Alya Césaire n'aimait pas vraiment les hôpitaux. Depuis toute petite, elle répugnait ces maisons de santé et les barbares qui les habitaient, affublés de leurs blouses blanches fraichement lavées. Quand il était l'heure, à l'école, de procéder aux annuels contrôles de l'infirmière scolaire, elle faisait son possible pour l'éviter.

Sa peur avait été renforcé lorsque son père avait été blessé par balles lors d'une soirée d'hiver, et qu'elle avait passé les heures les plus sombres de sa vie enfermée entre ces quatre murs blafards. Lorsque son paternel s'en était allé, elle s'était promis de ne jamais remettre les pieds dans un hôpital. Et tant pis si elle accouchait à la maison. Et tant pis si elle agonisait toute seule sur son parquet. Et tant pis si les choses venaient à empirer, comme elles avaient l'habitude de le faire.

Alya n'aimait vraiment pas les hôpitaux, elle en avait terriblement peur. Et malgré la promesse qu'elle s'était faite, bien des années avant, elle y revenait chaque semaine, avec quelques viennoiseries et un bouquet coloré.

Parce que là, il ne s'agissait plus d'elle, et elle s'était forcée à mettre son angoisse de côté. Celle-ci qui se trouvait sur le lit livide était sa meilleure amie, sa douce Marinette, et jamais elle n'aurait pu se résoudre à la laisser souffrir, seule dans son coin.

Chaque samedi, elle venait, et souriait à s'en faire mal aux mâchoires, craignant un jour de ne plus voir personne dans le lit et de se dire que tout était finalement fini. Elle ne le supporterait pas. Pas une deuxième fois.

Armée de son bouquet de perce-neige, et d'un sachet de croissants, elle remonta fébrilement les couloirs de la résidence adjointe à l'hôpital, mentalement rassurée de ne pas croiser trop de blouses blanches, et compta les portes.

372, 373, et ah ! 374 !

Elle toqua doucement à la porte, et n'attendit même pas le consentement de son amie pour pénétrer dans la pièce.

« Mariiii ! Je suis là ! » chantonna-t-elle avec sa fougue habituelle avant de s'interrompre devant la pâleur de la jeune femme.

La pauvre fille était assise dans son lit, droite comme un i, le teint cireux, les yeux vitreux.

« Mon dieu, ma chérie, tu as une mine affreuse ! Tout va bien ? »

Marinette tourna lentement la tête vers elle, la remarquant enfin. Son visage tiré s'illumina lentement en un grand sourire réjoui.

« Alya ! Oui, oui, ne t'en fais pas ! J'ai juste passé une mauvaise nuit ! »

La métisse plissa les yeux, soucieuse, mais le sourire de son amie effaça tout soupçon. Au lieu de répliquer quelque chose, elle lui tendit le sachet de croissant, et s'affaira à retirer l'ancien bouquet – un de jolie tulipe – pour y mettre le nouveau.

« Alors, quoi de neuf ? » demanda Marinette avec un léger sourire. « Comment était cette soirée avec le garçon dont tu n'arrêtes pas de me parler depuis deux mois ? »

Alya se retourna vers son amie, et s'installa à ses côtés sur le lit, tout en expliquant en long, en large, et en travers la façon dont elle avait flirté avec le nouvel élu de son cœur. Marinette éclata de rire, de bon cœur, tout en levant les yeux au ciel.

Puis la discussion dériva. Comme à chaque fois que la journaliste venait, elles parlaient de tout et de rien, s'évadaient un instant et élaboraient des plans pour que la malade puisse quitter en douce l'établissement. Utopique, bien entendu. Mais discuter comme si de rien n'était et faire comme au bon vieux temps réchauffait lentement le cœur meurtri de Marinette.

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« Tu ne devineras jamais qui j'ai croisé hier… » commença Marinette. « Adrien Agreste ! »

Alya se tut, et darda son regard acéré dans celui de sa meilleure amie.

« Ah bon ?… Maintenant que tu le dis, il me semble qu'il est devenu chirurgien après le collègue ! Mais je ne savais pas qu'il travaillait dans cet hôpital, en tout cas ! »

La bleutée pouffa de rire, se plongeant dans ses souvenirs pour essayer de se rappeler si elle l'avait déjà aperçue avant la veille.

