Mon dieu, cela fait des mois que je n'ai pas actualisé cette traduction, toutes mes excuses : je vais essayer de la mettre à jour plus souvent, et qui sait, un jour la finir ? (je me motive pour traduire deux chapitres ce soir)
Merci à toutes celles qui ont aimé, suivi commenté cette histoire, ça fait toujours très plaisir !
Pour celles qui ont la flemme d'aller relire les 4 chapitres précédents, voilà un bref résumé :
Elizabeth a épousé à l'âge de 18 ans le Comte de Saffron-Walden, un homme très riche mais qui s'est révélé violent envers sa jeune et innocente épouse. Heureusement pour la jeune comtesse, les mœurs dissolues de son époux l'ont fait tué dans un stupide accident, la libérant tout en la laissant très riche environ deux ans après le mariage. Elizabeth est revenue vivre près de sa famille, dans un domaine hérité de son époux.
Comme dans le canon, Bingley vient s'installer à Netherfield, avec ses sœurs, son beau-frère et Darcy, qui a aussi amené sa sœur. Le soir de l'assemblée, Darcy rencontre la comtesse qu'il ne connaît que de réputation, et tombe sous son charme : sans les problèmes de rang, il se montre charmant et absolument pas réticent à l'idée que Bingley épouse Jane. Les événements se déroulent comme dans le canon, et dans le dernier chapitre, Lizzie est venue rendre visite à Jane.
Chapitre 5 : le bizarre incident du chien
L'eau était si chaude que de la vapeur s'élevait de son dos et de ses épaules. Darcy ferma les yeux et laissa l'eau goutter de ses cheveux sur son visage avant qu'elle ne coule jusqu'à l'eau qui remplissait déjà la baignoire. Il se renversa en arrière dans la baignoire et se détendit. Son valet se tenait discrètement dans son antichambre, lui accordant une relative intimité.
Intimité. Le mot, par association d'idée, lui rappela les événements de la journée. Il comprenait pourquoi la Comtesse s'était mariée à seulement 18 ans. Mrs. Bennet était vraiment une femme qu'on ne pouvait supporter qu'à petites doses. Moins de cinq minutes après être revenu de son dîner avec les officiers, Darcy avait déjà compris qui avait eu la brillante idée d'envoyer Miss Bennet à cheval dîner avec les sœurs de Bingley.
Satisfaite que la maladie de sa fille ne soit pas grave, Mrs. Bennet était tout à fait contente de la laisser demeurer à Netherfield pour toujours. A peine sa visite à sa fille était-elle terminée que la dame avait entrepris d'explorer la maison avec les manières évidentes d'une potentielle belle-mère.
Bingley, moins expérimenté que lui-même en ce qui concerne les habitudes des mères entremetteuses, n'avaient rien remarqué, pas même lorsque Mrs. Bennet lui avait demandé avec toute la subtilité d'un éléphant dans un magasin de porcelaine, combien de temps il comptait rester dans le voisinage.
La Comtesse avait tenté alors de changer de sujet, en faisant un commentaire sur le caractère de son ami, qu'elle avait admirablement cerné, observa Darcy. Lui-même avait tenté d'alimenter la conversation en faisant une remarque sur le manque de personnes à étudier à la campagne, ce à quoi elle avait répondu que les gens « changent tellement qu'il se trouve toujours quelque chose de nouveau à observer ».
Mais Mrs. Bennet avait mal pris son commentaire. Elle avait répété ce qu'elle jugeait être les deux pires insultes, à savoir « confiné » et « monotone » et répliqué qu'ils dînaient avec au moins vingt-quatre familles, réplique qui n'avait pas manqué de faire sourire Miss Bingley et Mrs Hurst.
Lady Saffron Walden avait alors demandé des nouvelles de Miss Lucas, ce qui n'avait pas empêché Mrs. Bennet de faire des commentaires sur la bonne naissance de certaines personnes présentes. Darcy avait entendu tout cela depuis son poste près de la fenêtre, son habituelle retraite, tout en ayant mal pour la Comtesse.
Mrs. Bennet s'était ensuite mise à chanter les louanges de sa fille aîné, en mentionnant la poésie que Miss Bennet avait reçu d'un ancien admirateur. En réponse, la Comtesse avait déclaré :
« Et ainsi s'acheva cette grande passion. Ce n'est pas la seule dont on ait triomphé de cette façon, et je me demande qui le premier a eu l'idée de se servir de la poésie pour se guérir de l'amour.
- J'avais toujours été habitué à considérer la poésie comme l'aliment de l'amour, avait répondu Darcy.
