Heey ! Comment ça va ?
Je vais déjà commencer par remercier ceux qui ont reviewé, c'est vraiment gentil de votre part :) Je ne m'attendais pas à en recevoir plus d'une avec tous ces départs en vacances alors je suis vraiment très reconnaissante.
Chapitre 20 ! Youhou ! J'arrive pas à croire qu'on arrive presque à la fin... Mais bon, il y a encore du temps pour quelques rebondissements. J'imagine que vous en avez un peu marre de ma tendance à terminer là où il faut pas, donc j'essaie d'éviter de faire trop de cliffhangers et juste terminer sur des phrases qui ne tombent pas à plat.
Autre information importante : je ne serais pas là la semaine prochaine donc vous aurez deux chapitre la semaine suivante (mardi et samedi visiblement).
J'ai fini mon blabla !
RGR :
LeLynxBlanc : Merci vraiment beaucoup beaucoup pour ta review, ça me fait énormément plaisir :) Pour l'intrigue parallèle de l'enfant, elle finira par être résolue, c'est promis (pas comme dans Lys Ecarlate où j'en ai laissé une irrésolue à la fin). Donne-lui juste un peu de temps. Le baiser entre Marcus et Hannah, je ne l'ai pas encore écrit ^^' sorry, mais j'y suis pas loin. Alors ça vient aussi, ne t'en fais pas :) En tout cas je suis heureuse que tu aimes autant chacun de mes chapitres et j'espère que celui te plaira aussi. Bonne lecture et à bientôt j'espère !
Harry Potter appartient toujours à JKR et à Warner Bros, Torn à Natalie Imbruglia et les lieux mentionnés (hormis le Nortmai et les maisons des personnages) existent tous.
Bonne lecture !
Torn
Nothing's fine, I'm torn
XX - Confessions
.
E ci sei adesso tu
Al centro dei pensieri miei
La parte interna dei respiri tu sarai
La volontà
Che non si limita
Tu che per me sei già
Una rivincita...
Adesso sai chi è
Quell'uomo che c'è in me...
Adesso Tu - Eros Ramazzotti
.
- Su, je ne suis pas Leila.
Ses yeux bleus s'agrandirent de stupeur et d'incompréhension, et elle recula de plusieurs pas vers la porte. Elle détaillait chaque parcelle de mon corps à la recherche d'une réponse et quand elle lâcha un cri de surprise, je sus que l'effet de la potion disparaissait. Je jetai un coup d'œil vers la fenêtre, où mon reflet avait désormais les cheveux blonds. Et au bout de quelques instants, Susan avait devant elle Hannah et Vasco.
- Han ! s'écria-t-elle
Son visage s'illumina et elle se jeta à mon cou. Je sentis son parfum me frapper en plein et mes bras s'enrouler autour d'elle. Mes lèvres ne purent se retenir de s'étirer : je venais de retrouver Susan, après ma sœur et mon père. Puis elle se détacha de moi :
- Pourquoi tu n'as pas donné de nouvelles ? dit-elle sur un ton de reproche
Je sortis sa lettre de ma poche :
- J'ai très récemment découvert qu'Ernie avait intercepté ça et m'avait empêché de savoir qu'elle existait pendant plus d'un an et demi.
- C'est vrai ? Mais pourquoi ?
- Aucune idée. Je ne veux plus rien entendre de lui ou de Justin, de toute façon.
Vasco opina en approbation de ce que j'avais dit puis dit :
- Content de te revoir, Susan.
Et la réaction arriva immédiatement. Le visage de Su devint terriblement pâle puis d'un rouge très vif. Elle ne savait plus quoi dire et ses genoux tremblaient. Elle finit par s'approcher un peu plus de nous quand même. Alors Vasco la prit dans ses bras. Je vis à sa tête qu'elle était choquée et au bord de l'explosion émotionnelle. Quand ils se détachèrent, Su était deux fois plus rouge.
- M-m-moi aussi je suis contente de te revoir, balbutia-t-elle
Il esquissa son sourire magnifique qui la faisait baver jour et nuit -même s'il ne le savait sûrement pas- et je retins un rire avant de passer aux choses sérieuses :
- On a besoin d'aide, Susan. On n'a pas pris d'autres apparences juste pour te faire une surprise. Si on nous attrape, on est bons pour la potence.
