-mêmes.

Je dus rattraper Marcus et Vasco une seconde avant qu'ils ne se jettent sur lui. Je n'avais que de la rage, bouillonnant dans mes veines :

- Tu n'aurais jamais dû faire ça, Justin. Maintenant on est en danger de mort. Je me portais bien mieux quand j'étais à Marloes, sans toi et sans Ernie. Parce que tu vois, tu as beau appeler Flint "Mangemorts", ils seront toujours plus bons que tu ne seras jamais.

- Tu n'avais pas à céder ton âme au Mal, Hannah !

- Le "mal", en un mois, m'ont rendue bien plus heureuse que vous tous en vingt-trois ans ! Je te déteste, Justin Finch-Fletchley, de toute mon âme !

Il fit pour me prendre les poignets mais je réagis avant et abattis la paume de ma main sur sa joue avec toute la force de la rage que j'avais en moi. Abasourdi par la claque, Justin recula de deux pas, se tenant une main sur la marque rouge que j'avais laissé sur sa peau.

Je tremblais de colère, les dents serrés, poing crispé. Je sentais encore déferler les insultes jusqu'à ma langue. Elle ne trouvaient pour barrière que mon dégoût profond pour mon ancien ami. Malgré la haine qui envenimait mes veines, j'avais l'impression de m'être libérée d'un poids affreusement lourd sur la poitrine.

Je lançai un regard aux deux frères Flint :

- Si vous voulez vous défouler sur lui, je ne vous retiendrai pas.

- Il n'en vaut pas la peine, cracha Vasco. Il a tout perdu, je crois que ça suffit comme punition pour nous avoir infligé la même chose.

Marcus opina même si on lisait clairement sur son visage qu'il ne voulait qu'une chose en cet instant et c'était décrocher la mâchoire de Justin avec son poing. Je ne le retenais pas, il pouvait se faire plaisir

- Hannah... recommença Justin

- Je ne veux pas t'écouter ! m'écriai-je en me bouchant les oreilles

- Hannah ! S'il te plaît, raisonne un peu et...

- Raisonner ? explosa Vasco. Tu lui demandes de raisonner ? Tu as réfléchi toi quand tu l'as abandonnée à son sort il y a un mois ?

- Tu as pensé que quelqu'un allait la trouver en train de s'étouffer avec sa propre peur ? s'exclama Marcus à son tour. Non, hein ? Parce que tu pensais peut être aussi que tu allais pouvoir te pointer comme une fleur et recommencer votre vie comme si de rien était ?

- À cause de toi, non seulement elle a été détruite mais tu nous as tous mis en danger de mort. Et Hannah se torture impitoyablement en pensant que c'est de sa faute.

- Maintenant, je te mets en garde. Approche-toi encore une fois d'elle et je te casse chaque os un par un en commençant par ta mâchoire.

Justin crut bon de relever la tête pour faire face à Marcus, le défiant du regard :

- Je n'ai pas de menaces à recevoir de toi, Mangemort.

Le coup partit avec une violence incroyable. Justin s'écrasa au sol comme un poids mort. Il se releva tant bien que mal et tenta d'enfoncer son poing dans le ventre de Marcus. Il ne rencontra que du dur et se retrouva éjecté contre le mur par un nouveau coup de son rival. Je fis pour les arrêter mais Vasco m'en empêcha. Il me lança un regard qui voulait dire Patience. Je soupirai; inquiète. Marcus avait empoigné Justin et l'avait jeté contre la porte, qu'il avait ouverte et traversée, terminant son vol plané dans le salon.

- Maintenant tu peux intervenir, fit Vasco avec son sourire typique

Je ris en levant les yeux au ciel et descendis de la table. Je me dirigeai vers Marcus et pris sa main avant qu'il ne fasse un pas en direction de Justin. Il tourna la tête vers moi, son regard cent fois plus doux :

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Tu auras besoin de ta force pour autre chose, chuchotai-je en lui adressant un sourire tendre. Ne la gâche pas sur quelque chose qui n'en vaut pas la peine.

- Il...

