Chapitre 38 :

Wolfram pressentait le pire quant à cette rencontre. Il avait rarement ressentis ce malaise, mais depuis quelques temps, ce sentiment d'oppression le tenaillait tellement souvent qu'il avait maintenant l'habitude de sentir son estomac se nouer. Il s'employa à ne pas laisser passer une seule émotion sur son visage alors qu'ils arrivaient devant les doubles portes richement décorées de la salle de trône. Cependant, son anxiété devait être palpable pour son compagnon qui glissa affectueusement sa main dans la sienne.

-Je suis là Wolfram, calme toi, lui murmura Yuuri d'une voix rassurante.

-Yuuri ? Quoi qu'il se passe, je t'aime. Toi et personne d'autre. Mon passé est troublé, et je jure de tout t'expliquer plus en détails plus tard. Je comprendrais que tu me déteste, mais n'oublie jamais que tu es le seul et l'unique pour lequel je donnerais ma vie.

-Je ne t'en veux pas mon loup, ajouta t-il encore plus bas en lui lançant un sourire confiant. Nous avons tous un jardin secret...

-Merci chaton, fit-il tellement bas que même Yuuri dus tendre l'oreille pour l'entendre.

-Allez-y vos majestés, leur intima Conrad.

Il vit Yuuri hocher la tête, avant de lui lâcher doucement la main et de les poser sur les lourdes portes. Il les ouvrit d'un grand geste ample, qui vinrent doucement leur révéler la présence de la jeune femme.

Wolfram fut ébahi, cette femme n'avait pas changée d'un pouce, et la voir ainsi ne fit que réveiller au fond de lui des souvenirs douloureux qu'il avait voulu oublier à jamais. Ses yeux rencontrèrent ceux de la jeune femme qui se releva en s'étirant gracieusement, rejetant ses longs cheveux roux en arrière. Elle fit quelques pas vers eux, et le mazoku blond ne pus s'empêcher de poser une main sur la garde de son épée. Wolfram ne pouvait plus poser son regard sur Yuuri, de peur de ce qu'il pourrait lire au fond de leur onyx majestueux.

Le bruit des portes se refermant derrière eux le fit reculer un peu, se mettant automatiquement devant son mari pour le protéger de la créature qui s'approchait encore d'une démarche féline.

-Allons joli cœur, tu sais que tu n'a rien à craindre de moi non ? C'est plutôt lui qui devrait me craindre, après tout, je te laisse tout seul quelque temps et tu trouve le moyen de te marier avec quelqu'un d'autre. Le roi en plus ! Tu ne fais pas dans la bagatelle, à moins qu'il ne s'agisse d'un mariage arrangé, miaula t-elle d'une voix affable.

Wolfram lui répondit par un mutisme contrôlé, la mine indéchiffrable. Il sentait son aîné se tendre derrière lui, prêt à réagir en cas d'attaque. Il commençait à apercevoir l'aura maléfique qui se dégageait autour de la rousse.

-Quoi, ne me dis pas que tu ne lui as jamais parlé de moi ? Fit-elle semblant de s'offusquer.

-Il m'en as bien assez parlé pour comprendre que vous étiez une erreur qu'il n'aurait jamais dus commettre ! Siffla Yuuri en colère.

Wolfram lui jeta un regard en coins, remarquant que lui aussi, instinctivement, avait déployé son maryoku autour de lui, ses yeux fendus ne quittant pas sa rivale. Conrad, lui, semblait sur le point de charger la femme qui avait parcouru plus de la moitié de la salle.

-Allons, ce que vous êtes sévère avec moi... Je l'ai tout de même aimé de tout mon cœur !

-Si par « aimé de tout ton cœur » signifie se faire déshonorer par le premier qui passe, alors j'aurais préféré que tu me haïsse ! Cracha Wolfram, sentant sa colère légendaire monter en lui.

