Disclaimer : Rien ne m'appartient. Les personnages sont à ABC et l'histoire originale à Phyren Ice (Lien vers l'histoire original sur mon profil.)

NdT : Bonjour ! Nouveau jeudi, nouveau chapitre. Merci à tous pour vos messages et vos reviews – je sais que je n'ai pas eu le temps d'y répondre mais je ferai ça cette fin de semaine. Vous êtes toujours aussi nombreux à suivre cette traduction et ça fait chaud au cœur, merci !

Merci à Saskwatche pour la correction.

/!\ ATTENTION : Mentions de fausse couche et viol.

Bonne lecture.


Cruella's Spear
[TRADUCTION de Phyren Ice]

Après avoir touché un artéfact dans la boutique de M. Gold, Emma se réveille dans un hôpital psychiatrique, où sa femme Regina et son frère August essayent de la convaincre que Storybrooke et ses personnages de contes de fées ne sont rien d'autre qu'une hallucination élaborée créée par son esprit.
AU. Lisez les avertissements.

- SwanQueen.

CHAPITRE 5

Les images tournaient en boucles, créant un chaos à peine contrôlable, dans l'esprit d'Emma alors qu'elle conduisait sa coccinelle jaune en direction de chez Regina. Une partie d'elle voulait croire que tout cela était dû à la lance de Cruella mais une autre partie d'elle commençait à croire que cette lance était une sorte d'issue de secours que son esprit avait mis en place et, en la touchant, elle s'était finalement réveillée après avoir donné à son esprit le repos dont il avait besoin suite à ces événements tragiques.

Un frisson la parcourut quand des souvenirs de M. Gold traversèrent son esprit encore traumatisé. Elle donna un coup de volant vers la droite pour ne pas sortir de la route avant d'arriver sans trop savoir comment dans l'allée de Regina. La jointure de ses doigts étaient blanches tant elle serrait fortement le volant et elle se força à prendre plusieurs profondes inspirations avant de sortir de la voiture. Essayant désespérément de garder son emprise sur la réalité de Storybrooke, Emma avança jusqu'à la porte d'entrée de la maire et sonna. A intervalle régulier, elle secouait la tête comme si elle avait une sorte de tic incontrôlable, espérant ainsi tromper son esprit en lui faisant croire qu'il était une sorte d'ardoise magique avec la possibilité d'effacer toutes les images horribles de son esprit.

Regina ne fut pas surprise de trouver l'ennuyante blonde de l'autre côté de la porte, mais l'état hagard dans lequel se trouvait Emma était une autre histoire. Elle remarqua la fine couche de sueur sur le front de la Sheriff, ses yeux injectés de sang et les profondes cernes qui les soulignaient. Les bras de la Sauveuse étaient enroulés fermement autour de sa poitrine d'une façon presque protective tandis que, de temps en temps, elle secouait frénétiquement la tête de droite à gauche.

« Aidez-moi, Regina... S'il-vous-plaît, » supplia-t-elle alors que ses yeux fatigués essayaient de se concentrer sur la brune. « Je n'ai confiance en personne d'autre. »

La maire fut momentanément sonnée par la supplique désespérée d'Emma mais son visage resta de marbre alors qu'elle dévisageait la blonde en face d'elle. « Pourquoi diable est-ce que je devrai vous aider, Miss Swan ? »

« Il fallait vraiment que vous fassiez cette dernière remarque, hein ? » Rétorqua Emma en serrant les dents. « S'il-vous-plaît, est-ce que je peux entrer ? »

Regina soupira de frustration avant de faire un pas en arrière pour laisser entrer la blonde. Emma traversa rapidement le seuil de la porte mais alors qu'elle gravissait les quelques marches qui menaient dans l'entrée, un souvenir particulièrement rude traversa son esprit et elle trébucha sur son propre pied avant de s'effondrer au sol de façon peu gracieuse. La brune venait juste de fermer la porte quand elle entendit l'impact du corps de la Sauveuse contre le parquet des marches de l'escalier et elle ne put s'empêcher de rouler des yeux alors qu'elle se dirigeait vers la femme au sol. Arrivant aux côtés d'Emma, elle attrapa rudement le bras de la blonde pour l'aider mais le cri étranglé que poussa la Sauveuse lui fit immédiatement retirer sa main.

