note de l'auteur: je vous rappelle que malheureusement les personnages de The walking dead ne m'appartiennent pas et que tout ce que j'écris, c'est que pour mon propre plaisir.
Je tenais à tous vous remercier pour vos gentilles reviews qui me vont droit au cœur, j'espère que ce chapitre sera à la hauteur de vos espérances et que je ne vous décevrai pas. il y a une petite note à la fin du chapitre. je pense que j'ai finis de blablater, je vous laisse à votre lecture. Je tenais à m'excuser pour les potentielles fautes qui pourraient y avoir, si vous découvrez des erreurs récurrentes n'hésitez pas à m'avertir, ça peut que me servir.

Chapitre 11

Une fois la décision prise, nous nous préparâmes pour le voyage, cette fois, quoique les autres purent penser, j'étais bien décidée à me joindre à eux. Mais à mon étonnement, personne ne me contredit.
Avec ma sœur, nous chargeâmes les affaires qui nous seraient utiles, nous assurant que nous avions le nécessaire en cas de problèmes.
En sortant de la maison, j'aperçus Daryl discuter avec Denise, m'ignorant totalement. Rick s'approcha de moi.
-Tu es sur que tu veux venir ? Me demanda-t-il alors l'air soucieux, Juddith accrochée à sa hanche.
-Bien sur, j'veux voir cet endroit de mes propres yeux.
Je lui fis alors un grand sourire qui se voulait rassurant, je ne savais pas pourquoi il devait toujours se sentir responsable de nous tous. Mais ça faisait partie de Rick, si tu comptais pour lui, d'office, il faisait tout pour te protéger. Je ne pus m'empêcher de le taquiner un peu, histoire de le détendre.
-Beau couple ! Me moquais-je gentiment en désignant Michonne d'un mouvement de tête. C'était un peu une façon de me venger de ces railleries concernant Daryl et moi. Même si il n'y avait aucun Daryl et moi, me corrigeais-je mentalement. Je ressentais une vraie frustration face au geste que j'avais eu la veille, j'étais consciente que j'avais agis de façon stupide. L'ancien shérif rougit légèrement en accordant un regard à la samouraï et s'excusa avant de continuer sa route. Je repris également mon chemin vers le mobile home et en descendant les marches du perron, je me permis un regard dans la direction de l'archer.

Alors que nous allions bientôt prendre la route, je m'approchai de Carl qui tenait Juddith.
-Nous allons y aller. L'informais-je, exprimant ainsi le faite qu'il était l'heure de monter dans le camping car.
-Je ne viens pas. M'annonça-t-il alors, me surprenant.
-Oh, t'es sur ?
Il acquiesça simplement, je pris le bébé dans mes bras.
-Tu prends soin de ton grand frère pour moi. Recommandais-je doucement en parlant à la petite fille serrée contre moi. Tu vas me manquer bébé.
Abraham cria qu'il était temps d'embarquer avec son langage bien à lui, me faisant légèrement sursauter. Sa brusquerie m'étonnerait toujours.
-Et toi, ça va ? M'interrogea rapidement Carl, il dirigea son œil vers Daryl qui montait dans le véhicule, m'indiquant de quoi il parlait.
-Tracasse. Rétorquais-je finalement avec un petit sourire, ce n'était certainement pas le moment de lui expliquer combien j'avais agis bêtement. Et franchement, je n'étais pas certaine de vouloir rentrer dans les détails, ni de subir sa réaction.
-Bon, j'dois y aller. Fais attention à toi.
J'embrassai une dernière fois la tête de Juddith et lui tendis, non sans un serrement au cœur. Je grimpai alors dans le camping car, fermant la porte derrière moi et l'engin se mit en route, Rick au volant, Michonne à ses côtés.
L'envie de m'installer à côté de Daryl fut grande, mais le souvenir de la façon dont il m'ignorait depuis la veille, me refroidit aussi vite. Je secouai la tête comme si j'avais fait la pire chose au monde. Mais bon sang, ce n'était qu'un baisé, rien d'autre. Malgré le besoin d'être près de lui, je détournai le regard et pris place près de Maggie, qui me fixa d'un air soupçonneux.
-Quelque chose ne va pas ? Murmura-t-elle au creux de mon oreille, s'assurant que personne ne puisse entendre.
-Je ne peux plus venir près de ma grande sœur ? Souris-je pour dissiper son trouble, essayant d'être la plus légère possible.
Elle prit ma main dans la sienne et la serra doucement en m'offrant un sourire que je lui rendis. Elle posa ensuite sa tête sur l'épaule de Glenn et avec l'aide du doux mouvement du véhicule, elle s'endormit. Moi-même, j'inclinai la tête contre la vitre, observant le paysage qui défilait. Même si j'avais voulu dormir, je savais que ce n'était pas une très bonne idée, ne voulant en aucun cas que les autres se rendent compte que j'étais perturbée. Voulant absolument cacher mes démons aux yeux de tous. Et puis, j'étais pleinement consciente du regard de Daryl, planté sur mon dos, procurant une douce chaleur au creux de mes reins. Je n'osais pas bouger, je n'essayai pas de rencontrer ses yeux, ne voulant pas les rencontrer, imaginant sans peine son air impassible plaqué sur son visage, peut-être pire, un air colérique. Mais saisissant un mouvement d'Abraham qui s'approchait de Glenn, je me permis un coup d'œil dans sa direction. Dés que je tombai dans ses yeux bleus, les souvenirs de la veille me frappèrent, faisant monter en moi une bouffée de chaleur, je me détournai alors d'un coup sec. " Il est peut-être temps de reprendre le fil de tes émotions" me grondais-je intérieurement.
Sans le vouloir, des brides de la conversation entre le rouquin et mon beau frère arrivèrent à mes oreilles. Me faisant sourire, lorsque j'en saisis le sens. Celui-ci voulait connaître les raisons d'avoir un bébé dans notre monde. Et il était claire que c'était quand même une question assez censée alors que le monde était parti en enfer. Avec la délicatesse légendaire d'Abraham, leur dialogue avait un côté assez comique. Ne voulant pas être trop indiscrète, je m'éloignai de leur discussion pour me rapprocher de Jésus.
-Vous êtes nombreux chez toi ? Demandais-je alors.
-Assez bien.
-Le dirigeant, il est comment ? Comme Rick ? Voulus-je savoir, remplie de curiosité. Je ne savais pas exactement la raison, mais j'avais cette impression que tous les gens bien qui restaient, devaient avoir un chef de file à l'image du nôtre. Bien entendu, je savais mon idée très irréaliste et stupide, mais l'idée d'avoir plus de gens comme Rick, était rassurante.
-Pas vraiment, non ! Sourit-il d'un air énigmatique. C'est un vrai crétin.
Alors que je voulais lui demander d'autres détails sur son univers, certainement le côté barvade en moi qui se réveillait, j'entendis la voix de Daryl retentir.
-Hé Rick, C'est quoi ça ?
J'observai alors la route et jésus se redressa d'un bond, avec l'air soudainement oppressé. L'inquiétude se peignait sur son visage.
-C'est une des nôtres, s'écria-t-il en se dirigeant vers la sortie, remarquant un rôdeur blogué en dessous d'un véhicule. Voyant l'état du mort vivant, je supposai qu'elle ne ressemblait plus du tout à ce qu'elle avait du être.
Rick stoppa le véhicule et nous descendîmes tous, subitement en alerte, j'aperçus directement le conducteur sortir son armes et la pointer droit sur Jésus.
-Si c'est un piège ou je ne sais quoi... Hurla-t-il.
-Oh ça va. Il n'a rien fait, intervins-je alors sans savoir pourquoi, quelque chose me poussant à prendre la défense de ce type, voulant croire en lui. Et je refusais de me tromper.
-Ce sont des gens de son groupe. Insistais-je en voyant le visage pâle et inquiet de Jésus. Soit c'était un très bon acteur, soit tous ça n'était pas une mascarade et des gens avaient réellement des problèmes.
-Beth, recule ! S'écria Daryl, le son de sa voix me plongeant dans une colère noir.
-Jusqu'à preuve du contraire, il n'a rien fait. Argumentais-je. Vérifions si ce qu'il dit est vrai, avant de faire quoi que ce soit que nous pourrions regretter.
-Mes amis sont en danger, il n'y en a pas beaucoup qui savent se battre. Vous me prêtez une armes ? Reprit Jésus.
-Non, répondit sèchement Daryl. Il y a des traces ici.
Je savais parfaitement qu'il parlait à Rick mais ses yeux me fixaient toujours et je voyais sur son visage à quel point il semblait contrarié. Nous suivîmes les empreintes jusqu'à une espèce de baraque en bois, comprenant que les survivants avaient du se mettre à l'abri à l'intérieure.
-On entre ou pas ? Interrogea d'un ton bourru Abraham.
-Comment être sur qu'ils vont pas nous tirer dessus. S'énerva Daryl faisant les cent pas, face à nous. Il ressemblait à un lion en cage, près à bondir au moindre signe. Sa réaction était excessif, d'habitude il arrivait à gérer ce genre d'imprévu sans se mettre dans cet état, je supposai donc que je devais être en partie, responsable de son énervement.
-Si il y a encore des survivants la dedans, commençais-je. Ils sont peut-être blessés et ce sont ses amis, nous devons les aider.
-Et si c'est l'inverse, si ce sont des trous du cul ? M'interrogea-t-il directement, ses yeux illuminés de colère, me faisant comprendre que j'avais vu juste.
-On va aller les chercher. Toi, tu restes ici avec l'un des nôtres. Intervint Rick en se retournant sur Jésus.
-Je reste avec lui. Proposais-je.
Les yeux de Daryl rencontrèrent les miens et sans hésiter je le provoquai du regard, qu'il ose s'opposer et je ne répondais plus de rien. La furie ressentie au fond de moi, était prête à sortir et à être dirigée sur lui. Mais il s'abstint de tous commentaires, se contentant de secouer la tête de droite à gauche.
Jésus m'offrit un sourire reconnaissant et me sentant en confiance, je m'avançai vers lui, me plantai face à son visage et pris un air dur.
-Si c'est une connerie de piège, j'te tuerai moi-même. Le prévins-je d'un ton sans appel.
Il acquiesça de la tête et leva les mains en l'air en signe d'innocence. J'aperçus un rictus amusé sur les lèvres de Daryl, ce qui eut le don de m'apaiser d'un coup.-Je reste avec toi. M'annonça Maggie en prenant place à mes côtés, Glenn l'ayant certainement poussée dans cette idée. Rick passa les menottes à l'homme en face de nous. -Si vous entendez siffler, tuez-le. Nous acquiesçâmes toutes les deux alors qu'ils se dirigèrent à l'intérieure. Avant de s'engager entièrement dans l'habitacle, Daryl et Glenn nous jetèrent un dernier coup d'œil. Maggie et moi levâmes nos armes en direction de Jésus, prêtes à faire ce qu'il fallait au moindre signe de nos amis. Alors que l'archer avait disparu de ma vision, je ne pus empêcher cette sensation maintenant récurrente chez moi d'envahir l'intérieure de mon être. L'inquiétude de le perdre devenait de plus en plus forte au fil des jours qui passaient et je ne pouvais empêcher cette angoisse de m'habiter que ce soit lors des ravitaillements ou dans des missions comme celle-ci. Je sentais le regard de Jésus sur moi, je savais qu'il nous avait vu en s'enfuyant de sa prison et je priai pour qu'aucune remarque à ce sujet ne sortent de sa bouche. -J'espère pour toi qu'il ne leur arrivera rien ! Ne puis-je m'empêcher de prononcer d'un air menaçant. -Nous ne sommes pas comme ça. Dit-il simplement et allez savoir pourquoi, je le crus.

