A/N : Booon, avec toutes mes excuses pour ce retard dû à une panne d'écriture monumentale (j'avais déjà écrit ce chapitre une première fois, mais je l'ai trouvé nul, et j'ai voulu le réécrire en intégralité, sauf que je suis tombée dans un énorme trou noir et que je n'arrivais même plus à lire des fics, encore moins à en écrire), voici ENFIN le nouveau chapitre ! J'espère qu'il vous plaira !
Les trois jours qui suivirent furent parmi les plus usants que Louis eut jamais vécus. Scorpius Malfoy ne le lâchait plus d'une semelle et passait son temps avec Louis et Vera, scrutant la moindre des réactions de Louis à tout ce qu'il pouvait dire et insinuer à mots couverts. De fait, Louis dut redoubler de prudence et surtout, de patience en effet, Rose semblait considérer le fait que Scorpius passe tout son temps avec Louis et Vera comme une invitation pour qu'elle aussi se joigne à eux. Louis se retrouvait donc coincé entre sa fausse petite amie qui n'était pas au courant que Scorpius le harcelait, le meilleur ami un poil trop possessif et déterminé à faire tomber la tête de Louis, et son insupportable cousine qui n'était au courant de rien du tout (et ce n'était pas plus mal, elle était déjà bien assez agaçante comme ça).
Ce fut donc avec soulagement que Louis accueillit le dimanche : il n'avait aucune raison de sortir du dortoir et entendait bien en profiter. Il demanda à Kevin, Mark et Tim de lui rapporter de quoi manger afin de tenir toute sa journée de siège, et ses trois camarades de dortoir seraient les seules personnes qu'il verrait ce jour-là. Pas de Vera, pas de Scorpius, et pas de Rose. Enfin, ça, ça aurait été l'idéal puisque bien sûr, Rose entra dans le dortoir aux alentours de quatre heures de l'après-midi.
Louis était dans son lit, relisant ses notes de potions, quand la porte s'ouvrit. Tim, qui faisait alors le tri parmi ses cartes de Chocogrenouilles, laissa tomber tout un paquet de cartes et se précipita bruyamment dans les toilettes. Louis releva la tête pour lui demander ce qui lui arrivait, mais son regard se posa sur la masse de cheveux roux de sa cousine et il ne put retenir un soupir.
— Contente de voir que tu n'es pas mort.
— Mort ? Pourquoi je serais mort ?
— Tu n'es pas sorti de ton dortoir de la journée.
— Oui, parce que je ne voulais voir personne. On ne peut pas dire que ça soit réussi.
— Tu es vraiment la personne la plus malpolie que je connaisse.
— Pas possible, tu as grandi avec Hugo.
Rose éclata de rire.
— Pas faux. N'empêche que ça reste malpoli d'éviter les gens.
— Bon, tu es là pour une raison précise, ou juste pour me casser les pieds ?
— On va faire une balade dans le parc avec Vera et Scorpius, pour se sortir un peu la tête des révisions. Tu veux venir ?
Louis lança à sa cousine un regard qui voulait dire « Non mais qu'est-ce que tu ne comprends pas quand je te dis que je ne veux voir personne » et Rose haussa les épaules, énervant Louis encore un peu plus.
— Très bien, comme tu veux, espèce d'homme des cavernes, soupira-t-elle avant de ressortir du dortoir de Louis.
Moins de deux minutes après le départ de Rose, Tim entrouvrit la porte de la salle de bain et jeta un œil avant de murmurer :
— Elle est partie ?
— Oui, confirma Louis en se replongeant dans la lecture de ses notes.
Tim ressorti de la salle de bain et entreprit de ranger à nouveau ses cartes quand Louis se rendit compte de quelque chose et reposa ses notes.
— Attends, tu as peur de ma cousine ? demanda-t-il d'un ton incrédule.
Tim devint rouge comme une tomate et bredouilla d'un ton peu convaincant :
— Hein ? Non… non, pas du tout…
— Oh je t'en prie, ne me mens pas, à quoi ça t'avance ? Non mais sérieusement, Rose te fait peur ?