- La potence ? La peine de mort n'existe pas, Hannah.
Je soupirai :
- En es-tu seulement sûre ? Est-ce que tu es déjà allée voir à Azkaban si ceux qui avaient été condamnés à perpétuité y étaient encore ?
- Oui j'ai... Quand ils ont condamné Draco Malfoy, j'ai voulu aller le voir parce que je voulais m'excuser de la sentence. J'avais opté pour la liberté parce qu'il n'y avait que des preuves de son innocence. Mais... Il n'était pas là. On m'a dit de repasser un autre jour. Quand j'y suis allée, les gardes étaient furieux contre moi et ne m'ont plus jamais autorisée à mettre les pieds à Azkaban.
- Susan... lâcha Vasco d'une voix tremblante. Draco est mort. Ils l'ont exécuté. La perpétuité n'existe pas dans les procès Mangemort.
Ses yeux étaient brillants comme s'il allait bientôt pleurer. Je me rappelai alors que Draco Malfoy avait été son ami à Poudlard, même si ils avaient été amoureux d'Athena tous les deux. Mais pourquoi les gardes étaient-ils furieux ? Qu'est-ce que ça pouvait vouloir dire...
- C'est...
Susan s'effondra sur la chaise à côté d'elle :
- Comment est-ce que ça peut se passer sans que personne ne s'en rende compte ?
- Je ne sais pas, répondit Vasco en reprenant contenance. Mais ce qui est certain c'est que ces Justin et Ernie ont dénoncé notre famille, qui n'a pas pris part à la guerre, ni dans un camp ni dans l'autre. On est huit en danger de mort alors qu'on est innocents.
- Mais si on n'a pas la majorité...
- Susan, ce n'est pas une histoire de procès. On sait d'avance qu'on ne nous écoutera pas. On veut s'en sortir, et pour ça il faut qu'on puisse entendre ce qu'on a à dire et ce qui se fait vraiment dans le monde sorcier.
- Je... Je ne crois pas pouvoir faire quoi que ce soit...
Vasco se leva -vu qu'il était à demi assis sur la table- et s'approcha de Susan. Il s'agenouilla au sol devant elle, prit ses mains entre les siennes et planta son regard vert de chat dans celui de Su. Elle sursauta et rougit de plus belle. Mais Vasco était plus que sérieux :
- Je t'en supplie, pria-t-il. Je t'en supplie. Il n'y a rien qui me soit plus cher que mon frère, mes sœurs, ma mère, mon père, Hannah et le "petit ami" de ma sœur. Leur vie est en très grand danger, et même si je suis conscient que tu risques aussi de t'exposer, je te supplie de m'aider à écarter définitivement la menace sur leur vie.
- Je suis tellement désolée, je ne vois pas quoi faire...
- Je suis certain qu'il y a des solutions !
Elle se mordit la lèvre et baissa son regard sur leurs mains. Ses joues étaient rouge pivoine mais on lisait bien dans ses yeux qu'elle essayait de réfléchir. Son regard fuyait d'un côté à l'autre rapidement avant de revenir sur Vasco.
- Je... lâcha-t-elle au bout de quelques minutes. Je pense peut être que... Oui il y aurait peut être une série de choses mais il me faut du temps.
- Aucun problème, dis-je. On peut se donner rendez-vous quelque part à midi.
- Oui, excellente idée, approuva-t-elle. Venez chez moi. Tu te souviens de chez moi, Hannah ?
- Oui, je devrais pouvoir retrouver d'une façon ou d'une autre.
- J'ai une audience maintenant. Si vous avez un moyen de sort...
Vasco sortit la deuxième fiole de sa poche et en but une gorgée. Je l'imitai et remis ensuite le récipient dans sa cachette. En quelques instants désagréables, Leila et Franz avaient reprirent possession de nos corps. Susan eut un sursaut avant de me prendre dans ses bras :
- Je suis tellement contente que tu sois revenue... J'ai crû que tu m'avais oubliée.
Je ris quand nous nous détachâmes :
- Pas possible.
Je lui fis une bise rapide sur la joue, imitée ensuite par Vasco, de qui je pris le bras avant de sortir. Un dernier signe de main pour Susan et nous étions relancés vers notre fuite.