Au bout d'un bon quart d'heure, vingt minute, les autres réapparurent alors avec trois hommes et une femmes du groupe de Jésus. Nous ne traînâmes pas sur place et reprîmes la route direction la colline. L'un des rescapés était blessé et avait l'air en état de choc. Un autre parlait à Maggie en tripotant une série de médicaments qu'ils étaient venus récupérer, avant de rencontrer des ennuis. Il remercia Glenn de les avoir sauvés. J'appris qu'il était médecin et surtout spécialisé en gynécologie, je souris à ce fait, ça serait utile pour Maggie surtout lors de l'accouchement, ça éviterait les mêmes soucis que nous avions rencontrés avec Lori. Ce souvenir me refroidit, la peur de perdre ma sœur et que celle-ci puisse souffrir était devenue difficile à contrôler. Elle m'avait expliqué ce qu'elle avait du faire pour faire naître Juddith et je n'imaginais même pas ce qu'elle avait du ressentir. Si je devais perdre Maggie, je n'étais pas certaines de pouvoir le gérer. Alors que j'étais perdue dans mes pensées, le camping car se blogua.
-Le sol est abîmé par l'orage, nous sommes embourbés. Expliqua Rick.
-Super. Ne puis-je m'empêcher de marmonner.
Jésus se leva, jeta un coup d'œil vers l'extérieur et dans un sourire nous rassura.
-Pas de problème, on est arrivé.
Nous sortîmes tous du véhicule, un mélange de sentiments m'habitant, hésitant entre le plaisir de découvrir d'autres personnes et l'angoisse de ce que nous allions trouver. De nos jours, nous n'étions en sécurité nul part et le fait d'arriver dans un endroit inconnu, avec des personnes que nous ne connaissions pas, n'était pas vraiment la chose la plus rassurante. Nous nous retrouvâmes alors face à un mur de tôle, protégeant l'intérieur des rôdeurs. Avec une certaine appréhension, nous nous avançâmes doucement, l'empressement de savoir le fin mots de cette histoire, grandissant en moi. Souhaitant silencieusement que la vie puisse devenir légèrement meilleure.
-Ne bougez plus! Hurla un type en haut du mur. Plusieurs Hommes qui montaient la garde, nous pointèrent avec des espèces de lances. Sans attendre, nous dégainâmes nos armes et les dirigeâmes dans leur direction, prêt à les abattre au moindre geste. "C'est plutôt mal parti" soupirais-je dans ma tête. Daryl se plaça instinctivement devant moi, comme pour me protéger.
-Vous comptez faire quoi ? Cria-t-il.
Jésus essaya de calmer les choses, il se plaça devant nous, s'excusa pour l'accueil peu chaleureux.
-Kal, ouvre les portes. Intima-t-il. Freddy est blessé.
-Qu'ils lâchent leurs armes. Proposa durement L'homme en hauteur.
-T'as qu'à venir les chercher. S'écria Daryl.
-On se porte garant de ces gens, intervint le médecin. Ils nous ont sauvé.
Doucement, je posai ma main sur le bras de l'archer devant moi, le sollicitant à se calmer.
-Je ne peux pas prendre de risque, annonça Rick en baissant lentement son arme. Dis à ton Grégory de venir nous parler ici.
-Non, gardez vos armes. On n'a plus de munitions depuis longtemps. J'vous aime bien, confia Jésus en fixant notre leader. Il se tourna dans ma direction. Je vous fais confiance, faîtes nous confiance. Essaya-t-il de nous convaincre.
Je m'autorisai un coup d'oeil à chacun de mes amis, voyant le doute inscrit sur tous les visages, la situation ne pouvait pas rester comme cela.
-Allons-y Rick. Sans essayer, on ne saura pas. Énonçais-je alors.
Il fit un signe de tête aux autres, indiquant son accord et je souris faiblement, espérant silencieusement avoir raison.
-Ouvre les portes, Kal ! Répéta Jesus d'un ton autoritaire. Et quelques secondes plus tard, celles-ci s'ouvrirent, nous laissant découvrir l'intérieure.
La première chose que je vis, fut cette grande demeure au centre de la communauté. Jésus nous expliqua comment ils avaient réussi à reconstruire un semblant de vie « normale » entre ces murs. Ceux-ci avaient été construits grâce à du matériel de récupération, trouvé dans une ancienne usine. Il y avait plusieurs petite cabane en bois, ou plutôt des abris, qui servaient pour eux travailler, j'aperçus également un poulailler, un potager ainsi que des caravanes où les gens vivaient. Ça ressemblait à un camp de vacance ou encore un ancien village de forgeron. Mais l'énorme bloc de briques devant moi, semblait appartenir à un autre monde.
-Comment les gens ont su pour cet endroit ? Demanda Michonne. Nos visages portaient tous l'expression de la curiosité et de l'étonnement. J'écoutais Jésus expliquer.
-Barrythonhouse était là bien avant que le monde se socialise, il est devenu un bâtiment historique et lorsque le monde est tombé, les gens ont du penser que cet endroit serait toujours debout.
-C'est haut ! Remarquais-je alors en fixant les fenêtre au sommet du toit.
-Oui ! C'est pratique pour nous garder en sécurité, ça nous permet une bonne vision pour surveiller les alentours. Expliqua Jésus.
Je me trouvais au milieu de Rick et Daryl, lorsque l'homme au cheveux long nous incita à le suivre à l'intérieure du bâtiment, je leur jetai un coup d'œil, essayant de déchiffrer leur réflexion. Nous étions tous surpris de nos dernières découvertes. J'haussai alors les épaules, poussai un léger soupire et d'un bond je suivis Jésus et quelques secondes après, les autres m'emboîtèrent le pas. Il était temps d'essayer d'améliorer nos conditions de vie et c'était peut-être l'occasion.

