A/N : J'aurais dû rentrer aujourd'hui, mais en fait je n'ai pas cours le lundi pour ce semestre (enfin, pour l'instant... parce que ma fac est championne des changements d'EDT... Bref !) donc fêtons ça avec un nouveau chapitre de cette fic !
Un grand merci à Lunalice, qui saura pourquoi ;)
Ah, et puis, excusez le titre de chapitre moisi s'il vous plait, mais je n'avais pas d'idée et mon iTunes en mode aléatoire m'a sorti cette chanson de Muse... Bref, osef.


Quand Louis ouvrit les yeux, ce fut avec un mal de tête carabiné. Il mit quelques secondes à se rendre compte qu'il était dans son lit et non pas en cours, et il ne lui fallut qu'un instant de plus pour se rappeler de la raison pour laquelle il avait séché la botanique et avait pleuré jusqu'à s'endormir. Il jeta un œil embué à son réveil qui indiquait qu'il était déjà près de dix-huit heures. Il avait séché une après-midi entière de cours à moins de deux semaines du début des ASPICs. Cette culpabilité s'ajouta encore à sa détresse, et il s'enfouit sous ses couvertures et se remit à pleurer, serrant son oreiller contre lui pour faire le moins de bruit possible.

Quelques minutes plus tard, la porte du dortoir s'ouvrit sans même qu'il ne l'entende.

— Louis, tu es là ?

Il y eut un soupir exaspéré et Rose grommela :

— Je n'y crois pas, tu as passé l'après-midi au lit ! Tout le monde te cherchait partout !

Elle soupira une nouvelle fois, s'approchant du lit.

— Tu pourrais répondre, quand même.

Elle retira vivement les couvertures du lit et ses remontrances semblèrent mourir dans sa gorge.

— Louis, qu'est-ce qui… Ça ne va pas ?

Elle s'assit sur le lit de son cousin, et Louis l'entendit murmurer « Evidemment que ça ne va pas, il ne serait pas en train de pleurer au fond de son lit sinon. » Elle garda ensuite le silence pendant plusieurs minutes, comme si elle attendait que les pleurs de Louis se calment.

— Louis, finit-elle par répéter, je… essaie de te calmer, d'accord ? Quoi que ce soit, je suis sûre que ce n'est pas aussi grave que ça en a l'air… Louis…

Silencieusement, et sans que Louis ne s'y attende, elle s'allongea alors sur le lit de son cousin et le serra dans ses bras. Alors Louis oublia que c'était Rose, la fille qu'il ne pouvait plus supporter, et s'accrocha à elle, la personne qui ne le rejetait pas. Il pleura dans le creux de l'épaule de sa cousine, tandis qu'elle caressait ses cheveux et qu'elle lui murmurait qu'elle était là et qu'elle n'irait nulle part sans lui.

— Je t'aime, d'accord ? Quoi qu'il se passe, et même si on passe notre temps à nous disputer, je suis ta cousine, je t'aime et je suis là. Tu peux tout me dire, je ne te jugerai pas.

— Je suis tellement désolé… j'ai essayé d'être quelqu'un d'autre, je te jure que j'ai essayé, mais je n'y arrive pas…

— Louis, qu'est-ce qu'il se passe ? Dis-moi, on va trouver une solution… Quoi que ce soit, on pourra le changer…

— Je… je suis gay, et on ne le changera pas…

Il y eut un silence, durant lequel les pleurs de Louis se calmèrent, et puis Rose murmura :

— Je sais. On le sait tous. Ta famille, on l'a tous deviné. Et on t'aime, d'accord, on t'aime comme tu es, et on ne veut surtout pas que tu changes.

Louis se mit alors à tousser sous l'effet de la surprise :

— Vous savez ?

— Bien sûr. On est ta famille, évidemment qu'on sait.

— Mais… vous n'avez rien dit…

— Parce qu'on attendait que tu nous présentes quelqu'un, que tu nous le dises toi-même. Je t'ai même tendu une perche, tu te souviens ? Quand Carlson a eu son idée stupide.

— Mais… et Vera ?

— Vera ? Quoi Vera ?

— Tu… tu avais l'air de croire que…

— Que vous étiez ensemble ? Personnellement, je me suis dit que tu étais surement bisexuel. D'autres me disaient que c'était une ruse. Tu crois que tu l'es ? Bisexuel ?

Louis hésita un instant à répondre :

— Je… Hum, non. Non, je suis désolé, je suis irrémédiablement gay.

— Mais ne t'excuse pas pour ça, enfin ! Tu l'as dit toi-même, ce n'est pas de ta faute, c'est en toi et tu n'y peux rien, d'accord ?

Elle déposa un baiser sur le front de Louis et ajouta :

— Je ne peux pas t'en vouloir, c'est beau un corps d'homme, ajouta-t-elle avec un petit rire.

— Pourquoi on se dispute tout le temps, Rose ?

— Parce que qui aime bien châtie bien.

Louis hésita un instant, mais les mots finirent par s'échapper de ses lèvres.