- Marcus, s'il te plaît reste intact. On n'a pas fini de se battre encore.

Il sourit et opina avant de m'embrasser sur la joue et de se pencher vers mon oreille :

- Quand c'est toi qui demande, je fais n'importe quoi.

Je ris pour deux raisons. La première étant la phase de Marcus et la deuxième le regard brûlant de jalousie que nous lançait Justin. Un mois plus tôt, j'aurais été la plus heureuse des filles en voyant qu'il n'aimait pas me voir avec quelqu'un d'autre que lui, mais maintenant la seule satisfaction venait du fait qu'il était blessé dans sa fierté et que je ne me sentais pas coupable.

Nous retournâmes donc tous les trois -Marcus, Vasco et moi- aux côtés des Flint et de Brin, sous le regard subtilement amusé de Leila et de Franz. Je souris à ma sœur :

- Bon. La suite ?

- On va attendre sept heures avant de se diriger. J'ai envoyé un message à Susan. Elle devrait le recevoir quand elle entrera dans son bureau. Tu prendras mon apparence et quelqu'un celle de Franz.

- Moi, se désigna Vasco

Il avait l'air mortellement sérieux. Les paroles de sa mère me revinrent alors en mémoire : Peut être qu'à ce moment-là, ton choix pourra condamner une personne sans qui tu ne peux pas vivre sans. Et ton choix sera influencé par tes sentiments. Elle avait raison. Vasco était certain de ne jamais avoir à déroger à son éthique mais il y tenait bien moins qu'à sa famille et ses amis, lui qui avait perdu tant de personnes chères sans pouvoir faire quoi que ce soit. Vasco Flint était un homme qui avait un cœur parfait avant un corps parfait.

Leila opina et lui sourit :

- Ne t'inquiète pas, ça va marcher.

- Et si elle m'a laissé dans le passé ?

- Je l'ai vue il y a quelques mois et je peux te promettre que ce n'est pas le cas. J'ai même vu une photo de toi dans son bureau. Elle ne t'a pas oublié, Vasco.

Il sourit faiblement :

- Merci Leila.

- Ne me remercie pas, je n'ai rien fait du tout...

- Si... Tu m'as redonné un peu de courage.

Quand je vis ma sœur rougir, j'eus envie de lever les yeux au ciel en souriant. Depuis quand Leila Abbott était embarrassée quand un garçon lui parlait ? C'était le charme de Vasco qui avait encore frappé.

- En attendant, fit Franz. Je vais vous amener chez moi. Vous y serez en sécurité parce que sur le plan officiel je ne suis même pas censé être impliqué dans cette histoire.

- Tu ramèneras Han et Vasco ici à sept heures, lui rappela Leila

Elle sourit dans ma direction et se jeta à mon cou :

- Tu ne sais pas combien je suis contente que tu sois revenue.

Je la serrai plus fort contre moi :

- Je ne pensais pas le faire un jour... Mais je suis contente aussi.

- Je te promets que je ne baisserai pas les bras tant que vous serez tous à nouveau libres de vivre en paix.

- Je t'aime, Leila.

- Moi aussi je t'aime, Hannah.

Nous nous détachâmes et après un dernier sourire, je me tournai vers Franz. Il sourit et nous fit signe de le suivre à l'extérieur. Aussi vite que possible, nous reprîmes place dans la camionnette. Je me jetai directement dans les bras de Vasco puis Marcus :

- Merci, merci ! Merci d'être venus avec moi...

- On vous entendais crier depuis le salon, m'informa Aley avec un sourire en coin sarcastique

Je ris :

- J'étais un peu énervée...

- Un peu ? plaisanta Marcus en m'enlaçant par derrière. J'ai crû que tu allais lui arracher les yeux.

- Écoutez qui parle... soupira Lyou avec un sourire. Si Han ne t'avait pas retenu, tu aurais réduit cet abruti en charpie.

Je ris en embrassant Marcus sur la joue :

- Ça ne m'aurait pourtant pas dérangée. Quand tout sera fini, tu pourras te faire plaisir.

.

