Hey ! Comment allez-vous ? On meurt de chaud dans le Sud-Est... Je suis en train de cuire, alors être à l'ordi n'arrange absolument rien.
Pour commencer, vu qu'on arrive à la fin de la partie III (plus qu'un chapitre après celui-ci), je vais vous en donner le titre, que j'ai enfin trouvé. "Justice?", ça va ? Et j'ai terminé le chapitre 23, wouh ! Jamais eu de chapitre aussi dur à écrire...
Mais bon, ça c'est le chapitre 22. J'espère qu'il vous plaira parce que... bref je ne sais pas trop moi. Je l'aime bien mais je ne sais pas s'il est bien dans l'esprit. Juste un petit truc : qui se souvient de Susan qui parlait du Procès Malfoy ? C'est le chapitre 20 si jamais vous voulez allez relire avant de passer à la suite.
Et merci pour les 2000+ vues sur cette histoire :)
Bon, allons-y.
RGR :
LeLynxBlanc : Hey ! Merci pour ta review ! Je suis contente que tu aimes toujours et que tu aimes les "changements" de point de vue. Le risque était la répétition, vu qu'il s'agit de la même histoire. On arrive à la fin, donc les montagnes russes commencent à se décider entre haut et bas mais ça ne veut pas dire qu'elles ne vont pas encore faire des leurs ;) Bref, j'espère que tu aimeras autant ce chapitre que le reste de l'histoire :) À bientôt !
Suna : Hey ! Ce n'est pas grave si tu n'as pas reviewé, je te remercie de l'avoir fait pour ce chapitre :) Le procès n'est pas encore pour aujourd'hui, donc de l'aide supplémentaire va peut être arriver entre temps... En tout cas ça me fait plaisir que tu aimes et j'espère que ce chapitre te plaira aussi :) À bientôt !
Harry Potter appartient toujours à JKR et à Warner Bros, Torn à Natalie Imbruglia et les lieux mentionnés (hormis le Nortmai et les maisons des personnages) existent tous, du moins dans l'univers d'HP.
Bonne lecture !
Torn
Nothing's fine, I'm torn
XXII - Impossible
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Un rêve peut mourir mais on enterre jamais l'avenir.
À la volonté du peuple - Les Misérables (comédie musicale)
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Je fermai les yeux dans une nouvelle tentative de m'endormir. Pour l'énième fois, j'échouai. Le sommeil n'avait pas pitié de moi, m'abandonnant à la nuit, dans un silence absolu. Je n'entendais que la respiration d'Aley et Lyou, derrière moi. Il devait être plus ou moins trois heures du matin. Je m'étais réveillée après une heure de sommeil seulement, toujours hantée par un enfant aux yeux verts qui me répétait qu'il était vivant.
Je m'assis sur le lit, prenant ma tête entre mes mains. Je lâchai un soupir peu sonore et m'extirpai des couvertures. Je posai mes pieds nus sur le sol et sortis de la chambre. Je descendis jusqu'au salon, où je trouvai Franz en train de peindre.
Je haussai un sourcil mais m'avançai vers lui. Il ne leva la tête que quand je m'effondrai avec soupir dans le canapé à côté de lui. Il sourit :
- Personne d'autre n'est réveillé ?
- Non, grognai-je. Je suis la seule qui n'arrive pas à dormir apparemment. Je n'arrête pas de voir un enfant aux yeux verts. Un enfant blond.
- Celui dont tu me parlais ?
- Oui.
Il soupira et attrapa un cahier à lui. Il me le tendit, le regard très sérieux. Je le pris et l'ouvris. Il contenait des dizaines de dessins et croquis. Il y avait de tout, presque sans couleurs à part de temps en temps. Tout paraissait si flou, si brumeux.
- Regarde si l'enfant n'est pas là-dedans.
Je parcourus chaque page du dessin, examinant chaque croquis avec attention. Ils étaient si inquiétants, si mystérieux. Il y avait des visages, des scènes, des paysages... La couleur qui dominait partout était le gris. Les traits étaient étalés, indéfinis, presque comme si c'était tiré d'un rêve. Mais je ne trouvai pas l'enfant.
- Non, il n'y est pas. Mais je peux savoir qu'est-ce que c'est tous ces dessins ?
- Je suis spécialiste des visions. Je dessine ce que je vois pendant mes méditations pour trouver leur sens après. Ceux que j'ai trouvés sont marqués d'un nombre. J'ai un autre cahier où je reporte les significations avec le même nombre.
- Est-ce que tu pourrais trouver un moyen de m'aider avec l'interprétation de mon rêve ?
- Montre-moi à quoi ressemble précisément cet enfant.
- Où sont les sacs à dos ?
- C'est la porte juste à ta droite.
Je me précipitai pour prendre le sac de Marcus. Je le ramenai sur le canapé et fouillai pour trouver la photo de Marcus enfant. Je la sortis et la montrai à Franz :
- C'est ça mais avec les cheveux plus clairs, et sans la marque beige là.
- Mmm... Intéressant. Clairs comment ?
- Plus ou moins comme les miens je dirai.
- Qui est l'enfant sur cette photo ?
- C'est Marcus. Mais l'enfant ce n'est pas lui. J'ai déjà vérifié.
