Chapitre Bonus 1 :
Gwendal faisait les cents-pas nerveusement dans son bureau. Cela faisait un mois qu'il était revenu du front, et trois semaines que son plus jeune frère s'était enfui sur Terre en compagnie du Maoh. Il était vraiment au bord de la crise de nerf, et Gunther n'aidait pas à l'apaiser. Le serment qu'il s'était fait sur le champ de bataille tournait en boucle dans son crâne : il était vivant, et devait assumer ses sentiments pour Anissina. Cette étape avait été réalisée avec succès, bien qu'il avait mis énormément de temps à l'accepter. Mais le plus dur qui lui coûterait peut-être la vie était encore à venir... le lui avouer ensuite.
Il l'avait convoquée dans son bureau pour lui en parler, mais il n'avait pas eu le temps de trouver ce qu'il allait bien pouvoir lui dire. Alors il tournait et virait pour trouver la formule adéquate pour lui révéler ses sentiments sans se faire exploser par la sulfureuse inventrice.
Je ne peux pas le lui dire de but en blanc... Si je lui montre ça peut-être qu'elle comprendra d'elle-même... J'aurais dus trouver une raison pour l'avoir convoquée, elle risque de ne pas me laisser le temps de lui expliquer...
Il contempla un instant la petite peluche qu'il tenait dans ses grandes mains. En réalité, il l'avait fait il y très longtemps, avant même que Wolfram ne naisse. C'était la première peluche qu'il avait réalisé sans l'aide d'Anissina. À cette époque il avait sérieusement songé à lui offrir, mais il avait vite renoncé, il avait dut beaucoup voyager, et il ne se doutait pas un seul instant qu'il la retrouverait au Château-du-serment-du-sang des années après.
Elle ne m'a jamais quittée, je l'ai vraiment emmenée partout avec moi.
Un léger sourire vint hanter son visage alors que trois coups secs étaient portés sur la porte.
-Entrez! Tonna sa voix, plus fort qu'il ne l'aurait pensé, d'où sa nervosité transperçait.
Aussitôt l'ordre donné, la jeune femme apparut dans l'embrasure de la porte, pas du tout intimidée par le ton qu'il avait employé.
-J'espère que c'est important Gwendal, nous n'avons pas tous le loisir de bailler aux corneilles, j'ai une invention très importante sur le feu !
Il demeura un instant interdit, ne sachant par où commencer, provoquant bien évidement l'impatience de la jeune Kavelnikoff (ce qui signifiait « destruction immédiate de la possibilité d'écoute et de survie »).
-Gwendal !?
-Peluche...
-Quoi ? Fronça-t-elle des sourcils.
-J'ai... je... ma peluche. Comment la trouves-tu ?
Elle sembla trouver son comportement étrange mais ne lui posa aucunes questions indiscrètes, se contentant de poser son regard bleu lagon sur la main ouverte du général. Elle saisit délicatement le petit objet qui reposait en son centre, et l'observa sous toutes ses coutures en un rapide examen expert.
-Il manque deux mailles sur le côté, il y a un léger accroc au niveau de la couture dorsale. Mais elle est bien réalisée. Gwendal ? Pourquoi ce cochon rose porte une de mes machines sur la tête ?
Il retint un grommellement outré de justesse se rappelant qui il avait en face de lui.
-C'est... un ours abeille. Je te l'offre...
Il attendit que l'explosion arrive, il savait qu'elle le verrait comme un acte machiste visant à l'acheter.
-Ce n'est pas mon anniversaire. Gwendal, aucun homme ne pourra m'acheter avec une peluche, je suis une femme libre et...
Je le savais, elle n'est pas possible...
Alors qu'elle continuait à déblatérer ses raisons et qu'elle commençait à se laisser emporter par sa lutte pour l'émancipation des femmes, Gwendal se laissa guidé par son instinct, après avoir haussé les yeux au ciel. Il franchit le peu de distance qui les séparait, posa une main impérieuse sous son menton pour redresser le visage de l'inventrice à son niveau, et plongea son regard dans le siens.
-Anissina... Je veux te l'offrir pour une seule raison : te prouver que je tiens à toi. N'est-ce pas suffisant ?
Il attendit sa réponse avec anxiété, toujours absorbé par la profondeur des pupilles d'Anissina. Ils étaient si proches que leurs souffles se mêlaient, empêchant Gwendal de réfléchir convenablement.