Franz habitait plusieurs villes plus loin, dans une maison qui se fondait parfaitement dans la masse des autres du quartier Moldu. Je voulus lui demander pourquoi il vivait là et avait un permis de conduire Moldu mais me retins. J'avais déjà tellement de questions à lui poser.

Je m'effondrai sur le canapé, épuisée. Lyou vint s'assoir à côté de moi pour passer son bras autour de moi et poser sa tête contre la mienne :

- Je ne te remercierai jamais assez pour tout ça...

- On fait tous notre part, souris-je en fermant les yeux. Moi aussi je dois te remercier. Tu sais Lyou... Je croyais que Justin était intéressé par toi quand on est arrivés. Mais même avec ça, je ne t'ai pas détestée une seule seconde.

- Merci...

- Je t'admire. Tu es tellement forte, tellement déterminée... Tu ne baisses jamais les bras, tu ne suis que ton propre instinct...

- J'ai plutôt l'impression d'avancer à tâtons mais ça me fait plaisir de t'entendre me le dire. Tu as aussi tellement de choses que j'admire. Tu sais comment ne pas céder à ta raison au détriment des sentiments... J'aimerais faire ça aussi.

- Tu veux dire par rapport à Brin ?

Même avec les yeux fermés, je devinai le sourire mélancolique qui s'était emparé de ses lèvres :

- Oui. Par rapport à Brin. Je ne veux pas le perdre sans qu'il sache mais je ne veux pas qu'il sache avant de le perdre. C'est tellement confus, paradoxal, contradictoire...

- De quoi est-ce que tu as peur ?

- De goûter au bonheur. De prendre mon envol pour m'écraser plus fort.

- On est deux. Moi aussi je me sens comme ça. Je pense qu'on devrait attendre un peu encore. Si tout est perdu, on lâche tout. Si on s'en sort, on y repense.

- J'aime ce plan.

Je ris et ouvris les yeux. Je rendis son étreinte à l'aînée des Flint tout en m'allongeant contre son épaule. Elle avait la peau chaude qui sentait exactement comme celle de Marcus et Vasco. Cette odeur, je l'avais inhalée chaque jour et chaque nuit à Marloes. C'était celle que je préférais sur Terre.

- Tu penses qu'on va vraiment s'en sortir ? demanda Lyou après une dizaine de minutes

- En réalité je ne sais pas mais je le veux de toute mon âme. Ce que j'ai appris à Marloes c'est que vouloir est le premier grand pas vers obtenir ce qu'on veut.

- C'est vrai... Je pense qu'on a des possibilités mais au cas où... Sache que tu es la meilleure chose qui soit arrivée à cette famille depuis six ans.

- Je vous aime tous tellement...

- Nous aussi on t'aime. Tu fais partie de cette famille toi aussi maintenant.

Je fermai les yeux, laissant un immense sourire s'emparer de mes lèvres. Même dans la peur et le malheur, le soleil n'était pas entièrement caché par les nuages. Nous n'étions pas seuls. Ni mêmes désespérés.

Franz s'avança avec Brin et Aley et ils s'assirent sur le canapé, soit à côté de nous soit en face de nous.

- Vasco et Marcus aident les parents en haut, nous informa Aley en laissant sa tête basculer vers l'arrière

Mon soit disant ami d'enfance planta son regard directement dans le mien :

- Leila m'a dit que tu m'avais oublié.

- Pas mon choix.

Involontairement ou instinctivement, je lui lançai un regard méfiant. Je sentais une sorte de crainte inexpliquée quand il était là. Et j'étais sûre que ça avait à voir avec les choses que j'avais oubliée.

- Tu as toujours peur de moi... soupira-t-il

- Qu'est-ce que tu m'as fait ?

- Je n'en ai pas la moindre idée. Je me pose la question depuis au moins seize ans.

- Leila a dit qu'elle t'avait connu lors de rencontre entre nos parents.

- C'est ça oui. C'était des sorties mondaines importantes aux yeux des parents mais Leila et moi n'en avions rien à faire.

- Comment s'est passée notre première rencontre ?

