Hey ! Comment allez-vous ?

Et bien ça y est ! Chapitre 23, décisif. J'imagine que c'est celui ou vous avez le moins envie de m'entendre (me lire) blablater mais j'ai quand même deux choses importantes à vous dire.

De une : je ne serais sûrement pas capable de mettre le chapitre 24 le week-end prochain. Si je n'y arrive pas, je le mettrai le lundi ou le mardi d'après. Pas de panique :)

Ensuite, pour la suite. Je ne reviendrai pas avec une grande fic avant la rentrée. Je continuerai Torn et posterai les chapitres de Le plus humain de tous mais je ne commencerai rien de nouveau. Je posterai régulièrement des OS, oui. J'ai besoin de pouvoir revenir un peu à mes écrits originaux, hors du monde de Fanfiction, parce que je les ai un peu délaissés. À la rentrée, je recommencerai les longues fics.

Je vous remercie pour les 2700+ vues sur Torn, merci beaucoup :) !

Voilà, blabla terminé !

RGR :

LeLynxBlanc : Hey ! Merci énormément d'avoir reviewé ^^ Oui, ce chapitre c'est le procès ! C'est vrai que Zacharias Smith est le dernier personnage important à apparaître et il le fait à la toute fin. J'espère que ce chapitre sera à la hauteur de ton Impatience est qu'il te plaira :) À bientôt !

chloe : Hey Merci beaucoup d'avoir reviewé, ce que tu dis me fait vraiment plaisir :) Voilà la suite, j'espère que ça te plaira !

Harry Potter appartient toujours à JKR et à Warner Bros, Torn à Natalie Imbruglia et les lieux mentionnés (hormis le Nortmai et les maisons des personnages) existent tous, du moins dans l'univers d'HP.

Bonne lecture !


Torn

Nothing's fine, I'm torn

XXIII - Mangemort


.

So here we are, fighting and trying to hide the scars.

I'll be home tonight, take a breath and softly say goodbye.

The lonely road, the one that I should try to walk alone.

I'll be home tonight, take a breath and softly say goodbye.

Just take a breath and softly say goodbye

Here We Are - Breaking Benjamin (Phobia)

.


Je me tenais encore devant lui, mais quelque chose chez moi avait changé par rapport à cet enfant aux yeux verts. Tout simplement, je n'étais plus tétanisée, paralysée par la peur quand je le regardais. C'était même étrange...

Je m'assis en face de lui. Il jouait encore avec ses cailloux et essayait de faire des dessins avec eux. Une idée me traversa l'esprit. Je tendis ma main vers un caillou qu'il avait laissé de côté parce qu'il était beaucoup trop grand pour ses dessins et me remémorai un sort de Métamorphose. Après tout, j'étais dans mon subconscient donc la magie n'y étant pas réelle, je ne risquais rien. Je formulai le sort, même sans baguette, et le caillou se transforma en une petite peluche en forme de macareux moine, qui tenait dans la paume de ma main. Je souris, me rappelant de la sortie à l'île de Skomer avec Marcus. Ce jour était pour moi le symbole du passage entre celle que j'étais avant et celle que j'étais maintenant. C'était la rupture entre la fuite et l'action.

- Hé, appelai-je l'enfant

Il leva la tête vers moi, un grand sourire sur les lèvres :

- Oui ?

Je lui rendis son sourire et lui tendis la petite peluche :

- Tiens, j'ai fait ça pour toi.

Ses yeux s'illuminèrent subitement, agrandis de surprise. Ses doigts se refermèrent lentement sur le petit macareux moine et il le fixa longuement avant de me regarder à nouveau. Il fit un sourire immense et lumineux et me sauta au cou :

- Merci, Hannah !

Le contact entre nos corps me choqua. J'étais habituée à me tenir à distance par rapport à lui et je m'imaginais qu'il était impalpable, abstrait, comme tout rêve se doit d'être. Mais non, je sentais son cœur battre contre le mien, son souffle dans mon cou et son étreinte autour de mes épaules. Je me surpris à trouver ça agréable et normal. À cet instant là, j'eus la confirmation de ce que m'avais dit Franz. Ce n'était pas un rêve.

L'enfant se détacha de moi, me fit encore un grand sourire et me désigna ses cailloux :

- Tu veux voir mon dessin ?

Je ne pus m'empêcher de le trouver adorable :

- Bien sûr, montre-le moi.

Tout content de ma réponse, il me fit signe de le suivre. Je me levai et m'agenouillai derrière lui, en face de son dessin. Je n'avais aucune idée de où il avait prit ses cailloux qui contrastaient autant sur le blanc qui constituait le sol, les murs et le plafond de mes rêves.

- Qu'est-ce que c'est ? demandai-je

- C'est aujourd'hui.

Intriguée, j'observai les courbes noires que formaient les petits cailloux. Je reconnus une grande porte, ainsi qu'une pièce avec des sortes de gradins, plein de monde et au milieu du dessin, un cœur parfaitement représenté.

- Aujourd'hui ? répétai-je. Mais tu sais qu'aujourd'hui pourrait être le dernier jour de ma vie, pour Marcus et les autres aujourd'hui ?

Il rit, de ce rire qu'ont seulement les enfants :

- Je suis ta preuve.

Il agita la main devant lui et tout disparut. J'ouvris doucement les yeux, me retrouvant dans l'obscurité. Je sentis quelque chose de dur sous ma tête et une main chaude sur mon épaule. Je bâillai et me redressai, faisant attention de ne pas réveiller la personne qui me servait de coussin. Une fois assise correctement sur le canapé, je reconnus la chaleur familière de Marcus et me rappelai qu'on avait tous passé la soirée à discuter, s'endormant les uns après les autres sans s'en rendre compte.