Mes yeux allèrent partout,observant les murs qui m'entouraient, le décors. L'endroit était juste immense. Jésus nous indiqua qu'ils avaient aménager les lieux pour faire plus de chambres et de pièces de vies. Ce qui signifiaient que des gens habitaient là en plus des mobiles homes à l'extérieur. Et ils avaient encore comme but de construire pour accueillir plus de monde, la force résidant dans le nombre.
Alors que nous étions concentrés sur les explications de Jésus, les portes derrières Daryl s'ouvrirent, laissant apparaître un homme plus âgés, chemise bleu avec une veste de costume, un sourire surpris aux lèvres. Autant Jésus m'avait donné l'impression d'être quelqu'un de bien, autant cet homme devant nous, me laissait un goût amer dans la bouche.
-C'est moi, le patron ! Annonça-t-il d'un air triomphal, confirmant ma première analyse. Il portait un air suffisant sur le visage, un air hautain.
Rick s'avança vers lui, et je sentis l'homme le jauger des pieds à la tête. Notre leader voulut entamer la conversation mais l'autre type écarta l'idée d'un geste, nous recommandant ou plutôt ordonnant d'aller nous laver.
Son arrogance et son air méprisable m'étaient insupportable, comment un chef de troupe pouvait agir de la sorte ? Rick céda à sa demande, me surprenant. Je me rendis compte que même Jésus était exaspéré par la manière de faire de son leader. Et alors je me rappelai, ce qu'il m'avait dis plus tôt ce jour là « c'est un crétin », et je souris à la réalité de la chose. Il n'aurait pas su mieux le décrire.
N'ayant visiblement pas trop le choix, Jésus nous guida vers les salle de bain. En montant les escaliers, Rick se rapprocha discrètement de Maggie et moi.
-Allez vous laver et ensuite allez lui parler.
-Pourquoi ? Nous demandâmes en cœur.
-Je préfère éviter le face à face, avoua-t-il. Et puis, je pense que tu pourras le persuader et toi Maggie, tu dois prendre des initiative.
Je fus surprise et en même temps touchée par cette confiance qu'il m'accordait à ce moment là. Même si ce Grégory ne m'inspirait rien de bon, j'étais bien décidé à en démordre avec lui et à obtenir ce que nous étions venu chercher. Nous ne repartirions pas les mains vides, c'était une promesse.

Une fois sous la douche, je laissai mes pensées aller là où elles n'auraient pas dû se diriger. Je pris mon visage entre mes mains, les passant sur mes yeux comme pour effacer les images intrusives. Qu'est-ce qui m'avait pris?Pour quelle raison avais-je pu penser une seconde, pouvoir faire ce que j'avais fait ? Étais-je devenue folle ? Je fermai les yeux et un étrange picotement remonta le long de ma colonne vertébrale pour arriver à ma nuque, là où des mains avaient pris résidence moins de 24 heures auparavant. Provoquant la même sensation que lorsque je l'avais senti répondre à ma demande. Car il pouvait être en colère et dire ce qu'il voulait, il n'avait pas subi ce baiser, ils l'avaient partagé. Il y avait répondu. Je soupirai de frustration pour la énième fois depuis la veille, la crainte de ne plus pouvoir l'approcher me serra le cœur. Je mis fin à mon calvaire en sortant de la douche. Je m'habillai rapidement essayant de me concentrer sur ce qu'il m'attendait après. Une fois prête, je sortis pour me diriger vers le salon où nous devions nous retrouver avec Maggie.
Mais en arrivant, je surpris une conversation qui aux premiers mots, me fit sourire. Même si je me rendais compte que la curiosité devenait de plus en plus problématique avec moi, je ne sus me détourner de ce que j'entendais.
-Tu crois que ça dure depuis longtemps Rick et Michonne ? Demandait la voix robustre d'Abraham.
-J'en sais rien. Répondit honnêtement Daryl.
-Tu y as déjà pensé toi ? A te poser pour du bon ?
La question attisa encore plus mon attention alors que mon cœur s'emballait dans ma poitrine. Sans que je contrôle quoi que ce soit, j'imaginais le regard surpris de son interlocuteur. Il laissa un temps d'hésitation avant de répondre, et je ne pus m'empêcher de me demander à quoi il pensait.
-Et quoi, la merde elle se pose peut-être ? Sortit-il alors en reflétant plus ou moins ce que j'avais imaginer qu'il dirait, parler de ça avec Daryl c'était comme parler chimie avec un écureuil. Nous n'avions pas beaucoup plus de chance d'avoir une réponse.
Mes yeux se fermèrent deux secondes de désespoir. J'étais consciente qu'il ne se donnait aucun droit au bonheur quel qu'il soit, qu'il pensait ne pas le mériter. Son passé toujours ancré fortement en lui. Je l'entendis s'éloigner pour faire comprendre la fin du dialogue mais Abraham reprit.
-Même avec la petite Greene ?
Sa question me surprit, m'envoyant une décharge électrique dans tout le corps, je n'étais plus très sur de vouloir entendre la réponse, mais une force invisible me tenait sur place.
-Pfff. Fit-il et je compris qu'il était embarrassé.
-Elle est jeune. Finit-il par sortir, me frustrant plus que nécessaire, j'avais cette envie d'envahir la pièce et de hurler ses quatre vérités mais je savais que je n'étais pas censée entendre cette conversation. Alors je ne bougeai pas d'un cil.
-Tes yeux sont toujours sur elle. Souligna le roux, faisant accélérer mon rythme cardiaque. Tu penses réellement que personne n'a remarqué ?... Hé mec, cette fille n'est plus une gamine, c'est une femme et elle a le corps qui va avec.
Je fus soulagée d'être seule à cet instant car mes joues étaient en feu. Les paroles du grands costaux me surprenant, je savais que je n'étais plus une enfant mais l'entendre dire de cette façon était étrange. J'aurais tout donné pour voir la tête de Daryl à ce moment. J'étais persuadée que la conversation prendrait fin, connaissant l'archer et sa gêne face à toutes ces choses relationnelles. Mais l'étonnement imprégna tout mon corps lorsque je l'entendis répondre à nouveau.
"-Hé mec ! Répéta-t-il les parole d'Abraham. Garde tes yeux loin de son corps. Recommanda-t-il d'un ton un peu rude.
Un éclat de rire retentit en réponse à sa remarque et une boule de chaleur se forma au fond de mon ventre, mes lèvres s'étendirent dans un franc sourire. Je sus à cet instant précis que j'aurais une discussion avec Daryl sur mon geste imprévisible. Je ne laisserai pas les choses comme elles étaient.

