Bonjour à tous, je tenais avant de vous laisser lire le prochain chapitre, vous remercier pour vos review, votre lecture, ceux que me rajoute en favoris ou en follower. C'est un réel plaisir de savoir que l'histoire est appréciée et suivie. Si j'écris c'est par pur plaisir, pas parce que j'y gagne quelque chose (dommage lol) mais j'apprécie de voir que certains d'entre vous sont au rendez-vous. J'ai reçu de super belles review qui m'encouragent à essayer de vous satisfaire au mieux grâce à mes idées.
J'ai conscience que je ne suis pas parfaite mais je veux vraiment m'améliorer pour que la lecture soit agréable et fluide. Pour ce chapitre, j'espère que je ne me suis pas loupée car les scènes d'actions ne sont pas vraiment ma spécialité et autant dans ma tête les choses semblent correctes et bien formées autant sur papier c'est plus délicat à décrire. Enfin je vous laisse à votre lecture et encore une fois je vous remercie pour tout.
Chapitre 13 :
point de vue de Beth :
Nous étions tous immobile, debout autour de ce type que Daryl venait de fracasser sans ménagement. Le choc se lisait sur tous les visages, la voix qui avait retenti, résonnait encore dans ma tête. J'étais en panique totale alors que la réalisation de ce que ça voulait dire, faisait son chemin dans mon esprit.
Maggie et Carole ! Ils avaient Maggie et Carole. Un froid glaciale envahit mon corps en même temps que la colère me traversait des pieds à la tête.
A mes côtés, j'aperçus Glenn complètement décomposé, le teint livide. J'entendais Rick essayer de passer un marché avec l'autre groupe, ce qui ne fut pas très fructueux. Nous devions attendre de leur nouvelle, nous étions à leur merci, en tout cas ma sœur et Carole l'étaient et nous ne pouvions qu'attendre... Et je me le refusais, nous devions les récupérer et au plus vite. Nous ne pouvions pas rester là à rien faire, sans savoir ce qu'elles subissaient.
-Qu'est-ce qu'on fait ? S'inquiéta Glenn, sa voix tremblant de peur, ses yeux cherchant une solution miracle sur chacun de nos visages.
-On va les récupérer, nous devons aller les chercher. Avançais-je avec détermination en devançant Rick.
-Je suis d'accord Beth, commença doucement notre leader, plus pour me calmer qu'autre chose. Mais nous devons attendre leur réponse...
-On n'attend rien du tout. Le coupais-je alors nerveusement. On les trouve, on les tue et on les récupère.
-Beth... reprit l'ancien chérif d'un ton apaisant, ou en tout cas qui devait avoir cet effet.
-C'est simple Rick, Nous devons les trouver, et on fait ce qu'on a à faire. Ma sœur et Carole sont avec eux et nous ne savons pas de quoi ils sont capables, nous ne pouvons pas rester les bras croisés à attendre qu'ils les tuent.
J'avais conscience d'être un peu hystérique mais je n'arrivais plus à contrôler mes émotions, peut-être que la fatigue ne jouait pas en ma faveur, en plus de la peur, je devenais cinglée. Je sentis une main se glisser dans la mienne et l'enserrer avec douceur. Je n'eus pas besoins de lever les yeux pour savoir à qui elle appartenait.
-Beth, il nous faut un plan. Expliqua Daryl en me fixant.
-Nous avons un plan ! Insistais-je presque en criant, je fermai les yeux pour essayer de me calmer. On leur rend ce type, et on récupère les nôtres, comme tu l'as dit.
Rick passa une main hésitante dans ses cheveux, faisant mine de réfléchir. Mais je savais que chaque seconde comptait. L'angoisse d'un échange qui puisse mal tourner trottait dans ma tête au souvenir de ce qu'il s'était passé à l'hôpital avec Dawn. Mais je repoussai cette idée, les choses se passeraient bien , elles le devaient.
Notre chef nous fit un signe pour qu'on s'éloigne du prisonnier, pour avoir l'opportunité de parler librement. Sacha et Abraham restèrent autour pour le surveiller, leurs armes braquées sur sa tête.
-Nous devons attendre une réponse, répéta Rick.
-Vous savez aussi bien que moi, que l'échange ne se déroulera pas sans encombre. Clamais-je sans pouvoir m'en empêcher. Ils ne nous les rendront pas aussi facilement.
Je vis à leur regard qu'ils avaient suivi le fil de mes pensées. Daryl serra ma main un peu plus fortement en signe de soutien, la mâchoire crispée au souvenir encore frais dans sa tête.
-C'est pour ça que nous devons être prudent et ne pas agir dans la précipitation, nous devons trouver une solution. Affirma l'ancien chérif.
-Le temps n'est pas vraiment un atout en notre faveur. Soupira Michonne en reflétant la réalité.
L'angoisse en moi grandit encore d'un cran, et j'étais reconnaissante d'avoir la main de Daryl dans la mienne pour me tenir à quelque chose, ayant cette impression que mes jambes pouvaient flancher d'un moment à l'autre.
-Nous devons faire quelques choses, prononçais-je de manière un peu affaiblie.
Plus les minutes passaient, plus je sentais la culpabilité m'envahir. Je savais que si nous en étions là, c'était en partie de ma faute. Depuis le début de cette histoire, j'avais eu le pré-sentiment que ce n'était pas une bonne idée de faire ce que nous avions fait. Que quelques choses d'horrible arriverait et c'était le cas. J'avais fait taire cette petite voix qui m'avait prévenu et maintenant, je me trouvais égoïste. Ils auraient dû accepter de me laisser rester à la colline, sans tuer personne, sans risquer leur vie. Si j'avais réussi à les convaincre, nous n'en serions pas là.
J'observais tous mes amis autour de moi, l'air indécis était marqué sur leurs traits. Daryl tira un peu sur ma main pour que je me rapproche et il posa l'autre main sur mon épaule. Je sentais sa chaleur réconfortante me traverser alors que nous étions qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. A cet instant, j'aurais voulu me perdre dans ses bras, laisser couler les larmes qui menaçaient de sortir de mes yeux mais je ne pouvais pas me le permettre. Nous devions agir de manière sensée et pour garder notre esprit en état de marche, nous ne pouvions pas céder à nos émotions. Néanmoins, j'étais rassurée de le savoir si près de moi.
-Nous ne savons pas combien ils sont, ni où ils se trouvent. Réfléchit Rick à haute voix.
-Nous pouvons toujours interroger ce type, j'suis pas sur qu'il parlera mais ça ne coûte rien d'essayer. Proposa Michonne.
-J'peux peut-être essayer de les traquer. Si je remonte la piste, on peut arriver à eux sans qu'ils s'en aperçoivent. Informa Daryl.
Alors que je les écoutais, l'espoir réapparut doucement en moi. Si nous arrivions à les localiser, ça pourrait jouer à notre avantage. Je le savais nous allions tout faire pour retrouver Maggie et Carole et les sortir de là. J'étais prête à tout pour cela et j'avais une confiance aveugle en tous ceux qui m'entouraient. J'accordai un sourire à l'archer à mes côtés, reconnaissante et optimiste. C'était vraiment pas le moment de perdre la foi et de baisser les bras. Mon sourire s'élargit alors qu'il me répondait par un clin d'œil.
-C'est une bonne idée, nous pouvons essayer. Accorda Rick. J'vais voir ce que j'peux tirer de ce mec , quand tu trouve un truc viens me prévenir.
Je remarquai qu'il avait dit « quand » et pas « si ». Et ça me rassura un peu plus, je savais que Rick connaissait les performances de Daryl et qu'il ne doutait jamais de ces capacités. Je le savais aussi, Daryl nous mènerait à ces personnes.
Sans attendre, l'archer s'éloigna du groupe pour essayer de trouver la moindre trace. N'hésitant pas une seule seconde, je le suivis, ne voulant qu'être prêt de lui et l'aider à remonter la piste nous guidant à Maggie et Carole. Je fermai les yeux un instant, laissant sortir un soupir d'inquiétude de ma bouche, imaginant Maggie blessée, fatiguée ou pire encore. Je secouai la tête pour me sortir de mes sombres pensées et me cognai contre la poitrine de Daryl qui s'était arrêté et retourné certainement dans le but de m'observer.
-Hé. Dit-il simplement en mettant un doigt sous mon menton pour relever doucement mon visage. Il put alors découvrir mes yeux remplis d'eau que je me forçais de contenir.
