Bonjour amis, amies rôdeurs, je vous propose un nouveau chapitre pour commencer le week-end. Merci beaucoup pour les reviews et pour vos commentaires constructifs. Dans ce chapitre, il n'y a pas d'actions. juste des moments entres nos personnages: passage Beth/Maggie. Je tenais à préciser que pour moi Beth n'est pas rancunière du tout, je ne pense pas qu'elle perdrait son temps à en vouloir à sa sœur car celle-ci à chercher Glenn et pas elle, je pense qu'elle n'a pas envie de perdre son temps à être en colère alors que tout peut s'arrêter très vite. Du coup je n'ai pas voulu me diriger sur ce point de vue mais plutôt essayer de creuser une Maggie compréhensive et à l'écoute. (je sais pas trop ce que vous en pensez). Retour au chapitre, qui propose un passage Daryl/Beth. Bon voilà je vous laisse découvrir et surtout rencontrer un personnage que j'adore. Bonne lecture en espérant que vous apprécierez.
Voir note à la fin du chapitre.
Chapitre 10 :
A partir de cette nuit, nous prîmes l'habitude de nous rejoindre le soir, dans sa chambre. Au fur et à mesure que le temps passait, ça devint comme une normalité, il m'arrivait d'être encore légèrement gênée par un geste, ou un contact mais l'émoi était différent, plus facilement gérable. Au début, il dormait tout habillé évitant un maximum de me toucher mais alors qu'un soir je m'étais mise à l'aise, dans un ensemble pyjama short, je le vis me regarder avec insistance.
-Si tu préfère j'peux rester avec mes vêtements ? Avais-je alors demandé, me rendant compte de la nudité de mes jambes face à lui. Ce fait me mit étrangement mal à l'aise. Je n'étais pas sur mais il y avait eu une espèce de flamme dans son regard, une lueur que je n'osais pas vraiment nommer, l'idée étant totalement absurde.
Il avait juste nié de la tête avant de se mettre dans le lit, restant au dessus des draps, ce jour là je n'osai pas lui demander le pourquoi, j'étais consciente que j'avais provoqué un certain malaise entre nous.
Mais le lendemain, il ne me fit ni de regards bizarres, ni ne me posa de questions, comme si d'un coup mes légers vêtements ne lui posaient plus aucun soucis. Bien au contraire, il fit glisser son jean jusqu'au sol avant de se mettre au lit, sous l'édredon. Ce soir là, le sommeil eut un mal de chien à arriver, d'étranges sentiments secouaient l'entièreté de mon être, s'immisçant dans mon esprit sans que je puisse les repousser. Sa peau sur la mienne, lors des contacts accidentels, provoquait en moi des émotions assez difficiles à calmer. Malgré tout, je n'arrivais pas à reculer, ayant de plus en plus besoin d'être avec lui, presqu'à devenir intime. J'avais souri toute seule face à cette stupide réflexion. Une chose était sûr, malgré mon trouble quotidien devant notre proximité, je me sentais apaisée que lorsque nous étions ensemble.
La journée, Rick et lui partaient en ravitaillement parfois accompagnés de Tara ou Abraham, mais souvent ils y allaient tous les deux, comme deux frères qu'ils étaient devenus au fil du temps. Leur but était de trouver le plus de vives possible pour fournir Alexandria et ces habitants. Il fallait avouer que jusqu'à maintenant, c'était un échec assez cuisant. Ils n'avaient toujours rien trouvé, mais depuis que Carl s'était réveillé de son accident, Rick positivait plus que jamais, près à avancer et à obtenir le meilleur avenir possible pour nous tous.
Lorsque j'ouvris les yeux, Daryl était comme toujours déjà sorti du lit, ça n'avait rien d'étonnant, tous les matins depuis que nous passions nos nuits ensemble, il était le premier debout. Et à chaque fois, le manque de contact ou la perte de chaleur que provoquait l'éloignement me réveillait. J'étirai alors mes muscles en lui souriant légèrement, émergeant du sommeil.
-Hé. Le saluais-je.
-Désolé, j'voulais pas te réveiller. Cette phrase aussi était devenue un habitude, c'était son bonjour du matin.
-Pas grave. Tu pars avec Rick ? Demandais-je alors.
-Ouais.
Il enfila un pantalon, mis un nouveau t-shirt, je ne pouvais détacher mes yeux de lui, à chaque fois, je prenais le temps de le détailler comme si je voulais enregistrer le moindre détail de lui. Je savais qu'il n'aimait pas que je le fixe surtout lorsqu'il était de dos. D'ailleurs, il ne se détournait presque jamais, essayant toujours de dissimuler ses cicatrices comme si, il en avait honte. J'avais eu envie de lui poser des questions à plusieurs reprises, mais à chaque fois, je repoussais l'idée, ne voulant pas le frustrer. Je connaissais ou plutôt j'imaginais les raisons de ses marques dans les grandes lignes mais j'aurais voulu connaître certains détails même si ça ne me regardait pas, je voulais comprendre comment il était devenu celui qu'il était à présent. Je souris en l'observant, je pensai à cette routine naturelle qui c'était installée entre nous, au fil de ces dernières semaines. Un peu comme un couple, je rougis devant cette idée ambitieuse.
-Quoi ? M'interrogea-t-il en remarquant mon changement d'humeur.