– Oh ! d'un amour vrai, sain et vigoureux, peut-être ! Tout fortifie ce qui est déjà fort. Mais lorsqu'il s'agit d'une pauvre petite inclination, je suis sûre qu'un bon sonnet peut en avoir facilement raison.
A cela, il n'avait répondu que par un simple sourire, et un long silence s'en était ensuivi, qui n'avait été rompu que lorsqu'elle avait enjoint sa mère de remercier Mr. Bingley pour sa générosité. Son ami avait fait preuve de son habituelle politesse, obligeant ainsi sa sœur à être polie elle-même jusqu'à ce que Mrs. Bennet ne fasse appeler la voiture.
A ce signal, la plus jeune fille, qui avait accompagné sa mère et sa quatrième sœur, s'était avancée effrontément et avait demandé de but en blanc si Mr. Bingley allait donner un bal comme il l'avait promis.
Cela avait provoqué un hoquet de surprise chez toutes les dames présentes à l'exception des Bennet, y compris Miss Darcy, qui était choquée de voir une fille d'à peine un an sa cadette être si impudente.
Bingley avait honoré sa promesse quand la visite, au grand soulagement de tous ceux qu'elle concernait toucha à son terme. La Comtesse avait quitté la pièce une minute plus tard pour monter voir Miss Bennet, laissant ainsi toute liberté à Miss Bingley et à Mrs Hurst de se moquer d'elle et de sa famille pour tout le reste de la matinée.
C'était désormais l'après-midi, et il s'était enfermé dans ses propres appartements, à l'écart, après être allé chasser avec son ami et Mr. Hurst. Il se déshabilla en demandant un bain et profita de ce moment de paix pour réfléchir à tout ce qui s'était passé depuis le début de la journée.
Le temps qu'il achève ses réflexions sur les événements de la matinée, l'eau avait dangereusement refroidie. Darcy ouvrit les yeux et se redressa, indiquant ainsi à son valet que sa présence était requise. Il se releva et s'enveloppa dans la robe de chambre que lui présentait son serviteur. Il attrapa ensuite une serviette et et s'avança jusqu'à la fenêtre. Tout en séchant sa chevelure indisciplinée, il examina le jardin sous ses yeux.
Un charmant spectacle se présenta à ses yeux. Sur l'herbe au bas de la maison se trouvait un chien, un bâton dans la bouche, que la Comtesse s'amusait à taquiner en tentant de lui arracher doucement le bâton. Instantanément, Darcy se trouva en transe. Le molosse, qui avait perdu son jouet, aboya joyeusement pour inciter la Comtesse à recommencer le jeu, incitation à laquelle elle se soumit volontiers, rieuse, en lançant le bâton pour qu'il aille le chercher.
Invisible depuis sa position supérieure, le maître du chien ne put s'empêcher de sourire.
Elle était toujours là un quart d'heure plus tard lorsqu'il sortit de la maison. Le chien, remarquant l'arrivée de son maître, se précipita vers lui, la queue frétillante. Après s'être obligeamment laissé gratter la tête et les oreilles en guise de salut, le chien retourna vers la dame, pressé de montrer à son maître sa nouvelle amie.
« C'est donc le vôtre ? demanda pour confirmation Elizabeth, dont les yeux riaient toujours. Elle était assise sur un banc près du mur de la maison, le chien à ses pieds.
- Oui. Il a presque sept ans, bien que ses manières ne le laissent pas deviner, n'est-ce pas, Ilyich ? Répondit Darcy avec une nouvelle caresse sur les oreilles du chien. En réponse Ilyich aboya un peu et remua de plus bel la queue.
- Vous en avez d'autres ?
- Quelques uns de ses frères et sœurs, sa mère et un couple de lévriers. Ils sont chez moi, dans le Derbyshire, à Pemberley.
- Pemberley ?
- Mon domaine. Sans doute avez-vous entendu Miss Bingley en chanter les louanges.
- Oui, il est difficile de l'éviter, répondit Elizabeth en souriant. Est-ce qu'elle a toujours été comme ça ?
- Depuis notre première rencontre, il me semble, commenta Darcy. Parfois, elle est utile pour tenir tout le monde à l'écart, parfois, il faut la tolérer. Elle ne changera pas ses manières, quelque soit ma réaction.
Elizabeth sourit en entendant cela, le poussant à demander la cause de ce sourire.
- Quand votre sœur nous a invité ici, elle a comparé Miss Bingley à l'Inquisition Espagnole.
