Bonjour à tous, tout d'abord je tenais à m'excuser pour le temps que j'ai mis à poster ce chapitre mais avec les vacances de pâques et mes trois filles à la maison dur dur de trouver le temps. De plus, j'avoue que j'ai eu du mal à retranscrire ce chapitre de la façon dont je le perçois.

Deuxièmement, je vous remercie tous pour votre soutien et pour l'attention que vous portez à cette histoire. J'aime faire évoluer les personnages de Beth et Daryl ensemble, j'aime découvrir les épisodes et me dire si Beth était toujours en vie, elle agirait de telle ou telle façon. Cette fiction me permet de réaliser ce que j'ai envie, me permet de continuer à faire vivre son personnage, de la faire grandir. Lorsque je lis vos commentaires, je suis comblée et contente que cela vous plaise. J'espère avoir répondu à chacunes de vos reviews, merci de me suivre et de m'ajouter dans vos favoris.

J'ai hâte de vous poster les prochains chapitres et de voir vos réactions. Pour l'instant, il était important pour moi de faire passer les émotions de chacun, d'essayer de décrire ce qu'ils ressentent devant l'évolution de leur relation.

Chapitre 15 :

Point de vue de Daryl :

Mes paupières s'ouvrirent doucement alors que les premiers rayons de soleils traversaient la fenêtre donnant une légère luminosité à la pièce. La tête de Beth reposait sur mon bras et je profitai de son calme apparent, pour l'observer. Elle semblait si sereine, mon esprit restait embrumé par son doux parfum, un peu sucré, je n'arrivais plus à penser droit. J'avais fait l'amour avec Beth.

Pourtant, j'avais essayé de résister, j'avais réellement souhaiter la garder à distance , me refusant de la toucher. Cependant, plus les semaines avaient passé, plus ça c'était avéré compliqué. Au fur et à mesure, elle avait réussi à s'immiscer en moi, m'apportant ce que personne d'autre n'avait été capable de faire jusqu'à maintenant. Je m'étais senti vaincu le jour où je l'avais autorisé à dormir dans mon lit. J'étais assez honnête avec moi-même pour savoir que je n'aurais accepté de partager ces nuits avec personnes d'autres qu'elle. Pourtant, j'avais voulu reculer, essayant de l'éloigner de moi en la rejetant. Bien que ça restait toujours un mystère pour moi, elle s'était accrochée et avait parcouru à nouveau le chemin vers ma chambre, jusqu'à moi, s'infiltrant toujours plus loin à l'intérieur de mon être. La voir là à mes côtés reflétait d'une espèce de miracle, ou quelque chose comme ça. Elle portait en elle une telle lueur que j'avais toujours peur de la noircir.

Mon corps ne semblait pas vouloir arrêter de trembler aux souvenirs bien frais de cette nuit. Je lui avais avoué que jamais au par avant je n'avais partagé un tel moment, et c'était une réalité, jamais je n'avais ressenti ce que Beth Greene provoquait en moi. Rien de ce que j'avais vécu par le passé, n'était comparable à ça. J'étais effrayé par ces nouvelles émotions, c'était tellement imprévisible et puissant, j'avais l'impression que ça me dévorait de l'intérieure. Malgré ce que nous venions de faire, je ne pouvais pas repousser le doute qui m'accablait. Elle était jeune, magnifique, intelligente, juste parfaite. A côté d'elle, je ne valais pas grand chose, j'étais juste un type qui apportait la misère à tous ceux qui l'approchaient de trop près. En résumé, j'étais qu'un Dixon. L'idée de la blesser de toutes les manières possibles me terrorisait. J'aurais sûrement du être plus fort, la repousser encore, peut-être que j'aurais du résister, ne pas me laisser aller. Au delà de toutes mes craintes, je devais admettre qu'elle avait réussi à m'atteindre tellement profondément, qu'en la regardant entrain de dormir, un léger sourire au bord des lèvres, je savais que j'étais foutu.

Ses yeux s'ouvrirent timidement, ses paupières clignotèrent plusieurs fois, essayant de s'habituer à la lumière du jour. Elle mordit légèrement sa lèvre inférieure.

-Salut, marmonnais-je.

-Alors comme ça, ce n'était pas un rêve, rougit-elle. Je ne savais pas réellement si c'était une question ou une affirmation. Toutefois, même si elle avait eu le moindre doute, le peu de vêtements qui nous couvraient devait suffire à l'éclairer.

-T'aurais préféré ? Demandais-je d'un ton que j'espérais léger. Honnêtement, j'étais tellement emprise avec mes doutes que je ne savais plus ce que je souhaitais comme réponse.

Son visage franchit le peu de distance qui le séparait du mien pour venir couvrir mes lèvres d'un tendre baiser. Son geste était si doux qui me fit presque perdre la tête. Un sourire se forma sur sa bouche alors qu'elle se reculait de quelques centimètres.

-ça te convient comme réponse ?

Je n'avais pas envie de lui répondre, sachant que je n'étais pas doués pour choisir mes mots, je comblai moi-même le chemin jusqu'à ses lèvres pour l'embrasser un nouveau. C'était juste un besoin qui habitait le fond de ma poitrine, voulant le temps d'un instant oublier le reste du monde, espérant pouvoir profiter encore et encore de ce moment.

Tandis que le baiser s'intensifiait, faisant augmenter la chaleur en moi ainsi que le besoin de la toucher, de la sentir, je pris conscience que je devais stopper avant que les choses glissent plus loin, une nouvelle fois. Bien sur, ça n'avait rien avoir avec le fait que je ne voulais pas, au contraire, mais il était grand temps de me montrer un peu plus responsable que cette nuit.

-On peut pas remettre ça, pas maintenant ! Arrivais-je enfin à prononcer contre sa bouche.

Elle soupira certainement de frustration et je ne sus retenir un petit sourire. Elle fronça les sourcils dans une mine interrogative face à mon refus soudain. Instantanément, une certaine gêne m'envahit, comment allais-je pouvoir formuler ce que je devais lui dire ?

-Nous devons être prudent Beth, commençais-je maladroitement, me sentant complètement stupide.

Elle parut encore plus perplexe.

-Sans protection, nous ne pouvons plus faire … tu sais ? … Faire... ça.

Alors que je me sentais perdu dans mes explications délicates, je vis doucement la compréhension se peindre sur son visage. Devant les événements qui c'étaient précipités, les sensations qui avaient pris possession de mon corps, j'avais été dans l'incapacité de réfléchir en toute logique, je m'étais retrouvé sans moyens de penser correctement. Maintenant que j'avais plus ou moins repris le contrôle de moi-même, les risques s'inscrivaient devant mes yeux.

-Oh... Je … Nous … Oh... Balbutia-t-elle.

Encore une fois, les mots me manquaient, je ne savais pas ce que j'aurais pu dire, j'étais totalement conscient que faire l'amour sans protection était parfaitement stupide. C'était justement ce genre de problème que j'aurais pu éviter en la gardant le plus loin possible de moi.

Ce fut sa main douce sur mon visage qui me sortit de mes pensées. Aussi étrange que cela puisse paraître, un sourire ornait ses lèvres. Ses yeux brillaient d'une lueur chaleureuse qui caractérisait si bien Beth.

-Ne t'inquiète pas à ce sujet, finit-elle par dire. Si j'en crois mon cycle, ça ne devrait pas poser de problèmes. Par contre, tu as raison, nous devons faire plus attention.

Elle m'embrassa à nouveau d'une manière décidée.

-Est-ce que par hasard, ça voudrait dire que tu as l'intention de réitérer l'expérience ? M'informais-je d'un ton taquin, en m'écartant pour observer sa réaction.

D'un bond agile, elle se plaça à califourchon sur moi, tous les deux vêtus uniquement de nos sous-vêtements, et se mit à se frotter de manière aguicheuse.

-Tout à fait Mr Dixon, et vous ?

Seul un son rauque franchit mes lèvres, alors que je sentais l'excitation remonter en flèche. Mon corps vibrait sous toutes les sensations intenses qu'elle m'inspirait.

-Bon dieu, fille, ne puis-je m'empêcher de grogner.

Elle sourit apparemment fier de son effet et je dus rassembler toute ma force pour l'arrêter.

-Je dois y aller, soufflais-je, ce qui stoppa net ses mouvements. Son regard se fit plus sombre instantanément et je fis de mon mieux pour ignorer la douleur que je voyais dans ses yeux.

-Maintenant ? S'étonna-t-elle à moitié surprise et contrariée.

Je savais que la suite allait empirer la situation et surtout son état émotionnel, elle n'allait pas apprécier. Malheureusement, les événements de la veille étaient encore vivace dans ma tête et ce qui s'était passé avec Denise me hantait. Je me savais coupable de ce qui lui était arrivé, tout ça avait été ma faute. Si j'avais mieux réfléchis, si j'avais agis différemment, le doc serait probablement toujours en vie. Je devais retrouver Dwight et faire ce que je n'avais pas été fichu de faire.

-Oui, répondis-je simplement. Ne voulant pas la brusquer, j'essayai de la repousser pour la faire glisser à mes côtés sur le lit, me permettant de me lever et m'habiller. Je sentais son regard contrarié sur moi et je me crus obligé de reprendre la parole.

-Ce n'est que partie remise, ajoutais-je dans l'intention d'alléger l'atmosphère.

-Tu vas y aller ? Interrogea-t-elle, connaissant déjà la réponse. Tout sourire avait disparu de son visage et je sentis mon cœur se serrer devant cette constatation. Cependant, je devais le faire, je voulais régler tout ça.

-Je dois agir, déclarais-je comme une évidence.

-Pas comme ça.

-Comment ? M'énervais-je légèrement. Je n'étais pas vraiment connu pour mon calme et l'irritation semblait monter de plus en plus en moi, menaçant de sortir.

-Sur le coup de la colère. Tu ne peux pas partir chercher ces types tout seul, c'est trop dangereux.

