A/N : Désolée si j'ai oublié de répondre à certaines reviews pour le chapitre précédent : je suis partie en vacances et je ne sais plus à qui j'ai répondu et à qui je ne l'ai pas fait… Je suis un boulet T_T Bref, voici un chapitre où il ne se passe pas grand-chose…
Une fois leur pacte conclu, Louis et Vera se mirent d'accord pour ne pas commencer à faire semblant de sortir ensemble tout de suite, principalement parce qu'elle venait seulement de rompre avec Devon Pucey et qu'elle ne voulait pas passer pour une gourgandine auprès de leurs camarades de classe, et ils décidèrent donc d'attendre une petite semaine. Cela arrangeait d'ailleurs bien Louis qui devait d'une part se faire à l'idée qu'il allait bientôt se retrouver à régulièrement tenir la main d'une fille dans les couloirs de l'école et d'autre part réfléchir à une manière et une explication plausible pour annoncer à ses amis qu'il avait balayé sept ans passés à fuir les filles à moins de quatre mois de la fin de leur scolarité à Poudlard. Surtout qu'il avait affirmé à Tim qu'il n'avait pas envie de distractions moins de vingt minutes auparavant. Louis sentait qu'il allait passer pour une girouette, et cela l'agaçait plutôt pas mal.
Néanmoins, maintenant, le mal était fait, et il n'avait plus qu'à attendre de commencer à prétendre être le nouveau petit-ami de Vera Zabini. Le reste de la semaine passa aussi normalement que d'habitude, ou presque, puisqu'une dizaine de filles supplémentaires avaient tenté de le convaincre de les emmener au bal, et Louis en vint presque à croire que les seules qui ne l'avaient pas fait étaient Vera et sa propre cousine, Rose. Rose, qui se laissa lourdement tomber sur le fauteuil en face de celui où Louis lisait un roman dans la salle commune de Serdaigle, et s'exclama d'une façon théâtrale :
— Je DETESTE le professeur Carlson !
— Tu n'as plus cours avec lui, fit remarquer Louis sans quitter sa lecture.
— Je sais, mais cette idée débile de bal de fin d'année, elle vient bien de lui, non ? grogna-t-elle.
— Ah, ça…
— Ne me dis pas que tu n'es pas fâché par cette idée, Louis, je ne te croirai pas.
Louis referma lentement son livre et leva enfin les yeux vers sa cousine. Elle semblait passablement énervée, encore vêtue de sa robe de l'équipe de Quidditch de Serdaigle, où elle jouait au poste de Poursuiveur et dont elle était la Capitaine. Elle revenait probablement d'une séance d'entrainement, se dit-il, avant de mettre ces futilités de côté et de se demander comment il allait pouvoir lui annoncer qu'il avait maintenant… une petite-amie.
— En réalité, non. Toi en revanche…
— Evidemment que je suis fâchée, une semaine après l'annonce, PERSONNE ne m'a invitée. Je ne saurais pas dire pourquoi, mais je dois avouer que je commence à trouver ça un peu vexant.
Louis eut un petit rire.
— Il faut les comprendre, Rose, tu es terrifiante.
Rose cligna des yeux rapidement.
— Pardon ?
— Oui, tu es une sorte de dictatrice dans tes relations avec les gens, Rose. Et si les choses ne vont pas comme tu veux, tu hurles.
Louis se rendit soudainement compte que sa cousine ressemblait beaucoup à Vera Zabini et il se demanda furtivement si accepter la proposition de Vera avait été une si bonne idée. Il n'était pas sûr d'avoir envie de sortir avec une copie de sa cousine, même si c'était pour de faux, parce qu'il savait à quel point Rose pouvait être énervante.
— Je n'y peux rien si les gens sont trop bêtes, maugréa-t-elle en croisant les bras.
— Si tu le dis, répondit Louis. En attendant, si tu veux un cavalier, tu ferais mieux de t'en chercher un et de l'inviter toi-même parce que je ne sais pas si quelqu'un te le demandera.
Rose leva les yeux au ciel.
— Merci pour tes encouragements et ta confiance en moi, Louis, j'en suis très touchée.