- Et ça ne pourrait pas être son frère ?
Je me figeai. Vasco et Marcus avaient été identiques dans leur enfance. Mais ça ne pouvait pas être ça. L'enfant m'avait dit quelque chose qui était la preuve qu'il n'était pas quelqu'un que je connaissais déjà.
- Non, répondis-je. L'enfant a dit qu'il n'était pas encore né.
- Pas encore né... C'est très intéressant ça. Raconte-moi un peu tes rêves, que fait cet enfant, qu'est-ce qu'il te dit ?
- Avant il était mort. Je ne voyais que son visage et ses yeux verts immenses, vides, qui me fixaient presque. Après ses yeux ont bougé et depuis il est assis par terre et il joue en me parlant. Une fois il a dessiné ton nom avec des cailloux. Il me dit des choses qui n'ont pas de sens mais on dirait... Qu'il grandit. Je veux dire, plus il parle et plus il a l'air de mûrir. Ses phrases sont plus cohérentes, plus compliquées.
- Hannah... Ce n'est pas un rêve.
- Quoi ? Et qu'est-ce que c'est alors ?
- C'est une variante du rêve récurrent mais c'est quasiment la vérité. Quand tu t'endors ou quand tu te concentres très fort, tu entres dans ton subconscient, où tu as caché tout ce que ta conscience ne voulait pas voir. C'est là qu'est renfermé cet enfant parce que tu as su inconsciemment qui il était quand je te l'ai montré accidentellement mais tu en as eu tellement peur que tu l'as condamné à être prisonnier de ton subconscient. Il vient te hanter pour que tu le ramènes à la liberté et que tu l'acceptes. Tu l'as en quelque sorte tué quand tu as voulu l'oublier.
- Ça relève de l'irrationnel, c'est ça ?
- Non, c'est tout à fait rationnel. C'est juste que la société a forgé des esprits fermés qui ne fonctionnent que selon un schéma du bien et du mal, et du possible et de l'impossible. L'impossibilité n'existe pas. C'est une faible probabilité.
- Rien n'est impossible, donc ?
- C'est ça.
- Même sortir de cette situation ?
Il éclata de rire :
- C'est loin d'être impossible, ça !
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Je m'assurai que ma capuche soit bien placée devant mon visage pour éviter qu'on puisse me reconnaître. Marcus et Aley firent de même et l'aîné des deux jeta un coup d'œil à la rue pour voir si on pouvait y aller. Il pleuvait des trombes d'eau extraordinaires même pour un début de printemps. Mes vêtements étaient trempés et dégoulinants.
- Tiens, tiens, ricana Marcus. Il y a une vieille connaissance devant la porte de Gringotts.
Je jetai un coup d'œil discret et vit Percy Weasley. Ce type avait été sûrement l'homme le plus lèche-bottes que j'aie connu. Il avait réussi à accéder à la plus haute charge sous le Ministre. J'entendis Marcus grincer des dents. Un simple regard dans sa direction et je remarquai sa mâchoire déformée en une grimace et son regard amer.
- Qu'est-ce qu'il t'a fait ? demandai-je
- Pas à lui, à Vasco, répondit Aley. Ils se détestaient plus que tout et ça donnait un peu comme dans ton année Harry Potter et Draco Malfoy. En beaucoup plus dur et violent.
- Vasco ? Violent ?
Marcus ricana :
- Vasco a toujours été quelqu'un de profondément bon. Depuis sa naissance, et il le sera jusqu'à sa mort. Mais notre condamnation a commencé dès l'école et Vasco en est le meilleur exemple. Il était aimé et détesté simultanément. Les filles principalement, même si elles le blâmaient parce qu'il était Serpentard, donc incapable de leur offrir un véritable amour. Il restait lui-même autant qu'il pouvait mais il me ressemble plus qu'en apparence. Salir le nom de notre famille n'est pas non plus tolérable à ses yeux.
- Tu veux dire que sa rivalité avec Percy Weasley a commencé à cause d'une question de préjugés sur votre nom ?
- C'est stupide, hein ? Mais je vais te dire, la plupart des sorciers libres aujourd'hui le sont : ignorants, insouciants et peu intéressés par le sort de ceux qui souffrent atrocement.
Je hochai la tête :
- Mais ils ne seront pas un obstacle. On les surmontera.
- Et on va commencer par leur passer sous le nez, sourit Aley
- Quoi que disent ces aurors, déclara Marcus, ils sont des criminels et leur prochain crime serait de nous arracher la liberté, et la vie avec.
- On ne les laissera pas faire.
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Je me plaquai au mur d'une ruelle sordide, cachée par l'obscurité et arrosée par la pluie toujours plus forte. Aley se précipita vers moi, échappant de justesse au regard d'un auror qui marchait là. Quand il se fut éloigné, nous nous détendîmes et sortîmes. Marcus nous rejoignit, l'air plus grave que jamais. Nous étions devant une échoppe ouverte mais vide, devant laquelle se recueillait un gueux encapuchonné.
- On est encore loin de l'Allée des Embrumes, dit-il. Il semblerait qu'en notre absence, le Ministre ait augmenté la sécurité dans les rues du Chemin de Traverse.
- Attention, siffla Aley. Il y en a d'autres.