— Je t'aime aussi.

Rose eut un sourire.

— Ca ne veut pas dire que tu n'es plus un insupportable mollasson, Weasley.

— Et ça ne veut pas dire non plus que tu n'es plus une horrible despote, Weasley.

Rose rit encore et dit :

— Maintenant, est-ce que je peux savoir ce qui t'a mis dans cet état ?

Louis hésita une fois encore, mais il répondit :

— Scorpius Malfoy.

— Quoi, qu'est-ce qu'il s'est passé ? Il est pourtant sympa, non ?

— Non, Rose, non. Il n'est pas sympa.

Et Louis entreprit de tout lui raconter : Vera, Devon, leur secret, Scorpius mis dans la confidence, son acharnement à découvrir la vérité, et puis ses mots au bord du lac, sa violence, sa haine. A la fin du récit, Rose tremblait de rage.

— Ah le… cette ordure. Papa avait raison, ces Malfoy, ce sont tous les mêmes pourritures ! Je te jure que je vais l'étriper à mains nues. Je… Ah bon sang je suis furieuse, comment un mec pareil peut… Ah bon sang ! Tu vaux mieux que lui Louis, tu veux mille fois mieux que Malfoy, d'accord ?

Elle respira profondément, comme pour se calmer, puis elle hésita un instant avant de demander, un peu inquiète :

— Tu… tu crois que tu peux rester seul une petite demi-heure ?

— Pourquoi ?

— J'ai un truc à faire.

— Rose, soupira Louis. Ne… ne va pas l'assassiner d'accord ?

— L'assassiner ? J'avoue que c'est tentant mais il ne mérite pas que je me retrouve à Azkaban pour lui. Par contre je crois qu'une retenue contre le plaisir de le gifler dans la Grande Salle, je devrais pouvoir survivre.

— Rose…

— C'est pas négociable Weasley. Si tu ne me laisses pas le frapper, je redeviens chiante.

— C'est déjà bien engagé, le côté chiant, là.

— On ne change pas une formule qui marche.

Louis s'apprêta à répliquer, mais il fut interrompu par une autre arrivée : celle de Tim.

— Louis, tu es là ? Oh pardon, je ne voulais pas te déranger au milieu de…

— Ce n'est que moi, McDonald, et je n'étais certainement pas en train de me taper mon cousin.

— Non… non bien sûr, balbutia Tim tandis que Rose se levait du lit.

— Louis que tu vois là ne se sent pas très en forme. Il faut que je m'absente quelques instants, je peux te demander de veiller sur lui tant que je suis ailleurs ?

— Hum… oui, oui bien sûr.

— Merci Timothy, tu es un ange.

Avant de sortir, elle déposa un baiser sur la joue de Tim qui devint encore plus rouge, si c'était possible. Il porta sa main à sa joue et s'avança d'un pas peu assuré jusqu'au lit de Louis, qui, malgré sa tristesse, ne put s'empêcher que constater à quel point Tim avait un problème.

— Il faut que tu lui dises, Tim. Ça devient grave, là.

— Je sais, reconnut-il en soupirant. Je sais.

Il se secoua la tête et ajouta :

— Mais toi alors, qu'est-ce qu'il s'est passé ? Tu as disparu toute la journée ! Et puis tu as aussi l'air d'avoir pleuré, ça va ?

Louis se demanda l'espace d'un instant s'il devait dire la vérité à Tim. Rose avait pris la nouvelle sans aucune surprise, et surtout, sans aucun dégoût, mais peut-être était-ce parce qu'ils étaient de la même famille, et que c'était une sorte de code, de règle tacite. Mais Tim ? Il était surement son meilleur ami à Poudlard, mais comment réagirait-il ? Louis n'était pas prêt à perdre Tim, pas maintenant. Et d'un autre côté, Malfoy allait surement faire circuler la nouvelle, et ne valait-il pas mieux que Tim l'apprenne directement de Louis plutôt que d'un tiers ?

— Je… il se pourrait que… je… peut-être que…

— Louis, je suis nul en devinettes. C'est assez infortuné pour un futur traducteur de runes anciennes, mais c'est le cas. Donc accouche, s'il te plait.

— Jecroisquejesuisgay.

— Hein ? Excuse-moi, mais je n'ai rien compris.

— Je crois que… non en fait, oublie le « je crois que », c'est comme toi avec Rose, il n'est pas nécessaire…

Louis eut un petit rire nerveux.

— Enfin bref… je suis homosexuel, Tim.

Tim cligna des yeux plusieurs fois, un air de surprise sur le visage.

— Je suis désolé, si je te choque, j'ai essayé de changer, je te jure, mais je n'y arrive pas et…

— Evidemment que tu n'y arrives pas, coupa Tim.

Il poussa un soupir.

— Non, le plus choquant, c'est que tu fasses enfin ton coming out.

— Hein ?

Tim haussa les épaules.

