Aloha !

Pour ce chapitre vous aurez droit à un Zoro plutôt protecteur. Ce qui est sûr c'est qu'il ne compte pas lâcher sa protégée de sitôt... Je n'en dis pas plus, ça gâcherait tout voyons.

Bonne lecture.

Les personnages sont d'Oda Eiichiro, mon mentor invétéré que je vénère sans ciller (rimes pourries : activé).


Le souffle des démons

CHAPITRE V. CETTE VOIX

Figée, glacée, Robin sentait son sang s'étendre en flaque sous sa peau endolorie. Autour d'elle, les balles filaient à toute allure. L'air s'imprégnait d'une odeur ferreuse. Bien qu'agité, le temps s'était arrêté pour l'archéologue. A travers sa vision floue elle distinguait des formes approximatives, mais les sons qu'elle percevait à peine finirent par se dissiper. Le silence et les ténèbres l'emportèrent rapidement dans une chute sans fin. Elle ne luttait plus. Celle qui avait survécu un an loin de son équipage, venait d'abandonner la bataille.

Dans cette chute immatérielle, la mort d'Ussop, son enfance de fugitive et le coup de Kurea lui apparaissaient en boucle. Le froid dépossédait ses membres de toute chaleur, de toute once de vie. Elle se sentait sombrer. C'était la fin. Pourtant, dans une dimension lointaine, une présence tenta de l'extirper de ce néant.

- Oi ! Robin ! Accroche-toi bon sang !

Enfouie sous les sables d'une autre réalité, l'historienne perçut un infime trou de lumière. Il était là, au-dessus de sa tête, à une distance interminable. Et c'est un infime bourdonnement qui s'en échappa pour atteindre la jeune femme. Et malgré l'infimité de ce son, elle put l'entendre. Dans le silence écrasant de son sommeil, elle entendit cette voix. Une voix qui la tirait vers le haut.

- Aller fais un effort ! Insista-t-elle.

- Je n'ai plus la force…

Les mots de Robin sortaient d'outre-tombe. Ils étaient à peine audibles. L'appel du néant semblait la ravaler toute entière.

- Tu nous as promis de vivre, ne l'oublies pas ! Aussi longtemps qu'il y aura des gens pour croire en toi, tu n'auras pas le droit de disparaître ! Alors arrêtes ces conneries et bats-toi !

Ces paroles lointaines parvinrent à la brune. Dans un éclair de lumière, ils balayèrent l'obscurité dans lequel elle était plongée.

Les croisements de sabres, les tirs de fusils, les bruits de pas, les cris de combat, tout lui revint. C'est balancée par le rythme de son porteur qu'elle reprit connaissance. Le bras robuste d'un certain bretteur enserrait sa taille. Il la tenait fermement pour éviter qu'elle ne tombe durant sa course. Zoro était suivi de près par Nami, Chopper et Sanji. Ils se dirigeaient vers l'extérieur en se débarrassant des marines qui leur barraient le passage. Dehors, un mur de soldats les attendait déjà. Il ne fit pas long feu face aux coups de pieds ardents du cuistot.

Le commandant en charge du bastion et certains de ses acolytes sortirent de l'ombre pour stopper les cinq pirates. Les choses sérieuses allaient bientôt commencer. Prise aux mains du gouvernement mondial, l'île était cernée de toutes parts. La nappe sombre qui s'élevait dans les cieux n'annonçait rien de bon.

- Tsch ! Il ne manquait plus que ça. S'énerva Zoro en levant le nez au ciel.

Il confia l'archéologue à Sanji et fit office de rempart, dos à ses compagnons.

Le blond au costard l'interpella d'un air abasourdi.

- Oi marimo qu'est-ce que tu fiches ?!

- Trouvez un moyen de vous tirer de cette île, je m'occupe de ceux-là.

Une main sortit de nulle part et agrippa le fourreau de l'épéiste. D'une autre main Robin compressait sa blessure, elle fixait le bretteur de son regard déterminé. Malgré ce, il dégaina deux de ses sabres et ordonna à ses compagnons de fuir.