Je me levai et m'étirai. Il faisait trop noir pour que je puisse voir où je mettais les pieds alors je dus avancer à tâtons, me repérant grâce au canapé puis au mur. Je sentis une poignée sous ma main et la poussai. J'appuyai sur l'interrupteur quand je réussis à le trouver et refermai la porte dans mon dos.

Je me retrouvai dans la cuisine. Je m'avançai vers l'horloge pendue sur le mur vierge de tout meuble : il était six heures et quart. Décidément, mon temps de sommeil avait été sérieusement réduit ce dernier mois, contrairement à Marcus qui n'avait jamais dormi autant depuis six ans.

Je pris un verre dans un meuble et le remplis d'eau au robinet. Je vidai d'une traite tout son contenu et soupirai, repensant à mon rêve. Enfin... Mon "rêve". Il était la preuve de quoi ? En quoi ça avait un rapport avec nos possibilités de mourir, à cause de l'échec du procès ?

Si seulement il était possible de tout changer d'un coup de baguette magique : la loi, les accusations, l'injustice, la cruauté de l'ignorance... Si seulement je pouvais tous nous ramener sains, saufs et heureux à Marloes sans avoir à vivre l'angoisse causée par le fait qu'on ne pouvait pas prévoir l'issue du procès Mangemort. Tous ceux de ce type s'étaient terminés officiellement par une incarcération, en réalité par une exécution.

Je sentis mes yeux brûler et me maudis mentalement. Ce n'était pas le moment de pleurer, certainement pas. Mais je ne pouvais pas nier que j'étais tétanisée à la simple idée que ce serait peut être la fin.

J'entendis la porte d'entrée se refermer et sursautai. Quelqu'un était entré. Je me traitai mentalement d'imbécile. Cette maison était celle de Franz, c'était lui qui en avait les clefs. Ayant sans doute vu la lumière dans la cuisine, le propriétaire de la maison s'y dirigea pour voir qui était debout. Je m'étonnai de trouver Leila en face de moi au lieu de Franz.

- Qu'est-ce que tu fais ici ? souris-je

Elle me rendit mon sourire et vint me prendre dans ses bras. Je fermai les yeux en sentant son étreinte, aussi vraie que celle d'un enfant qui n'existait même pas. Ma sœur me serra le plus fort possible et je sentis son appréhension. Elle se détacha et me regarda sérieusement :

- Susan m'a envoyé tous les détails sur le procès.

- À cette heure-ci ?

- Les Flint sont dans les derniers "ex-Mangemorts" en liberté pour le Ministère, avec Draco et bien moins d'une dizaine d'autres. Autant dire que les aurors ont assez hâte de les avoir tous éradiqués. C'est pour ça qu'ils ne perdent pas de temps avec les procès : c'est du jour au lendemain de la capture. Peu importe s'il n'y a aucun témoin en faveur des accusés.

- Qui sont les nôtres ?

- Franz, moi et d'autres dont Susan ne m'a pas envoyé les noms.

- Quoi ? Je ne vois pas de qui il peut s'agir... Il n'y a personne de vivant qui puisse témoigner en faveur des Flint. Tous les Mangemorts sont morts et Draco n'en est pas vraiment un.

- Je sais mais on va faire confiance à Susan. Elle sait ce qu'elle fait. L'audience se tiendra dans la salle des procès longs. L'organisation des procès à changé depuis la première guerre. Les aurors seront presque tous présent, notamment l'équipe qui était chargée de retrouver les Flint depuis six ans.

- Clark...

- C'est ça. À part eux, il y aura tous les aurors les plus importants du Bureau. Le Ministre sera là aussi. Autant te dire que ça risque d'être assez... Important. Les procès Mangemort sont réputés pour toutes les mesures de sécurité et la forte médiation mises en place.

- Sauf que la plupart d'entre eux se sont terminés par l'exécution des accusés.

- Hannah... Il n'y en a aucun qui s'est terminé autrement.

- Merlin, j'ai vraiment peur qu'on ne s'en sorte pas.

Leila lâcha un soupir désespéré et se jeta à nouveau à mon cou :

- Je témoignerai pour vous. Je te promets que je ne lâcherai pas l'affaire, vous vous en sortirez. Je refuse que ça se passe autrement, d'accord ? Vous vous en sortirez, je le jure sur ma propre vie.

- Leila... Au cas où, merci de ne pas m'avoir détestée pour ce que je t'ai dit. Tu sais que je ne voulais pas te blesser, même si je me sentais vraiment mal à cause des parents. Je m'en suis voulue tout le long et je n'ai pas arrêté de penser à toi.

- Ne t'inquiète pas, Han. Je n'ai jamais essayé de te comprendre non plus alors... Je pense qu'on est quittes. Maintenant tu es revenue et je te jure que plus jamais je ne laisserai qui que ce soit t'arracher à moi.

- Leila, je pensais... Si on s'en sort, je voudrais revenir au Pembrokeshire. Je me suis sentie chez moi là-bas et l'Angleterre c'est... Je ne peux plus y vivre. Est-ce que tu m'en veux si je pars ?

Elle éclata de rire et se détacha de moi :

- Tu plaisantes ? Bien sûr que non ! Ce serait stupide de t'en vouloir pour si peu. Mais ce sera une vie Moldue, non ?

- Pas forcément. Si on est innocentés, on ne sera plus menacés par la trace donc on va pouvoir utiliser la magie, non ?

- Oui, sauf si vous vous faites voir. Tu vas te mettre avec Marcus, du coup ?

