A/N : Et hop, à une semaine de la sortie de HP7.2, un nouveau chapitre ! (bon j'avoue ya pas trop de lien entre les deux mais c'était histoire de faire une note d'auteur Potter-related... Tiens d'ailleurs, ya des gens qui vont à l'avant-première à Bercy ? Les parents de Louis seront lààà \o/)


Après le désastre de la sortie du samedi matin, Louis s'enferma dans la tour de Serdaigle tout le week-end, naviguant entre son dortoir et la salle commune et ne sortant que pour les repas. Rose avait bien essayé de venir lui parler quand elle était rentrée de Pré-au-Lard un peu après midi, mais Louis lui avait violemment demandé « d'aller se faire mettre. » Le choc sur le visage de sa cousine ne le fit même pas se sentir coupable : c'était entièrement de sa faute, après tout, c'était elle qui avait eu cette idée ridicule de sortie à quatre. De toute façon, la solitude de Louis ce week-end là était loin d'être de trop : les ASPIC seraient là dans moins d'un mois désormais, et, avec tous les tracas qui avaient été les siens au cours des semaines précédentes, il n'avait pas révisé pour ses examens aussi sérieusement qu'il l'aurait dû. Il avait par exemple encore beaucoup de mal avec les sortilèges de Désillusion, et il s'entraina une bonne partie de son dimanche après-midi à tenter de devenir un caméléon humain sans trop de succès.

Le lundi matin, ce fut le moral et la motivation dans les chaussettes que Louis se présenta en cours. Plus il y pensait, plus il avait envie de trouver Vera, de lui dire qu'il fallait qu'ils arrêtent leur comédie puis de partir s'installer à Tombouctou sous une nouvelle identité et même une nouvelle apparence. En cet instant, il se fichait bien de faire souffrir sa mère ; tout ce qui comptait, c'était que garder et protéger son lourd secret qui devenait de plus en plus difficile au fur et à mesure que Louis s'enfonçait dans le mensonge.

Il entra donc dans la salle de sortilèges en trainant des pieds, prêt à affronter sa journée avec tristesse et défaitisme, mais une chose inhabituelle le tira quelques instants de sa morosité : son cousin Albus, assis à une table à l'arrière de la salle, lui faisait de grands signes pour qu'il vienne s'installer à côté de lui. Plus que surpris par ce développement inattendu (Albus et lui n'avaient jamais été proches et il ne parvenait pas à se souvenir de la dernière fois qu'ils s'étaient volontairement assis l'un à côté de l'autre en cours… probablement parce que cela n'était jamais arrivé), Louis se laissa tomber sur la chaise vide à côté de celle d'Albus sans même y réfléchir.

— Elle l'a fait ! grogna Albus sans aucun autre préambule.

Devant le regard vitreux et absent de Louis, il ajouta :

— Rose, elle sort avec Scorpius Malfoy.

Ce fut au tour de Louis de grogner.

— Je sais.

Louis entreprit de lui raconter vaguement la sortie du samedi précédent, omettant évidemment la raison pour laquelle il était parti avant les autres (il n'avait pas besoin qu'une autre personne de sa famille se mette à se poser des questions sur sa relation avec Vera et sur sa sexualité).

— C'est pour ça, que je vous ai vus tous ensemble au village ! Je me demandais bien ce qu'il pouvait se passer, j'aurais dû me douter qu'une autre des brillaaantes idées de Rose était derrière tout ça.

— Tu ne peux même pas t'imaginer à quel point c'était… bizarre

Louis n'avait définitivement pas d'autre mot que celui-ci pour décrire la sortie à quatre du samedi. Il hésita alors un instant, et il ajouta :

— Mais j'ai appris que Scorpius Malfoy ne nous déteste pas.

Les yeux verts de Albus s'ouvrirent en grand et ses sourcils noirs se levèrent si haut qu'ils disparurent derrière sa mèche de cheveux.

— Tu croyais qu'il nous détestait ?

— Pourquoi, pas toi ?

Albus haussa les épaules (Louis préféra ne pas y prêter attention, cette manie l'énervait toujours autant et il ne valait mieux pas qu'il fasse une remarque à son cousin sur ce point.)

— Pourquoi nous aurait-il détestés ? On ne le connait pas, et lui ne nous connait pas non plus, fit remarquer son cousin avec un ton qui montrait l'évidence.

— Oui mais…

Louis s'arrêta un instant afin de trouver ses mots.

— Il est un Malfoy, et on est des Weasley, et toi tu es même un Potter-Weasley, ce qui est peut-être encore pire à leurs yeux. On est censés se détester. C'est une sorte de règle tacite écrite bien avant notre naissance.

Albus haussa à nouveau les épaules et répondit :

— Justement, on n'était pas nés. Peut-être qu'il en a eu marre de suivre une règle sur laquelle nous n'avons eu aucun mot à dire. Personnellement je sais que l'idée de détester quelqu'un sans aucune raison autre que « son nom est Malfoy », ça ne me dit rien du tout.

Puis, fronçant les sourcils, il ajouta :

— Mais je croyais que Malfoy n'avait pas parlé pendant toute la durée de votre sortie.

