Hey ! Comment ça va ? Je suis désolée pour la semaine dernière, mais je n'étais pas là pour poster le chapitre et c'est pour ça que vous en aurez deux cette semaine. Ce qui va me donner une raison pour finir le chapitre 23 au plus vite (aaaah !). Je suis en train de travailler sur le chapitre 15 de BS alors c'est assez compliqué. Mais je promets que je m'y mets au plus vite.

Bon, pour ce qui est de ce chapitre. Explication du titre : "focus" en anglais est un mot qui a avoir avec la mise au point ou bien qui signifie "se concentrer", "concentrer"... Et dans ce chapitre, des histoires déjà racontées seront vues d'un point de vue différent. Je vous laisse lire pour comprendre.

Pour les cliffhangers : ceux qui les trouvent dérangeants ne se sont pas manifestés. Faut-il en déduire qu'il n'y en a pas ? Je ne sais pas mais vu qu'ils n'ont pas partagé leur avis, je ne peux pas le prendre en compte. C'est comme ça que marche la liberté d'expression : ceux qui se taisent ne doivent pas se plaindre si la majorité ne leur plait pas. Donc je continuerai à écrire à ma façon, s'il y a des protestations, qu'elles viennent. J'accepte.

Voilà, voilà. Passons maintenant aux reviews (en remerciant infiniment tous ceux qui en ont laissé) :

RGR :

LeLynxBlanc : Hey ! Merci du fond du coeur pour ta review et pour tes compliments, et pour ton point de vue. Je continuerai à écrire à ma façon, du coup, vu que personne n'a rien dit de mal. En tout cas, sache que je suis super contente que tu adores cette histoire, ça me tient énormément à coeur. J'avais très peur en écrivant la scène entre Marcus et Hannah (chapitre dernier), parce que leur relation est quand même basée sur certains sentiments, évènements, comportements et non-dits. Mais si ça a eu un impact positif, j'en suis très très heureuse. Donc merci de m'en faire part :) Pour la solution de Susan, ça vient. Et puis je vais te souhaiter bonne chance dans ton futur d'écrivaine parce que c'est mon rêve aussi. Je vais faire des études de scénario. Alors j'espère très fort, un jour, pouvoir acheter un de tes livre :) Voilà, bonne lecture et désolée du retard !

Harry Potter appartient toujours à JKR et à Warner Bros, Torn à Natalie Imbruglia et les lieux mentionnés (hormis le Nortmai et les maisons des personnages) existent tous.

Bonne lecture !


Torn

Nothing's fine, I'm torn

XXI - Focus


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Life's not as bad as it may seem

Just hold on tight and never lose sight of your dreams

They say that all good thins will come to those who wait (ooh)

And if we believe in each other (Believe in each other)

I know we can make it together (Ooh ooh...)

Baby it's just a matter of time

If we can take it slow everything will be alright

Let it flow, and I know that we'll find

It's just a matter of time

Matter of Time - Dream Street

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- Quoi ?

Lyou s'effondra sur le canapé et se laissa tomber à la renverse. Marcus prit sa tête entre ses mains et se tourna face au mur, incrédule. Les parents Flint n'arrivaient même pas faire sortir un seul son de leur bouche et Aley attendait encore que je confirme ce que Vasco avait annoncé.

- C'est ce que Susan a dit, la contentai-je

- J'ai le droit de sauter dans tous les sens ou je dois retenir mes espoirs ?

Je me retins de rire :

- Je ne sais pas.

Elle cria de joie et se jeta au cou de son frère Vasco. Brin sourit et s'assit à côté de Lyou, toujours allongée sur le canapé, secouée par la nouvelle. La détermination qui nous liait depuis quelque temps n'avait jamais ramené un espoir aussi concret que celui que Su avait explicitement formulé.

Vous avez une chance de vous en sortir.

Il ne restait qu'à la prendre. Susan nous avait conseillé de revenir chez elle vers neuf heures du soir, peut être pas trop nombreux. Elle avait des invités à dîner, des collègues à elle qui avaient pris position avec elle lors des Procès Mangemort et tous fortement susceptibles de nous aider.