- Ma sœur ne se trompe jamais, répondit Darcy, ce qui les fit tous les deux éclater de rire. Il s'étonna de la beauté que cela ajoutait à son teint, émerveillé d'en être le responsable.
Elizabeth, remarquant son silence, s'arrêta de rire et se tourna vers lui pour l'observer. Le regard qu'il lui jeta la fit s'arrêter de caresse la tête du chien alors qu'une vague de picotements traversait son corps, due à la proximité de leurs mains et de leurs corps sur le banc.
Ses yeux semblaient être le miroir de toutes ses émotions alors qu'ils la fixaient avec un sentiment fort et profond. Perdant la notion du temps, elle se noya dans ses yeux profonds, remarquant pour la première fois à quel point il était beau et bien bâti.
Combien de temps ils restèrent là à se contempler l'un l'autre, ni l'un ni l'autre ne le sut jamais. Ilyich lui-même se tenait coi, trop occupé qu'il était à observer les progrès entre son maître et sa nouvelle amie, confiant qu'il en apprendrait plus sur elle.
Sous son regard dévoué, leurs visages se rapprochèrent jusqu'à presque se toucher. Il poussa un joyeux aboiement d'appréciation et l'instant fut perdu, le sort rompu.
Elizabeth, embarrassée, recula et se leva du banc.
« Pardonnez-moi, je dois retourner auprès de ma sœur », murmura-t-elle en faisant une révérence. Elle se retourna et marcha vers la maison, laissant Darcy seul avec son chien.
Darcy observa le coin où elle avait disparu en regrettant ce qui aurait pu se passer. Anxieux d'être pardonné pour son intervention malencontreuse, Ilyich poussa de la tête la main qui était toujours sur son front. Son maître soupira et revint au présent.
« Ce n'est pas de ta faute, mon grand, le rassura-t-il en lui grattant les oreilles. Nous sommes prêts ni l'un ni l'autre pour une telle révélation, ajouta-t-il, en réponse de quoi le chien jappa et posa une patte sur le genou de son maître. Oh, cela viendra, ajouta Darcy, il nous faut juste attendre qu'elle le veuille autant que moi-même. »
Ilyich aboya pour signifier son accord. Son maître se leva et jeta un œil à la ronde pour s'assurer que personne ne l'avait observé en train de parler à son chien. Un souhait malicieux naquit dans son esprit : que Caroline ait assisté à la scène et se déclare à elle-même qu'il était fou avant de partir trouver un autre riche gentleman pour se consoler.
Cette pensée fit naître un sourire et un rire, ce qui acheva de lui rendre sa bonne humeur.
« Viens, mon grand, déclara-t-il à son chien. Allons terroriser Miss Bingley ».
En réponse, le chien aboya joyeusement.
Quand Elizabeth descendit l'escalier ce soir-là pour aller dîner, elle entendit un bruit qui ressemblait à un cri étouffé. Une minute plus tard, la porte de la salle à manger s'ouvrit, et une silhouette orange en sortit en courant, trop vite pour qu'Elizabeth parvienne à l'identifier, suivi par un Illych ébouriffé et couvert de boue.
- Mr. Darcy ! S'écria d'une voix mourante la silhouette qu'Elizabeth identifia comme Caroline, sauvez-moi de cette horrible créature !
Elizabeth se tourna vers le maître de Illych qui se tenait dans l'encadrure de la porte de la salle à manger, un sourire à peine dissimulé sur les lèvres.
- Mr. Darcy, vous êtes malicieux !
- Je suis désolé, Mylady, répondit-il, mais vous savez bien que je n'ai que peu de contrôle sur cet animal.
Elle rougit de cette allusion à sa dernière rencontre avec le chien. Ils entendirent un nouvel aboiement au loin suivi d'un hurlement quand Caroline, toujours propre mais les joues rougies par l'exercice, des cheveux dans un désordre de mèches et de rubans, envoya le chien sur un serviteur et revint dans le hall.
Darcy tendit son bras.
- Comtesse, accepteriez-vous que je vous escorte jusqu'à la salle à manger ?
Il fit une pause avec un sourire malicieux.
- Je vous promet d'être gentil.
- Avec plaisir.
Elle accepta son bras, laissant Caroline renifler et tenter d'entrer dans la salle à manger avec le peu de dignité que son apparence lui laissait, ce qui fit sourire toute la tablée.
Je dois dire que ce chapitre est un de mes préférés, entre autres à cause du titre qui est une référence à l'excellent livre de Mark Haddon l'étrange incident du chien pendant la nuit, dont le sujet n'a en fait rien à voir avec celui de ce chapitre, mais ce n'est pas grave.
