Bonjour à toutes (et à tous, peut-être). Voilà le chapitre 3. Comme d'habitude, merci aux personnes qui m'ont laissé des reviews.

Une ou deux personnes m'ont demandé des nouvelles de Si loin de moi, disons que c'est en stand-bye, peut-être que je vais me motiver pour écrire une dernière lettre, mais l'histoire n'évolue plus du tout dans ma tête, et quand j'y repense, je me dis que je la reprendrai peut-être complétement plus tard, je la trouve à la réflexion assez maladroite, avec un peu trop de clichés. Je ne sais pas trop. En tout cas, ça me fait très plaisir de voir qu'elle a marqué les coeurs.

Je voudrais juste re-signaler un petit détail: certaines personnes m'ont plus ou moins directement accusé de plagier la fic de Daniella Harwood. Je conteste cette accusation: bien avant de commencer à publier, j'ai demandé à Daniella Harwood son autorisation pour traduire et publier son histoire, et j'ai pris soin de mentionner dans le résumé que je traduisais seulement. L'auteur a d'ailleurs très gentiment rajouté sur son profil un petit message où elle dit qu'elle est d'accord pour que je traduise son histoire.

And now, i will answer to Lisa, who posted a review in english: dear Lisa, I would have prefer to answer to your review by PM, but as you're just a guest, I am afraid I have to answer in public. At the very least, my answer will be clear for every one. I would never be so bold to take the work of another and present it as mine. You see, if i really wanted to take as mine Daniella Harwood's work, first, i would not have ask for her permission, nor write on my profile that I have in deed her permission, then i would not have mentionned in the summary "traduction de la fic de Daniella Harwood", which means "translation of the fanfiction of Daniella Harwood", and last, I hope I would have been clever enough to change the title and not mention in it that it is a french version (that is the meaning of "VF"). Perhaps was I not clear enough in the beginning, and your message has the worth to show me some failure in the way i present the story. Have a nice day.

Après ce petit chaleureux interlude anglophone que j'aurais préféré régler en privé, place à l'histoire beaucoup plus intéressante de la Comtesse de Saffron Walden.


- Pourquoi ne me l'as-tu jamais dit ? Demanda Jane à sa sœur après avoir entendu le récit des événements des deux années que Elizabeth avait gardé secrets.

- Je ne voulais pas t'inquiéter ou t'énerver, répondit Elizabeth.

Elle se retint d'ajouter que le comte avait une fâcheuse tendance à lire son courrier, et de mentionner d'autres détails que seule une femme mariée pourrait comprendre. Elle ne voulait pas effrayer sa sœur.

- Il n'y avait pas grand-chose que toi ou quiconque d'autre aurait pu faire.

- Je suis ta grande sœur, je devrais être capable de te protéger.

- Voilà exactement la raison pour laquelle j'ai gardé le silence. Je refusais que quiconque se blâme pour une union dans laquelle je me suis engagée en sachant parfaitement ce que je faisais. Rassure-toi cependant, cela n'arrivera plus jamais.

- Certainement, je suis déterminée à m'en assurer.

- Cela n'arrivera plus car je ne me remarierai jamais, Jane.

- Tu ne te remarieras jamais ? Lizzie, pourquoi pas ?

Sa sœur désigna d'un geste l'espace qui les entourait.

- je n'en ai pas vraiment besoin, Jane. J'ai tout le confort et la sécurité nécessaire pour vivre seule le reste de ma vie. Je ne crois pas que je pourrai à nouveau faire assez confiance à quelqu'un pour oser me remarier, et je ne suis pas prête à laisser mes émotions m'y inciter.

- Mais Lizzy, que fais-tu de Mr. Darcy ?

- Mr. Darcy ? Mais qu'a-t-il à voir avec tout cela ?

- Il t'observe énormément, Lizzy, et il a passé la majeure partie de la dernière soirée en ta compagnie, tout comme à l'assemblée.

- Je le vois comme un ami, rien de plus. Mais non, Jane, je finirai vieille fille et j'apprendrai à tes enfants à broder des coussins et à jouer très mal de leurs instruments.

Jane aurait volontiers protesté, n'eut été le galop d'un cheval qui s'approchait d'elles. Elles se levèrent du banc de pierre sur lequel elles s'étaient assises en essayant de découvrir l'identité du cavalier qui venait à leur rencontre.

C'était Miss Darcy. Elle arrêta son cheval avec toute l'aisance d'une personne qui a passé sa vie avec ces animaux, et descendit de sa selle d'amazone pour les saluer.

- J'espère que je ne fais intrusion en arrivant sans prévenir ?

- Pas du tout, Georgianna, répondit Elizabeth, vous êtes toujours la bienvenue.

- Merci.

La rencontre de Georgianna et de la comtesse la veille à Lucas Lodge avait suffi lui donner l'assurance qu'une solide amitié s'établissait entre elles.

- En fait, ma visite avait un but particulier. Caroline et Louisa souhaiteraient vous inviter à dîner avec elles quand les messieurs iront dîner avec les officiers le 12. Je les ai également convaincu de vous inviter, Elizabeth. Je sais comment elles sont quand elles invitent les amies de leur frère.