-ça va aller. On va les trouver. Essaya-t-il de me rassurer d'un ton convaincu.
-Nous n'aurions pas du faire ça. Affirmais-je lui confiant mon état d'esprit, m'en voulant de me montrer si faible.
-Ce n'est pas ta faute. Assura-t-il, ayant compris ma culpabilité. Je fus étonné de voir à quel point cet homme face à moi, était capable me comprendre. Comme si à travers mes yeux, il percevait la moindre petite émotion. Et le plus surprenant était la façon dont d'un simple geste ou part quelques mots, il arrivait à me calmer, à m'apaiser.
-Si tu dois blâmer quelqu'un, alors c'est moi. Je suis celui qui a eu la putain d'idée de tuer Negan et ses hommes. Releva-t-il le regard légèrement amer.
J'attrapai alors sa main pour entrecroiser nos doigts, tout en le fixant du regard.
-Tu l'as fait pour moi. Murmurais-je alors, rougissant un peu. Même si il ne me l'avait pas clairement avoué, je savais que c'était la stricte vérité.
-J'ai peur. Avouais-je d'une voix fébrile, sans détourner mes yeux de lui.
Il passa alors ses bras autour de ma taille, provoquant une boule de chaleur au creux de mes reins, et me rapprocha au plus près de lui. Je posai ma tête sur son torse, écoutant le battement de son cœur, qui était devenu un son rassurant pour moi. Pendant quelques instants, nous restâmes dans cette position, il brossait mon dos de sa main, dans un geste réconfortant, réussissant assis à me calmer.
-Tout se passera bien. Murmura-t-il dans mon oreille. Et j'eus envie de le croire, je relevai délicatement ma tête et dans un geste naturel, je déposai un léger baiser sur sa joue pour lui montrer ma gratitude d'être toujours là pour moi.
-Merci. Le remerciais-je sur le même ton que lui.
Nos regards restèrent unis un moment, essayant chacun de décrypter le ressenti de l'autre. Je pouvais apercevoir tellement de choses à l'intérieure des siens. Tellement de promesses muettes, de mots jamais prononcés et qui ne le seraient peut-être jamais. Pour l'instant, tout ce que je souhaitais c'était retrouver ma sœur et Carole, rentrer chez nous et profiter de ce qu'il voudrait bien me donner.
En silence, il me détacha lentement de lui, se détourna vers le sol et se mit à explorer les lieux à la recherches du moindre petit indice pouvant le conduire aux nôtres.
Lorsque nous fûmes revenu près des autres, Rick discutait avec Glenn. Ils avaient l'air énervé et complètement perdus, surtout mon beau-frère qui avait cet expression désespéré sur son visage. Michonne se tourna vers nous en nous voyant arriver.
-Alors ? Questionna-t-elle, l'espoir visible sur ses traits.
-Ils ont laissé des traces, ils nous observaient de là-bas. Avança Daryl en pointant du doigt l'endroit. Il y a des empreintes fraîches et du sang. Hésita-t-il à ajouter.
Glenn blêmit encore un peu plus, si c'était possible.
-On va la récupérer. Essayais-je de le rassurer en posant ma main sur son bras, dans une attitude affectueuse.
-Il a parlé l'autre enfoiré ? S'informa l'archer en désignant le mec attaché.
Rick nia de la tête nerveusement.
-Tu veux que j'm'en occupe ? Se proposa-t-il prêt à faire ce qu'il fallait pour lui délier la langue.
-ça ne servira à rien, il ne parlera pas. Répliqua l'ancien chérif.
Plus un mots ne fut prononcé, chacun perdu dans ses propres pensées, réfléchissant à la suite des événements.
-Que veux-tu qu'on fasse ? Interrogea Abraham, attentant les instructions.
-Est-ce qu'ils t'ont répondu par rapport à l'échange ? Demandais-je alors.
-Toujours pas. Soupira-t-il.
-Ils doivent prévoir quelques choses. Intervint Rosita, reflétant le fond de la pensée de tous.
-Ils pourraient nous attirer dans un piège. Complétais-je, imaginant déjà plusieurs hommes nous entourant et nous menaçant. Si ça se produisait, nous n'aurions pas beaucoup de chance de nous en tirer vivant.
-Daryl peut nous amener jusqu'à elles, nous allons découvrir l'endroit où elles se trouvent. Commença Rick, essayant au mieux de monter un plan réalisable.
Daryl hocha la tête signalant son accord, et surtout son soutien à son ami. Je savais que quoi que Rick déciderait, il le suivrait, c'était ainsi entre eux depuis aussi longtemps que je m'en souvienne.
-Une fois là-bas, nous devrons être prudent, nous ne pouvons pas nous permettre de brusquer les choses. Ça serait trop dangereux, pour Carole et Maggie comme pour nous. Souligna-t-il d'un ton sans équivoque. Il nous regarda Glenn et moi, voulant s'assurer que nous avions compris et qu'on ne ferait pas de bêtises indésirables sous le coup de nos émotions. J'acquiesçai sûr de moi.
-Parfait ! Vérifiez vos armes, nous devons rester ensemble et surtout restons le plus discret possible. Conseilla durement notre leader.
-Et qu'est-ce qu'on fait de la tête de con ? Voulut savoir Abraham en montrant le détenu, assez bien amoché.
-On le prend avec. Si jamais, la femme nous recontacte, nous devons l'avoir à portée de main. L'échange pourra peut-être avoir lieu.
Michonne et le roux le relevèrent sans ménagement et s'occupèrent de lui, le forçant à avancer.
-Vous construisez votre propre tombe. Ricana-t-il d'un air sadique.
-Ta gueule. Rugit Abé, d'un ton dur.
Ensemble, nous entamâmes le chemin, Daryl se tint tous de suite en position de traqueur, détaillant chaque détail. Nous commençâmes par là où l'archer avait délimité leur champs d'observation. Plusieurs paires d'empreintes recouvraient la terre, il observa silencieusement le sol pour essayer de découvrir la direction qu'ils avaient pris. Alors que nous étions sur le trajet, je remarquai que nous ne passions pas loin de l'endroit où Maggie et Carole étaient sensées nous attendre. Daryl déclara avec certitude qu'il y avait au moins 4 personnes en plus de ma sœur et notre amie, il continua d'avancer toujours concentré sur sa tâche à accomplir. A plusieurs endroits, du sang recouvrait la terre ou même des feuilles, un frisson parcourut mon corps alors que mon esprit imaginait le pire des scénarios. En apercevant les traits effrayés de Glenn, je n'osais même pas penser à ce qu'il pouvait ressentir, sachant sa femme et son futur bébé en danger. Je me promis alors de tout faire pour les lui ramener en sécurité. De tout faire pour y arriver, quitte à y laisser des plumes, j'étais prête à affronter n'importe quoi ou n'importe qui. J'étais déterminée à sortir ma sœur et Carole en vie de ce merdier.
J'observai avec reconnaissance et un sentiment d'admiration les ailes d'anges dans le dos de Daryl, toujours occupé à suivre les indices laissés par nos opposants. Ne laissant rien au hasard, regardant la moindre trace de terre retournée, la moindre goutte de sang, remarquant les petites branches cassées. J'avais une confiance absolue en lui, en ses capacités et en sa volonté d'y arriver, je savais qu'il nous amènerait à destination.
Ça devait faire plus ou moins vingt minutes, une demi heure que nous marchions quand Daryl s'arrêta à l'abri d'un buisson, se mettant directement à croupi. Il nous fit signe de nous abaisser le plus possible, pour nous dissimuler. Il me poussa à l'aide de son bras pour me ramener derrière lui, me cachant avec son propre corps. Il se retourna vers nous, et mit un doigt sur sa bouche en signe de silence. Il pointa alors un bâtiment face à nous. On aurait dit un espèce de hangar ou de bunker, carré, en brique, le toit plat, muni d'une entrée visible à l'avant. La porte semblait dur, métallique. Un sentiment d'empressement m'étouffa alors, n'ayant plus qu'une idée, me précipiter à l'intérieure et sortir ma sœur et Carole de là. Mais j'étais assez réfléchie pour savoir qu'agir ainsi c'était nous conduire tout droit à une mort certaine.