Je devins aussi rouge qu'humainement possible et sentis ma gorge devenir sèche. Je tentai d'articuler une réponse mais ma voix s'était soudainement éteinte et mon cœur battait beaucoup plus vite. Je déglutis :

- J'ai peur...

- Mais de quoi ? rit Leila

- Et si ça ne marche pas ? Si on rompt ? On ne va plus pouvoir vivre dans le même endroit et ça va être le...

- Hannah ! Tais-toi, tu dis des bêtises. Tu transformes toujours tout en un enjeu vital et tu as toujours peur de ne pas à la hauteur. Mais ça ne sert à rien, Han ! Fais-toi confiance et fais-lui confiance aussi. Ça va bien se passer. Tout va bien se passer à commencer par aujourd'hui.

- Merci Leila.

- De rien, sans moi tu ne ferais rien des fois, je te jure.

J'éclatai de rire et elle m'imita. Quand je fus à nouveau calme, je lui adressai un sourire et me remémorai le jour où j'avais regardé dans le miroir et j'avais imaginé mon visage se transformer en son visage. Je tournai la tête vers la fenêtre, qui grâce aux voles fermés nous reflétait.

Je vis que j'avais regagné un peu de formes depuis que j'avais recommencé à me nourrir correctement -donc pas systématiquement des biscuits ou des haricots en boîte. Mes os ne se voyaient plus, ce qui était déjà bon signe. Je détestais être squelettique, il n'y avait rien de plus laid qu'une fille sans formes. Mes cheveux étaient aussi un peu plus présentables. Mais le plus étonnant c'était que ce reflet ne me donnait pas envie de ressembler plus à Leila. Elle restait la plus belle de nous deux mais je m'étais rendue compte que ce n'était pas ça qui importait. Justin regardait l'apparence, Marcus aimait la personne comme elle était.

Je souris et reportai mon attention sur Leila :

- Alors ? Qu'est-ce qu'on fait avant de réveiller les autres ?

Elle fit une moue malicieuse :

- Et si on faisait à manger ?

.

Vers sept heures, nous étions tous levés et réunis dans le salon. J'étais assise entre les jambes de Marcus, alors qu'il m'enlaçait par derrière. Draco Malfoy, le miraculé des procès Mangemort, était avec nous. Il s'était lavé et rasé. Il avait Aley sur ses genoux et s'était installé à côté de Vasco, son meilleur ami.

- On a encore un quart d'heure avant de partir, annonça Leila en se levant

Mon cœur accéléra, ma respiration devint douloureuse et une boule se créa dans ma gorge, empirant encore les choses. Si Marcus n'était pas collé à moi je me serais mise à trembler. J'avais peur. J'étais morte de peur.

Marcus m'embrassa le cou si doucement que je crus que je l'avais imaginé. J'attrapai ses mains et les serrai fort dans les miennes. Je levai la tête et regardai un par un tous les présents. Chacun d'eux comptait énormément pour moi. Savoir que si on ne nous écoutait pas, on mourrait, me tuait déjà. Je ne voulais perdre aucun d'eux. Je savais maintenant quelle vie je voulais pour moi, il était hors de question qu'on m'empêche de la vivre.

- Tu vas venir aussi ? demanda Aley à Malfoy

Le clandestin leva le regard vers la dernière de la fratrie Flint. Il lui adressa un sourire doux et secoua la tête.

- S'ils me reconnaissent, ils vont me jeter directement dans mon ancienne cellule d'Azkaban. Mon procès est déjà bouclé et ne peut pas être réouvert.

- Mais qu'est-ce que tu vas faire alors ? Je veux dire, après le procès.

- Ça dépendra de votre sort.

- Tu viendrais avec nous au Pembrokeshire avec nous si on s'en sortait ?

- Oui.

Aley sourit et Vasco aussi. Marcus serra mes mains un peu plus fort. Il sentait ma terreur et la sienne était palpable contre mon dos. Personne ne s'était jamais sauvé des Procès Mangemort. La seule chose qu'il nous restait pour nous c'était un espoir qui nous liait tous entre nous. Mais est-ce que lien suffirait à nous sauver?

.

Nous étions très nombreux dans la camionnette blanche de Franz. Il y avait toute la fratrie Flint, Eva, Andreas soutenu par ses fils, Brin, Justin, Ernie et moi. Franz et ma sœur étaient à l'avant. S'ils n'avaient pas lancé un sort sur le véhicule, nous n'y serions pas rentrés tous.

Justin et Ernie étant ceux qui nous avaient dénoncés, ils devaient témoigner lors du procès. Je n'avais pas cherché à comprendre si leur témoignage allait être en faveur de notre innocence ou de notre condamnation.

Je sentis Marcus prendre ma main. Je tournai la tête vers lui. Il tenait celle de son frère de l'autre côté, par dessus son père. Je souris et attrapai la main d'Eva Flint. À son tour, elle prit celle de Lyou, qui prit celle de Brin, qui prit celle d'Aley, qui referma le cercle.

- Ça peut marcher, décréta Vasco. Rien n'est impossible, tant qu'on y croit de tout notre cœur.

Je ne pus m'empêcher de sourire. Nous avions eu tant de fois la preuve de ce qu'il venait de dire, que continuer à le nier serait stupide.

La camionnette ralentit puis s'arrêta complètement. J'entendis les portières s'ouvrir et se refermer. Nous lâchâmes nos mains et nous tournâmes tous vers les portes de la camionnette. Elles s'ouvrirent sur ma sœur jumelle, et nous sortîmes tous un par un.

- L'entrée des visiteurs est un peu petite pour qu'on y passe tous à la fois et il y a une manifestation dans le Chemin de Traverse donc on va devoir y aller deux par deux.

Elle nous indiqua une cabine téléphonique.

- Qui part en premier ?

