A/N : Chapitre 1. J'ai prévenu dans les réponses aux reviews de ceux qui ont reviewé le prologue que cette histoire serait légère, en voici la preuve avec le ressort scénaristique le plus utilisé de la fanfiction… Mais je n'en dis pas plus pour le moment !
Lorsque Louis se réveilla, ce mardi matin du mois de mars, il n'aurait pu se douter que la journée à venir allait perturber beaucoup de choses dans sa vie. Il faut dire que le début de cette journée était tout ce qu'il y a de plus classique. Il se leva à sept heures du matin, s'habilla et descendit prendre son petit-déjeuner à la table des Serdaigle où il retrouva ses cousines Rose, qui était elle aussi en septième année mais avec laquelle il n'avait quasiment aucun cours en commun puisque Rose se destinait à travailler comme Briseuse de Sorts chez Gringotts et lui comme Guérisseur à Sainte Mangouste, et Lucy, qui était en cinquième année. Il écouta plus qu'il ne participa à leur conversation sur les effets secondaires de la potion Polynectar et se demanda furtivement si Rose et Lucy avaient d'autres centres d'intérêts que les études dans la vie avant de leur souhaiter une bonne journée et de retourner dans son dortoir où il récupéra ses affaires de cours pour la journée.
Il commençait les cours avec deux heures de Potions dès huit heures, ce qui ne l'enchantait guère, ces derniers temps, il fallait le dire. Même si les Potions avaient été pendant plusieurs années l'une de ses matières préférées, ces derniers mois il en était venu à les détester pour la simple et bonne raison que le Professeur Carlson passait son temps à remettre sur le tapis que les ASPIC se rapprochaient de plus en plus et que ses élèves se devaient d'être parfaits tout le temps. Louis n'aimait pas la perfection. Il doutait même qu'elle existe réellement. Rien ne pouvait être parfait s'il n'était pas possible pour les jeunes sorciers de son âge d'assumer leur homosexualité.
Cette pensée était dernièrement devenue une véritable obsession pour Louis. Il y pensait le matin en se réveillant, le midi en déjeunant, le soir en se couchant. Il y pensait en écoutant les instructions des professeurs et en rédigeant ses devoirs. Il y pensait même en se lavant les cheveux et en se brossant les dents. Elle se résumait en une seule question : s'il ne pouvait pas se permettre de sortir du placard, comment exactement allait-il pouvoir être heureux ? C'était un fait, la société attendrait de lui qu'il épouse quelqu'un. Louis lui-même n'était pas contre l'idée. Au fond, il était un grand romantique. Le seul problème, c'était la mariée ne pouvait pas être une mariée. Si Louis venait à se marier, il y aurait deux hommes devant l'autel, pas un de moins, ça c'était certain ! Sauf que ça, c'était dans l'idéal des choses. En réalité, le mariage homosexuel n'était toujours pas autorisé. Et puis vraiment, avant de commencer à penser au mariage, il lui faudrait peut-être trouver l'homme de sa vie. Ce qui n'arriverait pas, puisque Louis n'était toujours pas prêt à faire son coming-out. Le cercle était sans fin et Louis complètement désespéré.
Et les choses n'étaient pas prête de s'améliorer, puisqu'en effet, cette journée du mois de mars s'avèrerait catastrophique pour Louis. Il aurait dû se douter que quelque chose ne tournait pas rond quand le Professeur Carlson ouvrit la porte et leur demanda d'entre dans la salle d'un ton joyeux. Le ton du Professeur Carlson n'était jamais joyeux. La seule fois où Louis avait entendu le Professeur Carlson parler d'un ton joyeux en sept ans… Ah non, définitivement, Louis ne l'avait vraiment jamais entendu parler sur un ton joyeux. Non pas que le Professeur Carlson eut été quelqu'un de dépressif, mais Louis avait vite compris que l'enseignant aimait juste un peu trop se donner une image de sérieux inébranlable et il semblait considérer que cette image devait passer par une capacité impressionnante à ne jamais sourire ni être aimable.
