Hello !

On continue l'aventure avec nos deux membres adorés. Et ce n'est pas pour dire, mais ils vont en vivre de ces choses ! Si je peux vous donner un conseil, méfiez-vous des champignons...

Bonne lecture.

Comme toujours, les personnages appartiennent au vénérable Oda Eiichiro.


Le souffle des démons

CHAPITRE II : QUI EST-ELLE ?

La nuit était tombée sur les eaux de Grand Line, les vagues déchaînées dansaient fougueusement au rythme du vent. Ce soir-là, un navire se livrait à un combat acharné contre les forces surnaturelles de la mer. Une jeune femme se trouvait à son bord. Seule, elle tentait de diriger l'embarcation. Des mèches de cheveux rougeoyantes lui frappaient régulièrement le visage. Bien que téméraire, elle était éreintée par l'effort physique qu'elle devait fournir.

- Je ne vais pas pouvoir tenir longtemps. S'inquiéta-t-elle. Si seulement les autres étaient là !

La navigatrice faisait référence à son ancien équipage, celui du chapeau de paille.

Après leur séparation, Nami s'était dégotée un bateau dans l'espoir de poursuivre son rêve de cartographe. Mais l'aventure s'était avouée plus dure que prévu sans la présence de ses nakamas. Elle replongeait souvent dans ses souvenirs et enviait les péripéties qu'ils avaient vécues ensemble. Elle aurait aimé retourner en arrière, mais l'heure était maintenant trop grave pour songer au passé. Son navire pouvait à tout moment être englouti par la tempête.

Nami avait rangé les voiles mais le courant, trop fort, l'entraîna dangereusement au cœur du cyclone. A bout de force, elle se laissa emporter par la violence des flots.

Le jour se levait timidement sur Samui. La veille, le vent s'était accru et avait emporté les tuiles de certaines habitations. Chez la vieille Kurea, tous se remettait difficilement de cette nuit agitée. Avec un livre à la main, Robin sirotait son café dans la cuisine. La grand-mère venait de disposer la table pour le petit-déjeuner. Elle demanda à l'historienne d'aller prévenir Zoro. D'un air impassible cette dernière se leva et se dirigea vers la chambre du bretteur.

Elle poussa la porte restée entrouverte, et, à sa surprise, trouva le jeune homme éveillé, face à la fenêtre. Son regard suivait les feuilles d'érable soulevées par le vent. Il semblait inquiet.

- Cette nuit était bizarre. Dit-il, pensif.

- Ici, toutes les nuits le sont. Répliqua Robin en lui faisant signe de rejoindre la cuisine.

Zoro n'avait pas dormi de la nuit. Son insouciance habituelle s'était dissipée pour laisser place à un sentiment de malaise. Son instinct de sabreur le gardait en alerte, comme pour l'informer d'un danger imminent.

Rien ne vint déranger le calme de la matinée. Jusqu'à ce qu'un cri retentit à l'extérieur. Zoro s'empara de ses sabres. Un homme s'était précipité devant la porte d'entrée. Bien qu'à bout de souffle, il interpella Kurea pour demander de l'aide.

- Un navire échoué ! La mer a recraché un navire sur nos côtes ! On a retrouvé quelqu'un, elle est blessée ! Hurla l'homme affolé.

A ces mots, la vieille s'empara d'une trousse de secours. Suivie de près par Zoro et Robin, elle se dirigea vers la plage. Ils y trouvèrent les restes de l'embarcation et le corps étendu d'une femme. Ils se rapprochèrent immédiatement. Les deux nakamas eurent le souffle coupé en découvrant le visage de la rescapée.

Ces cheveux roux, ce log pose au poignet, pas de doute.

- Nami ! s'écrièrent-ils en chœur.

L'archéologue s'était écroulée sur le sol auprès de leur amie blessée, tandis que Zoro scrutait les plaies qui parsemaient son corps.

Kurea lui administra les premiers soins sur place. Le bretteur s'était ensuite chargé de la porter jusqu'à l'auberge.