- Hannah... murmura Eva Flint

Je me tournai vers elle. Elle avait les larmes aux yeux et me souriait :

- Merci, vraiment.

- Je n'ai rien fait, lui assurai-je

- Bien sûr que si, Han... soupira Vasco. C'est toi qui as eu l'idée de revenir vers Londres, alors que c'est là où on est le plus en danger. Tu as eu l'idée de revenir vers ta sœur et Susan pour qu'elles nous aident, et on ne l'aurait pas fait si tu n'avais pas été là.

Je secouai la tête, souris et le pris dans mes bras. Il me serra contre lui et je sentis Aley poser sa tête contre mon dos. Marcus sourit et s'approcha de son frère pour passer un bras autour de ses épaules.

Après un très long moment, nous nous détachâmes et je me dirigeai vers le canapé où se trouvaient Lyou et Brin. Je m'assis sur l'accoudoir et relâchai un peu de la pression qui m'empêchait de respirer. Je tournai la tête vers Marcus et lui souris, repensant à la conversation que nous avions eue avant que Vasco et moi ne repartions chez Su.

- Hannah...

- Oui ?

- Je t'aime.

Je me raidis, incrédule. Je cillai plusieurs fois, essayant de comprendre si c'était mon cerveau qui me jouait des tours ou si Marcus avait vraiment dit ça. J'ouvris la bouche, encore trop secouée pour qu'un mot puisse en sortir :

- Marcus...

- Ne t'en fais pas, je comprends.

- Comprends quoi ?

Il haussa les sourcils mais ne répondit pas. Je fermai les yeux l'espace de deux secondes avant de rassembler mes émotions diverses pour répondre correctement :

- Je ne pensais pas que tu me dirais ça un jour. Ce qui est drôle c'est qu'il y a quelques minutes seulement, Vasco m'a pratiquement fait avouer la même chose. Il a insisté pour que je crache définitivement le morceau.

Je rencontrai à nouveau le regard de chat de Marcus, dans lequel brillait enfin une lueur de joie, mêlée à de l'amusement et de la tendresse :

- Et c'était sincère ?

- Tout le monde sait que je suis du genre à mentir sur ces choses-là, plaisantai-je

Il éclata de rire et je passai mes mains de ses épaules à son torse. Je laissai un sourire immense et rayonnant étirer mes lèvres. J'avais l'impression d'avoir à nouveau quatorze ans, tant cette situation paraissait idéale.

- Je suis dans un rêve, pas vrai ? murmurai-je en souriant

- Tu aimerais, mais non, répondit-il avec un rictus effronté. C'est la vérité. Et même si moi j'aimerais passer l'éternité comme ça, tu as une mission à terminer.

Je ris et l'embrassai sur la joue :

- Alors on reprendra cette conversation quand je serai de retour.

- Je ne bougerais pas de cette maison.

- Il ne manquerait plus que ça, ris-je. Et... Marcus... Je t'aime.

Je souris de toutes mes dents et me remémorant chaque détail de la scène, jusqu'au moindre subtil changement de lueur dans ses yeux. En temps normal, je me serais traitée de stupide ou de gamine. Mais c'était l'ordre des choses, et il n'y avait aucune honte à avoir.

Je tournai à nouveau la tête mais vers Lyou et Brin. Elle avait posé sa tête sur ses genoux et il lui caressait les cheveux tandis qu'ils se fixaient. Je ne pus m'empêcher de sourire intérieurement.

Je me levai :

- On a jusqu'à neuf heures et il est une heure. Qu'est-ce qu'on fait en attendant ?

Franz, qui n'avait rien dit jusque là, me répondit avant les autres :

- Je pense en tout cas que ce ne serait pas sage d'aller chez Leila. Sauf si vous avez envie de vous bagarrer avec les deux fous.

- Marcus a envie de leur faire avaler leurs dents, plaisanta Vasco

- Écoutez qui parle, maugréa l'intéressé. Si tu pouvais, tu ne te retiendrais pas non plus.

- Mais moi je suis un ange, frangin.

