Chapitre 46 :

Bientôt, les chevaux furent ralentis, laissant les cavaliers plus exposés aux coups des ennemis. Morgania entendit soudainement à son côté, Yuuri glisser de sa selle, attrapé par un guerrier adverse. Elle tendit le bras pour le récupérer, mais elle se fit au même moment harcelée par un soldat sur son flanc droit. Elle vit avec horreur l'épée de l'ennemi se lever sur le Maoh, avec une lenteur exagérée, puis s'abattre avec force vers le sol.

-YUURRRRIIIII ! Hurla t-elle avec angoisse.

Un hoquet lui échappa, les larmes lui montèrent aux yeux, elle l'appela encore, descendant de sa jument d'un bond après s'être débarrassée du soldat novice.

Non Yuuri, non, tu ne peux pas me faire ça, pas si proche du but ! Wolfram va me tuer s'il t'arrive quoique ce soit !

Alors qu'elle contournait le cheval inoccupé du Grand-Sage, une brusque bourrasque de vent la surprit, suivit d'un éclat de lumière bleue. Le ciel devint plus noir encore au dessus d'eux, le tonnerre gronda plus proche que prévu, faisant trembler le sol. Puis le Roi se releva, plus grand, les cheveux plus longs, il faisait plus vieux aussi. Le vent furieux faisait voleter ses cheveux, ses yeux noirs, fendus à la manière des reptiles, se posèrent sur moi avec un calme glacial. Sa voix profonde et emplie d'intonations sévères fit frissonner la jeune femme.

-Tu n'a plus besoin de me protéger, fais ce que tu as à faire...

La mazoku rousse demeura un faible instant à l'observer, étonnée, avant de revenir à la réalité. Elle fut assurée qu'elle pouvait vraiment partir sans soucis lorsque le Maoh dégaina Morgif, imperturbable malgré les « UUUUuhuhuhuhuuuuuuu VVVVOuououououououuuuuuu » qu'elle produisait d'excitation, et lorsque le Grand-Sage posa une main ferme sur l'épaule du monarque.

Morgania s'élança en avant, usant de ses épées courtes pour se frayer un chemin. Elle se félicitait dans ce genre de moment d'être parfaitement ambidextre et surtout très réactive. Elle sentait ses vielles blessures la malmener, mais ce n'était pas assez gênant pour l'empêcher de se battre avec fougue, pour elle le véritable danger venait en premier lieu du ciel. Les cadavres encore chauds des créatures bonnes comme mauvaises tombaient parfois lourdement au sol, écrasant fatalement quelques hommes. Elle même manqua plusieurs fois de se faire souffler par leur chutes.

Elle rencontra sur son chemin, Conrad qui se battait furieusement aux côtés de Yozak, appuyés par des soldats alliés. Elle hésita un bref instant à aller à leur rencontre quand elle vit sa cible non loin, occupée à plonger son épée courbée dans la poitrine d'un soldat mazoku. Le pépiement de sa voix criarde parvint aux oreilles de Morgania qui leva les yeux aux ciel. Cette dernière fondit furtivement vers sa proie, puis s'arrêta à une courte distance, avant de l'interpeller. Elle fut elle même étonnée d'entendre toute cette haine sourdre dans la simple énonciation du prénom « Pandora ».

-Ah, te voilà toi... Ce spectacle te plaît ? Rit allègrement la jeune femme au cheveux violets.

-Je ne suis pas venue jusqu'à toi pour me taper la discut'... grogna t-elle.

Et puis quoi encore, elle veut que je lui apporte un jambon beurre en plus ?!

-Dommage... Les morts, ça parle moins après...

Morgania n'eut qu'à peine le temps de percevoir l'énergie rouge et noire amplifiée par la guerre sourdre du corps de sa cousine avant de sentir la douleur cuisante de son pouvoir sur sa chaire. Les volutes carmins s'employèrent à aspirer le sang de Morgania petit à petit, la faisant vite perdre de ses forces.

La rouquine invoqua en un murmure la force de son maryoku, et repoussa la pression des « tentacules » maléfiques de sa cousine. Elle en fut essoufflée, mais ne se déstabilisa pas : elle savait à quoi s'attendre, alors elle se redressa de toute sa hauteur et fit enfler son énergie. Elle fut ravie de constater qu'elle lui obéissait au doigt et à l'œil. Un immense griffon de lumière se jeta sur une créature fantomatique à trois cornes que Pandora avait fait apparaître.