Une heure après, Zoro et Robin attendaient encore dans le couloir qui donnait sur la chambre de Nami. L'un assis en tailleur à même le sol, l'autre debout, adossé aux lambris du mur. Ils n'avaient prononcés aucun mot depuis leur arrivée. Le silence et les questions muettes flottaient lourdement dans l'atmosphère.

Enfin, la porte s'ouvrit. Une faible lueur s'en échappa et éclaira l'espace sombre où s'étaient tapis les deux compagnons. Kurea apparut. D'un regard rassurant, elle les invita à entrer et les prévint de l'état stable de leur amie.

Elle dormait de l'un de ces sommeils sans rêve. Robin se tint à son chevet, tandis que Zoro restait à l'écart, dans l'embrasure de la porte.

La navigatrice releva légèrement ses paupières. Pendant un court instant, elle crut rêver. Mais, prise d'une frayeur, elle ouvrit grand ses yeux et s'exclama en reculant.

- Robin ?!

D'un regard apeuré, elle parcourut rapidement la pièce jusqu'à ce qu'elle aperçoive le bretteur. Il la fixait avec cet air passif qu'elle lui savait si bien.

- Que…qu'est-ce que ? Zoro ? Qu'est-ce que vous faites là ?! Ne me dis pas que…toi aussi ?

Elle était tétanisée et croyait cauchemarder. Face à l'absurdité de la situation, elle referma ses yeux, espérant balayer ce qu'elle pensait être une illusion. L'incompréhension la submergeait.

Robin tenta tant bien que mal d'en placer une. Mais la jeune navigatrice ne voulut rien entendre et la repoussait de ses bras affaiblis. La mort d'Ussop, leur séparation, la tempête, tout se bousculaient dans sa tête. Ne supportant plus d'observer la scène, Zoro se dirigea vers Nami et l'agrippa par les épaules. Ce genre d'approche aurait habituellement valut une réaction intempestive de la part de la rousse. Pour une fois, elle ne riposta pas.

Sachant que sa présence était à l'origine de cette tension, Robin s'éclipsa de la chambre en prenant soin de refermer derrière elle. Nami avait besoin de temps et d'explications. Et ce n'était pas elle qui allait pouvoir lui en donner. Pas maintenant.

Elle s'attabla non loin de la chambre et guetta le moindre mouvement en sa direction. L'envie d'écouter aux murs l'avait tentée mais elle finit par la refouler. La patience était sa seule alliée.

Quelques minutes plus tard, le grincement de la porte se fit entendre. Nami était sortie et faisait face à l'historienne. Elles se regardèrent longuement. A pas douloureux, la navigatrice se dirigea vers son ancienne nakama. Et d'un geste qui surprit la brune, elle fondit dans ses bras. Les larmes ruisselaient sur ses joues et s'accompagnèrent de soubresauts.

- Pourquoi nous avoir mentis Robin ? Dit-elle d'une voix tremblante d'émotions. On aurait pu t'aider et…Ussop n'aurait pas…

Elle ne put continuer. La tristesse qui avait suivi le drame était restée ancrée en elle et venait d'être ravivée par les révélations du bretteur. Les mots n'avaient plus de valeur dans pareille situation. Sous le regard assombri de Zoro, les deux femmes s'enlacèrent dans un éclat de sanglots.

La nuit tomba promptement. La lune pareille à un soleil de nuit rayonnait dans le ciel dégagé de l'île. La ville s'animait de festivités en ce soir d'automne. Et pour cause, on y célébrait le Aki no matsuri. Ivres de joie, les habitants déambulaient dans les rues éclairées par des lanternes multicolores. Certains se ruaient sur les stands de Kiru Gozan, la spécialité gastronomique de l'île. Sur la façade blanche de l'un des stands, on pouvait lire la mention suivante : « NE PAS EN ABUSER ».