-Je vais retrouver ce connard et le tuer, j'ai besoin de personne pour ça, j'peux le gérer. Claquais-je sèchement.

-Tu peux en parler avec Rick, nous pouvons y aller en groupe, ou tout les deux, contra-t-elle.

Ses joues étaient rouges d'anticipations, certainement avait-elle une certaine rage en elle aussi, mais je devais l'avouer, elle gérait mieux ses émotions que moi. Cependant, je savais qu'elle se canalisait, qu'elle s'empêchait de me crier dessus, sachant que ça ne servirait à rien.

-Non, c'est ma faute. J'aurais du lui régler son compte bien plus tôt, on n'en serait pas là. C'est à moi de m'en charger.

Comment le moment de tendresse que nous avions quelques secondes au préalable, était devenu ce moment rempli de tension ? A cause de moi bien entendu, c'était ce dont j'étais capable, détruire un instant de plaisir en une dispute rempli de colère.

Elle était assise sur le lit, les jambes croisées en indien, elle avait enfilé à la va vite un t-shirt et j'admirais sa détermination à vouloir me faire changer d'avis. Elle était tellement pleine de convictions. Pourtant, elle me connaissait assez pour savoir que je ne reviendrai pas sur ma décision, et je savais qu'elle comprendrait et qu'elle accepterait.

-Tu n'es pas responsable de ses actes, reprit-elle en fixant son regard pétillant sur moi. Je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose.

Je voyais l'inquiétude au fond de ses yeux, mais je ne voulais pas en discuter. C'était sur moi, une chose de plus à ajouter à la liste déjà longue de mes conneries. Je terminai de m'habiller, pressé de sortir de cette pièce qui était devenue étouffante, j'avais besoin de m'éloigner d'elle avant de dire ou faire un truc qui la blesserait.

-Tu vas sortir comme ça, dans cet état ? Tu vas te mettre en danger et tu crois vraiment que je ne vais rien dire ? S'emporta-t-elle, les joues encore plus rouges, sa poitrine se soulevait sous le rythme irrégulier et rapide de sa respiration.

-Tu n'as rien à dire ! Criais-je presque.

-Je pense que si, surtout après ce que nous avons fait, je peux ….

-Tu crois réellement que ça va changer ma façon d'être ? C'est ce que tu espère, ce que tu veux, que je change ? Questionnais-je rudement.

Mon ton était sec et mauvais, dépourvu de toute sensibilité, celle-ci n'était plus vraiment à l'ordre du jour. J'aperçus directement, l'expression choquée sur sa figure. Elle pinça les lèvres fortement, ferma les yeux une poignée de secondes et je compris qu'elle essayait au mieux de garder le contrôle de ses émotions. Je me sentis aussitôt coupable de lui faire de la peine, néanmoins, je n'étais pas sur de pouvoir changer quoi que ce soit à ce fait. C'était ma nature d'agir sans réfléchir. De plus, je ne pouvais pas prendre le risque que Dwight remonte jusqu'à Alexandria, je refusais qu'il arrive jusqu'à nous, je devais le trouver et m'en occuper.

-Tu veux dire que ça ne représente rien pour toi ? Qu'est-ce que j'suis pour toi Daryl ? Voulut-elle savoir d'une voix un peu brisée.

Cette question, elle me l'avait déjà posée, le soir où nous nous étions embrassés pour la premier fois. Ce moment où je m'étais laissé aller, où je n'avais plus renié cette attirance qu'elle m'inspirait. Je n'avais pas eu à lui répondre. Les mots n'avaient pas eu à sortir de ma bouche. Encore une fois, je ne savais pas quoi dire, je n'étais pas près à affronter ça et ce n'était pas le moment pour y penser.

-ça n'a rien à voir ! Rétorquais-je.

La vérité, c'était qu'il y avait tellement de sentiments différents en moi, que je n'étais plus capable d'y voir clair. J'aurais voulu lui exprimer l'effet qu'elle avait sur moi, lui avouer que pour elle, je tuerais quiconque état une menace aussi infime soit-elle. C'était pour cette raison que je devais mettre la main sur Dwight, simplement pour l'empêcher de faire pire que ce qu'il avait déjà engendré. Un côté de moi demandait à lui annoncer, mais la colère qui flottait dans mon cerveau, rendait le fait de parler impossible.

-Ne pars pas, je ne veux pas te perdre, supplia-t-elle à demi.

Sa voix était fragilisé par la crainte, la peur se reflétait dans son regard, en même temps que les larmes qui semblait menacer de couler. La lueur chaleureuse de son réveil avait maintenant la couleur du chagrin.

-Je vais enterrer Denise, énonçais-je finalement, faisant mine d'ignorer sa dernière remarque.

La rage qui faisait battre mes tempes, guida mes pas jusqu'à l'extérieure de la chambre sans même lui accorder un seul regard.

Une fois en dehors de la pièce, je m'accostai au mur du couloir, respirant péniblement, essayant de faire le tri dans ma tête. Dans un ultime effort, je repoussai l'énervement qui m'habitait pour me concentrer sur le comportement à adopter. L'air effrayé et inquiet de Beth prit forme dans mon esprit, elle semblait tellement attristée par la situation, un peu blessée aussi. Je ne pouvais pas juste la laisser là, s'occuper de son chagrin que j'avais évidemment causé, il était hors de question que je parte ainsi. Mon but n'était pas de la blesser comme je venais de le faire, elle ne méritait pas d'être traiter de la sorte, comme si elle n'était rien d'autre qu'une simple fille que j'aurais pu rencontrer dans ma vie d'avant. Elle était tellement plus que ça, tellement unique, tellement importante, que je n'avais même pas les bons termes pour la décrire.

Sur une impulsion, je pris le parti d'aller la voir, tout en sachant que rien ne me ferait changer d'avis sur ce que j'avais l'intention d'accomplir, mais je ne voulais pas m'échapper comme un voleur. Je repassai la porte dans le sens inverse, me retrouvant à nouveau à l'intérieure de la chambre, où Beth se tenait toujours assise au milieu du lit, la tête dans ses mains. Elle se redressa au bruit de la porte, surprise de l'entendre s'ouvrir à nouveau, et je remarquai tout de suite que les larmes avaient inondées ses joues, les rendant humides de tristesse, ses yeux encerclés de rouge.

Un peu mal à l'aise, je m'approchai du lit, ne sachant toujours pas si je faisais la bonne chose. Je n'étais pas vraiment habitué à agir avec douceur, et encore moins à prêter attention à ce que les autres pouvaient penser de moi. Pourtant, avec Beth, ce point semblait presque primordial, son avis comptait, la façon dont elle me percevait, me déstabilisait.

Je m'assis sur le lit, juste devant elle, ma main trouva instinctivement place sur sa joue, qui une fois de plus me surprit par sa douceur infinie. La proximité en appelant encore plus, je l'embrassai le plus délicatement possible, essayant de lui communiquer toute la tendresse que je ressentais à son égare.

-Tu es tout pour moi, avouais-je dans un souffle, les paroles trouvant leur chemin hors de moi sans que j'en ai réellement conscience. Elle replaça un léger baiser sur mes lèvres et je sentis son sourire se dessiner. Lorsqu'elle plaça son front contre le mien, j'aperçus le petit rougissement qui imbibait ses joues, la rendant terriblement attrayante.

-Je dois faire quelque chose, je ne peux pas rester ici à attendre, je ne veux pas qu'il nous trouve. Je ne peux même pas imaginer qu'il puisse t'atteindre, lui expliquais-je.

Laissant son front sur le mien, elle se positionna sur ses genoux pour stabiliser notre position et s'adapter à ma taille. Je fermai les yeux un instant, profitant du parfum sucré qui se dégageait d'elle. Savourant le calme qui traversait mon être à son contact. Je poussai un soupir contrarié, me faisant violence pour me dégager d'elle. Elle acquiesça doucement de la tête comme pour me montrer qu'elle acceptait ma décision, sachant de toute façon que je ne lui laissais pas vraiment le choix. Je lui souris une dernière fois, réconforter quelque peu par ce moment entre nous, je me relevai et quittai la pièce.

L'esprit complètement embrumé par un mélange d'émotions contradictoires, je creusais la tombe de Denise. Je savais que j'aurai du suivre mon instinct, je n'aurais jamais du accepter de la traîner à l'extérieure des murs, j'avais toute suite compris que c'était une mauvaise idée. Malgré tout, j'avais cédé devant son insistance. Au delà de ça, j'avais eu ce pré-sentiment lorsque nous nous étions retrouvé blogué par l'arbre au milieu de la route. Emprunter la voie ferrée ne m'avait pas semblé très approprié. Cependant l'empressement de rentrer et l'euphorie de nos trouvailles avaient fait taire les voix en moi qui m'avertissaient d'un éventuel danger. Quoi que les autres pouvaient penser, je me savais responsable de la mort de la jeune doctoresse. Bon sang, c'était une de mes flèches qui avait traversé son œil. En plus de l'image de son décès, c'était ses paroles qui raisonnaient en moi comme un mantra, la pauvre avait eu confiance en moi, elle s'était crue en sécurité et elle avait eu tort. J'avais été impuissant à la protéger tout comme j'avais été incapable d'empêcher le kidnapping de Beth. Comme je n'avais pas su aider les gens à la prison, ni éviter la mort d'Hershel. Comme j'avais échoué à retrouver la petite Sofia.

Plus je retournais la terre, plus la chaleur m'accablait et plus je me sentais crouler sous la culpabilité. La peur de ce qui pouvait se passer, s'introduisait au plus profond de moi, encore une fois, je m'imaginais faillir à protéger les miens. Si Dwight retraçait la route jusqu'à nos murs, que se passerait-il ? Je ne pouvais pas attendre les bras croisés, à espérer que ça ne se produise pas, je devais le contrer avant. Il était hors de question que je le laisse faire du mal à quelqu'un d'autre, si il touchait à Beth, si il …. L'image de son corps à la place de Denise s'introduisit dans ma tête. Je fis de mon mieux pour la repousser, refusant qu'une telle chose se réalise. J'empêcherai n'importe quel bâtard qui essaierait de la toucher, de la blesser.

