Bonjour à toutes et à tous !

Je suis enfin de retour, désolée à tous ceux qui ont attendu la suite et qui ont été déçus de ne pas la lire comme prévu. C'est dur à tenir le rythme quand on est accaparée par le boulot, mais bon j'arrête les blablas et vous laisse profiter de ce nouveau chapitre.

Pour les comm's n'hésitez pas. J'ai conscience d'avoir des progrès à faire, donc sachez que vos avis me sont d'une aide précieuse !

Au passage je fais de la pub pour mon oneshot :p Estampe de rêve

Bonne lecture, biz.

MAJ. le 03/05/17

Comme vous le savez, les persos et l'histoire viennent d'Oda /o\


CHAPITRE XI. Outre-monde

Ses yeux perçants les observaient de haut. Son manteau, déchiré par endroit, avait fait les frais du temps. Ce n'était pas la seule chose à avoir été touchée par l'usure. Aokiji lui-même semblait vieilli de plusieurs années. Sa barbe de trois jours et son accoutrement lui donnaient un air négligé de vagabond. Il arborait un large et étrange sourire en direction des deux pirates. Dans sa main droite, une bouteille de saké peinait à garder les quelques gouttes qui lui restaient. L'ancien vice-amiral de la marine, le fameux faisan bleu était tout simplement méconnaissable. Après quelques minutes à examiner Zoro et Robin, il finit par parler.

- C'est à moi de vous demander ce que vous faites ici.

Aokiji ne se détacha pas de son sourire et lorgna les deux d'un regard amusé, comme s'il venait de braver un interdit.

- Vous deux ? Ensemble ?...ce n'est que ma première bouteille pourtant.

Robin fronça des sourcils face aux paroles incohérentes de l'homme. Elle scruta son visage. Il ne semblait pas mentir. L'archéologue eut le sentiment que quelque chose lui échappait.

- Je ne vois rien d'anormal là-dedans, répliqua-t-elle.

- Laisse tomber Robin, ce mec est complètement saoul, lança Zoro.

Aokiji éclata de rire en entendant ces mots. « Saoul » ? Lui ?

- Vous vous fichez de moi c'est ça ?, insista-t-il, plus interloqué que jamais.

Les deux pirates s'interrogèrent du regard. Le vice-amiral qu'ils connaissaient savait pertinemment qu'ils étaient compagnons. Alors pourquoi une telle réaction ? Robin songea au monde parallèle qu'elle avait mentionné plus tôt. « Ça expliquerait tout… », Pensa-t-elle. Mais avant de pouvoir dire quoique ce soit, Aokiji reprit de plus belle.

- Qu'est-ce que vous manigancez ? D'où est-ce que vous venez comme ça ?

- Mêles-toi de tes affaires, répliqua le bretteur d'un ton cinglant.

- Oh ? Est-ce queKuina serait de cet avis en te voyant en si charmante compagnie ? Le brima-t-il.

La réaction de l'épéiste ne se fit pas attendre. Il dégaina rapidement le Shusui et le pointa vers l'impertinent qui avait osé prononcer le nom de Kuina. D'un ton limpide et froid, il mit ce dernier en garde.

- Oses encore prononcer son nom, et je te jure que je te ferai ravaler ta langue.

L'air crispait sous la tension. Les deux hommes se défièrent du regard, sans bouger d'un poil. Robin qui les observait silencieusement, attarda son attention sur Zoro. Il perdait rarement son calme, encore moins devant ses compagnons. Cette fois, son masque d'assurance tomba pour laisser place à une expression révoltée, haineuse.

Ce qui ne manqua pas d'interloquer l'archéologue. Le bretteur arrogant qu'il était, faisait preuve de faiblesse à la simple mention d'un prénom… Inédit.

Un long silence coula entre les deux hommes. Zoro fusillait le vice-amiral du regard tandis que ce dernier affichait un air encore plus amusé qu'avant.