-Ce n'était pas le premier qui passait, se justifia la mazoku, son aura se colorant de plus en plus, semblant palpable à présent. Je choisissais précautionneusement !

-Tu n'es qu'une traînée ! Sais-tu au moins ce que tu m'a fait endurer toutes ces années ! Hurla t-il a fleur de peau.

Il se mit à trembler de rage, complètement assaillis par sa haine, sa douleur, sa frustration, et sa peine. Mais un sourire moqueur étira les lèvres de la jeune femme, ses yeux se colorant de rouge petit à petit, cependant qu'elle arrivait au niveau du Roi consort. Celui-ci dégaina son épée, et se mit en position de défense, protégeant un peu plus encore Yuuri de son corps.

-Tes mots son durs mon ange, sourit encore la rouquine.

Mais alors qu'elle allait franchir la distance qui les séparaient d'une main aux ongles pointus, les doubles portes s'ouvrirent sur quelqu'un d'essoufflé. Wolfram n'osa pas regarder qui venait d'entrer, surveillant avec attention le moindre mouvement de son ennemie. Aussi fut-il surpris de la voir reculer, en prenant une expression étrange : un mélange de haine, de peur, d'incrédulité et de respect. Elle recula jusqu'à arriver au milieu de la pièce, alors que l'intrus s'avançait. Une main se posa sur son épaule, une main fine qui semblait si faible. Une main qu'il aurait put reconnaître entre mille auparavant. Une seule personne le touchait comme ça, mais il craignait que sa mémoire lui joue de mauvais tour.

Puis avant qu'il ne tourne la tête, s'avança dans son champ de vision, une jeune femme aux cheveux roux sales et emmêlés qui lui arrivaient aux genoux. Les jambes frêles de cette nouvelle arrivante étaient tachées de sang séché et de boue, couvertes de blessures et d'hématomes violacés. Ses bras décharnés semblaient à peine assez fort pour supporter le poids de l'immense épée qu'elle tenait dans ses mains. Mais malgré sa faiblesse physique, elle se tenait droite, fière, chacun de ses pas étaient assurés et majestueux. Elle n'avait en rien perdu sa prestance, mais le mazoku n'osait penser à tout ce qu'on lui avait fait subir. Elle n'était vêtue que d'une simple chemise en toile de jute qui lui arrivait au dessus des genoux, rapiécée, déchirée et couverte de sang.

-Impossible...murmura t-il, provoquant l'incompréhension du Maoh.

-Je crois bien que si, Votre Majesté Von Bielefield, intervint la voix de Murata dans son dos.

Un silence s'imposa alors que la nouvelle venue s'arrêta à une distance respectable de son double.

-La partie est terminée Pandora ! Tonna la voix rauque mais mélodieuse de l'apparition fantomatique.

-Morgania ?! Comment as-tu réussi ? Comment as-tu fait ?! S'étrangla la dite Pandora.

Pandora ?! Quel est ce maléfice ?! Je ne comprends rien ! Qui est cette fichue Pandora !

-A force de patience. Tu pensais quoi, que tu pourrais me retenir toute ma vie dans cette tour ? Ricana méchamment l'intruse.

Wolfram n'eut pas le temps de réagir, la rousse du nom de Pandora chargea l'autre en sortant deux petits poignards des ses manches à une vitesse incroyable. Il crut que ça allait être la fin de Morgania, mais avec une vivacité surprenante pour son état elle para les coups avec le plat de son épée. Son aura dorée se rependait autour d'elle, mais d'une lueur si faible qu'elle menaçait de disparaître à tout instant. Cependant, quand la paume de sa main toucha sa rivale, une onde de choc incommensurable se répercuta dans toute la salle, repoussant comme une poupée de chiffon la rousse à l'aura vermeil. Alors qu'elle se fit projeter à l'autre bout de la salle et atterrit lourdement sur le sol, se cheveux raccourcirent, et prirent une teinte violette lilas. Son corps rétrécit presque imperceptiblement, mais son visage prenait une toute autre morphologie.