Doucement mes réflexions m'emmenèrent à la nuit qui venait juste de se dérouler. J'étais assez honnête avec moi-même pour savoir que je n'échangerais ce moment entre nous deux, contre rien au monde. Ça avait juste été du pure bonheur, j'avais ressentis des sensations comme j'en avais jamais eu au par avant, je ne savais même pas que ça pouvait exister. Je ne voulais pas regretter mais une partie de moi se sentait égoïste. Je me connaissais assez pour savoir qu'à tout moment, je pouvais la briser d'une manière ou d'une autre. Depuis toujours, je n'étais rien d'autre qu'un gars perdu, incapable d'éprouver, ni de montrer mes sentiments envers personnes, la seule chose que je savais faire, c'était de décevoir. Pourquoi ça serait différent cette fois ? Beth était comme une pierre précieuse à protéger, à traiter avec le plus de douceur possible et je n'étais pas vraiment doué pour ça. L'intensité que j'avais ressenti à chacun de ses touchés, me déstabilisait complètement, j'étais dans l'incompréhension totale devant la réaction de mon corps. C'était une chose que je n'avais encore jamais exploré.

Pourquoi moi ? C'était aussi une chose qui n'avait aucun sens. C'était surréaliste qu'une jeune femme aussi douce et bonne que Beth Greene, s'intéressait un temps soi peu à un sombre con comme moi. Le doute continuait à courir en moi, et si j'avais finalement fait une erreur. Hershel lui aurait très certainement botté le cul pour avoir osé toucher à sa petite fille. « Bizarrement, j'suis bien avec vous deux » avait confié Maggie en me surprenant. Est-ce que leur père aurait eu la même réaction ? j'en doutais fortement.

En relevant les yeux de ma tâche, je remarquai que Carole m'avait rejoint sans un mot. Nos regards se croisèrent. Elle était la première à m'avoir compris, à m'avoir soutenu. Ça avait été à coup sur, la première amie que j'avais eu, m'accordant son temps, des paroles réconfortantes, sa présence et voulant me montrer que j'étais un homme bon. Elle avait gravis les échelons, jusqu'à se faire une place dans mon cœur, certainement comme une grande sœur l'aurait fait. Elle avait essayé de me guider pour me montrer d'autre façon d'agir. Elle qui avait été si faible devant un seul homme, enfin connard, était devenue si forte au fur et à mesure du temps. Encore une fois, elle était là près de moi, respectant mon état d'esprit mais s'assurant que je sois raisonnable et ne fasse pas de connerie comme toujours.

-Est-ce que tu as confiance en moi ? Questionnais-je inconsciemment.

-Bien sur.

-Pourquoi ? Je veux dire, je n'ai rien fait pour, au contraire...

Je ne sus pas quoi ajouter alors je laissai ma phrase en suspens. Je ne savais pas pourquoi mais j'avais besoin de comprendre comment après autant d'erreurs, elle était restée une amie fidèle.

-Que se passe-t-il poussin? C'est pas ton genre de poser ce type de question, souligna-t-elle, les traits de son visage intrigués. Elle avait tout à fait raison, ça ne me ressemblait en rien, ce n'était pas dans mes habitudes, mais les mots avaient été plus fort que moi. J'avais l'impression que soudainement, je m'inquiétais de décevoir les autres, de leur apporter des ennuis. Honnêtement, c'était un peu ça, j' haussai les épaules, ne sachant pas quoi dire.

-Partout où je suis, la merde est autour de moi, marmonnais-je.

-Le danger est imprévisible de nos jours et il peut surgir de n'importe où, que tu sois là ou pas. Il n'y a rien que tu puisse faire contre ça.

-A chaque fois que je prends une décision, c'est la mauvaise. Il y a toujours des pertes.

-Tu es un homme bien, Daryl. Tu dois le savoir, tu as toujours été là lorsque nous en avions besoin. Tu nous as toujours apporté sécurité et nourriture. Tu es même celui qui as déniché les médicaments à la prison.

-Je suis également celui qui a laissé le gouverneur nous trouver, celui qui a laissé Dwight tuer Denise, contrais-je lourdement. Je ne veux plus perdre l'un des nôtres, ni Carl, ni Michonne, ni Rick, ni toi, aucun de notre famille.

-Ni Beth ?! Lut-elle à travers moi, ce n'était pas réellement une question. Si elle savait comme elle avait raison, je n'osais même pas imaginer que quelque chose lui arrive, encore moins par ma faute.

-S'attacher aux gens, c'est prendre le risque de les pertes mais il n'y a rien de mal à ressentir les sentiments que tu éprouves pour elle, souligna-t-elle d'un ton sage.

J'eus alors de la difficulté à avaler ma salive, tant par l'angoisse croissante en moi, que par la manière dont les mots de mon amie faisaient écho à ceux de Denise. « Tu es toujours entrain de tenir les autres à l'écart... J'ai vu comment tu l'as regarde... Tu ferais tout pour elle... Tu repousses tout ce qu'elle peut t'apporter... » Tout se mélangeait en moi, je faisais de mon mieux pour analyser mes sentiments. Bien sur, j'avais appris au fil du temps à apprécier la compagnie des miens, j'avais construit une amitié avec Rick qui s'était développé en lien fraternel, ça c'était produit également envers Carole. J'avais même appris à respecter mes amis, Glenn, Maggie et tous ceux autours. Cependant avec Beth, les émotions étaient tellement plus intenses, déstabilisantes, je ne comprenais pas ce que c'était. Lorsqu'elle était près de moi, je me sentais à mille lieux de ce monde, je me sentais … heureux. A l'inverse, lorsqu'elle était loin de moi, j'avais l'étrange impression qu'on venait de m'enlever un bout de moi. C'était compliqué à gérer surtout pour quelqu'un comme moi. Je n'étais pas le genre d'homme qui pouvait aimer, c'était un sentiment que j'étais incapable d'éprouver, l'idée même avait toujours été improbable. Alors qu'est-ce que je ressentais pour Beth ? Ça restait un mystère.

Comme je restais silencieux, Carole se rapprocha de moi, sourit de cet air presque maternel, elle posa sa main sur mon épaule.

-Crois en toi, tu en auras besoin pour la suite, me conseilla-t-elle.

Son regard passa en arrière de moi, et elle secoua la tête attendrie.

-Quand on parle du loup... murmura-t-elle. Je pivotai sur moi-même pour suivre son regard et ainsi découvrir Beth qui s'avançait timidement vers nous. Peut-être que mon imagination me jouait des tours mais j'aurais juré qu'une nouvelle lueur étincelait ses pupilles, la rendant sacrément belle. Un soupir de satisfaction quitta mon corps sans que je puisse faire quoique ce soit pour le retenir.

-Hé bien dis donc, si c'est pas de la convoitise que je vois là, je ne mis connais plus, me taquina légèrement Carole sur un ton que moi seul pouvait entendre.

Je n'eus pas le temps de lui lancer une remarque acerbe car la jeune femme se tenait déjà à nos côtés. L'impression d'avoir le souffle coupé m'enserra la poitrine, je dus me faire violence pour me retenir de la toucher.

-Comment tu vas Beth ? La voix de Carole me fit sortir de ma torpeur.

-Assez bien je suppose, et toi ? S'inquiéta réellement la plus jeune. Notre amie se contenta de hocher la tête de haut en bas.

-Je vais vous laisser, annonça-t-elle gentiment en me lançant un dernier regard, comme si elle essayait une énième fois de percer le fond de mes pensées.

-Je ne voulais pas te faire fuir, S'écria Beth, angoissant certainement à l'idée d'avoir interrompu quelque chose. Un côté d'elle devait déjà se maudire à cette croyance.

-ne t'en fais pas, je dois aller voir Tobyn, la rassura Carole en posant une main chaleureuse sur son épaule. Sans ajouter un seul mot, elle s'éloigna, nous laissant seul. Un silence s'installa aussi vite, un certain malaise planait entre elle et moi, et je ne savais pas trop quoi dire.

-Est-ce que tu te sens bien ? S'informa-t-elle d'une voix un peu anxieuse.

-Mouais, affirmais-je en haussant les épaules.

-Tu n'es pas obligé de dire que ça va si ce n'est pas le cas.

Elle prit possession de la pelle que tenait Carole quelques minutes plutôt et sans perdre de temps, elle retourna la terre sur le corps inerte de Denise. Tout de suite, je l'imitai en évitant au mieux de faire attention à la jeune fille et son parfum si proche de moi.

-Je vais devoir le dire à Tara lorsqu'elle sera de retour, m'exclamais-je en brisant le silence.

-Nous le ferons tous les deux si tu veux, essaya-t-elle de me soutenir, son regard était compatissant et … compréhensif.

La culpabilité noyait encore mon esprit, la seule chose qui me venait en tête, était le visage effondré de Tara et je savais que celle-ci m'en voudrait sans aucun doute. J'eus encore plus dure à avaler ma salive lorsque je me rendis compte que celle-ci n'était même pas consciente des sentiments du doc vis à vis d'elle. Peut-être que je pourrais lui dire ou peut-être que ça lui ferait encore plus mal. Honnêtement, je n'en savais absolument rien.

-Tara est une personne intelligente et sage, elle comprendra que ce n'est pas ta faute, assura-t-elle en m'observant. Elle parlait avec une telle douceur et pourtant avec tellement de conviction que j'avais presque envie de la croire. Cependant, ce qui m'étonnait le plus était le fait qu'elle réussissait de mieux en mieux à lire à travers moi, et j'avouais que c'était assez effrayant.

-Daryl, ne te blâme pas, reprit-elle devant mon absence de mots.

-Comment veux-tu que je ne le fasse pas ? Ce mec était debout devant moi et je n'ai foutrement rien fait. Je me suis contenté de le regarder comme un con que je suis! Il l'a tué avec mon arbalète, avec une de mes flèches! crachais-je amèrement, en colère surtout contre moi-même.