- Du calme, du calme. Je ne lui dirai rien. Et puis de toute manière, elle ne me croirait jamais.

Les mots d'Aokiji n'arrangèrent pas la situation. Le bretteur y vit une seconde provocation. Son visage se crispa sous l'effet de la colère.

Voyant l'expression menaçante que son nakama prenait, Robin s'interposait entre eux deux.

Elle avisa l'épéiste d'un regard rassurant, puis ajouta :

- Zoro, il ne ment pas, insista-t-elle.

Il serra légèrement des dents, puis, d'un geste lent, finit par rengainer sa lame. Aokiji, n'en fut pas moins indifférent. Il venait d'assister à une scène qui piqua davantage sa curiosité. Encore une fois, il s'esclaffa à gorge déployée.

- Fioou, si je n'étais pas sûr d'être éveillé, je croirais vivre un cauchemar. Franchement, c'est un canular c'est ça ?

Zoro sentait la tension lui remonter dans les doigts. Encore un mot et il le tuait. Ça, Robin l'avait compris. Elle prit les devants en s'adressant à l'ancien marine. L'historienne qu'elle était ne pouvait pas laisser la situation tourner au drame, surtout si ce fou d'Aokiji pouvait répondre aux questions qui lui martelaient l'esprit.

- C'est loin d'être un canular. Je dirais même que c'est pire que ça. -D'un éclair d'ingéniosité, elle sortit le mensonge le plus improbable qui soit- Nous avons perdu la mémoire, lâcha-t-elle naturellement.

Dans l'art de la tromperie, Robin savait s'y faire. Elle n'allait pas lui confier leurs dernières péripéties, pas avant d'avoir eu ce qu'elle voulait.

Pendant un instant, Aokiji crut en une nouvelle escroquerie. Mais l'air sincère que prenait la jeune femme le ravisa.

- Qu'est-ce que tu racontes ? Vous m'avez pourtant reconnu en me voyant.

- C'est vrai. Et c'est bien l'une des seules choses dont on se souvienne.

- Eh bien, on ne peut pas dire que vous avez de la chance, se moqua-t-il avant de reprendre. Te connaissant Nico Robin, tu attends quelque chose de moi c'est ça.

- Tu as vu juste.

- Et qu'est-ce que tu veux savoir au juste ?

- Tout ce qu'i savoir sur nous.

- Qu'est-ce que j'ai à gagner là-dedans ?

- Notre reconnaissance, lâcha-t-elle d'un air presque angélique.

Aokiji ne répondit pas. Il se contenta de les observer encore une fois, réfléchissant à la proposition farfelue qu'elle venait de lui faire. Il afficha à nouveau un sourire, et acquiesça.

- Hmpf, Ça risque d'être long, souffla-t-il.

- Ce n'est pas un problème.

L'homme de glace ne prononça plus un mot. Il jaugea à nouveau les deux pirates d'un regard perplexe, avant de s'asseoir dans l'herbe. Il prit une gorgée de sa bouteille de saké.

- La prochaine fois que je vous vois, vous avez intérêt à me payer un verre, lâcha-t-il en leur faisant signe de s'asseoir.

Zoro grimaça. L'idée d'écouter cet homme bavasser l'énervait. Mais avait-il seulement le choix…Cette histoire avec Kuina ne tournait pas rond, et s'il voulait en savoir plus, il allait devoir s'y coller.

- Bon, je vais faire simple. Vous deux, ensemble, c'est inconcevable.

- Oui, ça on avait compris…grogna le bretteur.

- C'est vrai tu nous l'as déjà dit mais expliques-nous pourquoi, ajouta Robin.

- J'y viens justement. Le démon de l'ombre et la fine lame du diable, ces noms vous disent quelque chose ?

- Rien du tout, s'exprimèrent les deux pirates en chœur.

Pour la énième fois, Aokiji s'esclaffa dans une série d'éclats de rire. Ce qui agaça sérieusement le bretteur qui songea de plus en plus à lui foutre une bonne raclée. Mais bientôt cette envie disparut. Le regard de l'amiral venait de gravement se figer.

