Note de l'auteur: Eeeet... je suis de retour. Ca fait longtemps je sais... Mais cette histoire me trottait dans la tête, et elle a fini par s'y imposer de nouveau.

Cette fois, je sais comment ça va se terminer.. Ca fait du bien de réécrire après toutes ces années (omg c'était en 2012). Pas mal de choses ont changé dans la vie.

J'espère que ceux qui me lisaient à l'époque sont toujours là. En tout cas, voici la suite. je vais essayer d'être assez régulière, et d'aller jusqu'au bout.

Voilà, assez parlé. Place à l'histoire.

Comme toujours, remarques et demandes sont bienvenues! A tout à l'heure dans les reviews :)

Tsumeba


Chapitre 9

L'inconnu

Cela fait maintenant trois jours que l'on marche dans les plaines enneigées. On ne s'arrête qu'une fois,le soleil au zénith, pour permettre à l'escouade de souffler. Tsume m'ignore royalement depuis notre confrontation. Comme si je n'existait pas pour lui. Il ignore tout du combat intérieur que je vis en ce moment.

Mon père reste toujours à l'écart, le fusil au bras. Je me retrouve seule dans mes pensées. La tristesse qui m'habite est lourde à porter, mais je n'ai personne à qui la confier. Je ne peux pas m'empêcher de me demander ce que mijote mon père. Pourquoi ne se mêle-t-il pas aux autres humains ?Les militaires veulent retrouver Cheza. Chaque jour, on se rapproche peu à peu de son odeur. Le Commandant a laissé 5 jours à mon père pour la retrouver. Au-delà de cette échéance, c'est la mort pour moi et Tsume.

La blessure de ce dernier que j'ai soignée grâce à la mousse semble en voie de guérison. Ça me met un peu de baume au cœur. Il ne boite presque plus. Lui aussi semble l'avoir remarqué, mais il demeure muet comme une tombe. Le soir, quand la lune se fait haute, il s'assoit bien droit face à elle, et ferme les yeux. J'en profite pour l'admirer en cachette. Sa fourrure grise luit d'un reflet argenté sous le clair de lune. Sa respiration forme de brèves volutes dans l'air glacial. Mais je ne ressens pas l'impact du vent d'hiver. Il irradie de beauté, et je ne peux empêcher mon cœur de se resserrer.

Les sentiments pour lui que j'ai découverts refont surface. J'ignore comment les contrôler, alors je me contente d'observer, le feu dévorant mes entrailles.

- Avance la chienne, tu bouches les passage !

Le militaire m'administre un violent coup dans les côtes, m'arrachant à mes pensées. Je m'étais arrêtée sans m'en rendre compte. Tsume se retourne brièvement. Même si ça ne dure qu'un instant, je capte le regard de ses yeux ambrés. Je n'y lis que désapprobation. Prise d'une once de colère, je grogne et me relève. Je le rattrape d'un bond, bien décidée à régler la situation.

Ça ne peut plus durer ainsi. Je me lance.

« Tsume. »

Nouveau grognement.

« Cheza n'est plus très loin. Tu la sens ? »

« Question idiote. »

Agacée, je rétorque :

« Écoute, je suis désolée pour ce qu'il s'est passé dans la cage. Je sais qu'on est en mauvaise posture, et ce n'est pas en s'ignorant mutuellement qu'on va se tirer de là. As-tu une idée de plan pour s'enfuir ? »

Tsume ricane.

« On ? Depuis quand on fait équipe ?

« Mais… la meute.. Kiba... »

Tsume marque un temps d'arrêt. Je vois qu'il essaie de contrôler sa colère.

« Tu ne crois pas que tu as créé assez d'ennuis comme ça ? Jusqu'à quand je vais devoir supporter ta présence ? A ce que je sache, j'ai toujours été opposé à ce qu'on t'intègre. Tu mets l'armée à la poursuite de la meute, ensuite tu m'obliges à coopérer avec ces bâtards d'humains!? Et tu crois que je vais continuer avec toi. TOI ?! »

Ces derniers mots me firent l'effet d'un coup de poignard. C'était une douleur différente d'une balle de fusil. Un douleur plus profonde, plus vicieuse... Mais je ne me laissai pas faire.