- Vous aviez sept ans et moi dix. Leila m'avait déjà parlé de toi mais je croyais qu'elle t'avait inventée parce que dès que je te mentionnais, tes parents m'ignoraient. Et vu que mon éducation a été assez particulière, la seule chose que j'aie faite pendant cet après-midi avec Leila et toi c'est me vanter. Mettre mes dons en avant. Tu étais sceptique, par contre. Je l'ai mal pris alors j'ai décidé de te prouver ce que je savais faire. Et depuis tu ne m'as plus jamais fait confiance.

On y était ! La clef de tout le mystère était là : dans ce que Franz m'avait prouvé. C'était ça le message de l'enfant aux yeux verts, qui expliquait qui il était et pourquoi il me hantait depuis des temps immémoriaux.

- Et par hasard... tentai-je. Tu n'as rien à voir avec un enfant blond aux yeux verts ?

Il ouvrit de grands yeux :

- Hein ? Non... Pas que je sache.

- Est-ce que tu sais comment tu m'as prouvé tes dons quand on était enfants ?

- Je n'avais pas vraiment le contrôle de ce que je faisais donc c'est peu probable que je puisse refaire le même chemin et te remontrer.

- Écoute, c'est très important. Donc si tu trouves une réponse, dis-le moi tout de suite.

Aley se leva et se dirigea vers nous. Lyou et moi étions toujours serrées dans notre étreinte apaisante. J'avais encore la tête posée sur son thorax et elle jouait avec mes cheveux. La plus jeune de la fratrie s'agenouilla sur le sol et posa sa tête sur mes genoux. Je souris et caressai ses boucles blondes :

- Ça va ?

Elle opina légèrement :

- Je suis épuisée mais je suis contente d'être encore en vie.

- On fera tout pour le rester le plus longtemps possible.

- Je n'ai pas peur. Je n'ai plus peur.

Mon sourire s'agrandit. Moi non plus je ne sentais pas la même angoisse me tenailler les tripes, elle avait été balayée par l'envie de vivre. J'avais eu un aperçu bref mais intense de la vie que j'avais rêvée depuis mon enfance, une vie heureuse, et j'étais prête à tout pour qu'on puisse la cueillir tous ensemble.

Je tournai la tête vers Lyou. Brin et elle se fixaient avec un sourire involontairement débordant de sens. Il avait gagné son cœur et elle avait trouvé une raison de vivre supplémentaire. Pourquoi baisser les bras quand tout ce qui nous attend c'est le bonheur ?

.

Sept heures... Leila s'étira rapidement avant de disparaître dans la cuisine. Justin et Ernie s'étaient réfugiés dans leur chambre, ne pouvant supporter de voir Vasco ou moi. Franz ne nous tenait plus compagnie non plus. Il avait préféré rentrer chez lui pour faire en sorte que tout s'y passe bien et qu'aucun indésirable ne vienne y jeter un coup d'œil.

Ma sœur revint avec une boîte en bois dans les mains. Elle l'ouvrit : elle contenait quatre fioles de potion. Elle nous en donna deux chacun avant de nous mettre dans les mains des mèches de cheveux. Plus longs pour moi et bouclés pour Vasco.

- Leila, soupirai-je

- Je l'ai pris dans la réserve de l'université. Ils ne le remarqueront pas. Et puis c'est pour une bonne cause, donc je n'ai rien à me reprocher.

- Tu es fantastique, la rassura Vasco avec un sourire immense

Il regarda la fiole de liquide peu invitant avec un air peu confiant et mélancolique. Leila s'en aperçut aussi et lui frotta le bras gentiment, lui adressant un sourire rassurant :

- Fais-toi confiance.

- Et si je fais tout rater ?

- Ça n'arrivera pas. Fais-toi confiance, Vasco. Crois-y. Ça suffit la plupart du temps, y croire. Si tu sais ce que tu veux, ça marchera.

Il releva la tête et rendit à ma sœur son sourire avant de la serrer brièvement dans ses bras. Sans sauter à des conclusions hâtives, je cachai mon amusement derrière ma main. Ils étaient attendrissants à voir.

