tout d'abord, désolé pour le temps d'attente, mais avec les fêtes les journées sont assez chargées. Je tenais néanmoins à poster un chapitre avant le nouvel an. Sachant mes lagunes en orthographe, je fais de mon mieux pour me corriger et améliorer ma façon d'écrire. Je suis ravie de lire vos reviews qui me comble à chaque fois. Merci à celle qui me conseille et m'oriente pour m'aider.
xAneurysm merci pour ton attention et tes précieux conseilles, j'espère que l'évolution des personnages te plairont ainsi que les différences par rapport à la série.
audrey20032011 merci de ta lecture, j'espère ne pas te décevoir avec la suite.
MissPeggy toujours au rendez-vous, rien ne peut me faire plus plaisir, hâte de voir ta réaction pour les prochains chapitres.
enfin merci à tous ainsi qu'à celles qui m'ont ajouté en favoris, j'en suis très touchée. Bon allez, je vous souhaite un très bon réveillon et une bonne nouvelle année, remplie de the walking dead bien sur, et je vous abandonne à votre lecture.
Chapitre 9 :
L'épuisement habitait tout mon corps, je n'avais pas le souvenir d'avoir été un jour dans cet état là. Une fatigue physique et surtout psychique m'envahissait. Pourtant, ce jour là personne ne pensa à aller dormir.
Lorsque nous étions ressortis du cabinet médical, l'horreur de nos rues nous sauta au visage, du sang baignait le sol, des corps putréfiés recouvraient les trottoirs et les routes. Le calme était revenu, plus un bruit se faisait entendre, « le calme après la tempête » ne puis-je m'empêcher de penser.
Nous étions conscients que nous devions avancer, nous devions trouver la force au fond de nous, pour rebâtir ce qui avait été détruit. Les dégâts étaient nombreux, les victimes aussi. Mes yeux avaient du mal à se détourer de ce carnage. Nous le savions, nous devions reconstruire Alexandria, renforcer nos murs et continuer à nous battre. La journée allait être une des plus dures et des plus éprouvantes que je n'avais jamais vécues, mais j'étais prête à surmonter tout ça.
A mon grand étonnement, les choses se mirent en place assez naturellement, malgré le chaos environnant. Un groupe d'hommes, comprenant notamment Tobyn et Heith... s'occupa de réparer les parois du murs, c'était certainement le point le plus important dans l'immédiat si nous voulions éviter une deuxième invasion de rôdeurs.
Beaucoup d'entre nous, s'occupèrent des corps immobiles, souvent en décomposition, qui entravaient nos chemins. Parmi eux, des personnes que nous connaissions, des membres de notre communauté, malgré la douleur qui imprégnait mes bras, mes jambes et mon cœur, je ne détournai pas le regard, m'obligeant à regarder et me confronter à la réalité. L'odeur qui envahissait mes narines n'était en rien alléchante, mélange de reste de fumée et de morts. Nous ramassions les restes de ce qui avait un jour été des êtres vivants, des hommes. Pour la plupart, nous les brûlâmes mais pour ceux qui un jour avaient fait partie de nos vies, nous les enterrâmes. Je souhaitais réellement rester forte, faisant mon possible pour ne pas laisser apparaître ma tristesse, à certains moments de la journée, je ne pus empêcher une larme de couler le long de mes joues. Des larmes de tristesse, d'horreur, d'effroi devant cette catastrophe. Mais une partie de moi restait confiante, je voulais croire en un meilleur avenir, je devais garder cet espoir en moi, je pensais à Juddith, à Carl, à Maggie et son bébé... Quel avenir avions-nous à leur offrir ?
En une journée, une nuit, les gens d'Alexandria avaient réalisé la dureté du monde actuel, j'avais aperçu lors de notre bataille contre les rôdeurs, une hargne dans chacun d'eux, une envie de combattre pour vivre, mais aussi pour rester uni. Cette nuit, ils se bâtèrent pour eux mais aussi pour les autres. Ils se bâtèrent pour garder ce qu'ils avaient. Ils avaient enfin compris ce que nous leur avions expliqué, ils avaient compris qu'ils n'avaient plus le choix, que faire l'autruche n'était plus dans les options. Maintenant, ils devaient se redresser et avancer. Notre avenir dépendait de nous. C'était ça la réalité.
Malgré la fatigue que nous ressentions, nous étions tous motivé à remettre Alexandria sur pied. Nous faisions de notre mieux, nous interdisant de nous laisser aller à notre peine, ou de fondre sous le poids de l'épuisement. Je m'arrêtais parfois pour aller rendre visite à Carl, pour prendre de ses nouvelles. Rick m'avait serré dans ses bras, soulagé de me voir en vie.
-Beth ! Me prit-il dans une étreinte. Je lui souris gentiment, profitant pour l'observer, les traits fatigués, tirés par l'inquiétude. Ne sachant pas encore, comment les choses allaient se dérouler, cette nuit marquait un tournant dans Alexendria et il en était conscient, nous en étions tous conscients.
-Nous voulions partir à ta recherche ! M'annonça-t-il alors, se sentant un peu coupable devant son manque d'action. Des rôdeurs ont entouré le mur lorsque je suis revenu. Se justifia-t-il. Nous avons toute suite pensé à élaborer un plan lorsque nous avons remarqué ton absence. Nous avons eu peur ! Finit-il sincèrement.
-Tout va bien ! Le rassurais-je.
-Que t'est-il arrivé ? Me demanda-t-il, curieux.
-Les hommes qui sont venu, je n'ai pas été assez prudente et l'un d'eux m'a emmené. Mais tout s'est bien passé, je suis là.
-Ils t'ont fait du mal ? S'inquiéta-t-il.
-Tout va bien ! Répétais-je alors, ne voulant pas rentrer dans les détails en tout cas, pas tout de suite. Je n'avais pas envie de subir un interrogatoire, je ne voulais pas non plus que Rick se sentit obligé de s'intéresser à tout ça alors que son fils était dans un état critique. Ce n'était pas le moment, peut-être plus tard.
-Comment va Carl ? M'informais-je alors.
-Il dort encore, on en saura plus lorsqu'il se réveillera, il a perdu son œil. M'expliqua-t-il, je pouvais voir en lui, une certaine panique mais aussi un certain soulagement qui sans aucun doute s'agrandirait au réveil de son enfant. Car c'était sur que Carl s'en sortirait, il avait déjà subi tellement de choses, il était passé par tellement d'épreuves, mon cœur se déchira pour lui. Du haut de son jeune âge, jamais il n'aurait du être confronter à ces horreurs. Il avait été comme nous tous, balancé dans un monde d'épouvante, de peurs, de sang et de meurtres. Mais encore une fois, il se relèverait, il ne pouvait pas en être autrement.
-J'ai confiance en lui ! Souriais-je alors voulant le rassurer. Il va ressortir plus fort de tout ça. Rick ne pouvait pas perdre Carl, c'était une chose inimaginable, pour que notre leader soit toujours celui qu'il était, il avait besoin de son fils. L'inverse n'était pas envisageable.
-Allons prendre l'air avec elle ! Intervint alors Michonne, jusque là silencieuse et discrète comme toujours. Devant l'hésitation de Rick, elle ajouta.
-Il ne va pas s'en voler ! On en a besoin, tu en as besoin... 10 minutes et on revient. Précisa-t-elle, ne lui laissant pas vraiment le choix.