« J'essaie de vous aider à vous relever, Miss Swan, » essaya de la raisonner Regina alors qu'elle regardait la blonde ramper loin d'elle et se recroquevillé contre le mur le plus proche.

« S'il-vous-plaît ne me touchez pas, faite le... Faite le juste cesser, » chuchota Emma.

« Faire cesser qui ? » Demanda Regina avec une irritation à peine masqué alors qu'elle s'accroupissait devant la Sauveuse. « Qu'est-ce que vous voyez ? »

« Gold, » cracha Emma.

« Et qu'est-ce que vous a fait Gold pour vous mettre dans un état pareil ? » Poussa Regina.

« M'a violé, » chuchota-t-elle d'une voix à peine audible.

Les yeux de la brune s'écarquillèrent d'horreur alors qu'elle prenait une profonde inspiration. Emma n'était peut-être pas la personne que la maire préférait mais personne ne devrait jamais avoir à subir le fait d'être sexuellement agressé, c'était une chose avec laquelle Regina était bien trop familière. Le besoin soudain d'aider l'irritante blonde prit le pas sur sa rancune envers la Sheriff et elle tendit la main, attrapant fermement le menton d'Emma entre ses doigts.

« Regardez-moi, Emma. Gardez vos yeux sur moi et restez concentré, » ordonna Regina.

Ce fut difficile mais la Sauveuse réussi finalement à fixer ses yeux pleins de doutes dans ceux noirs de Regina.

« Bien, » déclara la brune comme si elle félicitait une enfant. « M. Gold n'est pas ici. Vous êtes en sécurité. »

« D'accord, » répondit la Sheriff d'un ton doux alors qu'elle essayait de se noyer dans les yeux chocolat en face d'elle. « Je suis en sécurité. »

« C'est ça, Miss Swan, vous êtes en sécurité avec moi et chez moi, » précisa Regina. « Que diriez-vous que nous passions au salon pour que nous puissions discuter de ce qu'il vous arrive. »

« D'accord, » accepta Emma.

La blonde se remit prudemment sur ses pieds avec l'aide de Regina et elles se dirigèrent vers le salon, une fois arrivées, la brune pointa le canapé, invitant silencieusement Emma à s'y installer. La Sheriff ne prit aucune offense dans le fait d'être traité comme une personne inapte alors qu'elle suivait les ordres de Regina et s'installait dans le canapé pendant que cette dernière leur remplissait rapidement deux verres de cidre avant de venir prendre place aux côtés de la Sauveuse. Prenant le verre qu'il lui était offert, Emma le vida d'une grande gorgée avant de le poser sur la table basse et de se laisser tomber dans le canapé. Quelques minutes plus tard, elle recommença à penser clairement et se sentit un peu penaude en repensant au spectacle qu'elle avait donné quelques instant plus tôt. Elle joua nerveusement avec ses mains et garda les yeux baissés quand elle parla.

« Je suis désolée pour tout à l'heure. Ça parait juste tellement réel, j'ai du mal à rester dans l'instant présent. »

« J'avais remarqué, » répondit la brune. « Ce que vous avez dit tout à l'heure, à propos de Gold, est-ce que ça vous est arrivé dans l'autre vie ? »

Emma hocha la tête. « Oui, il a été le deuxième évènement tragique qui m'a fait basculer et atterrir chez les fous. C'est juste... comme avec Henry et la fausse couche, je revois la scène se jouer en flashbacks que je ne peux pas contrôler, mais cette fois c'est différent. Depuis que je l'ai vu me vio... me faire ce qu'il m'a fait, je n'arrête pas de le revivre. »

« Je ne peux qu'imaginer combien ça a dû être horrible, » compatit Regina. « C'est pour ça que vous êtes venue ici ? Parce que c'était trop difficile d'en parler avec vos parents ? »

« Non, ce n'est pas ça, » explique Emma. « C'est même pire je pense. J'ai dit à Mary Margaret qu'elle était morte et qu'elle devait me laisser tranquille. Je lui ai aussi dit que je venais vous voir. »

