Chapitre 29 :
Wolfram attendait devant le magasin où Yuuri était rentré. Il était appuyé nonchalamment contre le mur, les bras croisés sur son torse, les yeux clos afin de mieux profiter des rayons du soleil.
Allez Yuuri, ce que tu peux être long pour te trouver un... comment déjà ? Un « jean » et un t-shirt...
Je sens qu'il va encore réussir à avoir des ennuis.
Sauf qu'en l'occurrence, ce n'était pas Yuuri qui attirait les problèmes, mais lui. Il ne passait pas vraiment inaperçu dans la rue, et le gloussement proche de deux jeunes filles, le tirèrent de ses réflexions. Il ouvrit les yeux sur une blonde aux yeux marrons, assez grande et bien proportionnée, accompagnée d'une fille châtain, un peu plus petite, mais aux grands yeux bleus clair. Elles étaient jolies, mais sans plus, et le regard aguicheur doublé d'une moue qu'elles voulaient sexy, ne l'énervèrent que plus.
La blonde entama la discussion dans une langue étrangère, rapide, fluide et dansante.
-Je ne vous comprends pas, dit-il simplement.
-Oh, tu es anglais ? Demanda la première, en rejetant ses longs cheveux blonds derrière son épaule.
-Non, répliqua t-il froidement.
Elles ne voient pas qu'elles perdent leur temps avec moi ?
-Tu as un bel accent, tu ne viens pas d'ici n'est-ce pas ? Nous non plus, on vient toutes deux d'Espagne, miaula le deuxième.
-Vous n'avez rien de mieux à faire ?
-Si, pourquoi pas faire un tour avec nous ? On a pris un appartement en centre-ville, ça te dirait de passer un peu de bon temps ?
-Mon temps ne vous appartient guère, cela ne m'intéresse pas...
Ne vont-elles donc jamais abandonner ?
-Quelle froideur... Ça me plaît !
Et sans demander son avis, chacune d'elle passa un bras sous le siens, et le tirèrent en dehors de la rue. Wolfram hésitait à utiliser la force contre elles, après tout, elles n'étaient pas méchantes, et puis, il ne voulait pas les blesser. Mais sa colère légendaire montait en lui, menaçant d'exploser à tout moment.
Bon sang Yuuri, mais qu'est-ce que tu fais !
Il s'insurgeait au calme quand il sentit la présence de Yuuri dans son dos. Il s'arrêta net, ce qui étonna les deux filles qui cessèrent de glousser, et il se retourna vers son compagnon.
-Tu en as mis du t...
Il ne put continuer lorsqu'il croisa le regard blessé de son mari, sa bouche a demi ouverte par le choc. Wolfram réfléchit très rapidement avant de se dégager des jeunes femmes en tendant la main vers lui, imperméable aux protestations de ces dernières.
-Yuuri, non, ce n'est pas ce que tu crois !
Il va encore s'imaginer que je ne l'aime pas... Qu'ais-je fait ? Et ces stupides humaines qui me collent !
En effet, elles venaient de passer à nouveau, un bras possessif autour de sa taille.
-C'est ton ami ? Demanda la brune en faisant du charme au Maoh.
-Non, c'est mon mari, et maintenant, enlevez vos salles pattes de moi ! explosa t-il en les repoussant violemment.
Heureusement, personne ne passait dans la rue à ce moment là.
-Ton mari ? Grimaça la première.
-Pourquoi tout les plus beaux mecs sont gays ? Geignit la deuxième.
Gays ? Qu'est-ce que c'est encore que cette expression à la noix ? C'est quoi leur problèmes aux gens, c'est tout à fait normal qu'un homme aime un autre homme, autant que deux femmes qui s'aiment ou un homme et une femme ! Je commence à comprendre les réactions de Yuuri maintenant.
Elles partirent finalement, dans une démarche houleuse, et des airs hautain. Wolfram put enfin rejoindre son compagnon, prudemment, redoutant sa colère et sa peine.
-Yuuri... est-ce que ça va ? Ce n'est pas ce que tu crois, je t'attendais et j'ai eu beau leur faire comprendre que je m'en fichais, elles ont continué et...
-C'est bon Wolf... Je te crois, c'est juste que, te voir comme ça, au milieu de jeunes filles, je me disais juste que tu allais bien avec elles, et... j'ai eu peur que tu ne me laisse, avoua à mi-voix le Roi.
Quoi ?! Mais à quoi pense t-il donc ?
-Yuuri...
-Ça m'a rendu jaloux, c'est tout. Rentrons maintenant, avant de nous faire remarquer, ce n'est rien, le rassura le Roi.
Il hocha la tête, et suivi docilement le brun, remarquant sa tenue nouvelle : un jean noir qui mettait ses jambes musclées en valeur et un T-shirt bleu marine avec le symbole d'une équipe de base-ball sur le torse. Il avisa bientôt une ruelle sombre, à l'abri des regards indiscrets, et saisi rapidement la main du Maoh et le tira jusqu'à celle-ci.
-Wolf ? Qu'est-ce qu'il y a ? s'enquit ce dernier, étonné.
Il ne répondit pas, mais posa la main qu'il tenait toujours contre son cœur qui battait la chamade.
-Le sens-tu Yuuri ? Ce cœur qui ne bat que pour toi...
Wolfram s'arrêta un instant, quelque chose le tourmentait, mais il n'arrivait pas à lui dire, c'était tellement dur encore pour lui.
-Les femmes ne m'attirent plus... comme avant. Je ne suis bien qu'avec toi, je ne peux être moi qu'avec toi. Tu es le seul à connaître cette part de moi, qui est si fragile. Ces jeunes femmes m'indiffèrent totalement, il n'y a que toi pour moi.
