A/N : Ooooh, un nouveau chapitre ! Et encore un où il ne se passe rien ! \o/


Louis émergea lentement du sommeil, réveillé par l'odeur qu'il préférait au monde : celle des croissants française que préparait sa mère pour le petit-déjeuner tous les dimanche matins. Louis n'était pas quelqu'un de très gourmand, mais il aurait vendu son âme pour ces croissants. Il rejeta ses couvertures en bas de son lit et se leva, enfilant ses chaussons et sa robe de chambre. Shell Cottage était froid, en ce moment, parce que Victoire, qui était venue passer quelques jours chez leurs parents tandis que Teddy était parti en tournée avec son groupe, déclarait que ses hormones de femme enceinte la faisait mourir de chaud et laissait toutes les fenêtres des parties communes ouvertes en permanence. Il fallait vraiment qu'elle vienne toujours embêter tout le monde…

Lorsqu'il entra dans la cuisine, quelques minutes plus tard, sa mère l'accueillit avec un grand sourire. Elle se précipita vers lui pour lui faire une énorme bise sur la joue, au grand dam de Louis qui estimait avoir largement passé l'âge. Mais il ne dit rien, la perspective de manger des croissants qui sortaient tout juste du four étant plus importante.

Tu as bien dormi, mon chéri ? demanda sa mère en français.

Louis répondit dans la même langue.

Oui, maman, merci.

Son père entra alors dans la cuisine, et avec un sourire et un ton amusé, il dit :

— Je n'aime pas quand vous parlez en français en mon absence, j'ai toujours l'impression que vous complotez quelque chose dans mon dos.

Sa mère se dirigea vers lui, et après l'avoir embrassé à pleine bouche (Louis dut détourner le regard pour ne pas vomir), elle répondit :

— Tu n'avais qu'à apprendre plus sérieusement pendant les leçons de langue que je te donnais.

— Que veux-tu, j'étais trop occupé à m'intéresser à une autre langue…

— Oh non, papa là c'est dégoutant ! s'exclama alors Victoire en entrant dans la cuisine.

Pour une fois, Louis ne pouvait qu'être d'accord avec sa sœur.

— Merci de ne pas mettre de telles images dans mon cerveau, renchérit-il.

— Voyons, je ne doute pas que vous sachiez comment vous avez été conçus, fit remarquer Bill. Victoire, tu devrais le savoir mieux que quiconque, avec le bébé qui grandit en toi en ce moment.

— Connaître les principes de base de la reproduction humaine est une chose ; imaginer ses propres parents avoir des relations sexuelles en est une autre, répondit Victoire avec une grimace.

— Absolument, du genre auquel on préfèrerait éviter de penser, déclara Dominique en entrant à son tour dans la cuisine et en baillant à s'en décrocher la mâchoire.

Fleur jeta un œil à l'horloge qui ornait le mur et s'exclama :

— Par la barbe de Merlin ! Il est dix heures et tu es déjà levée ! s'exclama-t-elle.

Il était vrai que Dominique était une grande adepte des très grasses matinées et que dormir jusqu'à quatorze heures ne lui faisait pas peur. Il était donc étonnant de la voir déjà levée.

— On se demande bien pourquoi ! Vos piaillements réveilleraient un kangourou dans le désert australien ! Je suis étonnée que vous n'ayez pas encore reçu une demi-douzaine de Beuglantes se plaignant du bruit.

Bill, Fleur et Victoire éclatèrent de rire et Louis ne put s'empêcher de sourire lui aussi tandis qu'il s'asseyait à table, bientôt imité par le reste de sa famille, et qu'ils commencèrent à petit-déjeuner tous ensemble. Les occasions pour eux de se retrouver à cinq étaient de plus en plus rares : Victoire s'était mariée et avait déménagé, Dominique suivait des études de droit magique à Londres et ne rentrait à Shell Cottage que pour les week-ends, et Louis était encore à Poudlard la majorité du temps. Mais cette rareté rendait ces instants encore plus précieux, et Louis les chérissait tous. Il avait beau être un enfant solitaire, pas particulièrement proche de ses sœurs ou même de ses parents, il n'empêchait qu'il les aimait et que se retrouver avec eux lui apportait paix et calme. Et il en avait présentement besoin plus que jamais, parce que sa vie s'apprêtait visiblement à prendre un tournant plutôt chaotique.

Lorsque le petit-déjeuner fut terminé et que chacun eut débarrassé ses bol et couverts, Louis alla prendre une douche avant de retourner dans sa chambre. Les ASPIC étaient désormais dans quelques semaines à peine, et les professeurs avaient décidé d'exploiter cette dernière ligne droite jusqu'au bout, noyant les élèves sous les devoirs. Les vacances n'avaient peut-être commencé que deux jours auparavant, mais Louis préférait ne pas perdre de temps dans la rédaction des nombreux essais qu'il avait à rédiger pour la rentrée.

Il travaillait sur son essai de Potions depuis moins d'une heure quand quelqu'un toqua à sa porte. Soupirant, il reposa sa plume et dit :

— Entrez.

La porte s'ouvrit et son père entra.