La Méchante Reine toujours en elle ne pût s'empêcher de sourire largement à la pensée que Snow White venait d'être blessée par sa fille unique, mais Regina réussit à limité son sourire à un petit sourire en narquois. « Je parie que tout c'est bien passé après ça. »

« Oh oui, parfaitement bien, » se moqua la Sheriff. « J'ai tenté de m'excuser puis je lui ai demandé de prendre soin de Henry parce que j'avais besoin de tirer les choses aux claires. Honnêtement, je ne sais même pas si je pourrais retourner là-bas. »

« Est-ce que vous essayez de me faire subtilement comprendre que vous prévoyez d'emménager ici avec moi ? »

« Je sais que je n'ai aucune chance en vous demandant ça. Je vais dormir dans ma voiture ou au Granny. »

Regina soupira lourdement avant de se tourner vers la blonde et de lui faire une offre qu'elle n'aurait jamais pensé s'entendre faire. « Honnêtement Miss Swan, j'ai deux chambres d'amis et il serait probablement préférable que vous restiez a porté de vue pour que je puisse vous observer et essayer de trouver un remède avant que vous ne fassiez quelque chose que nous regretterions tous. »

« Qu'est-ce que c'est censée vouloir dire ? »

« Ça veut dire que vous pourriez être un plus grand danger pour cette ville que je le suis à l'heure actuelle, » répondit Regina avant de continuer de s'expliquer. « Pour l'instant, je n'ai pas réussi à trouver beaucoup d'informations sur la lance de Cruella mais j'ai fait quelques recherches sur la Schizophrénie et les perspectives ne sont jamais bonnes dans les situations à long terme. Si vous commencez à penser que ce monde est vraiment le fruit de votre imagination, vous serez poussé par les personnes de l'autre monde à mettre un terme à celui-ci. Cela peut se traduire par le simple fait que vous partiez d'ici dans ce tas de ferraille que vous appelez une voiture ou par le fait que vous décidiez de rester ici pour effacer concrètement cette réalité, ce qui pourrait vous conduire à assassiner toutes les personnes qui signifierait quelque chose pour vous. »

« Je ne tuerai jamais personne ! » Rétorqua Emma avec colère.

« Vous le ferez si vous croyez sincèrement qu'aucun de nous n'est réel, » contra Regina. « Répondez-moi honnêtement, avez-vous un jour pensez que vous remettriez en cause l'existence d'Henry ou celle de vos parents pour ce qu'il en est ? »

La Sauveuse resta immobile avant de secouer la tête en signe de défaite. « Non. »

« Pourtant maintenant vous vous demandez si ils sont réels ou si ils ne sont pas rien de plus que des fantômes que vous avez invoqué pour vous tenir compagnie dans votre cerveau Schizophrénique, » indiqua la brune avant que ses yeux s'illuminent quand elle réalisa quelque chose. « C'est pour ça que vous êtes ici avec moi, n'est-ce pas ? Si August n'avait pas disparu, vous seriez probablement avec lui en ce moment même, mais je suis la seule personne restante qui existe dans les deux réalités. »

Emma rougit avant de remettre une mèche de cheveux derrière son oreille. « Peut-être. »

« Vous seriez venue me voir peu importe qu'August soit là ou non, » réalisa la maire avant de secouer la tête devant la folie de toute cette situation. « Cela promet d'être très intéressant. »

« Je devrais y aller, » décida la jeune femme en se levant.

« Non, Emma, attendez... Restez, » demanda doucement Regina. « C'est juste que... c'est assez vide ici sans Henry et cette maison est extrêmement grande pour une seule personne. »

La Sheriff offrit un sourire rapide à la brune avant de se laisser retomber dans le canapé. « Très bien, je reste. Merci de m'offrir un endroit où dormir... Il n'y a juste aucun moyen que je puisse faire face à mes parents de sitôt. »

« Je connais le sentiment, » la rassura Regina avec un sourire contrit qui fit rire Emma.