- Moi, lâcha Marcus immédiatement

Il se tourna vers Vasco, qui hocha la tête. Les deux frères suivirent Leila vers la cabine téléphonique. Elle leur donna des instructions et ils disparurent après quelques instants.

- Une manifestation ? chuchotai-je à Aley. Tu crois que c'est ça la surprise de Zacharias ?

- Je ne sais pas. On saura quand on pourra lui parler, j'imagine.

Quand la cabine revint à son état normal, Leila fit signe à deux autres personnes de venir. Aley prit mon poignet et m'entraîna avec elle. Nous entrâmes dans le passage masqué. Leila donna les instructions d'entrée, qu'Aley exécuta et nous disparûmes sous terre.

Quand nous fûmes tous réunis à l'intérieur du Ministère, un groupe d'Aurors nous encercla. Je reconnus celui qui les dirigeait, c'était Harry Potter. Il nous fit signe de le suivre. Franz, Leila, Brin, Justin et Ernie furent séparés de nous alors qu'on nous emmenait à la salle d'audience. Plus nous approchions et plus mon cœur battait fort. J'attrapai la main de Marcus, instinctivement. Il sourit et me la serra fort.

Il n'y avait plus de retour possible désormais.

.

- Procès Mangemort du 23 avril 2003, déclara le Ministre de la Magie. Andreas Flint, Marcus Flint et Lyou Flint sont accusés d'activités pro-Voldemort, comme dénoncé lors du procès Travers. Vasco Flint, Alexandra Flint, Eva Flint née Perks et Hannah Abbott sont accusés de complicité dans la fuite et la cachette des Mangemorts cités précédemment.

Je sentis la main de Marcus serrer la mienne encore plus. Sa mâchoire était crispée et il avait l'air bien au delà de furieux. Il tremblait de rage, assis sur le banc.

- Les témoins en votre faveur sont donc... Franz Lowe, Leila Abbott, David Abbott, Ernest MacMillan, Justin Finch-Fletchley, Zacharias Smith, Lucy Travers et William Wit.

Je me tournai vers les témoins pour voir qui étaient ces gens. Il y avait une femme de l'âge d'Eva Flint, brune, au teint très mat et un homme plutôt jeune, à la crinière blonde et indisciplinée.

- Tu les connais ? chuchotai-je pour Marcus

- Lucy Travers est la demie-sœur du Mangemort qui nous a dénoncés. Et je ne sais pas qui est Wit, je ne l'ai jamais rencontré avant.

J'opinai.

- Et nous avons l'auror Henry Clark comme porte-parole du Bureau et de l'opération. Les charges déposées contre vous sont donc affiliation à Voldemort, fuite devant l'autorité et clandestinité. Je serai donc le premier à poser des questions. Je demanderai à Andreas Flint de s'avancer.

Je vis les Flint pâlir, à l'exception de Marcus qui réagit au quart de tour. Il attrapa son père par la taille, passa son bras autour de ses épaules et se leva avec lui. Je remarquai alors que son geste ne passa pas inaperçu. Quelques un des membres du comité interrogatoire ne purent retenir un sourire approbateur.

- Monsieur Flint, vous avez pris part à la première Guerre, vous ne niez pas ?

- Non, répondit Andreas en s'agrippant fermement à son fils

- Et vous avez dit n'avoir eu qu'un rôle d'arrière, est-ce vrai ?

- Oui...

Marcus avait le visage crispé à cause de l'effort qu'il produisait seul. Vasco s'avança et prit l'autre bras de son père pour l'aider. Je vis Susan sourire et sautiller presque sur place.

- Et donc vous vous êtes retiré après avoir été blessé à la jambe ? continua le ministre

- C'est ça.

- Veuillez raconter cet événement.

- C'était après ma sortie de prison. Ma trahison est mal passée dans les rangs des Mangemorts, vu que j'avais refusé de me joindre à nouveau à eux. Alors ils m'ont jeté cette malédiction, qui m'oblige à vivre invalide avec une jambe qui s'infecte régulièrement et qui ne peut pas guérir.

- Quel a été votre raison de rejoindre les Mangemort en premier lieu ?

- On m'a déjà posé cette question pendant mon premier procès !

- Il est préférable de vérifier que votre version de l'histoire est toujours la même.

- Je les ai rejoints parce qu'il s'agissait de ma famille et mes amis et parce que je partageais leurs idées jusqu'à ce que mes quatre enfants subissent un raid lors duquel ma sœur est morte et j'ai failli les perdre tous les quatre.

- Les réponses sont identiques. Une dernière question et nous pourrons passer à l'accusé suivant. Pour quelle raison avez-vous refusé de prendre part à la Seconde Guerre ?

Je vis Andreas lever le menton, en signe de fierté, plantant son regard dans celui du ministre. Quand il parla, sa voix était pleine d'assurance et de vérité :

- Parce que j'avais tout donné. Aucun des deux camps ne pouvait m'apporter ce que j'avais cherché toute la vie, c'est à dire le bonheur. Je voulais être avec ma famille sans avoir à vivre dans la peur constante de ne plus jamais les revoir.

Je sentis mes bras tomber sur mes genoux à la fin de sa phrase. La guerre ne pouvait pas réunir les gens, elle ne faisait que les séparer, même juste temporairement. La guerre avait failli arracher Andreas aux Flint tant de fois que lui-même avait refusé de continuer.

- Bien, vous pouvez vous rassoir. Lyou Flint, à votre tour.

Vasco et Marcus reculèrent lentement et aidèrent leur père à s'assoir avant de se laisser reposer aussi. Lyou attendit qu'ils soient tous assis pour se lever. Son visage était sérieux, déterminé, exactement comme la Lyou que j'avais rencontré au Pays de Galles. Elle avait à nouveau endossé son rôle indéfectible qui faisait d'elle la plus mature des femmes que je connaisse.