-Attachez le à un arbre et vérifiez bien qu'il ne puisse pas se faire entendre. Recommanda Rick en parlant à Abraham. Si jamais il résiste, assomme le. Le grand costaud marqua son accord d'un signe positif de tête.
-Qu'est-ce qu'on fait ? S'impatienta Glenn et je ne pouvais en rien lui reprocher, sa femme était certainement à quelques mètres de nous et probablement en danger.
-Rosita et Glenn, vous allez vous assurer que tout est clair de l'autre côté, vérifiez la présence d'homme qui pourrait se cacher, si il y a des fenêtres vérifiez les. Daryl, va avec Beth, faîtes le tour des fenêtres de ce côté, vous restez à l'extérieure. Observez ce que vous pouvez observer. Michonne et moi, on va à l'arrière, assurez-vous que tout est dégagé. Abraham et Sacha, vous restez ici avec lui. Vous nous couvrez en cas de problème. Ne sortez pas des bois. On se retrouve tous ici dans 10 minutes. Pas d'imprudence. Exposa professionnellement Rick. D'un signe unanime de tête, nous acquiesçâmes avant de réagir. Daryl se tourna vers moi.
-Tu pars direct vers le mur, le plus vite possible, tu reste accroupi le plus que tu peux, ne te retourne pas, je serais juste derrière toi.
Je savais pourquoi, il me demandait de rester le plus proche possible du sol, les herbes étant assez haute, plus je m'abaisserai et moins je serais repérable si quelqu'un venait à sortir.
-Ok, répondis-je simplement, pressée d'en finir.
Sans plus attendre, je me mis en action et exécutai ce qu'il venait de me demander. Je me déplaçais le plus rapidement que je le pouvais et le plus discrètement que me le permettait mon corps, priant pour que personne ne sorte. Je me permis un coup d'œil vers mes amis qui courraient également, chacun ayant conscience qu'il fallait rester à découvert le moins possible.
En arrivant au mur de brique, je me collai le plus proche possible de celui-ci, ressentant le froid du matériel sur mes bras. A ce moment précis, j'aurai tout donner pour être un caméléon, voulant me fondre dans le décors. Mon cœur battait la chamade alors que l'adrénaline parcourait chaque fibre de mon corps.
Le bruit d'une porte qui s'ouvrait brusquement me parvint aux oreilles, je jurai silencieusement. « putain », essayant de voir où étaient nos amis, mais personnes en vue. Daryl venait juste de se positionner à mes côtés. J'essayai de canaliser ma respiration et mon inquiétude.
-Non, ils ont Primo. S'écria la voix d'une femme, j'aurai juré que c'était celle qui avait parlé à Rick. J'attendis les grésillements de la radio, signe qu'on lui répondait, mais le son n'était pas d'assez bonne qualités pour que je puisse saisir les mots.
-Ils veulent effectuer un échange, réprit la femme.
-...
-Mais Denis est blessé, si on se dépêche pas, il va mourir.
En entendant ça, Beth fut légèrement soulagée, elle supposa que le sang qu'ils avaient vu n'était pas celui de Maggie mais de cet homme. En tout cas, elle l'espérait réellement.
-Dans combien de temps vous serez là ? Interrogea la femme dans la radio. Faîtes au plus vite, on a besoin de vous.
La porte s'ouvrit et se referma dans un bruit retentissant, ce qui me fit sursauter légèrement. Des hommes allaient venir, ils devaient absolument trouver les filles et partir.
-Vient on doit se dépêcher. Me pressa Daryl.
Nous passâmes la première fenêtre, un marcheur se tenait contre la porte, à l'opposé de nous, bougeant lentement, grattant la vitre de ses mains décomposées. Mais on y vit aucune trace des nôtres.
La deuxième fenêtre ne nous montra rien non plus, plus j'avançais plus mon angoisse augmentait. La peur de ne pas trouver Maggie me tétanisait mais je me refusai de penser de cette manière.
En passant devant la quatrième fenêtre, j'aperçus enfin du mouvement autre que celui des rôdeurs. Une femme était assise sur une chaise, faisant face à quelque chose ou plus tôt quelqu'un. Un petit sourire apparut sur mes lèvres en voyant ma sœur, mains et pieds liées mais apparemment sans aucune blessure.
-Daryl. Murmurais-je alors pour attirer son attention, celui-ci observant à travers la prochaine fenêtre. Maggie, articulais-je silencieusement.
La femme positionnée devant elle, portait une arme à feu et avait un air froid sur le visage. Elle semblait déterminée, et elle semblait savoir ce qu'elle voulait. Elle était très certainement entrain de questionner ma sœur. La vue que nous avions de la pièce était plongeante, comme si nous étions en hauteur, ce qui devait en effet être le cas par rapport aux deux femmes à l'intérieur. Notre position nous donnait l'opportunité de voir l'entièreté de la pièce, détaillant du mieux que je pouvais la composition de celle-ci.
-Tu as vu Carole ? Demandais-je , il fit signe que non, d'un air las.
-Nous devons rejoindre les autres, il faut leur dire. Dit-il.
Je savais qu'il avait raison mais je dus me faire violence pour ne pas briser la fenêtre, sauter dans la pièce et récupérer ma sœur. Je ravalai mon envie, et nous retournâmes rejoindre nos amis. Les autres étaient déjà revenu de leur repérage. Devant l'air malheureux de Glenn, je ne pus me retenir plus longtemps.
-Maggie est là. Déclarais-je, provoquant une lueur d'espoir dans les yeux de mon beau frère et je lui souris franchement, sachant que quoi qu'il advienne, nous sauverions les nôtres.
-Carole est à l'intérieur aussi. Compléta Rick, renforçant mon sourire, rendant l'espoir de plus en plus tenace.
-Il y a un homme blessé avec elle, il est allongé au sol. Soit il est mort, soit dans un sale état et ça ne devrait pas traîner. Nous avons vu deux autres personnes, elles rentrent et sortent. Une femme plus âgée et une rousse, je pense que c'est elle qui nous a parlé, elle a la radio sur elle. Expliqua-t-il.
-Il y a une femme avec Maggie. On dirait qu'elle lui fait subir un interrogatoire. En voyant l'air horrifié de Glenn, je continuai sur ma lancée. Mais elle a l'air d'aller bien, elle n'est pas blessée.
Il soupira alors de soulagement.
-Carole a l'air bien aussi. Assura Michonne.
-Nous devons intervenir. Rugit Glenn, pressé de sortir sa femme de là.
-Nous allons le faire, mais nous devons le faire intelligemment, confirma notre leader.
-On rentre dedans et on les allume. Proposa Daryl avec sa brusquerie habituelle.
-C'est trop dangereux. On ne sait pas exactement combien ils sont et si il s'avère qu'ils sont beaucoup plus qu'on le suppose, ça jouera contre nous. Contra l'ancien chérif.
En entendant parler du nombre de personnes, la conversation qu'on avait entendu me revient en mémoire.
-Des hommes doivent venir. Une femme est sortie et à parler à des hommes à travers une radio. On a surpris l'appel. Expliquais-je.
-Tu sais combien et quand ?
-Non, mais elle les a pressé à les rejoindre. Elle veut certainement qu'ils soient là avant qu'on arrive. Nous devons agir maintenant, m'exclamais-je alors qu'un semblant de plan se formait dans ma tête.
Rick et les autres continuaient à discuter mais j'étais partie dans mes pensées. Tout doucement, une idée germa dans mon esprit.
-Comment sont les fenêtres du côté de Carole ? M'informais-je d'un seul coup, surprenant les autres par ma question.
-Étroite et assez haute. Décrivit Michonne.
J'avais également remarqué que les fenêtres de la pièce où Maggie se trouvait, étaient en hauteur. Nous aurions pu nous mettre à l'extérieure et tirer sans être vu mais encore une fois si il y avait plus de personnes que prévu, ils tueraient Maggie et Carole avant qu'on les ai tous tuer. Du coup, il nous fallait un autre plan. J'avais vu une échelle mural à côté de la fenêtre, si j'arrivais à entrer par celle-ci, je pourrais descendre rejoindre ma sœur sans chuter.
-Il y a une échelle là où est Maggie ! Exposais-je, réfléchissant tout haut.
J'accrochai le regard de Daryl qui m'observait intrigué, immobile, une lueur de compréhension passa alors dans ses yeux, en même temps que je déclarais mon idée.
-Moi, j'peux passer par la fenêtre, j'peux me glisser à l'intérieure sans me faire repérer.
