Me revoilà avec ce quatrième chapitre !

Et ça va être le bordel. Entre les retrouvailles, l'éternelle chamaillerie de nos deux compères, et cet étrange danger qui commence à planer, on ne saura plus où donner de la tête. Mais ça, je vous laisse pleinement le découvrir. J'attends vos retours avec impatience.

Sur ce, gloire au zorobin !

Les personnages proviennent de l'oeuvre inégalée d'Oda Eiichiro.


Le souffle des démons

CHAPITRE IV. Le vent se dévoile

« Pardonner les mensonges d'une femme, c'est le rôle d'un homme. ». Ces mots, Sanji se le répétait chaque jour depuis un an. Après avoir quitté l'équipage du Chapeau de paille, il s'était investi d'une mission que seul un gentleman de son acabit pouvait comprendre. La trahison de Robin, il n'y croyait pas du tout. Il fallait être stupide comme une algue pour croire à cette supercherie. Le cuisinier s'était mis en tête de découvrir la vérité quant à cette soi-disant « trahison ». Il lui fallait souffler sur cette pellicule de poussière qui s'était déposée sur le cœur de l'historienne.

Et aujourd'hui, après 12 mois de recherche, il était là, face à une porte qui faisait barrière entre sa Robin d'amour et lui-même. Une barrière infime comparée à l'immensité de l'océan.

Cigarette à la main, sourcil relevé, Sanji se préparait à l'accueillir dans les normes. Il s'impatienta du temps que l'on prit pour ouvrir et lança un regard agacé à son partenaire. La porte s'entrebâilla enfin.

- Robin-chwaaan ! s'écria-t-il en s'élançant bras-ouverts sur la silhouette qui venait d'apparaître.

Eût-il à peine le temps d'entamer sa ronde qu'une main sauvage vint s'écraser sur son visage. Il connaissait cette force brute à laquelle il se confrontait autrefois. Sans hésitation, il balança sa jambe vers son adversaire de longue date.

- Comme on se retrouve l'marimo. Toujours aussi mal élevé à ce que je vois.

Sanji défia son camarade d'un sourire carnassier.

- J'aurais aimé ne plus revoir ta sale tête de pervers. Lui rétorqua ce dernier.

- Va te faire tondre, gazon ambulant.

- Qu'est-ce que t'as dit Love cook à la con ?!

Il s'ensuit comme on pouvait se l'imaginer d'un grabuge aussi violent que bruyant. Ce qui ne tarda pas à réveiller toute la maisonnée. Nami avait déboulé dans l'entrée en infligeant une raclée aux deux chahuteurs.

- Espèces de bouffons ! Vous allez la fermer oui ! s'écria-t-elle, énervée.

Le temps de réaliser la scène, un long silence s'était installé. Robin et Kurea arrivèrent en courant. Les iris bleus de l'archéologue s'écarquillèrent sous le choc. La navigatrice dévisagea les deux visiteurs avant de reprendre la parole.

- Eh… ? Sanji-kun ?! Elle fixa le blond dans les yeux duquel apparaissaient maintenant deux cœurs. Elle glissa ensuite son regard vers la deuxième personne, plus petite et plus ronde.

Deux perles tremblotantes de larmes l'observaient.

- Chopper ! cria-t-elle avant d'étreindre le petit renne.

Les retrouvailles s'imprégnèrent d'une immense émotion. En ce matin d'automne pourtant brumeux, une lueur chatoyante vint rayonner sur la petite auberge. Après un long épisode de coups et d'embrassades, les anciens membres du Sunny se réunirent autour de la longue table en bois de la cuisine. L'heure des explications avait sonné.

D'abord, Sanji se vanta d'avoir eu assez confiance en Robin pour ne pas croire en une telle trahison. Pour des raisons moins chevaleresques que le cuistot, Chopper s'était lui aussi persuadé de son innocence. C'est comme ça que les deux compagnons s'étaient mis en tête de retrouver leur amie.

Robin n'eut pas besoin de réitérer l'histoire. En menant leur recherche Sanji et Chopper en avaient appris long sur la chute de Dark Squall. Et ce n'était pas la seule information qu'ils avaient pu remonter. Chopper les en avertit.

- Ecoutez-moi bien, il se passe quelque chose de louche sur cette île. On doit s'enfuir, et vite.

Le petit renne prononça ces mots d'un air grave.

Zoro, qui n'écoutait que d'une oreille quelques minutes avant, focalisa son attention sur cette expression inhabituelle. Nami déglutit et Robin fronça des sourcils.

- Qu'est-ce que tu veux dire Chopper ? Demanda-t-elle, inquiète.

- Le gouvernement mondial…s'intéresse de très près à cette île. On n'en sait pas plus mais c'est certain, quelque chose se prépare.

- Ce vent y est pour quelque chose ? interrogea le bretteur.

- Le vent ? Qu'est-ce que tu marmonnes le marimo ?

Sur ces mots, l'épéiste poussa un rictus d'agacement et s'apprêta à provoquer le cuisinier. Nami se leva avant qu'ils n'aient eu le temps de faire un geste.

- Attends Sanji-kun. Maintenant que Zoro le dit… C'est vrai que le climat est bizarre. Ce vent, c'est comme s'il n'était pas naturel.

La rousse se dirigea vers une carte accrochée près de la porte.

- Je ne l'avais pas remarqué en arrivant mais la position de cette île et le vent qui l'entoure ne sont pas cohérents. A l'heure qu'il est, Samui devrait être ensevelie sous la neige. Ce n'est pas une île automnale ! Ce qui veut dire que son climat a volontairement été changé. Je ne sais pas pourquoi mais ça ne présage rien de bon.

- C'est trop tard, la tempête est déjà là.

