Mes lecteurs et lectrices, tout d'abord, très bonne année 2018 ! je vous souhaite le bonheur, la santé, la réussite de vos projets personnels. Quand à moi, j'ai pris la résolution d'avancer mes travaux de traduction (j'ai traduit deux chapitres en 24 heures), et je me suis fixée comme objectifs de finir la traduction et la publication de cette histoire avant mes concours du mois de février. On verra si j'arrive à traduire un chapitre par jour quand j'aurai repris le travail mais je suis optimiste : le chapitre 10 sera publié au plus tard samedi prochain, je pense.

Merci à toutes les personnes qui m'ont mis des reviews pour me réclamer la suite, c'est ce qui m'encourage le plus. Mon autre résolution pour 2018 est de répondre de manière plus systématique aux reviews.

Bien sûr, cette histoire n'est pas de moi: il s'agit d'une traduction de la première version de la fic de Daniella Harwood.

Pour ceux qui auraient la flemme d'aller relire les six autres chapitres : Elizabeth a épousé à l'âge de 18 ans le terrible comte de Saffron Walden, qui s'est révélé très vite un mari violent et abusif. Heureusement, un stupide accident l'a laissé veuve et très riche après deux ans de mariage. De retour près de Meryton, quoique dans son propre domaine, Edith Stoke, elle est présente pour rencontrer les gens de Netherfield à l'Assemblée. Elle y rencontre donc Darcy qui a entendu parler d'elle et se comporte poliment. Ils developpent tous deux une profonde amitié, renforcée par l'amitié que la Comtesse entretient avec Georgianna qui est aussi à Netherfield. Comme dans le canon, Jane tombe malade en prenant la pluie sur le chemin de Netherfield, et Elizabeth vient (à cheval, plutôt qu'à pied) la soigner. C'est à ce moment que Darcy se rend compte qu'il développe de tendres sentiments pour la Comtesse.

Chapitre 7 : Des règles de politesse

Au début de la soirée suivante, Elizabeth se retrouva témoin d'un spectacle auquel elle n'aurait jamais pensé assister.

Dés que les dames étaient sorties de table, elle s'était précipitée auprès de sa sœur, et, la voyant bien protégée du froid, l'avait accompagnée jusqu'au salon où, à la grande surprise d'Elizabeth, elle avait été accueillie par Miss Bingley et Mrs Hurst avec force démonstration de plaisir.

Elizabeth ne les avait jamais vues aussi agréables que durant l'heure qui précéda le retour au salon des messieurs. Elles avaient de grandes capacités d'observation. Elles savaient raconter une soirée avec de nombreux détails, partager une anecdote avec beaucoup d'humour, et plaisanter avec esprit de leurs relations.

Miss Darcy, rendue davantage confiante par la bonne humeur ambiante, participa elle aussi à la conversation et fit preuve d'un grand talent pour l'imitation, faisant entendre à son public le ton exact de la personne qu'elle décrivait avec humour.

Mais quand les messieurs revinrent, Jane cessa d'être la favorite de Mrs Hurst et de Miss Bingley. La première se tourna vers son époux, la seconde vers Mr Darcy dont elle monopolisa l'attention dés son entrée dans la pièce, l'empêchant d'adresser à Jane plus que de polies félicitations pour son rétablissement avant d'être obligé de se soumettre aux exigences de son hôtesse. Mr. Hurst également ne fit guère plus que s'incliner.

Bingley par conséquent fut le seul qui fit preuve de convivialité et de chaleur, de joie et d'attentions. Il passa la première demi-heure de la soirée à alimenter le feu afin que Miss Bennet ne souffre pas du changement de pièce : et à sa demande, Jane alla s'asseoir plus près du feu afin de se trouver aussi loin que possible du courant d'air créé par la porte. Puis il alla s'asseoir près d'elle et ne parla pratiquement plus à personne d'autre de la soirée. Elizabeth, assise de l'autre côté de la pièce, observait cela avec un grand plaisir.

Après qu'on eut débarrassé le thé, Darcy saisit une chance d'échapper à son hôtesse pour aller rejoindre sa sœur qui était demeurée auprès de la comtesse depuis qu'il était entré dans la pièce. Toutes deux acceptèrent avec plaisir sa compagnie, et sa sœur entreprit de lui décrire la scène qui s'était déroulé avant son arrivée, ce qui le fit rire, révélant ainsi à la comtesse une nouvelle facette de sa personnalité.