Marcus et lui étaient l'un face à l'autre et s'ils n'étaient pas sur le point d'éclater de rire, on aurait pu croire qu'ils allaient se disputer. Vasco enfouit sa tête dans le creux de l'épaule de son frère en riant, alors que Marcus lui ébouriffait les cheveux vigoureusement.

Cette impression d'insouciance... Elle avait quasiment disparu mais la plus maigre concrétisation d'espoir avait déjà ramené la vie chez nous. Nous n'avions pas à rater notre occasion. C'était une question de vie ou de mort, nous n'avions plus le droit à l'erreur ni même aux secondes chances.

- On pourrait quand même aller chez Leila, proposa Lyou en se redressant un peu. Si ce n'est pas dangereux, ça ne peut pas nous faire de mal.

- Très bien, opina Franz. Je vais préparer la camionnette alors. Mais vous ferez attention à ne pas massacrer les deux idiots.

- Je vais essayer, promit Marcus avec un sourire en coin

Et je ne pus m'empêcher de sourire aussi.

.

Marcus s'assit sur la chaise en face de moi. Les autres étaient dans le salon de Leila et discutaient, s'informant des principaux événements que les Flint auraient pu rater en six ans. Au passage, ils expliquaient un peu à Brin le monde dans lequel on l'avait traîné de force.

- Ça va ? demandai-je

Marcus opina. Il avait un très maigre sourire sur les lèvres mais rien que ça me rendait contente, en comparaison avec le Marcus complètement vide que j'avais rencontré sur la plage de Marloes.

- Je n'arrive toujours pas à y croire, lâcha-t-il tout à coup. Tu crois qu'on se laisse berner trop tôt par des faux espoirs ?

- Je ne sais pas... Mais je fais confiance à Susan. Elle a de l'expérience dans le domaine judiciaire. Si elle pense qu'on a ne serait-ce qu'une petite chance de s'en sortir, je suis prête à la croire.

- C'est vrai... Mais j'ai quand même un peu peur.

- La peur joue des mauvais tours. Crois, et le sort ne t'abandonnera jamais.

Il sourit :

- Où est-ce que tu as appris ça ?

- Je crois que c'est Aley mais je n'en suis pas sûre.

- Ça lui ressemble. Ou Vasco. Ils ont toujours été très sages, même quand ils étaient très petits. C'était pour ça que malgré nos grands écarts d'âge, je veux dire entre Lyou et eux ou entre moi et Aley, on était quand même toujours soudés.

- Vous êtes une famille extraordinaire. Je ne pensais pas avant, mais c'est vrai que vous ne vous laissez jamais tomber, vous vous serrez les coudes sans faiblir... Je me sens bien chez vous.

- Parce que c'est chez toi aussi.

Je souris et il prit ma main, par-dessus la table :

- Je sais ce que tu te dis, par rapport à notre conversation de ce matin. Je veux dire... À propos de Mélissa. Je me souviens d'un jour, on était que tous les deux, elle et moi. Je venais de finir un match, et elle était venue me voir. Elle était déjà sortie de Poudlard. On est allés se promener près du lac, et en discutant je lui ai demandé si elle pensait qu'on allait rester ensemble pour toujours. Elle m'a répondu qu'elle ne savait pas. Alors je lui ai dit que si jamais elle venait à en aimer un autre, elle n'aurait pas à culpabiliser et qu'elle pouvait venir me le dire sans hésiter. J'étais conscient que ça aurait fait mal, mais l'amour c'est aussi savoir laisser partir quelqu'un. J'avais oublié cette conversation jusqu'à cette nuit. Quand j'ai dormi, j'ai rêvé de Mélissa qui me disait exactement la même chose, puis je lui parlais de toi. Elle a juste souri et m'a dit : alors laisse-moi partir. J'ai compris en me réveillant qu'en la laissant me hanter pendant six ans, je ne lui avais pas accordé la paix. Alors j'ai parlé à son fantôme dans mon cœur. Et je lui ai dit que je la remerciais pour tout ce qu'elle avait fait pour moi, même si je n'étais pas certain de l'avoir mérité, et je lui ai promis de ne pas oublié son dernier geste. Elle m'a demandé de vivre et elle a disparu. Elle a trouvé la paix. Ce n'est plus un fantôme. Elle pourra revenir. C'est pour ça que je t'ai dit la vérité. Parce que vivre c'est aussi être heureux, et même si on pourrait ne pas s'en sortir, je ne veux pas te quitter sans que tu saches.