-Rien. Répondis-je assez rapidement, il n'eut pas l'air de me croire vu la façon dont son regard restait sur moi mais il se détourna.
Sachant qu'il sortirait de la pièce et ne voulant pas rester dans la chambre seule, surtout qu'il partait juste après, je sortis précipitamment du lit, enfilai un jean au dessus de mon short pour le suivre. Lorsque nous sortîmes de la chambre, j'entendis l'échange amicale qui se déroulait entre Michonne et Rick au sujet de dentifrice, mon sourire s'élargit un peu.
-Pourquoi t'es si joyeuse aujourd'hui ? Voulut savoir Daryl, apparemment curieux ou peut-être énervé de mon humeur, mais à voir ses lèvres légèrement amusées, je pouvais dire que c'était juste une question de curiosité.
-Je ne vais quand même pas pleurer. Rétorquais-je amusée. Tu ne les trouves pas mignon ? M'amusais-je à demander, sachant que tous ce qui se rapportait au relation humaine n'était pas vraiment sa tasse de thé. L'idée que Rick et Michonne formait un couple courait dans ma tête depuis un moment mais je n'en étais pas certaine du tout, c'était juste une supposition, une impression.
-Qui ? Discrètement, je montrai la porte de la chambre de notre ami. Il haussa alors les épaules, en signe d'indifférence total, je ne pus m'empêcher de lâcher un soupir exaspéré. En échange, il me sourit, de ce sourire qui sans qu'il le sache faisait apparaître une étrange boule de chaleur au fond de mon ventre.
Nous déjeunions vite fait avec Carl, Carole et Juddith. Après quelques minutes, Rick et Michonne nous rejoignirent, une lueur amusée dans leurs yeux. L'ambiance était familiale, chaleureuse, pendant une seconde, je m'imaginai autour de cette même table sans que le monde ait changé. C'était juste ma famille et moi, entrain de manger et d'échanger sur un ton léger. Sans savoir pourquoi, ce matin, mon sourire ne quittait pas mes lèvres. Daryl qui le remarqua, me fixa et secoua la tête, amusé par mon expression joyeuse, je lui répondis par une tape sur l'épaule, sachant qu'il se moquait de moi. J'étais consciente que les autres suivaient notre échange mais à cet instant précis, je n'en avais rien à faire.
Rick et Daryl se levèrent et se dirigèrent pour quitter la pièce, c'était le moment du départ. Je n'en connaissais pas les raisons mais à chaque fois, qu'ils partaient, qu'ils sortaient d'Alexandria, je ne pouvais empêcher un sentiment d'angoisse de croître en moi. Pourtant, je savais qu'ils reviendraient mais c'était plus fort que moi. Je les suivis alors pour les accompagner à l'extérieure de la maison.
Dehors, Denise était déjà présente avec toute une liste d'objets, pour la plupart médical, à ramener. Je l'aperçus entrain d'expliquer un truc à Daryl, se noyant dans ses explications à propos d'un soda, vu son malaise, et l'expression assez confuse de l'archer devant elle, j'intervins ayant saisi où la jeune femme voulait en venir.
-C'est pour Tara. Pour lui faire plaisir. Précisais-je devant le regard surpris de celui-ci.
Denise, gênée, insista sur le faite que ce n'était pas vraiment important. Mais je savais que Daryl avait compris que ça lui tenait à cœur.
Carole me donna Juddith, m'expliquant qu'elle devait rejoindre Morgan. Daryl qui s'était éloigné, revint prêt de moi, je savais que c'était le moment, qu'ils allaient démarrer, et je fus soulagée d'avoir le bébé avec moi pour ne pas me retrouver totalement seule.
-Et toi, qu'est-ce qui te ferait plaisir ? M'interrogea-t-il soudainement, ses yeux bleus plongeant dans les miens, provoquant une sensations très agréable à l'intérieure de mon corps.
Toute une série de choses me vinrent alors en tête, des choses pas très catholique, me faisant immédiatement rougir. Je savais qu'il n'avait pas du tout conscience de l'effet qu'il me faisait, que ces regards me faisaient, que sa peau sur la mienne me faisait. J'aurais tellement voulu lui expliquer, mais j'étais presque certaine, qu'il se moquerait de moi, ou qu'il me repousserait sans sourciller, il me prenait probablement encore pour une gamine. Une petite fille sur laquelle il devait veiller, qu'il devait protéger. Mais parfois, ces regards étaient... différents. Sous l'insistance de ses yeux sur moi, je me rendis compte qu'il attendait toujours une réponse.
-Du chocolat. Je ne savais pas pourquoi j'avais dit ça, juste pour répondre quelque chose.
-Daryl en route ! Cria Rick.
L'angoisse revint directement, je soupirai sans pouvoir me retenir, je détestais montrer ma faiblesse. Je concentrai mon attention sur la petite fille dans mes bras, qui me souriait, et avant qu'il s'éloigna, je repris la parole voulant paraître légère.
-Faîtes attention à vous.
-A ce soir. Me répondit-il simplement, accompagnant sa phrase d'un petit clin d'œil discret.
