Chapitre 22 :

Ce que redoutait le plus Wolfram, cependant, arriva : Son père et ses deux autre fils se présentèrent à leur tour, fier et leur ego démesuré affiché clairement. Son père n'avait pas changé : il arborait toujours ses longs cheveux blond cendré, attachés par un catogan arrogant, ses yeux bleus glacés l'évitant royalement. Quand à son demi-frère aîné, ses cheveux châtain clair laissé libre avaient encore poussé, se trouvant maintenant au niveau de ses reins et ses yeux marrons le toisaient méchamment. Seul son deuxième frère, aux longs cheveux blonds comme les siens et aux yeux d'un doré pur moucheté de vert, ne semblait pas lui porter de rancune.

-Votre Majesté, nous n'avons pas encore eu l'honneur de nous présenter, je suis Isidore Von Bielefield. Et voici mes deux fils Venceslas et Edwin...

Sous entendu « Wolfram n'est pas un fils mais un bâtard qui ne vaut pas la peine que l'on pose le regard dessus »...

-...Nous sommes absolument ravi de vous rencontrer enfin, en vrai. Il faut dire que vos exploits vous ont déjà précédés, malheureusement, nous n'avons pas encore eu le temps de nous déplacer...

Mais bien sur, en trois ans, vous n'avez pas eu le temps de vous déplacer... Il ne faut pas non plus le prendre pour un idiot !

-Ce n'est rien, je suis également heureux de faire votre connaissance, sourit le Maoh.

Suis-je le seul à voir de quel façon son sourire est crispé ?

-Je suis cependant déçu, que Wolfram ne nous ai pas encore invité... As-tu eu un contre temps si important que tu n'as pas pensé à ta famille ? S'enquit faussement Isidore, en reportant enfin son regard glacial sur lui.

Qu'appelez-vous « famille » ? Des êtres qui en martyrisent d'autres pour prouver qu'ils sont les plus forts ? Un père qui vous renie car vous n'êtes pas un « pur Von Bielefield » ? Un grand frère qui vous tourmente et vous rabaisse ? Une belle-mère qui vous crache à la figure car vous êtes pas né d'elle ?

Il se racla la gorge, effaçant toute menace et colère de sa voix.

-Malheureusement, oui. Avant d'être le Roi Consort, j'étais un membre privilégié de la garde royale.

-Ou plutôt la catin du Roi, quel déshonneur... cracha Venceslas à voix basse, avec un sourire mauvais.

Wolfram préféra l'ignorer habitué à ce genre de remarque, mais Yuuri n'était pas du même avis.

-Excusez-moi, Seigneur Venceslas, mais je ne tolérerais pas une telle attitude envers Wolfram, et encore moins le jour de notre mariage.

Wolfram crut voir en l'espace d'une seconde, les yeux noirs de son fiancé se fendre, et son aura s'agrandir imperceptiblement. Son demi-frère eu un mouvement de recul, cependant que son père ne cachait pas son dédain.

-Si vous voulez bien, nous allons à présent prendre congé. Vos Majestés, fit Isidore, la bouche pincée.

Il s'en alla, suivi de Venceslas, la tête haute, et le buste droit. Cependant, Edwin demeura auprès d'eux un peu plus longtemps. Il était resté impassible tout ce temps, l'air hautain mais semblait maintenant enfin libre de lui même. Il soupira, posant son regard doré emplis de calme et de sagesse sur Yuuri et Wolfram.

-Je vous présente mes excuses, ils ne connaissent pas trop la politesse... sourit-il contrit.

-Ce n'est pas à vous de vous excuser, ne vous en faite pas, je préférais juste éclaircir les choses, avant que cela n'aille trop loin, répondit gaiement le monarque.

Wolfram se mordit la lèvre inférieure, hésita un instant, puis céda à son envie de prendre son frère dans ses bras.

-Ça faisait longtemps, n'est-ce pas Wolfram ! S'exclama Edwin, une expression joviale et ouverte illuminant son visage lorsqu'il lui rendit son étreinte.

-Trop longtemps, j'aurais aimé te convier plus tôt, mais père veille toujours j'imagine, et je n'ai pas particulièrement envie de le revoir, lui et son sycophante de fils... maugréa t-il.

-Je te comprends, mais ce n'est rien ! Je pars bientôt du domaine de toutes façons, je vais m'installer sur les hauts plateaux du Shinmakoku, avec ma... fiancée, sourit timidement le nouveau venu.

-Vraiment ? Depuis combien de temps ? S'exclama t-il, heureux pour son demi-frère.

-Cela fait deux mois que Rose à accepté ma demande. Tu seras convié au mariage bien sûr et vous aussi Votre Majesté, si ce n'est pas trop présomptueux de ma part bien sûr... se rattrapa ensuite le jeune homme en bafouillant.