Il serra ma main et me sourit :

- Ça te va ?

- On s'en sortira.

- Et je tiendrai la promesse que je t'ai faite dans la grotte.

La porte de la cuisine s'ouvrit. Je me retournai et constatai à ma grande déception que c'était Ernie. Je grinçai des dents et me mis sur les gardes alors qu'il s'approchait prudemment d'une chaise.

- Je veux t'expliquer, dit-il. Pacifiquement.

- Que si tu m'épargnes tes excuses et les "c'était pour ton bien".

- D'accord.

Il s'assit et Marcus fit de son mieux pour retenir ses réactions instinctives. Je croisai les bras sur ma poitrine et me laissai basculer à l'arrière, me calant contre le dossier de la chaise avec nonchalance.

- Je voulais déjà te dire que tu rejettes trop du blâme sur Justin. J'ai autant de fautes que lui, crois-moi. L'idée de s'enfuir vient peut être même plus de moi que de lui.

- Espèce de...

- Attends ! Laisse-moi expliquer, après je te laisserai m'insulter autant que tu voudras, et ce sera juste que tu le fasses. Je ne suis pas fier de ce qu'on a fait. Quand tu as parlé à Justin, il m'a couvert pour que tu rejettes toute la faute sur lui.

- Parle-moi des lettres. Comment est-ce que tu les as eues ?

- Elles sont arrivées quand tu dormais. Pas toutes le même jour, certes, mais à chaque fois tu n'étais pas éveillée pour t'en apercevoir. Je ne suis pas sûr de ne pas l'avoir fait un peu par jalousie. Justin et moi n'avons absolument rien reçu et j'imagine qu'au fond ça nous blessait que tu ne saches pas voir qu'il y avait des gens qui tenaient à toi. Mais ce n'est pas pour ça qu'on les a cachées. On l'a fait surtout pour deux raisons. La première c'était que si tu les voyais, on s'est dit que tu changerais d'avis et que tu reviendrais chez toi. Du coup, on a pensé que si tu pensais que personne ne te cherchait, tu resterais avec nous.

Je haussai un sourcil :

- Donc vous les avez cachées pour me garder avec vous ? Et de l'autre côté vous ne m'avez pas traitée comme si vous vouliez vraiment que ce soit moi avec vous, et personne d'autre.

- Je sais, j'en suis conscient. Et je n'en suis pas fier. L'autre raison ne concerne que moi, en fait. J'avais déjà en tête de te les faire découvrir un jour et de te laisser tout rejeter sur Justin comme tu as fait.

J'ouvris de grands yeux :

- Tu n'es pas sérieux, hein ?

- Si. Je ne supportais pas de te voir t'accrocher autant à Justin. Je veux dire, je n'aimais pas te voir blessée parce qu'il ne te montrait pas ce qu'il ressentait.

- Qu'est-ce que ça sous-entend ?

- Tu ne t'es jamais demandée pourquoi je me comportais comme ça avec Justin ? On avait l'air rivaux plus que meilleurs amis.

- Si, je t'ai même demandé si c'était parce que tu le voulais juste pour toi.

- Mais ce n'était pas pour ça. Moi je savais que tu aimais Justin et je savais combien tu comptais pour lui. Et je le détestais parce que tu méritais beaucoup mieux de ce qu'il te faisait subir. Il te traitait mal et toi tu t'accrochais quand même. Ça me mettais en rogne, tu n'imagines même pas combien.

- Qu'est-ce que je dois comprendre ?

- Que je m'en voulais de ne pas être capable de te faire lâcher prise, de te montrer qu'il y avait mieux pour toi que Justin, ni même de faire mieux que lui.