Louis s'en fichait un peu, à vrai dire, et il voulut reprendre sa lecture mais Rose l'interrompit par une question :
— Et toi, tu as eu combien de propositions ?
— Quatorze.
— Evidemment. Quatorze filles qui doivent être en train de pleurer toutes les larmes de leurs corps sur leurs meilleures amies… si les meilleures amies ne pleurent pas elles aussi, bien entendu.
— Treize.
— Quoi ?
— Treize filles doivent être en train de pleurer.
— Je ne comprends pas.
Louis soupira, et, se rapprochant de sa cousine pour que personne autour d'eux ne les entende, il murmura :
— J'ai accepté la proposition de l'une des quatorze filles.
Rose regarda Louis comme si elle le voyait pour la première fois de sa vie, clignant rapidement des yeux.
— C'est vrai ?
— Oui, je ne vois pas ce qu'il y a d'étonnant à ça.
Rose éclata de rire.
— Oh non mais vraiment, Louis ! Tu ne vois pas ce qui est étonnant dans le fait que tu acceptes la proposition d'une fille alors que tu as désespérément tout fait pour les éviter pendant sept ans, à tel point que je me suis demandé si tu n'étais pas gay ?
Louis se sentit rougir une fois de plus et espéra que Rose ne le remarquerait pas.
— Franchement, Rose, je n'en reviens pas que tu sois si immature ! s'exclama-t-il d'un ton agacé. Evidemment que je ne suis pas gay, j'attendais juste la bonne personne. Et maintenant, si tu veux bien m'excuser, je vais aller la rejoindre !
Louis se leva, et, furieux contre Rose, contre lui-même, contre Carlson et contre la société et ses préjugés, il descendit dans les étages en direction de la bibliothèque où il avait rendez-vous avec Vera Zabini afin de commencer à faire semblant de sortir ensemble. Et il était temps, se dit-il lorsqu'il poussa les lourdes portes en bois de la bibliothèque, parce que deux personnes qui lui disaient le soupçonner d'être gay en à peine une semaine, c'était un peu trop pour lui.
Il repéra rapidement Vera qui, comme ils l'avaient convenu, l'attendait assise à une table du côté des rayonnages de livres de potions. Quelle triste ironie de la rejoindre là quand la personne à cause de laquelle il se retrouvait à devoir faire semblant de sortir avec elle était précisément son professeur de potions…
Louis tira une chaise et s'assit à côté de Vera qui jouait nerveusement avec un des boutons de sa robe de sorcier.
— Weasley, salua-t-elle.
— Zabini…
Louis hésita un instant, et il ajouta :
— Hum, si on doit faire semblant de sortir ensemble, c'est peut-être mieux si on s'appelle par nos prénoms, non ?
Vera haussa les épaules (encore une qui avait cette manie ! Existait-il un gêne du haussement d'épaules ?) et répondit :
— Surement… Louis.
Il n'y avait pas à dire, entendre son prénom sortir de la bouche de Vera Zabini était étrange aux oreilles de Louis, et pas seulement à cause de son accent anglais qui écorchait un peu le prénom français.
— Alors, c'est aujourd'hui, le début de notre grande histoire d'amour ? lança-t-il pour détendre l'atmosphère.
— Oui, je crois que c'est bon, répondit Vera en hochant la tête. Devon ne m'a toujours pas reparlé, je crois qu'il est temps qu'il pense que j'ai tourné la page pour qu'il se dise que maintenant le terrain est sûr et qu'il ne risque pas de prendre un Avada Kedavra s'il s'approche trop près de moi.
Louis la regarda avec crainte. Il savait que Vera Zabini était terrifiante, et il se jura une fois de plus de ne jamais la contrarier.
— Hum, comment imagines-tu les choses ? demanda-t-il pour éviter de penser aux effets du sortilège Avada Kedavra.
— Pardon ?
— Heu, je veux dire, on se tient juste la main ? Ou on fait d'autres trucs ?
— Oh là Weasley… Louis… je n'irai pas jusqu'à coucher avec toi pour que notre petit spectacle reste crédible, si c'est ça ta question.