- Plusieurs Mangemorts ont reporté que vous aviez rejoint leurs rangs peu avant leur disparition. Est-ce que vous niez ?

- Oui, parce que c'est faux. Mais je ne mentirai pas, j'ai reçu la Marque Noire.

- Comment pouvez-vous avoir la Marque et ne pas être un Mangemort ?

- Parce que je n'ai pas eu le choix. Ils n'ont réussi à trouver Marcus nulle part et j'étais là. Ils m'ont juste laissé choisir entre la torture et la marque. Sachant que la torture m'aurait enlevé du temps précieux pour protéger mon frère, j'ai accepté.

Elle découvrit son bras désormais vierge de toute marque.

- Où est la Marque ? demanda quelqu'un

- Elle ne signifiait plus rien et n'était même plus porteuse de magie. On me l'a enlevée.

- Qui l'a fait ? demanda le Ministre

- Moi.

Le vieux sorcier assis près de Susan leva la main. Il arborait un sourire content et fier si grand que ses yeux en étaient fermés.

- Volio ? fit le Ministre. Pourriez-vous justifier cette action ?

- La fille dit vrai, c'est pour cela. Sa marque ne portait plus aucune magie en elle et n'en a quasiment jamais portée. Elle en a été aspirée moins d'une heure après avoir été posée. La marque n'avait aucune valeur et n'était qu'une éternelle malédiction pour cette jeune fille, qui était enchaînée à sa signification première.

Le Ministre soupira et reporta son attention sur Lyou, qui avait recouvert son bras avec sa manche.

- Vous niez donc avoir pris part à la guerre du côté de Voldemort ?

- Oui, et même de votre côté si c'est pour ça.

Je vis le sourire en coin de Marcus à côté de moi. Le Ministre fit comme s'il n'avait pas relevé et fit signe à l'aînée des Flint de se rassoir. Il dirigea alors son regard vers Marcus, qui comprit immédiatement et se leva. Au passage, il prit sa sœur dans ses bras l'espace de quelques secondes avant de la laisser rejoindre le banc.

- Marcus Flint... soupira le Ministre en examinant les fiches devant lui. Le visage de ce procès... Bon, commençons avec les questions. De très nombreux rapports disent que vous deviez recevoir la marque quelques jours avant votre disparition. Pourquoi ?

Marcus ricana et haussa les épaules :

- Parce que mon père avait refusé, dit-il comme si c'était évident

- Avez-vous reçu cette marque ?

- Non.

Un autre des interrogateurs haussa un sourcils :

- Peut-on en avoir la preuve ?

Marcus montra ses bras, qui n'étaient pas du tout tachés par les Mangemorts. Le sorcier qui lui avait posé la question agita sa baguette et lança un sort sur la peau du deuxième de la fratrie Flint. Rien ne se passa. L'interrogateur eut l'air déçu.

- Vous dites vrai, déclara le Ministre. Vous n'avez jamais reçu de marque. Alors si vous n'étiez pas un Mangemort, pourquoi vous êtes-vous enfui ? Vous n'aviez rien à craindre des interrogations de aurors.

Marcus fit pour répondre quand l'interrogateur qui avait vérifié s'il n'avait pas de marque l'interrompit :

- Vous aviez donc d'autres choses à cacher ou à vous reprocher.

- Non, nous...

- C'est évident, Flint. Si vous n'aviez rien à craindre, vous ne vous seriez pas réfugiés dans la région maudite du Pembrokeshire.

Marcus crispa les poings et sa rage devint transparente :

- Et comment est-ce qu'on aurait pu deviner que vous ne vouliez pas de mal quand vous êtes entrés chez moi par effraction et avez tué ma fiancée ?

Le silence tomba. L'interrogateur se cala au fond de son siège et tourna le regard vers le Ministre, qui ne savait visiblement pas quoi répondre. Susan fit pour prendre la parole à son tour mais l'auror Clark fut plus rapide :

- La fille s'est suicidée, on ne l'a pas tuée.

Marcus se tourna vers lui et je lus tout le ressentiment qu'il éprouvait encore concernant la mort de Mélissa. Il fulminai littéralement rien que d'avoir le responsable de son malheur en face de lui :

- Ah oui ? Mais vous ne l'aviez pas battue avant par hasard ? Vous l'avez attaquée en pleine rue ! Vous étiez entrés chez nous alors que j'étais parti retrouver Lyou, et à la fin de la journée j'ai trouvé ma fiancée morte. J'étais donc supposé savoir que vous ne vouliez rien de mal ?

- Clark ! le coupa le Ministre avant que l'auror ne puisse enchaîner. Vous n'étiez pas invité à prendre la parole. Monsieur Flint, contenez-vous. Nous avons encore des questions à poser. Vous pouvez vous rassoir. Maintenant, les accusés de complicité. Vous êtes pour la plupart de la même famille que les autres accusés. Vous les avez aidés à fuir ou à se cacher malgré le fait qu'ils soient potentiellement Mangemorts aux yeux de la loi ?

J'opinai avec ferveur alors que les autres répondaient "oui".

- Vous saviez que la loi vous considérerait également coupables ?

Et encore une fois nous répondîmes oui.

- Alors qu'est-ce qui vous a motivés à le faire quand même.

- Parce que c'est normal, répondit Vasco avec un immense sourire. On connaissait les mêmes choses qu'eux, on les savait innocents et on les aime. Pourquoi est-ce qu'on les aurait abandonnés ?