« A ce que je sache, l'armée est sur nos traces uniquement depuis que tu pété un câble en ville, avant qu'on trouve le docteur. Alors au lieu de constamment rejeter la faute sur les autres, Tsume, apprends à gérer des émotions. »

J'avais formulé ça d'une traite. Le loup gris me dévisageait, comme pour me défier de continuer. Je ne me fis pas prier. La colère grondant au fond de moi, je poursuivis.

« Tu dis ne pas vouloir m'intégrer à la meute. Alors POURQUOI m'as-tu sauvée Tsume ? Pourquoi m'as-tu soutenue chez Mügger ? C'est tellement facile de jouer au dur après ça ! Étant humaine, il te restait une excuse pour m'exclure. Mais il se trouve que ce n'est plus le cas. »

Tsume n'avait pas bronché. Arrivée à bout de souffle, je repris ma respiration.

« Une louve ne plie pas devant un humain. Tu n'es pas une louve digne de ce nom. »

« Je ne plie pas ! aboyai-je, hors de moi. J'ai fait le choix de te sauver la vie ! »

« Et au nom de QUOI ? rugit-il, les crocs dévoilés.

Le pelage de mon échine se dressa. Je ne savais que trop bien pourquoi. Je ne pouvais m'empêcher de penser que Tsume devait être le seul à détester quelqu'un qui lui avait sauvé la vie.

« Tsss… »

Le loup détourna la tête. Soudain, un craquement strident se fit entendre. Le groupe s'arrêta net, et je manquai de rentrer dans le militaire devant moi.

- QU'EST-CE QUE C'EST!

Tout le monde tourna la tête vers la source du bruit. A notre gauche, à la lisière de la forêt, les branches des sapin se balançaient. Un nuée d'oiseau s'envola. Un autre craquement, plus distant se fit entendre.

« On nous suit », fit le loup gris.

« Comment ça ? »

Tsume avait murmuré tout bas. Un frisson parcourut ma fourrure. Un bruit sec interrompit le silence. Mon père avait armé son fusil, qu'il pointait en direction des arbres, tandis que les chiens des militaires s'étaient mis à gronder.

Après un temps qui me parut interminable, le calme revint. Plus aucun mouvement n'agitait les branches. Je plissai les yeux, mais l'ombre dense de la forêt dissimulait tout.

- Fausse alerte, fit mon père, baissant son arme. La bête a dû s'échapper.

- Ouvrez l'œil, vous autres ! ordonna le Commandant à ses soldats. En avant !

Le crépuscule s'imposait de plus en plus, tandis que nous marchions. Malgré les apparences, je sentais la tension qui régnait dans le groupe. Chaque soldat gardait la main à l'arme. Mon père s'était rapproché de moi et Tsume, nous jetant des regards furtifs emplis de suspicion. Quand à moi, mon cœur commençait à prendre un rythme soutenu. « On nous suit ». Ces mots résonnaient dans ma tête. Je tendis mes sens canins, à la recherche d'un son, d'un odeur.

Je mis un temps à m'habituer à mes nouveaux sens aiguisés, mais finis par la sentir : un odeur de loup.

Je frémis, aux abois. L'odeur était lointaine, certes, mais je la sentais maintenant clairement.

Les chiens derrière nous s'agitèrent, tandis que les soldats essayaient des les contrôler, sans comprendre.

« T'en a mis du temps ! » me fit Tsume, moqueur.

Encore sous le choc, je ne répondis pas tout de suite.

« … Depuis combien de temps ? »

« Tu te souviens le hurlement, il y a trois lunes ? »

C'était la première nuit que nous avions passée attachés, après notre confrontation. Oui, je m'en souvenais.

« Allié ? Ou ennemi ? » fis-je

« A voir », répondit le loup gris entre ses crocs. Il avait prononcé ces mots d'un ton tendu, presque empreint d'inquiétude, qui me laissa perplexe.

« Tsume… ? Tout va bien ? »

« Tsss... » ricana-t-il, puis il se referma. Je soupirai, puis me redressai.