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Plus tard ce soir-là, Regina fit à dîner pour deux et Emma lui raconta tout ce qu'elle savait de son autre vie. La brune écouta attentivement et posa plusieurs questions auxquelles la Sauveuse répondit du mieux qu'elle put. Après le dîner, elles s'installèrent dans le bureau avec un verre de cidre et les deux femmes parlèrent de tout et de rien, ce qu'elles trouvèrent toutes les deux agréables. Emma réussit à rester dans l'instant présent et elle remercia Regina de la garder sur Terre avant que la brune lui montre la chambre d'amis et lui souhaita une bonne nuit. La blonde enfila le pyjama que lui avait prêté la maire puis s'installa sur le matelas moelleux et soupira de contentement avant de s'endormir.

Regina ne comprenait pas pourquoi elle aidait la fille de son ennemie, mais quelque chose la liait à la Sheriff, l'attirant comme un papillon vers la lumière. Elle s'était changée dans l'un de ses pyjamas en soie avant de s'installer contre la tête de lit avec un livre qu'elle avait commencé à lire, chose qu'elle faisait souvent ces derniers temps. Après une vingtaine de pages, elle entendit le doux son de la voix d'Emma venir du fond du couloir. Curieuse, elle fit le chemin séparant sa chambre de la chambre d'ami sur la pointe des pieds avant de s'arrêter devant la porte de cette dernière. Effectivement, Emma parlait. Prenant le risque, Regina ouvrit la porte et entra silencieusement dans la pièce. Un large sourire ornait le visage de la Sauveuse alors qu'elle parlait doucement à quelqu'un, ce qui, à en juger par l'expression de son visage, devait être l'alter ego de Regina. Tranquillement, Regina attrapa le fauteuil se trouvant dans un coin de la pièce et la positionna face à la Sheriff avant de s'y installer, se disant que c'était sa meilleure chance d'obtenir un premier aperçu de ce qu'il se passait dans l'autre réalité et que cela lui donnerait peut-être quelque chose pour aider la jeune femme. Elle ne put s'empêcher de sourire en réponse au sourire béat d'Emma alors que cette dernière parlait avec son alter ego.

« Je te dis que je vais bien Gina, promis, » rassura Emma alors qu'elle souriait à sa belle épouse. « Arrête de t'inquiéter. »

« Très bien, tu as raison. Je suis juste inquiète que chaque minute puisse être la dernière, » admis Regina. « Ça me terrifie. »

« Regina, je t'aime. Je ne vais nulle part, » confessa Emma alors qu'elle attirait sa femme sur le lit.

La brune enroula ses bras autour de sa femme et soupira. « Je t'aime aussi, plus que tu ne peux l'imaginer. »

« Peut-on retourner dormir maintenant ? » Pleurnicha Emma ce qui lui valût un gentil coup de coude dans les côtes et elle rit.

Le couple se pelotonna confortablement l'une contre l'autre avant de sombrer dans un sommeil paisible.

La maire fixa la forme endormie de la Sheriff dans un silence stupéfait alors que la blonde arrêtait complétement de parler, sa respiration ralentissant et s'approfondissant alors qu'elle sombrait dans un repos bien mérité des deux mondes. Regina resta immobile alors que les mots Emma repassaient en boucle dans sa tête.

Regina, je t'aime. Je ne vais nulle part.

Elle savait que la jeune femme parlait à l'autre Regina, mais cela causa quand même une nuée de papillon dans son estomac, une nuée de papillon qui ne devrait jamais exister à cause d'Emma Swan.

Regina, je t'aime. Je ne vais nulle part.

Elle ferma les yeux alors qu'elle se pinçait le haut du nez. Comment allait-elle convaincre Emma de rester dans ce monde quand elle avait trouvé l'amour dans l'autre monde ? L'amour était puissant et même si Henry et ses parents l'aimaient dans ce monde, elle n'avait jamais vu l'une de ses trois personnes faire sourire Emma de la façon dont elle l'avait fait il y a quelques instants.

La brune se leva finalement et retourna silencieusement dans sa chambre avant de se blottir sous sa couette et de soupirer de contentement. La dernière pensée qui lui traversa l'esprit avant qu'elle s'endorme fut les paroles d'Emma : Regina, je t'aime. Je ne vais nulle part. Sans en avoir conscience, elle sourit aussi brillement qu'Emma l'avait fait au moment où elle s'endormit.