Nous nous retournâmes vers la vitrine voisine au quart de tour, faisant nerveusement semblant de regarder ce qui y était exposé. Dans le reflet de la vitre, je vis un des trois aurors s'arrêter derrière nous et braquer son regard sur nous. Ma respiration s'arrêta. Je reconnus alors Zacharias Smith, un de mes anciens camarades de Pouffsouffle. Je crus mourir de terreur. Il allait me reconnaître.
Marcus m'attrapa par l'épaule et me colla contre lui alors que, calmement, Aley et lui entraient dans le magasin que nous regardions, m'entraînant avec eux. Mon cœur battait la chamade dans ma poitrine -à cause de Zacharias ou de Marcus ?- et j'avais le souffle court.
Une fois dans l'échoppe -qui vendait des horloges- je me retournai vers la vitrine pour voir si les aurors étaient là. À ma grande horreur, je trouvai Zacharias Smith juste en face de moi. Je dus me faire violence pour ne pas réagir comme sa présence me faisait quelque chose. Il me fixait avec insistance, même s'il ne pouvait pas voir tout mon visage grâce à ma capuche.
- Puis-je vous être utile monsieur ? dis-je d'une voix étonnamment calme
- Ne vous a-t-on jamais dit qu'on ne portait pas de capuche à l'intérieur ? Enlevez-la.
Marcus remarqua alors le pétrin dans lequel j'étais et se précipita à mes côtés :
- Monsieur, je vous prierai de ne pas importuner ma femme.
Je sursautai au mensonge. Mon cœur s'accéléra encore, à la fois à cause de Marcus et à cause de la panique qui commençait à croître en moi, bien que je me débrouille bien à la retenir.
- Enlevez vos capuches, ordonna Zacharias. Maintenant. Tous.
Je portai mes mains à ma capuche et l'enlevai dans un geste déterminé. Je vis un éclair l'espace d'une fraction de seconde. Je plantai mon regard dans celui de mon ancien camarade mais il ne broncha pas. Il haussa les sourcils et recula de quelques pas :
- Je vous ai prise pour quelqu'un d'autre, veuillez m'excuser.
Et sur ce, il s'en alla, me laissant bouche bée. Il ne m'avait pas reconnue ? Est-ce qu'il était devenu aveugle ou quoi ? Je me retournai vers Marcus et Aley, toujours avec mon expression choquée sur le visage. Marcus rit, à mon grand étonnement :
- Bien joué, Malfoy.
- Quoi ? m'exclamai-je
Je me tournai dans la direction du regard de mon "ami". Un homme misérable, trempé de la tête aux pieds, une baguette dans les mains, se tenait dans un coin sombre de l'échoppe. Il avait une capuche posée sur la tête, qui laissait voir une grande partie de son visage émacié et barbu. C'était le gueux de tout à l'heure. Un sourire en coin étira ses lèvres :
- Je n'y ai pas cru quand j'ai vu Alexandra. Comment est-ce que tu m'as reconnu ?
- Il n'y a pas trois cent hommes qui viennent se recueillir devant ce magasin.
Je plaquai ma main sur ma bouche en regardant le trottoir en face de l'échoppe. Je crus même voir apparaître des images d'immenses flaques de sang et du cadavre d'une jeune fille. Athena... C'était là qu'elle était morte.
- Alors tu m'as vu, sourit Malfoy. Rien ne peut t'échapper, capitaine.
- Si, quelque chose m'échappe. Tu es censé être mort, assassiné en cachette. Alors pourquoi est-ce que tu erres vivant dans ces rues ?
- Viens je vais vous expliquer, mais pas ici. Le responsable va bientôt redescendre, je l'entends dans les escaliers. Je vais vous emmener quelque part où on ne sera pas dérangés.
Il se tourna vers moi :
- Remets ta capuche, Hannah.
J'obéis, encore secouée par l'absurdité de la scène. Zacharias Smith ne m'avait pas reconnue et un "mort" nous aidait. Est-ce que je m'étais enfin endormie ou est-ce que j'étais devenue folle ? Un mort, qui était vivant en fait... Tiens, tiens. Décidément, c'était plus normal que ce que je pensais.
Nous suivîmes Malfoy dans un dédale de ruelles plus sordides les unes que les autres jusqu'à déboucher sur l'Allée des Embrumes. Là, le soi-disant mort nous guida jusqu'à une porte délabrée, cachée derrière le coin d'un bâtiment. Nous y entrâmes tous les quatre, Malfoy allumant une pauvre bougie presque entièrement consumée, qui révéla un abri miséreux et étroit.
- Voilà, dit-il en déplaçant la bougie pour qu'elle illumine mieux. C'est chez moi.
- Une petite histoire s'impose alors.