— C'est Vera qui me l'a dit.

— Ah, oui… Parfois j'oublie que tu sors avec elle.

Louis sentit la colère monter en lui une fois de plus et il lança :

— Pourquoi, à toi aussi ça te parait étonnant ?

— Non, c'est seulement que ça faisait quelques temps qu'elle sortait avec Devon Pucey, tout le monde a été un peu surpris de les voir se séparer… Tu sais qu'il a une nouvelle copine ?

— Pucey ?

— Oui, Jenna Northberry, qui est à Gryffondor dans notre année. Ils se sont mis ensemble hier.

Louis sentit son cœur se serrer douloureusement : si Vera l'apprenait, elle serait dévastée.

— Tu dois être soulagé, fit remarquer Albus. Maintenant que la menace de l'ex de ta copine est écartée…

— Quoi ? Hein… euh… oui…

Puis, pour orienter la conversation sur un terrain un peu moins glissant, Louis demanda :

— Mais comment tu arrives à être au courant de tous ces potins, toi ?

— Tu oublies qui est ma sœur, répondit Albus en levant les yeux au ciel, un sourire amusé tout de même dessiné sur son visage.

Louis sourit à son tour pour la première fois depuis plusieurs jours et quand le professeur Everstone pénétra dans la pièce pour donner son cours, il ne put s'empêcher de se sentir soulagé à l'idée que certaines personnes ne changeraient jamais.


A la fin du cours, Albus s'excusa rapidement : il devait rejoindre ses amis de Poufsouffle à la bibliothèque afin de s'avancer un peu dans ses révisions. Louis, lui, avait une pause d'une heure avant son prochain cours, et si la meilleure chose à faire aurait été d'imiter son cousin et de se précipiter à la bibliothèque afin de revoir plus en détail tous les points de cours où Louis avait encore du mal, il préféra se diriger vers les cachots, espérant trouver Vera avant qu'elle n'apprenne pour Devon et Jenna Northberry. Lorsqu'il fut arrivé devant le pan de mur qui dissimulait la salle commune de Serpentard, Louis se rendit compte qu'il n'avait pas le mot de passe et que sans lui, il ne ferait pas grand-chose. Il décida donc d'attendre qu'un élève de Serpentard en sorte ou y retourne afin de lui demander de lui envoyer Vera Zabini.

Cela faisait à peine dix minutes qu'il était arrivé devant la salle commune de Serpentard que Louis entendit des bruits de pas qui se rapprochaient, à l'angle juste avant le pan de mur. Apparemment, ils étaient au moins deux, parce qu'il y avait également des paroles échangées. En écoutant plus attentivement, Louis se rendit compte que ces deux personnes, une fille et un garçon, il les connaissait : Vera était en pleurs et Scorpius Malfoy essayait de la réconforter. Louis commença à s'approcher d'eux, afin d'apporter son aide à Scorpius et surtout une oreille compatissante et une épaule sur laquelle pleurer à Vera, mais la mention de son nom par Scorpius l'arrêta tout net dans son élan.

Ne sachant pas trop quoi faire, Louis risqua un coup d'œil dans la direction de Vera et Scorpius, caché par l'angle de mur. Scorpius avait plaqué Vera contre le mur et semblait en colère, même si Louis n'aurait pas su dire pourquoi : après tout, leur amie avait visiblement besoin de réconfort, pas de reproches !

— Laisse-moi tranquille ! sanglota Vera.

— Non ! répliqua Scorpius avec force. Tu vas me dire pourquoi tu pleures sur Devon et Northberry alors que tu sors avec Louis Weasley !

— Ce ne sont pas tes affaires, Scorpius !

Louis se sentit soudainement très mal à l'aise, à ainsi observer une conversation visiblement tendue mais surtout privée. Bien sûr, il était en partie concerné mais… les sentiments de Vera n'appartenaient qu'à elle-même. Et pourtant… grandir dans une famille aussi grande que le clan Weasley laissait quelques habitudes, dont celle de toujours se tenir un minimum informé de ce qui se dit de vous dans votre entourage. Alors Louis resta pour écouter.

— Ecoute, je veux bien que tu sois un peu remuée à l'idée que Devon sorte avec quelqu'un d'autre quand tu as si longtemps été avec lui, mais tu sembles heureuse avec Louis, et lui semble heureux avec toi, alors je trouve ta réaction totalement disproportionnée !

Vera ne répondit pas et après quelques minutes de silence, il ajouta :

— Tu ne l'aimes pas, en réalité. C'est ça, hein ?

Scorpius eut un petit rire désabusé.

— Moi qui me demandais comment tu avais pu passer de « je déteste ce Scroutt-à-Pétard de Louis Weasley » à « oh Merlin, Louis est teeellement merveilleux ! »… En fait tu ne l'aimes pas.

— Tais-toi, répliqua Vera. Tu n'as pas de leçon à me donner dans ce domaine, Monsieur Casanova qui a trop honte de lui-même et de sa famille pour s'accorder le droit d'être heureux avec une seule personne. Ta vie amoureuse est au moins aussi pathétique que la mienne.

