Chers lecteurs et lectrices, voici comme promis le chapitre 9 de notre histoire. Le chapitre 10 devrait arriver samedi soir au plus tard, selon le temps qu'il e faudra pour le traduire et le corriger.
Merci infiniment à tous ceux et celles qui ont pris le temps de me laisser une review; c'est vraiment très précieux, et je suis ravie que l'histoire comme sa traduction vous plaisent autant.
Chapitre 9 : Divers vœux et assurances
- Ils ont tous les deux été trompés, je pense, d'une manière ou d'une autre que nous n'imaginons sans doute pas. Des personnes mal intentionnées les ont peut-être noircis l'un auprès de l'autre. Il nous est en bref impossible de conjecturer les raisons ou les circonstances qui ont pu les opposer sans blâmer l'un ou l'autre des côtés.
- C'est tout-à-fait vrai et maintenant,ma très chère Jane, répondit sa sœur, qu'as-tu à dire pour la défense des personnes mal intentionnées qui auraient affaire dans cette histoire ? Excuses-les eux aussi, ou nous serons bien obligées de penser du mal de quelqu'un !
On était au lendemain d'une soirée passée chez les Philips, où Elizabeth s'était occupée en écoutant la soi-disant triste histoire de Mr. Wickham, qui avait choisi de l'informer de son histoire avec la famille Darcy pratiquement dés l'instant de son arrivée. Elle n'en avait pas cru un mot, voyant trop de feu son mari en lui, et elle avait ensuite passé le reste du son temps à tenter de garder Mr. Collins le plus loin possible d'elle-même et de sa sœur aînée.
- Ris tant que tu voudras, mais tu ne riras pas de moi à cause de mon opinion. Ma chère Lizzy, considère seulement sous quelle mauvaise lumière cela place Mr. Darcy de traiter ainsi le favori de son père, à qui son père avait justement promis de s'occuper.
- Ma chère Jane, je ne pensais pas que tu croirais que je me suis laissée prendre ! Elizabeth s'empressa de la rassurer. Au contraire, je suis persuadée qu'il n'a pas dit un mot de vrai !
- Bien, déclara Jane en réponse. Car ce serait insulter Cha... je veux dire Mr. Bingley, si tu le croyais si facilement mené en bateau.
- Et en aucun cas, dit Elizabeth un sourire taquin sur les lèvres, je ne voudrais dire du mal de Mr. Bingley.
- Lizzy !
Elles furent interrompues à cet instant même et vite distraites de leur solitude dans le jardinet de Longbourn car Mr et Miss Bingley, accompagnés de Mr. Darcy, venaient d'arriver à Longbourn pour les inviter à un ball à Netherfield qui devait se tenir six jours plus tard.
Elizabeth s'assura une place en face du second gentleman, qui avait accompagné son ami dans l'espoir que la Comtesse serait là. Doucement, dés qu'elle fut certaine qu'ils ne seraient pas entendus, elle l'aborda :
- J'espère que la malheureuse rencontre d'il y a deux jours ne vous a pas décidé à quitter le Hetfordshire.
- Non, pas du tout, la rassura Darcy, touché de sa perspicacité. Dois-je comprendre qu'il vous a parlé ?
- Oui, il était invité chez ma tante Philips, et j'ai eu l'occasion d'entendre son boniment, tout en évitant Mr. Collins.
Instinctivement, elle regarda autour d'elle, heureuse de voir le prêtre près de sa jeune sœur, engagé avec elle dans une discussion sur Fordyce.
- Il se croit très malmené par vous.
- Sans la moindre raison, répondit Darcy. Au contraire, ce serait plutôt ma sœur et moi-même qui avons été très malmenés par lui.
Il se tut et la regarda franchement.
- L'avez-vous cru ?
- Non, répondit-elle aussi franchement. Il m'a trop rappelé le Comte. Trop beau pour être vrai.
Il l'observa avec précaution voyant qu'elle fronçait légèrement les sourcils en parlant de feu son mari.
- Je sais que je m'avance beaucoup, mais me direz-vous un jour ce qui vous est arrivé ?
- Pourquoi voulez-vous le savoir ? Demanda Elizabeth.
- Pour m'assurer que cela n'arrive jamais plus, s'engagea-t-il.
Face à un si noble vœu, Elizabeth ne put que rougir en réponse. De l'autre côté de la pièce, Mr. Bennet leva les yeux et prit note de cela. Un sourcil inquisiteur levé, il examina le jeune homme. Depuis la mort du premier mari de sa fille favorite, Mr. Bennet s'était fait sa propre promesse : s'assurer que si elle venait à désirer un second époux, celui-ci saurait la rendre heureuse.
Car clairement, même si elle ne le lui avouerait jamais, le premier ne l'avait pas rendu heureuse. Ce Mr. Darcy, bien qu'égale à Lizzy en terme de fortune et de situation, ne l'était peut-être pas en terme de caractère. Mr. Bennet décida qu'il tâcherait de découvrir ce qu'il pourrait sur le jeune homme. S'il découvrait de bonnes choses, alors seulement il donnerait sa bénédiction.