J'avais pris l'habitude de cette espèce de routine journalière qui c'était installée. Les journées se ressemblaient inévitablement, malgré tout, je gardais une certaine angoisse au fond de moi. Je ne voulais pas me croire en sécurité, le passé nous avait prouvé que quoique nous fassions le mal nous rattrapait toujours, sous n'importe quelle forme, celui des rôdeur, celui de l'homme. Le future me terrifiait réellement, j'avais peur de ce qui pouvait se passer, de ce qui allait se produire, je voulais être prête à me confronter aux éventuels dangers que nous pourrions rencontrer. J'étais bien décidée à devenir de plus en plus forte.
Le matin, j'avais pris à cœur de m'occuper des plus petits, passant mon temps à leur enseigner certaines choses, à faire des activités, essayant d'alléger leur peur respective. Après l'invasion de rôdeur, ils étaient tous terrifiés et effondrés par la mort des gens qu'ils connaissaient. Pour des enfants, c'était une chose horrible. La plupart d'entre eux n'avaient jamais vraiment été en contact avec les mort-vivants. Alors je leur avais expliqué sans leur cacher la vérité, mais en faisant de mon mieux pour les rassurer. Plus les jours passaient, plus ils reprenaient du poil de la bête, se montrant courageux et s'adaptant rapidement. Nous en parlions toujours mais ils prenaient les choses beaucoup plus facilement, m'étonnant par leur capacité d'adaptation. Mais à l'heure d'aujourd'hui, les enfants n'avaient plus le choix, ils devaient grandir bien plus vite que la normalité. Je pensais notamment à Carl qui était un jeune plus que remarquable, ayant passé le stade enfant à une vitesse fulgurante. Puis à Juddith qui grandirait dans ce monde, sans comparaison d'une ancienne vie.
L'après-midi, j'essayais de passer du temps avec Maggie, l'aidant pour son projet de potager. Pour l'instant, celui-ci ne nous donnait rien du tout, au grand désespoir de ma sœur, qui s'impatientait de plus en plus face à cet échec. Mais avec ce genre de chose, il fallait laisser le temps agir mais la patience n'était pas vraiment un trait de caractère que Maggie possédait. Ces moments entre nous étaient propice à certaines discussions, je savais qu'elle s'inquiétait pour moi, qu'elle aurait voulu savoir ce qui c'était passé à l'hôpital mais à chaque fois qu'elle essayait de savoir, je repoussais ses questions. Je n'étais pas prête à tout lui dire, c'était encore une chose que je voulais garder en moi, ne voulant pas que les autres s'apitoie sur moi, ou pire, me prennent pour une enfant sans défense. Alors elle contournait la conversation, vers un sujet qui l'a préoccupait et surtout qui la rendait curieuse au plus haut point.
-Que se passe-t-il avec Daryl ? Osa-t-elle me demander, je ne relevai pas la tête toute suite, gardant mes yeux dirigé vers les plantations.
-Rien. Répondis-je alors, ne sachant pas quoi lui dire d'autre, je ne voulais pas m'expliquer sur un sujet où moi-même je n'arrivais pas à voir clair.
-Beth, je ne suis pas idiote ! S'écria-t'elle alors, ma réponse ne la contentant pas. Je soupirai d'agacement mais je savais qu'elle ne me lâcherait pas à ce sujet. Sa curiosité étant trop forte et peut-être que je lui devais une explication ou deux.
-Je sais que vous passez vos nuits ensemble. Insista-t'elle sérieusement, je ne savais pas encore si c'était un reproche.
-C'est pas ce que tu penses. Rétorquais-je alors en rougissant sous le coup de l'émotion. Je savais que tous le monde était au courant mais de se l'entendre dire, avait quelque chose de bizarre. Maggie sourit face à ma réaction spontanée, son sourire me rassura légèrement sur ses intentions, apparemment elle ne voulait pas me juger.
-Je ne crois rien. Dit-elle, posant sa main sur mon bras en douceur. Je voudrais juste comprendre pourquoi tu ne veux plus rester avec nous. Soupira-t'elle tristement.
-Maggie, ça n'a rien à voir avec toi ou avec Glenn. Essayais-je de la rassurer, la culpabilité me serrant le cœur, je ne voulais pas que ma sœur s'en veuille pour quoique ce soit. Je fermai les yeux essayant de réfléchir sur le comportement à adopter, je voulais la rassurer et pour cela, j'allais devoir lui réveiller quelques détails sur ce qui se passait dans mon subconscient.
-Parfois, lorsque je suis seule, qu'il fait calme, des souvenirs que je préférerais oublier reviennent me hanter. Je vois des visages du passé, des choses auxquelles je ne veux plus penser. Dans ces moments là, je ne peux plus respirer, je suis prise d'une terreur que je ne sais pas nommer, ça me prends là. Expliquais-je en mettant ma main au niveau de mon ventre, essayant de donner plus d'impact à mes paroles.
Elle écarquilla les yeux, surprise par mes révélations. Je savais qu'elle n'était pas conscience de ce que j'avais traversé, ni elle, ni les autres et je ne voulais pas qu'ils sachent. Mais j'avais toujours ce sentiments qu'à n'importe quel moment, quelqu'un viendrait m'arracher à ma famille. Oh, je savais que je ne me laisserai plus faire, que j'étais prête à me défendre mais la frayeur au fond de moi restait intacte.
-Quand je suis avec lui, j'oublie tout ça, je me sens forte et en même temps je me sens en sécurité. Avouais-je d'une traite, je savais que je ne devais pas préciser qui était ce « il ».