Cette dernière en profita pour sauter sur elle, l'épée dressée, mais Morgania s'y attendait et para aisément le coup avec ses deux épées. Ce à quoi elle ne s'attendait pas, c'est de voir la lame s'allonger après un petit déclic sonore. Une petite douleur à sa joue droite lui fit signifier que la lame l'avait éraflée.

-Tu ne m'échapperas pas cette fois, Morgania. Une fois, c'est déjà une fois de trop...

-Tu parle beaucoup trop à mon goût, Pandora!siffla t-elle entre ses dents en la repoussant.

-De quoi te plains-tu, toi qui à toujours tout eu ?! La richesse, un fiancé qui t'aime, des amis, une famille ! Je n'ai rien eu de tout ça moi !Se mit à hurler la jeune mazoku en la foudroyant de ses yeux dorés.

Elle lui reporta une attaque rapide sur le flanc droit, avant de feinter sur sa cuisse pour toucher son épaule. Morgania serra les dents, et rendit les coups avec force et rapidité. Elle réussi à atteindre la cuisse droite de son adversaire.

-C 'est pour ça que tu as jugé juste de tout me voler ?! Je n'avais que Wolfram ! Et tu me l'a arraché ! Tu l'a détruit pour ta propre satisfaction personnelle !

Emplis de fureur, elle porta une nouvelle attaque, en prenant le dessus sur sa cousine, et la blessa cette fois à l'épaule gauche.

-Héhéhé, et alors, ça te dérange ? Cracha t-elle un mince filet de sang sur le sol.

Une grondement de rage échappa à la rouquine qui laissa totalement déployer son maryoku. D'immenses flammes prenant la forme d'un griffon majestueux s'élancèrent vers sa rivale, mais se heurta un mûr imposant de mauvaise énergie. L'ombre de Shoushu se dressa dans les airs, menaçante, ses yeux rougeoyants de tous les vices possibles. La terre se mit à vrombir, les soldats de Pandora se mirent à trembler et hurler, avant que leur corps n'évoluent, complètement absorbés par leur peur et leur rage. L'armée du Shinmakoku et ses alliés devaient à présent se battre contre des monstres sanguinaires n'écoutant que la volonté de Shoushu incarné par la démente Pandora.

-On aurait mieux fait de t'enfermer dans une boîte, comme ton père, siffla Morgania.

Je n'arriverais jamais à la vaincre comme ça, elle est plus puissante que prévus. Si je continue comme ça, je vais mourir avant la fin.

Alors elle fit ce qu'elle aimait le moins, mais qui devait malheureusement être employé en ce moment même : elle appela en elle tout son pouvoir et se laissa dévorer par la force de son maryoku. Elle devint ce que les mazoku appelaient « le stade Phœnix », le stade le plus puissant mais aussi le plus dangereux du contrôle de son maryoku. En réalité, beaucoup de mazoku s'étaient complètement laissés absorbés par leur désir de violence ou de pouvoir et avaient perdu au mieux leur maryoku, au pire, leur vie.

Je ne finirais pas comme eux, je ne suis pas guidée par de sombres intentions. Ma haine et mon désir de vengeance ont été mis de côté, je ne désire que la justice pour Wolfram, et le peuple du Shinmakoku. Je ne désire que la vérité et la liberté, et malheureusement pour toi ma cousine, tu es radicalement opposée à ces trois idées...

Elle vit avec étonnement et plaisir, ses membres s'illuminer d'une lumière dorée significative. Le flot de son maryoku l'entoura, alors qu'elle percevait l'étonnement de son adversaire la déstabiliser. Lorsqu'elle fut certaine que le processus avait touché à sa fin, elle se laissa guider par son instinct, et s'abandonna totalement à la douceur réconfortante de son maryoku.