Tous mes amis me regardèrent étonné et curieux, se demandant d'où m'était venue cette idée. Je vis la tête de Rick dodeliner lentement, partis dans ses propres réflexions, faisant le pour et le contre en lui-même.
-Je vais avec. Énonça Daryl
-Daryl, tu ne passeras pas. Lâchais-je en essayant de réprimer mon sourire, en imaginant l'archer se faufiler dans la petite ouverture. Il voulut répondre mais se ravisa en se rendant compte que j'avais raison. Il soupira d'énervement et d'impuissance.
-Tu ne peux pas y aller toute seule. C'est trop dangereux. Ils vont te tomber dessus. Rugit-il.
-C'est ma sœur. Vous devez rester à l'extérieur au cas où les autres arriveraient. Il n'y a pas beaucoup de personnes à l'intérieure. Une fois que j'aurai libéré Maggie et Carole, nous pourrons nous en charger sans problème. Expliquais-je essayant de paraître sereine et confiante.
-On ne sait pas combien ils sont ! Contra-t-il, déterminé à vouloir me garder en sécurité, et en relevant une vérité.
-Je trouverai une solution, si ils sont plus. Avec Maggie, je ne serais plus toute seule. Et puis on a pas le choix, le temps presse.
-Rosita peut aller avec toi. Voulut-il proposer, en jetant un coup d'œil à l'Hispanique.
-Bien sur, j'peux t'accompagner. Affirma-t-elle.
Mais c'était à moi de le faire, à moi seule. Si nous étions dans cette situation, c'était juste parce qu'ils avaient tous voulu m'aider et me voir revenir à Alexandria. Sans ça, nous n'aurions pas tués des hommes dans leur sommeil et ma sœur et Carole ne seraient pas prisonnière. Je devais régler cette histoire sans que les autres risquent leur vie, plus qu'ils le faisaient déjà. Je ne voulais avoir la mort d'aucun de mes amis sur mon conscience.
-C'est ma sœur. Répétais-je en regardant gentiment la jeune femme. Si quelque chose tourne mal là dedans, je ne veux qu'aucun de vous ne soit blessé. Avouais-je alors, en les affrontant du regard.
-Daryl a raison Beth, c'est dangereux. Insista Rick.
Je me rapprochai de lui, un léger sourire aux lèvres, voulant me montrer aussi forte que possible.
-Maggie et Carole valent la peine que je prenne ce risque. Confiais-je déterminée.
-Je veux venir avec toi. Renchérit Glenn, et je comprenais son besoin d'être là pour sauver sa femme enceinte.
-A deux on sera plus vite repérable, plus lent. Je te ramènerai Maggie. Promis-je avant d'ajouter. Et puis si ça foire et qu'il t'arrive quelque chose, ma sœur me fera la peau.
Il m'accorda un petit sourire hésitant à cette idée. Tout se passera bien et si ce n'était pas le cas, je m'assurerai que Maggie revienne entière et en vie même au dépend de la mienne. C'était une promesse.
-Comment tu vas faire pour ouvrir les fenêtres ? S'inquiéta Michonne.
-Je ne peux pas la casser, ça ferait trop de bruit.
-Il faut la forcer, je vais venir le faire, je t'emmène jusque là, je t'aide à pénétrer à l'intérieur et je reviens ici. Intervint Daryl.
J'acquiesçai et le remerciai d'un sourire, sachant qu'il se retenait difficilement de ne pas me crier dessus pour m'inciter à rester près d'eux, ou encore, de m'attacher à un arbre pour m'empêcher d'y aller.
-Ok. Reprit Rick. Assure-toi qu'il n'y ait que Maggie dans la pièce. Quand l'accès est libre, tu passe par la fenêtre et tu la rejoins. Allez récupérer Carole et sortez le plus rapidement possible, essayez de passer inaperçu, on s'occupera des autres, une fois que vous serez revenue. Si jamais tu croise quelqu'un, tue le.
Un frisson parcourra ma colonne vertébrale à l'idée de devoir encore tuer, mais je n'avais pas le choix, mon but était de sauver ma sœur et Carole, de les ramener vivante et si c'était faisable de le rester moi-même.
-Sois prudente, revenez vite. Me suggéra Rick en posant ses deux mains sur mes épaules dans un signe presque paternel. A cet instant là, j'eus l'impression qu'il était fier de moi et je me demandai alors si mon père le serait également. Je secouai la tête pour revenir au présent et me concentrer.
-T'as ton arme ? S'informa Daryl, les yeux remplis d'angoisses mal dissimulée. J' hochai la tête positivement et ensemble, nous nous dirigeâmes vers la fenêtre en question pendant que Rick dispatchait les autres tout autour du bâtiment pour d'éventuels renforts, en cas d'imprévus.
Prudemment, je m'approchai de la fenêtre, et me mis à observer de manière à voir le moindre détail. Ne voulant pas laisser de place au hasard. Je ne pouvais m'empêcher de me demander à quoi servait ce lieu avant le tournant. Les pièces étaient haute, vide de tout, ça me donnait une drôle d'impression. Mais je n'avais pas le temps de m'attarder sur cette réflexion. En faisant attention à bien être accroupie sous le bord de la vitre, je constatai que la femme auparavant assise en face de Maggie, se tenait maintenant debout à côté de la porte. Elle parlait mais je ne pus entendre ce qu'elle disait, son air était sombre et menaçant alors qu'elle s'adressait à ma sœur. Je passai ma main sur le contour de la fenêtre, cherchant comment la forcer ou espérant qu'elle s'ouvre comme par magie. Daryl me poussa légèrement pour qu'il puisse passer sa lame entre le joins qui entourait le carreau, je savais qu'il cherchait à l'ouvrir en faisant le moins de bruit possible. Mais à l'expression de son visage et aux petits grognements mécontents qui sortaient de sa bouche, je compris que ça ne se passait pas comme prévu.
-ça ne bouge pas, confirma-t-il d'un ton râleur et agacé.
-On va devoir la casser. Constatais-je, en sachant que nous n'avions pas beaucoup d'autre choix.
-Non, le bruit va nous faire repérer.
-Daryl, nous n'avons pas le temps de discuter, nous devons agir. M'énervais-je un peu.
Le regard toujours fixer vers l'intérieur de la pièce, j'aperçus la femme quitter celle-ci. Je devais entrer maintenant, je ne pouvais pas perdre ma chance. J'attrapai mon fusil à l'envers, faisant attention à ne pas enlever le cran de sécurité, pour éviter de tirer par accident, et d'un coup sec je tapai dans le centre de la vitre avec la cross, provoquant une série de grosses fissures. J'eus l'impression que le bruit était assourdissant, et d'un bond Daryl et moi nous dissimulâmes sur les côtés, espérant passer inaperçus. Je retins ma respirations sans même m'en rendre compte, attendant quelques minutes pour m'assurer que personne ne venait vérifier la source du bruit. Lorsque je pensai qu'il n'y avait plus de danger, je me penchai pour observer ma sœur, qui avait le regard braqué dans ma direction, les yeux écarquillés par la surprise. Le bruit n'avait pas du être si fort car personne ne revint, ce qui me soulagea. Je replaçai mon arme à ma ceinture, m'assurant de l'avoir à portée facilement. Daryl appuya sur les morceaux du carreau fragilisé pour essayer de les arracher sans provoquer à nouveau des sons indésirables. Le plus rapidement possible, il détacha le verre de la fenêtre pour me donner la possibilité de m'infiltrer à l'intérieure. Son travail était comme toujours efficace et précis, je remarquai qu'il avait enveloppé sa main dans son bandana pour éviter de se couper. Lorsque je constatai que le passage était assez large pour moi pouvoir passer, je fis mine de m'y glisser sans prendre plus de temps. Celui-ci était compter. Mais alors que j'allais passer ma jambe, Daryl me retint en m'attrapant par le bras. Ce que j'aperçus dans ses yeux à cet instant, fit rater un battement à mon cœur.
-Beth... sois prudente, reviens en un seul morceau. Bégaya-t-il mal à l'aise, sa voix tremblante.
-Ayez la foi Mr Dixon, ça ne vous fera pas de mal. Souris-je alors, essayant d'alléger la tension, en nous ramenant quelques mois plus tôt, tous les deux après la chute de la prison.
