Chapitre 7 :
Yuuri était perdu dans ses pensées, Ao était au pas, suivant le chemin de terre battue, Wolfram chevauchant sa jument à côté de lui. La scène de ce matin le laissait pantois : ce baiser l'avait tétanisé. C'était son premier baiser après tout. Même si son fiancé n'avait pas forcément aimé cela, lui, avait apprécié. Il se remémorait sans cesse la manière dont les lèvres douces et chaudes du mazoku s'étaient posées sur les siennes. Cette nuit, peut-être pourrait-il se permettre de renouveler son geste. Mais pour le moment, le blond avait l'air de nourrir un profond mépris pour lui depuis ce matin.
Le Maoh lui glissa un regard en coin, et constata qu'il faisait toujours la moue du Wolfram blessé dans son ego.
Comment ferais-je si cette fleur n'existe que dans les fantasmes des habitants de ce monde ? Pas de doute, il faudrait que je lui dise, que je le lui écrive... Bon sang ! Je l'aime, je l'adore, je l'idolâtre... Il est si fort, si confiant en lui. Il a tout ce qu'il me fait défaut. Je le veux mien, je veux pouvoir lui hurler mes sentiments. Je veux son amour inconditionnel, je veux sa passion, sa fougue, sa douceur presque féminine. Cette fleur... Je veux colorer ses pétales de mes sentiments, lui offrir mon cœur sur un plateau. Comment ai-je pu être si idiot, comment ais-je pus ne pas me rendre compte de mon amour pour lui plus tôt ?!
Un soupir échappa au souverain, ce qui attira l'attention de son fiancé. Ce dernier avait gardé le silence pendant la majeure partie de la journée.
Il faudrait bientôt refaire une pause pour la nuit : le soleil décroissait lentement derrière les arbres de la forêt qui bordait les chaînes de montagnes et les chevaux étaient fatigués de cette longue marche.
Wolfram... tu dois vraiment me détester. J'aimerais tellement te le dire... Je t'aime !
-Wolf ?
-Hum...
-À propos de ce matin... Je... je... il se racla la gorge. Je suis désolé... Je... mon geste était... comment dire. Je ne veux pas que tu pense mal... que tu te trompe dans mes intentions.. bredouilla le roi en piquant un fard.
Il s'enfonçait de plus en plus dans ses explications, Wolfram allait encore se méprendre...
-Arrêtes... murmura le Prince douloureusement.
La peine se lut un bref instant dans son regard avant qu'il ne se durcisse. Ils se perdaient tout deux de plus en plus. Et ça les faisait tout les deux souffrir le martyr.
Il vit du coin de l'œil son fiancé tirer sur les rennes. Sa jument bifurqua sur la droite, et il s'enfonça lentement dans le bois, à la recherche d'une clairière où passer la nuit. Yuuri fit prendre la même direction à son cheval et en profitât pour observer les courbes majestueuses de son compagnon. Puis il descendirent une fois ayant trouvé l'endroit idéal, et attachèrent leur montures. Wolfram rassembla quelques bouts de bois et leur mis le feu, cependant que Yuuri détachait les couvertures des scelles des chevaux.
Ils restèrent à une bonne distance l'un de l'autre, le Maoh ne voulant guère envenimer d'avantage la situation.
Wolfram voulait pleurer, mais son amour propre le retint. Yuuri lui avait clairement fait comprendre qu'il ne l'aimait pas. Il ne savait pas si ça valait le coup de continuer cette « mission ». Il soupira, ce voyage serait bien long... Il jeta un regard à fendre l'âme à son compagnon, son amour le tuait.
Yuuri frissonna. Le feu allumé par son fiancé ne suffisait pas à le réchauffer. Ce dernier lui tournait le dos, insensible au froid. Alors, le soukoku se leva et rejoignit sans un bruit Wolfram. Il s'allongea à ses côtés, écartant doucement sa couverture pour s'en couvrir aussi. La chaleur du mazoku le réchauffa bientôt, mais il tremblait encore. Yuuri écarta un bras du prince s'en rapprochant encore dans une tendre étreinte. Son rythme cardiaque se stabilisa sur celui de son compagnon, cependant qu'une envie folle lui prit.
Il approcha doucement ses lèvres et les posa délicatement sur celles de l'homme qu'il aimait. Ce ne fut qu'après avoir embrassé son fiancé qu'il réussi à s'endormir...
Wolfram sentit d'abord Yuuri se rapprocher de lui. Il feignait de dormir depuis un long moment mes ses pensées le tenait malheureusement éveillé.
Il doit avoir froid ce boulet...
Il se laissa faire quand le brun écarta ses bras, et se blottît contre lui, même s'il ne comprenait pas pourquoi il se rapprochait autant. Son cœur s'emballa sous les gestes du Maoh, et c'est avec un grand effort sur lui même qu'il se retint de réagir. Mais ce qui le stupéfia, fus de sentir le souffle brûlant de son amant ? sur ses lèvres, puis sa bouche fouler, en une caresse tendre, la sienne. Son cœur rata un battement, il haïssait cette faiblesse.
Pourquoi faut-il qu'a chaque fois que je suis prêt à entendre la pire des vérités, il faut qu'il ravive mon espoir ? Pourquoi me torture t-il de la sorte ? Pourquoi son baiser fait s'envoler mon cœur ?
C'est sur ces pensées désordonnées qu'il finit par s'endormir, trop fatigué pour lutter longtemps contre le sommeil.