-Si tu es bien avec lui, alors moi aussi. Me rassura-t-elle. Je m'étais attendue à ce qu'elle me fasse un discours sur tout ce qui concernait les hommes et les risques que ça pouvait engendrer mais je m'étais trompée, elle avait un air de compréhension sur son visage.
-Tu sais, il ne se passe rien. Hésitais-je à ajouter, quelque chose me disait que je devais me justifier, éclaircir les choses. Elle me sourit, elle semblait rassurée.
-Beth, tu n'es plus une petite fille. Lâcha-t-elle, me surprenant. Bien sur, elle avait raison, je le savais mais que ma sœur s'en soit rendue compte fut impressionnant pour la pris dans mes bras, ayant à ce moment là besoin de notre lien qui nous unissait. C'était ma sœur, le dernier membre de ma famille de sang toujours en vie, et ça nous liait à jamais. Dans quelques mois, elle donnerait naissance à un bébé, mon neveu ou ma nièce, mon souhait le plus précieux à cet instant était que tout se passe au mieux pour elle, pour Glenn et pour ce tout petit être.
Le reste de l'après midi se passa tranquillement, plus la journée avançait plus l'angoisse en moi grandissait, même si je savais que ce n'était pas logique, je ne pouvais empêcher cela mais je faisais au mieux pour agir le plus normalement possible et dissimuler mes craintes.
Lorsque le soleil commença à se coucher, je pris la direction du mur adressé à nos morts, j'y allais souvent, ressentant le besoin de vérifier qu'aucun nom ne s'était ajouté depuis la dernière fois. Mes doigts caressèrent les lettres écrites, je les laissai traîner sur celui de Noah, j'avais tellement souhaité le voir rester parmi nous, le comptant comme un membre de notre famille, il avait réussi à sortir de Grady mémorial pour finir de façon sordide. Je stoppai également sur Dianna, si nous étions ici, c'était en partie grâce à elle. Alexandria était sa ville, sa façon de faire de ce nouveau monde, un monde supportable et sécurisé en tout cas c'était ce qu'elle croyait. Sa famille et elle avaient bâti ces mûrs, pensant faire au mieux. Je pensai à tous ceux qui nous avaient quitté depuis le début du bouleversement, ceux qui ne figuraient pas sur ce mur. Patricia, Otis, Jimmy, T-dog, Lori, Zack, Bob, Tyreese... Mon père, je ne pus m'empêcher de me demander, ce qu'il penserait de moi, s'il comprendrait le besoin que j'avais d'être auprès de Daryl sans savoir la raison. Mon père était un homme sage et je savais qu'il appréciait l'archer pour tout ce qu'il avait fait pour le groupe et j'étais certaine qu'il l'aurait encore plus estimé en sachant tout ce qu'il m'apportait.
Mes yeux se levèrent vers le ciel, les couleurs de la nuit étant de plus en plus marquée, il fallait que je rentre pour aider Michonne avec Juddith, attendre patiemment que Rick et Daryl reviennent. Je soupirai légèrement, espérant qu'ils ne tarderaient plus, sachant pertinemment que plus les heures passaient plus l'angoisse grandirait en moi.
La nuit était maintenant largement tombée, nous étions à l'intérieure avec Michonne, je venais de coucher Juddith qui essayait tranquillement de trouver son sommeil, gigotant dans son lit. Un peu plus tôt, j'avais surpris une conversation entre Carl et la jeune femme. Ma curiosité l'emportant et sachant que Carl n'allait peut-être pas si bien que je le pensais, je ne pus me retenir plus longtemps.
-Carl va bien ? Son regard se tourna vers moi, visiblement surprise par ma question.
-Ca ira. Répondit-elle.
Je savais qu'elle avait probablement raison, sur bien des points, le jeune garçon m'impressionnait. Il avait vécu l'horreur, il était encore qu'un gosse quand le tournant du monde avait eu lieu et malgré toutes les épreuves, il restait fort et droit, il était rempli de courage et de détermination. De plus, je savais qu'il était bien entouré, je pouvais voir Michonne être au petit soin pour lui, s'en occupant, s'inquiétant. J'étais persuadée qu'elle donnerait sa vie pour lui, comme une mère pourrait le faire.
-Et toi Beth, comment vas-tu ? M'interrogea-t'elle à son tour. En rencontrant son regard, je vis qu'elle était vraiment inquiète à ce sujet, que ma réponse lui importait réellement. Nous étions presque tous les soirs, toutes seules attendant que nos amis rentrent et je me doutais qu'elle avait remarqué ma fébrilité une fois que la nuit tombait. Peut-être aussi avait-elle repéré l'angoisse qui m'imprégnait en l'absence de Rick et Daryl. Pour la première fois depuis qu'ils m'avaient retrouvé à l'hôpital, j'eus envie de me livrer à quelqu'un, en toute honnêteté, j'eus envie de me confier, je savais qu'elle n'aurait pas pitié de moi, et qu'elle ne me considérerait pas comme une enfant en état de choc. Michonne n'était pas comme ça, elle était compréhensive et prête à écouter en cas de besoin. Alors que j'allais lui répondre, la porte s'ouvrit pour laisser apparaître Rick, provoquant un sourire sur nos lèvres, sourire qui s'estompa lorsque je remarquai qu'il était seul.
-Hé. Nous salua-t-il visiblement épuisé.