Nous sortîmes alors calmement, la porte s'ouvrit dévoilant la présence de plusieurs de nos amis. Tara, Abraham, Rosita, Eugène, Carole avec Juddith, Morgan, Maggie, Glenn, Enid, la pauvre avait l'air décomposée, Tobyn, Gabriel, Heith, Olivia, Aaron, Eric et Daryl assis contre la balustrade du porche, ils étaient tous là, attendant des nouvelles. J'aperçus tout de suite l'émotion sur le visage de Rick, touché certainement par le soutien des nôtres. Il laissa passer un petit sourire en signe de remerciement. Je remarquai directement l'air épuisé et livide sur chaque personne présente, nous étions tous touchés, tous éreintés par cette nouvelle épreuve mais surtout nous étions tous là pour nous soutenir mutuellement. Rick prit Juddith dans ses bras, lui murmurant quelques choses d'inaudible à l'oreille, la tournant ensuite faire tout le monde, tenant son dos contre son buste, de façon à ce qu'elle fut face aux autres. J'allai me mettre à côté de ma sœur, voyant son air fatigué, m'inquiétant un peu vu son état. En me déplaçant, je croisai le regard de Daryl, je lui souris légèrement, me voulant rassurante, il se contenta de pincer ses lèvres, il était couvert de saleté, de sang, de terre, je ne pus m'empêcher de me dire que j'étais certainement dans le même état.
-Beth, tu avais raison ! Me surprit alors Rick, prenant la parole face à tout le monde. Mes sourcils se froncèrent sous l'étonnement.
-J'ai douté de certains d'entre vous ! Commença-t-il alors, fixant les habitants d'Alexandria. J'avais tord, je vous ai vu battant, assurant votre survie. Je vous ai vu, vous lancer dans la bataille, connaissant les risques. Je vous ai vu courageux, honorable, unis, combatif. Vous avez risqué vos vies, vous avez franchi la porte de votre maison et vous êtes venus nous rejoindre dans l'enfer. Aujourd'hui, nous nous occupons de nos morts, nous refermons nos murs... Nous sommes touchés, nous sommes endeuillés mais je vous sais fort et prêt à tout affronter. Aujourd'hui, une nouvelle page se tourne pour Alexandria, nous allons nous relever et reconstruire ce qui est à nous.
Je poussai un petit soupir de soulagement, Rick avait les mots pour nous motiver, nous guider. Il annonçait notre réalité, un futur rempli de courage et de force, un futur que nous bâtirons nous même, ensemble, un futur où chacun de nous aura une place.
Rick me donna Juddith, nous fit un dernier signe de tête et retourna auprès de Carl, accompagné de y eut un moment de silence, où je supposai, chacun de nous retourna dans ses pensées, très certainement pour se concentrer sur ce qui importait ou pour se ressourcer et trouver la force de continuer. Je me relevai avec Juddith, la serrant fort contre moi, c'était la seule à rester impassible devant l'ampleur de la catastrophe. Elle évoluait comme si la journée était tout à fait normale, mangeant, dormant, jouant, souriant, babillant tout plein de chose pas vraiment compréhensible. Elle me fixa de ses yeux tout ronds, son sourire répartit sur les lèvres créant un sourire réconfortant aux bords des miennes. Je poussai un soupir où se mélangeaient tellement de sentiments, que je n'étais même plus sur de savoir les distinguer moi-même. Je pensai alors au fait que dans quelques mois, un autre petit bébé viendrait au monde, « mon neveu ou ma nièce » souriais-je intérieurement, je ne savais pas vraiment si l'idée était réjouissante ou plutôt stressante, certainement les deux, mais il était évident que j'étais extrêmement inquiète pour Maggie et le futur nouveau-né. Ma concentration se redirigea vers la petite fille dans mes bras, j'aurais voulu rester avec elle le reste de cette journée interminable mais je voulais être utile, j'avais besoin de bouger, de donner tout ce qui était en moi, à ce moment là, il me fallait autre chose que Juddith pour me canaliser.
Comme si Carole avait saisi le fil de mes pensées, elle m'accosta doucement.
-Donne là moi, je vais la garder le reste de l'après-midi. Je lui souris pour la remercier, j'étais heureuse de ne pas avoir du expliquer ce que je ressentais, je lui étais reconnaissante d'avoir compris tout simplement. Je lui passai Juddith sans pour autant oublier de déposer un dernier baiser sur le front de la fillette.
La journée reprit alors son cours, chacun s'occupant de sa tâche à réaliser, nous nous entraidions, nous étions tous accablés mais nous avions tous ce besoin de servir, d'être utile. Peut-être était-ce une façon de montrer à ceux disparu que pour eux, nous nous donnerions à fond, que nous continuerions à nous battre et à avancer. C'était ce dont nous avions besoin pour leur dire au revoir et pour passer à autre chose. Ce fut, je l'avouais, douloureux, de voir tous ces corps meurtris, dans ma tête je ne pouvais pas m'empêcher d'imaginer ce que ces rôdeurs étaient avant de devenir des monstres. J'imaginais une femme au foyer s'occupant de ses enfants, un homme avec une carrière d'avocat se battant pour la justice... Il y avait longtemps que je n'avais plus eu ce genre de réaction, mais ce jour là devant la multitude des corps puants et déchiquetés, ce fut plus fort que moi. La fatigue jouant également sur mes émotions, plus la journée avançait, plus je découvrais des morts et plus je me sentais faiblir. Pendant que certains creusaient des tombes, d'autres amenaient les corps et d'autres réalisaient un bûché géant.
Ce fut en fin de journée que plusieurs d'entre nous se retrouvèrent au pied de notre mur de commémorations où déjà beaucoup de noms y étaient inscrits et la liste ne faisait que s'alourdir, Nicolas, Jessie et ses fils, une larme roula sur mes joues à leur souvenir, c'était toujours triste de perdre des jeunes et des enfants. Lorsque le nom de Dianna s'inscrivit, mes mains tremblèrent, elle avait érigé cette communauté et aujourd'hui, elle avait disparu à cause de ce monde sanguinaire. Je laissai échapper un long soupir de frustration et de désolation. Peut-être que tout compte fait, ce n'était pas ces gens disparus qui étaient à plaindre mais bel et bien, nous, encore debout, encore vivant, si on pouvait dire ça comme ça. Nous étions obligés d'évoluer dans un monde d'horreur, digne de films gores que je regardais avant la fin. Je chassai alors ces idées de ma tête, il était hors de question que je m'autorisais à penser de cette manière. La jeune fille qui pensait ainsi n'existait plus depuis longtemps, elle avait fait place à une fille prête à tout pour vivre. Je n'étais plus cette adolescente fragile, prête à mettre fin à ses jours à cause de la terreur. Aujourd'hui, j'avais envie de me battre, j'étais décidée à vivre dans ce monde incohérent, pour moi mais aussi pour ma famille, je voulais et ferais tout pour les protéger. Ma sœur et son futur bébé, Glenn, Juddith, Carl, Rick, Tara et tous notre groupe, et lui bien sur, lui qui en si peu de temps était devenu un pilier, le seul capable de me donner l'impression d'être en vie dans ce monde chaotique... Daryl.
Une main toucha mon épaule, me faisant sursauter, me sortant ainsi de mes pensées. Je souris lorsque je vis la personne en face de moi. Comment faisait-il pour rester toujours aussi silencieux, pour passer inaperçu malgré son physique ? L'archer se tenait devant moi, sérieux et inébranlable comme souvent.
-Carl est réveillé!M'annonça-t-il simplement. Enfin une bonne nouvelle, mon visage s'éclaira alors sous le poids du soulagement. En silence, nous nous dirigeâmes vers le lieu médical, sur le trajet, pas un mot ne fut échangé, nous n'en avions pas besoin, ni lui et pour une fois, ni moi. Juste le silence et sa présence rassurante m'apportèrent une certaine légèreté.
Nous arrivâmes devant la maison et je fus étonné lorsque Daryl s'assit sur les marches du perron.
-Tu ne viens pas ?
-Je l'ai vu avant de venir te chercher ! Souligna-t-il simplement, j'étais reconnaissante qu'il avait pensé à me prévenir du réveil de Carl. Je lui souris et me détournai pour entrer dans la maison où je découvris Michonne installée sur une chaise.
-Il va bien ? M'informais-je précipitamment.