Malfoy me lança un regard amusé :
- Ton amie Bones n'a pas imaginé une seconde que vouloir me rendre visite me permettrait d'échapper à la potence. Pour la recevoir, mes geôliers se sont éloignés et j'ai réussi à m'enfuir, ayant volé une de leurs baguettes auparavant. Quand ils sont revenus, j'étais déjà assez loin. Il n'y avait personne pour me sortir d'Azkaban, contrairement à mon père dans le temps. J'ai dû "réquisitionner" une des boîtes où ils mettaient les exécutés pour les jeter à la mer. Ça a été dur de survivre après mais par chance, c'était quelques jours avant qu'ils ne mettent la trace sur les baguettes pour traquer les sorciers en fuite. Les gardiens d'Azkaban ont alerté les aurors de ma disparition mais hormis eux, personne n'est au courant. Pas même le ministre. Je suis donc secrètement recherché mais on a fait circuler la nouvelle de ma mort parmi les autorités. Je me cache ici depuis, sachant que le temps a affecté mon visage. J'ai dû voler des baguettes sur des cadavres de gueux dans les rues pour ne pas me faire attraper. Je viens régulièrement me recueillir là où Athena a agonisé jusqu'à mourir. Aujourd'hui, quand j'ai vu cet abruti de Smith, j'ai pensé de m'enfuir. Puis j'ai remarqué qu'il suivait des gens. J'ai regardé dans l'échoppe et j'ai reconnu Alexandra quand elle s'est retournée vers lui. Je suis entré discrètement et j'ai entendu Smith vous demander d'enlever vos capuches. Je n'ai pas réfléchi et j'ai pris le risque de lancer un sort à Hannah, que je n'avais pas encore reconnue. Ça a marché mais je ne m'attendais pas à me faire reconnaître.
Je fermai les yeux et les rouvris, essayant de me convaincre que je ne rêvais pas. J'entendis à peine Malfoy nous demander qu'est-ce qu'on était devenus ces dernières six années, tant j'étais encore en train de recoller les morceaux de l'histoire. Qu'est-ce que ça voulait dire ? Ça devait forcément avoir un sens.
Et là je compris. Rien n'est impossible. C'était un signe. Le retour d'un homme qu'on croyait mort, échapper in extremis aux aurors et qui plus est Zacharias Smith... Je me retournai brusquement, attirant l'attention sur moi. Mais j'étais tellement happée par ma réalisation que je ne remarquai pas qu'on m'interrogeait du regard. Je me retournai à nouveau et fis face à mes amis. Un espoir violent s'était emparé de moi :
- Je sais.
Aley fronça les sourcils :
- Qu'est-ce que tu sais ?
- Ce qu'on doit faire. J'ai trouvé !
- Han... commença Marcus
- Il me faut Leila ! Et les autres ! Il faut qu'on aille les retrouver. Brin, Vasco, Lyou, Franz, Leila et même Justin et Ernie s'il le faut. Et Susan, quitte à la traîner de force hors du Ministère.
- Hannah, tu...
- On n'a pas de temps à perdre ! Viens avec nous, Malfoy. C'est maintenant ou jamais. Il faut qu'on prenne tout le monde.
Marcus sembla renoncer à me poser des questions car il m'attrapa la main et planta son regard dans le mien :
- C'est maintenant.
Je souris.
- Allons-y.
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Vasco débarqua en courant, tirant derrière lui une Susan trempée de la tête aux pieds qui hurlait qu'on lui explique. Il était allé la prendre au Ministère et apparemment l'avait réquisitionnée en pleine réunion.
- Vasco ! rugit mon amie quand il s'arrêta enfin. Est-ce que je peux savoir pourquoi tu as débarqué sans prévenir, poursuivi par des aurors, pour venir m'attraper et m'enlever devant tout le monde comme ça ? Tu m'as fait courir dans la boue !
Vasco éclata de rire en lui laissant son manteau pour la protéger de la pluie :
- Excuse-moi, j'aurais fait autrement si j'avais eu le choix.
Il la colla à lui pour la réchauffer, se faisant pardonner sur le coup. Et oui, Susan ne pouvait pas rester longtemps en colère contre Vasco, surtout s'il la traitait avec attention. Malfoy rit et donna une tape dans le dos de son meilleur ami, de trois ans son aîné. Ils avaient été si choqués de se retrouver à nouveau face à face. Ils s'étaient sauté au cou en hurlant de joie et de choc à la fois.
Nous étions désormais treize : Marcus, Vasco, Aley, Lyou, Brin, Leila, Franz, mon père, Justin, Ernie, Susan, Malfoy et moi. Il pleuvait toujours aussi fort et les rues étaient deux fois plus sordides qu'une heure auparavant.
- Bon, lâcha Lyou, qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
- On retrouve Zacharias Smith, annonçai-je de but en blanc
Je récoltai douze paires de regards choqués, qui attendaient que je m'explique.
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Je manquai de trébucher dans ma robe. Je lâchai un juron en m'asseyant à côté de Susan et son cavalier Zacharias. Ils étaient couverts de transpiration, tant ils avaient dansé. Au moins Su avait trouvé un moyen de se déconcentrer de Vasco. Au contraire, moi j'avais beau danser avec Ernie, je finissais toujours par croiser Justin du regard. Leila avait disparu, il fallait aussi préciser.
- Ça va ? demanda Susan
- Oui... soupirai en dégageant mes pieds de ma robe. C'est juste que je ne supporte pas ce genre d'accoutrements
- Moi si. Si je pouvais, je porterais ça tous les jours.
- Princesse, va.
Elle éclata de rire. Zacharias se leva et s'agenouilla devant moi pour m'aider à arranger mes vêtements pour éviter de trébucher dedans encore.