-Non non, ça me ferais plaisir de venir, au contraire ! Et appelez-moi Yuuri, nous faisons un peu parti de la même famille maintenant ! Sourit le Roi.

-Oh, d'ailleurs, ça me rappelle, j'ai un présent pour vous !

Il farfouilla un peu dans un sac et en sorti deux magnifiques livres manuscrit, à la couverture en cuir roux, pour le premier et en cuir noir pour le second. Il tendit le noir à Yuuri et le roux à Wolfram.

-Le votre est un album avec les premières peintures de Wolfram, quand il était encore au château avec nous, et quelques-uns de ses secrets d'enfance que j'ai précautionneusement enfermé dedans.

-Merci beaucoup, je crois que je vais avoir de la lecture !

En effet, le volume noir était très imposant par rapport à celui que possédait Wolfram.

-Ani-ue ! Je t'avais demandé de brûler ce livre me semble t-il ! S'insurgea ce dernier en voulant le voler des mains de Yuuri.

-Certainement pas, il est à moi maintenant ! Persifla Yuuri avec un air mauvais. Je vais tout savoir de toi maintenant !

Il ricana sous l'air amusé d'Edwin, cependant que Wolfram pensait avec amertume que non, même comme ça il ne connaîtrait pas tout.

-Le tiens, Wolfram, c'est un recueil d'histoire que l'on se racontaient quand tu étais petit, je me suis dit que ça te ferait plaisir de les relire, surtout que je l'ai ai agrémentées de quelques dessins et croquis...

Wolfram ne savait comment réagir, ce présent lui faisait tellement plaisir ! Quand il était encore petit et que Venceslas le persécutait, il allait souvent se réfugier dans les bois du domaine, et Edwin venait l'y rejoindre. Là, ils inventaient milles histoires avec des dragons, et des chevaliers impétueux qui devenaient des héros.

Il feuilleta rapidement l'ouvrage et découvrit les dessins talentueux de son frère, des dragons, des runes anciennes, des magiciens, des guerriers et des jeunes princesses éplorées prenaient vie sur les pages du grimoire.

-C'est le plus beau cadeau que tu pouvais me faire Ani-ue ! Merci !

Il prit une dernière fois son demi-frère dans les bras par une accolade virile, avant que ce dernier ne doive prendre congé.

-Je vous inviterais dans ma nouvelle demeure, dès que nous y seront ! S'exclama gentiment le mazoku aux yeux d'or, avant de reprendre une expression hautaine et de rejoindre son père.

Le Roi consort vit avec tristesse son frère s'éloigner, mais bientôt une nouvelle invitée surprise fit son apparition. Une grande rousse aux yeux bleus s'approcha d'eux avant de les serrer dans ses bras musclés.

-Miss Biceps, arrrgggh ! S'exclama tant bien que mal Yuuri, complètement écrasé par l'étreinte de l'homme.

-Yozak ! Pourquoi es-tu encore déguisé ? Parvint-il à demander une fois qu'il les eu relâché.

-Ah Bocchan ! Vous êtes tellement cruel ! Je reviens tout juste de mission, et j'entends que vous vous mariez, sans même me mettre au courant ! Moi, votre fidèle serviteur !

-C'est que nous n'étions nous même pas au courant avant qu'il ne commence... grommela le susnommé.

-Encore un coup de ce maudit Grand-Sage... ajouta t-il avec mépris.

-En parlant de Grand-Sage, je dois aller lui dire deux mots, à plus tard !

Yozak disparu aussi vite qu'il était arrivé, en ondulant des hanches dans sa robe Rose saumon.

-Ouf, enfin fini de voir tout les invités ! Soupira le soukoku.

-Oui, et maintenant, nous allons pouvoir consommer le mariage... ajouta innocemment Wolfram à l'oreille de son mari.

Il vit avec amusement son compagnon rougir instantanément.

-Wolf, tu ne pense tout de même pas...

-Si, parfaitement... dit-il en lui servant son regard le plus taquin.

Il vit Yuuri esquisser un pas en arrière avant de tenter de lui échapper, mais il fut plus rapide sur ce coup là.

-C'est la tradition qui oblige ! Pas la peine de te défiler, ne fais pas ta mauviette ! Cria t-il à son adresse avant d'ajouter plus bas, au creux de son oreille : Je serais aussi doux qu'une fille, avec une clin d'œil provocateur.

Puis il lui tourna le dos, et s'en alla en sifflotant paisiblement, lui jetant un dernier regard amusé. Même s'il plastronnait, lui même ne savait pas trop comment s'y prendre. Cela le laissa encore plus anxieux qu'avant la cérémonie de mariage.