-Tu n'es responsable de rien, tu as voulu agir en être humain. Chacun est libre de faire ses propres choix, ces gens ont fait les leurs. Ce sont leurs décisions qui ont conduit à ça, pas les tiennes.

Je pouvais distingué la sincérité dans chacune de ses paroles, je savais qu'elle pensait tout ce qu'elle disait. Malgré le fait que je lui criais quasiment dessus, elle restait droite face à moi, ne reculant pas devant ma rage. Elle était juste présente pour me montrer son soutien. Je me souvenais parfaitement bien que déjà cet après midi là, derrière la cabane, elle avait voulu me convaincre que je n'étais pas responsable de ce qui s'était passé, du gouverneurs, de la mort de son père. Je n'arrivais pas à comprendre le pourquoi elle avait un telle confiance en moi, un telle conviction sur celui que j'étais.

Je l'observai en silence, elle se tenait droite devant moi, elle n'était pas belle, elle était tellement plus que ça, comme un mirage évoluant dans un monde d'horreur. Ses espoirs, son sourire, sa joie, tout en elle la rendait éblouissante. Une drôle de sensation s'installa au creux de mes reins, je ressentis quelque chose qui criait après son contact, n'écoutant que cet appel, je comblai la distance qui nous séparait et je me penchai pour poser mes lèvres sur les siennes. J'avais ce besoin d'être près d'elle, contre elle, non en vérité j'avais besoin d'elle. Je lui avais avoué un peu plus tôt qu'elle était tout pour moi, et je réalisai seulement maintenant à quel point c'était vrai. Elle représentait la lumière dans les ténèbres, elle était devenue ma raison d'être. Je la sentis sourire sous mon baiser, celui-ci étant chaste et timide. Je me reculai de quelques centimètre pour me permettre de l'observer. Elle prit doucement sa lèvre inférieure entre ses dents, la rendant terriblement attrayante.

-C'était quoi ça ? Voulut-elle savoir, je voyais bien que mon geste la surprenait mais l'étincelle dans ses yeux m'indiquait à quel point elle semblait l'apprécier.

-Juste envie, avouais-je timidement.

Son sourire s'élargit un peu, en même temps qu'elle remettait une mèche de cheveux à l'arrière de son oreille, sans détacher son regard du mien.

-Je dois y aller...tu le sais, énonçais-je comme une évidence. Je voulais qu'elle comprenne mes raisons.

-Je … Tu... j'ai peur, finit-elle par lâcher le teint livide. C'était comme si tous les pores de sa peau transpiraient la crainte, je pouvais percevoir à travers ses yeux, à quel point l'idée la terrifiait.

-Tu ne dois pas, lui recommandais-je en prenant sa main, je ne savais même pas pourquoi je lui disais ça, nous étions conscient tous les deux que personne n'était à l'abri dans ce monde, encore moins à l'extérieur des murs.

-Si il t'arrive quelque chose... commença-t-elle.

-J'irai bien, la coupais-je, n'ayant aucune envie d'entendre la suite. Je vis dans son regard qu'elle savait que rien était moins sur mais elle ne fit aucun autre commentaire. Elle hocha péniblement la tête pour donner un accord à ma demande muette. Dans un mouvement similaire, nous nous dirigeâmes vers les portes d'Alexandria où ma moto m'attendait. Plus où s'en approchait, plus je la sentais fébrile à côté de moi. Les traits de son visage se crispaient sous l'appréhension et elle se raidissait. Je ne savais pas quoi faire, ni quoi dire, tout ce que je savais c'était que je devais agir.

A l'entrée, Rosita et Sacha montaient la garde, Maggie, Glenn et Michonne parlait de comment renforcer les postes de garde. Sans même leur apporter une quelconque attention, j'ouvris le portail.

-Où vas-tu ? Demanda la plus vieille des Greene, les autres m'observaient surpris. Beth trouvait le sol bizarrement intéressant.

-Retrouver l'autre trou duc, claquais-je en enfourchant la moto.

-C'est pas une bonne idée, contra-t-elle cherchant silencieusement l'appui de Glenn.

-Elle a raison mec, c'est pas prudent, tu vas te faire tuer, appuya le coréen.

A ces mots, je vis Beth relever la tête, fermer les yeux un éclair de seconde, un tremblement traversant son corps.

-Je viens avec toi, intervient Rosita remplie de véhémence.

-Non, j'y vais seul. Rétorquais-je dans une intonation qui ne laissait pas de place à la discussion, il était hors de question que j'embarque quelqu'un avec moi, personne d'autre ne devait mourir par ma faute.

-Daryl... Reprit la jeune blonde d'une voix brisée et incertaine.

-Je ne changerais pas d'avis.

Malgré ma détermination, je fus pris d'une hésitation lorsque je croisai son regard, celui-ci rempli d'appréhension. Si les autres n'avaient pas été présent, je l'aurais attiré à moi, je l'aurai serré contre mon corps et très certainement embrasser avec la promesse de revenir rapidement. Néanmoins, nous étions pas seul, je sentais les regards sur moi et j'étais incapable de faire de tels gestes devant eux. Je la vis baisser la tête d'un air défaitiste et je m'en voulus immédiatement.

-Je reviens dés que je peux, finis-je par dire.

Avant de changer d'avis, je fis rugir la moto et partis aussi vite que me permettait l'engin en dessous de moi. Je me dépêchais de faire sortir les visages horrifiés des autres, celui paniqué de Beth. Je devais retrouvé Dwight, en finir avec lui et je reviendrai aussi vite. N'écoutant plus que mon besoin de vengeance, j'augmentai la vitesse pour mettre le plus de distance possible entre Alexandria et moi.

Point de vue de Beth :

La seule chose que j'étais capable de voir, était la moto qui disparaissait à l'horizon, emmenant Daryl loin de nos mur, loin de moi. J'avais ce pré-sentiment au fond de moi qu'un horrible événement allait se produire. Je ne pouvais pas arrêter d'imaginer qu'il courait droit dans un piège. La peur m'empoignait le cœur, me rendant haletante de panique.

Cette nuit avait juste été magique, intense, et maintenant, je me trouvais dans l'impossibilité de le garder auprès de moi. Je ne concevais pas devoir vivre sans lui, si il devait lui arriver un drame, je me savais incapable de continuer. Sans lui, ma vie n'avait plus aucun sens.

-Il faut le rattraper, rugit la voix de Maggie, me ramenant à la réalité.

-Glenn, est-ce que tu peux … ? commençais-je la voix incontrôlable, je laissai ma phrase en suspens

-Oui, Michonne et toi, allez-y et ramenez le avant qu'il fasse une bêtise, ordonna ma sœur en parlant à son mari.

-Je viens avec vous, s'imposa Rosita, je sais où il est parti.

-Je veux venir aussi, proposais-je, voulant à tout prix voir Daryl en sécurité.

-reste ici, t'es pas en état d'aller dehors, observa mon aînée en se rapprochant de moi. Elle passa son pouce sur ma joue et je pris alors conscience que des larmes coulait sur celle-ci. Oh mon dieu, je pleurais devant tout le monde mais pour être franche, c'était le cadet de mes soucis.

-Glenn, s'il te plait, ramène le, dis lui que...

-Tu lui diras toi, me coupa mon beau-frère avec un air compatissant.

Sans plus attendre, ils partirent tous les trois alors que Sacha refermait le portail derrière eux. Maggie me serra contre elle, dans une étreinte chaleureuse.

-Allez viens. Elle m'attira légèrement par le bras pour me guider sur le chemin de sa maison.

Nous étions assises autour de la table de la cuisine, mes mains tremblaient sans que je puisse y remédier. Je sentais les yeux de ma sœur fixés sur moi et je m'en voulais d'être source d'angoisse, je n'étais pas sensé l'inquiéter.

-ça va aller Bethy, déclara-t-elle, essayant d'être convaincante mais malheureusement c'était raté d'avance. Rien de ce qu'elle aurait pu me dire, aurait suffit à me rassurer, la seule chose qui pouvait m'aider, était de voir Daryl passé cette porte sain et sauve.

-Je ne sais pas … j'espère, réussis-je à prononcer.

-Tout se passera bien, insista-t-elle.

-Si tu savais comme j'ai envie que tu aie raison, soufflais-je.

-Regarde moi, petite sœur, me recommanda ma sœur d'une voix emplie de douceur, je me remémorai toutes les fois dans mon enfance où elle avait utilisé ce ton. Elle plaça son doigt en dessous de mon menton pour me forcer à redresser la tête et pouvoir observer mon visage.

-Tu es tellement belle, tu l'as toujours été, confia-t-elle soudainement émue. Papa serait si fier de la jeune femme que tu es devenue.

Je sentis une larme déborder de mes yeux, roulant jusqu'à son doigt. Je reniflai essayant de retenir le torrent qui menaçait de gronder.

-Il le serait de toi aussi, tu as toujours été si courageuse, si forte. Tu feras une excellente maman.

Le silence se fit, permettant à chacune de nous de partir dans nos propres pensées. Le visage de Daryl se forma automatiquement dans mon esprit. je souhaitais juste pouvoir retourner dans ses bras, profiter à nouveau de sa chaleur, de son contact qui contrairement à ce qu'il laissait paraître, pouvait être si doux, si attentionné. Lorsque je fermais les yeux, j'avais encore cette impression de sentir ses mains courir sur mon corps, ressentant toujours la même chaleur au creux des reins. Le souvenir même de cette nuit, des sensations qui m'avaient envahie m'émoustillaient et j'aurais tout donné pour les revivre à ce moment précis.

-Bethy, est-ce que tu vas bien ? Je sursautai à l'appel de mon nom, je secouai la tête pour éloigner mes réflexions et je sentis mes joues s'enflammer, et j'imaginais facilement les étincelles qui devaient se refléter dans mes yeux.

