Chapitre 1
La première chose que Vénus se dit lorsqu'elle se réveilla le lendemain matin, ce fut un « Chouette! » plein d'amertume à cause de la migraine d'enfer qui avait eu le culot de prendre ses quartiers dans son cerveau. Elle avait vraiment l'impression que sa tête allait exploser. Et lorsqu'elle eut posé, par réflexe, une de ses mains sur son crâne, elle commença à douter de sa raison. Car à la place de sentir la peau à la fois lisse et écailleuse qu'il aurait dut y avoir, il y avait ce qu'on aurait pensé en premier lieu à des poils. Mais vu l'endroit où ils se trouvaient, il était sans doute plus approprié de dire des cheveux.
Elle parut cogiter sévèrement durant quelques secondes, avant de laisser glisser sa main le long de cette « chevelure ». Mais elle l'arrêta tout net quant elle vit du coin de l'œil que quelque chose n'était pas non plus normal avec celle-ci. Ou alors, c'était sa vue qui n'allait pas car sa peau lui paraissait drôlement pâle. D'ailleurs, elle n'était même plus verte et ressemblait plus à celle des humains. Puis, avec un mouvement d'hésitation, elle laissa de côté son inspection de cette soi-disant et soudaine chevelure, pour amener sa main plus devant son regard.
Et là, Vénus faillit bien avaler sa langue en constatant qu'elle n'avait plus trois mais cinq doigts.
Elle examina ensuite son autre main qui avait subi le même changement.
Elle se redressa alors subitement dans son lit, et souleva d'un coup sec le drap qui la recouvrait, pour pouvoir partiellement voir le reste de son corps.
Telle ne fut pas sa surprise d'y trouver ce qui ressemblait grandement au corps d'une humaine.
Elle demeura figée pendant un moment; puis elle bondit hors de son lit pour aller se regarder dans son grand miroir. Et elle dut se pincer pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas en voyant un reflet bel et bien humain à la place de celui d'une tortue mutante.
Elle commença alors à respirer plus rapidement et plus péniblement.
Elle enleva également tout doucement son bandana qu'elle avait toujours autour de la tête, afin de pouvoir parfaitement détailler son nouveau visage.
Et si un homme avait été dans la pièce avec elle, il n'aurait pas pu s'empêcher de siffler et de faire « WHOUWHOU! ». Mais pas seulement à cause du fait qu'elle n'avait pas de vêtements. Il l'aurait fait pour tout l'ensemble.
Il se serait dit qu'elle portait aussi bien son prénom (Mei veut dire « belle » en chinois) que son surnom, car en plus d'être incroyablement belle, elle semblait aussi avoir tout de parfait. Les mensurations comme les traits physiques qui étaient fins et délicats. Elle arborait une longue chevelure blond vénitien lui descendant jusqu'en bas du dos; et le teint de sa peau n'était ni pâle ni mat. D'ailleurs, ses seuls grands yeux bleu saphir en amande aux longs cils, auraient amplement suffit à en faire craquer plus d'un.
Elle allait, sembla t-il, se dire quelque chose à elle-même au moment où un cri monstrueux – dans lequel elle reconnu la voix de Raphaël – ne se fasse entendre, et hurler un truc du genre: « PUTAIN! C'EST QUOI CE BORDEL? ».
Elle s'élança alors vers la porte de sa chambre, mais s'arrêta tout net en prenant conscience de sa nudité.
Du coup, elle attrapa le drap sur son lit dont elle s'enveloppa, et sortit une bonne fois pour toute pour voir ce qui se passait.
La seule chose qu'elle vit fut quatre jeunes hommes humains quitter en panique leurs chambres respectives, avec pour seul habit des bandanas bleu, rouge, violet et orange noués autour de leurs têtes. Par conséquent, Vénus s'empressa de regarder ailleurs, tout en les écoutant se dire des phrases typiques dans ce genre de situation comme : « C'est quoi ce délire? » ou « Qu'est-ce qui nous arrive? ».
Et lorsqu'ils remarquèrent enfin sa présence, et qu'ils lui demandèrent qui elle était – car ils ne l'avaient pas reconnu à cause de l'absence de son bandana – elle explosa de colère et de gêne en utilisant ses pouvoirs pour leur balancer des boules d'énergie, qu'ils évitaient tant bien que mal, en leur vociférant:
-MAIS ALLEZ DONC VOUS TROUVER QUELQUE CHOSE À VOUS METTRE? BANDE D'IDIOTS!
Après que tout le monde se soit calmé et un petit peu plus habillé: ils se réunir tous dans le salon pour tenté de trouver une explication à tout ça.
April et Casey étaient également de la partie, car Splinter leur avait téléphoné en leur demandant de venir de toute urgence parce que les cinq tortues avaient un petit problème. Et lorsqu'ils arrivèrent au repaire, et qu'ils virent quel était ce fameux soucis, leurs mâchoires faillirent bien se décrocher et leurs yeux tomber de leurs orbites.
