Bonsoir à tous et à toutes! Je crois que je vais rester sur un rythme de publication le vendredi soir.
Sans plus tarder voilà le chapitre 12, aka les malheurs de Caroline.
Chapitre 12 : Les joies de la campagne
« Mais, Charles !
- Non, Caroline, j'en ai assez. Tu vas quitter immédiatement cette maison !
- Je ne vois pas pourquoi. Qu'ai-je fait de mal, mon cher frère ?
Bingley lui jeta un regard attérré.
- Cher frère ? Répéta-t-il, en faisant les cent pas. Si tu avais réellement une si haute opinion de moi, tu n'aurais pas choisi de me séparer de la femme que j'aime. Qu'y-a-t-il donc chez Miss Bennet que tu n'aimes pas ? Elle est belle, tant en apparence qu'en caractère, et elle a de biens meilleurs atouts que ce que nous pensions. Quelle faute lui as-tu trouvé qui justifie d'avoir ruiné le bal et imité mon écriture afin de faire croire à Miss Bennet que je ne reviendrais jamais dans les environs ?
Caroline ne répondit pas. Elle ne pouvait pas. Elle se sentait toujours amère de la manière dont s'était déroulée la matinée. Tout avait été planifié, étudié pour que elle et le reste des habitants de Netherfield soient à Londres au plus tard dans l'après-midi. La seule difficulté qu'elle avait rencontré avait été de convaincre Miss Darcy de se joindre à elle et aux Hurst.
Pas un instant elle ne s'était attendu à voir son frère revenir si vite ! Le voir entrer et l'attraper au vol dans le hall d'entrée, avec tous ses sacs derrière elle, et en tenue de voyage, était quelque chose qu'elle n'était pas prête d'oublier.
Ce qui était pire, ce qui était bien pire, était que Mr. Darcy se tenait directement derrière lui quand ils étaient rentrés, l'air parfaitement soulagé. A peine avait-elle été capable de se recomposer pour énoncer des saluts et une explication que, sans le moindre avertissement, son frère l'avait saisie par le bras et l'avait pratiquement trainée jusqu'au salon.
Dés lors, tout était allé de mal en pis. Non seulement était-il au courant de ses complots, mais il avait par-dessus le marché découvert la lettre qu'elle avait écrite en imitant son écriture adressée au notaire qui s'occupait de Netherfield pour le compte de ses propriétaires, Mr. Philips, et contenant l'instruction de relouer la propriété.
Caroline n'avait pas la moindre idée de comment il avait découvert tout cela. Elle était parfaitement seule quand elle avait écrit la lettre, et elle devait l'envoyer au moment où la voiture s'ébranlerait sur la grand-route de Meryton. La découverte de son frère combinée à son retour précipité de la ville empêchait désormais cette lettre de jamais partir. Et laissait Caroline implorant de rester dans les environs, une situation qu'elle détestait particulièrement.
Mais Charles n'avait pas fini de parler.
- Et non seulement tu as eu l'audace d'écrire au gérant de Netherfield mais tu as aussi écrit à Miss Bennet pour lui donner l'impression que je ne reviendrai jamais ici, et que je serai sur le point de m'unir à Miss Darcy !
- Oh ! S'exclama Caroline, sentant qu'elle ne pouvait plus se taire davantage, tu as découvert cela aussi ?
- Oui, en effet.
Son frère se tut un instant, le temps de parvenir à une décision.
- Je te demande maintenant de quitter cette maison sur le champ. Je ne suis plus capable de supporter ta présence avec l'affection et l'aisance d'un véritable frère. Tu iras en ville avec les Hurst, et tu resteras chez eux. Et tu ne reviendras pas en ma compagnie tant que tu ne seras pas capable de e comporter de manière raisonnable.
Et sur ce, Charles Bingley sortit de la pièce en claquant la porte. Quelques minutes plus tard, il était à cheval, en route pour Longbourn.
A cinq kilomètres de là, une autre maison était elle aussi dans tous ses états. Et c'est à l'épouse du propriétaire que l'on devait cette affolement.
Mrs. Bennet, à qui personne n'avait jamais appris qu'il est impoli de lire la correspondance des autres, et voyyant l'identité de l'expéditeur, avait ouvert la désormais tristement célèbre lettre de Miss Caroline Bingley à Miss Bennet, et avait donc été la première personne à réagir à la nouvelle parfaitement fause – bien qu'elle ne soit pas au courant- que Netherfield se trouvait déserté une fois de plus. Son état d'agitation, pour elle qui avait tant espéré pour sa fille, était naturellement au plus haut. Immédiatement, sa voix résonna dans toute la maison, alors qu'elle se lamentait sur leur départ.
Quand Jane émergea de sa chambre pour aller prendre son petit-déjeuner, la nouvelle lui été toute connue et, malgré toute la bonté de son caractère qui lui faisait penser du bien de toutes les personnes de sa connaissance, elle commença à douter de la parole de Mr. Bingley qui avait promis de revenir de la ville dés qu'il pourrait.
Aussi demeura-t-elle silencieuse pendant que sa mère déclarait sa désormais ferme conviction qu'elles étaient toutes condamnées à être mises à la porte et à vivre sous les haies par Mr. Collins, ne pouvant compter que sur la gentillesse de sa chère fille Lizzy pour prendre soin d'elles.
C'était peut-être aussi bien, alors que Mr. Bingley galopait à travers la campagne vers la maison, que la personne qu'il cherchait le rencontre sur le chemin. Le temps qu'elle mit à finir son petit-dejeuner fut tout le temps dont Jane eut besoin pour se rendre compte qu'elle ne vivrait pas le reste de la journée sans être affectée si elle n'allait pas chercher le réconfort de la solitude et la tranquillité de la nature environnante.
