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Alors le brasier qui couvait depuis si longtemps explosa. Monica lui rendit son baiser comme si sa vie en dépendait. Et sans doute était-ce en partie le cas. Dana l'accueillit totalement et avec la même passion. Leurs lèvres se caressèrent, leurs langues se découvrirent, leurs mains animées d'une vie propre eurent tôt fait de les débarrasser de leurs habits, dernières barrières à les séparer, pour qu'enfin leurs peaux se touchent. Pour qu'enfin leurs mains enfiévrées parcourent ces territoires tant de fois imaginés. Pour enfin sentir l'autre, à nue, dans sa totalité. C'était si fort, attendu, espéré, rêvé depuis si longtemps que ces caresses seules suffirent à les faire jouir une première fois.

Haletantes, elles reprirent leur souffle dans les yeux l'une de l'autre. Elles n'éprouvèrent pas le besoin de se parler, cet échange leur suffit à tout se dire, avec plus de force même qu'avec des mots. Puis elles s'embrassèrent, avec moins d'urgence mais tout autant de plaisir, d'un baiser lent et profond, d'un baiser pour se découvrir, échanger, promettre. Langoureusement, elles se firent l'amour avec leurs bouches, alternant les baisers légers, déposés sur le bord des lèvres, ceux plus passionnés, où les langues se caressent, les furieux, faits de morsures et de gémissements… Elles se nourrissaient l'une de l'autre, de leurs goûts, de leur chaleur, de leur douceur. Et si cela n'avait pas été leur première nuit, si leur amour n'avait pas encore eu tant besoin d'être montré et assuré, elles auraient pu se contenter d'une telle tendresse.

Mais leur désir s'amplifiait à chaque échange. N'y tenant plus, Monica laissa glisser une main sur le corps velouté de Dana. Plus bas, là où la chair accueille dans une humidité brûlante. Quand ses doigts pénétrèrent en Dana, Monica l'embrassa. « Je t'aime, » murmura-t-elle et elle sentit les murs intérieurs de Dana l'enserrer plus étroitement. Elle continua à bouger en elle tandis que sa bouche descendait en un sillon de feu vers ses seins qu'elle goûta l'un après l'autre. « Je t'aime, » murmura-t-elle encore. Puis, continuant son lent chemin des délices, elle lui caressa le ventre de son souffle en lui murmurant à nouveau : « Je t'aime. » A chaque déclaration, Dana se sentait partir un peu plus et un peu plus haut. Finalement, ses longs doigts la caressant avec toujours plus de force au plus profond d'elle-même, encore et encore, Monica se nicha entre ses cuisses et murmura une ultime fois : « Je t'aime. » avant de la déguster. Dana explosa en un cri : « Monica ! » et son orgasme la balaya dans une telle totalité, vague après vague après vague, qu'elle en perdit toute conscience.

Elle émergea quelques minutes après, ou peut-être plus. Monica la regardait, un petit sourire taquin aux lèvres. « Alors, heureuse ? » roucoula-t-elle d'une voix moqueuse. Dana éclata de rire avant de se mettre à califourchon sur la brune. Elle la mordit sauvagement au cou, ce qui traversa le corps de Monica comme une décharge, et lui dit d'une voix rendue rauque par le plaisir : « Attends un peu toi, que je me venge. » Et elle recommença à la mordiller. Monica ne put répondre, tant cette Dana-là l'excitait. Elle voulut la caresser à son tour. « Non non, interdiction de toucher, c'est mon tour… » Elle lui saisit les mains et lui fit attraper les barreaux de la tête de lit. « Elles restent là et n'en bougent plus… Ou faut-il que je les attache ? » En réponse au besoin intense provoqué par ces paroles, le corps de Monica se tendit d'impatience et elle sentit une humidité notable s'échapper d'elle. Dios, jamais personne ne lui avait fait un tel effet avec juste quelques mots.

Maintenant qu'elle s'était assurée d'avoir le champ libre, Dana prit tout son temps pour admirer le corps allongé sous elle. Elle caressa Monica du regard pendant de longues minutes. « Oh, mon Dieu, comme tu es magnifique à l'extérieur aussi… murmura-t-elle, les yeux dans les siens. Je t'aime, ajouta-t-elle, avec des larmes dans la voix tant l'émotion la submergeait. La brune eut le souffle coupé de l'effet que lui faisait la rousse sans même la toucher. Quand celle-ci se décida enfin à lui effleurer la joue, elle se demanda si elle n'allait pas se consumer dans l'instant et gémit sous le supplice de l'expectative. Mais libérée de tout ce qui l'entravait jusqu'alors, toutes ses peurs, tous les interdits, Dana se découvrait un appétit féroce et elle comptait bien profiter de cet instant aussi longtemps que possible.

Elle retourna donc là où elle en était restée, sur la gorge de son aimée, et se délecta de sentir le sang battre sous sa bouche et les gémissements de plaisir de Monica faire vibrer la chair qu'elle savourait. Elle se dirigea ensuite lentement, très lentement vers ses seins, appréciant la chair offerte en chemin. Elle se saisit d'un mamelon et le dévora comme on embrasse. Sa bouche le suçait, sa langue l'enveloppait, ses dents le mordaient presque jusqu'à la douleur. Elle le sentit gonfler et se durcir et l'abandonna pour mieux en faire de même du second. Le corps de Monica se tordait sous le sien, cherchant et fuyant l'exquise torture appliquée par la bouche de son amante. Mais Dana voulait plus, elle voulait la sentir vraiment contre elle, presque en elle.

Elle passa l'une de ses jambes entre celles de Monica et crut défaillir de plaisir en sentant sa chaleur rencontrer la sienne. Elle regarda alors cette femme magnifique qui la transformait en un être affamé de jouissance qu'elle ne reconnaissait pas. Elle rencontra ses yeux, obscurcis par une envie violente et qui ne pouvaient se détacher d'elle. Elle commença à se caresser les seins. « J'imagine que ce sont tes mains qui me caressent, Monica. Qui font de moi ce qu'elles veulent. Qui me rendent folle de désir au point que j'en oublie mon nom… » Agrippées à la tête de lit, les jointures de Monica étaient blanches tant elle luttait pour ne pas se saisir de Dana à l'instant, la renverser et la prendre sauvagement. Elle perdit pied, la lutte était par trop inégale, elle avait l'impression de regarder une déesse au fait de sa puissance lui faire l'amour. La taille cambrée, les seins dressés, le visage encadré par sa chevelure de feu, la bouche entrouverte par l'extase… Dana était au-delà des mots. La jouissance la frappa avec une puissance surhumaine. Elle hurla son nom. Son corps se tendit à se rompre. Sa vue s'obscurcit. Elle resta suspendue au fait du plaisir si longtemps que le manque d'oxygène la fit suffoquer. Elle retomba sans voix, sans force, sans même la capacité d'ouvrir les yeux. Elle sentit Dana lui détacher les mains, la nicher contre elle et lui couvrir le visage de baisers doux et légers comme des caresses mais il lui fallut plusieurs minutes avant de reprendre réellement conscience.

Quand elle ouvrit les yeux, Dana la regardait avec tout l'amour qu'elle avait jamais espéré y voir :

« Tu m'apportes tant. Tu es toujours là pour moi, tu me soutiens, me comprends sans un mot, ne me juge jamais. Tu es chaleureuse, souriante, ouverte, aimante, magnifique… Et moi, qu'est-ce que je peux bien t'apporter ?

- Tu es mon ici et mon ailleurs, mon aujourd'hui et mon demain, ma déesse et ma réalité, mon amour. »