Bonjour à tous et à toutes. Merci beaucoup à toutes celles (tous ceux?) qui ont mis des reviews, comme je vous ai répondu, ça m'a fait vraiment très plaisir. Plusieurs d'entre vous m'ont fait remarquer que les choses vont très vite entre Darcy et Lizzie, je suis plus ou moins d'accord: Darcy a surtout le coup de foudre pour Elizabeth et d'autant plus facilement qu'elle est Comtesse, donc supérieure à lui par le rang. Quand à elle, si elle l'apprécie, ce n'est pas pour autant qu'elle serait prête à l'épouser tout de suite. En fait, il va falloir trente chapitres à Darcy pour convaincre sa belle. Et puis comme l'histoire n'est pas de moi, j'ai envie de dire, je n'y peux pas grand-chose. (Dans la deuxième version de l'histoire, le mari de Lizzie est encore vivant, ce qui rend leur histoire beaucoup plus compliquée, si vous préférez. Mais il faut lire en anglais).
Tant que j'y suis sur les chapitres, je publie maintenant le deuxième chapitre, bande de petits veinards, mais je n'ai absolument pas fini de traduire la fic en entier, j'en suis entre le chapitre 6 et le chapitre 7.
Enfin, plusieurs d'entre vous ont lu la fic en anglais. Si vous avez des remarques sur la traduction, des tournures que vous trouvez trop lourdes, n'hésitez pas à me le signaler, je prendrai les corrections avec plaisir!
Sur ce, assez parlé, donc bonne lecture!
Chapitre 2 : Héritage, rencontre et affection
Ce n'avait été qu'une fois devenue veuve qu'Elizabeth Saffron-Walden, née Bennet avait pu enfin employer sa bonne fortune pour venir en aide à sa famille. L'héritage de feu son mari comportait cet avantage sans prix de pouvoir se transmettre à n'importe quel membre de la famille, qu'il soit homme ou femme, et comme il n'en restait aucun, le titre, les terres et toute la richesse qui y était rattachée étaient automatiquement devenus siens pour qu'elle en dispose selon son bon plaisir.
Sachant cela, elle avait renforcé le domaine de son père et en avait élevé les revenus à hauteur de 3000 £ par an, et avait placé pour chacune de ses sœurs la somme de 30 000 £, conservée en lieu sûr jusqu'à ce qu'elles se marient ou atteignent l'âge de 25 ans. Malgré cela, elle avait toujours des revenus considérables, et des terres où passer confortablement le reste de ses jours.
Jours qu'elle était bien décidée à passer seule. Rien en ce monde ne pouvait désormais lui donner l'envie de se remarier. Elle avait essayé l'amour, s'était trompé, avait choisi la sécurité, et était ressortie de l'expérience transformée à jamais.
Du moins, elle avait cru que c'était de l'amour. Le seul vrai amour pour lequel elle avait juré de se marier, ayant été témoin tous les jours des conséquences d'un mariage fondée sur une légère affection. Il s'était passé moins d'un jour entre le moment où elle était entrée dans les liens du mariage et celui où ce qu'elle savait désormais n'être qu'une illusion s'était dissipée de devant ses yeux. La réalité qui se cachait derrière la frigorifiait jusqu'aux os, et elle ne supportait pas d'y penser.
En y réfléchissant cependant, le matin suivant l'Assemblée de Meryton, ces événements avaient cependant apporté quelques avantages à sa situation. Il ne s'agissait pas seulement de son héritage, mais aussi du temps qu'elle avait eu pour améliorer ses talents. Elle était une pianiste de bon niveau, et l'excellente bibliothèque dont elle avait hérité lui avait permis d'approfondir sa connaissance de la littérature. Enfin, elle qui ne montait pas à cheval était devenue une excellente cavalière que ce soit en amazone ou à califourchon.
Elle avait aussi hérité d'une maison (ou plus exactement de plusieurs maisons) qui n'était pas trop loin de Longbourn, mais assez cependant pour que la distance lui apporte une paix et une solitude bienvenues. Selon elle, Stoke Edith était une maison parfaite, jusque dans la taille de son petit salon sur laquelle sa mère se lamentait tant la veille.
Construite en 1698 par Paul Foley, Député à la Chambre des Communes, elle avait été acquise par mariage par les Cavendish de Saffron-Walden. Considérée comme l'une des plus belles maisons de la Restauration, on y retrouvait les traces du travail de James Wyatt, Isaac Bayli et James Thornhill.