- C'est moi ou vous étiez deux à vous battre pour son bonheur en la traitant plus mal l'un que l'autre ? ricana Marcus

- C'est ça, concéda Ernie à contrecœur

Je me levai brusquement, manquant de renverser ma chaise. Je tournai le dos à mon ancien ami, les mains tremblantes et les dents serrées.

- Hannah, je...

- Espèce d'imbécile ! rugis-je en lui faisant face à nouveau

Je fulminais. Quels hommes sains d'esprit montraient leur affection à une fille en la faisant souffrir sans rien dire ? Je m'étais efforcée toute la Bohème à vivre dans l'illusion de leur perfection, refusant de m'admettre tous leurs défauts et tout le mal qu'ils me faisaient. Maintenant qu'est-ce qu'ils me servaient ? Que toute cette souffrance que j'avais éprouvée pour rester avec eux était leur façon de me montrer combien ils tenaient à moi ?

- Pour qui est-ce que vous vous prenez ? hurlai-je. Tu as peut être idée de combien ça fait mal de se retrouver complètement perdue, abandonnée et sur le point de se faire tuer par une crise d'angoisse ?

- Non, Hannah, mais je suis...

- Non ! J'ai dit que je n'en voulais pas de vos excuses à deux balles ! Tu pensais que j'allais te sauter dans les bras après avoir expliqué toute cette histoire ? Ça fait un mois que vous n'êtes plus mes amis, Ernie. Et je ne veux pas vous pardonner ! Je n'en ai même pas besoin en fait, parce que j'ai réussi à trouver ma place loin de vous deux.

- Hannah...

- Tu sais quoi ? À vouloir tout faire pour me montrer que vous m'aimiez, vous avez réussi à me faire vous détester.

.

- Je le sens mal, je le sens mal...

Aley était collée contre Marcus, ses boucles blondes cachées sous une capuche pour ne pas se faire repérer par les voisins de Susan. Lyou et Brin marchaient tout derrière. Main dans la main. Vasco, Leila et moi étions devant, sachant déjà où aller.

Nous avancions dans l'allée qui menait à la porte d'entrée de l'immense maison de Susan. Elle avait hérité d'une fortune plutôt importante et son nom avait du poids dans le monde sorcier. Mais pas dans les procès Mangemort.

Pour les Flint, qui pensaient avoir été trahis par leur nom, il restait de nombreuses choses à mettre au clair dans cette histoire. Six ans d'expérience leurs avaient tout de même appris à ne rien laisser au hasard.

Vasco frappa à la porte. Nous n'eûmes qu'à attendre quelques instants avant qu'une domestique ne nous fasse entrer. Marcus me lança un regard étonné en voyant que Susan n'était pas tout à fait du genre modeste sur le plan matériel.

Franz et les parents Flint étaient restés pour surveiller Justin et Ernie. Ils avaient perdu la confiance de tous visiblement. Il ne valait mieux pas risquer de se faire encore dénoncer.

Nous entrâmes alors dans la salle à manger. De nombreux invités étaient déjà là, tous bien vêtus et parlant fort. La domestique alla interpeller Su, qui vint ensuite vers nous. Je l'avais rarement vue habillée comme à une réception privée mais ça nous faisait sentir un peu décalés. Elle. Nous sourit, soulevant sa robe pour ne pas s'empêtrer dedans.

- Tu aurais pu préciser que c'était le bal de la noblesse, soupirai-je

Elle rit :

- Ce n'est pas le bal de la noblesse ! C'est juste une fête entre amis.

- Si tu le dis. Pour une fête entre amis, je ne sors pas ma robe de bal de Poudlard moi, mais chacun son monde.

Susan rit encore une fois et salua un par un chacun des Flint, ainsi que ma sœur. Elle nous invita ensuite à rejoindre ses invités pour se mettre à table.

- Je te disais que je le sentais mal, chuchota Aley quand Su fut plus loin

- C'est juste un monde différent, la rassura Leila. Les Bones ont été, déjà avant la guerre, une des familles Sang-Mêlé plus importantes. Ils sont dignes de confiance, ne t'en fais pas.