— Je ne te dérange pas ? demanda-t-il.

Louis renonça à dire la vérité et répondit simplement :

— Non, pas du tout.

Son père s'avança vers le lit de Louis et s'y assit, observant son fils assis à son bureau quelques secondes avant de dire :

— Je viens de parler avec Ron par cheminée. Il m'a dit que Rose et lui s'étaient disputés à cause d'un bal de fin d'année qui serait donné à Poudlard pour les élèves de septième année. Je n'ai pas cherché à en savoir plus sur la dispute, connaissant Ron il est juste révolté à l'idée que sa fille grandisse et s'intéresse aux garçons, mais ça m'a étonné d'apprendre l'existence de ce bal. Pourquoi tu ne nous en as pas parlé ?

Louis se mit à jouer nerveusement avec sa plume avant de répondre :

— Je ne sais pas, c'est surement parce que ça ne me paraissait pas très important.

Bill fronça les sourcils.

— Toutes les occasions de faire la fête sont importantes, fiston !

— Si tu le dis…

Bill sembla hésiter quelques instants, comme s'il avait peur des mots qu'il allait prononcer, mais il finit par se lancer.

— Tu y vas avec… avec quelqu'un ?

Louis sentit sa gorge se serrer et la peur envahir son estomac. Il se força à garder une voix neutre quand il déclara :

— Une amie.

Il hésita un instant, et ajouta :

— Ma petite-amie.

Les sourcils de Bill se levèrent aussitôt de stupeur.

— Une petite-amie ? répéta-t-il. Voilà qui est… euh…

— Inattendu ? proposa Louis.

— Oui… enfin je veux dire… non, mais bon…

Il hésita quelques secondes, puis, avec le visage de quelqu'un qui se retenait de faire une remarque qui lui tenait pourtant à cœur, il poursuivit :

— Toi qui disais vouloir rester célibataire pour privilégier tes études…

— Il faut croire que j'ai changé d'avis, répondit simplement Louis.

— Et c'est… euh… une fille, hein ?

Ce fut à Louis de froncer les sourcils.

— Evidemment, qu'est-ce que tu voudrais que ça soit d'autre ?

— Oh, je… euh… non, rien…

Bill se leva et déclara d'une voix un peu bizarre :

— Bon… je… je vais te laisser travailler.

Il sortit de la pièce en un clin d'œil, laissant Louis s'interroger sur le sens de ce qui venait de se produire.

Les vacances avaient commencé depuis seulement une semaine mais elles touchaient déjà à leur fin. Au grand soulagement de Louis, plus personne à Shell Cottage n'avait abordé la question du bal de fin d'année organisé par Carlsson, et la famille Weasley-Delacour venait de transplaner au Terrier pour fêter le vingtième anniversaire des jumeaux Fred et Roxanne avec le reste du clan Weasley. Ils furent accueillis par les cris de Lily et Hugo qui hurlèrent « Ils sont arrivés ! » et à peine étaient-ils arrivés que Grand-Mère Molly se précipitait sur eux pour les étreindre tour à tour. Sans qu'il n'ait eu le temps de souffler, Louis était déjà tiré vers la grande table montée dans le jardin et sa grand-mère emplissait son assiette de saucisses et de salade de pommes de terre, se plaignant que « cet enfant est beaucoup trop maigre ! »

Louis se retint de pousser un soupir et de lever les yeux au ciel. Ses parents n'auraient pas apprécié cette attitude, mais l'envie de le faire ne manquait définitivement pas. S'il y avait bien une chose que Louis aurait préféré éviter, autre que le bal de fin d'année, c'était les repas de famille au Terrier. Il avait beaucoup trop de cousins, oncles et tantes, sans compter les amis de la famille qui étaient toujours invités, comme les Londubat et les Scamander, et Louis préférait le calme et la solitude à l'excitation et la foule. Heureusement, toute sa famille était composée de fortes têtes, à part peut-être les discrets Molly et Albus, et il passait toujours inaperçu.

Ce jour-là, l'attention se porta vite sur sa cousine Rose et son père. On voyait bien qu'ils se boudaient, ne se regardant pas et préférant demander à une personne loin d'eux de leur passer le sel ou le poivre plutôt que de demander à l'autre. Louis se demanda brièvement ce qui leur était arrivé, avant de se rappeler ce que son père lui avait dit une semaine plus tôt concernant le bal de fin d'année. A tous les coups Rose avait dû soupirer de manière exaspérée qu'elle n'avait pas trouvé de cavalier et l'Oncle Ron avait surement répondu que c'était tant mieux et que d'ailleurs il l'interdisait d'aller au bal avec un garçon et même de fréquenter qui que ce soit avant son trentième anniversaire. De l'avis de Louis, il était grand temps que l'Oncle Ron sorte le balai qu'il avait coincé entre ses deux fesses et accepte l'idée que sa fille était grande, désormais.