-Il a dur à rester éveillé mais ça va aller ! Me rassura-t-elle avec un sourire plein de confiance, je voyais le soulagement dans ses yeux, je savais qu'elle était très attaché à Carl et certainement à Rick aussi même si je ne me serais pas permise de poser la question, .
-Tu peux aller le voir si tu veux !
En réponse, je lui rendis son sourire et prit congé d'elle pour rejoindre les Grimes.
-Hé ! Soufflais-je en entrant dans la chambre.
Carl avait les yeux fermés, Rick assis à sa droite sur une chaise tenant sa main en signe de présence, je fis le tour du lit et lui pris l'autre main, voulant lui montrer mon soutien. Je le fixai en souriant comme si il était un miracle, une chose était sur, c'était un survivant. Un vrai battant.
-ça va aller maintenant ! Prononçais-je tout haut pour Rick mais aussi pour moi, pour me rassurer.
-Il s'en est sorti, grâce à Denise. J'en dois une belle à cette femme. Sourit-il laissant retomber la pression.
-C'est sur ! Mais Carl est un vrai dur, c'est un Grimes ! Ironisais-je un peu, une lueur amusée dans le regard.
Je caressai la main de Carl, je le vis ouvrir l'œil pour le refermer aussitôt. Je me penchai à son oreiller pour lui murmurer quelques paroles.
-Merci Carl, repose toi !
J'avais envie de lui dire merci de s'être battu, d'être toujours en vie, de ne pas rajouter son nom au mur à l'extérieur de cette maison. Merci de faire partie des nôtres, d'être devenu un peu comme un petit frère. Ce soir, c'était un soulagement de le voir là, entrain de respirer, tout ça serait bientôt un mauvais souvenir parmi tous les autres. Je lui fis un petit baiser sur le front avant de quitter la pièce, immédiatement suivit par Rick. Nous nous retrouvâmes avec Michonne, toujours installée sur sa chaise.
-Beth, où étais-tu ? Que s'est-il passé ? Demanda-t-elle, me surprenant, je ne m'attendais pas à cette question, pas maintenant.
-Oh ! Le principal, c'est que je sois là ! Essayais-je de dire l'air de rien, minimisant les événements passés.
-Ceux qui t'ont kidnappé, où sont-ils ?
-Ils sont morts ! Répondis-je sans le moindre sentiments.
-C'est bien !
La réponse de mon ami me surprit, bien sur, j'étais réaliste et je savais que c'était mieux comme ça, mais je ne pouvais m'empêcher de me demander depuis quand nous réjouissions-nous de la morts d'un être humain. Je secouai la tête de droite à gauche, réalisant la bêtise de ma réflexion, il y avait bien longtemps que ce genre de personne, n'était plus humains, ils n'avaient plus aucuns scrupules, ni remords, ils étaient simplement devenu des monstres, plus dangereux encore que les rôdeurs.
-On en parlera une autre fois, si tu veux ! Reprit Rick me sortant de mes pensées, gentiment, j'acquiesçai de la tête.
-Juddith est … ? Commençais-je.
-A la maison, avec Carole ! M'interrompit-il en souriant.
-J'peux dormir là ce soir ?
Je n'aurais pas su l'expliquer mais j'avais un drôle de sentiments au fond de moi, je n'avais aucune envie de me retrouver en présence de ma sœur. Je ne voulais pas me retrouver face à ses questions, je n'avais pas envie d'être oppressée par sa présence omniprésente, voulant s'assurer que je n'allais pas m'en voler, ni me briser en mille morceaux. Ou peut-être que c'était juste un besoin de rester auprès du bébé, de m'en occuper, sachant que ça occuperait mes pensées, les empêchant de revivre les derniers jours. Où pour une toute autre raison, une raison rassurante et inconnue de tous.
-Bien sur ! Tu sais bien que tu es comme chez toi ! Sourit Michonne, sans vouloir connaître les raisons de ma demande, je vis le regard étonné de Rick mais il ne dit rien et me sourit aimablement.
Je connaissais Michonne comme ça, elle ne demandait aucune explication non nécessaire, ne posait pas de questions embarrassantes, elle observait, analysait mais restait discrète de tous commentaires. Elle était attachante, unique et essentielle à notre famille.
Je répondis par un sourire, les saluai-je et sortis de la clinique sans un mot de plus.
Je fus étonné lorsque j'aperçus Daryl toujours posé à la même place qu'auparavant, assis sur la dernière marche du porche, une cigarette à la main. Je compris qu'il m'avait attendu et j'en étais heureuse. Pendant toute la journée, nous avions été occupé chacun de notre côté, sans jamais vraiment être très éloignés, quelques mètres nous séparant l'un de l'autre, nous laissant l'opportunité de toujours avoir une vue sur l'autre. Ce n'était pas vraiment fait exprès, ou peut-être que si, j'avais besoin de le voir, de le regarder, sa présence étant rassurante. Plusieurs fois sur la journée, je l'avais aperçu entrain de m'observer, son regard rempli de curiosité, j'avais vu en lui l'envie de me questionner, de savoir ce qui c'était passé, mais à aucun moment je n'avais eu envie de lui expliquer, pour l'instant je ne me sentais pas prête à me confier à quiconque, ni lui, ni personne d'autre. Je savais que son regard changerait si je lui révélais le déroulement de ce qui m'était arrivé, je savais qu'il me prendrait pour cette petite chose à protéger, peut-être même que j'aurais lu de la pitié dans son regard, et je ne voulais en rien me confronter à ça pour l'instant.
-Comment va le petit ? S'informa-t-il, me sortant de mes réflexions.
-ça a l'air d'aller, le plus dur est derrière, il doit se reposer !
Un silence s'installa alors, mais contrairement à ce qu'on pouvait croire, ce ne fut pas un de ces moments gênants, non plus tôt un instant de calme où chacun de nous étions partis dans nos pensées.
Je lui souris simplement, passai devant lui pour prendre le chemin de la maison, aucun mot ne fut échangé, je le vis me suivre et venir se placer à ma hauteur pour entamer la route en ma compagnie. Le calme qui nous entourait était étrange, pas vraiment lourd mais rempli de souvenir de cette terrible nuit que nous venions de vivre, comme si au loin nous pouvions encore entendre les cris et le grondement des rôdeurs. L'air frais de la soirée me fit frissonné, je ne réagis pas, me contentant de respirer et de profiter du calme.
Lorsque nous arrivâmes devant les maisons, je m'avançai comme prévu vers celle de Rick, que Daryl partageait avec eux, j'aperçus alors son regard étonné, il me fixa un moment avec les sourcils froncés, l'air interrogateur.
-où va-tu?
-Je dors là ce soir ! Répondis-je simplement, il n'insista pas, ne me demandant aucune raison, mais je commençais à assez le connaître pour dire que ça l'intriguait, il avait cette petite lueur dans le regard, celle qui apparaissait que lorsqu'il était envahi par la curiosité, mais bien sur il savait le gérer mieux que personne, faisant semblant que rien ne lui importait vraiment.
En entrant, j'aperçus Carole dans la cuisine, elle semblait réfléchir, perdue dans ses pensées, comme si quelque chose la chiffonnait. Je voyais sur son visage cet air un peu ailleurs. Elle ne devait pas être en pleine forme, je savais que le fils de Jessie, Sam, était beaucoup derrière elle. Ce fut, elle la première à comprendre que Pete était violent, et le garçon la suivait comme son ombre, lui demandant des cookies. Et aujourd'hui, ce même enfant n'était plus parmi nous. Je m'approchai d'elle, posai ma main sur son épaule en signe de réconfort et de soutien, nous n'avions pas vraiment besoin de parler. Ni elle, ni moi, n'avions envie de revenir sur les derniers événements, c'était encore trop tôt, trop frais. Elle leva les yeux sur moi et me sourit.
-Hé ! La saluais-je. Où est Juddith ?
-Regarde ! Elle me passa alors la vidéo surveillance sur laquelle je pus voir le bébé occupé à s'endormir dans son lit. Elle était si mignonne.