- Merci, fis-je quand il se rassit
Il opina et je soupirai :
- Pourquoi cette journée doit être aussi pourrie ?
- Tu te réfères à Justin ? dit Susan en connaissant déjà la réponse
- Regarde-le ! Tu as vu comment il se comporte avec cette fille ? Combien tu paries que la nuit va se terminer derrière un buisson pour eux ? Je ne sais pas quoi faire, je suis désespérée. Je ne veux plus les voir.
- Commence par ne pas les regarder. Ça marche, je t'assure.
- Facile à dire...
Zacharias ricana :
- Vous les filles... Est-ce que vous pensez à autre chose que l'amour parfois ?
- Tais-toi, soupirai-je. Tu n'es ici que parce que tu n'as pas eu celle que tu voulais aussi.
- Mais au moins, je suis avec Susan, et ce n'est pas pour me déplaire en réalité. Toi tu te fais tellement braire avec MacMillan que tu ne trouves comme solution que te torturer en regardant Flinch.
- C'est injuste... gémis-je. Il me connaît mieux et depuis plus longtemps qu'elle et c'est elle qu'il choisit !
- Il fallait te magner avant.
- Écoutez qui parle.
- Arrête de te plaindre, Hannah. La vie a des choses bien plus injustes en réserve pour toi, si tu t'apitoies sur le premier garçon qui n'en vaut peut être pas la peine, t'es perdue.
- Je fais ce que je veux. Justin n'est pas "le premier garçon qui n'en vaut pas la peine". Il en vaut la peine ! Je l'aime et je n'aimerais jamais quelqu'un d'autre.
- J'aurais aimé pouvoir t'aider mais tu es déjà perdue, Hannah.
- Tu ne peux pas m'aider.
- Ça ne tient qu'à toi d'en décider.
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Susan nous indiqua une taverne au bout de la rue.
- Un jour il m'a dit que c'est là qu'il allait quand il avait fini d'inspecter les rues, pour sa pause. Généralement, il y va vers midi, ce qui signifie qu'il doit déjà y être.
- Il faut envoyer quelqu'un en reconnaissance, proposa Franz
- Je vais y aller, fit Leila. Je vous ferai signe s'il y est.
- Et après ? grogna Justin -qui n'en valait effectivement pas la peine. Autant de monde qui va là-bas ça va faire louche !
Marcus et Vasco éclatèrent de rire :
- Il t'en reste des choses à apprendre, gamin, fit l'aîné
- Personne n'aura le temps de se poser de questions, confirma Vasco
Leila me sourit, m'embrassa brièvement sur la joue et sortit à couvert dans la rue. Elle fut obligée de marcher dans les immenses flaques d'eau entre les pavés pour traverser. Elle se dirigea à pas déterminés vers la taverne dont le nom était illisible à cause de la pluie qui s'était enfin arrêtée. Je vis ma sœur ouvrir la porte du local et s'arrêter quelques secondes à l'entrée. Elle se retourna et nous adressa un pouce levé.
- Il y est, lâcha Susan
- On court jusque là-bas, ordonna Vasco en lui attrapant la main
Marcus attrapa mon bras et s'élança dans la rue. Nous éclaboussions de partout en courant dans les flaques, nous dûmes bousculer ceux qui nous obstruaient le passage, nous déboulâmes brusquement dans la taverne, faisant sursauter tout le monde. Brin, Aley et mon père se plaquèrent contre la porte pour la bloquer alors que les autres sauf Susan et moi s'occupaient de la sécurité. Su et moi rejoignîmes Leila et toutes les trois nous avançâmes vers Zacharias, qui s'était levé et brandissait sa baguette devant nous.
- Baisse ça, ordonna Susan. On n'est pas là pour faire la guerre.
- Qu'est-ce que c'est que ça ? siffla Smith. Qui sont ces gens ?
- Des innocents condamnés par la justice de cette société. Baisse ta baguette pour les explications.
Il ne bougea pas. Je soupirai et portai ma main à sa baguette pour le forcer à la baisser. Il planta son regard dans le mien et sursauta. Sa baguette tomba sur la table et il fronça les sourcils :
- Comme c'est drôle... Hannah Abbott. J'ai crû te voir ce matin, dans une rue. Mais cette femme, même si elle te ressemblait, n'était pas toi. Et elle était mariée.
Je sentis mon cœur louper un battement en me rappelant l'intervention de Marcus. Je me ressaisis juste avant que mes joues ne se mettent à brûler :
- Tu avais raison, la vie m'a réservé des choses bien plus injustes que de ne pas pouvoir être avec Justin. Et tu avais raison aussi, il n'en valait pas la peine. Maintenant, s'il te plaît, assieds-toi et laisse-moi te donner des explications.
Il regarda derrière nous et balaya nos camarades de son regard perçant :
- Parmi eux, il y a les Flint, pas vrai ?
- Si tu veux des explications, assieds-toi.