Louis ne put se retenir de lever les yeux au ciel.
— D'accord, elle est tyrannique, autoritaire, c'est une vraie chieuse de première catégorie et la plus grosse des plaies d'Egypte, mais bon, quand même, c'est Rose. Elle a peur des papillons, elle ne va pas te manger !
— Jecroisquejesuisamoureuxd'elle, lâcha alors Tim, très rapidement, sans reprendre son souffle.
Louis n'avait pas compris et lui demanda donc de répéter.
— Je… je crois… je crois que je suis… hum… en quelque sorte… amou… amoureux d'elle.
Louis eut un moment de stupeur puis finit par éclater de rire. Il ne se moquait pas, non : c'était un rire nerveux.
— Et voilà pourquoi je ne voulais pas te le dire.
Louis se calma aussitôt au ton blessé de son ami.
— Je suis désolé, c'est nerveux. C'est juste que… enfin c'est Rose.
— Et… ?
— Et elle est chiante et gonflante et…
— Et tu es tellement obsédé par l'idée de la détester que tu ne vois que les mauvais côtés de sa personnalité explosive. Elle n'est pas « chiante », elle est passionnée et chaleureuse. Elle cherche le contact et les discussions enflammées parce qu'elle est comme ça, entière, qu'elle ne fait pas dans la demi-mesure, qu'elle ne veut pas se contenter des miettes, qu'elle veut tout le pain avec, et qu'elle se battra pour ça quoi qu'il arrive. Elle est plus que la fille agaçante qui veut toujours avoir raison, Louis. Elle veut vivre à cent à l'heure. Et ce n'est pas parce que toi, tu es casanier, que ça la rend désagréable ou que ça lui donne moins de valeur.
Les mots de Tim tombèrent entre eux comme du plomb. Louis les considéra un instant. Peut-être y avait-il du vrai quand ce que son ami venait de dire. Peut-être que Rose était un peu plus qu'une écharde plantée dans son doigt…
— Tim… Quand tu me dis « je crois que je suis amoureux d'elle », je pense que tu peux retirer le « je crois ». Tu es mordu, et pas qu'un peu.
Louis tenta un sourire et Tim l'imita, se mettant à rire doucement.
— Je sais, Louis. Je sais. Je suis dans la purée.
— Pourquoi ? Non, tu es quelqu'un de génial, je ne vois pas ce qui te fait peur !
— Elle est beaucoup trop bien pour moi, Louis. Moi je suis juste Tim, le mec sympa qui rêve d'une vie rangée. Bon sang, je veux être traducteur de runes anciennes ! Ta cousine ambitionne d'être une Briseuse de Sorts et de partir bosser à l'autre bout du monde ! Tu ne vois pas une incompatibilité de personnalités, là ?
— Les opposés s'attirent, non ? fit remarquer Louis. Rose aurait besoin de quelqu'un pour la calmer un peu, et tu serais parfait pour ça. Et puis elle, elle pourrait te rendre plus dynamique… Je sais pas, je ne vois pas où est ton problème…
— Merci Louis mais… Mieux vaut qu'on oublie.
— Tu es sûr ?
— Louis…
— Okay, d'accord, je ne dis plus rien.
Louis reprit ses notes et le reste de l'après-midi se passa sans autre interruption que le retour de Kevin et Mark, qui étaient allés étudier et diner avec leurs petites amies, et qui ramenèrent à Louis de quoi se sustenter.
Le lendemain matin, Louis dut dire au revoir au calme et à la protection prodigués par son dortoir avec la reprise d'une nouvelle semaine de cours. Et les hostilités commencèrent dès le petit déjeuner, quand Vera vint le voir à la table de Serdaigle, visiblement contrariée.
— Qui est-ce que tu évitais hier ? Moi, encore ? Combien de fois je vais devoir te dire que je ne te cache plus rien ?
— Mais non…
— Pourquoi tu n'es pas sorti de ton dortoir, alors ?