-ça va Carole ? Ne pus-je m'empêcher de demander.
-Mmh Mmh ! Répondit-elle de façon évasive. Tu as été voir Carl ? M'interrogea-t-elle alors, revenant doucement parmi nous.
-Oui, il dormait, Rick et Michonne sont avec lui ! Précisais-je, sachant que ce n'était pas vraiment nécessaire.
-Vous devriez aller vous laver ! Releva-t-elle alors en nous observant, Daryl étant resté légèrement en retrait.
Ce fut à cet instant que je réalisai que je ne m'étais plus laver depuis plusieurs jours, tellement de choses s'étaient passées depuis ma dernière douche. Je jetai un coup d'œil à mes mains, couvertes de sangs, de terre, mes ongles étaient noirs de saletés. Mes vêtements étaient bon à jeter, déchirés, tâchés de rouges. Je n'imaginais même pas l'état de ma tête. J'osai un regard vers Daryl, lui demandant silencieusement si je pouvais aller me laver la première.
-Vas-y ! Lança-t-il simplement, ayant compris ma question silencieuse, je lui souris avant de disparaître dans les escaliers et d'aller dans la salle d'eau.
Le miroir que j'avais en face de moi, refléta l'image d'une personne quasi inconnue, j'avais l'impression de ne pas me reconnaître, une traînée de sang s'étalait sur tout mon front et mes joues, se mélangeant à la terre et à la sueur séchée. Mes cheveux étaient parsemés de saletés et de tâches brunes. Mon reflet reflétait le carnage de ces derniers jours. J'aperçus le bleu qui entourait mon œil, camouflé en dessous du sang. J'avais sur le visage et sur le corps le mélange de reste de rôdeurs et d'humains. Je fis passer mon t-shirt au dessus de ma tête, fermant les yeux comme pour chasser, les flash-back qui envahissaient ma tête. J'aperçus l'homme avec le « W » sur le front, cette lueur terrifiante, remplie de folie, au fond du regard. Je le vis passer la langue sur ses lèvres en me fixant, je déglutis difficilement. J'avais l'impression de sentir ses doigts sur mon ventre. Il laissa place au groupe de motard, froid et sans cœur, tous un regard moqueur. Se moquant ouvertement de ma faiblesse, profitant pour me toucher, je me revis face à mes amis, à Daryl. Ceux-ci témoin de ma fragilité, des gestes ragoutant du types sur moi. J'avais honte de ce qu'ils avaient vu.
Une fois déshabillée, j'entrai dans la douche et fis couler l'eau le long de mon dos, les gouttes défilant sur mon corps endolori et meurtri. Mes jambes se mirent à trembler, comme si l'eau pesait une tonne, je m'assis au fond du bac à douche, passai mes mains dans mes cheveux, pris mon visage entre mes paumes et des larmes d'impuissances se mélangèrent au jet de la douche. Pendant un instant, je ne me sentis plus capable de retenir ce déluge de sentiments en moi, il fallait que ça s'évacue, je restai là figée sur moi-même, revivant encore et encore, les gestes, les mots, les sensations. Je revoyais tous ces rôdeurs, je sentais encore le sang giclé sur moi, j'aperçus les visages de tous ceux disparus en un rien de temps. A ce moment là, je pris le temps de laisser cette rafale de sentiments ici, dans cette douche, je laissai ces affreux souvenirs s'écouler avec l'eau comme pour les effacer. Je restai là, un moment, me ressourçant, me redonnant la force que j'avais besoin pour avancer et me relever.
Un petit quart d'heure plus tard, je sortis de la douche. Je m'enroulai dans une serviette et me replaçai devant le miroir où quelques instants plus tôt se trouvait mon reflet méconnaissable. J'essuyai la buée ayant élu domicile sur la glace pour laisser apparaître la vrai Beth. J'aperçus alors beaucoup plus distinctement le bleu qui ornait mon œil, ce connard ne m'avait pas raté, dans quelques jours, on n'en verrait plus la trace, pensais-je. Je passai mes doigts le long de la cicatrice laissée par Dawn, j'eus un rictus amère. Tellement de choses s'étaient déroulées depuis lors, tellement de morts. Plus nous avancions, plus nous étions confrontés à des problèmes. Je pensai à Sacha et la perte de son frère, j'étais désolée pour elle, je ne savais pas comment j'aurai fait si Maggie venait à mourir. Un lien fraternel était certainement ce qui avait de plus vrai. Tyreese était vraiment quelqu'un de bien, avec des principes honorables, et il était mort. Je revis Noah et son sourire, sa gentillesse, j'avais vraiment espérer qu'il reste avec nous plus longtemps, qu'ils fassent partie de notre famille, mais tout c'était passé différemment, je n'avais pas demandé plus d'explications à Glenn sur ce qui était arrivé, mais je savais qu'il avait du souffrir. Ça avait du être affreux, j'en voulais au monde entier, de me prendre des gens qui m'importait, des gens bien, des gens digne de vivre. Nous avions tellement perdu, tellement de personnes avaient perdue la vie de façon horrible, nous venions de traversé un calvaire sans nom, comme si l'enfer était descendue sur terre, ce qui était probablement le cas en fait. Je fixai ma cicatrice dans le miroir « je vais me battre, avancer, évoluer, changer, je deviendrai comme Maggie, Michonne, Rosita, je deviendrai de plus en plus forte, et je protégerai les miens, je ne serai plus jamais faible » c'était une promesse, une détermination dans l'avenir. La petite fille fébrile était bel et bien derrière moi, aujourd'hui, je me battrai corps et âmes pour défendre et protéger les miens.
Ce fut deux secondes après, que je remarquai que je n'avais pas pris de vêtements, je pinçai les lèvres.
-Hé merde ! Murmurais-je. Je pris la décision d'appeler Carole à l'aide, il était hors de questions que je remis les linges tout sales après m'être lavée. Et descendre ainsi n'était même pas envisageable sachant que Daryl était en bas, mes joues rosirent rien qu'à l'idée de son regard sur moi. J'ouvris légèrement la porte et m'apprêtai à crier après mon amie lorsque mes yeux se posèrent sur une pile de vêtements propres. Je souris de plaisir devant la gentillesse et la prévision de la femme en bas. Elle pensait vraiment à tous. Je terminai de m'apprêter, enfilai mes vêtements propres, me sentant un peu mieux. Je pris ensuite la direction de la cuisine pour rejoindre les deux autres, en percevant une discussion, je ralentis pas, commençant à me faire discrète, je ne voulais pas du tout les espionner ou écouter aux portes, mais je n'avais pas envie de les interrompre et lorsque quelques mots arrivèrent à mes oreilles, je ne pus m'empêcher de les laisser glisser vers la conversation en cours.
-Je sais pas trop ! Disait Carole. Je sais que les choses ne sont plus pareil, que les gens ont changé, mais je sais que j'ai fait des choses dont je ne suis pas très fière, des choses qui auraient peut-être pu être évitée ! Avoua-t-elle, je me trouvais honteuse d'être là, à écouter une discussion entre amis, c'était des confidences et je n'avais aucun droit de les entendre si elle ne le voulait pas. J'allais faire demi tour lorsque la dernière phrase m'interloqua.
-Bon allez, assez parler de moi. Continua Carole. Toi aussi, tu as changé ! Tu es différent depuis quelques temps.
On m'avait dit à plusieurs reprises que la curiosité était un vilain défaut mais c'était plus fort que moi, je n'arrivais pas à me détourner de ce que j'entendais. Pour l'instant, j'avouais que c'était surtout un monologue, vu que face au silence qui suivit, Carole reprit.
-Elle aussi, elle a évolué, elle a mûri. Ce n'est plus une enfant.
Ce fut à ce moment que mon cœur commença à s'emballer, elle parlait de moi, j'en étais convaincue.
-Possible ! Répondit Daryl. Sa réponse me frustra plus qu'elle aurait du.