Nous nous installâmes à table, gênés. Tous les regards restèrent braqués sur nous jusqu'à ce que la nourriture soit amenée à table. Le silence régna encore quelques instants avant que Susan ne le brise en prenant la parole :

- Je me suis informée auprès des responsables des Départements de la Justice Magique et du Bureau des Aurors. Le cas Flint est un des plus complexes qu'ils aient eu à traiter. Il commence il y a six ans, quand trois partisans de Vous-Savez-Qui ont été arrêtés au mois de janvier. Lors de leur procès, l'un d'entre eux a clamé pouvoir donner des noms en échange de sa liberté. Il a ainsi donné huit noms dont cinq étaient déjà connus. Il a également annoncé que trois personnes devaient entrer dans les rangs de Vous-Savez-Qui dans la semaine. Parmi eux il a nommé Marcus Flint.

Marcus pâlit, Lyou également. Elle porta la main à son avant-bras et je compris que ça avait un rapport avec le jour où les Mangemorts l'avaient marquée à la place de son frère pour faire pression ou parce qu'ils ne l'avaient pas trouvé.

- Le Mangemort n'a pas obtenu la liberté et a été enfermé à Azkaban. Mais tout ce qu'il a révélé a été noté. Le Bureau des Aurors a monté des expéditions pour interroger ces nouveaux suspects. Les aurors qui ont été chargés de retrouver Marcus Flint ont découvert où il vivait et s'y sont rendus. Personne n'était là. Ils explorèrent les lieux et ne trouvèrent absolument rien de compromettant. Ils découvrirent des lettres. Ils s'attendaient à ce que ce soient des missives de Vous-Savez-Qui ou de ses hommes. Il n'y en avait pas. Mais il y en avait de Marcus à sa fiancée qui donnaient seulement deux informations : où était la fiancée en question et que la sœur de Marcus aurait reçu la marque de force. Les aurors ont décidé d'aller chercher la fille pour pouvoir lui poser des questions. Mais les choses se sont mal passées. La fiancée de Marcus Flint a compris que leurs intentions n'étaient pas entièrement innocentes et s'est débattue. Ils ont pensé que ce serait plus sage de l'amener dans un endroit calme. Elle se débattait tellement fort qu'ils ont dû passer aux mains pour la calmer. Ça a peut être leur erreur la plus cruciale : sous-estimer la diplomatie. La fille était terrifiée et pensait qu'ils étaient là pour faire pression sur son fiancé. Et comme ils n'ont pas su la calmer, l'histoire s'est très mal terminée. La fiancée de Marcus s'est suicidée. Le lendemain, le corps qu'ils avaient abandonné avait disparu et ils ont compris que Marcus Flint avait su. Ils se sont mis en quête pour le retrouver et entre autres "s'excuser" selon leurs dires. Mais il ne restait rien de sa maison. Son frère et sa sœur cadets avaient subitement disparu de là où ils faisaient leurs études post-Poudlard. Les Flint s'étaient tous évaporés. Pendant six ans, personne ne les a trouvés et personne n'a pu les déclarer coupables ou innocents.

Marcus se leva brusquement et partit de la pièce. Vasco s'excusa et se précipita à sa suite, m'ordonnant de ne pas bouger. Nous venions d'entendre l'autre version de l'histoire. C'était un drôle de renversement... Depuis le début, nous avons surestimé notre adversaire. Je m'étais enfermée dans l'idée d'un monde noir de tous les côtés, où les amis devenaient des ennemis. C'était tellement confus désormais que je ne savais même pas si c'était vrai.

- Et ils sont là maintenant, conclut Susan. Pour faire entendre leur voix. Je ne sais pas ce qu'il en est pour vous, mais moi je me dois de leur donner le moyen de se faire écouter.

Le silence tomba. Un homme plutôt âgé lâcha ses couverts et se pencha en avant, croisant ses doigts pour poser sa tête dessus :

- Etiez-vous en contact avec les Mangemorts ?

- Pas exactement, répondit Aley. Mais des amis de famille qui étaient dans leurs rangs n'avaient pas brisé le contact avec nous.