Une fois que Roxy et Fred eurent soufflé leurs bougies et que tout le monde eut mangé le délicieux gâteau préparé par Grand-Mère Molly et Tante Angie, tout le monde se leva de table. Lily, Lucy, Gavin Londubat, Hugo et Molly se précipitèrent sur la réserve à balais pour improviser une séance de tirs au buts. Louis les regardait faire, toujours incapable de comprendre l'engouement suscité par le Quidditch, quand une main se referma autour de la sienne et le tira de sa chaise. Il s'agissait de Rose qui tenait aussi Albus avec son autre main et qui les tira sous un arbre, à l'abri des oreilles indiscrètes.

— Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Louis dès que Rose l'eut lâché.

— Elle a eu l'idée la plus débile de la décennie, répondit Albus en levant les yeux au ciel. Voire peut-être du siècle.

— La ferme, Al !

Louis se retint de pousser un nouveau soupir. Parce qu'Albus et lui étaient du même âge que Rose, elle partait du principe qu'ils étaient forcément les meilleurs amis du monde. Au fond, Louis aimait beaucoup Rose, malgré ses trop nombreux défauts, et elle était surement celle dont il était le plus proche parmi tous ses cousins, mais Al et lui n'avaient pas grand-chose en commun et Louis n'avait pas l'impression qu'ils s'appréciaient particulièrement. Ce qui faisait que les moments où Rose les entrainait dans un de ses délires étaient toujours très bizarres.

Rose prit alors son inspiration un bon coup avant de se lancer dans une diatribe contre son père. Evidemment.

— Ah, il m'énerve ! s'exclama-t-elle. Qui croit-il être pour ainsi vouloir contrôler ma vie ? Il n'a rien à dire, je suis majeure, et si je veux aller à ce bal avec un garçon, je le ferai ! Si je veux laisser le garçon m'embrasser, je le ferai aussi ! Merde, même si je veux me le taper dans un placard à balais ou dans les toilettes je pourrai le faire et il n'aura rien à dire !

Louis doutait franchement que Rose se « taperait » un garçon dans les toilettes alors qu'il la soupçonnait de ne jamais avoir embrassé personne, mais il préféra ne pas relever. Il n'avait pas envie que Rose s'énerve après lui.

— Il va voir, si je ne vais pas aller au bal ! Bien sûr que si, que je vais y aller ! Avec un garçon ! Et du genre qu'il détesterait !

Albus regarda Louis avec l'air de dire « Attention, son plan est vraiment super-débile. »

— Louis, dit-elle, tu sors toujours avec Vera Zabini ?

— Hein… Euh, oui… oui, pourquoi ?

— Et Scorpius Malfoy est toujours son meilleur ami ?

— Euh… oui… répéta Louis qui avait du mal à voir où sa cousine voulait en venir.

— Très bien, tu vas demander à Vera de demander à Scorpius de venir au bal avec moi.

— QUOI ?

Louis sentit sa bouche s'ouvrir de stupeur et ses yeux s'agrandir sous le choc.

— Mais je… mais NON !

— Et pourquoi pas ?

— Mais parce que… ça se fait pas !

— Et voilà ! s'exclama Albus. Je te l'avais dit !

— Très bien ! grogna Rose. Je me débrouillerai toute seule, parce que je ne peux pas compter sur vous ! Il est beau l'esprit de famille !

— Mais… mais pourquoi Scorpius Malfoy ? demanda Louis. Tu n'es pas amoureuse de lui, quand même ?

— Yeurk, ne dis pas de bêtises pareille Louis, ça ne te va pas au teint ! Non, c'est juste qu'il est celui qui embêterait le plus papa, aucun doute là-dessus !

— Rose, fit Albus en soupirant, tu as conscience qu'il n'a aucun intérêt à dire oui ?

— Pas grave, je le paierai s'il le faut.

Louis fut si estomaqué par les propos de sa cousine qu'il ne répondit pas. Albus, en revanche, poursuivit :

— Tu ne t'abaisserais quand même pas à ça… C'est de…

— S'il le faut ! Aux grands maux les grands remèdes ! Ca lui apprendra, à mon père, à se mêler de mes affaires ! Imbécile va !

Elle marmonna deux ou trois paroles incompréhensibles, puis elle porta à nouveau son attention sur ses cousins.

— Et puis vous deux, ce n'est même pas la peine de venir me demander un service, bande de lâcheurs.

Et sur ce, elle s'éloigna à grands pas, empoigna un balai avec force et rejoignit ceux qui jouaient avec le Souaffle. Louis la regarda faire, d'un air interdit. Albus grogna qu'il avait vraiment hérité d'une famille de tarés avant de s'éloigner à son tour. Louis ne prêta pas attention au départ de son cousin, trop focalisé sur la stupidité du plan de Rose. Il espéra que Scorpius Malfoy avait assez de cervelle pour refuser, mais étrangement, et surtout désagréablement, il en doutait : après tout, sa vie était un enfer depuis quelques semaines, et Louis ne voyait pas pourquoi ça s'arrêterait maintenant.


A/N : Bwahah, je suis trop forte ! J'arrive à caser du Scorpius/Rose partout, même si c'est pour de faux XD J'espère que ça vous a plu ! Moi en tout cas j'ai adoré écrire ce chapitre, les Weasley-Delacour sont trop attachants ! (: