Chapitre 23 :

Murata fanfaronnait, fier de son coup : son meilleur ami de Roi était à présent marié, le Roi Consort étant un guerrier vaillant, il protégerais et supporterait mieux Yuuri que quiconque d'autre. Enfin, ce serait sans doute plus l'inverse...

Il était en train de discuter avec Conrad et Maurine quand Yozak vint à sa rencontre.

-Puis-je vous enlever deux minutes, Votre excellence ? S'enquit ce dernier auprès du soukoku.

-Cela dépends de ce que vous me voulez, sourit le susnommé.

-J'ai un bilan urgent à vous remettre.

-Soit, Conrad, Damoiselle Maurine, je me dois d'y aller. Nous nous reverrons plus tard, s'inclina t-il

Il suivi l'humain roux un peu plus loin, à l'écart des oreilles indiscrètes et écouta ce qu'il avait à lui dire, redevenu sérieux.

-Que ce passe t-il ?

-Je reviens de la mission que vous m'aviez confié. Selon vos craintes, les dragons ont commencés à bouger, ils remontent par les montagnes le long de la frontière. Ils semblaient tous converger vers une tour immense et noire qui se découpe des reliefs. Cela m'a semblé louche, donc j'ai réussi à m'infiltrer à l'intérieur et à découvrir ce qu'ils projetaient.

« Il s'agit d'une organisation secrète, qui diffère, cependant, de celle des Corbeaux Blancs. Ils sont apparemment guidés par une certaine Pandora, leur seul but étant de détruire le Shinmakoku. Ils parlaient de faire un attentat, de fragiliser le royaume en s'en prenant au Seigneur Von Bielefield. D'après ce que j'ai compris, ils l'avaient déjà réussi auparavant, et voulaient recommencer, mais dans le but de toucher Sa Majesté, cette fois. Car une fois le royaume sans Roi, il leur aurait été plus simple de nous atteindre.

« Ce n'est pas tout... Cette Pandora... Une énergie mauvaise circule autour d'elle, noire et rouge. Vous savez ce que cela signifie n'est-ce pas ? Shoushu n'a jamais été totalement détruit... J'ignore comment cette fille à réussi à posséder ce pouvoir, mais il est terrible. Cependant, elle ne semble pas bien savoir s'en servir, ce qui pourrait être un avantage.

« D'après ce que j'ai entendu, ils détiennent quelque chose ou quelqu'un qui pourrait ou signer leur victoire imminente, ou bien les réduire à néant. Cependant, je n'ai jamais pus accéder à la salle où était gardé cette arme. Seul Pandora et son second le pouvaient. Mais, je crois que c'est la seule chose qui à le pouvoir de leur faire peur et à les tenir à distance.

« Les dragons ne sont pas les seuls à répondre à l'appel de cette tour, des créatures sombres, de ténèbres et de cauchemars convergent eux aussi, des Varladës. Ils sont plus des centaines, d'après ce que j'ai vu. Une guerre se prépare, je n'aime pas cela. Surtout connaissant le Bocchan.

Il s'arrêta enfin, mais ce qu'il venait de dire fit frissonner le Grand-Sage.

Ainsi, elle est toujours vivante. Elle est toujours retenue, mais elle vit encore malgré toute sa douleur. Ainsi, c'est cela que je perçoit, cette ombre encore présente dans le cœur des Hommes... Soushu, tu es malin n'est-ce pas ? Tu as réussi à mettre de côté une botte secrète n'est-ce pas ?

Une brusque douleur au crâne lui prit, cette douleur qui accompagnait toujours un flash back.

-Votre excellence ? S'enquit Yozak

Mais la voix se perdit progressivement, il était perdu dans ses sens, perdu entre ce qu'il ressentait à ce moment là et le moment présent.Sa vue se brouilla, il chercha son souffle.

Shinou parle avec une belle femme aux longs cheveux blond vénitien, elle semble affolée.

-Elles sont promises chacune à de grandes choses. Mais seul l'une d'entre elles peut venir avec nous, car l'une avec l'autre, elle s'autodétruiront. Je me dois de les aider à accomplir leur destin, et je crains qu'il ne soit intimement lié à celui du Shinmakoku.

-Shinmakoku ?

-Oui, le pays que Shinou viens de fonder, un pays où tout mazoku peut vivre en paix, intervins-je.