Je souris. Vasco restait lui-même alors que tout s'effondrait autour de nous. Il brillait parmi les décombres de sa vie.

- Mais vous auriez pu les convaincre à aller clamer leur innocence plutôt que de vous enfuir.

- Les procès Mangemort ne font aucun survivant, dit Aley. Et vous aviez déjà tué tant de ceux à qui on tenait. Notre famille, nos amis, Athena Gorgès, Mélissa Aidenberg... Tout nous disait que nous allions mourir aussi, sans avoir pu faire entendre notre voix. La neutralité n'existe pas dans le monde sorcier. Si on n'est pas dans un camp, on nous considère dans l'autre.

Le Ministre resta silencieux un moment. Puis il hocha la tête et tourna la tête vers les témoins.

- MacMillan, Finch-Fletchley, vous êtes revenus d'une fugue pour dénoncer la présence des Flint au Pembrokeshire. Leurs activités étaient-elles à reprocher ? Que faisaient-ils ?

Justin et Ernie interceptèrent mon regard, se regardèrent et enfin Justin prit la parole, pas très assuré :

- Ils vivaient une vie moldue. Dans un bar. Près de la côte.

- Vous ont-ils porté quelconque atteinte ?

- N... Non... On ne les a même pas rencontrés... Juste Lyou... Mais on ne lui a jamais parlé... Et on ne savait pas que c'était elle...

Le Ministre fronça les sourcils :

- Sur quoi se posent vos accusations alors ?

Les deux se regardèrent, incapables de répondre. Ils n'avaient aucune charge contre les Flint. Ils savaient juste qu'ils se trouvaient au Pembrokeshire, mais leur dénonciation ne pouvait pas comprendre l'aspect "Mangemort" puisqu'il n'y en avait pas.

- Bien. Miss Abbott, votre témoignage.

Ma sœur se leva. J'imaginai qu'elle allait parler au nom de Franz et de mon père également, vu qu'elle était celle qui en savait le plus.

- Justin et Ernie sont venus chez moi dès leur retour du Pembrokeshire. Quand j'ai su que ma sœur y était, je m'y suis précipitée. Malheureusement je n'avais pas pensé à sécuriser les nouveaux arrivés et ils ont fait leur bêtise. Mais je peux vous jurer que la présence des Flint au village de Marloes n'avait absolument rien de maléfique. Ils ont traité ma sœur mieux que quiconque au monde auparavant et ils ont prouvé leur profonde humanité plus d'une fois. Ils m'ont démontré surtout qu'ils savent quelle est la valeur de la liberté et je pense que le concours de circonstances duquel ils ont été victimes n'est qu'un immense malentendu.

Leila se rassit et le Ministre hocha la tête. J'adressai un sourire à ma sœur, qui me le rendit, apparemment confiante. Le Ministre fit alors signe à Lucy Travers de se lever. Celle-ci s'exécuta.

- Avant que je ne commence mon témoignage, dit-elle en croisant les bras, je vais vous informer que je suis Sang-Mêlé et que je n'ai donc aucun intérêt à défendre mon demi-frère puriste et Mangemort. Il a toujours été une personne très extrême dans ses actes et ses pensées. Son séjour à Azkaban a profondément aggravé les choses et quand il a su qu'il allait y retourner, il a perdu les pédales. Si sa parole peut être mise en doute, moi je peux vous assurer que les Flint n'étaient pas Mangemort. Mon père était trop vieux pour prendre activement part à la guerre mais il tenait des comptes à Vous-Savez-Qui. Vu que j'étais condamnée à le servir comme une esclave, un jour j'ai fouillé dans ses registres pendant que je faisais le ménage. J'ai consulté ces dossiers plusieurs fois pendant la guerre et je peux vous assurer que le nom Flint n'y a jamais figuré, pas même dans les alliés.

- Ces dossiers sont-ils fiables ?

- Officiels. Ce sont que vous avez trouvés quand vous avez fouillé notre manoir il y a cinq ans.

- Bon. Vous pouvez vous assoir Miss Travers.

- Tu savais ça ? chuchotai-je à l'oreille de Marcus

- Je m'en doutais, sourit-il. Les Travers étaient des Mangemorts très importants, on devait leur donner de très grandes responsabilités.

- Pourquoi est-ce que cette femme témoigne en notre faveur ?

- Sa mère a eu une aventure avec un moldu, mais ne l'a pas dit à son mari avant douze ans après la naissance de Lucy. C'est pour ça qu'il n'a pas pu se débarrasser d'elle. Il l'a maltraitée comme il pensait que méritait la "vermine moldue". Elle l'a détesté toute sa vie donc elle n'a aucun intérêt à le défendre.

- Comment tu sais tout ça ?

- Travers Père est celui qui a lancé le sort à la jambe de mon père. Ils étaient collègues pendant la première guerre, alors Papa nous a raconté pas mal de choses.

- Monsieur Wit, à votre tour.

- Ça y est ! chuchota Marcus pour moi. Je sais qui c'est ! Vu son uniforme, il doit travailler pour Orden&Klen, au Swansea Sorcier. C'est eux qu'on est allés voir quand on a retrouvé Mélissa. C'est eux qui nous ont raconté ce qui s'est passé.

Intriguée, je me tournai vers le témoin gallois. Il avait une toge gris foncé nouée à la taille par une ceinture blanche. Malgré le fait qu'il soit visiblement jeune, il avait l'air très sérieux et très rigide.

- C'est à vous que ce sont adressés les aurors qui cherchaient les Flint pour des informations, n'est-ce pas ?