— Mais je n'en sais rien, s'énerva Louis. J'avais un jour sans, c'est tout ! Ne me dis pas que ça ne t'arrive jamais ! En plus, je n'ai pas rien fait, j'ai révisé trois mois de cours de potions. Je te rappelle que les ASPICs, c'est dans deux semaines désormais !
— Comme si tu n'allais pas tout valider les doigts dans le nez, fit remarquer Vera en haussant les épaules.
Louis préféra ne pas répondre.
— Enfin bref, je ne t'évite pas. La seule que j'aimerais éviter, à la limite, c'est Rose, mais c'est un vrai boomerang cette fille, peu importe le nombre de fois que je l'envoie bouler, elle revient toujours en pleine forme.
Vera éclata de rire.
— Dans le fond, elle n'est pas si mauvaise. On a un peu discuté, hier. Je crois que tu la juges un peu trop vite.
— C'est une semaine pro-Rose ou quoi ?
— Hein ?
Louis soupira.
— Non, rien, tu ne comprendras pas.
— Je te remercie de ta confiance en mes capacités intellectuelles !
— Non mais… Oh et puis zut, de toute façon je vais être en retard en sortilèges.
Louis se leva, récupéré son sac sur le sol et se dirigea vers la salle de son premier cours de la semaine. Son cousin Albus était déjà là, le premier arrivé. Ils se saluèrent d'un signe de tête, Albus demandant à Louis s'il avait passé un bon week-end. C'était étonnant qu'il s'y intéresse, parce qu'ils n'avaient jamais été très proches tous les deux, mais Louis avait bien compris que pas mal de choses étaient en train de tourner dans sa vie.
— Rien de palpitant, répondit Louis. Simplement des révisions de potions.
— En parlant de potions et de Karlsson, ma mère a envoyé un hibou ce week-end. Elle se propose de venir nous chercher samedi après-midi pour aller acheter des robes de soirée à Londres pour le bal de l'autre gros nigaud. Toi, moi et Rose. Ça te dit ?
Louis soupira une fois encore.
— Il va bien falloir que j'ai une robe de soirée, de toute façon, non ?
— Rendez-vous à quatorze heures devant le portail, dans ce cas.
— Merci.
— Pas de quoi.
D'autres élèves arrivèrent alors et le silence s'installa à nouveau entre les deux cousins qui ne s'assirent pas ensemble pendant le cours.
Le professeur Everstone passa deux heures à évaluer le niveau global de chacun de ses élèves et à leur conseiller des sortilèges à travailler en priorité selon leurs difficultés actuelles. Louis fut ravi de s'entendre dire qu'il n'avait aucune grosse lacune et qu'une simple insistance sur le sortilège de Désillusion devrait lui permettre de décrocher un Optimal en sortilège. C'était déjà une épine retirée de son pied, et ce fut un peu plus joyeux que Louis sortit profiter du soleil pendant sa pause d'une heure avant son cours de botanique.
Malheureusement, « chasser les ennuis et ils reviennent au galop » était devenu la description parfaite de la vie de Louis : cela faisait environ trois quarts d'heure qu'il s'était assis au bord du lac, son regard se promenant entre ses notes de métamorphoses et le groupe de quatre garçons de cinquième année qui se baignaient en caleçons à quelques mètres de là, quand quelqu'un s'installa à côté de lui.
— Salut Weasley.
— Malfoy, grogna Louis.
Malfoy n'abandonnerait jamais, c'était désormais évident.
— On ne s'est pas vus hier. Tu m'évites ?
— Mais c'est quoi ce complexe de supériorité et ce narcissisme qui habitent tous les gens que je connais ? C'est dingue à la fin ! Ce n'est pas parce que tu ne vois pas les gens parce que tu es occupé à autre chose que tu les évites !
Malfoy ricana puis il déclara d'une voix sûre de lui :
— Mais tu as une bonne raison pour m'éviter moi, n'est-ce pas ? Tu as peur que je découvre ton secret ?
Louis préféra ne pas répondre et se contenta de reprendre sa lecture.
— J'ai échafaudé quelques théories sur ce que tu caches, j'aimerais bien avoir ton avis, ajouta Malfoy.