Robin pointa son doigt vers la fenêtre qui donnait vue sur le village. Une masse sombre se profilait dangereusement dans la baie.

- Ça tombe bien j'avais besoin d'entraînement. Se réjouit Zoro. Un sourire malfaisant se dessinait sur ses traits tandis que sa main se posa sur l'un de ses sabres.

Bien qu'il faisait jour, l'île était entièrement engloutie par l'obscurité. Dehors, la tempête faisait rage. Plus un signe de vie, plus une seule lumière n'étaient percevables. Le temps semblait en suspens dans ce paysage dévasté. Du côté de nos pirates, les esprits n'en étaient pas moins aux aguets. Ils s'étaient terrés dans un mutisme implacable guettant le moindre signe d'offensive. Chacun se préparait à sa façon.

Dans sa chambre, Chopper broyait les ingrédients d'une mixture à base de plantes. Le combat à venir promettait en blessures et il comptait bien remplir son rôle de médecin.

Quant à Nami, elle tentait tant bien que mal de mettre une réponse sur le phénomène qui se déroulait là dehors. Installée dans la cuisine, elle analysait une carte de l'île pendant que Sanji aiguisait des couteaux sous l'œil attentif de Kurea.

Dans la salle de repos, un souffle régulier et haletant se faisait entendre. Zoro s'entraînait. A la force d'un bras, il maintenait son corps dans une position de gainage aérien. En termes d'entraînement, le bretteur ne faisait jamais les choses à moitié.

Au fond de la pièce, près d'une étagère chargée de livres, Robin faisait passer le temps derrière une pile de bouquins. D'un coup sec elle referma l'ouvrage qui se trouvait devant ses yeux. Elle pencha la tête pour s'adresser au bretteur.

- Quelle drôle d'idée de s'entraîner dans une Salle-De-Repos. Lui lança-t-elle en insistant volontairement sur les trois derniers mots.

Désormais assis en tailleur, Zoro leva un œil impénétrable vers la jeune femme.

- Ce n'est pas comme si j'avais eu le choix. J'ai besoin d'espace pour m'entraîner.

Au déplaisir des deux occupants la salle de repos s'avérait être la plus grande pièce de l'auberge. Ils devaient donc supporter la présence de l'autre. Que cela les dérange ou pas. L'archéologue soupira.

- Moi qui pensais pouvoir lire au calme.

- Moi qui pensais méditer au calme. Rétorqua l'épéiste.

Les deux compagnons se défièrent du regard dans un langage qu'eux seuls pouvaient comprendre. Robin céda la première. Elle afficha l'un de ces sourires énigmatiques avant de disparaître derrière sa pile de livres.

Zoro ronchonna. Il ne supportait pas ce sourire qu'elle balançait à toutes les sauces. Ce sourire-là n'était qu'une façade. Ce sourire-là le déstabilisait, à chaque fois.

- Qu'est-ce qu'elle a à toujours sourire comme ça ? marmonna-t-il tout bas.

- Mon sourire te dérange tant que ça Kenshi-san ?

Cette fois, le bretteur ouvrit les deux yeux en déglutissant. Comment avait-elle pu l'entendre à cette distance ? Il inspecta autour de lui. Une petite oreille avait poussé dans le mur contre lequel il s'appuyait. A présent découverte, l'oreille disparut dans un éclat de pétale.

Plus un mot n'osa s'échapper de la bouche de Zoro. Ce qui ne manqua pas de faire ricaner l'historienne. Le jeune homme vira au rouge.

L'ouverture de la porte le sauva de ce sentiment de vulnérabilité. Sanji était apparu dans une ronde de cœurs. Il lança un regard noir au bretteur avant d'accourir vers Robin. En parfait gentleman, il invita celle-ci à venir gouter au plat spécialement préparé pour les « dames de son cœur ».

Soulagé, Zoro reprit silencieusement sa méditation. De temps à autre, le sourire de l'archéologue vint s'immiscer dans son esprit. Cette image le fit souffler du nez. Il se releva et entreprit une série acharnée de pompes.

Le jour défila rapidement. Dans l'après-midi, ils s'étaient régulièrement réunis pour mettre au point leur tactique d'attaque. Mais sans la présence de leur capitaine, ils s'étaient sentis moyennement enthousiastes. Luffy avait l'art d'impulser la rage de vaincre à n'importe lequel de ses compagnons. Sauf que Luffy n'était plus là, et qu'ils devaient faire avec.

A la nuit tombée, ils se parquèrent chacun dans leur chambre en se reposant d'un seul œil. Etendue sur son lit, Robin songeait à ce qui les attendait. Elle songeait surtout au silence pesant qui s'abattait maintenant sur l'île.

- C'est trop calme… se dit-elle muettement.

Face à cette réflexion elle eut soudainement un flash qui l'extirpa brutalement de sa couverture. Elle se précipita dans le couloir et s'écria.

- Réveillez-vous ! Ils arrivent !

Sitôt avait-elle réagi qu'une lame se planta dans son dos. L'historienne se retourna pour découvrir son ennemi. Les mots qu'elle prononça avant de s'écrouler résonnèrent en écho dans sa tête.

- K…Kurea ? Pour-quoi…

Une horde de marines sortit de toutes parts. Un vent nouveau s'était levé.


Eh oui...il fallait s'en douter au final, toutes les vieilles femmes ne sont pas dotées d'un sens aigu de générosité et d'hospitalité (triste et cruelle réalité).

A suivre. Baston, baston, baston, bas...Je pense que vous avez compris là. Ah ! et en prime, une petite scène qui redonnera espoir aux zorobinaddict' qui devaient penser que le "(zoro x robin)" du titre n'était qu'une bonne blague pas marrante, un moyen de faire vendre le produit m'voyez (mais non vous n'y étiez pas-du-tout).