Ensuite, Donatello avait fait quelques prises de sang sur ses frères et Vénus, ainsi que sur lui-même, et était aller jouer avec sa panoplie du parfait scientifique en espérant trouver ce qui avait bien pu provoquer de tels changements chez eux. Et en attendant des résultats, les autres s'étaient installés autour d'un service à thé, et étaient tombés dans un drôle de silence à la fois nerveux et songeur après s'être échangés quelques hypothèses.
April en profita pour détailler le nouveau visage de chacun de ses amis, tout en jetant de temps à autres des regards venimeux à Casey qui n'arrêtait pas de loucher sur Vénus. Et le fait de savoir qu'elle était entièrement nue sous le drap qui l'enveloppait n'arrangeait pas les choses.
Très curieusement, en ce qui concernait cette dernière, April avait une assez énigmatique impression de déjà-vu. Ce qui, logiquement, était tout à fait impossible. Mais ce n'était aussi peut-être pas grand-chose. Elle devait tout simplement ressembler à une personne qu'elle avait connu. Mais alors dans ce cas là: Qui?
Voilà quelle était la véritable question.
Sinon, elle laissa ce détail de côté, et passa à son observation de Leonardo qui était justement assis avec Vénus dans le canapé. Il avait d'ailleurs, tout comme elle, utilisé le drap de son lit comme vêtement provisoire.
Bien que les quatre frères avaient des physiques différents: ils avaient néanmoins quelque chose en commun. Ils étaient tous à faire craquer n'importe quelle fille. Et en particulier Leonardo, selon April.
Celui-ci avait les cheveux châtain foncé avec quelques petites mèches rebelles qui lui tombaient sur le côté des ses yeux couleur ambrée, que sa peau légèrement matte mettait en valeur et rendait encore plus hypnotiques qu'avant.
Comme toujours, Raphaël boudait dans un coin, le dos appuyé contre le mur, les bras croisés.
Lui, il avait préféré, tout comme Mickey, s'enrouler une serviette de bain autour de la taille. Exhibant, par conséquent, leurs sublimes abdominaux. Contrairement à Leo et Donnie, dont l'un les dissimulait sous un drap, et l'autre avec un kimono emprunté à Splinter.
Mais pour revenir à Raphaël, il avait la peau un peu plus matte que celle de Leo, se mariant bien avec ses cheveux ainsi que ses yeux noirs.
Mickey était comme à son habitude: super décontracté.
Il était vautré dans l'autre canapé, à côté d'April, et jouait gaiement à sa Nintendo DS. Il avait d'ailleurs déclarer que s'était plus pratique d'y jouer avec des plus petits pouces.
Sinon, physiquement, il avait tout de l'image que l'on se fait généralement du petit dernier. C'est-à-dire les cheveux blond foncés un peu en bataille et les yeux bleus pétillant de joie de vivre et d'innocence. Par contre, il n'était pas particulièrement bronzé, mais il n'était pas pâle non plus.
Pour Donnie, elle n'avait pas besoin d'attendre qu'il sorte de son laboratoire pour pouvoir mieux le détailler, car elle avait eu tout le temps de le faire quant ils avaient débattu sur ce qui avait pu se passer pour qu'ils se retrouvent ainsi, parce que c'était surtout avec lui qu'elle avait parlé étant elle-même une scientifique à l'origine.
Le petit génie de la famille, avait lui, les cheveux châtain clairs et les yeux balançant entre le marron et le vert. Sans oublier la lueur d'extrême intelligence qui s'y reflétait.
-Il en met un temps dingue! - rouspéta soudainement Raphaël, brisant de surcroît le silence qui régnait.
-Un peu de sang-froid Raphaël. Ce genre d'analyse ne se fait pas en une minute, tenta de le raisonner April.
-Mouais, marmonna t-il.
-En tout cas, ce changement d'apparence ne t-a pas rendu plus aimable et plus patient pour autant, lui lança Leo depuis sa place.
Raphaël le foudroya du regard, et allait sembla t-il répliquer, quant la porte du labo de Donnie s'ouvrit.
Celui-ci en sortit avec plusieurs feuilles en mains et la mine plutôt contrite.
-Voilà, j'ai fini, annonça t-il platement en se massant la nuque d'une main.
-Et alors? - l'interrogèrent t-ils tous avidement.
-Et alors, il semblerait que nous devons notre changement soudain d'apparence à cet étrange mutagène bleu, révéla t-il avec sérieux.
-Comment cela? Explique-toi donc mon fils, l'invita Splinter à développer.
-Disons pour commencer qu'il existe deux sortes de mutations. Il y a celle, pour faire simple, qui va à l'encontre total de la nature. Puis celle qui n'est autre que l'évolution.
-Tu appelles ça « faire simple »? Parce que je n'ai absolument rien compris! - bougonna Raphaël depuis son coin de mur.