« Je crois que je ne l'avais jamais vu ici avant non plus. Je lui demanderai la prochaine fois que je le croiserai ! »

Alya hocha la tête, pensive, avant que son visage s'éclaire d'un sourire taquin.

« Et alors ? »

« Alors quoi ? »

« Eh bien, Adrien ! Comment se sont passés vos retrouvailles ? »

Marinette eut un sourire amer, baissant imperceptiblement les yeux.

« Comme quand tu retrouves une amie du lycée dix ans après et que tu te rends compte qu'elle a un cancer, je suppose ? »

La métisse sursauta, avant de se mordre nerveusement les lèvres. Elle se sentait idiote d'avoir posé cette question. Vraiment idiote.

« Désolée, je n'avais pas réfléchi… » dit-elle précipitamment, et Marinette pouffa légèrement de rire. C'était déjà tout oublié.

Et puis, elles repartirent dans une discussion animée, prenant bien garde de laisser le sujet Adrien loin d'elles.

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Adrien arriva ce matin-là avec une gueule de bois immense. Pas vraiment fier de ses déboires de la veille, il s'enfila quatre cafés en espérant se secouer un peu. Et puis, il rajouta à son petit cocktail dopant un nombre incalculable d'analgésique pour espérer faire disparaitre la migraine qui le lançait depuis qu'il avait ouvert les yeux.

Un simple coup d'œil à son portable lui apprit que Nino était dans la même situation que lui. Il étouffa un éclat de rire, et bailla dans sa manche, avant de checker ses rendez-vous de la matinée. Heureusement, le samedi était une journée plutôt calme, et il n'avait que des réunions de mise au point.

Parfait. Il se voyait mal opérer un patient avec le litre de café et de Co-Dafalgan qu'il avait dans le sang.

Il esquissa un léger sourire, répondant en passant au texto de Nino, lui intimant de rester au lit tant qu'il continuait à cracher le contenu de son estomac. Puis, un autre soupir. Un énième, comme s'il ne savait faire que ça.

Nerveusement, il passa une main sur sa nuque, et chercha à tâtons dans une des poches de sa blouse le petit cylindre blanc qui lui ferait oublier ses angoisses. Victorieux, il dégaina la clope, et courut se trouver une fenêtre, l'allumant précipitamment.

Lorsqu'il tira une première taffe libératrice, il entendit un petit rire derrière lui, et se retourna lentement.

« Fumer tue. » dit simplement Marinette, avec un léger sourire tout en s'approchant doucement de lui.

Le cœur du blond rata un battement, et il dut se rattraper à l'embrasure de la fenêtre pour ne pas trébucher. Puis, comme si de rien n'était, il se reprit et se tourna vers l'extérieur pour tirer une autre bouffée.

« On finit tous par mourir. » dit-il alors, tout en recrachant la fumée âcre qui lui brulait les poumons.


Tu es stupide, Adrien. Mais on t'aime quand même.

Bon, j'avoue, pas grand chose dans ce chapitre, mais Alya est cute, et elle sera celle qui va pousser Mari vers Adrien, alors elle est importante. Et puis, je voulais montrer que leurs liens d'amitié étaient plus fort que tout, même de la peur d'Alya !

Bref ! Prochain chapitre, enfin de vrais interactions entre Marinette et Adrien ! Les choses vont chauffer !

Sinon, j'attend avec impatience vos pronostics sur la suite de l'historie, sur la mystérieuse maladie de Mari, héhé !

A bientôt !


Merci à tous pour vos reviews ! J'espère que la suite vous plaira tout autant !

RAR :

Miss Homme Enceinte 2 : Héhé, le secret de Tikki et la maladie de Marinette sont intimement lié ! Tu verras !

Oui, pauvre Adrien, je le maltraite vraiment dans cette histoire, mais si tu veux, tu as le droit de lui faire un câlin ! xD

Merci de ta review ! J'espère que la suite te plaira ! A bientôt !

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Crazy Av : Sel ? Drama ? Ce sont mes deuxièmes et troisièmes noms. 8) Mouahahahaha !

Merci de ta review ! J'espère que la suite te plaira ! A bientôt !

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Lia9749 : Ahahaha pas de soucis ! Merci pour le compliment, et contente que l'histoire te plaise ! A bientôt !

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l'oreille-des-mures : héhéhé c'est le but ! J'espère que la suite te plaira, du coup ! Merci pour ta review et les compliments et à bientôt !