Elle et Elizabeth – qui venait tout juste d'arriver- avaient quitté la maison sitôt la dernière bouchée avalée, au milieu des cris de leur mère, qui restait persuadée de la ruine de ses chères filles maintenant que Mr. Bingley avait quitté les environs.
Ni Elizabeth ni Jane ne prononcèrent un mot une fois sortie de la maison, toutes deux satisfaites de simplement profiter de la calme influence des champs alors qu'elles s'aventuraient hors de Longbourn vers les champs qui bordaient le domaine de leur père, le séparant de Netherfield et des autres.
Effectivement, alors qu'elles avaient marché un peu plus d'un kilomètre de cette manière, il n'y eut d'un coup plus aucune raison de s'inquiéter ou de douter d'elles-mêmes ou des autres à cause des nouvelles du matin. Car un cheval portant l'objet de leurs pensées entra dans leur champ de vision.
Comme il n'était en aucun cas plus faible que son ami, Mr. Bingley s'était tout de suite rendu compte de l'identité des deux jeunes femmes sur son chemin, et il avait fait s'arrêter son cheval pour démonter avec tout le brio d'un excellent cavalier.
- Comtesse, Miss Bennet ! S'écria-t-il pour les saluer.
Jane rougit joliment de surprise laissant à sa sœur le soin de formuler une réponse.
- Mr. Bingley ! Commença Elizabeth, nous ne vous attendions pas de sitôt. Votre sœur a informé Jane que vous étiez tous retournés à Londres.
Le jeune homme pâlit légèrement, sa contenance perdant de sa jovialité.
- Oui, je vous assure que j'en ai été aussi surpris que vous. Mais ce n'était qu'un malentendu de ma sœur, auquel j'ai remédié. Lady Saffron-Walden, reprit-il tout de sute dans un tout autre ton, me ferez-vous la grâce de m'accorder quelques minutes seul avec votre sœur ?
Elizabeth sourit, désormais assez certaine de ce qui allait se passer.
- Bien sûr, répondit-elle, en s'éloignant le long du chemin jusqu'à ne plus voir que leurs silhouettes.
Mr. Bingley se tourna vers sa compagne.
- Miss Bennet, commença-t-il, la gorge nouée par la nervosité et l'espoir, même si j'ai détesté quitter ces lieux, je me suis rendu compte qu'il y avait en ville que chose que je devais aller chercher et qui, si vous me faites l'honneur de l'accepter, ferait de mon séjour dans le Hertfordshire, le plus beau moment de ma vie.
Il mit la main dans sa poche et sortit l'objet. Posant un genou à terre, il ouvrit le poing pour que l'objet lui soit visible dans sa paume ouverte.
- J'ai déjà été amoureux, mas jamais si intensément, si profondément, et jamais en m'attendant à ce que ses effets soient permanents, jusqu'à ce que je pose mes yeux sur vous. Depuis le moment où nous nous sommes séparés après le bal, j'ai su que je ne voulais plus jamais être séparé de vous. Miss Bennet, Jane, voulez-vous m'épouser ?
Jane avait légèrement hoqueté quand il avait ouvert la main, révélant un anneau d'or décoré d'un unique specimen de sa pierre préférée, bien qu'elle n'ait aucun idée ded la manière dont il l'avait su. Désormais, elle souriait alors qu'il finissait de parler elle connaissait la réponse depuis longtemps, et n'avais plus qu'à la lui faire connaître.
- Oui, je crois bien que oui.
Mr. Bingley se sentit réellement sourire pour la première fois ce jour-là. Il se releva, plaça la bague au doigt de sa bien-aimée puis serra ses deux deux mains dans les siennes avec une joie pure.
- Jane chérie, prononça-t-il à voix haute, ces deux mots traduisant tous ses sentiments, vous n'avez aucune idée de à quel point vous m'avez rendu heureux.
- Oh, je crois que si, répondit-elle doucement, car vous me faites ressentir la même chose.
Au moment où Elizabeth avait vu la silhouette du jeune homme s'agenouiller, elle s'était détournée, sentant que sa sœur avait besoin que ce moment reste très intime, comme tout homme et toute femme qui voit une aussi heureuse conclusion à sa romance, surtout si cette romance ne s'est jamais officiellement définie comme telle.
Toute sa générosité sororale s'éveilla : elle n'aurait pu être plus heureuse pour Jane. Elle n'avait aucun désir de chercher des comparaisons avec sa propre demande en mariage, et elle ne voulait pas assombrir ce moment de joie. Toutes ses émotions de la même nature, elle lesressenit avec une sincérité une chaleur, un ravissement tels que les mots peineraient à l'exprimer. Aucun bon sentiment connu était encore inadéquat pour décrire correctement l'occasion.
Elle sut aussi instantanément que Jane serait heureuse. Avec une telle disposition, le contraire était impossible. Sa bonne nature complétait la joyeuse disposition de son prétendant, donnant toutes les impressions que leur futur serait rempli de parfaite satisfaction et de tranquilité.
Elizabeth sourit en imaginant tout cela, sachant que ses rêves pour sa sœur ne correspondrait jamais à la réalité, mais ils ne la contredisaient certainement pas. Tout ce qu'elle avait espéré pour elle-même en pareille occasion, Elizabeth l'espérait désormais pour sa sœur.
Et sa prière la plus fervente était que tous les malheurs qu'elle avait connus dans son mariage n'existent jamais dans celui de Jane.
Oh, si ce n'est pas mignon! On se retrouve la semaine prochaine pour le chapitre 13: Mr. Collins à tout prix