- Et vous ne comptiez pas dans les rangs de Vous-Savez-Qui ?

- Non, lâcha Lyou d'un ton catégorique

Elle découvrit son avant-bras où était tatouée la marque des Mangemorts :

- J'ai peut être reçu ça mais c'était de force. Ce n'était pas mon choix, c'était ça ou perdre ma dignité physique. Mais il n'y a plus de magie dedans.

Un des collègues de Susan lui fit signe de lui tendre son bras. Lyou s'exécuta et l'homme tapota le tatouage quatre fois avec sa baguette. Il opina :

- Il n'a plus aucun sens.

Il fit un geste rapide dans l'air et tapota encore une fois la marque. Le tatouage brilla de bleu l'espace d'un instant, avant de se décomposer en volutes de fumée noire qui terminèrent leur course dans la baguette du sorcier.

Lyou reprit son bras, la bouche ouverte d'où aucun son ne pouvait sortir. La marque qui lui rappelait constamment qu'on lui avait volé sa liberté. Elle esquissa un immense sourire avant d'adresser un sourire de remerciement au sorcier.

- Bien, reprit Susan en s'adressant à ses collègues. Est-ce que vous pensez que ce serait juste qu'ils aient leur chance de vivre ?

Ils se tournèrent tous vers l'homme qui avait effacé la marque du bras de Lyou. Celui-ci opina très lentement et sortit à nouveau sa baguette. Il tapota sur son verre, qui se remplit d'un liquide pourpre, apparemment de l'alcool. Il leva son verre dans notre direction :

- À votre destin.

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Vasco et Marcus nous attendaient dehors, cachés par l'obscurité. L'aînée des Flint les embrassa chacun sur la joue en souriant. Marcus avait l'air un peu furieux.

- Qu'est-ce qu'ils ont dit ? demanda Vasco

- Ils vont nous aider, récapitula Lyou. Demain va être une journée dure. Mais s'il y a effectivement procès, ils ont pris le temps d'écouter notre version des faits pour nous épauler en faveur de l'absence de condamnation.

- Les aurors ont une version de l'histoire un peu minimisée, quand même. Ils font un peu passer Mélissa pour une folle hystérique. Je veux bien qu'ils n'aient pas eu de mauvaises intentions au départ, mais ils auraient pu y aller diplomatiquement. Ils l'ont bien tabassée mine de rien.

- C'est vrai, opina Aley. Mais ce qui nous a condamnés c'est de s'enfuir. On nous a automatiquement considérés comme louches. Normalement, on ne se cache pas si on n'a rien à se reprocher.

- Mais c'est fini, promit Lyou. On ne s'enfuit plus maintenant. Demain on fera tout notre possible pour s'en sortir.

Marcus m'attira contre lui et m'embrassa sur le sommet du crâne. Je fermai les yeux, submergée par la confusion. Il y avait plus d'espoir que jamais mais rien n'était encore assuré. Allions-nous enfin nous envoler ou allions-nous impitoyablement nous écraser au sol ?

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.


.

Et voilà ! Je pense que ce qui fait la profondeur d'une histoire, c'est que chaque personnage a un regard différent sur une même histoire. Et c'est l'intérêt de ce chapitre. J'espère avoir réussi à faire passer mon message et les sentiments des personnages sans me planter magistralement. L'histoire fait principalement les montagnes russes de l'espoir (et pour être allée dans les montagnes russes pour la première fois de ma vie samedi, je comprends mieux mon expression). Là on est plutôt instables, je dirais.

Vu que ce chapitre est extrêmement délicat pour moi, j'aimerais bien avoir votre avis. Sur ses points forts, ses points faibles, sur vos sentiments, vos préférences, vos attentes... Normalement je mets la suite samedi ou dimanche (en espérant avoir fini le chapitre 23 d'ici là).

Merci énormément d'avoir lu et en avance, merci si vous prenez un peu de votre temps pour me faire part de votre point de vue sur ce chapitre. S'il y a des lecteurs de BS, je pense bientôt mettre un chapitre aussi.

À très bientôt !

ACSD