Je pouvais lire dans son regard, toute l'inquiétude qui l'habitait, et pour être totalement franche, je la partageais aussi. Si jamais, je ne réussissais pas et que je ne revenais pas, je ne voulais pas partir comme ça. Si je devais mourir, ça serait sans regret.
Je me redressai rapidement, n'ayant pas le temps pour de longue phrase, sans détacher mes yeux des siens, je posai mes lèvres délicatement sur sa bouche. Ce n'était en rien le baiser échangé quelques jours plus tôt, mais c'était une promesse que si je m'en sortais vivante, il y aurait une suite.
-Je reviendrais, murmurais-je contre ses lèvres, sentant le rouge monter à mes joues.
-T'as intérêt. Me prévient-il, et sans plus de mots ou de gestes, je passai par le trou de la fenêtre. Me tenant au rebord, je cherchai l'échelle de mon pieds qui se trouva être plus éloignée que prévu. Remarquant la difficulté, Daryl m'aida en me maintenant par les avant bras, jusqu'à ce que je puisse avoir une prise assurée, je descendis pour rejoindre Maggie. Si j'avais pensé à revenir par le même chemin, je devais me rendre à l'évidence ça serait trop compliqué, le risque de chute était élevé et si quelqu'un entrait par inadvertance, nous serions morte directement. J'essayai de rester attentive au moindre bruit qui m'entourait et surtout d'en faire moi-même un minimum. Pour l'instant, l'adrénaline guidait mes pas, me rendant plus forte que jamais, oubliant tous les risques et me concentrant sur mon but.
-Beth, que diable fais-tu ici ? S'inquiéta Maggie, alors que je commençais à la détacher.
-Je viens vous sortir de là, toi et Carole. Annonçais comme une évidence.
-Mais tu es folle. Une fois complètement détachée, elle me serra dans ses bras.
-Chut. La réprimandais-je gentiment, en lui intimant le silence.
Des bruits de pas firent écho derrière la porte, et sans attendre, je pris la ficelle qui quelques secondes plus tôt liait les pieds de ma sœur, et me dissimulai sur le côté de la porte. De façon à ce que personne ne puisse me voir, lorsque celle-ci s'ouvrirait. Maggie se replaça sur la chaise comme si elle était toujours attachée.
Je me doutais que la nouvelle venue s'apercevrait très vite de la fenêtre brisée et du coup, il me fallait agir sans tarder. La porte s'ouvrit laissant apparaître la femme brune, et dans un geste brusque , je l'attrapai par derrière, profitant de la surprise, je passai la corde autour de son coup, et tira de toutes mes forces pour l'étouffer. Aucun son ne sortait de sa bouche, ses mains s'agitant dans l'espoir d'attraper mes bras pour me faire lâcher. Maggie se leva précipitamment et l'assomma d'un coup de poing en plein visage, la faisant s'écrouler au sol.
-Vient, nous devons récupérer Carole. Indiquais-je sans même reprendre mon souffle. Sans un regard pour la fille à terre, nous ouvrîmes la portes et tombèrent nez à nez avec notre amie. Je fus surprise de la voir là, mais rassurée.
-Le mec est mort, et la vieille s'est fait chopé par un rôdeur. Annonça-t-elle. Ils ont donné rendez-vous à Rick dans moins de dix minutes mais il y aura des éclaireurs en place pour les attendre. Ils leur tendent un piège. Compléta-t-elle d'une seule traite.
-Tout le monde nous attend dehors, précisais-je alors pour essayer de les rassurer mais j'espérais sérieusement que Rick n'irait pas au lieu de rendez-vous. Allez, nous devons sortir d'ici.
Ensemble nous prîmes le couloir pour atteindre la sortie, des rôdeurs étaient empilés tous le long, rendant notre avancée plus compliquée. Les grognements résonnaient autour de nous et je compris pourquoi le bruit que Daryl et moi avaient fait, était passé inaperçus.
Une femme rousse apparût devant nous. Carole leva son arme en même temps que ses yeux s'emplirent de larmes et que ses mains se mirent à trembler. Son attitude me rendit perplexe et je jetai un coup d'œil inquiet à Maggie, aussi stupéfaite que moi.
-Carole ! Criais-je alors pour essayer de la faire réagir.
-Oh, regardez moi ça, nous avons de la visite. Ricana l'inconnue en me voyant.
-Laisse nous passer ou tu vas mourir aujourd'hui. Crachais-je alors sans me démonter malgré la peur qui montait lentement en moi.
Elle avança à petit pas vers nous, de manière menaçante, nous forçant à reculer pour nous bloguer entre les rôdeurs et elle.
-Quelle arrogance. Et c'est toi qui va me tuer ? Demanda-t-elle d'un air moqueur, loin de me prendre au sérieux, et j'avouai que là c'était plutôt mal parti.
-Tire ! Hurla Maggie à l'intention de Carole, qui tenait toujours son arme braquée vers la rousse, qui se rapprochait dangereusement.
Sans plus attendre, je sortis mon arme d'un geste rapide et tirai en direction de l'ennemie. Mon coup fut alors défié par un poids lourd qui me projeta au sol, ma tête cogna le béton durement, provoquant un léger état de somnolence, des étoiles apparurent devant mes yeux.
-Beth. S'écria ma sœur paniquée. Je l'aperçus se battre avec la fille brune que j'avais essayé d'étrangler. Je ne pus m'empêcher de penser amèrement que j'aurai du la tuer quand j'en avais eu l'occasion.
-Carole, tire. L'encourageais-je en la voyant prostrée sur ses pieds sans réagir. Je devais me lever et prendre les choses en mains, si je ne le faisais pas maintenant, nous allions toutes les trois mourir, et je m'étais promise de les sortir de là en vie. Je me mis sur mes pieds le plus vite possible, ramassant mon arme au passage, repoussant les étourdissements qui encombraient ma tête . Maggie était blogué contre un mur par la brune qui effectuait de grand geste dans l'espoir de réussir à la poignarder et sans que je puisse intervenir, j'aperçus sa lame traversé le t-shirt de ma sœur, me faisant sursauté d'horreur.
-Non ! Hurlais-je de toutes mes forces, je braquais mon flingue et appuyai sur la gâchette, la femme s'écroula au sol, sans vie. Je remarquai alors que Carole avait réagi en même temps que moi et qu'elle avait également fait feu. La rousse se releva l'épaule blessée en pointant son arme sur Carole, en se moquant ouvertement d'elle. Dans un coup de colère incontrôlable, commençant à avoir du mal à gérer mes émotions, je chargeai la femme qui s'empila sur une tige de fer à côté d'un rôdeur qui sans attendre, se délecta de son visage. La vision était répugnante, la rousse hurla de douleur, la peau de sa figure s'étirant dans la bouche du mangeur d'homme. Sous le poids de l'émotion, mes mains se mirent à trembler et mon arme tomba au sol. Je regardai Carole qui semblait en état de choc. Maggie se rapprocha de la rousse, ramassa mon revolver et tira une balle dans sa tête, avant de me le rendre.
-ça va ? Se soucia-t-elle, visiblement épuisée et angoissée.
-Oui et toi ? Et le bébé ? M'inquiétais-je en cherchant une trace de blessure frénétiquement. Je la pris dans mes bras, la serra fortement contre moi.
-Je vais bien Beth. Sourit-elle de manière rassurante.
Je jetai un coup d'oeil à notre amie, lui faisant signe de nous rejoindre. Nous nous serrâmes toutes les trois, heureuse de voir que nous allions bien, Carole avait cette manière maternelle de nous entourer qui était apaisante. Mais malgré ça, son attitude et son teint livide et un peu perturbé me laissaient perplexe.
-Nous devons rejoindre les autres, indiquais-je alors en me décollant de l'étreinte, pressée de sortit de là.
Avec prudence et toujours sur le qui-vive, nous nous dirigeâmes vers la sortie. Une fois face à la porte qui menait à l'extérieur, nous nous figeâmes en percevant des coups contre la porte. Je pensai toute suite aux éclaireurs que la rousse avaient appelé. Mais je dus stopper mes réflexions très vite car celle-ci s'ouvrit et je levai mon armes prête à abattre n'importe qui se mettrait sur notre chemin. Un soupir de soulagement s'échappa de mes lèvres lorsque je vis Glenn, son air soucieux laissant place à la joie de voir sa femme debout devant lui.