-Oui, bien, balbutiais-je un peu haletante.

-Il y a quelques choses que je devrais savoir ? S'enquit ma sœur malicieusement.

-Non... pas vraiment, répondis-je en devenant nerveuse par la curiosité de mon aînée. Je faisais de mon mieux pour repousser les images de Daryl nu qui flottaient encore dans ma tête.

-Tu ne me l'as fait pas à moi, Beth. Je le vois dans tes yeux. Ils brillent comme jamais avant, de cette lueur un peu spéciale, et je crois savoir pourquoi. Analysa-t-elle assez justement, bien entendu, elle était loin d'imaginer toutes les sensations qui faisait encore vibrer mon corps. En tout cas, je l'espérais. Un sourire se dessina sur mes lèvres, oubliant le temps d'un instant, l'angoisse qui encombrait ma poitrine. Je priai pour qu'elle n'arrive pas à lire le fond de ma pensée, stupidement j'eus un doute qu'elle puisse voir les images qui traversaient ma tête et cette idée me fit sourire plus large.

-Raconte, ordonna-t-elle dans ton excité par la curiosité.

-Non, même pas en rêve.

Nous n'avions encore jamais eu ce genre de conversation, même si plus jeune je lui avais posé quelques questions sur les relations sexuelles, elle n'était jamais rentrée dans les détails de ces ébats. Je ne me voyais donc pas commencer à lui expliquer à quel point cette nuit m'avait fait quitter la réalité.

-Allez, sois pas si pudique, s'indigna-t-elle. Dis moi au moins si c'est un bon coup.

-Maggie, m'écriais-je surprise. Je …. Tu …

Toutefois, face à son regard insistant et taquin, je ne sus résister.

-Plus que tu ne peux l'imaginer, avouais-je en rougissant totalement.

-J'en étais sur, s'amusa-t-elle à me narguer ouvertement. J'ouvris la bouche pour la refermer aussitôt, scandalisée par son propos.

-Ne sois pas si surprise, toute femme normalement constituée peut imaginer le corps de Daryl Dixon sans trop de difficultés, expliqua-t-elle comme si c'était la chose la plus naturelle au monde.

Premièrement, parler sexe avec ma sœur était déjà déroutant mais deuxièmement savoir qu'elle imaginait Daryl entrain de … non mais oh, bon sang!

-Maggie! Répétais-je alors d'un air affligé, la faisant éclater de rire.

-C'est bon petite sœur, te méprends pas, Glenn me convient très bien.

A la suite de cette déclaration, je me mis à rire également, et je fus instantanément reconnaissante envers ma sœur pour ce moment de détente. Je n'étais pas sur de savoir si elle avait donner ces informations sincèrement ou si c'était juste un moyen pour détourner notre attention de la peur qui nous habitait, car je savais que elle aussi devait être inquiète notamment pour son mari.

Notre fou rire s'estompa petit à petit et avec le retour au calme, la réalité de la situation nous frappa à nouveau.

-Si il devait lui arriver quelque chose, je ne sais pas si je pourrais continuer, avançais-je le plus honnêtement possible. Je ne me sens pas capable de vivre sans lui.

Maggie me détailla du regard mais ne fit aucun commentaire, sachant que nul mot ne pourrait m'aider. Je soupirai tristement et me levai, j'avais besoin de me distraire, de me changer les idées, de m'occuper. Deux choses pouvaient m'apaiser ou plutôt deux personnes, l'une d'entre elles étant devenue le sujet de mon inquiétude, je savais que j'avais juste besoin d'être avec Juddith. En lui apportant l'attention qu'elle méritait, elle me donnerait l'opportunité de me noyer dans ses sourires remplis d'innocence, me réconfortant sans même le savoir.

Je saluai distraitement Maggie et je sortis de la maison pour rejoindre celle des Grimes, de Daryl et … la mienne. Oui ma place était dans ces murs, partageant le même lieu de vie que l' archer. Je rejoignis Carl et Jude en espérant que celle-ci arriveraient à m'éloigner de mes idées noirs.

Point de vue de Daryl :

J'étais concentré sur la traque, à la recherche du moindre indice ou son qui pourrait m'indiquer la direction à suivre. J'avançais à petits pas, mon arbalète que j'avais enfin récupéré, fixée sur mon épaule, visant le premier ennemi qui se glisserait sur mon chemin. J'avais abandonné ma moto au bord des rails du chemin de fer, en dessous de feuillage pour la camoufler et dissimuler à quiconque ma présence. Pour être franc, je n'étais plus très sur d'agir au mieux, comme d'habitude j'avais réagi sous le coup de l'impulsion et le doute m'habitait réellement. Les sentiments qui m'accablaient, se contredisaient tellement que j'avais l'impression d'avoir pris la mauvaise décision, ce qui ne serait pas la première fois. Tout aurait été vraiment plus simple si seulement j'avais tué Dwight lorsque j'en avais eu l'occasion. Sur cette pensée, un grognement de rage s'échappa de moi. La haine que je ressentais envers ce type, me bouffait de l'intérieure.

Alors que je me déplaçais au milieu d'un coin de verdure, toujours plongé dans mes sombres réflexions, le son d'une branche qui craquait sous ma gauche, me parvint aux oreilles. Je fis pivoté mon corps vers l'origine du bruit, et mes yeux se fixèrent vers ma cible. J'appuyai mon doigt sur la gâchette de mon arme, libérant une flèche qui alla se planter dans le tronc d'un arbre, frôlant de quelques centimètres le visage de Rosita.

-Putain, tu pourrais faire attention, s'écria l'hispanique énervée, en reprenant mon carreau.

-Je l'ai fait exprès, crachais-je d'un ton froid. Vous n'auriez pas du venir.

-Toi non plus, intervint Michonne.

-Rentre avec nous, poursuivit Glenn.

-J'peux pas. Tu comprends pas, ce type, je l'ai croisé quand j'ai perdu Sacha et Abraham. Il m'a ligoté dans la foret et moi comme un gros con, je les ai aidé, expliquais-je rempli de rancœur.

-Du coup, tu pense que c'est ta faute, traduisit le coréen.

Je voyais dans le regard de mon ami une certaine compréhension et j'étais conscient qu'il essayait juste de me ramener à la raison. Cependant, je ne voulais pas revenir en arrière, je devais terminer ce que j'avais entrepris, quelque chose au fond de moi, me poussait à aller jusqu'au bout.

-Tu le fais pour elle, reprit Glenn. Elle est morte, Daryl. Rentrons et discutons de tout cela, ici ça va mal finir.

-ça n'a pas d'importance, je dois le faire.

J'essayais au mieux d'étouffer la voix qui me criait de le suivre, de l'écouter. Le côté en colère chez moi était toujours plus fort, plus coriace que celui de la sagesse.

-On la vengera, promit Michonne dans une tentative pour me faire changer d'avis. Les mots devenaient de plus en plus dur à prononcer, et s'opposaient maintenant de franchir mes lèvres alors je niai simplement de la tête, refusant de céder à leur demande.

-Nous devons retourner là-bas, chez nous. Les gens ont besoin de notre présence, c'est chez toi aussi. Beth a besoin de toi, reviens auprès d'elle, compléta Glenn.

Je déglutis difficilement devant son argument, il savait qu'il mettait le doigt sur le point le plus sensible en moi. Par contre, j'étais toujours aussi surpris de voir que les autres autour de nous, comprenaient mon attachement envers elle, peut-être mieux que moi-même. Je me croyais pourtant assez doué pour cacher ce que je ressentais mais visiblement pas cette fois-ci, pas quand il s'agissait de Beth Greene. Je pouvais très bien l'imaginer en ce moment en panique, entrain de nous attendre et espérer nous voir revenir tous sain et sauve. Toute fois, la crainte de la perte croissait au fil des jours sans que je puisse mettre la main devant.

-Je ne peux pas le laisser nous retrouver. Je ne veux pas qu'il arrive à nos portes. Je ne peux pas supporter l'idée qu'il lui arrive quelques choses. Réussi-je à prononcer malgré la boule d'angoisse qui prenait forme dans ma gorge. Je savais que mes paroles étaient embrouillées et je ne savais pas si ils étaient capable de les comprendre.

-Je sais, me rassura Glenn comme si il était sur la même longueur d'onde que moi.

En observant d'un peu plus près mon ami, je pouvais voir la lueur de peur qui brillait dans ses yeux. Ce fut à cet instant que l'idée qu'il savait réellement ce que je ressentais, me frappa. Cet homme face à moi devait être habiter par cette crainte depuis sa rencontre avec Maggie et ils avaient réussi à le faire fonctionner, peut-être que je pourrais aussi.

Je fis passer mon regard sur les trois personnes devant moi, le faisant sauter de l'un à l'autre, complètement déboussolé. Je me détournai d'eux pour observer le chemin que je devais normalement emprunter et je secouai la tête comme pour remettre mes idées en place. Retournant mon attention à mes amis, je me frottai le menton dans une habitude ancrée en moi. Mon besoin de vengeance était puissant au fond de moi mais l'envie d'être auprès de Beth et d'être là pour la protéger l'était encore plus.

-Tu sauras la protéger, termina Glenn comme s'il avait suivi le fil de mes réflexions. Si il t'arrivait quelque chose, elle me le pardonnerait jamais. S'il te plait Daryl, allons-y, reviens auprès d'elle.

Je laissai retomber mes épaules en signe de défaites et j'acquiesçai d'un geste lent, me sachant vaincu. Je devais me poser, agir calmement et surtout essayer de réfléchir. Ils avaient raison, ma place était avec eux, à l'intérieur de nos murs, avec ma famille, avec Beth.

J'aperçus Glenn soupirer de soulagement et il hocha la tête reconnaissant face à ma soudaine sagesse.

-Rosita, appela Michonne alors que la jeune hispanique partait dans le chemin que j'avais initialement prévu de suivre.

-Hé merde, jura le coréen.