- Quand est-ce qu'on doit boire ça ? demandai-je

- Avant de sortir de la maison. Vous disposez d'un peu plus d'une heure pour agir. Au pire, invitez Susan à vous retrouver plus tard. Vous prendrez la voiture de Justin. Vous savez conduire ?

- Non... répondis-je

- Oui, déclara Vasco en même temps

- Alors Vasco pourra conduire jusqu'à Londres. N'utilisez pas la magie si possible. La trace ne risque sûrement pas de se laisser duper par des changements d'apparence. Ne parlez à personne, sauf quand vous ne pouvez pas faire autrement. Vous risquez de croiser des gens que vous connaissez, pas de panique.

- Ça ira, lui assurai-je. On s'en sortira.

- Leila ! appela une voix suivie par un claquement de porte d'entrée. Leila tu es à la maison ? La porte était ouverte alors je me suis permis de...

Je fis brusquement volteface vers la cuisine, ayant reconnu la voix. L'homme à peine entré se figea à l'instant où il me vit, toute couleur disparaissant de son visage. Il lâcha les sacs qu'il avait dans les mains.

- Hannah ? balbutia-t-il comme s'il n'y croyait pas

- Papa... chuchotai-je en sentant l'émotion s'emparer de moi

Ses yeux s'embuèrent de larmes et il se précipita vers moi, m'attrapa, me souleva et me serra contre lui avec une force titanesque.

- Hannah, sanglota-t-il, oh mon bébé ! Dis-moi que ce n'est pas un rêve et que tu es bien là... Oh ma chérie tu m'as tellement manqué. Si tu savais tout ce que j'ai pu souffrir depuis ton départ...

- Papa. J'ai quelque chose de très important à faire maintenant. Mais je dois absolument te parler quand je rentre, d'accord ?

Je sortis alors les lettres que j'avais mises dans ma poche chez Franz et en tendis une à Leila et une à mon père :

- Peut être que vous voulez les récupérer.

- Tu l'as reçue ? s'étonna mon père

- Non. Justin me les a toutes cachées pendant un an et demi.

- C'était moi Hannah.

Je me tournai et vis Ernie qui avait écouté toute la conversation. Il avait l'air très sérieux.

- Toi ? sifflai-je. C'était toi ? Comment tu as pu me faire ça ? Je te faisais confiance !

- Je peux t'expliquer si tu...

- Non ! Garde tes explications pour toi. J'en eu assez pour la journée. Et ça ne fait qu'une heure. Viens Vasco. On a des choses sérieuses à faire.

Leila nous serra brièvement dans ses bras avant de nous laisser partir. Nous nous arrêtâmes devant la porte pour boire la potion que ma sœur avait volé pour nous. Malgré le dégoût et l'envie de vomir, en quelques instants nous devînmes Franz et Leila. Vasco récupéra les clefs de la voiture et quelques minutes après, nous nous lançâmes en direction de Londres.

Au bout de quelques instants de route, le frère Flint rompit enfin le silence :

- Je n'avais jamais remarqué que tu avais un bracelet.

- Euh... C'est Marcus qui me l'a donné hier.

Il fronça les sourcils :

- Montre-moi ton poignet.

J'obéis.

- C'est le... C'est le bracelet de Mélissa ?

- Je ne voulais pas qu'il me me donne, je...

- Oh tout va bien, Han, ne t'en fais pas. Ce qui est étonnant, c'est la signification. Marcus et Mélissa se sont donnés ces bracelets quand elle a quitté Poudlard, avec Lyou, pour se promettre que peu importe les épreuves et la distance, et tant qu'ils seraient vivants, leur amour ne se briserait pas. Je ne sais pas ce qu'il t'a dit mais le fait qu'il t'ait donné ce bracelet a beaucoup plus de poids qu'il n'y paraît.

Je frissonnai :

- Il ne m'avait pas dit ça. Il a dit que ça revenait à la personne qui possédait son âme.

Vasco éclata de rire. Son visage reprit toute sa lumière et sa joie, même si ses traits n'étaient pas les siens.