Je me permis alors un sourire, mes derrières mes yeux, des corps tombèrent sans vie encore et toujours. Un homme allongé sur son lit, un autre attaquant Daryl par derrière, une femme aux cheveux foncés agressant Maggie, une rousse se faisant dévoré par les morts. Je frissonnai d'horreur, l'envie de hurler de rage était insoutenable et celle-ci menaçait de sortir n'importe quand. Mais je secouai la tête pour retrouver mes esprits et garder la tête sur les épaules. Ce n'était pas le moment de craquer, je ne pouvais pas me laisser aller, pas maintenant, devant tout le monde.
Je réalisai que tous me fixaient et du mieux que je pus, j'essayai de contrôler mon ressenti, essayant de plaquer un masque sur mon visage. Daryl me prit la main m'accordant un sourire soulagé et le baiser échangé avant tout ça me revint en mémoire, provoquant une petite décharge électrique à l'intérieur de moi. C'était ça que je voulais, c'était ça que je voulais ressentir, cette flamme, cette chaleur, c'était lui. Oh je n'étais pas entrain de rêver à une relation comme celle de Glenn et Maggie, j'étais consciente que ça n'arriverait jamais. Je ne savais même pas, si il voulait vraiment quelque chose de moi. Mais je savais ce que moi je désirais, et je voulais qu'il le sache, avant qu'il ne soit trop tard. Bien sur, ça devrait encore attendre un petit peu.
Du coin de l'œil, j'aperçus Carole, toujours figée sur place, le teint pâle, prête à s'effondrer. Je lâchai la main de Daryl qui surprit me fixa et d'un signe discret de tête, je lui fis comprendre d'aller vers notre amie. Je savais qu'il réalisait alors à quel point elle était fragilisée et choquée. Il s'approcha d'elle, lui releva le menton pour attirer son attention.
-ça va ? Interrogea-t-il pour la forme.
-Non. Avoua-t-elle honnêtement d'un ton perdu. Daryl la serra alors tendrement dans ses bras, voulant lui apporter le réconfort dont elle avait besoin. Même si j'aurai aimé à ce moment là, être à la place de Carole, j'étais heureuse de voir qu'il était là pour elle, pour la soutenir car même si il doutait toujours de lui-même, Daryl Dixon était ce genre de personne. C'était un homme qui pouvait s'avérer être un vrai soutien pendant les moments de doutes ou de désespoirs et j'étais bien placé pour le savoir. Il avait passé plus d'une nuit à m'aider à surmonter mes démons sans même poser de questions, juste en étant présent. Il me jeta un coup d'œil par dessus l'épaule de Carole,accrochant mon regard que je ne pus plus détacher de lui. A cet instant précis, je n'avais qu'une envie, être contre lui dans ses bras, et pour être honnête, je savais que je le serais le soir même. Je souris face à cette pensée réconfortante et en imaginant la chaleur que provoquerait en moi le contact de l'archer. Mais je fus interrompu dans mes réflexions par Glenn qui me serra dans ses bras.
-Merci. Me dit-il simplement, montrant toute sa reconnaissance.
-J'ai pas été d'une grande utilité, ma sœur est une coriace.
-Arrête. Me gronda doucement Maggie. Tu es venue nous sauver.
Gênée, je balayai le compliment d'un signe de la main. Le principal, c'était que tout ce fut bien dérouler, que nous étions tous en vie. La fatigue prenant le dessus, je n'avais plus qu'un besoin, rentrer à la maison, me mettre dans mon lit et me serrer le plus possible contre Daryl qui s'en même en être conscient ferait partir tous les démons. Qui je le savais, seraient beaucoup plus nombreux aujourd'hui.
-Abraham, Michonne, restez avec lui et moi. Les autres allez-y, on vous rejoint toute suite. Ordonna Rick en pointant son arme sur la tête du prisonnier. Celui-ci se tenait debout face à lui, le regard hautain. Je savais ce qui allait suivre et j'étais ravie que notre leader nous demande de quitter les lieux. J'entendis l'ancien chérif s'informer sur qui était Negan, alors que nous nous éloignions. L'autre ricana avant d'ajouter « je suis Negan », cette phrase me fit trembler des pieds à la tête et un coup de feu retentit. Rick réapparut suivi de Michonne et Abraham, ils nous rejoignirent d'un pas rapide pour qu'on puisse quitter cet endroit tous ensemble.
-Il est temps d'y aller. Mieux faut ne pas traîner. Déclara-t-il. En effet, c'était mieux pour nous, si nous avions évacué les lieux avant que d'autres hommes arrivent. Tout en avançant, je poussai un soupir de contentement à l'idée de rentrer entre nos murs. Je me rapprochai discrètement de Daryl et dans un geste naturel, ma main se glissa dans la sienne.
En arrivant chez nous, nous fûmes accueillis par Carl qui nous attendait visiblement avec impatience. En apercevant notre état, il ne prit même pas la peine de nous demander comment les choses s'étaient passées. Il était conscient des heures qui avaient défilé et avait du comprendre que nous avions rencontré quelques imprévus. Aussi, le sang et l'état général de nos vêtements et de nos têtes devaient juste lui confirmer son impression.
-Oh bébé. Souris-je en m'approchant de Juddith dans un besoin presque incontrôlable. Je pris la petite fille de ses bras pour la coller contre moi, respirant son odeur et profitant de ses sourires qui me procuraient toujours un réel bien être. Elle me permettait d'oublier pendant quelques instants les gestes odieux que je venais de commettre.
-Tu lui as manqué. Précisa Carl, voulant certainement me faire plaisir, alors que le bébé babillait en attrapant la tresse que formait mes cheveux. .
-Certainement pas autant qu'elle. Affirmais-je sur de moi, réconforté par la présence du bébé.
La fin de la journée passa assez rapidement, les hommes avaient pris la salle de bain en otage, alors qu'avec Michonne et Carole, nous préparions le repas. Je ne pouvais m'empêcher de jeter des coup d'œil que j'espérais discret à la plus âgée d'entre nous. J'éprouvais une inquiétude devant le comportement qu'elle avait adopté un peu plus tôt. J'arrêtais pas de m'interroger à ce sujet, je n'avais pas reconnue la Carole forte et déterminée qu'elle était devenue au fil du temps. Mais l'avoir près de nous, en ce moment, me rassurait quelque peu.
-Carole, tu vas bien ? Osais-je lui demander après pas mal d'hésitations. Je la vis réfléchir à la bonne réponse à me donner.
-J'ai tué 18 personnes, aujourd'hui nous en avons tué 2 de plus. M'expliqua-t-elle m'envoyant une série de frissons devant la réalité de son aveu. Je déglutis péniblement repoussant les images indésirables de mon esprit.
-C'était pour survivre. Voulus-je essayer de la rassurer même si je savais que ma répartie n'était pas exactement ce qu'elle voulaient entendre. C'était plus pour me convaincre moi que nous avions fait la bonne chose.
Le regard qu'elle me renvoya, me perturba. Je comprenais parfaitement son malaise, un étrange sentiment m'encombrait aussi. Le fait d'avoir arracher des vies humaines me choquaient et me tétanisaient également. Depuis le tournant, nous avions tous changé, nous avions tous du faire des choses sans forcément en être fière, mais j'avais compris que nous n'avions pas le choix. Le passé m'avait montré que c'était soit ces gens, soit moi ou ceux que j'aimais. Alors des décisions devaient être prises. Est-ce que cet argument expliquait le fait de prendre la vie de quelqu'un ou non ? De décider s'il méritait de vivre ou de mourir? Je ne pouvais pas répondre à cette question. Carole dut s'apercevoir de mon trouble car elle me sourit de manière presque désolée.
-Oublie ce que je viens de dire. Tu as fait ce qu'il fallait aujourd'hui. Déclara-t-elle alors comme pour essayer d'apaiser ma conscience, sans pour autant y croire vraiment.
Michonne qui avait écouté la conversation toute en restant poliment en retrait, ne souhaitant pas prendre parti ni participer à l'échange, me sourit alors comme pour confirmer les dires de Carole. Les hommes revinrent alors et nous nous installâmes autour de le table. L'ambiance était tendue, chacun plongé dans nos sombres pensées respectives, quelques choses me disaient que tous ça n'avait été qu'un préquel à ce qui nous attendait par la suite. Carl essayait tant bien que mal de détendre l'atmosphère en racontant une anecdote ou deux, mais sans grand succès. Seul les babillages de sa petite sœur lui répondaient.
