A/N : Aaah enfin ! Les exams sont finis (même que ça c'est super mal passé et que je vais aller au rattrapage, c'est sûr et certain \o/) donc voici un nouveau chapitre de la fic la plus débile pour ce pairing… !
— Euh… Vera ?
Vera lâcha aussitôt Louis, et, le regard peu assuré et la voix aigüe, elle demanda :
— Scorpius, qu'est-ce que… ?
Louis n'avait absolument pas besoin de miroir pour savoir à quoi il devait ressembler : une énorme tomate rouge. Il sentait la chaleur irradier de son visage d'ordinaire si pâle, et il était persuadé que son front s'était soudainement couvert de sueur. Il aurait d'ailleurs juré qu'une goutte venait de couler le long de sa colonne vertébrale pour venir mourir au creux de ses reins. Faire semblant de sortir avec Vera et devoir l'embrasser, c'était une chose. Être surpris par le garçon le plus beau de Poudlard, au bras duquel il se rêvait très souvent, c'en était une autre, un poil plus problématique.
— Je… je voulais te poser une question pour le… hum… le cours de métamorphose mais… Je peux repasser plus tard… si tu préfères…
Louis remarqua que Scorpius Malfoy avait les joues roses, comme s'il avait été gêné de surprendre une de ses meilleures amies dans un tel moment d'intimité. Louis se sentit d'ailleurs très bête d'avoir oublié le fait que Vera était amie avec Scorpius Malfoy. Il aurait dû s'en souvenir, au moment où il avait accepté sa proposition. Ca lui aurait évité de regretter de l'avoir fait. Parce que Vera n'aurait pas pu cacher à l'un de ses meilleurs amis, lui aussi élève de la maison Serpentard, qu'elle sortait avec quelqu'un, même si Louis le lui avait demandé, et que maintenant, Scorpius Malfoy allait croire que Vera fréquentait Louis pour de vrai. La catastrophe, donc.
— Hum, non, répondit Vera en se touchant nerveusement le menton. Louis allait… hum… partir… Euh… Je peux t'aider si tu veux.
— Je ne voudrais pas… euh… interrompre quoi que ce soit…
Le plus étonnant, dans l'histoire, c'était de voir Scorpius Malfoy aussi gêné. Même s'ils étaient de la même année et avaient à de nombreuses reprises partagé des cours ensemble, Louis ne n'avait jamais parlé avec lui ; mais bien qu'il ne le connut que de vue, Louis en avait assez entendu sortir de la bouche de Scorpius Malfoy pour savoir qu'il était tout sauf un garçon timide. Il fallait le reconnaître : le garçon le plus beau de Poudlard savait qu'il plaisait, et il en profitait. On le voyait rarement sans une fille attachée à son bras, et il avait toujours un sourire charmeur pour toutes, faisant fondre les cœurs aussi bien que savait le faire Louis. Sauf que Louis, lui, aurait préféré que les filles ne le voient pas tandis que Scorpius en profitait au maximum.
Parce que oui, au grand dam de Louis, Scorpius Malfoy était aussi hétérosexuel que lui était homosexuel. Non pas que même si Scorpius avait été gay Louis aurait tenté quelque chose, parce qu'il aurait trop eu peur de se ridiculiser. Mais tout de même, sur le principe, il fallait avouer que c'était assez agaçant pour Louis de se dire que quoi qu'il arrive, son idéal masculin n'aurait jamais un seul petit regard pour lui.
— Je préfère… partir, je crois. Je… hum, je vais vous laisser…
Avant que Vera ou Louis n'aient eu le temps de dire quoi que ce soit, Scorpius était déjà sorti de la bibliothèque. Louis poussa un soupir, qu'il n'aurait su qualifier de soulagement ou de déception, et Vera sembla se détendre. Au bout de quelques secondes d'un silence gêné, elle finit par dire :
— En même temps, il fallait bien qu'il l'apprenne à un moment ou à un autre… Tous nos amis devront l'apprendre à un moment ou à un autre. Tes cousins aussi. Tout le monde… Alors maintenant ou demain, qu'est-ce que ça change… ?