-C'est bon, je vais la chercher, on se retrouve à la moto, pris-je les devant en me précipitant à la suite de notre amie.

-C'est pas une bonne ide de nous séparer, contra Michonne.

-Si ils sont là quelques part, je passerai plus inaperçu si je suis tout seul, argumentais-je. Si jamais je mets trop de temps, vous rentrez.

Je ne leur laissai pas le temps de répondre, ni de réfléchir, je les quittai là, en m'éloignant le plus vite possible.

Il ne me fallut pas longtemps pour rattraper Rosita, je m'approchai le plus près possible et la saisis habillement par le bras, évitant ainsi de crier et d'attirer l'attention sur nous. Lorsqu'elle pivota vers moi, je vis son regard sombre et froid, j'eus l'impression que si ses yeux pouvaient tirer des balles, je serais probablement mort sur le coup.

-Tu as changé d'avis, moi non, rugit-elle d'un ton orageux.

-J'ai pas changé d'avis, je veux toujours en finir avec ce fils de pute, mais je me suis rendu compte que Glenn avait raison. On va se faire tuer si on agit sur un coup de tête.

-J'comprends. Elle t'attend là-bas, moi j'ai rien à perdre.

-Tu es une des nôtres, tu fais partie de la famille, avouais-je plus facilement que je l'aurais cru, c'était pas trop mon genre de tenir ce type de propos. Nous rentrons tous les deux ou nous restons ici ensemble.

Un pré-sentiment au fond de moi me hurlait de fuir et de faire demi-tour, mais je ne la laisserai pas seule dans ces bois. Je détestais parler pour ne rien dire ou faire des discours sans queue ni tête. Néanmoins, j'étais conscients que je devais essayer de trouver les mots pour la convaincre comme Glenn venait de le faire avec moi. Sur le moment, je souhaitai que Michonne et Glenn soit là ou même Beth, pour me souffler les paroles que je devais sortir.

-Pendant que nous sommes ici, ils sont peut-être déjà à Alexandria, occupé à attaquer. Nous devrions être là-bas avec les autres, pour nous défendre, nous protéger, pour les aider.

J'espérais de tout cœur que j'avais tord et que c'était des suppositions injustifiées. Je voulais que tous ceux resté à l'intérieur de nos murs soit en sécurité et à l'abri mais je savais que le danger pouvait être partout même chez nous. Je devais vérifier que tout se passait bien à la communauté.

-Allez, viens ! L'invitais-je d'un ton sans équivoque. Je compris son hésitation, cependant, elle finit par se mettre à mes côtés en inclinant la tête vers le sol, me montrant qu'elle acceptait de me suivre. Il nous restait plus qu'à rejoindre Glenn et Michonne à la moto et rentrer.

Plus je rebroussais chemin, plus l'impression que quelques choses clochait, bourdonnait dans mon cerveau. Un pré-sentiment venu de nul part mais qui n'annonçait rien de bon, me fit me sentir nauséeux. Je ne cessais d'observer les moindres détails autour de nous, intimant à Rosita le plus grand silence possible. Ma vision étudiait chaque feuille, arbre, ne se détournant de rien, ce fut à cet instant que mon regard se passa sur une image d'horreur, qui fit que accroître mon envie de vomir.

Discrètement, je fis signe à la jeune hispanique de se glisser à mes côtés, essayant de nous camoufler derrière les troncs d'arbres.

Glenn et Michonne se tenaient à quelques mètres devant nous, attachés et bâillonnés. La culpabilité m'empoigna aussi vite, rendant ma respiration compliquée. J'essayai de mon mieux de repousser mon ressentiment, ce n'était pas le moment de me laisser envahir par les remords. Nos amis étaient entourés par quatre hommes armés, je sus toute suite que les choses n'allaient pas être simple pour nous sortir de là. Malgré tout, j'étais déterminé à nous tirer de cette situation, à buter ces connards, et à retourner à Alexandria. Je devais agir.

« Si il t'arrivait quelque chose, elle ne me le pardonnerait jamais » avait signalé le coréen un peu plus tôt. Dans d'autres circonstances, j'aurais souris à l'image de Beth rancunière, car je savais que ce n'était pas du tout son genre. Elle était trop douce pour tenir rigueur de quoi que ce soit à un ami, encore plus à Glenn qui était un homme bien. Par contre, je ne jugerai pas sur ce trait de caractère en ce qui concernait Maggie. Celle-ci m'en voudrait à vie si par ma faute, il devait arrivé un malheur à son mari.

Je ne sus pas par quel miracle, j'arrivai à capter le regard de l'asiatique. Dans un échange muet, je lui fis comprendre de rester tranquille. Je posai mon index sur ma bouche pour lui intimer le silence. Je me plaçai en position pour utiliser mon arbalète sur l'homme le plus proche de Glenn, tout en indiquant à Rosita de s'occuper de celui aux côtés de Michonne. La jeune femme acquiesça silencieusement, prête au combat.

Tandis que je m'apprêtais à tirer une flèche en plein dans la tête du gars, j'aperçus mon ami s'agiter en tout sens, essayant d' hurler au delà de son bâillon. Je compris directement que quelques chose se passait mal.

-Salut Daryl, susurra une voix que j'aurai reconnu parmi mille. Je dodelinai de la tête dans un signe d'impuissance, sachant pertinemment que toute cette mise en scène n'avait été qu'un piège dans lequel j'avais sauté à pied joint. Je pivotai sur moi-même pour découvrir Dwight, une arme pointée droite sur ma tête. Avant que je puisse même réfléchir à quoi dire ou faire, j'entendis le bruit d'une détonation et le noir envahit ma tête. Malgré la soudaine obscurité, l'idée qu'encore une fois je n'avais fait qu'attirer la merde à ceux que je tenais, me traversa l'esprit.

-Tout ira bien, résonna la voix de mon ennemi à mes oreilles.

Je sentis mon corps se raidir sous la douleur, et le brouillard devenir de plus en plus épais à travers mes pensées. Tout en tombant doucement dans les ténèbres, un ange apparut, son chant m'apportant le réconfort et le soutien dont elle seule avait le secret. Beth, ma seule lumière. L'inconscience m'enveloppa totalement, m'emportant loin de la réalité.

Point de vue de Beth :

Les heures passaient et je n'avais toujours aucune nouvelle de Daryl. Ni lui, ni Glen ou Michonne ou même Rosita n'était réapparu. Je faisais de mon mieux pour essayer de contrôler l'angoisse qui me taraudait, voulant me tenir occupée pour éloigner la préoccupation. Bien entendu, ça avait été un échec et je ne pouvais renier la crainte qui vibrait dans tout mon corps. Pourquoi les choses devaient-elles sans cesse se dérouler ainsi ?

J'observais Juddith qui jouait tranquillement sur le sol, cette petite fille avait toujours été si calme, comme si naturellement, elle avait su qu'elle devait s'adapter à ce monde. Qu'elle n'avait pas le droit de se faire remarquer, que le silence était le premier maître à bord. Je me souvenais très bien de la façon dont j'avais agis lorsque j'avais appris la grossesse de Lori à l'époque, trouvant ça stupide. Aujourd'hui, en regardant le bébé, je ne pouvais pas regretter sa venue au monde. Depuis ses premières minutes parmi nous, elle m'avait donné une raison de me lever le matin. Si nous nous battions tous au quotidien, c'était en partie pour lui assurer un avenir meilleur.

A la prison, j'avais pris soin d'elle comme si elle avait été à moi, lui accordant tout mon temps et m'assurant qu'elle manquait de rien. Grâce à elle, j'avais un but, un travail à faire mais plus encore le lien entre nous était devenu, je le savais, unique. Puis l'attaque du gouverneur avait eu lieu et avec elle, la séparation du groupe. J'avais été anéantie de ne pas l'avoir trouvé et sauvé, je l'avais cru morte et ce par ma faute. Une partie de moi avait souhaité que tout s'arrête, mon père avait été abattu, j'avais laissé Juddith derrière et perdu Maggie ainsi que tous les autres. Si Daryl n'avait pas été avec moi, je savais que je n'aurais pas été capable de survivre, au mieux je me serais tiré une balle au pire je me serais faite dévoré par les rôdeurs. Il m'avait sauvé tellement de fois, que mes mains ne suffisaient plus à compter. Je lui devais la vie et bien plus encore, il m'avait sauver de toutes les manières possibles. Il m'avait apporté tout ce dont une femme pouvait rêver d'un homme. En tout cas, c'était ce dont moi je rêvais. Il était mon protecteur, mon ange gardien, le seul être dont j'avais besoin pour être moi, celui qui me rappelait qui j'étais.

L'idée de le perdre après tout ce que nous avions traversé, me faisait littéralement trembler de peur, je savais que je serais incapable de m'en remettre. Il était depuis si longtemps devenu le centre de mon attention, que j'avais cette sensation que sans lui, plus rien ne serait possible.

Je reconnaissais honnêtement que je l'aimais véritablement, d'un sentiment aussi profond que l'océan, la plus petite partie de moi me criait que j'étais amoureuse de cet homme, pourtant je restais incertaine sur la manière de lui dire ou même si je devais le faire. Daryl n'était pas le genre de personne à parler sentiments ou encore à avoir des gestes tendres surtout en publique.

Ses petits baisers spontanés m'avaient complètement surpris, positivement bien entendu. Je n'aurais jamais cru voir le plus jeune des Dixon agir un jour de la sorte et encore moins avec moi. Je souris légèrement en pensant à l'évolution de notre relation. Le rapprochement c'était fait progressivement, prenant beaucoup de temps. Le doute que je pouvais l'intéresser de cette façon avait flotté en moi pendant de long mois. Pour se dissiper dernièrement, lors de nos nuits ensembles juste à dormir, lorsque je prenais conscience de ses caresses aux réveils alors qu'il me pensait assoupie. Une accumulation de petites choses qui m'avaient fait comprendre que l'archer me regardait maintenant comme la femme que j'étais devenue.