- Ces surnoms, ce sont les vôtres. Nico Robin ou plutôt, « le démon de l'ombre ». Tu agis sous la botte du Gouvernement, une tueuse née à ce qu'il paraît.

Robin ne sembla pas surprise. D'un hochement de tête, elle invita Aokiji à continuer. Pour une fois depuis le début de cette conversation, Zoro le prit au sérieux et tendit attentivement l'oreille.

- Et toi, la fine lame du diable, tu es connu pour être le plus grand sabreur du Continent.

- Rien que ça ? Lança le concerné, prétentieux comme à son habitude.

- Tu n'as pas oublié ton arrogance à ce que je vois. Et dire, que la petite est obligée de te supporter…

Aokiji souffla de dépit et se consola avec une bonne gorgée de saké. Zoro quant à lui, se repassait ces dernières paroles en tête. Est-ce qu'il parlait de Kuina ?

- Tu n'as pas expliqué pourquoi on est censés être ennemis.

La voix de Robin l'extirpa de ses pensées. Aokiji revint aussi à lui.

- Aaah…oui. Eh bien, à vrai dire, vous vous détestez. Parce que l'un fait partie du camp adverse de l'autre. C'est aussi simple que ça. Le Gouvernement domine tout le Continent, mais s'il y a bien une personne qui ne plie pas l'échine face à lui, c'est toi, fine lame.

- ça ne change pas de d'habitude. Par contre, ça ne va pas passer inaperçu si on nous voit ensemble, lâcha-t-il en croisant des bras.

- Je ne te le fais pas dire… Vous avez intérêt à vous faire discret si vous vous ne voulez pas foutre la pagaille. Surtout toi l'bretteur.

Zoro leva un sourcil interrogateur à l'adresse d'Aokiji.

- Ah oui, t'as dû l'oublier ça aussi… Tu vis au nord de cette région, dans le dernier dojo du Continent. Tu vas surement t'y rendre mais je te préviens, si tu y vas avec cette femme, tu signes ton arrêt de mort.

- A ce point-là ? S'étonna Robin.

- Et encore, je pèse mes mots. La fille avec qui tu tiens ce dojo, c'est elle qui risque de te tuer.

- De quelle fille tu parles ?

Zoro savait qu'il n'avait pas besoin de la poser, cette question. Il avait la réponse depuis un bon moment déjà.

- De Kuina, une demoiselle au caractère bien trempé. Mais ça tu le verras par toi-même.

Le bretteur sentait ses mains trembloter. Etait-ce seulement possible… Le visage de son amie lui revint en tête, il tenta vainement de l'effacer prétendant qu'il s'agissait d'un mensonge, d'un rêve… Mais l'espoir qu'Aokiji venait de lui donner s'ancra davantage.

- Ala ala… j'aurais aimé voir ça, mais chacun trace sa route et c'est ici que nos chemins se séparent.

Frustrée de ne pas en savoir plus, Robin lui demanda de continuer. Mais il refusa. D'un air las, le grand bonhomme se remit sur pieds, prêt à reprendre sa route. Il avait toujours ce sourire qu'il avait affiché durant toute la conversation. L'archéologue s'en accommoda et le remercia malgré tout.

L'ancien vice-amiral se détourna des deux pirates, balançant mollement sa main au-dessus de sa tête, et trimballant sa bouteille vide dans l'autre. Il se retourna un instant et les rappela :

- Vous me devez un verre !, avant de repartir.

Peu à peu, sa silhouette s'enfonça dans l'épaisse végétation, jusqu'à disparaître.

Robin se retourna vers son compagnon de route qui affichait maintenant une expression déterminée. La lueur dans son regard, fit comprendre à l'historienne, que plus rien ne risquait de les freiner. Du moins, jusqu'à ce qu'ils atteignent le fameux dojo…


A suivre. Des rires, des souvenirs, et des confidences... A la prochaine !