- Je ne pensais pas que vous étiez si proches. Je plaisantais juste quand je le sous-entendais.

- Je ne sais pas, c'est tellement confus. Ce matin il m'a dit plus ou moins implicitement que si on s'en sortait, il ferait sa vie avec moi. Mais ce n'est pas possible, pas vrai ? Je veux dire... Il aime Mélissa, n'est-ce pas ?

Vasco soupira en regardant le panneau LONDON passer sous nos yeux :

- Hannah, c'est plus compliqué que ça en a l'air. Et surtout, tu ne t'en rendras jamais compte par toi-même mais tu ne dois pas te positionner en-dessous de Mélissa. C'est vrai qu'elle était quelqu'un de très bien mais j'ai l'impression que dans ton imagination c'est la sainte parfaite et toi tu ne vaux rien. C'est faux.

- Mais Marcus l'aime elle, pas moi.

- Ah tu n'en sais rien. Marcus l'a perdue il y a six ans. Et depuis il n'a jamais rencontré d'autre fille qui lui fasse éprouver ce qu'il éprouvait avec Mélissa. Mais tu es arrivée. L'amour ce n'est pas simple, Hannah. On peut aimer plusieurs personnes à la fois, oui sans doute, mais Marcus t'aime. Crois-moi. Pourquoi tu n'en parles pas avec lui ?

- On ne sait pas combien de temps il nous reste.

- Et alors ?

- Et alors je ne veux pas m'embarquer dans quelque chose qui va se briser tout de suite. Et toi, plutôt ? Après Daphné et Athena, tu n'as vraiment aimé personne ?

- C'est compliqué... Je m'attache très vite aux gens. Au risque de mal finir. Mais à Marloes, les filles de notre âge que j'ai rencontrées ne cherchaient pas la même chose que moi. Je ne pouvais pas leur donner une relation comme ça parce que ça ne me correspondait pas. Je ne me suis pas attaché.

- On croyait entendre ma sœur, tu sais ? Quand je lui demandais pourquoi elle ne voulait jamais faire d'effort pour se faire des amis.

Il esquissa un sourire mystérieux. Je ris et reportai mon attention sur la route. Nous étions entrés dans Londres par le Nord Ouest, quartier de Harrow. Vasco s'enfila dans le trafic de la ville avec une telle aisance qu'il ne trahissait pas une seconde qu'il était plus loin d'être londonien que quiconque.

- J'ai l'impression que ça fait des siècles... soupirai-je en regardant les rues par la fenêtre

Vasco étouffa un sourire et donna un coup de volant pour tourner sur une rue. Il gara la voiture et récupéra les clefs. Nous descendîmes et alors que Vasco payait pour plus d'une heure, je regardais tout autour de moi. Je réalisai alors que Londres ne m'avait pas manqué, que s'il y avait un endroit où je voulais être c'était Marloes au Pays de Galles.

Quand Vasco-Franz revint, nous nous mîmes en chemin vers l'entrée du Ministère qui se situait dans une cabine téléphonique dans la rue voisine. Il s'occupa de la procédure et quelques minutes plus tard, nous nous marchions dans le hall du Ministère. Je vis que Vasco était presque plus nerveux que moi. C'était le repère de ceux qui voulaient notre peau. Chaque auror qui passait nous faisait presque raidir de façon louche.

- V´cherchez quelqu'un ? nous héla un type qui avait l'air d'une sorte de réceptionniste

- Nous avons rendez-vous avec Mademoiselle Bones du Département de la Justice Magique, répondis-je en priant intérieurement pour avoir l'attitude de ma sœur

- Elle a eu une convocation d'urgence à une audience. Elle d'vrait sortir dans un quart d'heure. Ils ont attrapé un ancien Mangemort. Vous pouvez attendre dans son bureau.

- Euh... Où est son bureau ?

- J'vais vous y emmener, soupira-t-il

Il prit des clefs de sa poche et nous fit signe de le suivre vers les ascenseurs. Je pris la main de Vasco pour me rassurer et me donner du courage. Le long du trajet jusqu'au bureau de Susan, le type du Ministère me reluqua ouvertement. Un peu de discrétion... S'il vous plaît ?