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Wolfram était épuisé, le jour se levait depuis quelques heures, mais l'on ne percevait pas le changement à cause des nuages épais et noirs qui ne voulaient définitivement pas s'écarter. Cependant, il y avait assez de lumière pour révéler lentement le carnage qui sévissait sur le sol. Il retint un haut-le-cœur, avant de parer et de pourfendre le soldat monstrueux qui s'en prenait à lui. Ses bras lui faisaient mal, il tenait cette fichu épée depuis beaucoup trop de temps, ses jambes s'engourdissaient également, le laissant parfois pantelant. Mais il refusait d'aller se reposer, car se battre lui permettait d'oublier sa peur constante pour Yuuri. Il avait perçu, il y à quelques heures déjà, l'éclat de son maryoku, et en avait été rassuré. Seulement, cet éclat n'avait pas duré longtemps, il avait vite été résorbé, et il réapparaissait de temps à autres, dans des lieux différents.

Ce n'est pas ce qu'il lui importait le plus pour le moment, ni même ses deux côtes fêlées qui le faisait souffrir et l'handicapaient. Non, c'était cet horrible mauvais pressentiments qui lui brûlait les tripes.

Yuuri, que t'arrive t-il encore !? Je savais que c'était une mauvaise idée de te laisser seul !

Il ordonna à son second de le remplacer cependant qu'il s'élançait vers l'éclat de maryoku bleu qui venait de se rallumer non loin de lui. Courir lui fit énormément mal, mais il était mu par une volonté de fer, et une peur pour Yuuri tellement forte qu'il n'en avait cure.

Enfin, il l'aperçut, sous sa forme évoluée de Maoh, Morgif à la main, l'autre levée devant lui. Ses ennemis s'écartèrent poliment de son chemin, craignant sa puissance. Il avisa en même temps la présence du Grand-Sage à ses côtés, qui ne le lâchait pas d'un pouce.

Il aurait du se sentir soulagé, mais son mauvais pressentiment demeurait.

-Yuuri !

Il le rejoint en quelques longues foulées, et posa une main ensanglantée sur l'épaule libre du monarque, fixant l'émeraude de ses yeux dans les onyx calmes de son amant.

-Yuuri, tu n'a rien ? S'affola t-il.

-Non. Ce n'est pas pour moi que tu dois t'inquiéter, je suis intouchable ici, et tant que mon Grand-Sage demeure à mes côtés, je ne risque rien.

Un cri déchirant leur parvinrent alors à ce moment même, outrepassant la folie du combat, et les hurlements d'agonie des soldats. Il tourna un regard affolé vers le lieu d'où venait de résonner ce cri terrible et perçut le rayonnement éclatant du maryoku doré de Morgania luttant contre une vague puissante de maryoku noir et rouge. La lumière dorée se fit complètement ensevelir sous l'obscurité, un nouveau cri résonna, plus aigu que le précédent.

-C'est pour elle que tu dois t'inquiéter. Va la rejoindre, si tu ne veux pas arriver en retard, lui intima la voix suave du Maoh.

Il ne se fit pas prier deux fois, son malaise augmentant, au fur et à mesure qu'il se rapprochait du lieux de bataille. Il remarqua qu'il n'y avait aucun soldat à porté, laissant les deux furies se battre dans la plaine comme bon leur semblait. La lumière dorée avait réussi à percer l'obscurité carmin de Shoushu, les remettant chacune à une bonne distance l'une de l'autre. Qu'elle ne fut pas sa surprise lorsqu'il réalisa que Morgania avait complètement abaissé les remparts à son immense maryoku, se laissant possédée entièrement par sa force.

Ses longs cheveux roux se tintaient à présent d'un doré rivalisant avec celui de ses propres cheveux, sa peau légèrement découverte par endroits s'illuminait de doré, semblant parfois s'enflammer. Elle fit tournoyer ses deux épées dans un mouvement gracieux et rapide, les lames s'enflammant d'elles même. L'aura semblait elle même n'être qu'un brasier ardent dont il sentait la chaleur caresser ses joues.

-Morgania ! Hurla t-il avec une impression de déjà vu tenace.

Il s'apprêtait à la rejoindre mais une paire de bras solide l'en empêchèrent.

-Non Wolfram, c'est trop dangereux, nous ne pouvons pas intervenir, Morgania pourrait elle même ne pas nous reconnaître et nous prendre pour cible, lui cria la voix de Conrad à son oreille pour couvrir le bruit de la bataille.

-Laisse moi y aller Conrad !

-Non Wolfram, pense à ce que dirait Yuuri s'il t'arrivait quelque chose !

-Je ne te le pardonnerais pas, intervint doucement la voix grave du Souverain dans son dos.