L'angoisse, jusqu'à présent confinée en moi, commença à pointé le bout de son nez. L'absence de Daryl m'oppressa d'un seul coup, la crainte se reflétant surement sur mon visage.
-Euh Rick... j'essayai de calmer la peur que je ressentais, mais le bégaiement de ma voix montra clairement que je n'y arrivais pas. Où est-il ? Finis-je par demander.
-Tout va bien. Me rassura-t-il en posant sa main sur mon épaule. Nous avons ramené un homme avec nous aujourd'hui, nous avons décidé de le garder enfermé pour la nuit. Daryl monte la garde, dans la maison en bas.
Je baissai la tête vers mes pieds, rassurée mais en même temps inquiète à l'idée de ne pas l'avoir près de moi. Rick dut le remarquer car il ajouta d'un air amusé.
-Va le rejoindre, je suis sur qu'il sera content de ne pas être seul.
Je savais qu'il n'en pensait pas un mot, comme si la solitude pesait à Daryl Dixon. J'étais consciente aussi que la situation l'amusait un peu mais je fus reconnaissante qu'il me le proposait sans que j'eus à demander, car je savais que je l'aurais fait. Si je voulais y aller ce n'était pas vraiment pour lui, c'était juste pour moi, car sa présence était essentielle à me garder sereine, j'avais juste besoins d'être prêt de lui. C'était complètement insensé et très certainement risible mais pour l'instant, c'était ma seule préoccupation.
Je les saluai d'un « bonne nuit » avant de les laisser entre eux.
Arrivée devant la maison en question, je me trouvai à hésiter entre la marche à suivre, j'avais un sérieux doute sur les raisons qui me poussaient à être là. Je ne voulais pas lui expliquer le pourquoi je venais le rejoindre, je ne voulais pas voir son regard plein de questionnement sur moi. Je n'avais toujours pas compris pourquoi il était si patient avec moi, il acceptait que je m'insinue dans son espace vital sans émettre le moindre reproche et je ne comprenais pas le pourquoi. Bien sur, il n'était pas au courant que lui seul avait le pouvoir de calmer mes craintes, j'aurais voulu lui expliquer, lui parler mais je ne savais pas comment il réagirait. Lorsqu'il était près de moi, pleins d'émotions se mélangeaient en moi. Je sentais une force m'habiter, alors même qu'un feu brûlait mes entrailles de l'intérieure. A chaque fois, ma réaction me laissait tellement confuse. Comment expliquer quelque chose, que je n'arrivais même pas à comprendre ?
Pendant une fraction de seconde, je voulus rebrousser chemin, repoussant l'envie de le rejoindre, mais je devais avouer que je ne voulais en rien me retrouver face à moi-même dans le lit, dans son lit. Quelque chose au fond de moi m'amena à la porte et me força à la franchir.
Je l'aperçus tout de suite, assis à même le sol, la tête légèrement inclinée vers l'arrière reposant contre le mur, les yeux fermés. Je sus à sa respiration qu'il ne dormait pas.
-Qu'est-ce que tu fais là ? S'informa-t-il, il était évident qu'il savait que c'était moi, ses instincts de chasseur bien encrés en lui.
Il ouvrit les yeux et me fixa de son regard pénétrant, provoquant chez moi, une série de picotements le long de la colonne vertébrale, me paralysant momentanément. Je ne lui répondis pas, je me contentai d'hausser les épaules, je m'assis à l'opposé de lui, ne voulant pas qu'il me trouve envahissante même si j'avais conscience de l'être. J'étais désireuse de lui laisser son espace personnel, évitant ainsi de l'incommoder par ma présence. Sachant que le fait d'être dans la même pièce m'apaisait déjà, cette réaction était inexplicable et je ne cherchais même pas à en connaître la raison. Juste être là, me suffisait.
Je sentais son regard insistant sur moi, il m'observait, les yeux remplis de questions qu'il taisait à la perfection. Je fis comme lui, me refusant à détourner le regard. Cette situation me ramena des mois plus tôt, dans une maison funéraire, assis à une table, rien que nous deux. Je frissonnai au souvenir de l'intensité de son regard ce soir là... cette façon qu'il avait eu de me fixer, se refusant de mettre des mots sur la réponse à ma question. J'y avais tellement songé à ce moment, essayant de décrypter l'expression de ses yeux mais encore aujourd'hui, je n'avais pas la traduction.
-Quoi ? Me demanda-t-il alors, me faisant sursauter et sortir de mes souvenirs, il avait du remarquer mon trouble.
-Non, rien. Répondis-je gênée d'être prise dans une telle pensée. C'est qui le type que tu surveilles ? Repris-je alors pour détourner son attention.
-Un gars qui se fait appeler Jésus. M'expliqua-t-il, levant les yeux au ciel. Il a essayé de nous prendre un camion rempli de vives qu'on avait réussi à dénicher. Et à cause de ce con, il est au fond d'un lac.
Je ne pus m'empêcher de sourire devant son récit. Les pauvres, la journée n'avait pas dû être des plus faciles.
-Rick a voulu qu'on le reprenne avec nous.
-Comme si toi, tu l'aurais laissé. Ironisais-je.
-Peut-être.
-Menteur, m'amusais-je de son comportement. Il ne comprendrait jamais qu'il était quelqu'un de bien. Il savait prendre les bonnes décisions, il nous l'avait prouvé un nombre incalculable de fois.
