Caence : Merci beaucoup pour ta review, ça m'a fait très plaisir ^^ J'ai beaucoup hésité avant de la publier, du coup, je continue avec la suite ;) Bonne lecture !:)

Chapitre 4 :

Wolfram s'affala de tout son long sur l'herbe tendre du jardin, essoufflé. Il n'eut que quelques secondes de répits, car Greta lui sauta aussitôt dessus.

-Je t'ai eu Wolfram! Rit-elle

-Argh ! Non ! Fis le blondinet. Greta, je n'en peux plus ! Cria t'il à bout de souffle.

-Laissons Wolfy tranquille, le soir arrive, nous allons rentrer nous préparer pour le dîner de ce soir, sourit malicieusement Cécilia tendant la main à la petite fille.

-On retournera jouer demain hein ? Bouda la princesse, peu encline à rentrer.

-Bien sûr, mais c'est terminé pour aujourd'hui, répondit l'ancienne reine.

C'est avec une petite moue triste que Greta accepta la main de Cécilia et la suivi un peu, avant de se retourner et de jeter un regard interrogateur à Wolfram en voyant que celui-ci ne les suivait pas.

-Rentrez sans moi, je vais... m'occuper un peu de mon jardin.

-Ne tarde pas trop, il fait vite frais le soir, acquiesça la blonde souriant avec un clin d'œil complice.

-Oui, mère, j'ai juste besoin de réfléchir un peu...

...tout seul. Je dois pouvoir mesurer l'ampleur de notre situation seul.

Greta vint en courant déposer un baiser léger sur sa joue en le serrant de toutes ses forces dans ses bras, puis aussi vite qu'elle était arrivée, elle rejoignit Céli-sama et elles disparurent toutes deux dans un des multiples couloirs du château.

Le mazoku resta d'abord un instant dans l'herbe devenue fraîche, avant de se lever paresseusement en s'étirant comme un chat. Il lança un regard désespéré aux parterre de fleurs, avant de commencer à arracher les quelques mauvaises herbes qui poussaient entre ses roses. Il laissa alors libre cours à ses ruminations en exerçant ces gestes devenus expert, cependant qu'un soupir lui échappait.

Il faudrait qu'il prenne son courage à deux mains et qu'il parle à Yuuri, fleur mystique ou pas. Il ne pouvait pas continuer ainsi, il perdait jour après jour l'espoir que ses sentiments puissent être réciproques. Il avait déjà parlé à Gunther de dissoudre les fiançailles, le seul soucis, c'est qu'il fallait aussi l'accord du Roi... Il profiterait donc de ce voyage pour pouvoir lui parler seul à seul. Mais pour le moment présent, il voulait profiter une dernière fois de leur routine. Les graver au plus profond de son cœur.

Il regarda avec fierté ses roses blanches, et jaune, qui contrastaient avec les œillets bordeaux et bleu. Personne ne pouvait accéder à ce jardin sans encourir sa colère. Il entretenait ses fleurs depuis son plus jeune âge, insufflant tout ses sentiments les plus secrets dans ses gestes passionnés.

Le fait de s'en occuper lui prodigua un bien-être rare, cependant qu'il murmurait une chanson du mazoku. Ainsi, il évacua ses pensées les plus douloureuses, et se coupa totalement du monde extérieur. Tant et si bien qu'il n'entendit pas Yuuri arriver derrière lui. Ce ne fut que lorsqu'il se racla la gorge qu'il l'entendit.

Wolfram sursauta, avant de se retourner vers lui.

-Qu'est ce que tu fais là boulet ?

-Je ne voulais pas te déranger, tu avait l'air tellement absorbé... Sa voix mourut, avant qu'il ne se reprenne. Je voudrais...te parler.

L'air grave qui s'afficha sur son visage d'ordinaire continuellement jovial, fit frissonner le prince démoniaque.

Non, pas maintenant... Yuuri, je ne suis pas prêt à entendre ça. Pas ce soir, laisse moi encore cette soirée, je t'en prie !

-Parler de quoi ? Pas la peine de faire une tête d'enterrement.

Wolfram se félicita intérieurement d'avoir contrôlé sa voix, l'empêchant de trembler. Mais des larmes amères lui montant aux yeux, menaçaient de le trahir à tout instant.

-C'est très important... Je.. je t... Je ne sais pas comment te le dire, je me sens idiot ! Implora le brun.

-Dis le simplement, fais pas ta lavette ! Son attitude bravache menaçait de le quitter à tout instant pour des sanglots d'angoisse.

-Je voulais te dire que... heu... que...

Wolfram soupira. Son roi semblait de plus en plus confus, de plus en plus mal-alaise. Ravalant ses pleurs puériles , il s'avança vers lui, le visage indéchiffrable et posa une main hésitante sur son épaule. Ce geste l'électrisa totalement, mais il y porta peu d'importance.

-Nous verrons cela plus tard veux-tu ? Nous allons rentrer, et faire comme d'habitude, je vais t'appeler « boulet », tu râleras, et cela fera sourire Greta. Puis nous nous coucherons dans notre lit et demain, nous irons à la recherche de ce maudit Weller.

-Wolf...

-Rentrons, je commence à avoir froid, murmura t'il en frissonnant.

Wolfram commença à rentrer, et vis du coin de l'œil son fiancé hocher la tête lentement. Mais il semblait ne pas réussir à esquisser le moindre geste, restant immobile, seulement animé de quelques tremblements. Le blond, agacé, saisi sa main et le tira doucement à sa suite, maudissant son cœur qui s'emballait.

Le repas qui s'en suivi fut l'un des plus calme qu'ils vécurent. La flamme du mazoku blond ne faiblirait jamais, qu'importe son désespoir, qu'importe sa douleur et son ressentiment, il ne pouvait s'en empêcher.

Puis ils allèrent tous vaquer à leur occupations. Wolfram se prépara sans un mot pour la nuit, se couchant dans l'immense lit royal. Puis il roula sur le flanc, feignant le sommeil lorsque le brun le rejoignit. Un long voyage les attendait demain. Il faudrait quatre jours aller et retour pour arriver à la Montagne Mrah.

Bientôt nous saurons la vérité. Je serais prêt à la douleur... Je serais prêt à tout ce qu'il me dira quand il saura, quand il me haïra.