Wolfram ne lui tourna même pas un seul regard, trop absorbé par le combat qui faisait rage devant ses yeux. Il sursauta légèrement quand il entendit le grondement du Varladë légendaire, bientôt le rugissement de Sïmoré lui donna le ton.

-Morgania ! Tu as intérêt de gagner tu m'entends !

Il glissa un regard entendu à son frère, lui faisant comprendre qu'il resterait tranquille et qu'il pouvait le lâcher.

-Cela fait bien deux heures qu'elles se battent toutes les deux, elles prennent tour à tour le dessus sur l'autre, chuchota Conrad.

-Je crois en toi Morgania, intervint la voix de Yuuri, redevenu normal.

-Si Shibuya crois en toi, alors moi aussi ! S'exclama Murata.

-Je sais que tu va gagner, Morgania, sourit Conrad.

Wolfram fut un moment étonné, mais il remarqua que les mots de ses compagnons faisaient augmenter la force de la jeune femme.

-Tu as toujours été la meilleure de nous deux, alors tu as intérêt à lui montrer ce que tu vaux, sinon je ne te pardonnerais pas ! Hurla t-il.

Alors que les coups de plus en plus forts de Pandora l'obligeaient à reculer, Morgania relâcha une bonne partie de son pouvoir, faisant voleter à nouveau sa cousine dans les airs. L'ombre de Shoushu cria et s'élança vers elle, mais sa lumière s'agrandit jusqu'à prendre la forme d'un griffon si grand qu'il dépassait de par sa taille la silhouette de Shoushu. Pandora se redressa et fit à nouveau face à Morgania, un sourire dément barrant son visage. Les deux projections s'affrontèrent avec violence, puis, d'un dernier coup fatal, le griffon sépara en deux l'ombre néfaste qui lança un dernier cri. Pandora hurla en se tenant la tête, son corps se cambra violemment et elle s'effondra au sol.

-Morgania, dépêche toi de la vaincre ! la pressa Wolfram, le cœur battant si vite qu'il n'entendait plus que son écho dans son crâne

Cette dernière s'avança lentement, toujours sous son apparence de Phœnix, rangea ses deux épées courtes et dégaina lentement son épée longue.

-L'heure est venue de payer pour tes méfaits, résonna puissamment la voix plus grave et puissante de la jeune femme.

Pandora lui tourna un regard reconnaissant, et lui glissa un « merci » libérateur avant de gémir sous la nouvelle douleur perpétrée par la lame incandescente de la mazoku rousse.

Ainsi s'éteignit Pandora, et avec elle la menace de Shoushu. Partout autour d'eux, on entendait les hurlements terrifiés des soldats qui redevenaient maîtres d'eux même.

Wolfram profita de l'accalmie pour s'élancer vers la jeune femme, faisant fi des préventions de son frère. Il fit le tour de la jeune femme, s'assurant qu'elle allait bien.

-Morgania, tout va bien, tu as réussi, calme toi maintenant...

Les yeux habituellement violets de la jeune femme, possédaient un éclat doré, et cuivre, témoignant de sa forme de Phœnix. Elle ferma ses paupières et sembla se concentrer pour rappeler son pouvoir en elle. Bientôt son aura disparut, ses cheveux reprirent leur teinte rousse, et lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle était à nouveau la jeune femme qu'il avait connu il y à des années de cela. Avant même de réfléchir à quoique ce soit, il se jeta dans ses bras, bientôt rejoint par Yuuri, Murata et Conrad. Ce dernier demeura un peu en retrait, s'amusant plutôt de les regarder les uns contre les autres, ne pouvant s'empêcher de rire, emplis de joie. Puis ils s'éloignèrent tout trois, laissant la jeune femme respirer un peu.

-Comment vas-tu Morgania ? S'enquit Yuuri.

-J'ai vécu mieux, disons, mais ce n'est pas catastrophique non plus... rit-elle.

-Tu vois, tu n'es même pas morte ! Sourit timidement Wolfram.

Elle lui tira la langue comme une enfant, ce qui les refit rire, le cœur léger.

-Je n'aurais pas dus survivre au stade Phœnix...

-Mais tu l'a fais, et tu es toujours parmi nous, sourit encore Conrad.

-Comment tu as réussi d'ailleurs ?