Nous étions dans le bureau de Grégory, celui-ci nous scrutait de bas en haut, d'une manière qui ne me plaisait guère. J'avais cette conviction au fond de moi qu'il n'était rien d'autre qu'un vieux con prétentieux qui était incapable de faire quoi que ce soit par lui même. Cet homme ne serait qu'une gêne sur notre chemin et nous apporterait rien de bon, mais pour l'instant, je n'avais qu'une idée en tête, l'amadouer pour arriver à nos fins.
-Tout ça, ces gens … c'est là depuis le début ? Interrogeais-je alors, coupant court à son observation malsaine.
-Absolument.
-Comment avez-vous réussi à survivre ? Demanda Maggie.
-Il faut croire que j'suis doué ! S'écria-t-il de façon arrogante. Vous savez, je ne m'attache pas trop aux détails.
Je ne pus empêcher un rictus moqueur de sortir de mes lèvres devant ces dires.
-Vous trouvez ça drôle ?
-Quoi ? Ce monde ? Le fait que nous devons toujours nous battre pour survivre ? Le fait de devoir sans cesse s'inquiéter de l'avenir, des autres, des nôtres, des détails comme vous dîtes ? Non, je ne trouve pas ça drôle. Vous, parcontre, oui. Lâchais-je d'une voix remplie de provocation, le défiant d'un regard froid.
-Oula, elle mord. Reprit-il d'un air sarcastique, me dévisageant à nouveau.
J'avais qu'une envie, lui cracher à la figure, mais j'avais pleinement conscience que ça ne jouerait probablement pas en notre faveur, alors je m'abstins. D'un regard rempli de sagesse, Maggie me calma.
-Est-ce que la vie chez vous est aussi agréable qu'elle l'est ici ? S'informa Grégory.
-C'est différent. Répondit simplement ma sœur.
-Est-ce que vous avez de quoi vous en sortir ? Denrée alimentaire ? De quoi récolter ?
-Nous avons en effet commencé à planter.
-Quoi ?
-Essentiellement des légumes de potager, tomate, haricot, concombre... Exposa-t-elle en essayant de ne pas se démonter. Nous étions consciente toutes les deux que nos plantations n'étaient pas encore une vrai réussite, mais il était hors de question que nous le fassions savoir à cet individu.
-Pas de blé, pas de céréale ? Reprit-il, sa manière d'agir laissait transparaître un air supérieur horripilant.
En réponse, elle nia juste de la tête, ne voulant pas trop s'attarder sur ces éléments qui ne nous flattaient pas.
-Vous avez des armes ! Souligna-t-il. Votre arsenal doit être bien fourni.
-On s'en sort bien. Claquais-je sans plus de détails, soutenue par l'acquiescement de Maggie.
-Et comme médicament ?
-Et vous ? Contra mon aînée.
Pour l'instant, je ne voyais pas trop où cette conversation allait nous mener, et j'avais du mal à comprendre comment nous allions faire pour arriver à passer un accord avec cet homme face à nous. Nous devions absolument trouver de quoi l'attiser, trouver ce dont il aurait besoin et nous pourrions ainsi faire affaires.
-Nous sommes venus pour faire des échanges. M'élançais-je alors, sachant qu'il était temps d'attaquer et d'entrer dans le vif du sujet.
-Jésus m'a rapporté que vous manquiez de nourriture, et soyons honnête, si les gens ont faim, tout s'effondre, plus rien ne fonctionne. Alors parlons franchement, vous avez que dalle. Énonça-t-il sans aucun remords et d'une voix hautaine.
-J'veux bien être gentil, mais je ne peux pas donner si je n'obtiens rien en échange. Mais j'vous propose un marcher, je vous fournis en nourriture si en contre partie, vous venez travailler pour moi. Toutes les deux, vous serez les bienvenues à la colline. Des jeunes filles, comme vous, intelligentes, jolies, vous ne serez pas déçues.
-Je vous arrête toute suite, stoppa net ma sœur d'un air horrifié, pendant que la proposition faisait son chemin dans ma tête.
-Maggie, intervins-je alors en plantant mes yeux dans les siens. J'essayai de lui faire passer un message, le fil de mes pensées, et je vis qu'elle comprenait lorsqu'elle doddelina dangereusement de la tête, niant ma suggestion muette.
-Bon chérie... S'impatienta l'homme devant nous.
-De un, je ne suis pas votre chérie, ni rien, juste Beth. Elle, c'est Maggie. M'exclamais-je de façon autoritaire. Elle ne peut pas rester ici, elle doit rentrer dans notre communauté, elle a un rôle à jouer là-bas. Mais si vous promettez de tenir votre part du marché, et de nous fournir en vives, alors je veux bien venir ici, travailler pour vous.
J'aperçus automatiquement son regard appréciateur sur moi, et je dus me faire force pour ne pas me lever, lui coller un bon coup de poing et m'enfuir à toute vitesse. Le marché qu'il proposait, avait germé dans mon esprit et peut-être que le fait de m'éloigner m'aiderait à gérer mes soucis de nuits, mes difficultés à dormir, ça chasserait peut-être mes fantômes et peut-être que j'y verrai plus clair dans mon rapprochement avec Daryl, essayais-je de me convaincre.
-Bien entendu les autres ne pourront pas travailler ici, ils pourront néanmoins vous aider à trouver des armes et des médicaments mais notre communauté a besoin de leur présence.
-Beth, non. S'offusqua Maggie. Vous n'avez plus d'armes, plus de munitions, nous si. Vous avez besoin de choses, et nous avons besoin de choses. Essaya-t-elle de le convaincre.
J'avais passé mon temps dans cette pièce à juger cet homme odieux, méprisant et je savais que ma proposition lui ferait plus d'œil que celle de ma grande sœur.
-Je pencherais pour l'avis de Barbie. Elle vient ici et je ne verrai plus aucune objection à vous fournir, et comme elle l'a gentiment proposé, je compte sur votre groupe pour nous aider à nous réapprovisionner en munitions et en médicaments.
-C'est Beth. S'énerva Maggie, à cran. Et ce n'est pas possible, ce n'est pas discutable.
-Alors, nous n'avons plus rien à nous dire.
-Je vais discuter avec mon groupe, et je resterai ici, vous avez ma parole. Promis-je à contre cœur.
A ce moment là, je savais que c'était ce qui avait de mieux à faire. Je n'étais pas essentielle au fonctionnement d'Alexandria et la vie là bas serait plus simple pour tout le monde. Il n'y aurait plus de problème de nourriture et ce serait une préoccupation en moins. Mon cœur se serra en pensant à Juddith là bas, mais ce n'était pas un adieu, je pourrais la revoir, Rick ferait des trajets pour se ravitailler et il pourrait l'emmener avec lui, me permettant ainsi de la voir.
-Faîtes ça et on sera d'accord. Ce fut un réel plaisir. Termina-t-il la discussion dans un sourire que je jugeai écœurant.
Maggie fit mine de reprendre la parole mais je la poussai vers la sortie, la conversation était close.