Zoro, Nami et Robin s'étaient mêlés à l'ambiance bon-enfant du festival. Ils évoluaient dans une foule plus insouciante que de coutume. En cette nuit d'exception, nos trois compagnons comptaient fêter leurs retrouvailles en bonne et due forme. Piquée de gourmandise, la navigatrice proposa à ses acolytes d'entrer dans un restaurant spécialisée dans la préparation du Kiru Gozan. L'enceinte de l'établissement était bruyante et conviviale. Des éclats de rire volaient de part et d'autres. La décoration intérieure était atypique. Les murs recouverts de fresques illustraient les légendes de l'île ; ce qui ne manqua pas d'attirer l'attention de l'archéologue. Pendant qu'elle les examinait, Zoro et Nami s'installèrent à une table en chêne massif. Leur attention à eux s'était focalisée sur les bouteilles de saké et les plats de Kiru Gozan posés devant eux. Ces derniers étaient principalement composés de riz gluants, de graines de sésames, de châtaignes grillées et d'une sauce aux champignons. Robin rejoignit les deux affamés. Aux premiers abords, le Kiru Gozan ne semblait pas exceptionnel. En bouche, c'était un délice. Evidemment, cela n'égalait pas les œuvres culinaires de leur ancien cuistot, mais ce n'était pas non plus mauvais. Les trois camarades savourèrent leurs plats avec goût. Ils en redemandèrent encore, et encore. Pour une fois depuis des lustres, Robin, Nami et Zoro se sentaient revivre. Ils avaient passé un an à errer avec le gout amer de la trahison et du deuil. Pour une fois depuis un an, ils s'étaient remis à sourire tout simplement.

Ils s'étaient ensuite dirigés vers le bar du restaurant. L'animation y battait joyeusement son plein. Un concours de dégustation de rhum se préparait. A la clé, une récompense de 10 000 berrys. Nami se précipita à la simple prononciation du mot « berry ». Ses adversaires, de grands gaillards exaltant de virilité, la narguèrent.

- Rêves pas trop ma jolie, c'est pas un jeu pour les fillettes. S'esclaffa l'un d'eux.

Leur bec fut vite cloué en voyant la montagne de tonneaux vides s'empiler devant la navigatrice.

De son côté, Robin regardait la scène d'un air amusé, un verre de vin rouge à la main. Quant à Zoro, il engloutissait l'air de rien, un volume de rhum encore plus considérable que celui de Nami.

Alors qu'elle appréciait son vin, Robin sentit sa vision se troubler. Ses sens étaient soudainement vaporeux. Elle se tourna vers ses nakamas pour les avertir mais ne put rien prononcer. Un bris sourd de verre lui parvint. Ses mains étaient vides. Une douce chaleur s'imprégna en elle. Bientôt, ses paupières se refermèrent sur le néant. Avant de sombrer, elle se souvint de l'écriteau de l'un des stands de Kiru Gozan : « NE PAS EN ABUSER ». Elle pesta intérieurement. Trop tard.

Zoro était allongé. Le son des vagues lui chatouillait les oreilles et l'extirpa lentement de sa rêverie. Il fixa les étoiles qui parsemaient la voûte céleste et sentit le sable sous ses doigts. Il ne se souvenait de rien, encore moins qu'il s'était déplacé sur la plage. D'un air indifférent il referma ses yeux, il n'aimait pas réfléchir pour rien.

Il les rouvrit immédiatement en se rendant compte du poids qui s'exerçait sur son corps.

- Hm… Où suis-je ? Demanda la jeune femme étendue sur le bretteur.

Zoro reconnut sa voix et la dévisagea. Leurs regards se croisèrent. Un sentiment déconcertant les submergea...


Quelle sacrée veinarde celle-là ! Alors ? une idée de qui ça pourrait être ? Ô grand mystère que je vous laisse découvrir par vous-même. Un petit commentaire ne serait pas de refus non plus ;)

A suivre : Les coeurs vont se chambouler (un tout petit peu) dans le prochain chapitre.