- Y'a pas moyen ! Hurla Nami qui se plaça aux côtés de l'obstiné.

La navigatrice fut rapidement rejointe par les trois autres.

- Ne penses pas me voler la vedette aussi facilement tête de gazon. Sur ce ton sarcastique, Sanji posa son pied en avant.

Zoro lui répondit par un sourire impitoyable.

- Vous êtes vraiment irrécupérables. Lança-t-il à ses camarades.

- Pas autant que toi. Répliqua la rousse.

Un clappement de mains vint interrompre la discussion.

- Merci pour ce spectacle misérablement pathétique. Décidemment, vous m'aurez bien fait rire.

Dans un souffle invisible, le commandant de l'escouade se rapprocha de ses adversaires.

- Après le divertissement, le repos. Eternel bien sûr. HAHAHA ! Un homme à la carrure imposante s'esclaffa bestialement. Sa masse musculaire ne l'empêcha pas de se faufiler derrière Nami. En une seconde à peine, il s'empara du bras de la jeune femme.

- Et si on s'amusait encore un peu ? ajouta-t-il en resserrant sa poigne.

- Enfoiré ! Tu vas voir de quel bois je me chauffe ! lui lança Sanji en arrachant sa mellorine des bras de la brute.

Chopper se posta près du cuisinier, bien décidé à combattre cet ennemi pervers.

De son côté, Robin faisait face à Kurea. Les mains croisées devant sa poitrine, elle hésitait à lui porter un coup. Cette trahison, ce coup de poignard, elle ne voulait pas y croire. La vieille craquela cet espoir en ouvrant la bouche.

- Tu as encore la force de te relever ? Je t'en félicite. Malheureusement pour toi, j'en ai assez de voir ta sale tête de pirate. Je me demande moi-même comment j'ai fait pour te supporter tout ce temps.

L'archéologue ne répondit pas. La seule question qui lui parvenait à l'esprit était : pourquoi ? Kurea profita de son silence pour en rajouter une couche.

- Quelle ironie. Toi qui avais perdu la confiance de ton équipage, te voilà toi-même trahie par celle à qui tu te confiais ouvertement. La vie ne te gâte vraiment pas. Un an que j'attendais cet instant. Un an que je me retenais de te tuer, Nico Robin.

Zoro qui se tenait à quelques mètres de là entendit cette dernière réflexion. Dans un excès de colère il s'apprêtait à intervenir, mais le bras de la navigatrice l'arrêta dans son élan.

- Nami, laisses moi passer.

- C'est bon arrêtes de t'inquiéter. Je reste avec elle. De toute manière, tu as déjà un adversaire à ta taille, alors ne t'éreintes pas à vouloir protéger tout le monde.

Le bretteur réprima un soupir. Elle avait raison. Et le dit adversaire n'allait pas éternellement l'attendre.

Il jeta un dernier coup d'œil en direction des trois femmes avant de se retourner vers le commandant. Adossé à un arbre, ce dernier faisait tournoyer un moulin en papier entre ses doigts. D'une pichenette, il fit valser le moulin dans les airs.

- C'est bon ? Tu as fini tes adieux ? dit-il mollement.

- Attends que je t'enlève cet air insouciant.

Sabres en mains, Zoro se jeta sur l'insolent. Mais, encore une fois, il fut stoppé dans sa course. Face à ce nouvel affront, le bretteur bouillonna de l'intérieur. Un samouraï se tenait entre les deux combattants. Il avait sauté de l'arbre sur lequel il perchait pour parer la lame du pirate. Un tintement de sabres résonna froidement entre les deux hommes. Le samouraï fit grincer ses dents sur la pipe qu'il maintenait en bouche. Lorsque la fumée qui s'en échappait frôla les cheveux de Zoro, ils s'écartèrent d'un bond.