-Ce mec est un connard ! Cria Maggie à tout le monde, excédée suite à l'échange.
Ils se tournèrent tous surpris et curieux d'apprendre ce qui avait été convenu.
-Tu es folle ! S'énerva-t-elle encore.
-Que s'est-il passé ? Voulut savoir Rick.
Le silence se fit d'un seul coup, ce fut à ce moment là, où tous me dévisageaient que je réalisai que nous allions devoir leur dire ou plutôt les convaincre que c'était la bonne chose à faire. Un soupir de découragement sortit de ma bouche alors que je cherchais les mots pour leur exprimer notre accord.
-On a une solution. Annonçais-je alors pour désamorcer la situation. Tous restèrent les yeux braqués sur moi s'attendant déjà à un revers de médaille. La tension sur le visage de ma sœur ne devait pas les aider à se détendre. Elle passa d'ailleurs ses mains sur sa figure, signe de stress chez elle.
-Nous serons fourni en nourriture, continuais-je alors leur accordant un sourire timide auquel certains d'entre eux me répondirent. Je sentis alors le regard lourd d'impatience de Daryl, ça allait être plus dure que je le pensais. Du coin de l'œil, j'aperçus Jésus tiqué, il hocha légèrement la tête, et j'eus l'impression qu'il avait compris ce qui se passait.
-En échange de quoi ? Osa enfin demander Glenn, posant la question que tout le monde voulait prononcer. Devant mon absence de réponse immédiate, Maggie me devança.
-Elle.
-Jamais ! Claqua sèchement Daryl. Ses yeux lançaient des éclairs, il se mit à faire les cent pas, faisant augmenter la tension de la pièce d'un cran. Les autres l'observèrent sans vraiment oser intervenir, sachant que lorsqu'il était dans cet état, il fallait mieux lui laisser son espace.
-On échange de la nourriture, des armes, des objets, mais pas des gens ! Hurla-t-il. C est quoi cette connerie ?
Ses yeux se promenèrent méchamment sur chacun d'entre nous, espérant que l'un d'eux le soutienne et réagisse. Je savais que les autres réfléchissaient à quoi dire.
-Daryl... Repris-je alors le plus doucement possible.
-Tu ne resteras pas ici. S'exclama-t-il durement, avant de sortir brusquement de la pièce, claquant énergiquement la porte. Je fermai les yeux, essayant de me concentrer sur ce qui importait à cet instant précis, et je sentis tous les regards braqués sur moi. En relevant mes paupières, j'aperçus Rick secouer la tête, Abraham les yeux remplis de surprise. Tous avaient l'air ébahi par l'annonce et rempli de doutes.
-Je suis d'accord avec lui. Enchérit Maggie, comme pour enfoncer un peu plus le couteau dans la plaie.
-N'en rajoute pas. L'implorais-je presque d'un ton affaibli. La conviction que j'avais quelques minutes plus tôt, baissait de plus en plus, n'étant plus aussi sur d'avoir pris la bonne décision. « Chacun a un travail à faire » me répétais-je dans ma tête, me persuadant que j'avais fait ce qu'il fallait. Je pris la même direction que Daryl, je ne pouvais pas rester ici en sachant qu'il était fâché contre moi. Je le retrouvai assis au pied du perron, une cigarette entre les doigts tremblants, certainement de colère. Je restai là, l'observant en silence. « c'est mieux ainsi » Pensais-je alors. Après ce qui c'était passé, il ne voulait quand même plus m'approcher, créant une distance entre nous. Il m'observait de loin, ne me parlant plus, le regard sombre de colère. Conclusion, l'éloignement pouvait être que bénéfique pour tous les deux. Je réalisai alors qu'à ce moment là, j'aurais tout donné pour retourner quelques mois en arrière et me retrouver rien qu'avec lui, si il n'y avait pas eu cette horde à la maison funéraire, si je n'avais pas été amené dans ce stupide hôpital... les choses auraient été différentes, peut-être que... Enfin il n'en était pas question, nous étions ici, à la colline, et je venais de prendre une décision que je devais assumer quoi qu'il en coûte. Un nouveau lieu, une nouvelle page, c'était ainsi.
-Pourquoi ? Demanda-t-il me faisant sortir de mes pensées.
-Il fallait trouver une solution, à Alexandria nous avons besoin de nourriture, la vie sera plus correcte ainsi. Moins de stress, moins d'inquiétude pour nourrir tout le monde.
-Pourquoi toi ?
J'eus pendant une fraction de seconde, envie de lui dire, « pour m'éloigner de toi, pour plus être un poids et que tu ne te sente plus obligé de t'occuper de moi, de me surveiller. Parce que je ne veux plus me sentir rejetée. » Mais je gardai ça pour moi.
-Qui d'autres ? Maggie doit rester avec Glenn. Michonne et Rick ne peuvent pas être séparé non plus et honnêtement notre communauté a besoin de vous tous. Vous êtes nécessaire à son fonctionnement, sans vous, elle ne restera pas debout. Finis-je par dire.
-Et si je reste ? … Avec toi ? Hésita-t-il, légèrement mal à l'aise.
Je fus surprise par sa question, je ne m'y attendais pas. Complètement persuadée qu'il cherchait à créer une distance entre nous, j'étais loin de m'imaginer qu'il ferait cette proposition. J'étais consciente d'avoir commis une erreur en l'embrassant, ce n'était pas une chose qu'il souhaitait mais alors pourquoi vouloir rester ici avec moi ?
-Alexandria a besoin de toi, je ne te demanderai jamais de faire ça.
Il marmonna quelque chose dans ses dents qui m'était impossible de comprendre. Mais je ne pus m'empêcher de le trouver touchant dans sa réaction, et un sourire élargit mes lèvres.
-Quoi ? Me demanda-t-il.
-Rien. Niais-je, mais il insista. Je savais que tu ne pourrais plus te passer de moi. Ironisais-je alors, voulant alléger la discussion mais je sus directement que j'avais parlé trop vite et sans réfléchir. «quelle gourde » me grondais-je intérieurement. Je le vis se mordre la lèvre inférieure avant de reprendre la parole.
-Tu rentres avec nous. Conclut-il plus fort.
Ses yeux se fixèrent dans les miens, me trouvant prise au piège d'un abîme bleu. Je ne pus m'empêcher de laisser mon regard airer sur ses lèvres légèrement entre ouverte à cause de l'énervement. Je déglutis difficilement et pendant une fraction de seconde,j'imaginai retrouver le goût de ses lèvres et de sa langue, avant de repousser ces idées impromptues. Je lui accordai alors un sourire, me voulant rassurante.
Comme pour briser le silence nous entourant, les portes de la communauté s'ouvrirent pour laisser entrer plusieurs hommes visiblement contrariés. Un deux passa à côté de nous d'un pas rapide, sans nous accorder le moindre regard. Il disparut à l'intérieure de Barrython house pour en sortir aussi vite accompagné de Jésus, nos amis et Grégory qui les suivait.
-Où sont les autres ? Demanda ce dernier.
-Ils sont morts. Annonça un grand type à barbe, ses cheveux attachés à l'arrière de sa tête. Son annonce me fit frisonner. Je lançai des regards intrigués à mes compagnons.
-C'est Negan. Affirma le chef de la colline. Un frisson entier parcourut ma colonne vertébrale à l'entente de ce nom, les yeux de Daryl croisèrent les miens et je sus qu'il pensait la même chose.
-Vous avez diminué les quantités ? Ils ont dit qu'il n'y avait pas assez. S'informa l'inconnu, les nerfs à vifs.
-Ils ont gardé Grec. Complèta la femme du groupe.
-Ils nous ont assuré qu'ils le garderaient en vie et qu'ils nous le rendraient à la seule condition qu'on leur rapporte. Expliqua le grand barbu en s'avançant vers Grégory, celui-ci se tenant droit devant lui, les mains sur les hanches.
-Apporter quoi ? Interrogea-t-il.
-Désolé. S'excusa-t-il sous les yeux étonnés de l'aîné.
Il lui enfonça alors un couteau au niveau du ventre, le faisant s'effondrer au sol. Dans un bond, Maggie, Jésus, et moi nous précipitâmes sur le leader pour lui venir en aide au plus vite. Ma sœur pressa ses mains sur la plaie pour stopper l'écoulement du sang.
Le reste du groupe réagit dans la précipitation, Rick bondit sur l'assaillant et ils commencèrent à se battre violemment. Un des hommes de la colline essaya de retenir l'ancien chérif mais Abraham s'interposa et le roua de coups sans retenue.
Les hommes se frappèrent mutuellement, se livrant une lutte sans merci. Je remarquai alors Abbe entrain de se faire étrangler et devenir étrangement bleu.
-Daryl ! M'écriais-je pour lui indiquer mais celui-ci se dirigeait déjà sur le gars au dessus. Il lui envoya un coup de poing qui lui fit lâcher sa prise et tomber sur le côté du rouquin. L'archer le menaça alors de son arme à feu, l'empêchant ainsi de faire un seul geste.
Je me redressai rapidement, remarquai Rick le visage recouvert de sang, et compris en voyant son opposant qu'il venait juste de l'écorcher. La femme qui les accompagnait se mit alors à hurler de rage et certainement de chagrin, elle se précipita alors en direction de l'ancien chérif dans le but de l'attaquer mais Michonne la contra durement, la projetant au sol. « Ouf elle plaisante pas quand on touche à son homme » pensais-je, toujours autant impressionnée par la poigne de la femme noir.
J'osai un regard vers Jésus et à son expression je compris ses intentions. Il fallait que quelqu'un le soutienne et j'étais prête à endosser ce rôle, sachant qu'il fessait ce qu'il fallait. Plus vite, on calmerait les choses, mieux ce serrait pour tout le monde. Il était temps d'apaiser les esprits, il y avait déjà eu assez de dégâts. Tous les deux, nous nous plaçames au centre des deux groupes, les bras écartés de chaque côté de notre corps,se tenant face à face, comme pour leur imposer une distance à respecter. Tous se figèrent sur place, écoutant ce que Jésus leur indiquait et étonné de me voir au milieu.
-Stop, ça suffit. Il y a eu assez de pertes pour aujourd'hui. Cria-t-il, inspirant un certain respect. C'est lui qui a voulu ça, il a poignardé Grégory. Il s'est retourné contre nous. Ces hommes ont voulu nous aider, ils ont certainement empêcher bien pire. Déclara-t-il.
-écoute, dit-il en fixant Rick. Les choses sont plus compliqués qu'elles semblent l'être.
En voyant la tête de notre leader, je compris qu'il était indécis, et qu'il hésitait sur le comportement à adopter.
-Baisez vos armes ! L'encourageais-je alors, prête à accorder ma confiance à l'homme en face de moi. Je savais que je ne me trompais pas sur son compte, il voulait le meilleur pour tout le monde. Nous avions besoin d'hommes comme lui, prêt à nous défendre et à nous soutenir. Les gens bien existaient encore et il en fessait partie.

