A/N : OMG, un deuxième chapitre en une semaine, je ne vous avais plus habitués à ça ! Voici donc le huitième chapitre de Le Secret de Louis, "Walking Disasters" (crédit à The Wombats pour le titre de ce chapitre)
Le temps passa beaucoup trop vite au goût de Louis qui trouva que le samedi de la sortie à Pré-au-Lard arriva bien trop rapidement. Heureusement, les trois jours entre la proposition de Rose et le samedi en question se passèrent sans aucun autre accroc, ce que Louis considérait comme miraculeux, parce que dans sa position actuelle, il s'attendait littéralement à ce que tout et n'importe quoi lui tombe dessus. A ce stade des évènements, si Albus était venu le voir en pleurant, lui confiant être secrètement amoureux de Vera Zabini depuis leur première année d'études à Poudlard, Louis n'aurait même pas trouvé ça étonnant. Il avait tout simplement l'impression d'être sans le savoir le héros de l'un de ces mauvais feuilletons télévisés français que regardait son oncle Bernard, le mari Moldu de Gabrielle.
Le samedi matin de la sortie à Pré-au-Lard, Louis fut réveillé par Rose, qu'il commençait sincèrement à détester.
— Debout le blond ! s'écria-t-elle en sautant sur son lit, déjà vêtue d'un jean et d'un gros gilet à capuche, son écharpe aux couleurs de Serdaigle à la main.
Louis grogna, se retenant de justesse d'attraper la tête de sa cousine et de l'exploser sur le coin de sa table de chevet. A la place, il se contenta de la repousser avec le peu de force que ses muscles encore endormis avaient à offrir. Cela n'eut pour effet que d'exciter Rose encore davantage.
— Allez le mollasson ! Tu crois que c'est en trainant au lit que tu vas pouvoir la garder Vera ?
— Honnêtement, Rose, tu ne t'arrêtes jamais deux minutes ? Marmonna Louis en rejetant ses couvertures.
— Jamais, répondit Rose avec sérieux. Sinon je me fais manger par la masse des gens autour de moi, et quand on vient de notre famille, on sait que les masses sont drôlement gloutonnes.
Louis jeta un œil à son réveil qui indiquait qu'il était seulement sept heures et demi et il jugea qu'il était bien trop tôt pour qu'il essaie de comprendre ce qu'avait voulu dire Rose. A la place, il se contenta de demander :
— Mais pourquoi tu me réveilles aussi tôt, bon sang ?
— Parce qu'on va à Pré-au-Lard aujourd'hui.
— Et alors ? On aurait pu y aller dans trois heures, le village ne va pas s'envoler !
— Ca t'en sait rien, il s'y est déjà passé des choses beaucoup plus bizarres.
— Ne joue pas à l'idiote, Rose, tu sais très bien ce que je veux dire.
— Malfoy a des choses à faire cet après-midi, donc on ira à Pré-au-Lard le matin. Réjouis-toi, tu pourras trouver du temps libre pour t'envoyer en l'air avec Vera dans l'après-midi comme ça.
Louis préféra ne pas relever. A ce niveau, il en allait de la survie de sa cousine. Il attrapa ses vêtements, et il obtint l'autorisation de quand même prendre une douche. Il resta sous le jet d'eau brûlant plus longtemps qu'à l'accoutumée, heureux d'être débarrassé de Rose pendant au moins quelques instants, et quand il sortit de la salle de bains, vingt-cinq minutes après son réveil, il trouva Rose assise sur son lit, jouant distraitement son réveil. Kevin et Mark dormaient encore, les petits chanceux, mais Tim était réveillé. Appuyé sur sa tête de lit, il regardait un point fixe sur le plafond, ses couvertures remontées jusqu'au menton et les joues étrangement rosies. Louis considéra un instant lui demander s'il se sentait bien, mais Rose intervint au même moment, lui intimant de se dépêcher parce qu'il était déjà huit heures.