Sans quitter les autres du regard, il retomba sur sa chaise. Je m'assis en face de lui et une grande partie de la tension dans la pièce s'allégea. Zacharias reprit sa baguette et me fit signe de commencer. Je pris une grande inspiration :
- C'est vrai qu'il y a des injustices plus flagrantes qu'un amour non partagé. Mais la plus grande de tous est perpétrée par ceux qui se proclament "les sauveurs de la patrie". Leurs pêchés dépassent de loin ceux de certains qu'ils ont condamnés, de Athena Gorgès à tous les innocents qui sont aujourd'hui au fond de la mer. Les prochains sur la liste de la Justice se tiennent juste derrière moi. Mais ils n'ont commis aucun crime, et le seul qu'on leur attribue c'est de porter un nom qui a une connotation de Mangemort. Aucun d'eux n'a pris part à la guerre, ni dans un camp ni dans un autre, et il y a des moyens de le prouver.
- Et c'est pour ça que vous interrompez mon déjeuner aussi violemment ?
- La vie est construite sur des choix, des actions et des promesses. J'en ai faites, j'en ai tenues, mais je sais aussi quand on m'en fait. Tu m'as promis quelque chose et je viens te le demander. Aide-nous.
- Quoi ?
- Tu m'as promis de m'aider si je le décidais. Je suis là et je te demande de nous aider. On a besoin de justice, on a besoin de vivre. Aucun de nous n'est un criminel mais on finira quand même à la potence. Il faut seulement qu'on puisse faire entendre notre voix à quelqu'un. Personne n'a jamais entendu celle de ceux qui sont morts innocents. Il fait rétablir la justice dans ce pays.
- Les Mangemorts méritaient la mort.
- Ce n'est pas la question ! Aucun de nous ici n'est un Mangemort et pas même Andreas et Eva Flint. On ne doit pas se faire exécuter pour des crimes inexistants !
Il y eut un long moment de silence. Zacharias balaya à nouveau mes camarades du regard, avec une lenteur angoissante. Toujours aussi lentement, il rangea sa baguette dans sa poche. Il revint sur moi et prononça distinctement :
- Je veux que les Flint s'avancent ici.
Mon cœur s'arrêta de battre. Je me retournai vers la fratrie qui s'était déjà regroupée. Marcus me consulta du regard. Sans réfléchir, j'opinai et tous les quatre me rejoignirent. Je me levai pour être à leur hauteur et Zacharias m'imita ensuite. Il vint se placer juste en face de Vasco :
- Je me souviens de toi... fit-il. Susan t'appelle son "prince charmant". Es-tu aussi immaculé que ça ou est-ce que ce n'est qu'une façade ?
- Zach ! siffla Su. Ce serait la dernière personne au monde dont tu devrais remettre l'innocence en cause !
- Ne serais-tu pas un peu aveuglée, toi ?
- Je ne suis peut être pas un prince charmant mais je ne suis pas un criminel, déclara Vasco en se plaçant entre Zacharias et Susan. Quant à elle, sache qu'elle ne peut pas être aveuglée vu que je ne suis pas du genre à berner les autres.
L'auror soupira et porta son attention sur Aley :
- Mmm... Je ne me souviens pas de toi...
Il continua vers Lyou :
- ...ni de toi. Si c'est pour ça, je ne pensais même pas qu'il y ait des sœurs Flint. En revanche, celui dont je me souviens clairement, c'est...
Il tourna la tête vers le deuxième de la fratrie, dont le bras était passé autour de ma taille :
- ...Marcus Flint. Capitaine de Serpentard, à la réputation qui n'a jamais cessé d'être racontée année après année même après son départ. J'ai lu ton nom très souvent sur les listes de recherchés. Je n'imaginais pas qu'un serpent comme toi puisse se mettre autant à découvert.
- Tu serais étonné de découvrir que les serpents passent plus de temps à découvert que dans un vieux trou abandonné du monde.
- Je reconnais cette voix... Alors c'était bien vous chez l'horloger ce matin. J'en étais sûr. Ça c'est clairement étonnant... Pourquoi est-ce que tu as prétendu être le mari d'Hannah ? Toi, le serpent sans sentiments, pourquoi ?
Je vis le menton de Marcus se relever en signe de fierté et de détermination. Il planta son regard vert perçant dans les yeux de l'auror d'une tête plus petit que lui et déclara d'une voix plus puissante que jamais :
- Des aurors m'ont déjà arraché la femme que j'aimais. Il est de hors de question que vous m'enleviez Hannah maintenant.
Je sursautai et je ne fus pas la seule. Le reste de notre groupe, y compris la fratrie Flint et Leila, lui lancèrent des regards effarés. Zacharias Smith était même le plus impressionné par la déclaration :
- Et bien... Elle s'appelait Mélissa Aidenberg, c'est ça ? Je me souviens du jour où Clark m'a raconté sa mort. Depuis qu'il a accidentellement causé sa mort, il s'attend à ce que tu viennes le tuer dans son sommeil. Il est même devenu paranoïaque. Je te conseille de ne pas laisser Hannah trop près de lui si tu tiens à elle, il a juré de te faire venir en face des portes d'Azkaban un jour.
Je remarquai que la voix de Zacharias était devenue plus douce sur la fin. Je le dévisageai avec suspicion. Soudainement, il afficha une sorte de sourire amusé et s'assit sur la table derrière lui :
- Je dois dire que je suis impressionné. Vous tous prenez le plus gros risque de votre vie en débarquant comme ça ici, n'étant même pas certains d'obtenir mon aide. Je trouve Susan, qui a enfin eu le courage de se battre concrètement pour la cause qu'elle défend. Je trouve Hannah qui prend la parole au lieu de s'écraser, qui prend les devants du destin. Je trouve les Flint qui sortent à découvert après six ans de disparition, pour clamer leur innocence. Notamment je trouve Marcus Flint, qui n'a plus peur de l'humanité. Et par-dessus tout, je découvre ce que représente la liberté pour des hommes.