Louis prit place au fond de la salle de classe. Comme c'était un cours d'ASPIC, il y avait beaucoup moins de monde que dans les cours de niveaux inférieurs aux BUSE, mais il préférait quand même rester en retrait. Il y avait dans ce cours beaucoup trop de filles qui le trouvaient très à leur goût et Louis n'avait pas besoin que l'une d'entre elles fasse exploser son propre chaudron, trop occupée à le regarder et à tenter d'attirer son attention pour regarder ce qu'elle fourrait dedans. Louis se disait parfois qu'il aurait aimé être moche, un peu comme son cousin Hugo, avec ses grandes dents de cheval et ses cheveux hésitant entre roux et bruns. Puis il se rappelait qu'il était supposé aimer sa famille et que les aimer passait aussi par ne pas avoir des réflexions de ce genre alors il les reléguait dans un coin de sa tête.
Le Professeur Carlson se racla la gorge de la manière la plus inélégante qu'il soit et d'une voix un peu plus aigüe qu'à l'ordinaire, il dit :
— Avant de commencer ce cours, laissez-moi vous annoncer une nouvelle très importante. Comme vous le savez sans doute, je suis né et j'ai grandi aux Etats-Unis avant de venir m'installer dans votre charmant pays. Je m'y suis évidemment très vite plu et je me suis tellement bien fait à la totalité de vos facéties, du pudding au pain à l'ail en passant par la pluie et les horaires ridicules pour les repas que rien de mon pays natal ne me manque. Rien, à part peut-être le traditionnel bal de fin de promotion. Mais réjouissons-nous, notre nouveau directeur est bien moins entêté que cette vieille chouette de Minerva McGonagall, et il est d'accord pour que cette année se tienne à Poudlard le premier bal de ce genre, destiné aux élèves ayant passé leurs ASPIC et quittant donc l'école ! Ces élèves sont donc…
— Nous ! s'exclama Betsy Holborn, une élève de Gryffondor en claquant ses deux mains d'un air surexcité.
— Absolument ! Tout ce que vous aurez à faire, c'est de vous trouver un cavalier, mesdemoiselles, et vous messieurs, une cavalière, et venir fêter la fin de vos années d'études !
Et avant que Louis n'aie eu le temps de se cacher sous sa table, quatre filles s'étaient déjà retournées vers lui, le regard plein d'espoir. Il soupira et maudit à la fois Carlson, ce qui n'était guère nouveau puisqu'il avait passé toute l'année à le faire, et, et là était l'innovation, le Directeur de l'établissement. Louis se fichait complètement que le Directeur soit un héros de guerre, un des professeurs les plus compétents et les plus respectés de Poudlard et accessoirement un grand ami de son énorme famille ; en cet instant, Louis détestait Neville Londubat de toutes ses forces. Avec cette annonce de bal, il allait faire de sa vie un enfer, c'était certain.
La nouvelle de la tenue d'un bal pour les étudiants de septième année après la fin des examens se répandit comme une trainée de poudre dans toute l'école, et, alors qu'il n'avait même pas encore atteint la Grande Salle pour le déjeuner, Louis avait déjà été invité à cinq reprises. A chaque fois, il avait poliment refusé, et à part Claudie Denver qui l'avait visiblement très mal pris et avait fondu en larmes, les filles avaient accepté avec un haussement d'épaules et un regard un peu déçu, commentant que celle qu'il avait visiblement déjà choisie avait beaucoup de chance. Louis avait préféré ne rien dire mais il brûlait de leur crier qu'il n'irait tout simplement pas à ce bal. A moins qu'il puisse, en moins de quatre mois, sortir du placard (ce premier point supposait déjà deux choses irréalisables : qu'il se sente assez à l'aise avec l'idée qu'il était homosexuel et que son entourage et la société soient prêts à entendre le fait que l'hétérosexualité n'était pas automatique) et se trouver un petit-ami. Non pas qu'il n'y aie pas des garçons très mignons à Poudlard, bien au contraire. Mais Louis n'était pas sûr du tout qu'il y en aie qui soient gays et prêts à l'assumer pendant une stupide soirée dansante. Il ne pouvait pas leur en vouloir, lui-même n'assumait toujours pas.
Louis n'avait d'ailleurs jamais été avec un garçon. Il était déjà d'un naturel timide et réservé à la base, il avait déjà bien eu du mal de se faire quelques amis (d'ailleurs ce cercle d'amis se limitait exclusivement à ses trois camarades de dortoir), alors un petit-ami ? Bien trop compliqué. Louis préférait les regarder de loin et les trouver beaux en silence. Il était assez doué à ce jeu-là, d'ailleurs. Il s'était même fait un Top 10 personnel des plus beaux garçons de Poudlard. D'ailleurs, le numéro 6 du classement, Tim McDonald, un de ses camarades de dortoir, vint s'asseoir à côté de lui à la table des Serdaigle alors que Louis se servait en pommes de terre et poisson en sauce.