.
- Comment est-ce que tu te sens ? demandai-je à Vasco quand il arrêta la voiture devant la maison de Leila
Il avait gardé le silence tout le long du trajet :
- Je vais bien, m'assura-t-il. Je suis juste inquiet et secoué.
- Je te comprends. Dis... Comment tu as passé ton permis de conduire ?
- Oh... Comme tous les moldus, mais avec un peu de retard. Ils ont posé des questions mais on a monté une histoire crédible.
- Je me rends compte que, même avec Leila et Franz et sans compter nos parents, je suis la seule à ne pas savoir conduire. Et Ernie...
- Je t'apprendrai si on a l'occasion. Ce n'est pas forcément nécessaire, certes, mais si jamais tu as envie d'apprendre.
- Si on s'en sort, je veux bien.
- On s'en sortira.
- Tu n'en étais pas si sûr jusqu'à maintenant.
- Je le sens. On s'en sortira. On a Susan avec nous, alors c'est déjà quelque chose.
- Certes. Qu'est-ce qu'on fait d'ici à midi ?
- On peut rentrer dans la maison. Tu devais parler à ton père, non ? Moi je vais t'offrir mon soutien moral.
Il esquissa un sourire en coin qui me fit éclater de rire. Je détachai ma ceinture de sécurité et ouvris la portière pour sortir. Je retrouvai Vasco vers l'arrière du véhicule. Il passa son bras autour de mes épaules et m'embrassa sur la joue. J'étouffai un rire et frappai à la porte.
Celle-ci s'ouvrit sur ma sœur jumelle après quelques instants. En nous voyant, elle fronça les sourcils :
- Hannah, date de naissance de Roméo ?
- Seize juillet, répondis-je machinalement. Pourquoi ?
- C'est bon, rentrez. Je m'assurais que ce soit bien vous.
- Qui est Roméo ? demanda Vasco avec suspicion
- Le chien de mon père.
Je secouai la tête en pensant à lui. Il devait se faire bien vieux maintenant. Et en parlant de père... Dès que nous fûmes dans le salon, nous trouvâmes mon père assis sur le canapé. Il nous vit et se leva brusquement. Je soupirai, adressai un regard rapide à Vasco et allai m'assoir sur le canapé juste en face de lui. Il se laissa retomber sur son siège. Leila et Vasco vinrent s'installer aussi.
- Hannah... murmura mon père
- Je veux que tu saches que je suis contente de te revoir. Et que j'ai lu la lettre de Maman. Mais tu vois... Comment je vais expliquer ça ? Après que Justin et Ernie se soient enfuis, j'ai été recueillie par une famille extraordinaire et incroyablement soudée. L'aînée des frères Flint, Lyou, m'a appris à prendre du recul sur mon vécu pour essayer de comprendre, de ne pas juger. Et ça m'a aidée, par rapport à vous. Maman et toi, je veux dire. C'est vrai que je vous ai souvent reproché de ne jamais avoir essayé de me parler, mais de mon côté je ne l'ai pas fait non plus. Désormais, je veux entendre ta version, ton pourquoi.
- Hannah... J'aimerais essayer de dire les choses sans nous faire passer pour les pires parents du monde mais ce n'est pas possible. Tu sais qu'on est une famille relativement peu considérée dans la société sorcière. On ne fait pas partie de la "haute", on va dire. Ta mère venait d'une famille très importante dans le monde Moldu et m'a fait découvrir l'ambition et le luxe d'une vie opulente comme ça. On en voulait une dans le monde de la magie, on pensait que ça voulait dire tout avoir. On a commencé à suivre toutes les mondanités, à se faire voir en soirée, à participer aux fêtes recherchées... Quand vous êtes arrivées, Leila et toi, ça a été une joie immense. On sortait avec vous deux, et tu ne dois pas t'en souvenir. Très vite, les gens ont été fascinés par ta sœur. Ils voulaient tous la prendre dans leurs bras, lui parler, rester avec ta mère. Au contraire, toi tu étais dénigrée. Tu ne dégageais pas la même aura, en gros. Tu n'avais pas ce potentiel de la haute société.
J'étouffai un ricanement en haussant un sourcil :
- Sérieusement ?