-Ce qu'il veut dire – prit l'initiative de lui expliquer Vénus avant que Donnie ne perde patience – c'est que la première sorte de mutation n'a tout simplement pas pris rendez-vous avec l'ordre naturel des choses. Contrairement à la deuxième qui elle était planifiée depuis le début.
-Si là t-as pas compris Raphy, c'est que t-es vraiment idiot, parce que même moi j'ai pigé! - se moqua copieusement Mickey.
Raphaël le fusilla du regard mais ne répliqua rien.
-Tout ça c'est bien beau, mais qu'est-ce que ça à voir avec nous? - intervint Leo.
-En fait, le mutagène classique, que nous connaissons tous, a provoqué chez nous des mutations anormales; tandis que ce mutagène bleu a par contre fait évoluer l'espèce que le vert avait fait de nous.
-Tu veux dire que ce mutagène bleu vous a tout bonnement fait évoluer, comprit April.
-C'est ça! Et même de plusieurs millions d'années en à peine quelques heures. Les scientifiques des Foots ont crée ce mutagène avec celui de base qu'ils ont tout simplement purifié de toutes radioactivités, expliqua Donnie calmement, avant d'ajouter d'un ton plus prévenant: Mais attention! Bien que nous en avons l'apparence, nous ne sommes pas humains pour autant. Nous appartenons toujours à l'espèce des reptiles. Nous avons par exemple toujours le sang froid, ou nous sommes également toujours des amphibiens.
Après quoi, un long silence de mort s'ensuivit jusqu'à ce qu'April décide de le briser:
-Je ne sais pas si vous avez conscience de ce que cette nouvelle forme vous pose à présent comme petit problème, fit-elle avec un drôle de sourire en coin.
Les cinq concernés le dévisagèrent avec perplexité, avant que Raphaël ne lui demande de quoi elle voulait parler.
-Et bien disons que cette nouvelle apparence va certes vous permettre de sortir en plein jour et parmi la foule. Mais dans ce cas là, si vous le faites: j'espère que vous ne comptez tout de même pas le faire nus. Si?
Heureusement qu'April avait jugé bon de conserver quelques vêtements de son jeune cousin en se disant qu'ils pourraient un jour servir. Il fallait avouer qu'elle avait toujours été plus que prévoyante sur ce coup-là. Et ils en avaient donc utilisés quelques uns pour provisoirement habiller les quatre frères le temps d'aller au centre commercial pour qu'ils puissent se faire leurs propres gardes-robes.
Sinon pour Vénus, elle eut juste à lui prêter quelques affaires à elle.
Après ça, ils embarquèrent tous en voiture jusqu'au centre commercial.
Et une fois qu'ils y furent arrivés, Raphaël et Donatello durent retenir leur petit-frère par le col de son T-shirt, pour éviter qu'il ne court partout comme un dingue, tellement il était heureux d'aller faire les boutiques en plein jour comme quelqu'un de normal.
-Bon! - s'exclama April lorsqu'ils passèrent les portes d'entrées. Toi Casey, tu te charges des garçons et moi de Vénus. On se retrouve ici dans disons deux heures. D'accord?
-OK! - convinrent-ils tous avant de se séparer.
Alors qu'April s'apprêtait à demander à Vénus par quelle boutique elle voulait commencer, elle remarqua que celle-ci n'avait pas l'air dans son assiette.
-Tu vas bien? - s'empressa t-elle de l'interroger avec inquiétude.
Vénus se secoua la tête en papillotant des yeux, comme si elle essayait de se remettre les idées en place. Puis, elle finit par répondre:
-Oui. C'est juste que comme je n'ai pas l'habitude d'être dans une telle foule, j'ai du mal à fermer entièrement mon esprit, et j'ai donc tout un tas de pensées extérieures qui m'assaillent, expliqua posément la princesse shinobi en ayant l'air de une nouvelle migraine.
-Comment ça se fait? D'habitude, tu n'entends les pensées des autres que si tu le veux, s'étonna April.
-Oui c'est vrai. Mais comme je n'ai jamais été confrontée à autant de pensées à la fois, j'ai du mal à les bloquer. Il va juste me falloir un peu de temps pour trouver comment faire.
-Espérons que tu trouves vite alors.
-C'est clair! Parce que sinon, je crois bien que ma tête ne tiendra jamais le c..., avait commencé à déclarer Vénus lorsqu'elle fut soudainement coupée par une main qui avait brusquement agrippé son bras droit.
Elle et April tournèrent alors leurs regards sur le propriétaire de la-dite main s'avérant plutôt être « la » propriétaire.
C'était une femme d'âge mûr. Dans les cinquante ans environ. Les cheveux bruns mais commençant à grisonner, et les yeux noisettes.
Étrangement, elle regardait Vénus l'air totalement éberlué et aussi livide que si elle avait vu un fantôme. Puis, elle murmura doucement:
-Rachel?
… à suivre
