Chapitre 25 :

Gunther faisait les cents-pas dans sa chambre, n'osant imaginer ce que son Roi adoré faisait en ce moment même avec Wolfram. Il se sentait triste de ne pas avoir été choisi pour régner sur le cœur de son souverain. Mais au fond, il devait se l'avouer, Wolfram était mieux pour Sa Majesté. Et puis il pourrait toujours l'aimer en secret, et il partagerait toujours son quotidien après tout !

Il sourit en repensant à l'image du couple royal pendant le cérémonie : jamais il n'aurait pus penser le soukoku si amoureux. Bien sur, il le savait depuis longtemps, mais il n'avait jamais deviné l'ampleur de ses sentiments. Peut-être parce qu'il ne voulait pas le voir... Toujours était-il qu'il voulait lui aussi trouver quelqu'un qu'il pourra aimer autant qu'il aime son Roi, et être aimer d'elle en retour.

Une pensée saugrenue lui prit : il pouvait toujours consulter Anissina, elle avait peut-être une invention révolutionnaire qui pourrait lui enlever tout ses sentiments inutiles, afin de mieux trouver quelqu'un qui voudrai bien de lui.

Elle est peut-être la seule à avoir le pouvoir de venir à mon secours. Je suis prêt à encourir tout les risques pour Sa Majesté, mais je me sens tellement seul...

Il sortit finalement de sa chambre, et prit la direction des appartements de la jeune femme, malgré le fait que le soirée soit déjà bien avancée. Il parcourut les couloirs, complètement perdu dans ses pensées, puis une fois arrivé devant la prote tant redouté de l'inventrice, il toqua timidement contre celle-ci. Qui s'ouvrit à la volée sur Anissina, les cheveux détachés ondoyant dans son dos et en tenue de nuit.

-Gunther ? Que fais-tu ici à cette heure ?

-Je... Tu n'aurais pas une invention géniale pour changer les sentiments de quelqu'un ?

-Même si j'en avais une, je ne te la donnerais pas, Sa Majesté est très bien avec le seigneur Von Bielefield !

-Mais, enfin, ce n'est pas pour eux ! C'est pour moi... bafouilla t-il.

Elle resta un instant à le considérer du regard, semblant surprise.

-Je ne te comprends pas...

-Je ne ferais jamais le moindre mal à Sa Majesté, et blesser Wolfram reviendrait à le blesser lui...

-Quoiqu'il en soit, je n'ai rien pour toi ! Laisse moi dormir maintenant, s'il te plaît...

-Je t'en prie j'ai besoin de ton aide !

-Je ne peux rien faire pour toi. Les sentiments sont trop complexes pour qu'on s'amuse avec eux.

-Tu ne peux pas me faire ça Anissina, je...

-Si si, je le peux, et je te le prouve dans l'instant ! Bonne nuit Gunther !

Elle referma la porte devant l'air incrédule du précepteur. Il l'entendit juste grommeler de ne plus la déranger, sinon il aurait affaire à Gwendal.

Il se sentit vraiment abandonné, tout espoir l'avait quitté. Il ressentit le besoin d'aller se ressourcer au Temple Shinou, méditer comme il l'avait apprit dans ce monastère il à quelques temps.

Gunther prit automatiquement le chemin des écuries, montant son fidèle destrier, et le lança au triple galop vers le temple. Une fois arrivé devant, il remarqua que le cheval du Grand-Sage attendait déjà à la sortie de la structure. Il laissa donc le sien à ses côtés, et gravit les marches. Aucune garde ne chercha à l'arrêter, il arriva donc rapidement dans la salle où Ulrike devait méditer.

Qu'elle ne fut pas sa surprise quand il y découvrit à sa place, le Roi Originel qui discutait gravement apparemment avec son sage. Ils s'arrêtèrent tout deux quand ils remarquèrent sa présence.

-Seigneur Von Christ ? Que faîtes-vous ici à une telle heure ? S'enquit Murata.

-Je ne trouvais pas le sommeil, j'avais besoin de me changer les idées... éluda t-il

-Cela tombe plutôt bien. Nous aurions besoin de votre précieuse aide, intervint Shinou.

-Vraiment ? De quoi il en retourne ?

Il doutait clairement pourvoir leur servir à quoique ce soit.

-Il y a qu'une ancienne menace renaît lentement au Nord-Est, dans les terres humaines. Une menace que nous aurions du mal à repousser sans l'aide d'une relique précieuse pour le Shinmakoku. Vous connaissez sans doute l'existence d'une bague-armure, qui fut un des symboles de Shinou pendant notre bataille contre Shoushu ? Elle possède une pierre au grand pouvoir, dont nous aurons besoin. Le seul soucis, c'est qu'elle est dissimulée sur Terre. Elle y fut envoyée en même temps que le « Miroir-Des-Abysses », et cachée. Nous ne savons pas où exactement, votre but, sera de prendre contact avec le Maoh de la Terre, et de chercher à la récupérer...

Une fois l'explication du soukoku terminée, il tergiversa un moment, avant d'accepter : c'était une bonne façon d'oublier son attachement au Maoh.

-Quand dois-je partir ? S'enquit-il

-Le plus tôt serait le mieux. Les pions ont déjà commencé à bouger, et il vaut mieux être parés en vitesse. Évitez de passer plus de trois jours sur Terre, sinon, il risquerait d'être trop tard.

-Je peux partir maintenant si vous me le permettez... proposa t-il.

-Bien, je vais vous déposer près de la demeure de l'autre Maoh, lui sait où se trouve la relique. Bonne chance Gunther Von Christ, sourit Shinou avant de concentrer le peu de maryoku qu'il lui restait.

Il se sentit aspiré par le sol, un sentiment de chute vertigineuse lui prit, il ferma les yeux pour éviter de voir le sol arriver sous ses pieds. Gunther se sentit toucher une surface dure, et ouvrit lentement les yeux. Le soleil lui fit cligner les yeux, vu sa position, il devait être arrivé en fin d'après midi.

Le guerrier se fit rapidement à la lumière et découvrit deux personnes debout à côté de lui : Bob le Maoh terrestre et le Docteur Rodriguez.

-Bonjour ! Le salua amicalement ce dernier.

-Que ce passe t-il au Shinmakoku ? Je ressens de l'agitation jusqu'ici...

-Je ne sais pas, ils n'ont pas voulu me donner de détails. Je dois juste récupérer une bague-armure.

-Humm... Aux États-unis. Je vous prépare un jet privé, vous partez dans dix minutes. Vous arriverez d'ici 6 heures à New-York, là mon agent vous récupéreras. Vous avez été mannequin non ?

-Oui, si on puis le dire...

-Vous reprendrez ce rôle sous couverture, je contacterais les détenteurs de cette relique, et ils vous la restituerons.

Gunther n'avait pas tout compris de ce que venait de dire son hôte, tout ce qu'il savait, c'est qu'il allait bientôt arriver là où il fallait. Cette simple certitude lui suffisait, il improviserait une fois arrivé là bas.