Elle ne s'était jamais interdit d'admettre qu'il était bel homme, et désormais elle ne pouvait pas nier qu'il n'était que plus beau quand il souriait et riait. L'effet, qui apportait l'étincelle dans ses yeux sombres et adoucissait ses traits, ainsi que l'attention qu'il accordait à sa sœur ne le rendaient que plus agréable aux yeux d'Elizabeth.

Leur conversation dériva bientôt vers les conclusions qu'ils pouvaient tirer du comportement de Miss Bennet et de leur hôte. Au grand plaisir d'Elizabeth, les deux Darcy approuvaient l'union.

- Je n'ai jamais vu Bingley si attentif à une femme, confia-t-il aux deux jeunes femmes, d'une voix audible d'elles seules.

- Je pense que votre sœur est très bien pour lui, approuva timidement Georgianna, désireuse de n'être pas entendue des autres, mais je ne crois pas que les autres approuvent.

- Oui, c'est ce que je vois, remarqua Elizabeth. J'espère que Mr. Bingley n'est pas homme à se laisser aisément ébranler par leurs convictions erronées.

Il sera ébranlé seulement s'il n'est pas sûr que ses sentiments sont réciproques, répondit Darcy, mi en avertissement, mi en défense de son ami. Une fois qu'il sera certain, cependant, rien ne pourra le dissuader de faire sa demande. Il sait qu'il a mon accord, pas qu'il en ait besoin mais cela peut aider les autres à se réconcilier avec l'idée.

Elizabeth émit un petit bruit de surprise à ses mots.

- Vous pensez donc qu'il va faire sa demande ?

Darcy l'observa un court instant avant de répondre :

- Je sais que si un tel bonheur était à ma portée, je n'hésiterai pas une minute.

C'était la première fois qu'il était aussi direct dans ses intentions, aussi observa-t-il la réaction de la comtesse avec la plus grande attention.

Elizabeth fut surprise par ces mots. En effet, qui ne l'aurait été dans une telle situation ? Elle ne pouvait se méprendre sur ce qu'il voulait dire, car il continua à la fixer longtemps après avoir fini de parler. Dans un premier temps, elle ne sut que penser de ces mots. Après tout, même le comte en son temps n'avait pas été aussi direct dans ses intentions.

Elle sut tout de suite qu'elle ne craignait pas ses intentions, un résultat qui la surprit encore plus, mais ces intentions étaient-elles les bienvenues pour autant ? Il y avait si longtemps que personne ne lui avait fait un tel discours qu'Elizabeth était incertaine. Ses émotions impulsives cependant, n'avaient prêté aucune attention à l'incertitude de son esprit, la faisant rougir, après quelques secondes.

Darcy ne put que se réjouir de sa réponse. Il lui sourit, un petit sourire, visible de personne sinon d'elle. L'effet fut d'adoucir la sombre expression dirigée vers elle, et instantanément, une partie des craintes d'Elizabeth fondirent, dont Darcy n'était d'ailleurs pas au courant. Le silence qui s'éleva entre eux n'était pas malvenu, car ils auraient été assez satisfaits de rester ainsi éternellement.

Georgianna observait cela et sourit elle aussi. Elle aimait beaucoup la comtesse, et voyait bien que son frère partageait la même opinion. Elle n'avait jamais vu son frère amoureux, et le voir ainsi lui plaisait beaucoup, car en sœur aimante, elle lui souhaitait d'être heureux et prospère.

Elle avait toujours voulu une sœur, et la comtesse lui paraissait une candidate bien plus idéale que n'importe laquelle des femmes qui avaient tenté d'attirer les yeux de son frère. Elle savait qu'il était tout ce qu'il y a d'aimable, de bon, d'honorable et de gentil. Elle savait également que la comtesse ne tenterait pas de l'épouser pour des raisons mercenaires, contrairement à tant d'autres.

Sa seule inquiétude était que la comtesse puisse ne pas retourner les sentiments de son frère.


Au matin du jour suivant, Jane déclara à sa sœur qu'elle estimait préférable, puisqu'elle s'en sentait désormais capable, de rentrer à la maison. Elizabeth écrivit en conséquence un mot à leur mère après le petit-déjeuner, demandant qu'on leur envoie la voiture. C'était un requête assez inutile d'un côté comme de l'autre, et Elizabeth ne s'attendait pas à ce qu'elle soit remplie, mais elle savait qu'il était nécessaire de préparer leur mère à l'idée du retour de Jane et de juger d'une action selon sa réponse.