Une nouvelle fois, le silence s'installa, alors que je pensais leur conversation terminée, il reprit la parole, hésitant.
-Elle est forte. Plus qu'elle se l'imagine.
-Je sais, tu l'as aidé à devenir plus forte. Souligna Carole, assez justement.
-Non ! Claqua-t-il sans hésiter, il y eu un petit blanc, j'aurais voulu voir son regard à ce moment là, pour pouvoir essayer de déchiffrer ce que signifiait ce « non ».
-Comme tu veux... Mais tu lui apporte quelque chose et surtout elle t'apporte quelque chose que tu ne devrais pas renier, surtout à l'époque où nous vivons. Déclara-t-elle, sans attendre aucune réponse, qui elle le savait ne viendrait pas, elle termina la discussion.
-Bon, je suis fatiguée, je monte me coucher. N'oublie pas de prendre une douche.
A sa voix, je devinai le sourire sur ses lèvres, sachant qu'elle le taquinait, je pris alors conscience qu'elle se dirigeait vers moi, mais avant que j'ai pu esquiver le moindre geste, elle était devant moi.
-Beth ! Sourit-elle de plus belle, devant le rouge évident de mes joues. J'étais honteuse d'être prise en flagrant délit de curiosité.
-Euh... merci pour les vêtements.
Elle parut encore plus enchantée, lorsque avec un regard rieur, elle déclara simplement.
-Oh. C'est Daryl qu'il y a pensé. Elle me laissa là, toute seule, au bas des escaliers et disparut pour aller se reposer. Je pris alors mon courage à deux mains pour cacher toute trace de gêne de mon visage et entrai dans la cuisine, mes yeux fixés sur Daryl.
-Merci pour les vêtements.
-C'est Carole qui a été les chercher, elle a prévenu Maggie que tu restais ici.
-Merci. Répétais-je sachant qu'il banalisait toujours ses actions. Va-te laver, Ajoutais-je. Je vais regarder pour nous faire un truc à manger.
Je le mis quasi hors de la cuisine, ayant besoin de respirer et surtout de ne pas sentir son regard sur moi. Heureusement, il n'opposa aucune résistance et partit, me laissant seule.
Lorsqu'il revint, j'étais dos à l'encadrement de la porte, observant l'extérieur à travers la fenêtre. Malgré sa façon légère de se déplacer, je sus tout de suite qu'il était là, je sentis l'odeur du savon, se mélangeant à la sienne, je me surpris à penser à quel point j'avais vite enregistré certains détails sur lui. Comme son odeur, propre à lui, mélange de cuir, de cigarette et d'homme, ou encore la façon qu' il avait de marcher, ou son regard lorsqu'il était aux aguets. Un frisson d'allégresse remonta alors le long de ma colonne vertébrale, me faisant fermer les yeux et pincer les lèvres.
Ce fut lorsque je m'installai à table pour manger, que je remarquai depuis combien de temps je n'avais plus vraiment mangé. Maggie était venue m'amener de quoi grignoter de la journée, s'assurant que j'allais bien mais c'était le premier vrai repas depuis plusieurs jours. Nous mangions en silence. C'était étrange d'être ici, au milieu d'une cuisine, en train de manger tranquillement après le drame qu'il venait d'arriver, je savais qu'on ne pouvait pas arrêter de vivre, bien au contraire mais le sentiment qui m'envahit alors était incertain, compliqué à comprendre.
Une fois nos assiettes vides, je sortis de table calmement, débarrassant nos affaires, toujours en gardant le silence, n'ayant pas besoin de parler. Une fois la petite vaisselle faite, je pris la vidéo surveillance et m'assis dans le salon, observant Juddith dormir sereinement. Je m'installai confortablement, mes jambes repliées sous moi, le dos posé contre l'accoudoir du divan, gardant l'œil sur l'appareil, n'arrivant pas à détacher mes yeux de la petite fille endormie. L'idée d'avoir des enfants dans notre monde tel qu'il était, n'était probablement pas une idée très judicieuse, mais pour eux, nous devions tout faire pour que l'avenir soit correct.
Le silence ne se brisa pas tout de suite, j'étais dans un état de fatigue comme rarement j'avais ressenti, mon corps était douloureux tellement l'épuisement accablait celui-ci. Je me sentais comme vidée de toute énergie. Mais malgré cet état, je ne voulais pas aller me coucher. Daryl vint se placer près de moi quelques minutes plus tard, je savais que j'attendais qu'il vienne se poser, je n'avais pas envie de rester seule, la solitude n'était pas vraiment mon truc mais plutôt le sien, pourtant il resta à mes côtés.
L'idée de trouver le sommeil m'angoissait terriblement, je ne voulais pas me confronter aux images que ma tête me réservait. J'étais persuadée que le faite de me détendre et de fermer les yeux feraient apparaître des choses auxquelles je n'avais pas envie de penser. Et puis, je devais admettre que j'étais bien là, à ses côtés, sa présence étant apaisante pour moi. Prêt de lui, je me sentais légère et prête à tout, sentiment un peu contradictoire, l'envie de montrer que j'étais forte, capable et l'envie de me laisser aller contre lui, sans masque.
-Tu devrais aller dormir. Annonça-t-il d'un coup, brisant le silence confortablement installé. La journée a été rude.
Je savais qu'il ne parlait pas que de cette dernière journée, il parlait de ces derniers jours, de tous les cadavres qui allaient me hanter un moment, de ces hommes sauvages que nous avions eu le malheur de croiser. Enfin par cette phrase, il voulait parler de tous ce à quoi je refusais de penser, en tout cas pour le moment. Je niai simplement de la tête.
-Tu ne m'as jamais dis ce qui c'était passé lorsque nous avons été séparé. Ce n'était pas vraiment une question, je savais qu'il avait compris que je parlais de ce qui s'était déroulé après le funérarium. Je pouvais le voir dans ses yeux, pendant un instant je me revis, dans cette cuisine, assise à table avec lui à mes côtés, cette question posée qui restait en suspens, son absence de réponse claire, et ce frisson alors qu'il me fixait de son regard impénétrable. Je secouai la tête pour revenir à la réalité.
-Moi, je t'ai expliqué ce que j'ai vécu à l'hôpital. Insistais-je.
-Il y a rien à dire. Claqua-t-il, fermé.
-Comment as-tu retrouvé les autres ? M'obstinais-je dans mon envie de savoir, de l'écouter. Il m'observa, faisant certainement le pour et le contre dans sa tête, essayant de savoir ce qu'il devait me dire, il poussa un soupir légèrement exaspéré.
-Lorsque j'ai rejoins la route et que j'ai vu ton sac, j'ai tout de suite su qu'il y avait quelques choses de pas normal. J'ai vu alors cette putain de bagnole avec la croix blanche, j'ai compris qu'ils t'avaient emmené. J'ai voulu te rattraper, j'ai essayé, j'ai couru pour suivre ces connards mais j'suis arrivé à un croisement et j'ai pas vu par où ils sont allés...
Je posai ma main sur son bras, voulant enlever la culpabilité qu'il ressentait en lui, lui faisant comprendre que rien était sa faute, je voulais qu'il sache que je comprenais et que pour rien au monde, je le tenais responsable. Il était toujours celui qui faisait au mieux, qui agissait pour les autres, pour leur bien et malgré tout ce qu'il pouvait faire, il portait toujours ce doute en lui, celui qui de croire qu'il n'était pas quelqu'un de bien. Du regard, je l'encourageai à continuer.
-Je me suis retrouvé tout seul, je ne savais plus où aller ni quoi faire pour te retrouver. Une bande de gars m'ait tombé dessus, sur le coup j'ai cru que ça allait mal finir, ils me défiaient, le chef à vu que j'étais archer et apparemment ça lui a plus.
Il racontait tous ça sans vraiment montrer d'émotions, fidèle à lui même, voulant rester dure quoi qu'il arrive ou presque.