Nous étions regroupés dans une pièce à l'étage, un bureau comme celui de Grégory. J'étais assise sur un appui de fenêtre, observant ce qui se passait à l'extérieure. La jeune femme qui avait voulu frapper Rick un peu plus tôt, se tenait prêt du corps de l'homme écorché. Elle pleurait la perte de son ami, les larmes ruisselant sur ses joues. Je ne pus m'empêcher de penser qu'à sa place, je serais dans le même état de tristesse. Nous avions beau côtoyer la mort à longueur de temps, lorsque nous étions face à une perte chère, la douleur était toujours la même. Dans ma tête, des images se mirent à défiler, tous ceux qui nous avaient quitter trop tôt et de façon atroce, souvent dans d'horribles douleurs. Encore aujourd'hui, mon cœur pleurait toutes nos pertes humaines, même si les larmes ne coulaient plus le long de mon visage. Je ne pus m'empêcher de m'imaginer dans le rôle de cette femme meurtrie, penchée au dessus d'un des miens, de ma sœur, de Carl, de Tara... de Daryl. Mon cœur manqua un battement à cette pensée et un frisson d'effroi parcourra mon corps. Une tristesse enserra ma poitrine me donnant des difficultés à respirer pendant un court instant. Je secouai vivement la tête pour me concentrer sur la discussion qui se déroulait entre les membres présents. Je n'arrivais pas à fixer mon attention sur ce qu'ils se disaient. Une voix dans ma tête me rappelait sans cesse que d'ici quelques heures, je serais séparée de ma famille, eux retourneraient chez nous et je m'étais condamnée à rester ici. Je me repris en me disant que c'était la meilleur façon de faire les choses et d'arriver à obtenir ce que nous étions venu chercher, et je ne regrettais pas ma décision. Mon attention fut alors attiré par la voix nerveuse de Daryl qui s'excitait dans la conversation.
-T'es entrain de nous dire qu'un mec tue un gosse, vous menace avec 20 gars et que vous ne faites rien ? Nous on peut s'en charger, ce mec, c'est un mythe, il n'existe pas . Exposa-t-il vivement.
-Comment tu le sais ? Demanda Jésus intrigué.
Daryl m'observa, se souvenant de cette journée où ils avaient réussi à me récupérer de ces hommes, ces merde de motards, ces enfoirés. Ceux-ci avaient eu l'air si sur d'eux, ne ressentant pas la peur, une expression de confiance et de mépris total figée sur leur visage.
-On a explosé un groupe de ces larbins il y a quelques semaines, ils restaient que des petits morceaux partout. Expliqua Abraham.
"Les yeux de l'archer restèrent un moment sur moi, et je sus qu'il réfléchissait, ses sourcils se fronçant sur son front.
-Si on s'occupe de ton gars, tu peux parler à ton Grégory ? S'informa-t-il en se détournant de moi.
-Comment vous allez vous y prendre ? Voulut savoir Jésus.
-On va vous en débarrasser. Déclara-t-il simplement. Mais en échange, tu convaincs Grégory pour qu'il laisse revenir Beth avec nous. Et on veut la moitié de vos vives, des médicaments et une vache.
Je souris à sa demande, il perdait pas le nord, il savait où il allait, il savait ce qu'il voulait comme toujours … enfin presque ajoutais-je dans ma tête.
Jésus me regarda alors, réfléchissant à sa demande. Sans savoir me l'expliquer, une boule d'angoisse grandit alors en moi. Comme un mauvais prés-sentiment ou quelque chose comme ça.
-Vous êtes sur que c'est une bonne idée ? Osais-je formuler.
Dans ma tête, le visage de ces hommes sans cœur, sans principes s'immiscèrent. L'expression de leurs yeux, le sourire mauvais, l'air prêt à tous pour répondre aux exigences d'un seul homme déclenchèrent en moi un signal de détresse. Si derrière ces monstres se cachait bien pire, si ce n'était que le devant de l'iceberg et qu'on se retrouvait face à un plus gros problème. D'un coup la peur m'envahit, peur de ce qui pouvait arriver, peur de ce qu'on pourrait trouver, je ne voulais pas être la fille qui pleurait sur le corps d'un ou de plusieurs de ces amis.
-Si ça te permet de revenir avec nous, on s'occupera de ces connards. Assura Daryl déterminé, j'observai les autres qui face à mon regard acquiescèrent prêt à faire ce qu'ils devaient faire. -La confrontation, ça nous fait pas peur, on connait. Renforça Rick sous l'interrogation silencieuse de Jésus. -J'vais lui parler, voir ce que j'peux obtenir. Il quitta la pièce, nous laissant plongé dans nos réfléxions respectives.

Je ne me sentais pas très bien, j'avais cette impression d'être oppressée sans savoir m'expliquer le pourquoi. Ma respiration devenait difficile à contrôler et j'avais besoin d'air. Besoin de soulager mon angoisse croissante, ayant toujours l'impression que quelque chose de terrible allait se produire.
Je sortis discrètement, pour m'installer sur un genre de balcon essayant de reprendre le contrôle de mes émotions, laissant le soleil réchauffer ma peau. Maggie, Glenn, Rick, Michonne et Daryl me rejoignirent, probablement aussi inquiet que moi, même s'ils arrivaient mieux à cacher leur ressenti.
-Tu ne resteras pas ici, répéta pour la énième fois l'archer, obstiné dans son idée, prêt à faire ce qu'il fallait pour obtenir ce qu'il voulait.
-Je ne suis pas sur que ce soit une bonne idée . Me surpris-je à dire à haute voix, surprenant tout le monde, leur regards stupéfait s'attardant sur moi.
-Quoi ? Que tu reviennes à Alexandria ? S'inquiéta-t-il confus.
Je niais de la tête, essayant de repousser les pensées qui me venait en tête. Voulant lui assurer que j'étais prête à faire n'importe quoi pour le suivre, pour dormir ne fusse qu'une nuit de plus avec lui, pour pouvoir rester des heures dans la profondeur de son regard. Juste pour poser une dernière fois mes lèvres sur les siennes. Mais je ne pouvais en rien dire ces choses, alors j'essayai de stopper le rougissement de mes joues et leur expliquai le fond de ma pensée.
-Non, d'aller trouver ces hommes. Si c'était pas ce qu'on pensait.
Je savais que mes craintes étaient infondées et je ne voulais pas qu'ils pensent que j'étais encore cette gamine apeurée de tout et paniquée à l'idée de se battre. Mais mon angoisse était toute autre, comme si le pire nous attendait. J'avais cette sensation qui s'insinuait en moi et qui me disait que l'horreur allait se produire. J'étais consciente que je devais réagir et me calmer, essayer de raisonner logiquement. J'aperçus Daryl faire mine de prendre la parole mais au dernier moment, il se tut.
-Il y aura certainement un prix à payer mais nous en sortirons vainqueur, essaya de me rassurer Maggie, optimiste comme toujours.
-Promettez-moi, que si on se rends compte que les choses là-bas sont pire que ce qu'on avait prévu, Vous ferez machine arrière. Nous pourrons toujours revenir au marché que nous avons pour l'instant. Insistais-je, accordant un regard à chacun d'eux, voulant leur faire comprendre qu'ils ne devaient prendre aucun risque inutile, que je ne voulais pas qu'ils le fassent.
-Beth, tu es un membre de la famille. Annonça Glenn, comme si ce fait expliquait tout.
-On a failli te perdre une fois... Commença ma sœur attristée.
-On te perdra pas une deuxième fois. Coupa Daryl d'un ton sans équivoque.
Rick et Michonne me sourirent se voulant rassurant, et me faisant comprendre que leur décision était prise. Et il était évidant que quoique je dise ou que je fasse, ils ne changeraient pas d'avis. Je poussai un soupir de frustration, sachant que je n'avais pas réussi à me faire entendre, et à ce moment là, la porte du balcon s'ouvrit laissant apparaître Jésus, visiblement tendu.
-Il veut parler … Annonça-t-il. Ne lui laissant pas finir sa phrase, Rick s'avança pour entrer mais il plaça sa main devant lui, le stoppant dans son intention.
-A Beth. Finit-il, fixant ses yeux sur moi.
-Elle y va pas toute seule. Intervint brusquement Daryl, contrarié à cette idée.
-Je vais avec elle, essaya Maggie, décidée à me défendre.
-Il veut lui parler à elle, et rien qu'à elle, désolé. Reprit Jésus.
-ça va aller. Voulus-je les rassurer, ce qui à en juger par leur expression ne fut pas une grande réussite.
-Beth, j'ai confiance en toi, ne le laisse pas mener l'accord, affronte-le, ne lui laisse pas le choix, utilise les bons arguments et mets le au pied du mur. Me conseilla Rick en se mettant devant moi, m'obligeant à le regarder droit dans les yeux. Quoi qu'il arrive personne ne veut que tu reste ici. Finit-il.
Je lui souris d'un air sur de moi, déterminée à trouver un arrangement. Pas seulement parce qu'il fallait le faire mais aussi pour leur prouver à tous et surtout à moi-même que je pouvais être utile, et intervenir dans la vie du groupe. Je m'élançais à la suite de Jésus pressé d'en finir, quand Daryl m'attrapa le bras et me tourna vers lui, plantant son regard dans le mien, je fus surprise de pouvoir y lire l'inquiétude qui pour une fois n'était pas dissimulée sous sa dureté.
-Si il fait le moindre geste, ou quoi que ce soit, appelle moi et je …
-Je sais. Le coupais-je en douceur, posant ma main sur la sienne, dans un geste apaisant, voulant le calmer. Pour finir par me détourner de lui et suivre Jésus d'un pas rapide.
-Désolé, Grégory peut être un vrai connard. Dit-il alors.
-Je suis au courant. Claquais-je dans un demi sourire, amusé par sa remarque tout à fait justifiée.