Et elle n'avait pas tort, il fallait bien que Louis le reconnaisse. C'était même la raison à la base de toute cette mascarade : que les gens l'apprennent à un moment ou à un autre. Que Devon sache qu'elle avait trouvé quelqu'un d'autre, que les filles de l'école pensent Louis était déjà pris et que ses amis arrêtent de le questionner sur son orientation sexuelle. Alors comme ça, ou autrement…
— Scorpius va surement raconter qu'il nous a vu à Charlotte et Barnabas qui à leur tour le raconteront à Naomi, Juliet, Fred et Devon, qui à leur tour le raconteront à leurs amis. D'ici à une heure, toute la maison Serpentard est au courant, et tu peux être sûr que dans moins de trois heures, top chrono, la totalité des filles de Poudlard voudront me tuer pour avoir su attraper dans mes filets l'indomptable Louis Weasley.
Il était vrai qu'à Poudlard, les rumeurs et les bruits de couloir ne mettaient jamais très longtemps à se répandre. La propre sœur de Louis, Victoire, en avait fait les frais avant même que Louis n'aie reçu sa lettre d'inscription à l'école, quand un élève de troisième année l'avait trouvée en pleine embrassade avec Teddy Lupin dans un placard à balais. A l'époque, Teddy, qui avait un an de plus que Victoire et était en dernière année, sortait avec une autre fille, et Victoire avait été trainée dans la boue au point de ne plus vouloir retourner à Poudlard après les vacances d'été. Il avait fallu toute la persuasion de leurs parents et le soutien de Teddy pour qu'elle accepte de finir sa scolarité. Et sept ans après, elle était mariée à Teddy et enceinte de trois mois et demi. Une pensée qui effrayait toujours un peu Louis, d'ailleurs. Il n'avait pas fini Poudlard qu'il allait déjà devenir un oncle… Il espérait que Dominique et son petit-ami, Norman Thomas, n'allaient pas se mettre à vouloir des enfants, eux aussi. Louis n'était pas sûr de pouvoir survivre deux fois au choc.
Il sortit de ses pensées juste assez vite pour que Vera ne lui donne pas un autre coup sur la tête en vue de le ramener sur terre, et il marmonna :
— Oui, tu as raison… N'empêche que là, c'était quand même particulièrement… brutal ?
— Brutal ? Tu penses, Scorpius s'en remettra ! Il n'est pas en sucre, Weasley.
— Tu le connais vraiment bien ? demanda Louis avec intérêt.
— Evidemment, on a pratiquement grandi ensemble. Nos pères ont partagé un dortoir pendant sept ans et nos mères s'adorent. J'imagine que c'est comme pour toi et tes cousins, ajouta-t-elle en haussant les épaules.
Louis eut un petit sourire ironique.
— Mes cousins ? Je ne les connais pas si bien que ça. Evidemment, on a grandit tous ensemble, mais je n'ai jamais été très ouvert et au final nous n'avons jamais vraiment parlé sérieusement. La seule dont je sois plus ou moins proche, c'est Rose, et c'est surtout parce que nous sommes de la même année et dans la même maison.
— Est-ce qu'il y en a un seul qui sait que…
— Que je suis gay ? Non, je ne crois pas. Enfin, tout à l'heure Rose m'a dit qu'elle commençait à se poser des questions parce qu'elle ne me voyait jamais avec une fille… J'imagine que nous voir ensemble va la faire changer d'avis sur la question.
Vera se mordit la lèvre, comme si elle avait eu envie de répondre quelque chose, mais elle sembla se raviser au dernier moment parce qu'elle ne dit rien. A la place, elle regarda l'heure sur sa montre et se leva.
— Il est presque vingt et une heures, je crois que je vais retourner dans la salle commune. Scorpius avait besoin d'aide pour son devoir, de toute façon.
Louis hocha la tête, mais il eut une idée et se leva à son tour.
— C'est… euh, c'est peut-être mieux si je te raccompagne là-bas, non ? Comme un… comme un vrai petit copain ?
Vera sembla hésiter quelques secondes, puis elle dit :
— Oui, tu as surement raison… Et ça nous habituera à nous tenir la main…
Ils sortirent en silence de la bibliothèque, et parcoururent le chemin vers les cachots dans le même calme presque religieux. En réalité, il ne s'agissait de rien d'autre que de la gêne et de l'inconfort. Il fallait dire qu'en moins de deux semaines, Louis et Vera étaient passés de personnes ne s'appréciant pas du tout (« Oh là là, Weasley, je te déteste ! » étant la chose que Louis avait le plus entendu Vera dire) à un pseudo-couple. La situation était loin d'être simple. Heureusement, ils attinrent rapidement la salle commune de Serpentard, et après avoir embrassé Louis sur la joue, Vera disparut derrière le mur de pierre. Louis soupira une fois encore, et entreprit de remonter dans les étages vers la salle commune de Serdaigle. Après avoir répondu à une énigme, il observa rapidement les élèves présents dans la salle, mais aucun ne lui prêta vraiment attention. Il constata que Rose n'était plus là. Sans doute était-elle partie à la chasse au cavalier pour le bal. A moins qu'elle ne soit déjà partie se couchée. Peu importait, de toute manière.
Louis se rendit à son tour dans son dortoir. La journée avait été moralement éprouvante et fatigante, et se coucher tôt ne lui ferait surement pas de mal. Il avait à peine ouvert la porte qu'il apparut cependant comme évident qu'il n'allait pas pouvoir se coucher puisque Tim McDonald, Mark Denver et Kevin Olson, ses trois camarades de dortoir, semblaient plongés en pleine discussion. Queenie Brixton, la petite-amie de Mark, une élève de leur maison en sixième année, était assise sur un rebord de fenêtre, les sourcils froncés et l'air mécontent.
— Hey Louis ! s'exclama Mark quand il le vit entrer.
Louis ne répondit que d'un signe de tête. Il se dirigea vers son lit et entreprit de récupérer son pyjama derrière son oreiller. Il s'éclipsa dans la salle de bain accolée à leur dortoir, prit une douche rapide mais bienvenue, et quand il fut sorti de la douche et qu'il se séchait les cheveux, il entendit que ses camarades parlaient toujours avec animation. Les mots « bal » et « cavalière » lui parvinrent aux oreilles et Louis ne put s'empêcher de grogner en les entendant. Est-ce que tout le monde n'avait plus que ce sujet de conversation en tête ? Il termina rapidement de se sécher, enfila son pyjama et à peine avait-il ouvert la porte pour retourner dans le dortoir que Kevin le héla :
— Louis, on a besoin de toi, réunion de crise !
Louis se retint à grand peine de lever les yeux au ciel, s'intimant de se rappeler que ces trois garçons étaient ses seuls amis, et il demanda, d'une voix qu'il tenta de rendre le plus neutre possible :
— A quel sujet ?
— Au sujet de ta pétasse de cousine, répliqua Queenie avec colère.
— Roxanne ?
Que pouvait-elle bien encore avoir fait ? Il était de notoriété publique que Roxanne aimait beaucoup les garçons et elle s'était fait beaucoup d'ennemies en flirtant avec des garçons qui n'étaient pas célibataires.
— Rose.
— Rose ? s'étonna Louis.
Elle était peut-être très énervante, mais Louis savait qu'au contraire de Roxanne, l'expérience de Rose dans ce domaine n'était que limitée et il ne voyait pas comment on aurait pu la traiter de « pétasse »
— Oui, Rose, répliqua Queenie avec dégout.
— Qu'est-ce qu'elle a fait ?
— Elle a invité Mark au bal, répondit Kevin.