Le début de soirée avait enfin pointé le bout de son nez, j'étais assise dans le salon à même le sol, entrain de jouer avec Juddith, mon corps avait peine à se mouvoir tellement la fatigue l'encombrait mais l'agitation de l'enfant me faisait du bien et me donnait un semblant de normalité.
-Tu devrais monter te laver. Me parvint la voix de Daryl, celui-ci accosté à l'encadrement de la pièce, occupé à m'observer. Je me rendis compte alors que j'étais toujours dans le même état qu'à notre retour, remplie de sang, de tâches et mes vêtements devaient porter l'odeur de la transpiration. J'étais toujours partagée entre l'envie de me débarrasser, de me glisser sous la douche, et le besoin de rester en mouvement, ici avec le bébé, empêchant ainsi mon esprit de dévier là où je ne le voulais pas.
-Il n'a pas tord. Intervint Carl tout sourire. J'vais m'occuper d'elle jusqu'au couché. Tu devrais prendre une douche et aller te reposer, tu as une de ces têtes. Me taquina-t-il.
-ça veut dire que je ressemble à rien et que je pue ? M'amusais-je un peu, entrant dans son jeu. Le sourire du jeune homme s'agrandit et il se pinça l'arête du nez, en fronçant les sourcils, dans une mimique assez comique.
-J'avoue que je n'osais pas te le dire dans ces termes mais t'as tout compris.
Devant ma mine faussement déconfite, il éclata de rire. Je me levai du sol, alors que Daryl regardait la scène, apparemment amusé par notre échange. Je répondis par une tape légère sur l'épaule de l'adolescent alors qu'il s'esclaffait encore plus, face à mon air exagérément choqué.
-T'as gagné, j'vais me faire belle. Claquais-je en le gratifiant d'une grimace, renforçant son rire.
Dés que j'eus franchis la porte de la salle d'eau, j'eus l'impression d'étouffer, l'espace confiné me rendit instantanément mal à l'aise et oppressée. Je me sentis prise au piège de mes propres remords, ceux-ci remontant en un éclair à la surface, m'empêchant presque de respirer. Je me déshabillai, essayant de chasser mes émotions, j'entrai dans la douche, allumai l'eau. Les fantômes revinrent me hanter, défilant dans ma tête.
Le visage de Gorman apparut en premier, ressentant encore ses mains baladeuses. Ensuite vint le tour de Dawn, son air arrogant braquée sur moi, essayant au mieux de m'intimider. Le wolf prit sa place, son odeur me parvenant aux narines comme si il était présent dans la pièce, son regard psychopathe jouant avec ma fragilité. Dans un moment de panique, je mis mes mains sur mes oreilles, comme pour empêcher le son de leur voix de me parvenir. Essayant d'étouffer leur moquerie vis à vis de moi. Des dizaines de visages défilèrent alors sans que je puisse les arrêter, tous ceux que je venais de tuer, remplis de sang, le regard haineux. Il y avait cet homme allongé sur son lit, qui avait peut-être un jour été quelqu'un de bien, quelqu'un avec une famille, une femme, des enfants. Mais les images des photos attachés au dessus de lui me revinrent, voulant me faire voir la monstruosité de cet homme, la violence avec laquelle il avait lui-même tué, gardant en prime des photos comme un trophée. Mais ça ne s'arrêta pas pour autant, le visage de la femme qui avait essayé d'attaquer Maggie agrippa mes souvenirs. Puis la rousse et ses cris alors que je l'aidais à s'empiler contre un piquet de fer et qu'un rôdeurs la dévorait. Une larme s'échappa alors de mes yeux, libérant avec elle un déluge qui se mélangea à l'eau qui coulait sur moi. Mon corps fut pris alors d'une série de sanglots, que je n'arrivai pas à contrôler.
Pour qui m'étais-je prise pour décider de qui devait vivre ou mourir ?
Je fixai mes mains d'un air horrifié, j'étais devenue une meurtrière. « C'est eux ou toi ! » Murmura la voix de Daryl dans mon crâne. Je me répétai cette phrase encore et encore, espérant qu'à elle seule, elle me ferait sortir de ma torpeur. Mais les remords m'accablaient malgré ça. J'étais consciente que j'avais voulu nous défendre, les miens et moi-même, mais était-ce suffisant pour justifier nos actes. La seule vérité que je percevais à ce moment là, c'était que j'avais tué et pour l'instant ça ne me rendait pas différentes de tous ces monstres que nous avions rencontré.
Je n'avais qu'un envie, c'était me confiner dans mon lit, profitant de la présence de Daryl pour me coller à lui et me sentir entourée, soutenue et surtout protégée. Je savais que la chaleur de son corps se propagerait en moi, dispersant ainsi mes démons et provoquant un certain bien être. C'était tout ce dont j'avais besoin.
Je sortis de la douche, me séchai à l'aide d'une serviette et alors que je cherchais mes vêtements des yeux, je me rendis compte que je n'avais pas pensé à prendre des propres avec moi. Je poussai un petit soupir de perturbations avant de me dire que de toute façon, tous les autres étaient certainement toujours en bas. Avec précaution, j'ouvris la porte m'assurant que personne n'était dans le couloir et me précipitai dans la chambre de Daryl, pour pouvoir m'habiller. Je refermai la porte, me retournai voulant me diriger vers la commode et ce fut à ce moment là que je m'aperçus de la présence de l'archer sur le lit. Celui-ci se tenant dos à la porte.
-Tu te sens mieux ? M'interrogea-t-il sans se retourner. J'avalai ma salive avec difficulté en réalisant la tenue légère dans laquelle je me trouvais. Mais au delà de ce fait, ce fut le désir que je ressentais qui me fit trembler des pieds à la tête. Je savais ce que je voulais et je savais que c'était maintenant. Je ne voulais plus attendre, ni repousser cette envie au fond de moi. Non, je voulais la laisser m'envahir, je ressentais le besoin de la faire grandir alors que j'imaginais ses mains sur moi. Si je remettais ça à plus tard, je savais que ça pourrait ne jamais se produire. Et aussi fou que cela pouvait paraître, je n'étais pas prête à laisser passer ma chance. Je voulais ressentir tous ce qu'il pouvait m'apporter. Je le voulais lui et maintenant. Devant l'absence de réponse, il se retourna pour me faire face.
-Beth... commença-t-il, avant que sa voix ne se brise alors qu'il me découvrait debout, juste une serviette entourant mon corps. Il se stoppa net et ne fit plus un seul geste. Je vis son regard me détailler de haut en bas et cligner plusieurs fois des paupières. Comme s' il s'assurait que ce n'était pas une vision. Sans réfléchir plus loin , ne voulant pas que la raison calme mes intentions, je détachai l'essuie qui recouvrait la partie centrale de mon corps, et la laissai chuter sur le sol, à mes pieds. Me dévoilant entièrement à lui.
Je le vis déglutir, les yeux agrandis par la surprise, mais resta toujours immobile, ne s'autorisant aucun mouvement. Rassemblant le reste de courage et essayant de repousser la gêne qui m'envahissait, je m'approchai doucement de lui, n'écoutant que l'envie qui grondait en moi. Je me forçais à laisser mes yeux fixés aux siens, m'obligeant à ne pas détourner le regard, m'étonnant de ma propre audace.
Je me rendis compte qu'il voulait parler mais aucun son ne franchit ses lèvres. Il secoua négativement la tête, mais à cet instant là, je n'en avais cœur. Il ne pouvait pas me dire non, pas après que je me sois mise à nue devant lui. Ce « non » était inconcevable. Je me tenais maintenant, juste à quelques centimètres de son visage, sentant son souffle sur moi.
-Beth... Murmura-t-il alors contre ma bouche, mais sans tenir compte de son objection quasi muette, je pressai mes lèvres sur les siennes, savourant la chaleur qui envahit instantanément l'entièreté de mon corps. Renforçant le fait que je voulais beaucoup plus de lui, allumant un feu qui jusqu'ici était inconnu de moi et qui ne demandait qu'à se prolonger. Il passa alors ses mains à l'arrière de ma nuque, rapprochant mon corps du sien encore plus et m'encourageant à approfondir le baiser qui devint alors plus intense, presque sauvage.