Elle ressemblait toujours un peu à Morgania, mais seulement comme deux personnes unies par de même ancêtres. Elle se releva lentement la tête, et vrilla ses yeux ambrés sur Wolfram. Elle cracha un peu de sang sur le carrelage, et éclata d'un rire méphistophélique, en se relevant lentement, sonnée.

Wolfram accourut aux côtés de la rouquine, suivit de peu par Yuuri et Conrad, mettant ainsi leur ennemie en position d'infériorité. Morgania s'avança encore un peu, son aura devenant de véritable flammes qui réchauffèrent les joues du Monarque et de ses compagnons. Ce feu se rua sur le corps de la jeune femme toujours étendue au sol, qui se mit à hurler de douleur.

-Arrête, ne fait pas ça ! Intervint Yuuri.

Le visage plus qu'émacié de la rouquine se tourna vers lui, ses yeux ayant prit une teinte plus violette que bleue emplis de chagrin et de haine. Elle grimaça, mais obéis à l'ordre du Roi, dispersant les flammes mortelles qui s'acharnaient sur la silhouette décharnée au sol.

-Ce n'est qu'un avant goût de ce que j'ai vécu, ma chère cousine. Je me vengerai, je te le jure, même si cela doit apporter ma mort, je me vengerai. Tout comme je vengerai Wolfram !

-Tsss, idiote, arriveras-tu seulement à parvenir jusqu'à moi ?! Toussota faiblement Pandora.

Elle trouva la force de ricaner, avant qu'un nuage noir et ocre ne vienne l'ensevelir. Quelques secondes plus tard, il ne restait plus aucune trace d'elle.

Ils demeurèrent tous un instant à observer cet endroit où elle se trouvait une minute auparavant. Puis, Morgania se tourna vers eux, vacillante. Wolfram eu tout le loisir d'observer dans quel état déplorable elle se trouvait. Il pouvait voir de nombreuses plaies mal cicatrisée ou encore béantes, d'où son sang coulait doucement. Ses « vêtements » étaient poisseux, et laissaient apercevoir des bleus su tout son corps. Les lèvres craquelées de la jeune femme s'ouvrirent sur un souffle erratique, et faible.

Wolfram était tétanisé, il avait peur de comprendre ce qui s'était déroulé ces dernières années. Yuuri glissa à nouveaux sa main dans la sienne en un geste possessif qui fit froncer les sourcils de la jeune femme.

-Alors c'était vrai Wolfram ? Tu as vraiment cru que cette sorcière était moi... Tu t'es vraiment marié avec le Roi...

Elle ferma douloureusement les paupières, retenant un sanglot. Wolfram avança une main vers elle, mais il ne savait pas que lui dire. A son grand étonnement, elle saisi leurs mains entremêlées et les serra faiblement, avant de les regarder avec un petit sourire, chacun leur tour.

-Je suis heureuse que tu ai pus l'oublier, et trouver quelqu'un fait pour toi. Votre Majesté, prenez soin de lui, vous ne savez pas la chance que vous avez d'être aimé par quelqu'un comme lui. Veuillez m'excuser, je dois partir à présent, je ne suis pas vraiment la bienvenue par ici, d'après ce que j'ai compris, sourit-elle douloureusement.

Wolfram voulait trouver quelque-chose pour la retenir, mais il était tellement perdu qu'il ne savait pas à quoi se raccrocher. Il la vit amorcer quelques pas, avant de s'effondrer au sol. Ce fut Yuuri le plus rapide, il se précipita à ses côtés, tentant de la redresser, mais elle était secouée par une puissante quinte de toux, son sang se rependant encore sur le sol.

-Depuis combien de temps es-tu dans cet état ? S'enquit Yuuri d'une voix blanche.

-Une vingtaine d'années, je ne sais plus exactement, je n'avais pas vraiment la notion du temps...