Louis se sentit rougir.
— J'espère bien, répondit-il. Ne te vexe pas, hein, Zabini… Vera… mais je n'ai pas du tout envie de coucher avec toi. Non, ce que je voulais dire, c'est, je ne sais pas moi, est-ce qu'on va devoir s'embrasser, par exemple ? Parce que je n'ai embrassé que trois filles dans ma vie, d'ailleurs je n'en garde pas un très bon souvenir, mais bon, tout ça pour dire que je n'ai pas forcément beaucoup d'expérience dans le domaine…
Vera leva les yeux au ciel.
— Tu apprendras, comme tout le monde. Parce que j'y ai pensé et je crois que pour être crédibles il va falloir que l'on s'embrasse, de temps en temps au moins. Se tenir la main dans les couloirs ne suffira pas, surtout si on se retrouve en présence d'amis à nous. Evidemment, il faudra qu'on fasse des choses en couple : aller à Pré-au-Lard ensemble, manger tous les deux dans la Grande Salle de temps en temps, faire nos devoirs ici à deux…
Rien dont-ils n'avaient pas déjà parlé, donc, mais Louis ne put s'empêcher de se sentir quand même un peu nerveux. S'il avait déjà embrassé trois filles dans le passé, aucune n'avait été ce que l'on pourrait appeler une petite amie.
La première avait été Sarah Jordan, la fille de Lee, le meilleur ami de son oncle George, alors qu'il avait treize ans et elle en avait seize. C'était les vacances de Noël, ils étaient alors chez Oncle George afin de fêter le dixième anniversaire de sa fille, Roxanne, et Albus, le fils de Oncle Harry et Tante Ginny, avait répété tout l'après-midi à qui voulait l'entendre qu'avant de descendre du Poudlard Express qui les avait ramenés à Londres pour Noël, Kelly Bronski l'avait embrassé. Louis en avait eu marre, et il était sorti dans le jardin malgré le froid. Sarah l'y avait rejoint vingt minutes plus tard pour fumer en cachette de ses parents, et ils avaient commencé à parler. Louis lui avait dit être sorti parce qu'il en avait eu marre que Albus parade avec cette histoire de baiser et Sarah lui avait demandé en riant si lui avait déjà embrassé quelqu'un. Il avait alors répondu que non, et Sarah avait fait la remarque que Louis était peut-être tout simplement jaloux de ne jamais avoir reçu de baiser de la part d'une fille. Il n'avait pas répondu, parce qu'il savait qu'elle avait raison. Sarah avait alors jeté sa cigarette, s'était penchée vers lui et l'avait rapidement embrassé sur les lèvres. Il avait à peine eu le temps de s'en rendre compte et de sentir son odeur de tabac et de jus d'orange qu'elle s'était déjà reculée. Louis l'avait regardée avec des yeux ronds et avant qu'elle ne retourne à l'intérieur de la maison de Oncle George, elle lui avait dit en riant que maintenant, lui aussi pourrait se vanter d'avoir embrassé une fille, et une avec des seins en plus. Louis n'avait pas vraiment de souvenir de la sensation physique qu'il avait ressentie, mais il se rappelait très bien qu'il ne s'était pas senti fier du tout. Il n'en avait jamais parlé à personne, et avec le recul, il se demandait si cela était parce qu'il était homosexuel et qu'inconsciemment, il l'avait déjà su à l'époque.