— Mark et Kevin ont parié que tu n'aurais jamais le cran de le faire et que tu finirais par te marier avec une femme et que tu souffrirais toute ta vie. Personnellement, je te croyais plus intelligent que ça, mais quand tu t'es mis à sortir avec Vera Zabini, je t'avoue que j'ai fini par perdre foi en toi.

Tim eut un sourire et frotta sa main dans les cheveux de Louis.

— Je suis fier de toi, Weasley.

— Mais… vous saviez tous ?

— On a fini par s'en apercevoir, oui. Tu ne vis pas sept ans dans le même dortoir que quelqu'un sans te rendre compte de certaines choses. Des regards un peu trop appuyés, des mordillements de lèvres, des petits signes, comme ça.

— Et… et vous n'aviez pas peur ?

— Peur ? Qu'est-ce que c'est que cette idée ridicule ?

— Je ne sais pas, que j'essaie de vous séduire, ou…

— Ecoute Louis. Je suis hétéro, et en tant qu'hétéro, il y a des tas de filles que je trouve mignonnes. Est-ce que je vais pour autant aller les draguer automatiquement ? Non. Voilà, ce n'est pas parce que tu es gay que tu vas te mettre à sauter sur tous les hommes qui bougent. Et puis si vraiment je veux draguer une fille mais qu'elle n'est pas intéressée, je ne vais pas insister. Je te fais confiance pour faire la même chose.

Louis accueillit les mots de Tim avec un tel soulagement qu'il sentit une nouvelle larme couler le long de sa joue. Le fait de savoir que ses amis le soutenaient avait une valeur inestimable. Il lui fallut plusieurs minutes pour se remettre de ses émotions, et avec un sourire, il dit :

— Merci Tim… Vraiment… Sauf que…

— Sauf que ?

— Sauf que tu ne dragues pas les filles, tu es trop occupé à baver en pensant à ma cousine.

— Ahah, très drôle Weasley ! Fais gaffe, ce n'est pas parce que tu es gay que je vais te considérer comme une femme et ne pas te casser la tronche !

Louis éclata de rire et Tim l'imita. Tim lui résuma ensuite ce que Louis avait manqué cet après-midi-là en séchant le cours de métamorphoses, quand Rose débarqua à nouveau dans le dortoir, Kevin, Mark, et, plus étonnant, Vera sur les talons. A peine Vera était-elle entrée dans le dortoir qu'elle se précipita sur Louis et le serra si fort dans ses bras qu'il crut sentir ses os se briser.

— Oh Merlin, Louis, je suis tellement désolée de ce qu'il t'a dit. Je… si tu savais comme je me sens mal pour toi, et comme j'ai honte de l'avoir introduit dans ta vie, et… Oh bon sang Louis, j'espère que tu as bien conscience que ce n'est qu'un con et que même tes rognures d'orteil valent mieux que lui !

Elle finit par le lâcher au bout de cinq minutes, et Louis put demander à Rose :

— Tu lui as dit ?

— Je n'ai pas eu le choix. Je suis arrivée trop tard pour gifler Malfoy dans la Grande Salle, Vera et lui se dirigeaient déjà vers les cachots. J'avais de la chance, ils étaient seuls. Du coup j'ai couru, je lui ai sauté dessus, je l'ai plaqué au sol, et puis j'ai tiré ses cheveux en arrière avant de lui écraser la face contre les dalles.

Quoi ?

— Il l'avait bien cherché ! se défendit Rose.

— Toujours est-il que du coup, j'ai essayé de l'aider, évidemment, il était encore mon ami.

— Et là, j'ai forcé Malfoy à lui répéter ce qu'il t'avait dit.

— Je me suis fâchée, j'ai crié, je lui ai retourné une claque en lui disant que je ne voulais plus jamais le voir.

— Là-dessus, le professeur Carlson arrive, comprend qu'on a cogné Malfoy, et il nous donne une retenue pour demain soir.

— Il nous aura vraiment gonflé jusqu'au bout cet Américain, commenta Vera.

— Il nous a aussi dit de dégager le plancher tandis qu'il accompagnait l'autre homophobe jusqu'à l'infirmerie.

— Du coup on a décidé d'aller voir comment tu te portais.

— Et nous, on s'est retrouvés à monter les escaliers derrière elle, intervint Mark. Et on a compris leur sujet de conversation.

— Et nous sommes vraiment désolés que tu aies eu à vivre ça, ajouta Kevin. Vraiment.

— Quoi qu'il arrive, on est là pour toi, d'accord ? conclut Mark.

Louis sentit de nouvelles larmes couler le long de ses jours. De la joie, et de la reconnaissance. Il se rendit compte que même si le reste de la société ne voulait pas de lui, ses amis et sa famille seraient toujours là pour le soutenir. Et pour l'instant, c'était déjà mieux que rien, et plus qu'il n'aurait jamais espéré.


A/N : Oui bon là ça a l'air un peu d'être Bisounours-Land, mais rassurez-vous, ça ne va pas forcément durer... J'avais juste envie que Louis souffle un peu... J'espère que ça vous a plu en tout cas, j'essaierai de poster plus régulièrement désormais :)