Comme elle s'y attendait, Mrs Bennet déclara qu'elle n'aurait pas attendue le retour de Jane avant que deux semaines complètes ne se soient écoulées, ajoutant en post-scriptum qu'on ne pouvait se passer de la voiture avant cette date, et qu'elle pouvait d'ailleurs très bien se passer de Jane jusque là, au cas où les Bingley les presseraient de rester.

Elizabeth transmit les nouvelles à Jane qui répondit comme elle s'y attendait. Jane était déterminée à partir car elle pressentait qu'elles ne pouvaient abuser sans raison de la gentillesse de Mr. Bingley sans susciter des racontars dans le voisinage. Elizabeth écrivit donc un message à son intendant à Stoke Edith pour qu'on lui envoie l'une de ses voitures, et elle fut ravie d'informer Jane que toutes ses voitures étant en parfait état, on leur en enverrait une sitôt qu'elles l'auraient demandée.

Pendant qu'ils déjeunaient avec les autres, Jane annonça doucement leurs intentions. Mr. Bingley accueillit la nouvelle avec un grand chagrin et essaya à plusieurs reprises de la persuader de ne pas s'épuiser si vite après sa rémission. Jane se laissa convaincre d'allonger leur séjour jusqu'au dimanche, mais refusa fermement de rester au-delà.

Darcy également contemplait leur futur départ avec une émotion proche du chagrin. De son opinion, Elizabeth n'avait pas été suffisamment longtemps à Netherfield non plus. Aucune femme ne l'avait jamais attiré autant, et jamais une femme n'était resté insensible à cela. Cependant, Darcy n'avait pas l'intention de l'en informer de sitôt.

Il sentait bien qu'elle n'était pas prête à recevoir des attentions si claires, autant se content-t-il de quelques allusions durant les derniers jours qu'ils passèrent ensemble. Qu'elle les accepte avec plaisir était loin d'être évident, mais qu'elle ne les craigne pas et ne se dérobe pas à sa présence lui paraissait pour l'heure un progrès suffisant.

Le dimanche, après le service du matin, les adieux eurent lieu pour le plaisir de seulement deux personnes. La politesse de Miss Bingley augmenta à mesure que moment approchait, et elle leur assura qu'elle serait absolument ravie de les voir à nouveau prochainement à Netherfield, Longbourn ou Stoke Edith. Mrs. Hurst les assura des mêmes sentiments, de même que Miss Darcy, mais avec des manières telles en ce qui concerne la dernière que les deux sœurs furent assurées de la sincèrité de ses sentiments.

Elizabeth ramena ensuite sa sœur à Longbourn où elles ne furent pas accueillie très cordialement par leur mère. Mrs Bennet se demanda pourquoi elles rentraient si tôt et leur reprocha de faire beaucoup de bruit pour pas rien un dimanche elle était d'ailleurs sûre que Jane avait repris froid en se fatigant trop soudainement de telle manière.

Mr. Bennet, quoiqu'il l'exprima de manière laconique, fut ravi de les voir, déclarant que leur retour avait ramené de l'intelligence et de l'intérêt dans le cercle familial. Il insista pour que Elizabeth reste la nuit et ne renonça pas avant que la jeune femme n'ait accepté.

La Comtesse fut ravie d'accepter. Elle n'avait guère envie de se trouver si tôt séparée de ses sœurs, et son père lui fit le plaisir d'accepter une partie d'échec après le dîner. Elle monta se coucher en même temps que Jane un peu après toutes discutèrent encore quelques minutes comme elles l'avaient souvent fait dans leur jeunesse, avant que Elizabeth ne retourne à la chambre qu'elle n'avait pas utilisé depuis son mariage.

A sa grande surprise, rien n'y avait changé. En passant la porte, elle eut le sentiment d'avoir voyagé dans le temps jusqu'aux jours où elle ne pensait qu'à une belle histoire d'amour. Désormais elle n'avait que des souvenirs pleins de regrets qu'elle désirait oublier pour toujours. C'était un triste contraste. Elle cligna des yeux pour chasser les cauchemars et tâcha de se concentrer sur ses préparatifs avant d'aller au lit.

Couchée entre les draps chauds, elle divertit son esprit en repensant à tout ce qui s'était passé à Netherfield, et ce fut avec surprise mais aussi plaisir qu'elle constata que Mr. Darcy occupait le premier plan de ses pensées.