Je rentrai dans la chambre du chef, pleinement décidée à remporter la partie, je savais ce que je voulais et je l'aurai. Le doyen était installé dans son lit, placé au milieu de la pièce, plongée dans l'obscurité. Il s'excusa d'ailleurs du manque de lumière en prétextant la douleur qui l'habitait, chose qui m'indifféra totalement. Cet homme face à moi, m'horripilait de part son attitude arrogante et son manque de prestance, quelqu'un comme lui n'aurait jamais du se retrouver à la tête d'une communauté telle que la colline.
-Ma chérie … commença-t-il de cet air imbu de lui même.
-Beth. Coupais-je froidement. C'est inutile d'essayer de me draguer ou je ne sais quoi, je ne suis pas là pour ça. Ça ne sert à rien d'essayer de me manipuler, ça ne fonctionnera pas. Jésus vous a parler de notre proposition !? Avançais-je plus comme une affirmation, qu'une interrogation.
-En effet, qu'est-ce qui vous fait croire que ça peut m'interresser ?
-Nous avons vu ce qui s'est passé dehors. Nous savons pour Negan, on peut vous en débarrasser. Affirmais-je, repoussant le plus possible mon tremblement en prononçant le nom en question.
-Et comment ? -nous l'avons déjà fait. Vous n'êtes pas dans la possibilité de vous défendre mais nous pouvons le faire pour vous. Assurais-je alors.
-Et en échange, qu'est-ce que vous voulez ? Interrogea-t-il comme s'il n'avait jamais eu la conversation avec Jésus.
C'était le moment d'y aller franco et de ne pas reculer, de l'obliger à accepter notre marché sans qu'il en soit réellement conscient. Je m'approchai alors du pied du lit, appuyai mes mains sur le bord en bois, me penchant légèrement en avant, essayant de me donner une certaine prestance. Je plantai mes yeux déterminés dans les siens, le regardant le plus froidement possible.
-Negan vous prend le ¾ de ce que vous possédez. Nous, nous voulons la moitié de vos vives, de vos médicaments, et bien sur, il n'est plus question que je reste ici.
-Les hommes seront déçus, sourit-il de manière écœurante, il mit ses doigts sous son menton, faisant mine de réfléchir et je le laissai faire quelques minutes.
-Ce n'est pas discutable, repris-je après un moment de silence. C'est ça, où nous faisons demi-tour et nous vous laissons vous débrouiller seul. Et bien entendu, il ne sera plus question d'échange entre nous, quel qu'il soit. Par contre, si vous acceptez, nous pouvons apprendre à vos hommes à se battre . Nous tiendrons parole, si vous tenez la votre. Faîtes votre part du marché et nous ferons la notre.
J'étais moi-même étonnée par le ton de ma voix, la confiance qui l'habitait me laissait un peu perplexe. Surtout si je tenais compte du doute qui grondait en mon fort intérieure, essayant au mieux de le dissimuler et de ne rien laisser paraître.
-ça doit être drôlement difficile pour votre orgueil de devoir céder le trois quarts de vos productions à des gens qui ne font rien en échange. Ça ne doit pas vous rapporter grand chose, sinon rien du tout. Etre persécuté comme vous l'êtes, doit être compliqué à gérer et pas très plaisant. Nous pouvons gérer ce problème.
-Et si vous échouez ?
-ça n'arrivera pas.

Lorsque je rejoignis ma famille, ils attendaient tous dans la pièce principale, proche de l'entrée. L'angoisse et l'impatience régnait en maître. Daryl tournait comme un fauve en cage, rongeant ses doigts dans une mauvaise manie nerveuse. Maggie avait la tête posée sur l'épaule de Glenn, Rick se tenait sur le côté avec Abraham et Michonne entrain de discuter. Dans un geste égal, ils relevèrent la tête vers moi, attendant que j'expose les faits, et essayant de décrypter l'expression de mon visage, que j'essayai de garder impénétrable. Mais la fierté que je ressentais devant la petite victoire que je venais de remporter, me trahit et je ne pus empêcher un sourire d'apparaître.
-Des vives nous attendent. Déclarais-je alors d'une voix chantante de contentement.
-Je savais que tu pouvais le faire. Me félicita Rick, Maggie me serra dans ses bras, ravie de l'annonce.
-Le docteur t'attends, lui murmurais-je à l'oreille. C'était un petit bonus que j'avais demandé en plus. Son sourire s'agrandit alors et elle renforça son étreinte autour de mes épaules. Jésus me fixa un instant, apparemment étonné et en réponse j'hochai la tête, soulagée que tout ce soit passé comme je le voulais.
-T'es une putain de femme. S'exclama fortement Abraham, me faisant rire devant son manque de délicatesse, mais venant de lui, je savais que c'était un compliment et je rougis légèrement. Le seul qui n'avait pas encore réagis et qui restait en retrait, fut Daryl, il m'observait de là où il se tenait et j'aperçus l'interrogation dans ses yeux.
-Et toi ? Demanda-t-il simplement, confirmant mon analyse. Sa question eut comme conséquence de faire grandir un peu plus mon sourire, je mordis légérement l'intérieur de ma lèvre.
-Tu pensais réellement que tu allais te débarrasser de moi aussi facilement ? Ironisais-je alors d'un ton amusé et un peu provocateur.
Il accorda alors un petit sourire, montrant son soulagement et je supposai sa satisfaction devant le deal que j'avais arrangé. Le rythme de mon cœur accéléra lorsque j'aperçus l'étincelle dans son regard.