-Je suis resté quelque temps avec eux, je ne savais pas qui ils étaient, même si je me doutais qu'ils n'étaient pas vraiment sans reproches, ils avaient des règles simples et ça m'a suffit, j'les ai suivis. Je n'ai pas arrêté de me demander où tu étais, j'étais persuadé que t'étais toujours en vie ! M'avoua-t-il mal à l'aise, il ferma les yeux comme pour mieux se remémorer ces souvenirs. A certains moment, il serrait les poings, à d'autres ils se mordaient légèrement la lèvre inférieure, parfois il me faisait pensé à un petit enfant en proie à tout un mélange de sentiments ne sachant pas comment les gérer.
-Ce n'était pas des gens bien ! Continua-t-il d'un air dur. Ils m'avaient parlé qu'ils pourchassait des types qui avait tué les leurs, lorsque j'ai vu Rick, Michonne et Carl, j'ai fait le lien et j'ai compris que c'était eux qu'ils suivaient. J'ai expliqué à Joe, le chef, que c'était mes amis, qu'ils étaient de bonnes personnes et que s' ils voulaient du sang, ils pouvaient prendre le mien.
A ces mots, mes yeux s'écarquillèrent, il s'était sacrifié pour que nos amis s'en sortent, c'était du Daryl tout craché. En le voyant se livrer, je compris que ce n'était plus une obligation que ce qu'il me disait, il voulait me le dire. Et moi, j'avais besoins de l'entendre.
-ça a dégénéré, ils m'ont frappé, Rick ne pouvait rien faire, t'aurais vu ça, c'était vraiment un énorme merdier. Puis ils ont voulu s'en prendre à Carl et Rick en devenu comme fou.
-Que s'est-il passé ? Voulus-je savoir, devant l'éclat de ses yeux, je voulais connaître les détails.
-Il lui a envoyé un coup de tête, qui a pété le nez à Joe et qui sous le coup à tirer une balle qui n'a touché personne. Mais grâce à ça, j'ai repris le dessus sur les salopards qui était au dessus de moi, Michonne a commencé à se battre, et Rick a bouffé le cou du sale batard qu'était Joe. Expliqua-t-il, je voyais qu'il revivait le moment en même temps qu'il me racontait, il eut un drôle de sourire en me détaillant la façon dont Rick avait tué ce type. Je savais que pour défendre Carl et Juddith, il ferait n'importe quoi.
-Il était couvert de sang, vraiment moche à voir. Carl et Michonne se sont reposés et nous sommes restés à monter la garde, c'est à ce moment là que je lui ai dit que j'étais avec toi et que t'avais disparu. Les retrouver a été un soulagement, ça m'a apporté la force et puis j'me suis rendue compte qu'ils étaient ma famille.
Je lui souris, émue par ses dires, personnellement je savais que Daryl faisait partie des nôtres, qu'il était un membre à part entière de notre famille mais lui-même avait toujours dur à y croire.
Je le connaissais assez pour savoir qu'il avait du faire un quiproquo dans sa tête, s'identifiant à ces hommes qui ne lui ressemblait en rien. Je savais aussi qu'il n'avait pas eu le choix de les suivre, dans ce monde plus tu restais seul et plus t'avais des chances de mourir vite. Il avait trouvé des compagnons de routes, il les avaient suivis et ça l'avait conduit aux membres de notre famille.
-Est-ce que je t'ai manqué ? La question était sortie toute seule, sans que je pus la retenir, ça m'avait échappé, je savais que ce genre de chose le gênait, et je m'en voulus immédiatement d'avoir eu la bêtise de lâcher cette phrase. Le silence qui s'ensuivit, parut durer une éternité, si j'avais pu effacer les dernières secondes, je l'aurai fais sans hésiter, je ne voulais pas provoquer un malaise, ni l'obliger à répondre à ce genre de questions.
-Plus que n'importe qui ! Déclara-t-il alors me surprenant, j'étais persuadée qu'il ne répondrait pas, qu'il nierait ma question ou qu'il détournerait la discussion ou encore, au pire, resterait silencieux. Un sourire élargit mes lèvres, ne sachant pas contenir le contentement que provoquait sa réponse en moi.
-Je te l'avais dit que j'te manquerai, Daryl Dixon ! Clamais-je alors pour alléger l'atmosphère devenue un peu plus intime, ma remarque lui arracha un sourire que je me dépêchai d'enregistrer dans ma tête.
-Tu devrais monter dormir ! Reprit-il alors.
Instantanément, je me raidis devant cette déclaration comment lui expliquer que je ne voulais pas dormir, que je n'avais pas envie de m'enfermer dans une pièce. Je sentais son regard sur moi, attendant certainement que je me lève mais je ne bougeai pas d'un poil.
-Ou on peut aussi rester ici ! Évoqua-t-il alors, je supposai qu'il avait remarqué mon changement d'humeur ou peut-être ma crispation soudaine. Je le remerciai silencieusement de ne pas me poser de question, de ne pas chercher à comprendre, mais surtout je le remerciai de rester là, avec moi sans que j'ai besoin de lui demander. Je fus tellement soulagée, que je m'installai contre lui sous un coup de tête. Je vins poser ma tête sur son épaule, étendant mes jambes sur le côté, m'allongeant dans une position confortable. Je le sentis se tendre sous l'assaut de mon geste, mais je ne reculai pas, je posai doucement ma main sur la sienne au niveau de son genou et au bout de quelques secondes, je le sentis s'apaiser et sans m'en rendre compte, sous le rythme de sa respiration rassurante, je m'endormis.
La semaine qui suivit l'émeute, fut organisée de façon à retaper Alexandria du mieux que nous le pouvions, s'assurant notre sécurité et un rythme de vie le plus normale possible.
Carl récupérait de mieux en mieux, il reprenait des forces. Je passais le voir de manière journalière, voulant lui apporter réconfort et soutient, j'emmenais parfois Juddith mais ce jour là j'étais seule.
-Salut ! Annonçais-je en entrant, ça faisait cinq jours qu'il avait été blessé, et Denise était satisfaite de son évolution, apparemment il avait une rapidité de récupération impressionnante.
-Tu vas bien ? M'informais-je.
-Je commence à m'ennuyer ! Râla-t-il.
-Profite pour te reposer ! Après tu devras te remettre au boulot. M'amusais-je à l'embêter.
-Mon père m'a amener un cadeau. Ironisa-t-il en me montrant un bandeau qui lui servirait à orner son œil perdu, après les bandages.
Je voyais qu'il voulait se la jouer de manière légère mais je savais aussi qu'au fond de lui, il était blessé, il devait s'inquiéter, sachant pertinemment qu'un œil en moins lui amenait un handicap certain dans certaines situations.
-Tu vas plaire aux filles maintenant. Essayais-je de l'amuser.
-Mouais tu parles.
-Les pirates plaisent toujours aux filles, regarde Jack Sparow. Souriais-je de plus belle, mais je n'étais pas vraiment sur qu'il se souvenait de ce genre de détails de nos vies d'avant, surtout vu son jeune âge au début de tout ce chaos. Il me sourit avec reconnaissance.
-Merci. Lâcha-t-il alors. Merci de venir tous les jours me tenir compagnie.
-C'est avec plaisir, t'es mon petit frère. Avouais-je alors, et c'était vraiment ce que je ressentais, je n'avais jamais eu de plus jeune que moi à la ferme, je n'avais eu que Maggie et Shawn, tous les deux plus vieux, l'une protectrice et parfois exaspérée par la plus jeune que j'étais et l'un enquiquineur et aimant comme un grand frère pouvait l'être. Avec Carl, c'était un peu l'inverse, et j'adorais être avec lui, essayé de le rassurer lorsque ça n'allait pas, l'écouter lorsqu'il en avait besoin. Au fil du temps, il était devenu mon petit frère. Il me sourit de plus belle.