-C'est simple, je n'étais motivée que par la justice, et justice à été faite, alors il m'a suffit de reprendre lentement le contrôle et de reprendre en moi tout mon pouvoir, disons que c'est ça le plus douloureux, rit-elle nerveusement.

-Je suis tout de même heureux que tu sois parmi nous parce que... commença Yuuri.

-ATTENTION ! Hurla Conrad en se jetant sur Yuuri et Murata, les couchant brutalement au sol.

La suite des choses se passa si vite que Wolfram eu du mal à tout suivre : il eu juste le temps d'entendre une mâchoire puissante claquer à quelques centimètres de lui avant qu'il ne se sente soulevé dans les airs. Il fut poussé avec force sur le côté et il atterrit lourdement sur le sol, à quelques mètres de l'endroit où il se trouvait auparavant, le sonnant un instant, son sang battant furieusement dans ses tempes. Il perçut ensuite le cri de douleur de Morgania après une bruit de déchirure métallique et mouillé, puis le grondement de satisfaction d'une créature gigantesque. Il se redressa un peu et constata que le Varladë légendaire s'était amusé à laminer l'armure de la jeune femme, le sang brûlant de cette dernière se rependant sur le sol.

-Morgania, murmura t-il, toujours sonné.

L'aura dorée de la jeune femme s'éleva à nouveau, et lui échappa entièrement. Le maryoku de Yuuri se joint au siens, amplifiant la force de la jeune femme, et frappant avec force la créature. Peu de temps après, Sïmoré arrivait en hurlant de peine, déchiquetant de ses griffes acérées son ennemi agonisant. Wolfram, ayant un peu retrouvé ses esprits, se redressa, et tituba jusqu'à la mazoku rousse. Cette dernière fut agitée de soubresauts violents, son sang se rependant plus vite encore. Yuuri fut le premier à ses côtés, il souleva doucement la tête de Morgania et la posa sur ses genoux.

-Tiens le coup, on va ta soigner...chuchota t-il.

Wolfram, l'esprit totalement vidé se rapprocha encore, et s'affala à leurs côtés, ne comprenant pas encore ce qui se déroulait.

-Non...C'est tr... trop tard, toussota t-elle faiblement. Je... Je voulais ju...juste que l'o... l'on sois fier de m..moi, soupira t-elle, un filet de sang coulant de sa bouche alors qu'elle s'efforçait de sourire.

Son armure perforée, lui rentrait dans la chair, l'empêchant de bien respirer sous l'intense douleur qu'elle devait ressentir.

-Merci de m'avoir sauvé la vie, murmura Wolfram, la voix tremblante, en retenant ses larmes.

Il lui caressa affectueusement les cheveux salis par la bataille et son sang.

-Tu as sauvé le Shinmakoku, et sans doute le monde entier, bien sur que nous sommes fier de toi, ajouta Murata.

-Tu as sus faire en sorte que le plus d'hommes possible puisse vivre pour ceux qui leur sont cher, je te remercie en leur noms à tous, chuchota Conrad.

-Non... C'est moi qui vo...vous remercie. Yuuri, grace à vo...vous, la paix... est possible. Dans nos cœur à tous. Je suis heureuse, de vo...vous avoir co..comme Roi.

Elle s'interrompit pour tousser violemment et cracher une quantité affolante de sang. Elle chercha son second souffle, le premier l'ayant déjà quittée.

-Merci à toi Wolf... de to... tout mon cœur. Meci d'av... voir en... chanté... ma...vie, souffla t-elle avec un dernier sourire. Deux larmes coulèrent de ses yeux qui se fermèrent d'eux mêmes. Sa poitrine se tranquillisa, les nuages disparurent lentement, et un magnifique soleil vint éclairer l'horreur du champs de bataille.

Wolfram ne se rendit compte qu'il pleurait que lorsque Conrad posa une main sur son épaule, pour le soutenir.

-Non, tu ne peux pas partir comme ça ! Morgania, ce n'est pas fini, réveille toi !

-Wolfram, elle ne se réveilleras pas, chuchota doucement Yuuri, lui aussi versant quelques larmes muettes.

Il fut secoué d'un sanglot muet, ses larmes ruisselèrent sur ses joues sales. Il détestait de montrer aussi faible devant les autres, mais il n'arrivait pas à effacer ses pleurs. Il refusait catégoriquement qu'elle puisse l'avoir abandonnée si vite, alors qu'il n'y à pas cinq minutes ils se réjouissaient de sa survie miraculeuse.