Avec l'aide des gens de la colline, nous récupérions une partie des vives promises comme pour confirmer l'accord passé. Nous chargeâmes le camping car. Au fond de moi, j'étais partagée entre la joie d'avoir réussi à conclure un marché et d'avoir de quoi ravitailler Alexandria. Et d'un autre côté, je ressentais toujours cette angoisse venue de nul part qui m'accablait. Me donnant l'impression que quelques chose d'horrible allait nous tomber dessus, tout ce que je pouvais espérer, c'était qu'on pourrait le gérer.
Jésus décida de nous accompagner et de nous venir en aide dans notre futur mission, confirmant mon pré sentiment à son sujet, c'était réellement un type bien, rempli de bonnes valeurs. Pour pouvoir échafauder un plan fonctionnel pour contrer Negan et ses hommes, Rick prit la décision d'embarquer celui qui se chargeait de le fournir et qui par conséquent connaissait le lieu à attaquer.
Une fois, le véhicule chargé et lorsque Maggie et Glenn furent revenus de leur petite visite chez le médecin, nous reprîmes la route vers notre communauté.
Le Camping car était bien chargé, comptant deux personnes de plus que pour l'aller, j'aperçus directement Daryl installé en face de la porte contre une des vitres. Je pris deux secondes pour réfléchir à l'attitude à adopter. Je savais qu'il avait voulu mettre de la distance entre nous, mais malgré ça, il n'avait pas voulu me laisser à la colline. Si j'étais parfaitement honnête avec moi-même , je ne voulais pas d'une distance entre nous, je voulais être aussi proche que possible, je voulais ressentir son contact, sa présence, je pris conscience que je voulais tellement de choses qui n'arriveraient probablement jamais. En tout cas, ce que je ne désirais pas c'était de m'éloigner de lui, je ne pouvais pas lui accorder cette distance qu'il semblait avoir voulu. Alors je m'installai entre lui et Abraham dans le peu de place qu'il y avait entre ces deux là. Et chose qui m'étonnait à chaque fois, toute la pression que je ressentais, s'évapora à l'instant même où j'entrai en contact avec lui. Faisant naître un autre sentiment que je n'étais pas sur de savoir nommer mais qui était tellement plus agréable. Je me permis un regard dans sa direction, et je vis qu'il s'était raidi, étant toujours mal à l'aise avec n'importe quel contact.
Jésus passa devant nous, posa une main sur mon épaule et me fit un petit clin d'œil, soit amusé ou peut-être qui se voulait encourageant et je lui souris en retour. Je replaçai mon attention sur le redneck à côté de moi, celui-ci avait le regard braqué sur le nouveau aux cheveux longs, un air étrangement sombre sur le visage, me surprenant d'abord mais qui me fit très vite sourire intérieurement. Serait-ce un soupçon de jalousie que j'apercevais? N'écoutant alors que le besoin de contact qui courait en moi, je posai ma main sur le dos de la sienne, placée sur le haut de sa cuisse. Il sursauta légèrement, m'accordant enfin son attention, je me mordis la lèvre inférieure dans un geste nerveux et niai doucement de la tête. Si il savait ce que j'avais compris à propos de Jésus, il n'aurait certainement pas cette réaction, qui soit dit en passant, me mettait du baume au cœur. Je le vis mal à l'aise, mais il était hors de question que je le laissai s'éloigner de moi.
Tout le monde était très calme, le silence envahissait le véhicule, chacun plongé dans ses propres pensées. J'avais fini par laisser Daryl récupérer sa main. Maggie et Glenn étaient enlacés en face de nous, tous les deux observant une petite photo que tenait ma sœur en souriant. Je savais ce que c'était, elle tenait l'échographie de son bébé, de mon neveu ou ma nièce. Je ne voulais pas être indiscrète et m'imposer, alors je n'osai pas lui demander mais elle dut comprendre ma curiosité car elle me tendit l'objet, un sourire éblouissant sur la figure. J'essayai de contrôler mon empressement et de ne pas lui arracher des mains trop violemment et respirant doucement je me mis à observer cette photographie intra-utérine. Cette vision me parut tellement irréaliste dans notre monde. Je rongeai ma joue pour empêcher l'émotion de monter, serrant le plus fort possible mes lèvres entre elles. J'observai les futurs parents, leur souriant de joie mais surtout d'espoir, souhaitant pour eux un monde tellement plus beau. Essayant de retomber sur terre, je passai l'image à Daryl qui me regardait avec curiosité. Il prit alors l'échographie et son regard devint surpris, un peu confus.
-Ca ressemble à ça un bébé. Murmura-t-il d'un ton un peu bourru.
Je ne pus m'empêcher de sourire à sa remarque, je me redressai alors, m'approchant plus près de lui, fit glisser mes doigts sur la reproduction qu'il tenait toujours dans la main.
-Regarde, il ou elle, est là. Sa petite tête. Son corps. Expliquais-je d'un ton doux, posé. Je me tenais si proche de lui, que je pouvais sentir son souffle dans mon cou. Des souvenirs d'un baiser échangés frappèrent mon esprit et rapidement je repris ma place initiale, essayant de dissimuler au mieux les rougeurs qui devaient avoir élu domicile sur mes joues.
L'échographie se promena d'une main à l'autre, arrachant des sourires par ci par là, chacun oubliant pendant un court instant la réalité de notre quotidien, oubliant momentanément la nouvelle mission qui se profanait devant nous.
-Beth, chante nous quelques choses. Demanda Maggie me sortant de mes pensées.
J'allais répondre négativement quand je sentis une main se poser délicatement sur ma jambe, celle-ci appartenant à l'homme assis à mes côtés.
-ça, c'est une bonne idée. Le jukebox me manque. Déclara-t-il d'une voix rieuse. Je repoussai la décharge électrique que provoquait le contact de sa main sur ma jambe pour me replonger dans le souvenir de cette nuit où dans un funérarium, il m'avait demander de chanter rien que pour lui, il n'y avait alors qu'un piano, lui et moi. C'était la dernière fois que j'avais chanté. Je jetai un coup d'œil circulaire autour de moi, plongeant le regard dans celui de ma sœur, me forçant à ignorer la lueur d'amusement présente en elle et les notes sortirent naturellement de ma bouche. N'imaginant que le regard de Daryl sur moi, appréciant la chaleur qui montait en moi depuis que sa main était immobile sur ma jambe.

« Loving can hurt, loving can hurt sometimes
But it's the only thing that I know
When it gets hard, you know it can get hard sometimes
It's the only thing that makes us feel alive
We keep this love in a photograph
We made these memories for ourselves
Where our eyes are never closing
Our hearts were never broken
And time's forever frozen, still
So you can keep me
Inside the pocket of your ripped jeans
Holding me close until our eyes meet
You won't ever be alone, wait for me to come home
Loving can heal, loving can mend your soul
And it's the only thing that I know
I swear it will get easier, remember that with every piece of ya
And it's the only thing to take with us when we die
We keep this love in a photograph
We made these memories for ourselves
Where our eyes are never closing
Our hearts were never broken
And time's forever frozen, still
So you can keep me
Inside the pocket of your ripped jeans
Holding me close until our eyes meet
You won't ever be alone
And if you hurt me
That's okay baby, only words bleed
Inside these pages you just hold me
And I won't ever let you go
Wait for me to come home
Wait for me to come home
Wait for me to come home
Wait for me to come home
You can fit me
Inside the necklace you got when you were sixteen
Next to your heartbeat where I should be
Keep it deep within your soul
And if you hurt me
Well, that's okay baby, only words bleed
Inside these pages you just hold me
And I won't ever let you go
When I'm away, I will remember how you kissed me
Under the lamppost back on Sixth street
Hearing you whisper through the phone
Wait for me to come home
»

Voilà pour ce chapitre, j'espère que ça vous aura plus. Pour expliquer un peu le choix de la chanson: je sais que Photograph n'était pas encore sorti avant le début de l'épidémie lol mais je voulais vraiment une chanson qui me tienne à cœur et j'avoue avoir hésité pendant très longtemps sur le choix final. et pour finir, j'ai choisi celle-ci, je ne sais pas trop ce que vous en pensez mais je la trouvais bien pour ce moment, et j'avoue que je m'imagine bien Emily Kinney entrain de la chanter. J'espère que vous n'êtes pas trop déçu. je vous ai mis la traduction des paroles en dessous. Je sais qu'il n'y a pas de détails des réactions lors de la chanson mais c'est pour une raison bien précise que vous découvrirez. Pour l'échographie je me suis rendue compte que j'avais légèrement avancer la grossesse de quelques semaines par rapport à l'épisode (enfin j'ai l'impression). Le prochain chapitre sera du point de vue de Daryl. N'hésitez pas à me dire le fond de votre pensée, j'attends vos reviews positives ou négatives. Merci de me suivre.

Aimer peut faire mal, aimer peut faire mal parfois
Mais c'est la seule chose que je connaisse
Quand ça devient compliqué, tu sais que ça peut devenir compliqué parfois
C'est la seule chose qui nous rend vivant

On garde cet amour dans une photographie
On crée ces souvenirs pour nous
Là où nos yeux ne se ferment jamais
Nos cœurs n'ont jamais été brisés
Et le temps est pour toujours gelé, immobile

Donc tu peux me garder
A l'intérieur de la poche de ton jean troué
Serre-moi fort jusqu'à ce que nos yeux se rencontrent
Tu ne seras jamais seule, attends que je rentre à la maison

Aimer peut guérir, aimer peut réparer ton âme
Et c'est la seule chose que je connaisse
Je te jure que ça deviendra plus facile, rappelle-toi de ça avec chaque partie de ton être
Et c'est la seule chose qu'on doit emporter avec nous lorsque l'on meure

On garde cet amour dans une photographie
On crée ces souvenirs pour nous
Là où nos yeux ne se ferment jamais
Nos cœurs n'ont jamais été brisés
Et le temps est pour toujours gelé, immobile

Donc tu peux me garder
A l'intérieur de la poche de ton jean troué
Serre-moi fort jusqu'à ce que nos yeux se rencontrent
Tu ne seras jamais seule, attends que je rentre à la maison
Et si tu me blesses
Ce n'est pas grave, bébé, seul les mots saignent
A l'intérieur de ces pages, tu m'enlaces simplement
Et je ne te lâcherai jamais
Attends que je rentre à la maison
Attends que je rentre à la maison