Louis suivit Rose jusqu'à la Grande Salle en trainant un peu les pieds, et il s'installa à côté d'elle sans lui adresser la parole. Il n'écouta pas quand Rose énuméra toutes les choses qu'ils pourraient faire ce matin-là et se contenta de manger ses toasts d'un air distrait, alors même que son esprit à lui aussi était préoccupé par la matinée à venir. Il ne faisait aucun doute pour Louis que l'ambiance serait des plus… étranges. Il aurait bien voulu faire en sorte de trainer encore un peu à la table des Serdaigle, mais Rose ne l'aurait jamais permis, et c'est ainsi qu'à huit heures et demi, ils se levèrent tous les deux et allèrent attendre devant la porte d'entrée du château que Vera et Scorpius Malfoy les rejoignent.
Une dizaine de minutes plus tard, Vera sortit à son tour dans la cour du château, Scorpius Malfoy trainant les pieds derrière elle comme l'avait fait Louis quelques instants auparavant avec Rose. Louis se força à ne pas regarder Scorpius Malfoy avec trop d'insistance, mais il avait beaucoup de mal à ne pas lui jeter des coups d'œil : ce garçon était vraiment trop beau… Il se donna une claque mentale avant d'attraper la main de Vera et de l'embrasser furtivement sur la joue tandis que Scorpius les regardait les bras ballants et que Rose fit une grimace qui en disait long sur ce qu'elle pensait de la relation de Louis et Vera.
— Bon ! s'exclama-t-elle en frappant dans ses mains. Maintenant que les deux tourtereaux se sont retrouvés, on va pouvoir y aller !
Elle se mit aussitôt en route, et Louis ne répondit rien, même si l'envie ne lui manquait absolument pas. Il serra les dents et, la main de Vera toujours dans la sienne, il suivit Rose le long du chemin qui menait au portail du parc. Louis entendait les pas de Scorpius Malfoy sur le gravier quelque part derrière lui et il se sentit soudain étrangement et sans aucune véritable raison vulnérable de ne pas le voir. Le court chemin jusqu'au portail se fit en silence, et ce ne fut qu'après l'avoir passé que Rose se tourna vers les trois autres, leur demandant ce qu'ils souhaitaient faire ce matin là. Vera répondit qu'elle avait besoin de nouvelles plumes et Scorpius marmonna qu'il s'en fichait.
— Il faudrait qu'on passe au magasin de l'oncle George aussi, dit Rose. Ca fait au moins trois siècles qu'on ne l'a pas vu.
Louis brûlait de lui faire remarquer qu'ils l'avaient vu au Terrier deux semaines auparavant mais une fois de plus, il préféra rester silencieux et tous les quatre reprirent leur trajet dans le calme et la tension de leur drôle d'association. Louis n'osait pas parler avec Vera, par peur que les deux autres ne remarquent aussitôt que leur couple était faux ; il n'osait pas non plus parler avec Rose, par peur que les seules paroles qui sortent de sa bouche ne soit des insultes ; et surtout, il n'osa pas adresser la parole à Scorpius Malfoy par peur de beaucoup trop de choses pour pouvoir toutes les nommer.
Lorsqu'ils furent arrivés au village, ils firent un premier arrêt chez Scribenpenne où Louis eut l'occasion de s'isoler un peu avec Vera.
— C'est officiel : je déteste Rose et je vais me renseigner pour savoir si je peux administrativement la renier en tant que cousine.
Vera ricana doucement mais fit remarquer :
— Ca aurait pu être pire, pour l'instant il ne s'est rien passé.
— Mais c'est justement ça, le problème ! Il ne se passe rien. Personne ne parle, tout le monde est si raide qu'on dirait que nous sommes devenus des clones mon oncle Percy ou qu'on nous a enfoncé des balais où tu sais, Rose m'énerve au plus haut point et Scorpius m'angoisse.
Et avant d'avoir eu le temps de réfléchir à ce qu'il allait dire ensuite, il ajouta :
— Heureusement que tu es là !
Vera eut un petit sourire.