- Oui. Ta mère et moi avons donc compris que tu ne nous apporterais rien alors on t'a en quelque sorte écartée, rejetée, tandis qu'on obligeait toujours Leila à ramener son aura avec nous. Je m'en veux terriblement. On t'a trop peu considérée, on se refusait de le faire même si on savait que tu souffrais. À chaque fois qu'on se disputait, j'avais envie de te courir après et de te supplier de me pardonner, parce que je t'aimais très très fort et que ça me tuait de te faire du mal. Pourquoi je m'en empêchais ? Parce qu'une voix plus forte que moi me convainquait que tu n'en valais pas la peine.
- Ce qui n'arrangeait rien.
- Je sais. Ma chérie, j'espère que tu peux comprendre que tout ce qu'on t'a dit ne sortait pas du cœur. Je suis vraiment conscient que c'est dur à pardonner mais...
- Quand tu as su que j'étais partie, comment est-ce que tu t'es senti ?
Il baissa la tête :
- Le pire jour de ma vie, sans doute. Le premier d'un long calvaire. Je me suis dit au début "ce n'est peut être qu'une fausse alerte" mais Leila est arrivée et a dit que tu n'allais pas revenir, que tu avais choisi de te libérer du malheur qu'on te faisait vivre. Elle a enfoncé le clou jusqu'au fond en disant qu'on risquait de ne plus jamais te revoir. C'était la première fois qu'elle nous faisait un reproche aussi évident. Ta mère s'est effondrée au sol et moi j'ai dû prendre appui sur un mur. J'avais le vertige, parce que je voyais défiler devant mes yeux toutes les fois où j'aurais pu dire à ma voix intérieure d'aller se faire voir. Je m'imaginais entrer dans ta chambre après une dispute et te parler, puis te laisser me parler. Mais ça ne faisait qu'empirer la culpabilité. Je n'avais jamais pleuré depuis ma sortie à Poudlard. Dès ce jour-là, c'est devenu systématique. Le prix de nos erreurs me tuait. Je n'ai jamais autant souffert qu'en te sachant en cavale pour l'éternité.
- Tu savais que Justin et Ernie étaient revenus ?
- Je l'ai su parce que Leila a débarqué en colère chez moi en disant que -je cite- "Finch et MacMillian sont des abrutis finis". Elle m'a expliqué la situation et quand elle m'a dit qu'elle t'avait revue, je me suis senti défaillir. J'ai manqué de perdre connaissance à cause de l'afflux d'émotions.
- Et je suis là maintenant.
- Ça me fait tellement mal au cœur, Hannah. De te voir poser le regard sur moi après tout ce que je t'ai fait. Je mériterais ta haine, ton dégoût.
- J'ai dit la même chose à Leila parce que je lui avais dit des choses horribles avant de m'enfuir. Tu sais ce qu'elle m'a répondu ? Les erreurs sont un moyen d'apprendre. Vous juger, vous haïr, je trouvais ça normal. Mais en m'interrogeant, j'ai appris que vous étiez des êtres humains comme moi. Vous avez appris à l'importance d'écouter son instinct et son cœur plutôt que sa tête. Papa, n'essaye pas d'être quelqu'un que tu n'es pas.
Je lui adressai, pour la première fois de ma vie, un sourire sincère, lumineux, heureux :
- Et sache, Papa, que même si ça sera long de te pardonner avec mon cœur, je t'aime.
Ses yeux se remplirent de larmes. Il renifla et tenta de s'essuyer les yeux vainement. Je ris et me levai, pour aller le prendre dans mes bras. Il passa ses mains dans mon dos et me serra contre lui avec toute la force de son amour et de sa culpabilité.
- Je t'aime aussi ma chérie... chuchota-t-il entre deux sanglots
Nous restâmes ainsi quelques longues minutes avant que je ne me détache et me relève, un sourire aux lèvres :
- Ça m'a fait plaisir de te parler civilement pour une fois.
Leila alla prendre Papa dans ses bras à son tour alors que je me retournais vers Vasco. Il avait l'air agréablement ébranlé comme s'il n'en attendait pas autant. Il sourit et je le lui rendis :
- Merci pour ton soutien moral.