-papa m'a dit que tu dormais à la maison ? J'acquiesçai de la tête. Tu dors dans mon lit ? Je sus directement qu'il se moquait de moi, son air amusé dans le regard et le petit rictus dans la voix. De plus, je n'étais pas dupe, je savais que Rick, Michonne et Carole avait repéré que je dormais dans le canapé, accompagnée. Je rougis légèrement, comprenant le sous-entendu.
-Ouais un chiant petit frère ! Claquais-je alors mi ennuyé mi amusé, et il partit dans un rire franc auquel je me joignis avec plaisir.
Tout doucement la vie avait repris son court entre nos mûrs, Maggie avait continué à entretenir le potager qu'elle avait commencé avec Dianna. Elle avait raison, si nous pouvions avoir notre propre production alimentaire, ça pourrait nous être très utile. Mais pour l'instant, il fallait attendre que ça pousse et en attendant, nous devions gérer nos réserves du mieux possible.
Rick et Daryl s'occupaient de faire des raids pour nous approvisionner, ils faisaient de leur mieux pour nous ravitailler en produits nécessaires. Les gens commençaient à reprendre leur repère, ils continuaient d'évoluer. Souvent, nous nous retrouvions en fin de journée, tous les membres de notre groupe, de notre famille dans la même maison, juste pour être sur que nous étions tous présents, ou pour profiter de chacun, être ensemble tout simplement. Ce fut le cas ce soir là, Carl était sortit du cabinet médical, il allait mieux et nous pouvions lui changer ses bandages nous même. Il n'avait plus aucune raison d'être là bas, c'était mieux qu'il rentre à la maison avec nous.
Nous étions tous installé, certains sur le canapé, d'autre sur les chaises à table. Les interactions du groupe étaient devenues tellement naturelles que chacun avait sa place. Maggie et Glenn se levèrent alors et au regard de ma sœur, je sus qu'ils allaient le faire.
-Nous avons un truc à vous dire ! Annonça-t-elle, elle dirigea sa main sur son ventre et regarda tous nos amis.
-Nous allons avoir un bébé ! Souffla Glenn.
Je balayai la pièce du regard, observant le visage de chacun, essayant d'analyser leur réaction. La surprise se marqua sur la figure de tous, ce qui n'était pas étonnant. Le doute et la crainte se mélangeant à la joie et l'excitation, tout le monde sachant que le monde actuel n'était pas un endroit sur pour un nouveau né. Ce fut d'abord Rosita et Abraham qui les félicitèrent.
-Il en faut des couilles pour mettre un gosse dans ce bas monde ! Claqua le grand roux, nous savions que ce n'était pas vraiment une critique, c'était sa façon d'être, de s'exprimer. Il les serra dans une étreinte amicale et un peu rude.
Tara les serra fort dans ses bras, elle murmura un truc à l'oreille de Glenn que je n'entendis pas mais celui-ci sourit. Cette fille était vraiment chouette, elle avait toujours le sourire, elle me faisait pensée à une grande adolescente tout en étant appliquée dans ce qu'elle faisait. Nous n'avions pas vraiment encore eu l'occassion de nous parler, de discuter entre nous, je ne sais pas trop pourquoi, l'occasion ne s'était pas présentée. Sacha les étreignit également, sans dire un mot mais avec le sourire. Carole eut du mal à se remettre de la surprise.
-Tu dois faire attention à toi ! Dit-elle à Maggie en mère poule qu'elle était.
Carl les embrassa, les serrant dans ses bras, regarda le ventre encore plat de Maggie sans oser y poser la main. Eugène leur lança un félicitation mais resta pudiquement un peu reculé. Il semblait toujours un peu différent devant ce genre d'échange.
Rick était debout devant eux, j'étais persuadée qu'il repensait à Lori et à ce qui c'était passé, il devait certainement penser que ça pouvait se reproduire. Je voyais qu'il cherchait les mots adéquats. Dans ma tête des images de Lori et de sa mort défilèrent dans ma tête, je les chassai d'un geste, me tournant vers Juddith, me disant qu'on avait bien réussi à la garder en vie pourquoi pas faire de même avec le bébé de Maggie. En tout cas il le fallait, nous n'aurions pas le choix. Finalement, Rick réagit de manière spontanée et amicale, entraînant Glenn dans une accolade fraternel et prenant Maggie sur son cœur, lui passant la main dans les cheveux.
-Je suis content pour vous. Dit-il alors, l'œil brillant d'émotion.
J'avouai que devant ce spectacle de joie, de sourires, mon cœur espéra à nouveau que tout s'arrange un jour, même si je savais que ce n'était qu'un rêve. Je sentis alors un regard insistant sur moi, et je croisai les yeux de Daryl, j'étais persuadée qu'il avait compris que j'étais déjà dans la confidence. j'essayai de décrypter ce qu'il pensait mais je n'aurais su dire avec certitude de quoi il s'agissait. Il félicita à son tour les futurs parents, leur offrit une étreinte amicale.
-Prenez soin de ce mioche. Marmonna-t-il. Il se retourna alors à nouveau sur moi, je lui souris avec émotion et je pus lire sur ses lèvres « cachotière », amusée mon sourire s'élargit de plus bel.
Après l'annonce, l'ambiance était détendue, ma sœur avait l'air heureuse, pendant un moment, j'oubliai ce qui nous attendait à l'extérieur, je ne vis que de la joie sur le visage des membres de ma famille, que des sourires, un bébé c'était une nouvelle promesse pour un monde plus beau, non ?
J'aperçus plus d'une fois, Daryl avec Juddith dans les bras, c'était une image touchante qui provoqua en moi un sentiment étrange, à plusieurs reprises, il me surprit entrain de l'observer mais je ne détournai pas le regard alors il répondait à mon inquisition par un froncement de sourcil ou un haussement d'épaule. Je savais qu'il se posait des questions mais je ne pouvais pas parler maintenant.
Au fil des heures, le groupe se divisa pour que chacun retourne à son espace personnel. En voyant les autres repartir dans leurs appartements, je ne pus m'empêcher de penser que je ne savais plus où était ma place, je savais que je n'étais pas prête à me retrouver dans ma chambre, pour être franche, ça faisait un petit moment que je n'avais plus dormi dans un vrai lit. Sur cette pensée, mon regard se dirigea sur Daryl, nous étions conscient que les autres savaient que nous passions nos nuits sur le divan, ensemble. J'avais surpris plusieurs fois le regard de Michonne sur nous lorsque je me réveillais, la première fois je m'étais senti un peu mal à l'aise, d'avoir été surprise mais au fil des jours ça ne m'avaient plus dérangé du tout. J'avais également entendu Rick discuté doucement avec Daryl lorsqu'ils pensaient que je dormais le soir, ne laissant aucun doute sur le fait qu'il savait que nous dormions à cet endroit.
-Beth, tu reviens avec nous ? Me surprit Maggie, interrompant le fil de mes idées.
-Non, je reste ici pour aider avec Juddith. Répondis-je maladroitement. J'étais consciente que tout le monde autour de moi savait que c'était une excuse, même s' il était évident que j'étais folle de la petite, je savais que Michonne et Carole pouvait s'en occuper pour la nuit. Ma Sœur me sourit, je vis dans ses yeux l'inquiétude et l'interrogation mais elle n'insista pas. Je savais que je devais avoir une discussion avec elle, je savais que je devais lui expliquer pourquoi je ne voulais plus rentrer, ce que je ne savais pas c'était sa réaction et pour l'instant je n'étais pas prête à le savoir. Elle sortit de la maison suivit de Glenn qui nous salua. Je surpris alors le regard amusé de Carole, Carl et Rick, Michonne lui donna un léger coup de coude dans les côtes, le réprimandant gentiment. Prise au dépourvu, je rougis d'embarra et un peu de colère aussi. Daryl, lui fixait le sol, trouvant subitement celui-ci très intéressant, Juddith tapotant de ses petites mains sur son torse.