— Merci, Louis, ça me touche beaucoup… Je… je crois qu'en fait, on aurait vraiment dû commencer à se parler bien avant…
Louis se sentit rougir un peu. Vera avait raison : ils s'étaient découvert tant d'atomes crochus en à peine quelques semaines que Louis regrettait vraiment leur passé plus que tendu. L'idée de Carlson et tout ce qui en avait résulté étaient peut-être de vrais fardeaux, mais toutes ces épreuves lui avaient au moins permis de se faire une amie.
— Mais pourquoi Scorpius t'angoisse-t-il ?
Louis soupira.
— Je sais pas… il est là, il ne dit rien, il reste en retrait… je suis sûr qu'il observe le moindre de mes faits et gestes pour évaluer si je suis assez bien pour toi et qu'il prévoit de me casser la figure au moindre pas de travers… Comme James fait avec les petits copains de Lily ! Et crois-moi, le résultat n'est jamais beau à voir.
Vera se mit à rire doucement et en hochant la tête, elle répondit :
— Non, ce n'est pas du tout le genre de Scorpius. Je crois qu'il est simplement aussi mal à l'aise que toi.
— Scorpius Malfoy ? Mal à l'aise ? s'étonna Louis. On parle bien du même hein, celui qui est très populaire auprès des filles et qui semble toujours si sûr de lui ?
Ce fut au tour de Vera de soupirer.
— C'est parce que… ce Scorpius que tu me décris, ce n'est pas le vrai… C'est une image qu'il se donne, parce qu'il pense qu'il a des choses à prouver, qu'il n'est pas que le fils et le petit-fils de deux Mangemorts reconnus… En réalité il est toujours mort de trouille dès qu'il s'agit pour lui d'avoir des interactions sociales avec qui que ce soit…
Elle sembla hésiter un instant avant d'ajouter :
— Et aujourd'hui, il a du mal à le cacher, parce qu'il se retrouve à côtoyer les enfants de membres de la famille Weasley, qui a en quelques sorte causé la chute de la sienne, et que moi qui suis censée être son amie et son alliée, je me retrouve à sortir avec toi…
Louis ne répondit pas, trop assommé par les mots de Vera. Il n'avait jamais envisagé que la réserve que Scorpius Malfoy avait montrée depuis le début de sa relation avec elle puisse être due à cela. Il s'était juste imaginé que comme tous les Malfoy avant lui, Scorpius détestait tous les Weasley, même si ceux-ci se trouvaient être les petits copains de sa meilleure amie. Louis n'eut de toute manière pas vraiment le temps de s'appesantir sur le sujet puisque Vera eut rapidement choisi ses nouvelles plumes et qu'ils se retrouvèrent tous très rapidement dehors.
Les élèves de Poudlard commençaient à vraiment arriver dans le village et Louis repéra son cousin Albus en compagnie de ses amis de Poufsouffle. Lorsqu'ils reprirent leur marche, Vera traina un peu en arrière, sans doute pour discuter avec Scorpius, alors Louis se mit à hauteur de Rose et lui demanda à voix basse :
— Je croyais que tu devais faire connaissance avec Malfoy ?
— J'aimerais bien, mais il tire une tronche de quarante kilomètres de long ! On dirait mon père au réveil !
— Peut-être que si tu essayais de lui parler, il te répondrait…
— Ben vas-y, toi, entame la conversation avec lui, je te regarde faire !
Louis ne répondit pas et Rose dit en ricanant :
— Tu vois, même toi tu as peur de te faire arracher la tête à coups de dents.
Piqué au vif, Louis se retourna ver Scorpius et Vera et lança :
— Hey Malfoy, on peut savoir pourquoi tu as accepté d'aller au bal avec cette hystérique ?
Scorpius Malfoy, qui avait jusque là le regard fixé sur le bout de ses chaussures, releva aussitôt la tête. Il avait l'air très surpris par la question et Louis tenta de ne pas laisser transparaitre son propre trouble alors que les yeux gris du jeune Serpentard croisèrent les siens.