Il fit quelques pas en direction du comptoir et héla le responsable ainsi que tous les clients :
- Alors, vous tous ? Je vous vois un peu secoués par ce spectacle. Quoi ? Vous ne saviez pas ? Et oui, tous ces procès Mangemorts, les journaux vous bernent depuis le début. L'issue du procès est déjà déterminée à l'avance. Azkaban n'est même pas pleine parce que tous ceux qui sont passés en procès Mangemort sont désormais au fond de la mer. On les tue. On les tue, vous entendez ? Innocents, coupables, on les tue. Il n'y en a qu'un qui se soit échappé mais ça personne ne vous le dira jamais. On ne peut pas être neutre dans notre monde. La neutralité est un crime puni en procès Mangemort. Tous ceux qui ont refusé de prendre parti sont sous la mer aussi. Alors ? Ça vous fait quoi de savoir ça ?
Le silence tomba dans le local. J'étais autant sous le choc que les clients de la taverne. Je me demandais quand Zacharias avait changé d'avis sur sa position. Je n'eus pas le temps de trouver une réponse, car voilà qu'il reprenait sa tirade :
- Vous avez entendu maintenant. Vous avez tout entendu. Qu'est-ce que vous allez faire ? Vous pourriez être les prochains. Vos enfants pourraient être les prochains. Des centaines d'innocents et de coupables doivent encore passer à la potence, à commencer par ces gens qui se tiennent devant vous. Qu'est-ce que vous avez à dire ? Vous avez été témoins du courage qu'ils sont capables de manifester et vous avez entendu cet homme prouver qu'il a des sentiments purs dans son cœur, comme vous tous. Vous allez laisser faire ça ? Soyez sincères : est-ce que vous allez condamner ces gens, qui sont comme vous, prenant le risque de vous retrouver à leur place un jour, ou vos enfants ? Si votre réponse est oui, et bien rentrez chez vous et faites comme si vous n'aviez rien vu et entendu. Si vous répondez non, sortez dans les rues. Faites savoir ce qui se fait. Affichez les chiffres, les centaines de cadavres innocents qui ont disparu dans les abysses.
Il désigna la porte, que Brin et mon père ouvrirent. Une seconde plus tard, tous les clients et même les employés de la taverne lâchèrent repas et activités et sortirent. Alors Zacharias croisa les bras sur sa poitrine, fier de lui, alors que nous lui lançâmes des regards effarés. Il se retourna vers moi :
- Ne me regarde pas comme ça, je vais penser que tu me crois fou.
- Pourquoi ce revirement de situation ?
- Un jour, un prisonnier que j'emmenais à la potence m'a supplié de le laisser partir. J'ai refusé. C'était un autre comme vous, qui n'avait pas pris de camp mais dont la famille -tous des Serpentard- était avec les Mangemorts. Il m'a dit, mot pour mot, ceci : vous ne savez pas ce que c'est aimer la liberté comme son prochain, vous ignorez tout de l'humanité et de l'amour.
Zacharias regarda Marcus :
- Et toi, le Serpentard à la réputation de statue de glace, d'être inhumain et incapable d'aimer, tu défends une de mes vieilles amies de la menace que je représente pour elle, pour vous, parce que tu l'aimes. Et vous tous, vous êtes disposés à vous mettre à découvert, à possiblement vous faire tuer, pour demander de l'aide à votre ennemi. Vous tenez tellement à la liberté, à la vie mais par-dessus vous tenez à ceux qui vous entourent.
Zacharias avait toujours été un des plus arrogants de mes camarades. Il avait une fierté personnelle inébranlable, tout comme ses convictions. Je peinais à le reconnaître en face de moi. Et la situation ne s'arrangea pas quand il déclara :
- On vous écoutera. Mais pour l'instant, il est temps de faire entendre de voix étouffées.
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Les rues étaient plus agitées que jamais. Ça hurlait, ça scandait, des affiches volaient de partout... Du toit d'un bâtiment, d'où j'observais la scène, je pouvais tout voir. J'esquissai un sourire incrédule :
- Rien n'est impossible... murmurai-je
Je me tournai vers Marcus, Susan et Vasco. Nous nous étions séparés pour attirer un peu moins l'attention. Je m'avançai vers mes amis, un immense sourire aux lèvres :
- Rien n'est impossible. Ça n'a pas été impossible pour moi de changer de sentiments envers Justin et Ernie, de remonter à la surface, d'aimer à nouveau, de trouver ma place et de pardonner mes parents. Ça n'a pas été impossible pour nous de retrouver l'espoir, de l'aide et puis de l'espoir à nouveau. Ça n'a pas été impossible pour Zacharias de passer d'un autre côté, ni pour nos voix de se faire entendre. Franz avait raison : rien n'est impossible.