« C'est sûrement une chance pour nous, en fin de compte. Qui que se soit, il peut nous aider à fausser compagnie aux militaires… et à mon père ! »

« Encore faudrait-il qu'il daigne ramener son cul jusqu'à nous ! cracha Tsume avec hargne, ce qui me déstabilisa.

« Une de tes connaissances peut-être ? Un ami ? » osai-je, railleuse.

« Qu'est-ce qui te fait dire ça ? « s'exclama-t-il, les babines retroussées

« Oh, arrête un peu… »

« Des amis, j'en ai pas besoin. »

Je levai les yeux au ciel, ce qui me valut un coup de crocs de Tsume, que j'esquivai avec grace.

« Ça t'amuse ? » fit-il, me fixant de ses yeux d'or.

« Un peu… » avouai-je.

Bon sang, qu'est-ce qu'il m'arrive ! Je me retournai vers Tsume qui continuait à me regarder, la gueule entrouverte. Je n'arrivais pas à déchiffrer les émotions qui déferlaient en lui. Il ne devait pas avoir l'habitude qu'on lui réponde de la sorte.

« Tsume, je rigole… » finis-je par murmurer.

« Gamine… » maugréa-t-il, renfrogné, sans pour autant parvenir à dissimuler une pointe d'humour. Le grand Tsume serait-il moins froid qu'il n'en avait-l'air ? Mon cœur se serra l'espace d'un instant.

« Une gamine qui te veut du bien… » répondit-je.

Le soleil disparaissait à l'horizon, sans que nous nous rendions compte, inondant la plaine enneigée d'un éclat miel.

- Halte !

Je m'assis dans la neige, en soupirant. Cette journée m'avait épuisée, et les maigres rations qu'on nous distribuait chaque soir n'étaient pas suffisantes pour continuer très longtemps. Je ricanai. Tout ça était étudié, bien sûr. On commença a démanteler le groupe, monter le camp. Je vis mon père en train de discuter avec le Commandant de l'escouade au loin, nous pointant du doigt, mais même mes sens de loup ne pouvaient pas capter leurs paroles. Frustrée, je pris mon mal en patience et me contentai d'observer, quand un détail m'accrocha le regard. Avais-je rêvé ?

Mon père s'éloignait désormais du campement en notre direction, et comme chaque soir, nous entraîna à l'écart, sur une colline. Cette dernière surplombait le bivouac, tournant le dos à la forêt. Une odeur de nourriture se dégageait du campement. La salive me vint à la bouche.

Mon géniteur nous attacha à notre pieu sans ménagement. Il savait très bien qu'on le ferait sauter facilement, mais le marché avec lui nous obligeait à jouer le jeu. Il finit par nous jeter notre ration du jour à terre : un morceau de viande à moitié congelé.

Tsume dédaigna le sien, se contentant de fixer l'homme d'un regard meurtrier. Quand à moi, je commençai à mâcher résolument mon quartier de viande.

Mon corps de loup était résistant, certes, mais avec le régime que j'avais subi ces dernières semaines, je devais saisir l'occasion. Je m'étais considérablement amaigrie. Une fois terminé, mon ventre grondait encore. Je jetai un coup d'œil envieux à la ration de Tsume. Mon père s'en aperçut.

- Rêves pas trop, toi.

Il l'envoya valser d'un coup de pied. Le bout de viande dévala la colline, désormais hors d'atteinte . Devant tant de cruauté, même Tsume se mit à gronder. Je soupire. Moi, ça ne m'étonnait pas plus que ça.

- Le Commandant commence à s'impatienter , fit l'homme sans ambages. Plus qu'un jour et il vous exécute. Alors je pense qu'il est plus que temps que je vous explique mon plan.

Je dressai mes oreilles. Un mauvais pressentiment m'envahissait. Mon père se retourna, et se mit à chercher quelque chose dans son sac. Soudain, une odeur familière, que j'avais oubliée depuis longtemps, m'emplit les narines. Je tressaillis.

Quand il se retourna, il portait un objet entre ses mains. Une écharpe rouge à l'aspect vieilli, dont le tissu commençait à d'étioler. Un objet banal en soi. Mais pas pour moi.

La senteur qui s'en dégageait était celle de ma mère. D'un coup, mon déni vola en éclat.