Il le poussa doucement contre le mur, et passa un genou entre les jambes de Yuuri, accolant son corps contre le siens, et cacha son visage dans ses mèches noires et soyeuses. Il se pendit à son cou, subitement gêné de ses révélations.
-Je le sais Wolf, je connais cette partie de toi que tu cache aux autres, cette sensibilité, cette douceur. Je sais que tu n'est pas que cet impétueux guerrier, mais aussi ce compagnon attentionné. Je sais tout ça Wolf, mais je ne serais pas non plus un bon mari si je n'étais pas un peu jaloux en te voyant dans les bras de quelqu'un d'autre non ? Rit le brun.
-C'est moi qui suis jaloux d'habitude... rougit-il encore.
-Mais ça m'arrive aussi. Viens, rentrons maintenant, ils vont s'inquiéter sinon, sourit encore Yuuri.
-Yuuri ? Tu ne m'en veux pas ?
-Mais non.
Wolfram fut surpris de sentir son compagnon l'éloigner vivement, avant de lui voler un baiser passionné, avant même qu'il ai put esquisser le moindre mouvement. Puis, ils fut tiré dans les ruelles jusqu'à la maison de Maurine. Malgré tout, cette histoire de « Gays » le tarabiscotait, il ne comprenait pas.
-Yuuri ?
-Oui Wolf ?
-C'est quoi un « Gay » ?
-Heu, et bien... Ici, c'est quand un garçon aime un autre garçon...
-Et... Ce n'est pas normal ?
-Pour beaucoup, non, soupira le Maoh. C'est aussi à cause de cela que... que j'ai eu un peu de mal à m'avouer mes sentiments envers toi. Je sais que c'est différent au Shinmakoku.
-Évidemment ! Nous n'avons aucune préférence, nous sommes tous capable de tomber amoureux d'hommes comme de femmes...
-Je le comprends, je trouve même ça mieux, vous avez plus de chance de trouver l'âme sœur. Et puis vous n'avez pas ces stupides préjugés... M'enfin, passons, c'est bien cette maison ? Demanda Yuuri en pointant du doigt une bâtisse coquette.
-Tu n'a vraiment aucune mémoire hein ? Rit doucement Wolfram.
-J'ai juste pas fait attention en partant, j'avais juste une forte envie de noyer mon si cher meilleur ami... sourit sombrement le brun.
Il peu être effrayant aussi quand il s'y met...
Wolfram frissonna, avant d'ouvrir le portail galamment. Puis ils frappèrent à la porte et ce fut Conrad qui leur ouvrit, son habituel sourire bienveillant illuminé plus que d'habitude. Ce qui surprit le mazoku, mais il ne dit rien, et rentra.
-Vous avez trouvé votre bonheur majesté ?
-Oui, et c'est Yuuri ! Tiens, je te rends ta monnaie !
Ils se mirent ensuite à parler de l'équipe de base-ball qui figurait sur le T-shirt du Maoh. Wolfram, s'ennuyant, alla rejoindre Maurine qui était toujours assise devant un ordinateur, d'après ce qu'avait dit Yuuri, faisant défiler des pages virtuelles.
-Vous avez trouvé quelque chose ? S'enquit-il.
Apparemment, elle fut surprise qu'il s'adresse à elle aussi gentiment. Il préféra oublier sa surprise, et se concentrer sur ce qu'il voyait à l'écran.
-Non malheureusement. Quelques petites infos sans suites seulement.
-Pourrais-je envoyer un mail ? Je pense qu'il est temps de demander de l'aide à Bob, intervint Yuuri.
-Bien sur, je vous le laisse de suite Votre Majesté !
-Ah non, tu ne va pas t'y mettre toi aussi ! C'est Yuuri, et tu me tutoie, la morigéna faussement ce dernier.
-Comme vou... comme tu veux, sourit-elle.
Wolfram le vit s'installer à sa place, et ouvrir une nouvelle fenêtre. Puis il agita ses doigts sur le clavier avec célérité qui retranscrit des lettres à l'écran. Le mazoku blond ne pouvait s'empêcher d'être fasciné par cette technologie. Cependant, son grand frère posa une main sur son épaule.
-Wolfram, j'ai quelque chose à t'annoncer... J'ai demandé Maurine en fiançailles.
Il demeura un instant bouche bée, avant de réaliser que les yeux marrons de son frère le fixaient avec anxiété, attendant sa réponse.
-Wel... Conrad, je suis...heureux pour toi, enfin, as t-elle accepté ? S'enquit-il en rougissant.
-Oui, elle à accepté.
Wolfram le serra dans ses bras comme le voulait la tradition, un peu gêné, avant de demander d'un regard s'il pouvait faire de même avec la jeune femme. Celle-ci fut encore plus étonnée quand il la serra à son tour dans ses bras, mais se décontracta ensuite. Puis, ce fut au tour de Yuuri de les féliciter, heureux pour ses amis.
L'ambiance s'allégea, ils n'avaient plus qu'a attendre la réponse du Maoh terrestre, même si Yuuri ne comprenait pas trop le geste de Wolfram.
-Je leur ai donné ma bénédiction... rougit encore le blond.
Yuuri le serra dans ses bras, attendri, provoquant les protestations de ce dernier.
-Arrête de faire cette tête, ça ne te va pas, on dirait Gwendal ! Rit le brun.
-Certainement pas ! Mon frère à déjà trop de rides sur le front, moi, je suis encore beau et jeune ! Plastronna t-il pour cacher sa gêne.
-Pfff, ça va tes chevilles ? Persifla le Maoh.
-Humpf !
Wolfram croisa les bras contre son torse, ignorant les rires de l'assemblée, et détourna le regard.