— Je… commença-t-il. Je sais pas…
— Allons, il y a surement une raison ! fit remarquer Louis sans prêter attention aux battements affolés de son cœur et aux sifflements agacés de sa cousine. Elle t'a payé ?
— Non ! se défendit Scorpius. Non… je… je sais pas… elle avait l'air sympa !
— C'est-à-dire que comme tu ne lui parles pas, je me demande bien ce que tu peux lui trouver…
— Dis que je suis moche ! s'énerva Rose.
— Pas spécialement, mais il faut quand même avouer que Scorpius Malfoy est déjà sortie avec des filles bien plus jolies que toi, répondit Louis. Et surement des moins folles que toi aussi.
Rose s'appliqua à répliquer à son tour, mais Vera intervint :
— Stop ! s'exclama-t-elle. Tout le monde se calme, Louis et Rose on cesse les enfantillages et Scorpius maintenant tu vas faire un effort et passer au moins une heure à ne plus faire la gueule et à apprendre à connaitre ta cavalière, d'accord ? Et tu vas commencer par lui dire que si tu as accepté son invitation, c'est parce que tu en as marre de toutes les filles qui te courent après pour ton physique et que pour une fois que quelqu'un voulait de toi pour autre chose, même si cette autre chose était aussi fallacieux que « je veux casser les pieds de mon père », tu en as profité !
Et sur ce, elle poussa Scorpius dans le dos. Il n'avait pas été préparé et commença à tomber en avant. Sa chute fut alors empêchée par Louis qui s'était avancé pour le rattraper. C'est ainsi que durant quelques secondes, Louis réalisa son vieux rêve de tenir Scorpius Malfoy entre ses bras. Mais il lâcha rapidement le garçon, de peur qu'il ne se rende compte de son trouble. Les oreilles rosies, il reprit la main de Vera dans la sienne, et ils se mirent à suivre Rose et Scorpius qui tentèrent alors d'engager une conversation.
Une dizaine de minutes plus tard, ils arrivèrent devant le magasin de l'oncle George, déjà envahi par les élèves de Poudlard. Louis, Vera, Rose et Scorpius se dirigèrent aussitôt vers la caisse où George travaillait et quand il les aperçut, il appela aussitôt une de ses employées (Saskia, selon le badge épinglé sur sa poitrine) pour prendre le relai.
— Louis, Rose, quel plaisir de vous voir ici !
Il les serra brièvement dans ses bras, puis il regarda Scorpius et Vera et demanda à ses neveux :
— Vous me faites les présentations ?
— Voici Scorpius Malfoy, dit Rose, mon cavalier pour le bal de fin d'année. Scorpius, voici mon oncle George.
— Ah, tu veux tuer ton père ?
— C'est le but, oui, répliqua Rose avec fierté.
— Je ne manquerai pas de le tenir au courant, alors, répondit George en riant. Et mademoiselle…
— Vera Zabini, répondit Vera en souriant.
Elle jeta un coup d'œil hésitant à Louis et ajouta :
— Je suis la petite amie de Louis.
Les yeux de George s'arrondirent, comme sous l'effet de la surprise.
— La petite amie de Louis ? Voilà qui est… renversant.
Louis se sentit rougir jusqu'aux oreilles, et il répliqua froidement :
— Est-ce que vous allez tous me faire cette remarque à chaque fois ?
Avec colère, il ajouta :
— J'en ai marre de cette sortie, je crois que je vais rentrer au château.
Et avant que les autres n'aient pu faire quoi que ce soit, il sortit à grands pas du magasin, un drôle de sentiment qu'il n'arrivait pas à identifier pesant dans son estomac.
A/N : Ah, Louis commence à en avoir vraiment marre là... Et pour ceux qui attendaient de voir un peu plus de Scorpius, désolée de ne pas vous en avoir donné un peu plus dans ce chapitre, mais Louis a décidé que finalement, il ne voulait plus passer la journée à Pré-au-Lard...
A bientôt j'espère pour le chapitre 9 ! :)