Carl entra dans la pièce me faisant revenir à la réalité, essayant de mettre mes pensées de côtés. Pour la énième fois de la journée, il me demanda comment j'allais et je le rassurai du mieux que je pouvais. Son regard me laissait savoir qu'il n'en croyait rien mais il ne releva pas.

-ça t'ennuie si je te laisse Juddith ? Je voudrais aller voir Maggie, profitais-je pour demander.

Je ne pouvais pas m'empêcher de m'inquiéter pour ma sœur, j'avais remarqué son teint pâle et même si j'avais mis ça sur le compte de la fatigue, je me faisais du soucis pour elle. Je devais aller vérifier son état.

-Pas de problème, m'accorda-t-il aimablement.

Je le remerciai, fit un baiser sur le haut de la tête de Jude en la prenant pour la passer à son grand frère, avant de quitter la maison pour rejoindre mon aînée.

En arrivant sous le porche de ma sœur, des rires retentirent à mes oreilles, remplie de curiosité, je m'empressai d'ouvrir la porte, pour découvrir Enid finissant de couper les cheveux de Maggie.

-Oh mon dieu Mags t'es cheveux ! M'écriais-je étonnée par le changement soudain.

Elle qui encore ce matin avait les cheveux à mi longueur les portait à ce moment même, très court, à peine arrivant aux oreilles.

-Qu'est-ce que t'en pense ? S'informa-t-elle, pressée de connaître mon avis.

-Qu'Enid est assez douée, souris-je à l'adolescente, toujours la paire de ciseau dans les mains.

Cette dernière donna un miroir à ma sœur, pour qu'elle puisse s'observer.

-Merci, lança-t-elle avec reconnaissante à la jeune fille.

-C'est pas grand chose, j'espère que ça plaira à Glenn, s'inquiéta-t-elle.

-Te tracasse pas pour ça, même sans aucun cheveux sur le crâne ou remplie de boutons, il la trouverait toujours aussi belle, plaisantais-je à demi, sachant que mon beau-frère serait à jamais sous le charme totale de sa femme.

-N'importe quoi, fit semblant de s'embarrasser Maggie.

Je pouvais avouer que la relation entre ces deux-là, me laissait émerveillé. Le lien qui les unissait m'avait toujours semblé un peu magique. Je savais ma sœur comblée grâce à son mari. Il était toujours là pour elle, veillant à ne pas la blesser, à la protéger, plus encore, il lui apportait tout l'amour qu'elle méritait. Ils formaient un couple uni et respirant la sincérité. C'était comme si leurs deux âmes avaient toujours été destinées à finir réunies, assemblées. Ils représentaient la beauté qui persistait dans notre monde remplie de noirceur. Une aura se détachait d'eux , les entourant d'une lueur que je pouvais appelé amour, espoir ou encore avenir.

-J'aurais besoin de tes talents, sortis-je sans même prendre le temps de réfléchir. J'aperçus les yeux d'Enid écarquillés par la surprise et la curiosité.

-Tu vas couper tes cheveux ? S'offusqua quasiment ma sœur.

Un petit rire s'échappa de mes lèvres devant leur mimique scandalisée, il n'était pas question que je touche à mes cheveux, en tout cas pas dans l'immédiat. Si je refusais de couper ma chevelure, ce n'était pas parce que je ne le voulais pas personnellement mais j'avais remarqué que Daryl les appréciait long. Bien sur, le sujet n'avait jamais été abordé mais souvent le soir, la nuit ou très tôt le matin, j'avais senti ses doigts jouant avec eux, entourant une mèche autour de ses doigts. La discrétion dont il faisait preuve me fit presque sourire. A chaque fois, il pensait que je dormais, se le permettant alors et je ne faisais aucun geste pour lui dire que j'étais éveillée. C'était ma façon à moi d'apprécier ce qu'il me faisait, ne voulant en rien le faire reculer et stopper ses mouvements.

-Non, pas moi, répondis-je enfin, en sortant de mes réflexions. J'ai pensé que tu pourrais peut-être couper les cheveux de Daryl.

La stupeur se dessina encore plus sur leur visage et je retiens difficilement de pouffer de rire devant leur mine déconfite.

-Tu es sur qu'il voudra bien ? S'étonna Enid, probablement à raison.

Pour être franche, rien n'était moins sur que ça, mais je me promis d'essayer de le convaincre. Dans le fond, ce n'était pas que je ne l'aimais pas comme il était, au contraire, cependant, ses mèches trop longues retombaient tout le temps devant ses yeux, camouflant de la sorte son regard. Je devais avouer que si il y avait bien une chose chez lui dont j'étais sur de ne jamais me lasser, c'était le fait de pouvoir me noyer dans le bleu de ses iris. A chaque fois, la sensation qui s'insinuait en moi enflammait la moindre parcelle de mon corps. Comme cette nuit là, sous le porche de la cabane, tout en lui m'avait transcendé, transpercé. Son regard, sa façon de m'observer avec son petit sourire en coin, je me souvenais encore que le temps d'un instant ma respiration s'était figée et que l'image s'était ainsi gravée à jamais en moi. Il était si beau, si fort, si ...homme. Encore maintenant en y repensant, j'en avais des frissons. C'était à ce moment là, que j'avais compris que Daryl Dixon me plaisait. Ce fut à partir de cet instant que mon coeur battait un peu plus vite en sa présence. Je souris légèrement sous le poing du souvenir. Je savais que j'arriverai à le convaincre de couper ses cheveux, même si je devais le faire moi-même.

-Il le fera, assurais-je alors sachant d'avance que je trouverais les bons arguments à lui dire.

-Vous êtes mignon ensemble, souffla timidement Enid, un air que j'osai qualifié de rêveur sur le visage. Je sentis la chaleur monter à mes joues, les colorant face à la gêne occasionné par sa remarque.

-Mignon ? Se moqua Maggie sans essayer de cacher son amusement et j'accordai un vrai sourire devant le terme choisi. J'étais presque persuadé que Mignon n'était pas le plus approprié pour qualifier l'archer. Il pouvait être beaucoup de chose, sexy, robuste, musclé, beau... mais mignon ? Dans ma tête, l'image de lui tenant Juddith dans ses bras se forma, peut-être que là, il pouvait être mignon, souriais-je en moi-même. L'image de lui sur moi se superposa à l'autre et j'avalais difficilement repoussant la signification du mot mignon. Je secouai la tête pour chasser toutes les sortes d'images qui influaient dans mon esprit, reportant mon attention sur les filles face à moi.

-Vous faites un beau couple, se corrigea maladroitement l'adolescente.

-Nous ne sommes pas vraiment un couple, me crus-je obliger de reprendre. Bizarrement, le fait d'entendre notre relation décrite de cette façon était un peu déconcertant mais pas du tout désagréable. Cependant j'imaginais que Daryl serait mal à l'aise devant cette interprétation de notre lien.

Maggie releva les sourcils, en m'observant avec un peu plus d'insistance, je la sentais interloqué par mon explication. L'étincelle moqueuse brillait à nouveau dans ses yeux et je me demandai si elle était capable de lire le mélange d'émotions qui prenait place au fond de ma poitrine.

-Alors vous êtes quoi ? Questionna-t-elle, ne supportant plus mon silence. Vous dormez et plus ensemble, vous vous confiez l'un à l'autre, vous vous soutenez mutuellement, vous vous inquiétez toujours pour l'autre... je continue ? Énuméra-t-elle.

Je ne sus quoi dire, aucun mot ne semblait vouloir sortir de ma bouche, je ne comprenais pas encore où elle voulait en venir. J'aperçus l'expression amusée d'Enid, devant notre échange.

-Tu es sa femme et il est ton homme, finit par déclarer ma sœur, sur d'elle, me laissant ébahie.

Le fait d'entendre ses paroles de ma propre sœur était étrange et un peu irréaliste. C'était comme si j'avais eu besoin d'entendre ces choses pour savoir qu'elles étaient possible, comme si mon cerveau prenait seulement connaissance de ce fait. En toute honnêteté, chaque vibre de mon être ressentais ce qu'elle venait de dire. Depuis un certain temps maintenant, je me sentais comme la femme de Daryl, comme si j'étais à lui, ou en tout cas j'avais cet espoir. Cette nuit avait juste appuyé un peu plus mon sentiment, j'étais sienne autant qu'on pouvait l'être envers quelqu'un.

Par contre, imaginer que Daryl puisse un jour devenir l'homme de quelqu'un était improbable, Il n'appartiendrait jamais à personne, c'était un loup solitaire, il n'avait besoin de personne pour survivre. Au delà du fait que je voulais faire partie intégrante de sa vie, je le connaissais assez bien pour savoir que je devais l'accepter tel qu'il était, même si c'était avec son armure qu'il persistait à maintenir tout autour de lui, pour ne plus être blesser. Le chemin que nous avions parcouru était juste à la base impensable, pourtant avec le temps, j'avais réussi à lui faire tomber certaines de ses barrières.

Néanmoins, Daryl restait fidèle à lui-même, il était têtu et impulsif, et lorsqu'il avait une idée en tête, je savais que rien ne pouvait le faire changer d'avis, en tout cas j'en étais presque persuadée. Encore ce matin, il avait pris cette décision et c'était pour cette raison que l'angoisse me dévorait de l'intérieure. En tout franchise, c'était aussi pour sa détermination que je l'aimais, ce côté indomptable m'avait intrigué dés le début. En aucun cas, je voulais le changer, pensais-je en réponse à sa question du matin.

-Je suis sa femme, confirmais-je revenant au présent. Pourtant, je sais que ça ne sera jamais comme toi et Glenn et je suis bien avec ça.

-Non, ça ne sera jamais comme nous. Ça sera Daryl et toi, et ça fera que ça sera encore mieux … pour toi. Aussi beau et aussi intense que ça doit l'être. Exposa ma sœur, son regard rempli d'une émotion que je ne pouvais pas réellement comprendre.