-Non, je refuse ! Morgania !

-Wolfram, il faut que nous rentrions, soigner nos blessures... tenta de le raisonner Conrad.

-JE REFUSE DE LA LAISSER LÀ !

-Wolfram. Nous rentrons. Plus vite nous serrons rentrés et plus vite nous pourrons lui offrir des obsèques dignes de ce nom, répliqua Yuuri d'une voix douce mais ferme.

-Elle ne voudrait pas que tu te morfonde, ajouta doucement son frère.

-Non, fit doucement Wolfram à mi chemin entre le sanglot et le rire. Elle me ficherait un coup de pied aux fesses en me hurlant dessus que je ne suis qu'un faiblard.

Il essuya d'une main tremblante ses joues, et se releva. Il aida Yuuri à se redresser et porter le corps de Morgania jusqu'au Mrah qui versait en silence une larme. Conrad le pris dans ses bras, d'une façon la plus virile possible, pour ne pas blesser sa fierté, mais en ce moment même, il se fichait bien de sa fierté.

-Merci, Conrad Ani-ue. Je vais mieux, ne t'en fais pas.

Il leva son visage vers le ciel bleu, et soupira. Il avait perdu un être très cher, mais il n'était pas seul. Il était même beaucoup moins seul qu'il ne l'avait pensé parfois. Il croisa le regard inquiet de Yuuri, et il lui servit son sourire le plus lumineux pour le rassurer. Il le rejoignit doucement, le prit dans ses bras, et lui glissa un « je t'aime » à l'oreille. Ce à quoi le Maoh lui répondit par un baiser tendre, avant de lui prendre la main et de se l'aider à monter sur le dos de la créature qui les attendait.

Nous pouvons tous rentrer vivant grâce à toi, Morgania, mon amie, ma sœur. Je ne t'oublierais jamais, je t'en fais le serment. Ces beaux-jours à venir sont possible grâce à ta force, ton courage et ton amour. Adieux, nous nous reverrons un jour, ma sœur.

Avant même qu'il ne s'en rende compte, le Mrah avait décollé, les ramenant à leur campements. Le chemin de retour vers le Château-du-serment-du-sang lui parut long, mais les hommes, bien que blessés, chantaient de joie, célébraient la victoire et par la même, soignaient le cœur ravagé du Roi Consort.

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Un très long chapitre, oui, je sais, j'en suis navrée, mais je n'avais pas le moyen de le couper celui là^^' Se termine donc ainsi l'avant dernier chapitre de cette fiction. Bon, j'ai mis énormément de temps avant de pouvoir le poster (*mode contage de vie activé*) et je vous demande de m'excuser. Mais j'ai été terriblement malade en début de semaine dernière (clouée au lit, à ne rien pouvoir faire, même pas dormir, c'était vraiment la mort je vous jure), puis ce fut au tour de ma mère, et depuis je dois m'occuper de la maison, la nourriture, et mes trois petits frères, alors, j'ai pas beaucoup de temps pour écrire ^^' Mais bon, je posterais la suite plus vite, promis juré !

Miyabie-Chan : Merci une fois encore pour ta review, franchement, ça me fait toujours autant plaisir d'en recevoir :) J'espère que tu va aimer ce long chapitre, moi j'ai pleuré quand j'ai écris la mort de Morgania T.T ( oui je sais, pleurer pour la mort de son propre personnage c'est carrément mazo m'enfin bon ^^' Faut pas chercher XD). Il n'y à pas tant que ça de pression en fait. Enfin, moi je n'en ressens pas du tout, car écrire cette fiction est un réel plaisir qui j'espère est partagé avec mes lecteurs/lectrices. La seule pression que je ressens, c'est quand je poste pas de chapitres pendant longtemps, je n'aime pas ça, c'est terrible, je me sens mal de ne pas poster ^^ Et j'ai toujours peur que ça ne plaise pas. Mais après je me dis que ceux qui me lisent jusqu'au bout, ce sont ceux qui apprécient, et puis, ce sont pour eux et pas pour les autres que je continue d'écrire. Je ne supporte pas d'entamer quelque chose et de ne pas le finir, car en tant que lecteur, c'est trop frustrant ^^' Et puis disons que des tas d'histoires se bousculent dans ma tête, le plus dur c'est plutôt d'en suivre une jusqu'à la fin ^^' Et je suis sure que tu as pas mal d'imagination toi même ;)