-Comment as-tu fait pour tenir ? Demanda Wolfram, secoué par sa révélation.

-Je suis désolée Votre Majesté... C'est ton souvenir qui m'a tenu en vie Wolfram... Je suis fatiguée, je suis vraiment désolée de vous demander asile, mais au moins pour cette nuit, je partirais dès demain matin...

-Tu as dus voir l'armée que Pandora avait levé non ? Intervint Murata d'un air énigmatique.

-En effet, j'ai même entendu parlé de leur plans. C'est pour ça que je suis partie, ils voulaient m'utiliser pour détruire le Shinmakoku, et vous tuer tout deux.

-Shibuya, tu ne crois pas, qu'elle pourrait rester un peu plus longtemps ? Elle nous serait d'une aide non négligeable.

-En effet, mais dans l'état dans lequel elle est, ne serais-ce pas trop dangereux ?

-Une nuit me suffira pour me remettre, j'ai appris à me soigner vite, assura t-elle avant d'être secouée par une nouvelle toux plus violente que la précédente.

-Conrad, Pourrais-tu l'emmener voir Gisela ?

-Bien Votre Majesté.

-C'est Yuuri !

Wolfram réalisa qu'il était toujours en train de les observer sans bouger.

Ma vie pendant ses dernières vingts années auraient donc étés qu'un tissus de mensonges ? Tout n'aurais été qu'une machination ?

Il aperçut du coin de l'œil, son mari qui l'observait d'un air soucieux, cependant que Conrad emportait la jeune femme en la portant dans ses bras. Il sentit à peine Yuuri se rapprocher de lui, et sursauta quand il le prit dans ses bras précautionneusement, posant ses lèvres sur les siennes.

-Wolfram, tu peux ranger ton épée, viens te reposer un peu, lui intima le Maoh.

Il perçut le léger désir que cachait ses paroles, ce qui eu le don de le réveiller un peu de sa torpeur. Il embrassa passionnément le brun, se fichant royalement du regard amusé du Grand-Sage dans leur dos, et s'exécuta sur le champ, puis il suivit Yuuri dans un état second.

Shinou, à quoi vous amusez-vous ?! Je comprends finalement ce maudit Grand-Sage, qu'il doit être dur de survivre à vos frasques... Que nous réservez vous encore dans le futur ?

Il soupira discrètement, exténué, perdu entre passé et futur.

– – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – –

Tadaaaaah ! Bon, alors, ça risque de devenir un peu le n'importe quoi là ^^' Le prochain chapitre sera un petit lemon Yuuram, donc rating M ;-) Voilà, donc à bientôt !

A:Alors ? Ce chapitre sied mieux au seigneur Von Bielefield ?

W:Bof...

A:Je sais, ce n'est pas encore le chapitre que tu préféra, mais ça vient, je ne peux pas bâcler ma fiction pour tes beaux yeux !

W:Tu pourrais...

A:Non -_-

Y:Tu n'es jamais content hein ?

W:Si, quand je suis dans tes bras...

A:Trop Mignoooon !:3

M:HumHum... On se calme !

A:Oh ça va le pervers ! En plus, j'ai fait exprès de te mettre dans mon chapitre pour te faire plaisir !

M:Héhéhé, merci !:3

Conrad:Pourquoi je dois la porter ?

Morgania:Sans doute parce que tu es un chevalier servant, et que je ne pouvais pas marcher ?

C:Oui, mais de quoi je vais avoir l'air devant ma fiancée moi ?

Mo:D'un Homme serviable...

W:D'un Guerrier qui porte une femme blessée... Et d'ailleurs, pourquoi je dois être son ancien mari ?

A:Pour le show, pour expliquer ta jalousie à la mords-moi le nœud !

W :... Va écrire la suite, auteure à la noix !

A : Sans problèmes, faiblard !

Y:J'ai peur de ce qui va suivre...

Mu:Je peux filmer ?!

A,W,Y,: VAS-T'EN PERVERS !