Sur le coup, je ne pus m'empêcher de me demander si mon père approuverait notre relation comme Maggie semblait le faire. Je savais que mon père était un homme sage et intelligent. Je savais aussi qu'il avait apprécié et respecté Daryl pour tout ce qu'il représentait à l' époque. J'étais convaincue qu'il serait reconnaissant de voir à quel point il prenait soin de moi et qu'il me rendait heureuse. Oui, mon père serait bien avec ça, avec nous.

Alors que mon regard était fixé sur ma sœur, je vis son visage pâlir de plus en plus, jusqu'à devenir une grimace de douleur. Elle se plia un peu vers l'avant portant une main sur son ventre et l'autre cherchant appui sur la table.

-Maggie, tu vas bien ? M'inquiétais-je.

Elle se redressa en essayant de détendre ses expressions et voulut ouvrir la bouche pour me rassurer mais elle se recourba aussitôt et laissa échapper un cri de douleur.

-Enid va chercher Rick, vite, hurlais-je un peu hystérique. C'est le bébé ? Interrogeais-je en tournant mon attention à mon aînée, je connaissais déjà la réponse mais je n'avais pas su retenir la question.

-Glenn, paniqua Maggie, les larmes aux bords des yeux.

-Il viendra, tout ira bien Maggie, pour toi et pour le bébé, essayais-je de la réconforter.

La crainte que j'avais ressenti toute la journée, redoubla d'intensité, en me rendant compte que le pire allait seulement se produire. Si Maggie perdait le bébé, ça lui déchirerait le cœur, mais elle pourrait se relever. C'était ma sœur, elle était forte, elle ferait face et continuerait d'avancer. Cependant, si un malheur devait lui arriver à elle, si elle venait à mourir, ça serait une véritable catastrophe. Je ne pourrais jamais annoncer à Glenn que sa femme avait rejoint les morts. De plus, je ne voulais même pas penser à ce que je devrais faire si le drame se produisait. Non, je repoussai mes idées noirs le plus loin possible et je récitai une prière muette à mon père, espérant qu'il pourrait m'envoyer Glenn et Daryl. Pour l'instant, ils n'étaient pas là et je devais être forte et le plus rassurante possible.

-ça va aller Maggie, Rick va arriver, nous allons nous occuper de toi, murmurais-je tendrement dans son oreille. Je déposai un léger baiser sur son front, d'une manière maternelle.

La porte s'ouvrit brusquement laissant apparaître, Enid suivie de Rick et de Carl, portant Juddith.

-Maggie ? Se précipita l'ancien chérif, l'inquiétude visible sur son visage. Son attention m'émut plus que nécessaire, certainement du aux mélanges d'émotions qui m'avaient habité ces derniers jours. Cet homme était réellement devenu un pilier pour nous tous, pour notre famille. Je savais qu'il était prêt à tous pour nous. Il passa tendrement sa main sur le front de ma sœur dans un geste presque paternel.

-Ne t'inquiète pas, nous allons te conduire à la colline, voir le docteur.

En entendant ces mots, je ne pus m'empêcher de me dire que si Denise était encore là, elle aurait pu aider Maggie. Le voyage aurait été inutile et même pas envisagé. Ma sœur se contenta de hocher la tête, elle semblait si fragile tout d'un coup, la sueur coulant sur son visage à cause de la souffrance, son teint de plus en plus livide.

-Quand partons-nous ? M'informais-je.

-Le plus rapidement possible, le temps de constituer une équipe pour le trajet et de préparer le camping car, répondit-il.

L'équipe se constituait d'Abraham, Sacha, Aaron, Eugène qui avait insisté pour se joindre à nous, Carl, plus Rick et moi-même. En les observant, chacun leur tour monter dans le véhicule, je ne pus m'empêcher d'être reconnaissante pour leur soutien et surtout leur aide. Ils étaient tous là pour Maggie, pour assurer sa sécurité.

L'ancien chérif arriva à mes côtés, l'oeil inquiet, alors que je m'avançais pour monter dans le véhicule, il avait Juddith dans ses bras, et mon cœur se serra à l'idée de la laisser.

-Tu es sur de vouloir venir ? Osa-t-il me demander.

-Bien sur, c'est ma sœur, mon sang.

-Je sais Beth mais je me disais que peut-être tu pourrais rester avec Juddith, insista-t-il décidé à me faire changer d'avis. Il était pleinement conscient que son argument allait me toucher en plein cœur.

-C'est pas possible cette fois Rick. Je ne peux pas vous laisser partir sans moi, je dois l'accompagner, être présente pour elle et tu le sais.

-Si Glenn et Daryl reviennent ?

-Les autres leur diront où nous sommes et ils viendront nous rejoindre aussi vite, argumentais-je.

Il ne dit plus rien, se contentant de m'embrasser tendrement sur le haut de ma tête en signe de soutien, comme mon père aurait pu le faire de son vivant.

J'aperçus le père Gabriel et Rick se rapprocha de lui, me faisant signe de le suivre. Je savais ce qui allait suivre, il avait été désigné comme celui qui veillerait sur Jude, bien entendu, je savais que les autres prendrait part à ce rôle, Olivia aimait bien s'occuper d'elle, Eric aussi... Elle serait bien entourée et protégée. Malgré tout, mon cœur se sentit comme brisé, ressentant déjà le manque de l'enfant. Comme si il lisait mon esprit, le leadeur me passa Juddith, que je pris soin de serrer fortement.

-Oh bébé... murmurais-je sentant l'émotion envahir ma voix, coupant toute phrase.

Elle me sourit en balbutiant certains sons qui commençaient à ressembler de plus en plus à des mots.

-je reviens vite chérie,soufflais-je, j'aurais voulu ajouter je te le promets, mais je ne pouvais pas le faire, dans ce monde nous ne pouvions plus rien promettre.

J'entendis Rick échangé quelques mots avec Gabriel que je n'arrivais pas à saisir, mon attention centrée sur la petite fille dans mes bras. Toute fois, je compris qu'il était temps de passer le bébé lorsque Rick lui embrassa la tête en murmurant quelques mots à son oreille.

-Papa... sortit-elle souriante, m'arrachant un sourire.

L'ancien chérif me fit un signe de tête comme pour m'encourager à la donner et je le fis, les mains tremblante, les larmes aux bords des yeux.

-Prends soin d'elle, s'il te plait, suppliais-je presque. L'homme face à moi hocha la tête avec son éternel sourire accroché à ses lèvres, voulant se montrer rassurant, même si c'était peine perdue.

-Ma puce, on revient vite, je t'aime bébé, arrivais-je à dire en me détournant aussi tôt, cherchant à dissimuler les larmes qui commençaient à couler.

Ce fut certainement mon imagination qui me jouait des tours mais le mot « maman » sembla me parvenir aux oreilles, me faisant trembler d'émotions incertaines. Si vraiment elle avait prononcé ce mot, avais-je le droit de la laisser faire ? Non, certainement que non, mais c'était tellement gratifiant et encore une fois ça prouvait la force du lien qui nous unissait. Du coin de l'oeil j'aperçus Rick m'observer tandis que je montais dans le mobilhome, celui-ci un léger sourire ému.

-Merci de tout ce que tu fais pour elle, dit-il. Je me mis à l'observer avec une surprise non dissimulée.

-je ne te l'ai jamais dit, mais c'est important, alors merci de l'aimer comme tu le fais depuis qu'elle est née, finit-il.

-Merci pour toutes les décisions que tu prends pour nous. Merci de me laisser prendre soin d'elle.

Je ne savais pas quoi dire d'autre, jamais je ne serais capable de remercier cet homme pour tout ce qu'il avait fait pour notre groupe. J'étais remplie d'émotions difficile à contenir et parler n'était pas possible à ce moment là, je lui posai un léger baiser de reconnaissance sur la joue avant de finir d'aller m'installer auprès de Maggie, couché sur une banquette. J'étais ému de quitter Juddith, j'avais peur pour ma sœur si faible mais je savais que je devais éloigner mes propres sentiments pour me concentrer sur les problèmes que nous pourrions rencontrer, je devais me tenir prête à toute éventualité.

Dans un coin de ma tête, l'image de Daryl se forma, je le vis un petit sourire au coin des lèvres comme pour m'encourager à être une battante. Je le serais, c'était une promesse envers moi-même, quoiqu'il en coûte je sauverai ma sœur. Je pris la main de Maggie dans la mienne, lui accordant un serrage rassurant, pour lui indiquer ma présence pendant que le véhicule passait le portail d' Alexandria.

L'idée que Glenn et Daryl étaient quelques part dans les bois, était pénible à supporter, je savais que Michonne et Rosita étaient avec eux, je voulais me rassurer en me disant qu' à eux quatre ils formaient une bonne équipe et qu'ils pouvaient se sécuriser mutuellement.

« S'il te plaît papa, aide-nous » priais-je silencieusement, en levant les yeux vers le ciel. Quelque chose au fond de moi me disait qu'on aurait besoin d'une aide miraculeuse. Bien sur, j'allais seulement découvrir à quel point c'était vrai.

Voilà pour ce chapitre, j'espère qu'il vous aura plu. Dites-moi ce que vous en pensez, je sais qu'il n'y a pas beaucoup d'action mais je vous exploiter leur ressenti avant d'attaquer les choses sérieuses. J'avais à la base des idées sur d'autres échanges possibles lors de ce chapitre mais j'ai finalement décidé de les mettre plus loin dans l'histoire. N'hésitez pas à me faire part de votre avis.

Le prochain chapitre est le plus difficile à écrire pour moi, pour l'instant il est en correction et amélioration, dés qu'il sera à la hauteur de mes espérances, je vous le posterai. Ensuite les choses s'accéléreront et prendront un chemin assez différent de la saison 7.

Pour mon autre fic, j'avoue qu'elle prends beaucoup de place dans ma tête car je l'aime beaucoup, et particulièrement la façon dont Beth évolue. Je pense d'ailleurs vous la poster assez rapidement.

A très vite pour la suite et encore merci de me lire.