Un toit en croupe abritait les quartiers des serviteurs, et des fenêtres couvraient une bonne partie de la façade. La construction, bien qu'imposante, avait à la fois des parties imposantes et d'autres moins. Il n'y avait que deux choses qu'Elizabeth avait prévu de modifier : la décoration de l'entrée, et celle de la chambre de velours vert, qui étaient trop ornées et trop opulentes à son goût.
Le petit salon Wyatt dans lequel elle se trouvait à présent était sa pièce préférée. Sa situation dans la maison lui permettait d'observer les allées et venues de ses visiteurs, le mobilier, bien que simple, en était dans un élégant style Georgien, et les murs étaient ornés de bas-relief grecs.
Elle s'assit sur l'un des sofas en se demandant quelle serait la meilleure manière d'inviter Jane à passer quelques jours avec elle sans pour autant avoir à étendre l'invitation à toute la famille. Elle avait passé la plupart de son mariage dans une solitude paisible, et elle n'avait aucune envie de retourner dans le chaos qu'étaient Meryton et sa famille.
Bien vite cependant, son esprit dériva vers les souvenirs des événements de la veille à l'Assemblée. Elizabeth ne s'était pas attendue à apprécier autant la soirée : elle avait refusé de venir jusqu'au dernier moment, et n'était venue que grâce à l'insistance de Jane.
Les quinze premières minutes avaient confirmé ses attentes : sa mère avait monopolisé sa compagnie et l'avait présenté avec une grande complaisance à Lady Lucas et à Mrs. Long avant de se plaindre de la taille du petit salon de Stoke Edith. L'arrivée des locataires de Netherfield lui avait apporté un soulagement bienvenu. Elle avait été particulièrement heureuse de la présence de Mr. Darcy. Il avait finement démasqué ses sentiments, et avait gagné sa compagnie en lui demandant une danse avant de l'accompagner au balcon pour qu'elle puisse avoir un moment de tranquillité.
Elle lui avait accordé trois danses, qui lui avaient paru les plus agréables de sa vie, et avait passé le reste de la soirée en sa compagnie, et occasionnellement avec Jane, Charlotte Lucas et Mr. Bingley.
Elizabeth avait trouvé les deux gentlemen très aimables. Mr. Bingley respirait la vie et la joie, et comme il avait passé pratiquement toute la soirée aux côtés de Jane , il n'avait pu que s'élever dans l'estime de la comtesse au point qu'elle le considère comme l'un des meilleurs gentlemen de sa connaissance. Quand à son ami Mr. Darcy, il méritait un titre égal, sinon supérieur.
Sa conversation était intelligente, gracieuse et vive. Ils avaient parlé littérature, musique et voyages, et s'ils ne partageaient pas tout à fait les mêmes opinions, ils étaient assez cultivés pour convenir d'un nouveau point de vue. Il avait paru à tout le monde un peu réservé, mais elle avait passé suffisamment de temps en sa compagnie pour savoir que cela était à mettre sur le compte de la timidité et non sur celui d'une indifférence hautaine. En un mot, elle désirait le connaître mieux.
Ce vœu se trouva exaucé quelques jours plus tard. A la demande de sa chère amie Charlotte, elle avait accepté d'assister à une soirée à Lucas Lodge avec sa famille, les officiers de la milice récemment arrivée en ville et les locataires de Netherfield.
Ayant vu Jane bien installée aux côtés de Mr. Bingley, Elizabeth avait accueilli son taiseux ami. Mr. Darcy était vraiment heureux de la revoir, après avoir assisté à quatre dîners desquels elle était absente. Après quelques mots échangés, il la conduisit vers un sofa où était assise une jeune fille d'environ seize ans. Comme la soirée était informelle, et que les enfants Lucas étaient présents, Darcy avait amené sa sœur et la présentait à présent à Elizabeth.
Lizzie trouva que Miss Darcy était encore plus timide que son frère, et ce ne fut que grâce à la présence de celui-ci et le talent d'Elizabeth pour faire sortir les gens d'eux-même que Miss Darcy s'autorisa à répondre plus que par des monosyllabes. Le teint très blanc, et d'une silhouette grecque, elle présentait un grand contraste avec son frère, lequel, remarqua Elizabeth, semblait content de favoriser la relation entre elles plutôt que la sienne propre avec elle.
Le trio discuta quelques temps avant d'être rejoints par Charlotte Lucas qui venait demander l'opinion de son amie sur la relation de Jane et de Mr. Bingley.
- Je peux répondre assez sûrement en ce qui concerne Bingley, dit son ami alors qu'ils observaient discrètement le couple, il est sous le charme.
- Et en ce qui concerne les sentiments de Jane, Lizzie ?
- S'il continue comme ça, elle se trouvera vite en train de tomber profondément amoureuse de lui.