-Mais, je ne peux les séparer ! Si je les sépare, elles deviennent violentes toutes deux...

-Ne vous souciez pas de cela. Je prendrais avec moi Eromïs, car il me semble qu'elle soit la plus turbulente et la plus dangereuse.

-Ne vous fiez pas aux apparences, Seigneur. Narweena n'est pas en reste...

-Notre choix à déjà été fait, nous prendrons Eromïs avec nous. Ils nous faudra d'abord la sevrer totalement de ce qui la rattache à son passé.

-Ma petite fille... murmura le jeune femme en versant quelques larmes limpides.

-Navré... Pouvons-nous aller les voir ?

La mère éplorée acquiesce, essuyant bravement ses larmes, et nous guide vers le jardin où jouent les filles.

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Les deux petites filles jouent dans un jardin. La ressemblance entre elles deux est frappante, cependant, si elles sont méconnaissables de visage, elles arborent toutes deux une coupe de cheveux différente. L'une à de beaux cheveux court et roux, l'autre, de longs cheveux violet. Leurs yeux malicieux se croisent, elles se sourient.

-On joue au jeu du miroir ? Demande la rousse.

-Ooh... Non, on y joue tout le temps... pleurniche la deuxième.

-À la guerre alors ? On disait que j'étais un chevalier et toi aussi. Et on disait qu'un méchant venait de capturer une princesse. On disait qu'on devait aller la sauver et se battre, jusqu'à sa mort.

Les yeux de chat de la petite s'illuminent d'une lueur dangereuse. Nos bruits de pas attirent finalement leur attention, la voix de leur mère résonne dans le vaste jardin.

-Eromïs ! Narweena !

Les petites filles se lèvent, et accourent à nous, riant et se poussant doucement.

-Je vous présente Généus et Shinou, ils sont venus vous voir mes chéries...

-Qui sont ces Monsieur maman ? Demande la rousse.

-Ils vont choisir l'une d'entre vous, pour les aider dans leur nouveau pays...

-Mais, maman, je ne veux pas être séparée d'Eromïs, gémit encore la petite aux cheveux courts.

Shinou se penche doucement vers la dite « Eromïs », ses yeux violet se fixant avec une lueur de défi dans ceux, serein du Roi.

-Seras-tu assez forte pour m'accompagner dans ma demeure, et devenir celle que tu dois être ?

Quelles questions poser à une enfant... Elle ne sait sans doute pas ce qu'est sa tâche. Shinou, vous êtes trop manipulateur, et trop prévoyant. Cela va vous poser des problèmes plus tard...

Je ne peux détacher mon regard de la petite Narweena. Elle semble tellement triste, triste de ne pas avoir été choisie, triste de voir sa moitié partir loin d'elle. Une ombre s'installe dans ses prunelles dorées, une vilaine moue étire ses traits angéliques.

-Votre excellence !

Il reçu une gifle monumentale sur la joue droite, qui réussi enfin à le tirer de ces souvenirs.

-Est-ce que tout va bien ?

-Ça irais encore mieux sans cette baffe, mais oui... Grommela t-il

-Vous faisiez un malaise, c'est la seule chose qu'il m'est venue à l'esprit, désolé, rit d'un air contrit le guerrier.

-J'ai juste eu un flash bac, ce n'est rien... Pour ce que vous venez de dire, je vais agir en conséquence. Mieux vaut ne pas prévenir Yuuri, cela l'inquiéterait plus que de mesure. Je vais en parler à Shinou, lui saura quoi faire. Prévenez aussi les Seigneurs Von Voltaire, Weller, et Von Christ. Je préfère laisser le Roi et son mari en paix pour le moment. Je pense que nous n'avons pas encore grand chose à craindre du futur, le passé est ce qu'il y a de plus dangereux pour le moment.

-Bien Votre excellence... Je m'en vais les prévenir.

Murata regarda Yozak s'en aller tranquillement, toujours vêtu de sa robe rose saumon, en direction d'un Gwendal aux prises avec Anissina. Puis il soupira, sa vision lui avait donné la migraine... Oui, il se rappelait maintenant. Eromïs et Narweena Daëmonius... Cela ne présageait rien de bon.

Il sortit discrètement de la fête, se rendit aux écuries, et fonça jusqu'au Temple Shinou où résidait le Roi Originel. Il devait lui en parler, d'urgence, avant que l'irréparable ne soit commis.