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Le lendemain matin, Emma se réveilla à l'odeur du café et réalisa avec déception qu'elle était de retour à Storybrooke. Elle commençait vraiment à apprécier l'idée qu'elle puisse avoir une vie heureuse avec quelqu'un à ses côtés, une femme sans aucun doute, et c'était quelque chose qu'elle n'avait jamais imaginé avoir dans ce monde. Tout ce qu'elle n'avait jamais eu à Boston et à Storybrooke c'était un cœur brisé et la solitude.

S'étirant, elle savoura la sensation du matelas moelleux pendant quelques minutes avant de se trainer hors du lit et de descendre les escaliers. Entrant dans la cuisine, Regina poussa sans un mot une tasse de café vers elle et la blonde lui sourit reconnaissante avant de prendre une grande gorgée. C'était étrangement confortable d'être en présence l'une de l'autre dans une situation aussi domestique alors qu'elles étaient encore en pyjamas et que Regina leur faisait le petit-déjeuner. Emma observa la brune se déplacer dans la cuisine et nota qu'elle semblait agir de façon un peu timide en sa présence, ce qui était loin de la maire tranchante qu'elle avait appris à connaitre et à aimer.

Après avoir mangé le petit-déjeuner en silence, Emma débarra la vaisselle sans un mot et la lava alors que l'autre femme s'asseyait devant le comptoir et la regardait faire en sirotant sa deuxième tasse de café. Après avoir mis le dernier plat sur l'égouttoir, la blonde attrapa un torchon et se tourna vers la brune avec un sourcil haussé.

« Êtes-vous toujours aussi silencieuse le matin ou est-ce un traitement de faveur ? » Demanda la blonde.

Regina haussa simplement les épaules en réponse alors qu'elle tenait sa tasse devant elle pour dissimuler habilement le sourire qui étirait ses lèvres, ou du moins le pensait-elle. Emma se pencha par-dessus le comptoir de la cuisine, entrant dans l'espace personnel de la brune avant de lui sourire amusée.

« Vous pensez pouvoir cacher ce beau sourire derrière votre tasse, madame le maire, mais vos yeux vous vendent à chaque fois, » expliqua Emma.

La brune haussa l'un de ses sourcils parfaitement épilé en réponse. « Le font-ils maintenant ? »

« A chaque fois, » répondit Emma d'une voix basse avant de se redresser. « Si c'est pour vous, j'aimerais prendre une douche. »

Regina sortie de sa stupeur d'avoir été découverte et se racla la gorge. « La salle de bain connecté à votre chambre possède toutes les commodités nécessaire, n'hésitez pas à vous en servir.

« Merci, » répondit Emma avant de tourner les talons et quitter la cuisine.

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Emma entra sous le jet de la douche et gémit de contentement. Même si elle se lavait régulièrement quand elle était à Storybrooke, l'hôpital lui laissait l'impression d'être sale chaque fois qu'elle se réveillait là-bas et ce sentiment semblait persister quand elle revenait ici.

« Emma, il faut que tu m'aides un petit peu, » commanda la voix sa femme à son oreille et elle ne put empêcher le frisson qui la traversa au son de la voix basse de sa femme.

S'éloignant du jet d'eau, Emma fut momentanément surprise de découvrir un corps chaud pressé contre le sien. Essuyant rapidement l'eau de ses yeux, elle plongea son regard dans les yeux sombre de sa femme et sourit. Regina lui retourna son sourire et poussa un soupir de soulagement.

« Je commençais à croire que tu ne reviendrais pas, » confia la brune alors qu'elle enroulait ses bras autour de la taille d'Emma.

« Comment est-ce que je suis arrivée ici ? » Demanda Emma quand elle réalisa qu'elle se trouvait dans une banale cabine de douche et non plus dans la salle de bain joliment décoré où elle se trouvait quelques instants plus tôt.

« Tu étais de nouveau dans un état catatonique, suivant les ordres mais ne répondant pas. Tu commençais à sentir mauvais alors j'ai convaincu les médecins de me laisser te laver. »

« Je sens plutôt mauvais, en effet, » approuva la blonde avant de laisser échapper un petit rire.