— Tu as entendu la nouvelle ? demanda Tim en attrapant le plat de salade de carottes.
— Le bal de Carlson ?
Tim fit oui de la tête.
— C'était difficile de passer à côté, répondit Louis en fronçant les sourcils.
Tim haussa les épaules et marmonna :
— C'est vrai que toi, tu es la coqueluche de ces damoiselles. Combien t'ont déjà demandé de les accompagner ?
— Je ne disais pas ça pour me vanter, Tim. Je suis au courant parce que le génie derrière cette idée, c'est Carlson, et que c'est lui qui nous a prévenus ce matin. Tu ne pouvais pas la savoir, évidemment, vu que tu as laissé tomber les Potions, termina-t-il sur un ton de reproche.
Tim haussa à nouveau les épaules (c'était un tic que Louis n'aimais pas chez lui et qui avait couté à Tim deux places dans le classement, d'ailleurs) :
— Pas besoin des Potions pour devenir traducteur de runes anciennes, Monsieur Génie. Sérieusement, tu as eu combien de propositions ?
— Cinq.
— Y en a-t-il une seule que tu as acceptée ?
— Bien sûr que non ! J'ai refusé une dizaine de proposition de rendez-vous à Pré-au-Lard pendant ma scolarité ici, je ne vais pas craquer à moins de quatre mois de la fin !
Tim leva les yeux au ciel en haussant une fois de plus les épaules.
— Je ne te comprends vraiment pas, Louis.
— Je t'ai déjà dit que je souhaite me concentrer sur mes études. Je veux être Guérisseur, je n'ai pas de temps pour des distractions.
Tim ricana.
— Arrête de me sortir cette excuse, en ce moment tu passes plus de temps à lire des romans que des essais de médecine, alors le couplet sur les distractions me semble un peu ridicule.
— Je n'ai pas besoin de ton opinion sur la question, répondit froidement Louis, le regard fixé sur son assiette pour éviter de laisser trop transparaitre sa colère.
Franchement, pour qui Tim se prenait-il ? Louis pouvait encore bien faire ce qu'il voulait de son temps libre, non ?
— Eh bien je te la donne quand même. Honnêtement, j'ai du mal à te suivre. Je vais finir par croire que tu es gay !
Louis releva rapidement la tête, sentant ses oreilles rougir. Espérant que Tim ne le remarquerait pas (saleté de trait caractéristique des Weasley !), il demanda, d'un ton qu'il tenta de rendre dégouté et le cœur battant la chamade :
— Pourquoi tu dis ça ?
— Enfin Louis, les plus belles filles de Poudlard se jettent quasiment à tes pieds et toi tu n'en profites pas ? Soit tu es particulièrement stupide, soit tu es gay, je ne vois pas d'autre explication possible.
— Eh bien je dois être « particulièrement stupide » alors, parce que je ne suis définitivement pas gay.
— Ah bon, fut la seule réponse de Tim qui haussa encore les épaules et finit ses carottes avant de se lever de table.
Louis rebaissa la tête et regarda sans les voir ses pommes de terre et son poisson. Maintenant qu'il y pensait, il semblait logique que sa détermination à éviter de sortir avec une fille allait paraitre suspecte aux yeux des autres. Mais il n'y pouvait rien. Ce n'était pas de sa faute. Il ne pouvait pas choisir d'aimer les filles. Il avait pourtant essayé, par trois fois, avec Sarah Jordan, Jessica Huntington et Maud Talbot. Mais aucune d'elles n'avaient réussi à le changer et elles restaient définitivement moins attirantes que Tim, même s'il était agaçant avec ses épaules et ses questions.
Alors qu'il se levait à son tour de table pour se rendre à la bibliothèque, Louis se demandait ce qu'il allait bien pouvoir faire pour faire taire les rumeurs quand la réponse vint à lui de la manière la plus inattendue qu'il soit…
A/N : Voilà, le coup du bal, c'est quand même carrément classique, mais il y a moyen de bien en rire je crois ! N'hésitez surtout pas à me donner votre avis sur cette fiction ! (je dois vous faire une confidence : c'est la première fois que j'écris du slash, donc je suis un peu nerveuse…)