Aussitôt, l'homme à pipe s'élança en direction du bretteur à une vitesse fulgurante. Ce dernier esquiva de justesse tout en se faufilant derrière l'ennemi.

- Nitoryuu Flash !

Le Wadô Ichimonji et le Sandai Kitetsu s'abattirent sur leur cible en y dessinant deux lignes horizontales. Le commandant des marines en profita pour lancer une attaque surprise vers le bretteur.

- Kama-fû… A peine souffla-t-il ces mots qu'un souffle tranchant déferla vers Zoro.

Sachant qu'il n'aurait pas le temps d'esquiver, l'épéiste positionna ses sabres en croix afin d'encaisser le coup. Mais l'attaque dévia de sa trajectoire en passant à un cheveu du bretteur.

Il releva la tête vers son adversaire qui pointait le doigt vers le bas de la colline.

- Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda ce dernier d'un air hébété.

Un nuage de poussière se déplaçait à toute vitesse dans leur direction. Une voix enjouée s'en échappait.

- Niku, niku, niku ! Alors où es-tu ?! Aaah ! Cet enfoiré m'aurait menti ?! Il n'y a pas de VIANDE ici ! Un jeune homme surplombé d'un chapeau de paille venait d'apparaître en face d'eux.

- L..Luffy ?! Hurla l'épéiste aux cheveux verts. Zoro manqua de s'étouffer en voyant son ancien capitaine.

- Oh, Zoro ? Aah je vois, toi aussi tu es venu découvrir cette soi-disant île à viande ? Je crois bien qu'on nous a roulés sur ce coup.

- Qu'est-ce que tu marmonnes idiot !? Tu vois bien que ce n'est pas le moment !

- Ouais t'as vu comment le temps est pou-

Pas le temps de finir sa phrase. Le pirate au chapeau de paille dû esquiver une attaque qui lui arrivait dans le dos. Le commandant ennemi l'accueillit à sa manière.

- Mugiwara no Luffy, ça a été un jeu d'enfant de t'attirer ici.

- Oi ! Ça n'se fait pas d'attaquer quelqu'un qui parle. Luffy examina son interlocuteur avant de se rendre compte d'un détail. - Hm…Attends cette uniforme, je l'ai déjà vu quelque part…

Par dépit, Zoro se fourra la tête dans une main. La bêtise de son capitaine ne le surprenait plus, elle l'exaspérait. Dans un éclair de lucidité il se rappela enfin.

- La marine ! Je m'en souviens maintenant. Zoro fais gaffe c'est la marine !

- C'est c'que j'essaie de te dire depuis tout à l'heure !

- Désolé Zoro mais ce gars-là m'a mis en rogne. Je vais devoir lui botter le cul.

Le bretteur lui laissa volontiers le commandant avant de se retourner vers le samouraï à la pipe.

- Eh toi ! C'est quoi ton nom ? demanda Luffy au gringalet qui se tenait devant lui.

- Zakon Hiroshi, commandant de cette pêche aux pirates. Connaître mon nom ne te sera d'aucune d'utilité, puisque tu finiras aspiré.

Non loin de là, deux grands gaillards cherchaient leur chemin.

- C'est suUper agaçant. Il est passé où l'captain ?

- Yohoho, ouvrons grands nos yeux… Bien que je n'ai pas d'yeux pour voir. Skuuuuljoke !

Un squelette géant et un cyborg à slip apparurent dans la noirceur de ce jour.


Ah qu'ça fait plaisir de revoir ces trois têtes brûlées. Ça m'a vraiment plu d'intégrer Luffy dans ce chapitre, je m'imaginais la scène en riant bêtement (chose effrayante quand on tombe sur une folle qui rit toute seule, mais j'assume ! Pleinement !).

A suivre. Baston, baston, ba... bon d'accord je me répète mais il faut bien que l'histoire avance pardi ! Bon, et si je vous disais, honneur ? Et samouraï ? Et...baston ? (désolée, c'était plus fort que moi).