« Finissons-en rapidement ici et habillons-nous, d'accord ? »

« Oh, je ne sais pas, » murmura Emma. « J'ai plein d'idée sur ce qu'on pourrait faire ici et maintenant. »

La brune haleta de surprise quand elle sentit les mains d'Emma se promener le long de son corps nu. Des lèvres douces rencontrèrent celles gercées avant que Regina ne s'éloigne.

« Emma, tu es sûre ? Ça fait tellement longtemps, » demanda Regina avec inquiétude.

« Ça fait bien trop longtemps, tu mérites d'avoir tout ce que ton cœur désire après t'être occupés de mes conneries. Alors dis-moi Gina, est-ce que tu souhaites que l'on continue ou non ? »

Les yeux marron de la brune devinrent noirs de désir avant qu'un sourire bien trop familier ne vienne étirer ses lèvres. « Qu'est-ce que tu crois ? » Répliqua Regina avant d'attirer le corps ruisselant d'Emma contre le sien et de lier avidement ses lèvres à celles de sa femme.

Les choses s'échauffèrent rapidement entre elles, les mains et les lèvres explorant avidement le corps de l'autre dans un désir insatiable qui avait besoin d'être assouvi. Emma n'avait jamais ressenti des sentiments aussi forts pour quelqu'un dans toute sa vie et elle le besoin qu'elle avait d'être connectée avec cette femme devant elle d'une façon qui ne soit pas juste platonique, mais plus profonde et émotionnelle lui donna presque le vertige à cause de la force avec laquelle cela serrait son cœur fragile.

Elle se sentit osciller de plus en plus autour du point de non-retour et elle entraina Regina avec elle avant que leurs lèvres ne se joignent pour étouffer leurs cris alors qu'elles atteignaient ensemble l'orgasme. Satisfaites, les deux femmes tombèrent l'une contre l'autre alors qu'elles redescendaient doucement de leur orgasme et se laissèrent glisser sur le sol carrelé de la douche.

« Je n'ai jamais... Je n'ai pas senti... C'était incroyable, » balbutia Emma dans les cheveux mouillés de Regina.

« J'aillais dire intense, » déclara la brune ce qui fit rire l'autre femme.

« On commence à friper, » remarque Emma. « Finissons-en ici et habillons nous. »

Regina acquiesça avant qu'elles s'aident l'une l'autre à se relever et finissent de se laver en silence.

Une quinzaine de minutes plus tard, le couple s'était rhabillé et installé sur le lit d'Emma alors qu'August arrivait avec des sacs de nourriture à emporter qu'il avait apporté pour tout le monde. La blonde était affamée après sa petite escapade avec Regina et elle mangea deux grosses assiettes à la surprise de ses compagnons.

« Je ne t'ai pas vu mangé comme ça depuis, eh bien, probablement six ans, » fit remarqué August. « J'aurai peut-être dû en amener plus. »

« Non, c'était plus que suffisant, merci August, » répondit Emma alors qu'elle tapotait doucement son estomac plein. « Raconte-moi ce qu'il nous est arrivé après la mort de papa et maman. Est-ce qu'on est allée en maison d'accueil ? »

« Brièvement, mais Granny est venue nous chercher et nous a pris avec elle, » répondit August alors qu'il ramassait les boites de nourriture vide et les remettaient dans le sac plastique dans lequel il les avait emmené.

« Vraiment ? Et Ruby ? Est-ce qu'elle existe ici ? »

« Oui, c'est la plus jeune sœur de maman et avant que tu demandes, Granny n'est pas vraiment notre grand-mère, c'était la nourrice de maman et de tante Ruby mais quand leurs parents sont mort, elle les a prise toutes les deux avec elle, » précisa August.

« On dirait que l'histoire se répète, » remarqua Emma.

« On dirait en effet. »

Emma était sur le point de dire quelque chose quand elle sentit une douleur vive au niveau de sa joue. Sa main vola jusqu'à sa joue pour l'inspecter quand elle la sentit à nouveau.

« Emma qu'est-ce qui ne va pas ? » Demanda Regina avec inquiétude.

« Ma joue me fait mal, » indiqua la blonde en la frottant.

« Laisse-moi regarder, » proposa doucement sa femme alors qu'elle retirait gentiment la main de la blonde. « Oh, c'est un peu rouge. Est-ce que tu t'es cognée dans la douche ? »

« Pas que je m'en souvienne, » répondit Emma alors qu'elle grimaçait au touché de sa femme.