Marcus sourit et prit mes mains dans les siennes. Il s'approcha de moi jusqu'à ce que nos fronts se touchent. Nos regards s'accrochèrent et nos sourires se retrouvèrent à quelques centimètres seulement d'écart. Je serrai les doigts de Marcus avec plus de force et levai le menton, sûre de ce que je voulais.
- Merci, murmurai-je. Pour ce que tu as fait et dit.
- Dans l'échoppe ?
- Par exemple.
- C'est la première chose qui m'est passée par la tête.
- De prétendre être mon mari ?
- Un jour, je te jure que je ne me contenterai pas de prétendre.
Je crus que ma mâchoire allait se décrocher sous le choc. Certes, il avait déjà abordé la question mais jamais avec autant de certitude et d'assurance. Une fois ressaisie, j'opinai vigoureusement :
- J'espère bien.
- Tu verras. Demain sera un grand jour, et pas uniquement pour nous.
- Hé les amoureux ! nous héla une voix sarcastique dans notre dos
Nous nous retournâmes brusquement, remarquant que Justin et Ernie nous avaient rejoints. Ils lancèrent un bref regard assassin en direction de Marcus avant de s'arrêter à côté de Su et Vasco :
- Smith a annoncé que le Magenmagot a accepté d'ouvrir un procès Mangemort pour vous demain. Il a précisé que c'était à neuf heures et qu'il y allait y avoir une surprise avec.
- Génial ! maugréai-je. Les surprises de Zacharias sont trois fois pires que celles de Marcus !
- Hé !
Vasco et moi éclatâmes de rire. Le cadet des frères donna une tape dans le dos de son aîné puis une dans ma main. J'embrassai Marcus sur la joue.
- Tu l'as bien aimée ma surprise, il me semble... grogna-t-il
- Jamais eue de meilleure.
- Tu vois !
- Je sais, je te taquinais c'est tout. Je suis pardonnée ?
- On verra ça.
J'éclatai de rire tandis qu'il m'ébouriffai les cheveux. Mes anciens amis nous dévisageaient avec dégoût mais je m'en moquais. Après tout, j'étais heureuse avec les Flint et je ne l'avais pas été avec eux deux. Pourquoi est-ce que je devrais me préoccuper de ce qu'ils pensaient de ma nouvelle vie ?
- Hannah, lâcha soudainement Marcus avec gravité
- Oui, qu'est-ce qu'il y a ?
- On a fait tout dans le mauvais sens, tu ne crois pas ? Je veux dire, nous deux. On a grillé une étape et il y en a une qu'on a encore laissé en suspens.
- Je ne comprends pas.
Il esquissa son traditionnel sourire en coin effronté et se pencha vers mon oreille :
- Je t'aime.
Il s'éloigna, me laissant le dévisager :
- Moi aussi, mais je ne vois pas où tu veux en venir.
- Je veux en venir au fait qu'à partir de maintenant, je ne te considère plus comme mon amie. Et j'arrête de t'appeler comme ça.
J'éclatai de rire et pris sa main. Je fis un signe de menton à Vasco et m'élançai vers la descente du toit, tirant Marcus derrière moi. Nous étant bien éloignés, nous étions désormais en équilibre sur le bord d'un toit, la rue en dessous de nous. Je fis face à Marcus et plantai mon regard dans le sien :
- Demain ce sera la fin. Personne ne sait encore si elle sera heureuse ou pas pour nous mais ce qui est sûr c'est qu'après, on n'aura plus à se cacher ni à s'enfuir. On vivra ou on mourra. Je veux que tu saches que jamais je ne m'étais sentie à ma place avant d'arriver au Nortmai.
- Hannah...
Je plaquai mes mains sur ses joues et me levai pour coller nos fronts ensemble, fermant les yeux en respirant à plein nez l'odeur de sa peau :
- Je t'aime.
Je le sentis sourire et ouvris les yeux. Je me remis en position normale, sans enlever mes mains du visage de Marcus. Il caressa ma joue :
- Un page se tourne demain, c'est vrai. Mais pour moi ça veut seulement dire que la vie commence demain. On se reconstruira tous ensemble, avec tous ceux qui nous sont chers. Rien n'est impossible, et c'est pour ça que demain on vivra.
- Longue vie aux Flint.
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Et voilà ! Ceci est le deuxième plus long chapitre de l'histoire (surtout parce que Zacharias est très bavard).
Je vais vous avouer quelque chose. Avant d'écrire ce chapitre, je n'avais absolument aucune idée de quoi écrire. Alors je me suis dit, "bon, ne te torture pas, ça viendra" et vu qu'on avait à peine acheté le DVD des Misérables (qu'on avait pas pu voir au cinéma), mon frère m'a proposé de le regarder. Et tadam ! Inspiration.
Bref, je crains un peu les réactions pour ce chapitre qui fait encore quelques montagnes russes. Je me rends compte aussi que le titre pouvait faire un peu peur...
Enfin, j'aimerais bien savoir ce que vous en pensez, si ce chapitre vous a plu ou pas du tout, si l'histoire de Malfoy était vraisemblable (oui, c'était prévu), si Zacharias est odieux ou non... Please ? :)
Je vous retrouve donc le week-end prochain avec le chapitre 23, dont je n'arrête décidément pas de parler, ou plus tôt pour les lecteurs de BS !
Merci beaucoup et à bientôt !
ACSD