- Si seulement tu pouvais voir ce que je vois comme lumière sur ton visage... Marcus risque de ne pas te reconnaître.
Je me laissai rougir violemment :
- C'est faux.
- Tu t'es presque entièrement reconstruite. C'est terrifiant tant c'est flagrant.
- Marcus a...
- Marcus n'a qu'un obstacle à sa reconstruction totale : accepter de tourner la page. Tu sauras quand ça marchera quand il enleva son bracelet ou quand il pourra prendre la photo de Mélissa et la retourner face contre terre.
- Je ne veux pas qu'il le fasse. Ce serait comme salir la mémoire de Mélissa.
- Non, Hannah. Regarde bien les choses comme elles sont. Ils se sont aimés passionnément mais pour lui permettre de vivre, elle s'est sacrifiée. Pendant six ans, Marcus s'est réfugié avec ses souvenirs, par peur de l'oublier ou de salir sa mémoire. Puis tu es arrivée, et au fur et à mesure qu'il se rapprochait de toi, il découvrait la limite entre passé et présent, entre rêve et réalité, entre peur et liberté, entre continuer à s'enchaîner à un fantôme et accorder à Mélissa sa dernière volonté : continuer à vivre. Si tu veux mon avis, Mel a déjà recommencé sa vie à elle.
Il me fit un clin d'œil et m'embrassa sur la joue :
- Marcus n'a jamais été plus heureux qu'avec toi. Je suis son frère, tu peux me croire.
- Vasco...
- Hé ! Je vais te poser des questions et tu vas répondre spontanément la vérité. D'accord ? Bon. Est-ce que tu es contente d'avoir appris à mieux connaître et juger Marcus ?
- Oui.
- Est-ce que tu te verrais vivre en oubliant ce que tu as vécu avec lui et nous ?
- Non.
- Est-ce que tu pourrais rester avec lui toute ta vie ?
- Oui.
- J'aime cette réponse. Et cette question aussi : est-ce que tu aimes Marcus ?
- Oui.
- Est-ce que tu es amoureuse de Marcus ?
Du coin de l'œil, je remarquai deux indésirables qui étaient adossés au mur derrière nous et qui écoutaient la conversation, sourcils froncés comme s'ils me menaçaient si je disais la vérité.
- Oui, dis-je en plantant mon regard dans celui de Vasco
Il m'aveugla de son sourire :
- Alors tu as trouvé une raison de vivre, Hannah.
- Vous voulez que je vous emmène chez Franz ? demanda Leila
- Oui, répondis-je en sentant la hâte de revoir un certain blondinet. Mais à midi on va devoir aller chez Susan.
- Je vais chercher un peu d'autre potion alors. Et quelque chose pour vous cacher le visage pendant le trajet.
Elle sourit et disparut dans la cuisine. Je souris à mon père une seconde avant qu'une voix ne m'envoie de frissons de colère et de dégoût dans tout le corps :
- Hannah.
Avec une lenteur maîtrisée, pour ne pas courir l'éviscérer, je me tournai vers Justin et plus particulièrement Ernie qui avait parlé :
- Qu'est-ce que tu veux ? sifflai-je entre mes dents
- Parler.
- Tu peux aller brûler pour l'éternité.
- Hannah ne sois pas stupide.
- Ne l'appelle pas stupide ! s'emporta mon père. Tu n'es personne pour la juger et pour lui dire ce qu'elle doit faire ou ne doit pas faire !
- Et vous n'êtes personne pour dire que vous êtes son père, répliqua Justin avec la claire intention de le blesser
- Il est plus mon père que toi mon ami, crachai-je en réponse
Et oui, J. Deux peuvent jouer à ce jeu. Je voyais clairement qu'ils étaient contrariés du fait que j'aie changé et que je puisse désormais m'imposer comme eux. Avec un sourire satisfait, je pris la main de Vasco et me dirigeai vers la cuisine. Leila nous passa quatre nouvelles fioles.
Et sans regrets, nous reprîmes la fuite.
.
Quand je poussai la porte de la chambre des garçons, je sentis mon cœur menacer d'éclater ma cage thoracique tant il battait fort dans ma poitrine. Je ne savais pas qu'est-ce qui pouvait se passer. J'étais arrivée à une conclusion déstabilisante, qui m'effrayait pas qu'un peu. En sachant que ce sentiment dévorant qui lançait un incendie dans mon corps en présence de Marcus était de l'amour, comment allais-je réagir en lui faisant face ?