- Oui, répondit Wit calmement, et nous sommes aussi les derniers à avoir vu la famille Flint avant leur disparition. C'est à moi que le bureau a donné la charge d'aider les aurors qui les recherchaient. J'avoue avoir secrètement fait quelques recherches de nuit, également auprès d'autorités moldues galloise. J'ai découvert qu'aucune activité criminelle n'avait été enregistrée ni même reportée. Je n'ai rien dit de certaines de mes découvertes aux aurors, notamment la plus importante. Je savais où se cachaient les Flint. Pourquoi ne l'ai-je pas dit ? Parce que j'avais été parmi les hommes de gardes le jour où le corps de Miss Aidenberg nous a été confié. J'ai fait pour la seule fois de ma vie un choix dirigé par autre chose que ma raison. J'ai préféré leur donner leur chance en continuant à les surveiller de loin. Si quoi que ce soit avait été digne d'être signalé, je les aurais dénoncés.

J'ouvris ma bouche, interloquée. Ce procès apportait énormément de surprises. Mais pourquoi ? Pourquoi ces deux témoins étaient venus ? Quelle était l'histoire derrière leur présence ?

- Bien. Passons la parole aux aurors maintenant.

- Et Brin ? chuchotai-je à Marcus

- Je ne sais pas. Il ne l'a apparemment pas remarqué.

Je commençai à répliquer mais Clark s'était déjà levé du banc des aurors. Marcus lui lança un regard noir, parfaitement compréhensible.

- J'ai été responsable pendant six ans du cas Flint, entre autres, expliqua Clark. Le jour on on pensait le trouver, il n'était pas là. On a trouvé sa fiancée en ville mais... enfin bref. Après ça, tous les Flint ont disparu. On les a cherchés de partout. Leur fuite nous a confortés dans l'idée qu'ils ne voulaient pas se faire attraper parce qu'ils avaient des choses à se reprocher. Ils ont eu leur deuxième chance quand on les a enfin retrouvés. Mais ils se sont enfuis encore une fois, et de façon spectaculaire je dois dire. Ils ont menti quand on les a trouvés et on fait preuve d'une habileté mesquine dans leur façon de nous filer entre les doigts. Je clame leur culpabilité. Des personnes qui n'ont rien à se reprocher ne se seraient pas cachées. La fuite est pour les lâches. Les lâches sont ceux qui refusent de porter la responsabilité de leurs actes.

Marcus se retenait de se lever pour lui enfoncer son poing dans la figure. Et il n'était pas le seul. En jetant un coup d'œil par-dessus son épaule, je vis qu'Aley fixait les aurors avec colère. Lyou était complètement droite et regardait droit devant elle. Vasco serrait son père dans ses bras et Eva cachait régulièrement sa tête dans ses mains.

- Bien, soupira le Ministre. On peut procéder à la délibération.

- Attendez ! dit Brin en se levant. Je suis un témoin aussi, et je n'ai pas fait entendre ma voix.

Les regards des interrogateurs convergèrent vers lui, intrigués et sceptiques. Le Ministre l'examina longuement avant de regarder ses fiches :

- Vous êtes Brin Wels ?

- Oui.

- Votre nom figure dans la liste donnée par Mademoiselle Bones mais aucune information ne figure sur vous.

- C'est parce que je ne suis pas un sorcier.

Le silence s'abattit violemment dans la salle d'audience. Les aurors, sauf Zacharias, avaient l'air au comble du choc. L'interrogateur antipathique prit la parole en premier :

- Que fait un Moldu ici ? cracha-t-il

- Je viens de Marloes. Je suis celui qui a permis aux Flint d'échapper à ceux qui les recherchaient plusieurs fois l'autre jour. J'ai côtoyé les Flint pendant six ans et sans jamais avoir su qui ils étaient avant que vous ne débarquiez et détruisiez le Nortmai.

Le nom du bar que j'aimais tant me rendit encore plus déterminée à revenir à Marloes. C'était là-bas que je m'étais trouvée et c'était là-bas que nous irions. C'était une promesse.

- D'après ce que j'ai compris, ce que vous appelez "Mangemort" sont des criminels contre l'humanité. Il exècrent ceux comme moi. Alors pourquoi est-ce qu'ils iraient se mêler parfaitement parmi nous ? Les Flint n'ont jamais été autre chose que de bons voisins et de bons êtres humains à Marloes. Certes ils avaient débarqué assez subitement mais ils n'ont jamais montré d'être louches. Vous pouvez demander à n'importe qui au village. Voilà, moi je voulais juste dire qu'en tant que non-magicien, je n'ai jamais assisté à une quelconque manifestation de haine de leur part.

Et il se rassit. Je regardai Lyou et vit qu'elle souriait plus que jamais auparavant. Elle était plutôt du genre à faire de petits sourires mais celui-ci était immense et lumineux. Je levai le regard vers Marcus, qui semblait tout aussi heureux et j'eus une illumination.

J'observai la pièce et ses courbes. Puis j'effaçai mentalement toutes les couleurs pour ne garder que les contours. Je nous effaçai et nous remplaçai par un cœur dessiné en points. Devant moi j'avais le dessin de l'enfant aux yeux verts. Le cœur symbolisait l'amour humain entre nous tous, pas seulement entre Lyou et Brin, Eva et Andreas, ou Marcus et moi. Celui qui constituait une toile entre chacun de nous, jusqu'à Leila, mon père et Franz.

"C'est aujourd'hui" avait dit l'enfant. Oui c'était bien ça. Mais qu'est-ce qu'il voulait dire par "Je suis ta preuve" ?

- Bien, dit le Ministre. Nous pouvons procéder à délibération. Qui vote pour une condamnation ?

Tous les aurors -sauf Zacharias- et plus de la moitié des interrogateurs levèrent la main. Mon cœur s'arrêta et la pièce sembla se geler. C'était fini. Nous étions morts.