Elle se pencha pour ajouter sur le ton de la confidence

- l'Inquisition ferait pâle figure à côté d'elles.

- Je suis sûre que tout se passera bien, Miss Darcy, répondit Jane. Elles ont été très gentilles avec moi jusqu'ici.

Miss Darcy choisit de ne pas répondre à cette vision des choses, ce qui fit penser à Elizabeth qu'elle et la jeune fille partageaient la même opinion des sœurs Bingley.

- Viendrez-vous, Lizzy ?

- J'ai peur de ne pas pouvoir, répondit Elizabeth. J'ai promis à mon père qu'il pourrait venir dîner avec moi ce soir-là.

Elle se sentait triste de devoir décevoir ainsi la jeune fille, mais il lui était impossible de faire autrement : c'était le seul soir où la présence de son père n'était réquisitionnée par sa mère pour assister à un quelconque dîner.

- Mais je laisserai ma voiture à Jane, ajouta-t-elle, sachant parfaitement que si on la laissait faire, Mrs. Bennet obligerait Jane à y aller à cheval dans l'espoir qu'il pleuve et qu'elle doive passer la nuit à Netherfield.


Ces prévisions se changèrent en prédictions, car les jours passant, Jane se sentit obligée de décliner la généreuse offre de sa sœur car sa mère avait rendu la suggestion de se rendre à Netherfield à cheval impossible à refuser.

- J'ai peur de ne pas avoir été capable de la dissuader, commenta son père ce soir-là alors qu'ils s'asseyaient pour dîner. Des bougies avaient été allumées autour d'eux, et un feu brûlait dans la cheminée, mais on entendait parfaitement la pluie qui tapait contre les carreaux des fenêtres.

- Y-a-t-il la moindre chance que Jane ait évité la pluie ?

- Aucune.

Mr. Bennet avait lui-même senti les gouttes en montant dans la voiture que sa fille lui avait envoyé pour son propre trajet ce soir-là.

- Ces spéculations sont cependant inutile. Nous ne verrons comment elle en a été affectée que demain.

- C'est vrai, reconnut Elizabeth à contrecœur alors que les serviteurs entraient avec le premier plat.

Elle préféra changer de sujet pour éviter de s'inquiéter, et demanda à son père son opinion sur les événements qu'elle avait manqué. Elle pouvait toujours compter sur lui pour améliorer son humeur, quel-qu'en soit l'état, car il s'intéressait tout comme elle à l'étude des personnalités.

Mr. Bennet, ce n'était pas un secret, la considérait comme sa fille préférée, et il en résultait qu'il appréciait intensément leurs dîners tous les deux. Il était prompt à utiliser les mots d'esprit et l'ironie car son caractère était un étrange mélange de caprice, d'humour, de sarcasme et de réserve, que peu de personnes dans sa famille proche comprenaient. Seule Elizabeth, qui avait passé beaucoup de temps avec lui durant son enfance et ses années de célibat avait la faculté de le comprendre aussi bien qu'il se comprenait lui-même.

Elle ne l'avait déçu qu'une seule fois, quand elle s'était marié. Mr. Bennet ne savait pas que sa fille était d'accord avec lui sur ce point, il se souvenait seulement d'une discussion avec elle après avoir accordé son consentement au Comte, qu'il avait considéré comme un de ces hommes auxquels il lui était difficile de refuser quoique ce soit.

Après lui avoir exprimé ses doutes, il avait été forcé de s'incliner quand elle lui avait assuré qu'elle aimait l'homme qui avait demandé sa main, et qu'elle ne se mariait pas dans le seul espoir d'assurer la subsistance de sa famille pour le reste de leur vie. Il ne savait pas qu'en réalité ce mariage avait détruit l'affection initiale et accompli le second espoir.

Elizabeth ne voulait pas l'entendre exprimer sa culpabilité ou sa déception quand à la réalité de ses deux années de mariage, et se retint de lui confier ce qu'elle n'avait confié qu'à sa sœur et seulement huit jours plus tôt.

Le dîner se déroula dans un calme qui convenait parfaitement aux deux convives, après quoi Elizabeth fit à regret ses adieux à son père avant de se retirer pour la nuit.


Malheureusement, les choses se déroulèrent comme Mrs. Bennet l'avait voulu, comme le découvrit Elizabeth le lendemain matin en s'asseyant pour le petit-déjeuner. À côté de son assiette, elle trouva un mot de sa sœur qui l'informait qu'elle ne se sentait pas bien et que ses « gentils amis » avaient insisté pour qu'elle rester à Netherfield jusqu'à ce qu'elle aille mieux.

La seule volonté de Jane avait été d'assurer à sa sœur qu'elle allait bien, et qu'on n'avait envoyé chercher le médecin qu'à cause l'inquiétude de ses amis pour elle, rien de plus. Elizabeth cependant, après avoir lu le mot, ne put y tenir. Moins d'une heure plus tard, elle avait quitté sa maison, et se trouvait en route à cheval vers Netherfield.