— Tu es au trente-sixième dessous, alors je ne vais rien dire sur tes insultes à peine voilées, Vera.

Ce fut au tour de Vera de ricaner derrière ses larmes et sa tristesse.

— Trop aimable, mon bon seigneur.

— Est-ce qu'il le sait ?

— De quoi ?

Scorpius soupira, passant sa main sur son visage d'un air las.

— Louis Weasley. Il le sait que tu ne l'aimes pas, que tu sors avec lui pour piétiner Devon uniquement ?

Vera ne répondit pas.

— Vera, tu vas lui briser le cœur…

— Qu'est-ce que ça peut bien te foutre, hein ?

— Ma meilleure amie n'est pas une pétasse manipulatrice, voilà ce que ça peut bien me foutre ! s'énerva Scorpius.

— Oh, ferme là Scorpius ! C'est infiniment plus compliqué que ce que tu crois ! Bon sang, tu es censé me prêter ton épaule et me caresser le dos en me murmurant que Devon est un connard, pas m'interroger sur Louis ! Quel genre d'ami es-tu ?

Scorpius sembla blessé l'espace d'un instant, mais il reprit vite contenance.

— Et toi, Vera ? Quel genre d'amie es-tu, à me cacher à ce point des pans entiers de ta vie ? Quel genre de petite-amie es-tu, à jouer avec le cœur d'un garçon juste pour le plaisir d'en faire souffrir un autre ? Quel genre de personne es-tu, pour avoir aussi peu de dignité et de respect de toi-même ?

CLAC ! Louis eut à peine le temps de comprendre ce qui venait de se passer que déjà Vera vociférait à nouveau sur un Scorpius qui se tenait la joue d'une main, son expression indéchiffrable.

— Tais-toi ! Tais-toi ! Tu ne sais rien, rien ! Louis est au courant, pour Devon ! Et lui, c'est un véritable ami, parce qu'il m'aide et me soutient ! Il a accepté de faire semblant de sortir avec moi uniquement pour rendre Devon jaloux, et il est là pour moi ! Dernièrement, tout ce que toi tu as fait, c'est de m'éviter et de me juger alors que tu ne sais rien, absolument rien de la situation ! Alors tais-toi Scorpius, tais-toi !

— Et tu ne crois pas que si tu étais venue me le dire, j'aurais pu comprendre ? Par la barbe de Merlin, mais pour qui me prends-tu exactement ? Pourquoi n'ai-je pas eu le droit à ta confiance sur ce sujet ? Je croyais qu'on était amis, Vera, les meilleurs amis, depuis l'enfance et pour toujours ! Mais non, toi tu préfères t'embarquer dans un mensonge avec un type que tu ne supportes pas ! Comment suis-je censé le prendre, hein ?

A ce moment de leur conversation, Louis était plus gêné qu'il ne l'avait jamais été de toute sa vie. Cela n'avait rien à voir avec lui, mais avec Vera, Scorpius, et leur amitié, et pourtant il était resté là à écouter une discussion plus qu'intime. Il entendit Vera soupirer tristement et répondre :

— Tu as raison… Je… je suis désolée. J'aurais dû venir t'en parler.

Scorpius hésita quelques instants, puis il dit :

— Excuses acceptées… Juste… ne me cache plus rien de cette envergure, d'accord ?

Vera acquiesça.

— Est-ce que… est-ce que tu pourrais te comporter comme si tu ne savais pas que Louis n'est pas vraiment mon copain ? demanda-t-elle alors. En particulier devant lui…

Louis fronça les sourcils. Pourquoi fallait-il que Vera se mette à lui mentir à lui quand elle disait enfin la vérité à Scorpius ?

— Je ne veux pas le mettre mal à l'aise, ajouta-t-elle.

C'était réussi, ne put s'empêcher Louis de penser ironiquement. Il vit Scorpius faire « oui » de la tête puis fut pris de panique en les voyant reprendre leur chemin vers la salle commune de Serpentard, et donc vers lui. Rapidement, Louis sortit sa baguette et tenta le tout pour le tout : il se lança un sort de Désillusion, et, à sa grande surprise, son corps pris l'apparence du mur de pierre auquel il s'était adossé. Et ce déguisement fut suffisant pour entendre Scorpius poser une dernière question à Vera avant qu'il ne donne le mot de passe de leur salle commune :

— J'arrive à comprendre pourquoi tu fais semblant de sortir avec Louis, mais lui ? Qu'est-ce qu'il gagne dans votre arrangement.

Louis sentit son cœur s'emballer : Vera allait-elle trahir son secret uniquement pour rentrer dans les bonnes grâces de son meilleur ami ? Cependant, après deux secondes d'hésitation, elle répondit :

— Ca, je ne peux pas te le dire. Je ne te ferai plus de cachotteries, mais je ne trahirai pas le secret de Louis.


A/N : Je crois qu'on aura vu plus de Scorpius dans ce chapitre que dans toute la fic... XD J'espère que ce changement vous a plu ! :P