Il referma le bureau de Susan derrière nous en nous laissant les clefs. C'était inconscient de sa part : nous pourrions être des menteurs, dont le seul but était d'infiltrer le Ministère pour accomplir quelque acte malveillant. Ce n'était pas notre objectif, ma conscience était donc tranquille.

Vasco et moi nous assîmes et le silence tomba. Un quart d'heure passa. Susan n'arriva pas. Une demie heure passa. Toujours pas de Susan. Vasco se leva et jura, donnant un coup de pied dans la corbeille à notes usées. Il déambula nerveusement dans la pièce pendant encore sept minutes, fixant sa photo sur le bureau, avant d'entendre la poignée tourner.

Je me retournai rapidement vers la porte. L'émotion me frappa violemment quand je reconnus la femme qui se tenait devant. Elle avait toujours ce visage coloré et un peu enfantin mais le maquillage lui donnait un air plus adulte. Ses beaux cheveux roux, ondulés et que j'avais admirés toute mon adolescence, était brillants et relevés dans une queue-de-cheval simple. Elle avait les yeux cernés de noir et qui trahissaient une profonde fatigue, comme si elle n'avait pas dormi depuis un moment. Elle avait très peu changé, mais ses vêtements élégants et riches lui donnaient un air beaucoup plus "femme".

Je me levai si brusquement que ma chaise se renversa. Vasco était complètement immobile, presque comme une statue. Il fixait intensément Susan avec appréhension. Elle sourit faiblement en nous voyant, posant ses affaires sur son bureau :

- Je suis vraiment désolée de mon retard. On a eu du mal avec cette affaire-là... Il n'y avait quasiment pas de preuves de culpabilité mais comme d'habitude, il y a ceux qui font tout pour te montrer qu'il faut se prononcer en faveur de la condamnation.

Vasco se détendit en constant quel principe de justice l'animait. J'opinai :

- Ce n'est pas grave, Su.

Elle sourit, amusée :

- Tu ne m'as jamais appelée comme ça avant. Tu n'appelles personne par un surnom ou quelque chose comme ça. Sauf... Hannah.

Je déglutis :

- C'est vrai.

- Mais tu vas bien sinon ? Tu es venue accompagnée, je vois.

- Oui, je vais bien... Euh... Et toi ?

- Je suis exténuée. C'est le bazar dans ma vie en ce moment. Je ne vois plus mes amis, ni même ce qu'il me reste de famille. Avec les hommes c'est une catastrophe des plus totales... Enfin, bref, au moins j'ai mon boulot. Tu voulais me voir pour une urgence, c'est ça ?

- Oui...

- C'est pour Hannah, pas vrai ?

- Plus ou moins...

- J'ai appris que Justin et Ernie étaient réapparus. Tu as des nouvelles d'Hannah ?

Je soupirai et lançai un regard à Vasco avant de m'assoir en face de ma meilleure amie d'école. Je plantai mes yeux dans les siens avec sérieux :

- Su, je ne suis pas Leila.

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Tadam ! Décidément, c'est une manie chez moi de couper les chapitres sur un cliffanger.

Qu'est-ce que vous en avez pensé ? Je suis désolée s'il reste des fautes, j'ai eu un problème pendant la correction et ça n'a pas enregistré.

Bon, on a retrouvé Justin et Ernie après plus de dix chapitres d'absence et on a fait connaissance avec Susan et Monsieur Abbott. Ce qui fait un bon paquet de personnages pour l'instant.

La semaine prochaine : chapitre 20. Whou ! Sur Lys Ecarlate, c'était le dernier chapitre :) Mais bon

Demain, chapitre pour BS si tout va bien (on commence la deuxième année). Après Torn, il y aura Le plus humain de tous (réécriture) et après je pense qu'il faudra attendre la rentrée.

En tout cas, à la semaine prochaine pour le chapitre 20 ^^ SI vous avez des questions, vous pouvez me les envoyer par MP au fait.

ACSD