-Quoi ? Demandais-je alors, légèrement énervée.
-Est-ce que vous allez dormir toutes les nuits sur le canapé ? Se moqua ouvertement Carl, je piqua un phare directement, surpris par la remarque. Daryl ne pipa mot et j'en fis autant, ne sachant quoi dire. Rick pouffa alors apparemment amusée de notre gêne.
-Bon jeune homme, tu dois te reposer. Intervint Michonne, essayant tant bien que mal d'apaiser mon malaise. Moi, je suis fatiguée, je vais au lit. Finit-elle, en nous saluant d'un signe de tête.
-Je monte aussi. Compléta Rick, toujours un peu amusé. Je les observai alors évoluer dans les escaliers, et un petit sourire apparut au coin de mes lèvres alors que l'idée qu'ils formaient une belle petite famille prenait forme dans ma tête.
-Bon allez princesse, viens ici.S'écria Carole à l'intention de Juddith, campée dans les bras de Daryl. Il est l'heure pour toi aussi. Finit-elle.
-Je peux m'en occuper si tu veux. Lui indiquais-je, elle fit passer son regard de moi à l'archer puis inversement et nous sourit.
-Non, c'est bon, j'dois quand même monter.
Je n'en étais pas très sur, mais j'aurais parié que sa remarque était encore une allusion sur la façon dont nous passions nos nuits, mais ce sujet ne concernait que nous et personne d'autre.
Une fois seuls, J'allai m'installer dans le canapé avec un livre, sachant pertinemment qu'à un moment ou un autre Daryl viendrait me rejoindre.
Une petite demi-heure plus tard, j'étais toujours seule dans le salon, commençant à me poser des questions, je me relevai pour me diriger vers l'extérieur de la maison. Je trouvai Daryl assis sous le porche, fumant une cigarette, je restai dans l'encadrement de la porte, le dos appuyé contre le chambrant.
-Tu ne rentres pas ? Demandais-je, le trouvant soudainement très distant. Il ne me répondit pas, ne releva même pas le regard, je sus directement qu'il essayait de fuir la conversation.
-Quelques choses ne va pas ? Insistais-je. Il haussa les épaules, je soupirai d'exaspération devant son comportement, je m'apprêtais à retourner dans la maison lorsqu'il parla enfin.
-Ils ont raison, tu vas pas pieuté dans le divan toute ta vie ! J'écarquillai les yeux, ébahie par sa remarque, j' avais l'impression qu'il venait de me frapper tellement j' étais surprise.
Ce fut à mon tour de rester silencieuse. Je le vis fermer les yeux, comme pour s'encourager à continuer.
-Retourne dans ta chambre cette nuit.
-Qu'est-ce qui t'inquiète, le fait de dormir dans le divan ou le fait qu'ils peuvent croire qu'ils se passent quelques choses entre nous ? Le questionnais-je énervée.
-Il n'y a pas à se poser la question, il y a rien ! Déclara-t-il sèchement, si ça avait été un combat de boxe, je me serais retrouvée au tapis.
-T'es qu'un con Daryl Dixon ! Claquais-je méchamment. Je ne lui laissai pas le temps de rétorquer quoique se soit que je repris la direction du divan.
Si il voulait dormir ailleurs, que bien lui fasse, moi, je n'étais pas décidée à me laisser dicter ma conduite par les autres. Bien sur, j'étais assez raisonnable pour savoir que ce n'était pas vraiment le fond du problème. Je n'avais aucune envie de me retrouver seule face à moi-même avec tous mes démons, tous ces monstres qui je le savais, se feraient un plaisir de venir me hanter. Sa remarque m'avait blessé plus qu'elle n'aurait du, je n'étais pas folle au point de croire que cet homme me verrait un jour en temps que femme, je savais que je resterai à ses yeux une adolescente fébrile. Je soupirai d'énervement, le problème c'était que lui seul était capable de m'apaiser, sans en avoir conscience.
Je sentis sa présence directement, je relevai les yeux vers lui et l'aperçus dans l'entrée de la pièce.
-Beth... Commença-t-il d'un ton étonnamment doux.
-T'as qu'à monter dans ta chambre. Le coupais-je sèchement, contrairement à ce que j'avais pensé, il vint s'installer à mes côtés.
-Je sais que tu ne veux pas te retrouver seule, mais là-bas, il y a Maggie et Glenn et les autres. Tu es en sécurité avec eux.
-Je n'ai pas peur ! M'exclamais-je en élevant le ton, la rage prenant possession de moi, encore une fois, il me pensait faible, je savais qu'il n'avait pas totalement tort, mais ce qu'il ne comprenait pas et qu'il ne pouvait pas comprendre c'était que personne ne pouvait m'aider, ne pouvait me calmer, personne, à part lui. Mais ça, je préférais le garder pour moi.
-Je sais, c'est pas ce que je voulais dire. Essaya-t-il de me calmer, je compris qu'il cherchait ses mots, qu'il voulait me dire quelque chose, mais je savais qu'il n'était pas à l'aise avec les discours, ce n'était pas sa façon de faire habituelle, mais à ce moment là, je ne voyais plus rien d'autre que ma colère.
-On ne peut pas rester là toutes les nuits ! Expliqua-t-il.
Il se tut d'un coup, ne sachant visiblement pas quoi dire, il se leva, me tendit la main pour que je la prenne, ne comprenant pas où il voulait en venir, je le regardai d'un air un peu sceptique. Devant son air insistant, je lui saisis la main, m'obligeant à ignorer la boule de chaleur qui se formait à l'intérieure de moi, lorsqu'il m'emmena dans les escaliers, je le suivis sans rien dire. Arrivés devant la porte de sa chambre, je le vis hésiter, quelques secondes s'écoulèrent, mon cœur battait la chamade dans ma poitrine lorsqu'il ouvrit la porte pour nous faire entrer dans la pièce. Je restai immobile, balayant l'espace du regard, c'était sobre à son image, pas de photo, pas de décorations, pas d'objets inutiles, juste un lit et un bureau. Je réalisai alors, que ce serait notre première nuit dans un vrai lit, tous les deux, ensemble, des images assez audacieuses passèrent alors dans mon esprit, faisant chauffer mes joues, je remerciai d'ailleurs le manque de lumière dans la chambre, et si … ? non je chassai les images et les idées improbables de mon cerveau, ça restait de la pure folie.
-Je dormirai à terre. Annonça-t-il comme si il avait lu dans mon esprit, m'arrachant du même coup un sourire amusé, l'énervement que je ressentais quelques instants plus tôt complètement évaporé.
-ça fait quoi ? Une dizaine de nuits qu'on passe ensemble et aujourd'hui tu décide de dormir au sol ? Soulignais-je moqueuse. Aurais-tu peur que je te saute dessus, Dixon ?
Il sourit légèrement pinça ses lèvres et nia de la tête, avant d'enlever ses chaussures, je l'imitai sans tarder.
-Allez Green, c'est l'heure de dormir pour les enfants. Me nargua-t-il à son tour. Je me glissai sous les draps et lorsqu'il s'installa, je lui envoyai un petit coup de coude dans ses côtes.
-Je ne suis pas une enfant.
J'entendis un léger rictus s'échapper de sa bouche, avant que le calme ne revint, nous gardions nos distances, respectant l'espace de l'autre, en fait, être là était assez naturel.
-Bonne nuit. Soufflais-je alors dans un dernier sourire.
-Bonne nuit. Murmura-t-il a son tour.
Je ne tardai pas à m'endormir, le sommeil venant me chercher sans prévenir, plus les heures passaient et plus instinctivement, nos corps s'entremêlèrent, ayant besoin du contact de l'autre pour être en paix.
Voilà j'espère que ce chapitre n'a pas été trop long. Et surtout qu'il vous a plu. Dans le prochain chapitre, un personnage que j'adore, fera son apparition... encore tous mes vœux pour l'année 2017 et à bientôt pour la suite.