Ne vous est-il jamais arrivé de cacher une vérité insupportable au fond de vous ? Elle ressurgit toujours, malgré tous vos efforts pour vous convaincre du contraire. C'est exactement ce qui se passait. Je l'avais senti, depuis jour où ma mère avait disparu. Trop d'éléments me mettaient sur la voie. Depuis le jour où mon père avait refusé de me dire ce qu'il avait fait d'elle. Depuis Mügger. Elle n'était pas morte. Depuis le jour où j'avais découvert ma vraie nature. Elle n'était pas morte. Mais si l'on arrêtait pas mon père, elle allait l'être bientô ne prêtais aucune attention au discours de l'homme qui tenait cette relique du passé, toujours sous le choc. Tsume me jetait un coup d'œil grave. Lisait-il en moi ?

- Nous partirons cette nuit. La colline nous couvrira, et vous me guiderez jusqu'à elle.

Ces mots me firent l'effet d'un poignard en plein coeur. Il me restait peu de temps pour trouver un solution.

Mon père se relevait déjà. Il prit son fusil.

- Je compte sur vous deux pour la retrouver. Faute de quoi, ce sera moi qui vous ôterai la vie, fit-il.

Il noua l'écharpe autour de son cou, puis s'en alla en direction du camp.

Je m'affalai dans la neige. Je tremblais. Tsume se dressa au dessus de moi, et me fixa, silencieux.

« Il cherche ma mère. »

Ces mots s'étaient échappés de moi. Je me maudis intérieurement.

« J'avais compris » répondit le loup gris, d'un ton doux.

En temps normal, cela m'aurait réchauffé le cœur. En cet instant, il était dur comme de la pierre.

« Qu'est-ce que tu comptes faire? » demanda Tsume, me fixant toujours de son regard incandescent.

« Je ne sais pas… Je… Je dois l'en empêcher.. Je… »

Je n'arrivais pas à réfléchir. L'horreur s'insinuait en moi dans les moindres recoins, m'inondant de son flux glacé, paralysant mes sens. Une douleur me tira soudain de ma torpeur.

Tsume avait enfoncé ses crocs dans ma patte.

« Tu es une louve. Contrôle-toi. Et agis. »

Ces paroles réveillèrent en moi une rage jusque là enfouie. Une rage animale. Je me dégageai facilement, et me relevai. Tsume avait raison. La lune était haute dans le ciel. Il était temps d'agir.

« Il faut que récupère l'écharpe. Puis on se casse d'ici. Tant pis si je meurs ce soir. Je n'aiderai pas mon père à accomplir l'irréparable. Je préfère mourir. »

Les yeux de Tsume se plissèrent. Un rafale de vent déferla sur nous.

« Tu comprends maintenant ? » fit-il.

Ma gorge se noua.

« L'honneur. Celui qui coule dans tes veines. Ta fierté. Celle dont tu m'as privée en te soumettant dans la cage. »

Je me retournai lentement vers le loup à la cicatrice, et plantai mon regard dans le sien.

« Oui je comprends, Tsume. Je comprends que ne laisse jamais tomber ceux qui me sont chers, même au péril de ma vie ».

Il recula, soudain désorienté.

« La fierté n'a rien à voir la dedans. Tu devrais apprendre à faire plus confiance à ceux qui te veulent du bien. » Je me dirigeais lentement vers lui.

« Arrête. »

« Pourquoi ? »

Je me figeai. Tsume baissa le regard, soudain empreint d'une grande mélancolie.

« C'est en suivant ce raisonnement que je l'ai eue. »

« Qu .. »

« Ma cicatrice. »

Il releva la tête. Devant moi se tenait un loup d'une fragilité jusqu'ici inconnue, cachée au plus profond de lui même. Alors qu'il venait de réveiller en moi une force, il avait mis une grande blessure à nu. Je n'eus cependant pas loisir de creuser la piste plus loin, car son regard était redevenu impénétrablement dur. Seul restait un silence crispé entre nous, bientôt brisé par une nouvelle rafale de vent, plus puissante cette fois.

« Une tempête approche, tu ferais bien de mettre ton plan à exécution avant qu'elle soit là » fit Tsume. Puis il me tourna le dos, me laissant à mes pensées.