« Désolée, » s'excusa Regina avant de s'éloigner. « August, est-ce que tu pourrais t'arrêter au bureau des infirmière et leur demander une poche de glace ? »

« Bien sûr, je reviens tout de suite, » acquiesça-t-il avant de quitter rapidement la pièce.

Une nouvelle vague de douleur traversa sa joue et elle siffla. « Aïe, c'est quoi ce bordel ? »

« Je suis désolée, » Emma entendit dire la voix de sa femme mais elle remarqua que les lèvres de sa femme n'avaient bougé. « Sortez de là, Miss Swan. »

« Qu'est-ce qu'il se passe ? » Demanda la blonde mais avant qu'elle puisse comprendre ce qu'il se passait, son monde bascula et tout devint soudainement flou alors que ce qui l'entourait changeait complétement. Son estomac se tordit violemment à la sensation et elle se concentra sur les orbes brunes pleines d'inquiétudes qui appartenaient à la maire et non à sa femme. « Regina ? »

Avant que la brune ne puisse répondre, elle poussa une bassine sous le menton d'Emma juste avant que cette dernière vomisse ce qu'elle venait de manger ou pensait avoir mangé. Sans un mot, Regina lui tendit un mouchoir qu'elle accepta avec reconnaissance et s'essuya la bouche et le nez.

« Mon Dieu, je suis désolée. Je ne voulais pas vomir mais le changement rapide entre ici et là-bas m'a comme qui dirait fait faire des loopings et comme je venais juste de manger... Ou penser que j'avais mangé, » essaya d'expliquer Emma alors qu'elle regardait la brune poser la bassine sur le côté et ouvrir une bouteille d'eau avant de lui tendre.

« C'est une bonne chose que je sache reconnaitre l'expression de quelqu'un sur le point de vomir ou alors vous seriez en train de vous excuser de m'avoir vomis dessus, » indiqua Regina. « Il semble que votre fils et vous ayez le même regard quand vous êtes sur le point d'être malade. »

« Henry, » chuchota tristement Emma avant de hausser un sourcil, confuse. « Attendez une minute, la dernière chose dont je me souviens c'est d'être en train de prendre une douche. Comment avez-vous fait pour me mettre en pyjama et dans mon lit ? »

« J'ai peut-être un peu utilisé l'aide de la magie, » marmonna-t-elle doucement avant de toucher gentiment la joue d'Emma. « Désolée pour ça, mais vous ne répondiez pas et je commençais à... »

La brune ferma brusquement la bouche et enleva sa main. Emma savait que c'était dur pour la Reine des Glaces de montrer qu'elle se préoccupait de son état donc elle décida de laisser couler et changea de sujet.

« Je vais aller me laver les dents et m'occuper de la bassine, » décida la Sheriff alors qu'elle bougeait pour sortir du lit. « Rendez-vous en bas ? »

« Oh oui, oui, bien sûr. Je vais aller préparer le déjeuner et l'amener dans mon bureau pour que nous puissions travailler à vous trouver un remède. »

Emma sourit. « Merci, on se retrouve dans quelques minutes. »

La Sauveuse regarda la maire troublée trébucher vers la sortie de sa chambre et elle ne put s'empêcher de secouer la tête et de rire devant l'absurdité de la situation. Elle leva la main pour caresser sa joue là où Regina venait juste de la toucher et elle sentit les battements de son cœur s'accélérer. Ses sentiments pour sa femme commençaient à faire irruption dans ce monde et ne pouvait s'empêcher de se demander si faire l'amour à cette Regina serait différent ou non.

« Oh putain, » bredouilla Emma alors que l'idée de la maire l'a trouvant nue et gémissant son nom lui traversait soudainement l'esprit.

Elle sentit une vague de chaleur la traverser alors qu'elle se souvenait de la sensation des mains et des lèvres de sa femme partout sur son corps. Elle se précipita rapidement vers la salle de bain et s'éclaboussa le visage avec de l'eau froide.

« Ressaisie-toi, Emma, » murmura-t-elle avant d'attraper sa brosse à dent et le dentifrice.


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