- Et Mr. Bingley, pensez-vous qu'il soit amoureux ? Demanda Charlotte.
- Mon ami a tendance à tomber régulièrement amoureux, ou du moins c'est ce qu'il croit, lui répondit Darcy, mais cette fois-ci, je crois que c'est différent. Avant cela, il ne s'était jamais installé de manière durable dans un voisinage, mais maintenant qu'il s'est installé avec l'intention de rester... Oui, je pense qu'il ressent la même chose.
- Dans ce cas, Jane devrait ne lui laisser aucun doute sur ses sentiments. Elle devrait faire preuve de plus d'affection, plus qu'elle n'en ressent même, et pas moins si elle veut se l'assurer.
Elizabeth éclata de rire, à la grande surprise de son compagnon qui n'avait pas compris que Miss Lucas plaisantait.
- Se l'assurer ! Charlotte ! Ça n'irait pas, vous le savez bien ! Vous n'agiriez jamais ainsi vous-même !
- Quel est votre conseil alors, Lizzie, vous qui avez été mariée ?
Elizabeth regarda avec attention sa sœur et Mr. Bingley.
- Je pense qu'ils devraient prendre leur temps et être surs l'un de l'autre. Que ni l'un ni l'autre ne va voir ailleurs. Ils ne devraient pas se sentir obligés de se conformer aux vœux de quiconque a un peu d'influence sur eux.
Cette remarque frappa Darcy qui pensa qu'elle avait dit cela en pensant à son propre mariage, et il se surprit à méditer sur ses mots longtemps après qu'elle ait changé de sujet. Il en vint à se demander si elle avait été poussée à épouser le Comte, et plus il y pensait en se rappelant ce qu'il savait de la personnalité de Lord Saffron-Walden, plus il en était certain.
La soirée poursuivit son cours, avec entre autres des danses, une activité très prisée par les enfants Lucas et les plus jeunes sœurs d'Elizabeth. Elle resta en compagnie des Darcy et de son amie le reste de la soirée, avant de faire ses adieux à tout le monde et d'inviter sa sœur à Stoke Edith le lendemain matin.
- Il est exactement comme tout jeune homme devrait être, Lizzie.
C'était le lendemain, et Elizabeth et Jane marchaient sur les terres de Stoke Edith en discutant des gentlemen récemment arrivés dans le voisinage.
- Intelligent, vif, et je n'ai jamais vu un aussi heureux caractère.
- Beau également, ajouta Elizabeth à l'éloge que faisait sa sœur, ce qu'un jeune homme devrait être autant que possible. Et il t'aime vraiment beaucoup, ce qui montre un bon jugement.
Jane rougit.
- Lizzie...
- Je t'assure Jane, c'est le cas. Son ami me l'a certifié hier soir. Douterais-tu d'une telle autorité ?
- Non, pas du tout. Mais nous nous connaissons depuis si peu de temps.
- Ne t'inquiète pas avec ça. Le temps n'a aucune importance pour l'intimité, seule compte l'inclination. Sept ans seraient insuffisants à certaines personnes pour bien se connaître quand sept jours sont plus qu'assez pour d'autres.
Elizabeth s'arrêta et prit la main de sa sœur.
- Crois-moi, Jane. Aucun de ceux qui t'ont vu avec Mr. Bingley ne peut douter du début de son affection pour toi. Maintenant, que penses-tu de ses sœurs ?
Elles reprirent leur marche, et Elizabeth, en entendant l'opinion de Jane sur Mrs. Hurst et Miss Bingley, bien qu'elle n'approuve pas l'idée qu'elles étaient aussi gentilles que leur frère, repensa à la courte période où le Comte l'avait courtisée, en se demandant si quiconque avait pensé la même chose d'eux.
Elle se rappelait de l'enthousiasme de sa mère, des doutes de son père, du souhait de sa sœur de la voir comblée de bonheur. Mais est-ce que quiconque les avait pensé amoureux l'un de l'autre ?
- Jane, demanda-t-elle doucement au point que sa sœur interrompit sa marche et son discours, pensais-tu que le Comte était amoureux ? Répond-moi sincèrement, ajouta-t-elle en voyant l'hésitation de sa sœur.
- Je pense qu'il était fasciné par toi, répondit Jane, mais de là à parler d'amour...il cachait souvent ses sentiments en présence de notre famille. Lizzie, demanda-t-elle en prenant la main de sa sœur, as-tu été heureuse dans ton mariage ? Répond-moi franchement.
- Non Jane, répondit Elizabeth les yeux pleins de larmes, je reconnais que je ne l'ai pas été.