Louis haussa un sourcil.
— Sans rire ?
— Sans rire. Elle m'a dit que personne ne voulait y aller avec elle, donc qu'elle voulait savoir si ça m'intéressait. Elle a précisé qu'elle savait que j'ai une copine, et que donc elle ne me demandait pas de l'aimer et que d'ailleurs, elle n'était pas amoureuse de moi. Elle sait juste que je ne pourrai pas y aller avec Queenie parce qu'elle est en sixième année donc…
— Mais Queenie ne veut pas le laisser y aller, expliqua Kevin.
— Evidemment que je ne veux pas ! Tu laisserais ta copine aller au bal avec quelqu'un d'autre, toi ?
— La question ne se pose pas, Alexandra est en septième année, répondit Kevin.
— Non mais tu vois ce que je veux dire !
Louis soupira en tirant les couvertures de son lit et en s'y installant.
— Honnêtement, Queenie, ça ne risque rien. On parle de Rose, là. Je ne suis même pas sûr qu'elle aie déjà embrassé quelqu'un de sa vie.
Queenie eut un petit ricanement, ce qui ne l'empêcha pas d'ajouter :
— Je m'en fiche.
— Ecoute, Queenie, si vraiment tu ne veux pas, alors je lui dirai non demain…
— Très bien, tu lui diras non.
Elle descendit du rebord de fenêtre où elle était assise, et après avoir embrassé Mark un peu plus férocement qu'à l'ordinaire, histoire de lui rappeler qui était sa petite amie, elle quitta le dortoir sans un mot pour les trois autres.
— Et toi, Tim ? Tu y vas avec qui ? demanda Kevin.
Tim, qui était resté étrangement silencieux pendant toute la conversation, répondit d'une voix éteinte :
— Hein… oh… euh… je ne sais pas… je verrai bien…
Louis le regarda prendre son propre pyjama et aller s'enfermer dans la salle de bain, se demandant vaguement ce qui lui arrivait et espérant qu'il arrêterait vite de faire la tête. Tim était trop mignon pour gâcher ça… !
— Et toi Louis ?
— Quoi moi ?
— Tu vas au bal de Carlson ?
— Oui.
Il vit Mark et Kevin échanger un regard étonné, et Kevin demanda :
— Avec qui ?
Et voilà, c'était le moment. Louis allait devoir leur annoncer qu'il avait une petite copine. L'idée semblait ridicule même dans sa tête. Avoir une copine, même une fausse, c'était renier celui qu'il était, le garçon qui aimait les garçons. Mais avoir une copine, même une fausse, c'était aussi s'assurer la tranquillité et de ne pas perdre le respect et l'amitié des quelques personnes qui comptaient pour lui. Alors c'était important, n'est-ce pas ?
— J'y vais avec ma propre petite copine.
Mark et Kevin ne cherchèrent même pas à dissimuler leurs airs abasourdis. Louis ne pouvait pas vraiment leur en vouloir pour cette réaction. Après tout, il n'avait jamais été vu avec une fille, encore moins une petite-amie.
— Oh, c'est… étonnant…
— Hum… qui… qui c'est ?
Louis remonta ses couvertures jusque sous son menton avant de répondre.
— Vera Zabini.
Il n'attendit pas la réponse de ses amis, enfouissant toute sa tête sous ses couvertures. Il n'étais pas sûr de pouvoir leur mentir s'il croisait le regard de ses amis. Les prochains mois allaient être les plus longs de sa vie, et il n'avait qu'une hâte : que les vacances de Pâques, qui commençaient la semaine suivante, soient déjà là.
A/N : Et en plus c'était un chapitre où il ne se passe rien… Vous avez le droit de me taper ou de m'insulter dans les reviews !
Et puis, tous ceux qui ont mis cette histoire en alerte ou en favori, ne soyez pas timides et dites-moi pourquoi ! Merci beaucoup, en tout cas, c'est très gentil ! ;)