- Je peux dire quelque chose ? demanda une voix trainante alors

Tout le monde tourna la tête vers Zacharias Smith, qui était installé nonchalamment sur son banc. Il avait un sourire en coin sarcastique au coin des lèvres, qui n'annonçait rien de bon de prime abord. Le Ministre hésita un instant avant de lui faire signe de parler. Zacharias se leva et le silence tomba. Lui qui aimait bien les discours allait avoir tout le monde pendu à ses lèvres.

- Bon... commença-t-il en s'adressant aux interrogateurs et en ignorant les regards de reproche de tous ses collègues. Combien avons-nous de preuves de leur culpabilité ?

Il n'y eu pas de réponse. Soit parce que personne n'en avait, soit parce que la honte liait les langues. Et le silence sembla plaire fortement à Zacharias.

- Si ma position ne m'offre pas le droit de témoigner en faveur de quoi que ce soit je vais me contenter de vous mettre en garde avant que vous ne votiez. Derrière ces portes, il y a des journalistes. Ils attendent impatiemment le verdict final. Et vous allez leur dire que c'est la condamnation. Mais hors de ces couloirs il y a encore d'autres portes. Cette fois, derrière elles il y a le peuple. Ceux qui depuis hier ont découvert les mensonges et les crimes de leur gouvernement. Quand le verdict va arriver à leur oreilles, quand ils sauront que c'est la potence, leur réaction ne sera plus qu'une manifestation comme aujourd'hui. Ils se soulèveront. On a mené une guerre longue et éprouvante pour se libérer d'une organisation qui nous oppressait, qui commettait des crimes, qui nous manipulait, par la peur et le mensonge principalement. Avec quoi on se retrouve aujourd'hui ? Avec la même chose. Un gouvernement qui nous ment, qui nous manipule, qui commet des crimes... Pensez bien avant de donner votre voix, parce que derrière ces portes il y a l'avenir de ce pays.

Il se rassit. J'étais estomaquée, encore une fois. Il devait arrêter de me faire ça sinon plus rien n'allait jamais pouvoir m'étonner. Derrière ces portes il y a l'avenir... C'était quoi pour moi l'avenir ? Marloes, avec les Flint, jusqu'au bout de ma vie, avec tout et surtout...

Je me retins de pousser un cri de choc. "Je suis ta preuve".

.

- Je suis un devin ! s'exclama l'ami de Leila en levant ostensiblement le menton. Je peux tout voir, passé, présent et futur !

Je ricanai et secouai la tête :

- Mais bien sûr...

Son visage vira au rouge, il fronça les sourcils et croisa les bras sur sa poitrine :

- Tu ne me crois pas.

- Je pense que tu veux surtout te rendre intéressant.

- Tu vas voir !

Il tendit ses mains en avant vers moi et un trou noir s'ouvrit dans mon esprit. J'eus à peine le temps de hurler avant de me retrouver happée dans un océan d'images floues. Incroyablement, je reconnus ces images. De ma première crise, à Poudlard à l'arrivée Marloes, Marcus sur la plage, le presque-baiser dans les toilettes... Tellement d'images inconnues et impossibles à identifier tant les contours étaient mal définis et les couleurs abstraites. Mais tout à coup, le tourbillon de flou s'arrêta et devant mes yeux se matérialisa une image nette, claire et incroyablement réaliste. Une femme aux longs cheveux d'un blond clair, sourire immense et yeux bleus brillants était assise sur un lit, tenant sur ses genoux un enfant blond aux yeux verts.

L'image s'évapora et je me retrouvai à nouveau face à Franz. Terrorisée.

.

Je tremblais. Violemment. J'avais compris. J'avais revu. C'était ça que j'avais refusé si fort que je l'avais métaphoriquement tué. C'était pour ça qu'il était ma preuve, parce que derrière ces portes il y avait l'avenir et qu'il était mon avenir.

Je connaissais l'issue du procès.

Je levai à nouveau la tête vers le Ministre, un immense sourire sur mes lèvres. Je vis du coin de l'œil que Marcus l'avait remarqué et me dévisageai sans comprendre. Je sentais mon cœur qui allait exploser de joie.

Le Ministre se tourna à nouveau vers les interrogateurs et répéta :

- En prenant compte de l'intervention de Monsieur Smith, qui se prononce en faveur de la condamnation ?

L'antipathique, une poignée d'autres interrogateurs et presque tous les aurors -Clark compris- levèrent la main. Je voyais les Flint se raidir, prêts à recevoir la sentence finale.

- Et qui se prononce en faveur de l'abandon des charges ?

Susan fit un sourire de fierté et leva haut la main. Ses autres collègues que nous avions rencontrés chez elle l'imitèrent, même ceux qui avaient précédemment voté autre chose. D'autres se joignirent à eux, Zacharias aussi, Potter aussi. Le Ministre resta silencieux un instant, fixant Andreas Flint, soutenu même assis par ses deux fils. Il lâcha un soupir résigné et leva la main en frappant le verdict final avec son marteau de l'autre main :

- Toutes les charges sont abandonnées.

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.


.

Et... C'est pas fini ! Il reste encore un chapitre ^^

Est-ce que vous a plu ? Est-ce que c'était crédible ? On a résolu le mystère du happy end ou pas et celui de l'enfant ! À ce sujet, il y en a qui avaient deviné :) Mais je ne leur avais pas dit...

Donc voilà, à bientôt pour le chapitre prochain (soit le week-end prochain soit dans les jours qui suivent) et merci d'avance à ceux qui laissent un commentaire, ça me fait toujours plaisir même si c'est des critiques (du moment qu'elles sont argumentées).

Ciao !

ACSD