La deuxième fille qu'il avait embrassée avait été Jessica Huntington, deux ans plus tard, l'été entre sa cinquième et sa sixième année. Jessica était plus jeune que lui de deux ans et c'était une camarade de dortoir de sa cousine Lily, à Gryffondor. Lily l'avait invitée à venir passer quelques jours au Terrier quand lui-même et l'une de ses deux grandes sœurs, Dominique, s'y trouvaient. En tout, il y avait eu six des petits-enfants de Molly et Arthur et trois de leurs amis, et un soir que les grands-parents avaient été invités chez des amis à eux, les adolescents étaient restés tous ensemble à veiller. Louis ne savait plus exactement qui avait proposé qu'ils jouent tous à Action ou Vérité, mais en tout cas il se rappelait très bien qu'il s'était retrouvé à devoir admettre qu'il dormait encore avec son lapin en peluche, à devoir masser les pieds de Lily, à devoir laver les toilettes avec un de ses propres tee-shirt et à devoir avouer qu'il avait peur des orages et des papillons. Jessica avait alors répondu « Action » à la question de Dominique, et la sœur de Louis l'avait mise au défit d'embrasser un garçon autour de la table. Louis se souvenait que Jessica avait rougit et il s'était dit qu'elle n'avait probablement jamais eu de petit ami encore. Elle avait fini par le choisir, et Louis avait dégluti avec difficulté avant de poser rapidement ses lèvres sur celles de Jessica. Ses cousins s'étaient moqué, « c'est pas un vrai baiser » avaient-ils dit, alors Louis s'était retrouvé à embrasser à nouveau Jessica, « avec la langue », comme avait demandé James. Et parce que ça avait été leur premier vrai baiser à tous les deux, Louis et Jessica avaient été maladroits. Mais Louis s'était dit que même l'inexpérience ne pouvait expliquer le fait qu'il avait à ce point détesté embrasser Jessica.
Son troisième baiser, il l'avait partagé avec Maud Talbot, après que Serdaigle aie gagné la Coupe de Quidditch, à la fin de sa sixième année. Maud avait alors été en septième année, et elle avait été la Capitaine de l'équipe. Elle et ses coéquipiers, parmi lesquels la cousine de Louis, Rose, avaient été portés triomphalement dans la salle commune. Elle tenait la Coupe dans ses mains et hurlait de joie, et Louis avait suivi le cortège avec un petit sourire. Il n'aimait pas vraiment le Quidditch, mais il était fier d'être à Serdaigle et voir sa maison se couvrir de gloire était une satisfaction. Arrivés dans la salle commune, ils avaient célébré la victoire comme il se devait, et Louis avait, pour une fois, consenti à se mêler aux autres et à faire lui aussi la fête. Rose ne l'aurait de toute manière jamais pardonné s'il ne s'était pas joint aux célébrations. Et il ne savait plus comment exactement, mais Louis avait fini par se retrouver à danser avec Maud Talbot qui, à la fin du morceau, avait posé ses mains sur les joues de Louis et l'avait embrassé à pleine bouche, sa langue forçant un chemin entre les lèvres de Louis. Le baiser s'était terminé rapidement, et devant l'air stupéfait de Louis, elle lui avait dit que ce n'était pas une déclaration d'amour, juste un fantasme qu'elle avait enfin pu réaliser. Elle était alors partie rejoindre son frère jumeau, Geoffrey, et Louis s'était rendu compte en les regardant rire tous les deux qu'il aurait préféré que ça soit Geoffrey qui l'embrasse.
— Louis ? … Louis, tu m'entends ?
Louis fut tiré de ses souvenirs par une petite tape sur la tête.
— Oh, Vera ! S'exclama-t-il.
— Ah ben enfin ! Je ne sais pas où tu était parti mais ça devait être drôlement loin, cinq minutes que je t'appelle. Bref, le mieux, c'est qu'on s'embrasse une première fois maintenant, quand personne ne peut nous voir, comme ça on aura eu de l'entrainement, d'accord ?
Louis hocha la tête et après un instant de silence gêné où Vera et lui ne firent rien d'autre que se regarder, ils se penchèrent tous les deux l'un vers l'autre. Louis posa ses lèvres sur celles de Vera et il la sentit ouvrir la bouche et placer ses mains sur ses épaules. Ils s'embrassèrent ainsi pendant une dizaine de secondes, jusqu'à ce que…
— Hum, hum.
Louis et Vera tournèrent aussitôt la tête vers la personne qui venait d'arriver près d'eux et de se racler la gorge pour faire connaitre sa présence. Et avec horreur, Louis constata qu'il s'agissait du numéro 1 de son top personnel des plus beaux garçons de Poudlard.
A/N : AHAH ! Mais qui peut bien être ce numéro 1 ? (genre on le sait pas…)