Je dirigeais mon regard en contrebas. La neige s'était mise à tomber à gros flocons. Bientôt elle envahirait tout. Réfléchis, Kat', trouve quelque chose.. Je n'avais pas le choix. Dès que mon père viendrait nous chercher, je lui arracherai l'écharpe et m'enfuirai avec Tsume. Nous étions assez loin du campement pour nous en sortir à temps. Avec un peu de chance, la tempête sera là , et nous couvrira. C'était un plan extrêmement risqué, je le savais, mais je n'avais pas tellement d'autre alternative. Mon père n'allait pas tarder à venir prendre son poste habituel à l'écart du campement, non loin de nous. Je profiterai de ce moment. Mais d'abord..

Avec toute ma force, je tirai sur le lien qui m'attachait au pieu. La corde était résistante. Il me fallait l'amocher le plus possible, sans totalement. Je m'arc-boutait de tout mon poids de louve.

Bon sang, j'avais sous-estimé les militaires !

Le vent sifflait autour de moi, soulevant des volutes de neige.

« Attends »

Cette fois n'était pas celle de Tsume. Je sursautai, me retournant d'un bond. Tsume s'était relevé, les crocs découverts, grondant.

Aucun de nous deux n'avions entendu arriver celui qui se tenait désormais devant nous, couvert par le mugissement du vent. Un grand loup noir de jais, aux yeux d'un bleu éclatant. Il nous surplombait avec prestance et une autorité naturelle. Mon regard allait de Tsume, grondant, à l'inconnu, qui se contentait de me fixer, ignorant le loup gris.

« Laisse-moi m'occuper de ça ».

Je n'eus pas le temps de formuler quoi que ce soit, que le loup noir m'avait libérée d'un puissant coup de mâchoires du lien qui me maintenait attachée.

« M...merci ».

« Mon plaisir. »

Je tournai la tête vers Tsume.

« Et lui ? »

« Il peut se débrouiller seul ».

« Mais... »

« Laisse, Kat '» lâcha Tsume, fixant le nouveau venu d'un air mauvais.

J'allais protester, quand des bruits de pas se firent entendre tout près de nous. Pas lui !

Je n'eus pas le temps d'agir. Le loup noir bondit au dessus de moi. J'eus juste le temps d'apercevoir mon père, le fusil en joue.

- MAIS QU'EST-CE QU'...

« Non ! » hurlai-je

Un coup de feu retentit. L'immense loup noir s'était jeté sur mon père qui se débattait à terre. Il avait agrippé le bras d'arme de mon père. Le sang écarlate constellait la neige. Il avait lâché son fusil, perdu quelque part dans la tempête.

- AARG ! SALE BETE ! hurla-t-il

« FUYEZ! » ordonna le loup noir, qui essayait tant bien que mal de contenir les assauts effrénés de mon père.

« Kat', on s'tire »

Tsume bondit à mes côtés. Il s'était débarrassé de son lien.

« L'écharpe ! »

« ON A PAS L'TEMPS ! »

« VITE ! ALLEZ DANS LA FORET, A LA RIVIÈRE !» hurla le grand loup , couvrant le mugissement du vent.

Il hurla soudain. Mon père avait planté un canif dans ses côté à l'aide de son bras valide.

« KAT', MAGNE TOI, BON SANG ! IL EST FICHU DE TOUT FAÇON !»

La neige fusait tout autour de nous, tel un enfer blanc, recouvrant tous mes sens. Tsume s'élança à tout allure, avalant la distance. Une folie panique s'empara de moi, et j'élançai, courant, non, volant à travers les flocons. Je butai contre quelque chose de dur, et dévalai la colline, roulant dans la neige glacée. Une mâchoire m'agrippa fermement, me relevant.

Tsume.

Sans un mot, il se poursuivit sa course. La neige jaillissait sous notre course effrénée. Tous mes muscles criaient de protestation.

D'un coup, l'orée des bois se présenta à nous, abri inespéré. Alors, puisant dans nos dernières forces, nous nous pénétrâmes brutalement dans la forêt dense.

Et l'obscurité s'abattit soudain sur nous.


Note: Mystère, mystère... Un nouveau personnage? ;)