Mes mains qui étaient appuyées sur son torse, remontèrent doucement à son visage, caressant chaque partie de sa peau. Elles passèrent à l'arrière de sa tête, entortillant mes doigts dans ses cheveux. Dans un mouvement rempli de passion, il me souleva du sol par les hanches avec autant de facilité que si j'étais une plume. Instinctivement, je passai mes jambes autour de sa taille. Le désir s'insinuant de plus en plus au creux de mon ventre, celui-ci était presque douloureux, tellement il demandait à être assouvi. Sans savoir comment, mon esprit trop encombré par toutes ces nouvelles sensations, je me retrouvai collé entre le mur de la chambre et son torse. Lorsque ses lèvres quittèrent les miennes pour descendre le long de mon cou, je ne pus empêcher un gémissement de sortir de ma bouche. Et là, ce fut comme si une douche froide tombait sur moi, il me reposa au sol d'un geste rapide, se détourna en coupant tout contact.
-Daryl ! M'écriais-je sans masquer la panique en moi. Me demandant alors ce que j'avais fait de mal, sentant les larmes monter dans mes yeux en même temps que la gêne provoquée par son rejet.
-Non Beth, Pas comme ça, pas maintenant. Déclara-t-il comme si l'explication était suffisante.
-pourquoi ? M'énervais-je un peu, déçue de sa réaction mais essayant de gérer mes émotions.
-Parce que.
Il se moquait de moi, c'était sur. « parce que » il pensait vraiment que j'allais me contenter de ça. La réponse me frustra jusqu'à me rendre en colère. Toujours complètement nue, je me précipitai vers lui, décidée à ne pas lui facilité la tâche. Je le fis pivoter pour confronter son regard, mais il garda les yeux vers le sol.
-C'est tout ce que tu trouve à dire ? Parce que. Criais-je presque. Regarde moi, bon sang. C'est quoi qui te gêne ? Mon âge ? Mon corps ? … Regarde moi et dis moi que tu n'as pas envie de moi. Ose me le dire.
Il releva alors la tête pour plonger son regard dans le mien et ce que j'aperçus me confirma ce que je pensais. Il n'y avait pas de doute possible, l'étincelle qui l'habitait ne pouvait pas mentir, c'était quelques choses que je ne connaissais pas mais en aucun cas, c'était de l'indifférence. Cet homme avait envie de moi, autant que mon corps entier le réclamait. D'ailleurs, j'étais persuadée que la même lueur brillait dans mes yeux. Cette fois-ci, ce fut lui qui posa ses lèvres sur les miennes, dans une délicatesse impressionnante et surprenante. Son geste eut le don de m'apaiser et de faire retomber la pression qui était en moi.
-Si tu savais comme j'en ai envie. Chuchota-t-il d'une voix rauque, me faisant frisonner de désir.
-Alors pourquoi ? Murmurais-je à mon tour presque d'un ton suppliant.
-Parce que j'aurai l'impression de profiter de toi. Avoua-t-il sincèrement, me troublant. Comment pouvait-il avoir l'impression qu'il profitait de moi alors que c'était moi qui avait provoqué la situation ? Mon interrogation devait être lisible sur mes traits car il continua.
-Tu es bouleversée par ce que nous avons fait et je ne veux pas que ta décision vienne de là.
J'allais le démentir mais il mit un doigt sur ma bouche pour m'inciter au silence. Rien que par ce geste, le feu en moi doubla de force, celui-ci bien décidé à ne pas s'éteindre malgré l'objection de Daryl. J'avais juste besoin qu'il me touche, qu'il m'embrasse, besoin de lui pour oublier. Et je compris qu'il avait raison, j'étais bouleversée. Et il était le seul à pouvoir me faire ressentir autre chose que la peur et les remords.
Il enleva son t-shirt et pendant une fraction de seconde, j'espérai qu' il eut changer d'avis. Mais mon euphorie retomba aussitôt qu'il me passa le bout de tissus au dessus de ma tête, me couvrant ainsi de son geste. Je soupirai d'agacement et de frustration face à son refus et sa ténacité, un peu comme l'aurait fait une petite fille capricieuse. Il sourit devant ma mine boudeuse et se pinça les lèvres dans une fine ligne, le rendant incroyablement sexy.
-Je ne peux pas faire ça comme ça. Ce serait pas bien. Reprit Daryl. Mais si tu changes pas d'avis, la prochaine fois, je ne serais plus capable de dire non. Conclut-il en passant doucement son pouce sur mes lèvres entrouvertes, provoquant ainsi une série d'électrochocs. Il se détourna de moi fit le tour du lit et se coucha avec son pantalon.
-Tu dors comme ça ? Lui demandais-je, retrouvant enfin ma voix.
-Il vaut mieux. Dit-il mal à l'aise, sans oser croiser mon regard. Comprenant alors l'allusion, je rougis comme jamais. C'était étrange de rougir maintenant après tout ce que j'avais engagé entre nous. Bizarrement, j'hésitai sur la marche à suivre, me sentant maladroite suite à ce qui venait de se passer mais surtout devant ce qui n'avait pas été fait.
-Allez Greene vient te coucher. Dormir te fera du bien. M'encouragea-t-il alors.
Sans un mot, j'obéis, me glissant à ses côtés, essayant de garder une distance respectable mais bien vite, je laissai tomber cette idée. Après tout, c'était lui qui avait décidé de tout arrêter, il n'avait qu'à en assumer les conséquences. Je me rapprochai alors le plus près possible de lui, m'allongeant sur mon côté tout en posant ma tête sur sa poitrine. Bien décidée à le taquiner un peu et surtout à le faire regretter son geste chevaleresque en me disant « non », je me relevai sur mon coude, posai mes lèvres sur les siennes dans une promesse sensuelle et me couchai en entre croisant mes jambes aux siennes. Alors que ma jambe passait au milieu, je sentis la preuve de son excitation et de son envie pour moi, mes joues rosirent alors en même temps qu'un balais de papillon s'envolait dans mon ventre.
-Tu vas finir par me tuer, fille. Grogna-t-il, me faisant sourire incontestablement.
Ce fut à ce moment exact, que la conversation que j'avais eu avec ma sœur me revint en tête. C'était juste après notre prise de tête sous le porche, il m'avait remballé chez ma sœur comme si je n'étais rien d'autre pour lui qu'un simple boulet. Et Maggie avait essayé de me rassurer.
"J'étais en face d'elle assise à la table, ma tête entre mes mains, essayant tant bien que mal de garder le flot de larmes qui menaçaient d'envahir mon visage.
-tu sais, si il y a bien un sentiment qui peut faire souffrir autant qu'il peut te combler de bonheur, c'est bien celui-là. M'assura Maggie en me souriant, posant sa main sur mon bras, dans un signe affectueux. Je fronçais les sourcils d'incompréhension, ne sachant pas ou elle voulait en venir.
-De quoi tu me parles ?
Devant mon air perdu, elle sourit de plus belle, me laissant perplexe sur son état mental.
-je ne peux pas te dire ce que tu dois comprendre par toi-même, petite sœur. Affirma-t-elle d'un ton rempli d'amour."
Mais à cet instant précis, où j'étais allongés contre Daryl, j'étais persuadée d'avoir compris de quoi Maggie parlait. Aussi fou, dangereux et improbable que cela puisse paraître, j'étais tombé incroyablement amoureuse de Daryl Dixon. Je souris férocement à cette idée, même si je ne savais pas où tout cela allait me mener. Je savais qu'en ce moment même, j'étais allongée sur un lit avec lui et que rien d'autre n'avait d'importance. J'étais assez intelligente pour savoir qu'il ne le saurait certainement jamais, tout cela ne devait pas être facile à traiter avec lui, mais je savais que je voulais profiter de tout ce qu'il pouvait m'offrir, de tout ce qui pouvait me faire ressentir et pour rien au monde je renoncerais à lui. Et sur cette idée rocambolesque, je m'endormis.
Et voilà, je vous remercie d'avoir lu. J'espère que les échanges entre Daryl et Beth vous ont plus. J'ai hâte de vous mettre le prochain chapitre. Pour ce qui est de la saison 7, je tenais à vous dire que les péripéties de cette histoires seront différentes de la séries sur pas mal de points. A la base, le rapprochement entre nos deux héros ne devaient pas se faire si vite mais vu la suite que j'ai prévu, je préfère la jouer comme ça. N'hésitez pas à me laisser une review. A très vite.