Mon regard se figea à nouveau sur lui, il était tellement unique. Je réalisai alors que les autres jours à cette heure là, nous étions déjà au lit, ensemble. L'idée parût très étrange, mais j'avais cette impression que mon corps réclamait son contact et ça de plus en plus souvent.
L'appel fut plus fort que moi, et je me rapprochai de lui, ce geste était en fait plus naturel que je l'aurais cru, pas un mot ne sortit de mes lèvres,je me plaçai juste à ses côtés. Il ne réagit pas, ne fit pas un mouvement, il me laissa simplement me mettre comme je le voulais.
Le silence nous entoura alors quelques instants, nous apportant un moment de tranquillité et de calme attendu et revigorant. Nous étions tous les deux perdus dans nos pensées respectives.
-Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ces hommes ? Voulut-il soudainement savoir. Ce n'était pas dans ses habitudes de poser ce genre de questions, je ne savais pas trop quoi lui répondre, je n'avais jamais penser à lui raconter, en fait j'aurais tout simplement voulu oublier, faire comme si ça n'avait jamais exister, oubliant que j'avais été assez stupide pour me faire prendre.
-T'es pas obligée de répondre, désolé. Dit-il précipitamment, mal à l'aise devant mon absence de réponse.
-pourquoi veux-tu savoir ?
Ma question le laissa un instant sans voix, je le vis hésiter et je crus qu'il ne répondrait pas.
-Souvent la nuit, tu gesticules, tu parles un peu, tu marmonnes … c'est incohérent et pas vraiment compréhensif. Je vois que ça te hante. Son honnêteté me surprit autant qu'elle me réjouit, mais le rouge s'installa sur mes joues dans la seconde. Sa déclaration me pétrifia en pensant à la tournure que prenais parfois mes rêves, une bouffée de chaleur s'empara de moi, je pinçai les lèvres et décidai de lui répondre.
-Rien de grave. Avouais-je à mi voix, et c'était vrai, je savais que j'avais évité le pire et ce qui me terrifiait, c'était ce qui aurait pu se produire.
-Les homme qui m'ont enlevé, ceux avec le « w » sur le front, je ne sais pas vraiment ce qu'ils attendaient de moi, je suppose qu'ils avaient juste besoin d'une femme, je sais qu'ils m'auraient tué après s'être amusé.
Je ne pus repousser le frisson d'horreur qui me parcourut le corps à ce souvenir avant de poursuivre.
-Je ne voulais pas me laisser faire, j'étais décidé à me défendre, de toute façon j'avais compris ce qu'ils allaient me faire. Un homme s'est approché de moi, je savais que je devais faire quelque chose avant que … Enfin, je lui ai arraché un morceau d'oreille avec mes dents. Expliquais-je avec une légère grimace, mais j'étais assez fière de ce petit exploit. J'observai alors Daryl, relevant les yeux vers lui, un peu honteuse de ce que j'lui disais et je le vis, les poings et la mâchoire sévèrement serrés. Il sourit légèrement malgré sa crispation suite à mon récit, m'incitant à continuer.
-Je crois qu'il n'a pas apprécié car il m'a frappé, le coup m'a assommé. Je ne sais pas combien de temps s'est passé avant qu'il revienne, mais lorsque je l'ai vu, j'ai su que cette fois-ci, il ne me laisserait aucune chance de me débattre... On était dans le noir totale, je ne voyais rien, le camion roulait, et je savais, j'ai senti son souffle sur moi et je savais …. il allait me violer. Réussis-je enfin à prononcer, les mots étaient sortis de ma bouge comme s'ils pesaient des tonnes, m'arrachant une mimique de dégoût.
-C'est à ce moment là que les motards que t'as explosé sont arrivés, ils ont arrêté le camion, tué ces hommes et ils m'ont emmené avec eux. Ils ont empêcher cet homme de faire ce qu'il allait me faire.
Lorsque j'eus fini mon récit, on aurait dit qu'il avait buggé, il était figé sur place, comme paralysé. Son regard était noir de colère, il ne décrispa pas la mâchoire, ne fit aucun geste, et aucun son ne sortit de sa bouche. L'inquiétude commença à m'atteindre, ne sachant pas qu'elle attitude adopter, je ne savais pas quoi dire, ni quoi un court instant, je regrettai de lui avoir dit. C'était mes problèmes, mes cauchemars et en aucun cas je voulais qu'ils retombent sur lui. Qu'il s'en sentent responsable. Je savais que c'était dans son caractère de se blâmer pour tous nos malheurs, me rappelant cet après-midi ensoleillé à l'arrière d'une vieille cabane.
-Désolé. Lâchais-je alors.
-Ne t'excuse plus jamais pour ce que ces connards ont fait ! Claqua-t-il en haussant le ton, ses yeux tombèrent sur moi, je niai doucement de la tête voulant lui faire comprendre qu'il m'avait mal compris.
-Non, je suis désolé d'être un fardeau pour toi. Ce n'est pas ce que je veux. Avouais-je alors.
Et c'était vrai, je ne voulais pas qu'il se sente responsable de moi, je ne voulais pas qu'il s'oblige à me surveiller et à rester prêt de moi comme s' il devait veiller sur moi.
-Ce n'est pas ce que t'es. Rétorqua-t'il alors, ses yeux toujours figés sur moi.