J'entrai dans la chambre. Brin était allongé par terre, les pieds sur le mur et les mains derrière la tête. Andreas Flint était endormi sur une chaise. Marcus était à plat ventre sur le lit. Lui et Brin tournèrent la tête vers moi, remarquant ma présence. Marcus sourit et se redressa un peu, m'invitant à m'assoir à ses côtés. Mes mains tremblaient, mon souffle était bloqué dans ma gorge et mon cœur martelait contre ma poitrine. J'avançai de deux pas appréhensifs. Marcus remarqua que je n'étais pas exactement dans mon état normal :
- Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda-t-il avec inquiétude
Je ne répondis pas. Je m'assis en silence sur une chaise pas très loin. Les deux jeunes hommes me fixaient en fronçant les sourcils, cherchant de comprendre ce qui n'allait pas chez moi. Je baissai le regard sur mes mains :
- Ça s'est bien passé mais on a rendez-vous avec Susan à midi. On a failli ne rien obtenir mais elle pense avoir peut être une solution.
- Tu es retournée chez ta sœur ? demanda Brin
- Oui. J'ai... J'ai parlé avec mon père.
Marcus se mit brusquement en position assise :
- Et ça va ? Il ne t'a pas blessée ?
- Oui, ça va. On a pu s'expliquer et même si je sais que mon cœur aura du mal à le pardonner, je veux quand même essayer. Par contre... J'ai eu un accrochage avec Justin et Ernie.
- Je vais les étriper ces deux maudits avortons !
- Ça va, ne t'en fais pas. Je les ai remis à leur place. Mais il y a juste un problème... Tu te souviens des lettres que j'avais trouvé sur la plage quand il m'ont abandonnée ? C'était Ernie qui les avait cachées. Et dire que je lui faisais encore confiance...
Je relevai la tête, un sourire désabusé sur les lèvres :
- Les choses ont bien changé.
Je plantai mon regard dans celui de Marcus avec mélancolie et appréhension. Le silence tomba alors que j'essayais de faire passer un message à travers mes yeux. Je voulais qu'il sache que j'avais des choses à lui avouer mais que je n'étais pas sûre d'y arriver. Avec un peu de chance, il réussirait à comprendre.
- Hannah, lâcha-t-il. Je peux te parler deux secondes ?
J'opinai silencieusement et me levai. J'adressai un signe d'excuse à Brin en sortant de la chambre, suivie de près par Marcus. Il referma la porte dans notre dos et s'approcha de moi à pas lents. Il se retrouva à nouveau si près de moi que son souffle balayait mon visage. Je levai la tête pour rencontrer ses yeux verts de chat qui me scrutaient intensément.
- Hannah... murmura-t-il en levant sa main vers ma joue
J'attrapai son poignet avant que ses doigts ne caressent ma peau. J'entremêlai mes doigts aux siens avec une lenteur silencieuse, sans lâcher son regard. Toujours avec une vitesse très réduite, je m'approchai de son visage. Il colla son front au mien et me fit reculer jusqu'à ce que mon dos se retrouve plaqué au mur.
- Dis-moi à quoi tu penses, souffla-t-il en fermant les yeux
- À toi, à moi, à nos chances de s'en sortir, à ta promesse...
Je pris ses doigts et les fis caresser le bracelet à mon poignet. Il eut un brusque sursaut et une étincelle fit brûler une flamme dans ses yeux.
- Il y a tellement de choses qui me font peur, enchainai-je avant qu'il ne puisse dire quelque chose. Des choses que je ne peux pas dire si je ne veux pas me jeter dans les flammes toute seule.
- Dis-moi ce que c'est. Tu peux tout me dire. Je ferai disparaître la peur.
- Je sais... Mais cette fois c'est différent. Parce que ça nous concerne tous les deux.
- Hannah. Dis-moi.
- Tu as déjà deviné, non ?
- Je pense que je me trompe.