Darcy quitta Longbourn de bien meilleure humeur qu'à son arrivée. Il était particulièrement soulagé que la Comtesse ne se soit pas laissée tromper par son ami d'autrefois, et cette certitude lui assurait que s'il venait à Mr. Wickham l'idée de diffuser son histoire dans le voisinage, il n'y serait pas aussi bien reçu qu'il l'avait craint.
Il rentra à Netherfield et se mit en quête de sa sœur pour l'informer de son succès dans la tâche de s'assurer la main de la Comtesse pour les deux premières danses le soir du bal. Il la laissa ensuite à ses gammes pour s'asseoir devant un bureau de la pièce. Il prit une feuille de papier et écrivit à son cousin la missive suivante :
Netherfield, le 20 Novembre
Richard
Mr. Wickham a décidé que sa carrière se ferait dans l'armée, plus précisemment dans le régiment qui s'est établi dans le voisinage où nous sommes. Georgianna ne l'a pas encore croisé mais un bal doit bientôt se tenir, et comme Bingley a adressé une invitation générale aux officiers, j'aimerai si tu en as le pouvoir que tu t'assures que Mr. Wickham n'ait pas de chances de la rencontrer. Si tu pouvais t'arranger pour qu'il soit transféré dans un autre régiment ou envoyé dans la cavalerie, ou quelque chose d'autre en ville le 26 Novembre, je t'en serais très reconnaissant.
Son cousin, bien qu'ayant l'honneur de tenir le rang de Colonel, était largement connecté à certaines personnes influentes tant dans l'armée que dans la milice, et pouvait être assuré de trouver une manière de rendre la vie de Wickham dans la milice remarquablement difficile. Il termina sa lettre avec un résumé des évènements survenus depuis leur arrivée à Netherfield, ne mentionnant qu'en passant sa rencontre avec la Comtesse pour ne pas susciter les taquineries de son cousin, et scella ensuite sa lettre.
Quand l'après-midi se transformait en soirée, Elizabeth retourna à Stoke Edith, soulagée que le destin et la fortune aient conspiré pour l'empêcher d'être la partenaire de Mr. Collins pour les deux premières danses du bal de Netherfield. Moins d'une minute s'était écoulée depuis le départ des Bingley et de Mr. Darcy de Longbourn qu'il lui avait demandé le premier set.
Pour ce qui n'était pas la première fois, Elizabeth s'interrogea sur ses présomptions. Il semblait lui accorder un intérêt particulier malgré toutes ses tentatives de le décourager tant d'elle-même que de Jane. Elle ne voulait pas le juger en fonction de son propre rang., mai elle savait bien ce que les autres penseraient de lui.
Rien n'aurait pu la tenter de l'épouser, car il était bien trop ambitieux et obséquieux à son goût. Se pouvait-il que sa mère l'encourage à ce sujet ? Cela ne paraissait pas surréaliste à Elizabeth. Elle savait que l'engouement de sa mère pour les mariages s'étendait jusqu'au désir que l'une de ses filles hérite un jour de Longbourn, ne serait-ce que par mariage. Et avec Jane visiblement destinée à Mr. Bingley, elle était la candidate suivante en lice.
Quand elle avait épousé le Comte, sa mère avait vanté largement le mariage, pensant que le futur de sa famille était assuré, que ses autres filles se retrouveraient sur le chemin de riches jeunes hommes grâce à la bonne fortune de leur sœur, pour ensuite se désespérer quand le Comte était mort, laissant Elizabeth veuve sans enfant sur lesquels compter. Sa mère craignait toujours qu'un distant parent du Comte n'apparaisse pour s'approprier toute la richesse dont sa fille avait hérité, ou bien que sa fille la moins aimée n'accapare les attentions de tous les jeunes gens disponibles, aux dépens de ses autres enfants, puisque c'était elle qui avait l'argent.
Alors que si Elizabeth épousait Mr. Collins, sa mère était persuadée que la fortune du Comte resterait dans la famille, et que Mr. Collins ne se compliquerait pas la vie à jeter sa belle-mère à la porte de Longbourn, puisqu'il aurait d'autres domaines où lui et Elizabeth pourrait vivre, et même héberger les sœurs de celle-ci, de manière à ce qu'elles puissent croiser le chemin de riches messieurs. Sa mère prenait d'ailleurs soin de s'assurer que Elizabeth ne risque pas de manquer à ses devoirs envers ses sœurs une seconde fois en le lui rappelant à chaque fois qu'elle venait à Longbourn.
Pour la première fois, alors qu'elle passait les grilles de chez elle, Elizabeth fut contente d'avoir gagné quelque chose de feu son mari. C'était la relation, par filleul interposé, à l'estimée patronne de son cousin, Lady Catherine de Bourgh. Une telle relation, elle en était certaine, lui assurerait que cette dame s'oppose formellement à ce que Mr. Collins cherche à l'épouser. Comment Mr. Collins était parvenu à demeurer ignorant de cette relation était un mystère, mais Elizabeth avait bien l'intention de l'éclairer à ce sujet le plus tôt possible.