-Alors qu'est-ce que j'suis ? Les mots se précipitèrent hors de ma bouche sans que je puisse les arrêter. A nouveau, il s'immobilisa complètement, comme si mes paroles l'avaient gelé sur place. J'aperçus son embarras immédiatement et je m'en voulus d'y être responsable. Mais il ne bougea pas son regard, qui resta blogué dans le mien, et même si je l'aurais voulu, je n'aurai jamais su m'en détourner. Je ne compris pas ce qui se passait en lui à ce moment là, mais je réalisai ce qui se passait à l'intérieure de mon corps. Je réalisai à l'instant le besoin qui m'envahissait, mon regard glissa alors sur ses lèvres, juste une fois, juste pour voir, juste pour savoir. Laissant mes yeux plantés dans les siens, je me rapprochai lentement, millimètre par millimètre, ayant subitement peur qu'il recule. Doucement, je comblai la distance qui séparait nos lèvres. Je remarquai la présence d'une étincelle dans son regard, il resta parfaitement figé. Ce fut à cet instant précis, que mes lèvres frôlèrent les siennes. Je sentis son souffle sur ma bouge et je renforçai le contact en appuyant plus fortement contre ses lèvres. Je le sentis se raidir mais il ne fit aucun geste pour reculer ou fuir mon geste. Étonnamment, il pencha la tête légèrement sur le côté venant à la rencontre de mes lèvres comme pour approfondir mon action. Encouragée, ma langue caressa ses lèvres voulant plus de lui, lui demandant de me laisser le passage. Je le sentis se détendre et relâcher la pression accumulée dans ses muscles. Sa bouche s'ouvrit d'abord timidement mais il partagea bien vite ma passion en entrelaçant sa langue à la mienne. Sa main vint se poser sur ma nuque comme pour me rapprocher et rendre ce que j'avais initié plus intense. J'avais l'impression d'avoir quitter la terre ferme, comme si les rêves qui me tourmentaient ces dernières semaines se réalisaient enfin. Sauf que tout ce que j'avais pu imaginer, n'avait rien à voir avec ce que j'étais entrain de vivre, la réalité était tellement plus forte en émotions. Un feu entier parcourait mes veines, j'avais l'impression de m'enflammer à chaque fois que sa langue passait sur mes lèvres.
Il s'arracha de notre étreinte brusquement, coupant court à toute sensation que je découvrais, me laissant frustrée.
-T'as entendu ça ?
-Quoi ? "Le son de mon cœur qui bat à une vitesse folle dans ma poitrine", eus-je envie d'ajouter, ressentant encore son touché sur moi, provoquant des ondes de plaisirs.
Il me fixa, je savais que mes lèvres devaient encore être marquées par les siennes, entourées de rougeurs. Ma bouche légèrement ouverte, alors que j'allaitais doucement, essayant de retrouver une espèce de contrôle et reprenant une respiration plus lente.
Il se détourna alors, se dirigea vers la pièce où le prisonnier était retenu mais il revint en jurant toute sorte de nom d'oiseaux.
-Putain, le salopard, il s'est enfui.
Je me remis instantanément sur mes pieds et alors qu'il se précipitait dehors, je le suivis sans dire quoique ce soit. Nous tombâmes nez à nez avec Maggie et Glenn.
-Par là. Indiqua ma sœur.
Ce type était dans notre maison, lorsque nous le rejoignîmes, il était face à Carl dans les escaliers, celui-ci le menaçant de son arme. Il se retrouva encerclé par des flingues.
Rick apparut alors à moitié nu, suivis de prêt par Michonne, tous les deux relativement mal à l'aise de toutes ces présences. Je ne pus m'empêcher de sourire , imaginant ce qui avait dû se passer entre ces deux là. Nous avions tous nos yeux braqués sur eux, surpris de les trouver ainsi.
-Comment t'es sorti ?
-Disons que tout le monde à l'air de bien se distraire ici. Répliqua le nouveau venu en fixant Rick et Daryl.
-Ta gueule ! Rugit Daryl.
Mes joues me brûlèrent alors suite aux aveux de l'homme face à nous, je remerciai l'obscurité de la nuit.
-T'as dit que tu voulais parler et bien... Allons-y. Annonça Rick.
Nous étions tous réunis autour de la table, chacun de nous dévisageant l'inconnu. Essayant d'évaluer le potentiel danger qu'il représentait. J'étais assise juste en face de lui, me permettant de l'observer sans limite. Il portait les cheveux long ornés d'un bonnet, une barbe soignée entourait son visage, et il avait des yeux verts qui sans mentir étaient très beaux. Sans savoir pourquoi, je ne pus imaginer cet homme comme dangereux, j'avais l'impression de voir une réelle bonté au fond de ces pupilles. Ou était-ce encore ma naïveté qui me faisait défaut ? Pour l'instant, je ne pouvais pas laisser une simple impression dicter notre conduite face à cet inconnu. Tous le monde l'étudiait comme s'il avait été une bombe à retardement sur le point d'exploser et qu'ils devaient trouver de quoi la stopper. Malheureusement, le monde actuel nous avait appris à ne faire confiance à personne sans savoir de quoi il en retournait.
-J'ai visité votre arsenal, lança-t-il nous figeant sur place, ce n'était peut-être pas la meilleur chose à nous dire alors qu'il était considéré comme suspect. Vous êtes bien équipé, c'est impressionnant. Par contre, vous êtes assez limité niveau vives. J'ai bien aimé le cookie, mes compliments au chef.