Je lâchai sa main pour passer mes bras autour de son cou, fermant les yeux pour m'empêcher de pleurer. Il me serra contre lui aussi fort que possible, un bras dans mon dos et une main sur l'arrière de ma tête. Nous restâmes un moment comme ça avant que je ne me recule pour coller mes lèvres sur sa joue, presque à cheval sur les siennes.
- Hannah... murmura-t-il en fermant les yeux
- Je suis tellement désolée.
- Hannah, je... Je ne veux pas que tu me quittes.
- Mais je suis là, Marcus.
- Non, je veux dire je ne veux pas que tu disparaisses de ma vie.
- Je n'en ai pas l'intention.
- Hannah...
- Oui ?
- Je t'aime.
.
Vasco m'ouvrit la porte du salon et j'y entrai en le remerciant. La maison de Susan n'avait quasiment pas changé depuis le temps, je reconnais chaque pièce, chaque couloir et chaque meuble. Il y avait juste un peu plus de lumière qu'à l'époque où sa famille était de ce monde.
Ma meilleure amie nous fit nous assoir à table. Elle avait fait préparer à manger avant d'envoyer sa domestique faire un tour en ville. Elle avait prétendu que c'était une récompense mais en réalité c'était pour n'avoir aucun témoin de notre présence.
Alors que Vasco commençait à manger, tout comme Susan, je pris ma fourchette avec l'esprit complètement ailleurs. J'avais les yeux verts brillants de Marcus qui envahissaient mes pensées, tout comme son sourire magnifique, et le son de sa voix. Je frissonnai en retenant un sourire. Susan me regarda comme si j'étais devenue folle mais je l'ignorai en souriant. Ça avait un goût d'interdit, de dangereux de tomber amoureux quand on risquait de mourir.
Marcus était la personne la plus extraordinaire qu'il m'ait été donné de connaître. Il avait une façade apparemment impénétrable, qui donnait une image mensongère de lui. Cette illusion m'avait leurrée pendant bien douze ans. Pourtant, quand il ouvrait ses portes, il révélait la personne qu'il était au fond de son cœur. Et c'était ça qui m'avait frappée, fascinée, attirée, rassurée, accompagnée, reconstruite et redonné goût à la vie. Sa vulnérabilité, sa force, sa profondeur, son humanité, son immense cœur.. Tous ces aspects de lui que je n'avais jamais considérés auparavant étaient devenus fascinants à mes yeux. Et puis, justement, ses yeux... Si éloquents, si profonds, si terrifiants, si envoûtants, si vivants.
Je pouvais disserter des heures sur tout ce que j'aimais chez Marcus. De son physique à ses qualités morales, en passant par ses petits gestes, ses habitudes, sa voix, ses phrases... C'était ça que j'aimais, c'était lui.
- Hannah, est-ce que tu es toujours sur cette planète ? fit Susan
- Oui... répondis-je avec un petit sourire amusé. Et sinon, cette solution ?
- Ça va être assez compliqué mais si mes alliés se rangent de notre côté ça sera rapide. En fait, après l'audience je suis allée dans les archives privées des aurors, avec une autorisation ministérielle. J'ai parcouru les dossiers Mangemorts et j'ai trouvé un gros sous-dossier sur vous. J'ai trouvé qu'aucune preuve de votre activité n'avait été enregistrée. D'ailleurs, sur les listes il n'y a que trois noms Flint : Andreas, Lyou et Marcus.
Vasco se frappa le front :
- Merlin... Ça veut dire qu'on a été dénoncés lors d'un autre procès.
- C'est exact. Un Mangemort qui cherchait à être innocenté a offert des noms en échange de sa liberté. Ça n'a pas marché mais les noms ont été reportés dans les listes.
- Qu'est-ce que ça veut dire ? demandai-je
- Que vous avez une chance de vous en sortir.
.
.
.
Et voilà ! Et non, ce n'est pas un cliffhanger cette fois, même si ça y ressemble.
Verdict ? Est-ce que vous avez aimé ce chapitre ? On voit très peu Marcus cette fois mais ne vous inquiétez pas, il va fortement se rattraper la prochaine fois (je vais me rattraper en fait).
Encore un grand merci à tous ceux qui ont laissé une review, ça m'a fait énormément plaisir :)
À dans deux semaines alors et profitez de vos vacances :)
ACSD