-Tu en as mis du temps, murmura-t-elle avec un petit sourire. Monsieur le Macho...
-Anissina...fit-il réprobateur.
-Tu compte m'embrasser un jour où tu vas rester bloqué comme ça ?
Il fut pour l'une des premières fois de sa vie, tellement déstabilisé qu'il ne sut comment réagir. Alors, le surprenant totalement, la mazoku passa ses bras autour de lui et l'attira à elle, se redressant assez pour combler l'espace entre eux, et poser ses lèvres délicates sur celles entrouvertes du général. Il était complètement figé, ne sachant que faire, son cœur frappant comme un forcené dans sa cage thoracique. Puis il répondit au baiser, un peu maladroitement, complètement novice en la matière. Ses pensées se mélangèrent, il ne savait plus où était le vrai du faux, il était complètement envahi par l'amour qu'il ressentait pour Anissina.
Ses bras fort encerclèrent avec une douceur, qu'il ne s'en estimait à peine capable, la fine taille de l'inventrice. Celle-ci répondit à son étreinte un moment, avant de s'écarter de lui.
Ils demeurèrent un instant gênés de la situation, mais Anissina fut la première à reprendre ses esprits. Elle se recula encore un peu et leva rapidement sa main droite, avant de le gifler avec une force remarquable sur la joue gauche, un grand sourire éclairant son visage fin.
-Tu ne peux plus te défiler maintenant ! S'exclama-t-elle avant de pouffer de rire.
Lui, resta encore interdit, sa joue gauche lui picotait, elle ne l'avait pas loupé. Il ne savait que faire, jusqu'à ce qu'il entende un petit gloussement ravi provenant de la porte entrouverte : sa mère qui passait par là, n'avait pas pu s'empêcher de jeter un œil à l'intérieur de la salle et avait donc assisté à toute la scène.
-Mère ! Protesta-t-il.
-Les enfants, si vous saviez comme je suis comblée ! Conrad vient juste de m'annoncer la date de son mariage, et voilà que mon dernier fils se trouve fiancé ! Je nage en plein bonheur, oh Anissina, il faut à tout prix que nous parlions toutes les deux ! S'enthousiasma Cécilia.
-Mère...fit-il désabusé.
Cependant, il savait que quand elle était parti dans une idée, elle ne s'en séparait pas, jusqu'à que tout ce soit passé comme elle le désirait. Alors il abandonna, sentant une bonne migraine menacer de poindre.
-J'en serais honorée, mais je dois d'abord faire tester une de mes inventions à Gwendal ! Sourit Anissina.
Celui-ci se réveilla immédiatement, en alerte.
-Mais je croyais qu'elle était sur le feu !
-J'en ai toujours une d'avance enfin, pour qui me prends-tu ?!
Sans attendre la moindre réponse de sa part, et sous l'œil amusé et victorieux de l'ex-Maoh, l'inventrice saisit le bras de Gwendal fermement et le tira à travers les couloirs jusqu'à son laboratoire.
Un peu plus tard, dans les cuisines, les servantes entendirent une énorme explosion retentir d'une aile du château bien particulière, suivi d'un « C'EST UN ÉCHEC ! » monumental. Elles gloussèrent et parièrent sur le nombre de chances que le Seigneur Von Voltaire se soit révélé, et sur la réponse de la jeune fiancée.
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Bon, ainsi se termine mon premier chapitre bonus, j'espère qu'il vous à plus Bonne continuation à tous et a toutes !
Gw : C'est vraiment du n'importe quoi…
A : Oh ! Toi, tu vas pas commencer à faire comme ton frangin, j'ai déjà eu assez de mal à le dresser, tu vas pas t'y mettre aussi ! -_-
Gw : Comment ça « le dresser », qu'est-ce-que tu as fait à mon petit frère ?! XO
A : Je lui ai rendu la monnaie de sa pièce ^^
An : C'est bien de ne pas se laisser faire par la gente masculine, accepterais-tu de faire partie de ma communauté de lutte contre l'asservissement des femmes ?
A : Pourquoi pas :D
Gw : Franchement, il faut que vous arrêtiez de croire que nous les hommes, désirons à tout prix vous asservir… -_-
An : N'est-ce pas la vérité ? :o
Gw : Bien sûr que non… -_-'
A :Boarf, vous pouvez toujours essayer XD Aller, je vais écrire la suite moi ^^
An : N'oublie pas notre cause !
A :Mais non, mais non…