Il leva la tête vers moi d'un air aimable, mais avant que j'ai eu le temps de dire quoi que ce soit, Daryl intervint sèchement.
-Oui, bin elle est pas là.
Sa voix était rude, ses yeux sombres jetaient des regards mauvais. Une mèche de ses cheveux retombant devant l'œil droit, camouflant une partie de son expression mécontente. Je le regardai alors essayant silencieusement de le calmer, ce qui ne fonctionna absolument pas. Je soupirai de frustrations devant son comportement, je pouvais sentir de là où je me trouvais à quel point il était énervé. Je remis mon attention sur Jésus, essayant de rendre les choses plus faciles, il fit le premier pas vers une meilleure entente.
-Entre-nous ça a mal commencé, mais nous sommes du même côté. Rick et toi, vous auriez pu me laisser là-bas mais vous ne l'avez pas fait.
Face à cette vérité, je ne pus m'empêcher de sourire timidement. Daryl me jeta un rapide coup d'œil, se rappelant certainement ce que je lui avais dis à ce sujet. Je profitai de son geste pour planter mes yeux dans les siens mais il se détourna aussi vite.
-Je viens d'un endroit qui ressemble à celui-ci. Mon but est de trouver d'autres groupes avec lesquelles faire des échanges. Si j'ai essayé de prendre votre camion, c'est parce que nous avons besoin de provisions et en plus je n'avais pas confiance... Je me trompais, vous êtes des gens bien. Expliqua-t-il honnêtement.
Il observa chacune de nos réactions, je lui souris ayant vraiment ce sentiment que lui aussi était une bonne personne, je ne savais pas l'expliquer, c'était une chose que je percevais chez lui. Je me souvins avoir eu la même sensation lors de notre rencontre avec Aaron. Nous avions aussi douté de ses intentions et pourtant, il se révélait être un atout pour notre groupe.
-Je pense que nos communautés pourraient s'entraider. Continua Jésus.
-Vous avez des vivres ? Demanda vivement Glenn, sachant que pour nous ça devenait une priorité.
-On élève du bétail, on possède nos propres plantations.
-Du bétail ? Me surpris-je à répéter, pensant inévitablement à la ferme de mon père. Imaginer que d'autres endroits comme Alexandria existaient, était étrange. Je me rendis alors compte que j'avais oublier l'idée que d'autres hommes pouvaient avoir survécu au nouveau monde. C'était assez plaisant de concevoir un lieu où l'homme aurait reconstruit une vie correcte et sécurisée, mais je n'étais pas assez stupide pour croire à une idéologie. Après tout, ce n'était pas la première fois qu'on essayait de dresser des murs autour de nous et pourtant à chaque fois, l'échec était encore plus douloureux. Comment croire que les choses pouvaient être différentes ? Comment croire que des groupes entiers de gens biens existaient toujours, alors que tous ceux que nous avions rencontrés n'étaient que vice et perversité ?
L'homme devant moi, me sourit, ravi de l'effet de surprise qu'il provoquait. Je remarquai alors le regard contrarié de Daryl, j'aurais voulu lui demander pourquoi il était aussi fâché. Était-ce à cause de moi ? Ou plutôt à cause de ce que j'avais fait ? Alors les choses seraient-elles comme ça à présent ?Je savais que j'avais agis sur un coup de folie mais ce n'était qu'un baiser, rien d'autre, pas de quoi faire toute une histoire. Essayais-je de me convaincre.
Il secoua la tête visiblement toujours en colère, si pas plus encore et il tourna son attention sur Rick qui interrogeait Jésus.
-Pourquoi on devrait te croire ?
-J'peux vous montrer, on peut s'y rendre ensemble. Vous pourrez alors vérifier ce que je vous ai dit. Vous le verrez de vos propres yeux.
-Tu dis que tu cherches d'autres campements ? Demandais-je alors, j'échangeais un regard avec ma sœur qui je le savais, était sur la même longueur d'onde que moi.
-Ça veut dire que vous échangez déjà avec d'autres communautés ? Finit-elle étonnée et n'osant pas encore y croire, tout cela paraissait un peu trop beau pour être vrai.
-Votre monde va devenir beaucoup plus grand. Sourit le nouveau, fier de sa déclaration.
Lorsqu'il posa son regard sur moi, je ne pus imaginer cet homme avoir de mauvaises intentions, j'espérais fortement qu'il n'en ait pas et que ce soit quelqu'un de bien avec des principes et des valeurs admirables. Quelqu'un sur qui nous pourrions compter dans l'avenir. Ça devait être comme ça et pas autrement, sinon ça finirait mal pour lui. C'était une certitude.
-Nous devons y aller. M'exclamais-je tout haut, révélant ce que tout le monde pensait tout bas.
Et voilà, j'espère que ce chapitre ne vous a pas semblé trop long, je vous rassure, les choses vont bientôt bouger, pour l'instant je suis l'intrique de la série, essayant de faire intervenir Beth du mieux que je peux et de la rendre importante mais d'ici quelques chapitres l'histoire prendra un chemin différent. Dites moi ce que vous avez pensé du passage Daryl/Beth. Merci de me laisser une petite review.
A bientôt, le prochain chapitre devrait être moins long à arriver.