Merci de me réconforter :D Au moins je sais qu'il y aura une personne qui ne frapperas pas dans les chapitres bonus à suivre (qui risquent de devenir un peu du n'importe quoi en fait ^^)

Je te donne également rendez-vous pour le prochain chapitre !:) Bisous ! X3

W:Il est triste ton chapitre :/

Y:Oui, c'est pas cool... T.T

A:Je suis désolée, mais vous saviez que ça se terminerait ainsi, je préviens depuis plusieurs chapitre que Morgania mourrait ^^'

W:Bah ouai, mais je commençais à bien l'aimer moi... -_-'

A:Je sais, mais c'est ainsi que j'ai vu mon histoire, et pas différemment. ^^

Y:Elle ne peut pas rester en tant qu'esprit avec Shinou, dans le temple ? O:)

A:Je sais pas, ça dépend de l'avis des lecteurs, mais je ne l'avais pas imaginé comme ça. Car l'attachement de Wolfram à Morgania ne disparaîtrait jamais, et puis tu risquerais d'être jaloux Yuuri...

Y:Oui mais c'est quand même triste de devoir l'éradiquer complètement...

A:Ce ne seras pas le cas, elle sera toujours là, d'une certaine manière, tu verras ça dans les chapitres bonus et mon autre fiction ! ;)

W:QUOI ?! ENCORE UNE FICTION ! Tu ne nous as pas encore assez torturés ainsi, tu veux remettre ça !? XO

A:Héhéhéhéhé, oui XD Prépare toi au pire mon gars, car tu va souffrir d'ailleurs XD

Y:Moi aussi ? é.è

A:Oui, ça va être terrible pour vous deux, mais pour les lecteurs, ça sera bien drôle !:3

W:Yuuri, prépare lui sa piqûre de rappel, elle à encore pété un câble...

C:Je dois me cacher pour les prochains chapitres ou ça ira ? ^^'

A:Meuh non, tu sera même très content, je peux te le jurer !:D

W:Tu sais que ce que tu fais, c'est du spoil ?!

A:Mais non, est-ce que j'ai dit que tu aurais les cheveux verts dans le prochain chapitre ? Non, donc ce n'est pas du Spoil... O:)

W:LES CHEVEUX VERTS !

A:Oups O:)

W:TU TE FICHE DE MOI !

A:Hahahaha, tu aurais du voir ta tête ! XD

Y:Techniquement, tu ne peux pas le voir non plus car il aurait fallut que tu marque *Regarde l'air effaré de Wolfram* ou bien *Fixe avec un filet de bave le visage magnifique de Wolfram se décomposer* tu vois...^^

W:Yuuri, tu me défends ou tu m'enfonce là... :s

A:Crois moi Wolf, s'il t'enfonçait, tu le sentirais passer, et tu ne pourrais plus marcher de si tôt ! XD Niark niark niakr !

W:Akroma, tu es irrécupérable...

A:Je sais, mais ose dire que ça ne te plairait pas :)

W :... :1

Y:Wolfram, je ne te voyais pas comme ça... O.o

S:Tu t'es encore fait avoir en beauté mon descendant... XD

W:Pas la peine d'en rajouter...

A:Ne t'en fais pas, je t'aime bien quand même XD
Y :*regarde les deux partis rivaux depuis le début * Serais-ce.. non impossible... une déclaration ?

A:Hahahahaha, mais ouiiii, je suis raide dingue de Wolfinou cheriiii ! 3

W:Shinou, qu'ai-je fais pour mériter ça ? T.T

A:Tsss, faut pas rêver Yuuri, Wolfram, je l'aime bien, mais ça s'arrête au stade tape amicale dans le dos ^^ *se penche et colle une claque magistrale dans le dos de Wolfram*

W:Mais t'es malade ! Ça fait mal !

A:Tu veux un bisous magique mon lapin ?

W:AAAAAAAAAAARRRRRRRRGGGGGGGGGG ! ÉLOIGNE TOI IMÉDIATEMENT DE MOI ! *pars en courant loin de la folle furieuse*

A/S:Mwahahahaha ! On s'en lasse pas !

Y:Vous êtes terrible -_-