— Cause toujours.
— Ne sors pas les griffes comme ça, on dirait un chaton qui a peur parce qu'il sait qu'il va se faire bouffer tout cru.
— Je te trouve bien sûr de toi, Malfoy.
Malfoy éclata de rire.
— Je te terrifie, ne prétends pas le contraire, Weasley.
Louis préféra ne pas répondre et se contenta de lever les yeux au ciel.
— Bon, tu veux les entendre, mes théories ?
— Comme si tu allais tenir compte de mon avis… fit remarquer Louis, exaspéré. Je pourrais être sourd que tu t'arrangerais pour apprendre le langage des signes et me les coller sous le nez, tes théories à la noix.
— Très juste, admit Malfoy avec un petit ricanement.
Il cueillit un brin d'herbe et se mit à jouer avec, en sifflant joyeusement.
— Première théorie : Vera a découvert que tu vendais des potions pour tricher aux examens et te fait chanter.
Louis ne put retenir un éclat de rire.
— Bon, visiblement, cette théorie n'est pas la bonne, conclut Malfoy.
— Non mais si, ne cherche plus, c'est bon.
— Weasley, tu me crois assez bête pour que cette ruse fonctionne ? Deuxième théorie : Vera t'a surpris dans une situation compromettante. Après tout, la rumeur que la prof de Défense contre les Forces du Mal couche avec ses meilleurs élèves court toujours.
— Je ne suis pas ce cours.
— Et alors ? L'un n'empêche pas l'autre.
— Si tu le dis, Malfoy, répondit Louis en chantonnant.
— Troisième théorie…
Mais Louis ne sut jamais quelle était la troisième théorie de Scorpius Malfoy. Un cri retentit quelques mètres devant eux, et ils regardèrent tous les deux dans cette direction. Les garçons de cinquième année avaient visiblement commencé une bataille : deux d'entre eux étaient grimpés sur les épaules des deux autres et tentaient de se faire tomber dans l'eau, poussant des cris de guerre. Et Louis ne put se retenir : son regard se promena un peu trop longtemps sur les peaux nues et humides des jeunes éphèbes, et il avala sa salive avec difficulté, fasciné par le spectacle qui se présentait à lui.
— Oh bon sang… murmura Scorpius Malfoy. C'était pourtant évident…
Louis tourna la tête vers lui si rapidement qu'elle lui tourna.
— Quoi ?
— Tu es homo.
— Quoi ? Non !
Mais le ton paniqué de Louis était suffisamment révélateur et Scorpius Malfoy eut la confirmation qu'il voulait.
— Ah bon sang, c'est ça ton secret ? T'es une pédale ? T'es une petite pédale ?
— Je… non… Pas du tout.
Mais Scorpius Malfoy s'était déjà relevé et déclara :
— C'est répugnant. Ne t'approche pas de moi, et reste loin de Vera, la tapette.
Il repartit en courant vers le château avant que Louis n'eut le temps d'ajouter quoi que ce soit. De rage, il jeta ses notes de Métamorphose dans le lac et se précipita à nouveau vers le château, son cours de botanique oublié. Tout ce qu'il avait toujours redouté venait de se vérifier : il n'y avait pas de place pour les gens comme lui dans la société. Il n'avait plus qu'une seule envie : s'effondrer dans son lit, et y pleurer tout l'après-midi.
A/N : Voilà, j'espère que ça vous a plu et que ça n'a pas trop déçu vos attentes. Les choses se compliquent pour Louis, alors n'hésitez pas à lui laisser un câlin grâce à la case review (en me disant ce que vous avez pensé de ce chapitre parce que j'avoue avoir très très peur de vos réactions sur ce coup).
Je vous promets qu'il ne s'écoulera pas un mois entre ce chapitre et le suivant puisque j'en ai déjà écrit quasiment la moitié. Je reprends les cours le 19, et j'essaierai de publier ça durant ma semaine de rentrée.
Merci à tous pour votre patience, et double merci à tous ceux qui reviewent :)
