A/N : Oui bon okay les délais sont scandaleux. Je suis une truffe. Surtout que j'ai oublié de répondre à plusieurs reviews, je m'en excuse sincèrement.


Les trois jours qui suivirent se passèrent sans accroc particulier. Vera se plaignit à deux ou trois reprises que Malfoy avait essayé de la coincer dans la salle commune de Serpentard pour la forcer à lui parler mais elle avait toujours réussi à s'échapper. Louis se sentait parfois un peu coupable à ce sujet. Une amitié de plus de quinze ans avait été brisée à cause de lui. Mais quand cela arrivait, il repensait à ce que Scorpius Malfoy lui avait dit et tout sentiment de culpabilité s'évaporait aussitôt. Après tout, il n'avait pas forcé Malfoy à être violent, et si la colère de Vera pouvait mettre un peu de plomb dans la cervelle du Serpentard, cela n'était pas plus mal.

Rose et Vera étaient devenues étonnement proches en à peine quelques jours. Louis se rendit compte que taper sur un garçon et se retrouver à récurer tous les toilettes du château à deux était surement quelque chose qui créait des liens. C'est ainsi que Louis les trouva assises en train de discuter avec enthousiasme dans la salle commune de Serdaigle alors qu'il revenait de son cours de potions, le vendredi soir.

— Salut les filles, dit-il en asseyant sur un fauteuil en face d'elles.

— Salut, répondirent-elles en cœur.

Louis ne put retenir un sourire amusé.

— J'ai croisé Al tout à l'heure, dit Rose. Il m'a demandé de te demander si ça tient toujours pour demain.

— Demain ?

— Sa mère vous emmène sur le Chemin de Traverse acheter des robes pour le bal.

Louis se frappa la main sur le front.

— Bon sang, j'avais complètement oublié !

— Il faut dire que tu as eu à t'occuper d'autres choses plus importantes, l'excusa Vera.

— Enfin bref, dit Rose. Si tu veux toujours y aller, Al m'a dit de te dire de le retrouver dans le Hall d'entrée à dix heures.

— Tu ne viens pas ? s'étonna Louis.

Rose haussa les épaules.

— Pas besoin de robe. Je n'irai surement pas à cette soirée. Je n'ai plus de cavalier, je te rappelle.

Louis éclata de rire. C'était vrai qu'elle avait envisagé de se rendre au bal avec Malfoy.

— J'étais justement en train d'essayer de la convaincre de trouver quelqu'un d'autre, intervint Vera.

— Laisse tomber… Honnêtement, qui voudrait s'y rendre avec moi ?

La réponse vint aussitôt à Louis.

— Tim.

Rose éclata de rire.

— McDonald ? Oh Merlin arrête, il me déteste !

— Qu'est-ce qui te fait croire ça ?

— Il passe son temps à me fuir, si ça ce n'est pas un indice, alors je ne sais pas ce que c'est.

Louis hocha la tête d'un air amusé.

— Si tu le dis...

— Quand on parle du loup, murmura Vera.

Louis tourna la tête vers l'entrée de la salle commune et vit en effet Tim y pénétrer, l'air las mais soulagé de ceux qui attendent le week-end avec impatience gravé sur son visage. Avant que quiconque ne puisse dire quelque chose, Louis se leva d'un bond, indifférent aux regards étonnés de ses amies, se précipita vers Tim et le tira jusqu'au canapé où étaient assises Vera et Rose.

— Tim, dit-il. Rose ici présente n'a pas de cavalier pour le bal de Carlsson et toi non plus, donc je me dis que ça serait bien que vous y alliez tous les deux.

Rose se prit le visage dans les mains et grogna.

— Louis…

— Rose pense que tu la détestes et du coup elle ne voulait pas y aller avec toi. Mais tu ne la détestes pas, hein, Tim ?

Tim, rouge comme une pivoine et la voix étranglée, répondit :

— Euh… non, non, pas… pas du tout.

— Tu vois Rose que tu as un cavalier finalement ?

Ignorant la remarque de son cousin, Rose demanda à Tim :

— Ca ne te dérange pas, vraiment ?

Tim confirma d'un signe de tête. Louis le soupçonnait bien trop choqué pour réussir à parler. Il manqua d'éclater de rire en se demandant ce qu'il se passerait quand son ami devrait tenir Rose par la taille.

— Parfait alors ! s'exclama Rose. Merci beaucoup Tim, tu es génial !

Tim murmura précipitamment qu'il n'y avait pas de quoi avant de s'enfuir en courant presque vers leur dortoir. Il allait surement lui en vouloir pendant des jours, mais Louis était un adepte des adages qui veulent qu'aux grands maux on applique des grands remèdes, et que la fin justifie les moyens.


Le lendemain, Louis se réveilla à huit heures et demi et après une douche rapide, il descendit prendre son petit déjeuner avec Rose. Il proposa à Tim de se joindre à eux, mais comme il l'avait fait la veille quand il l'avait rejoint dans le dortoir des garçons de septième année après le départ de Vera, son ami n'avait même pas répondu. Bah, il cesserait bien de le bouder assez vite. De toute manière, il était temps qu'il se passe quelque chose entre Rose et Tim, parce qu'il en devenait vraiment ridicule. Au pire, Tim passerait une mauvaise soirée au bal de Carlsson. Au mieux, le courant passerait avec Rose et il finirait peut-être par se passer quelque chose de plus concret et sérieux entre eux. De l'avis de Louis, Tim n'avait vraiment aucune raison de se plaindre.

Il aurait espéré voir Vera avant de partir, mais elle n'était pas dans la Grande Salle quand Rose et lui y entrèrent. Tant pis, il la verrait en rentrant de Londres… Il espérait juste que Malfoy lui ficherait la paix.

Après avoir fini de petit-déjeuner, Rose et lui rejoignirent Albus dans le Hall d'entrée de Poudlard. Leur cousin les attendait adossé contre un mur, les mains dans les poches, et leur sourit chaleureusement dès qu'il les vit se diriger vers lui.

— Tu viens, finalement ? demanda-t-il à Rose.

— J'ai trouvé un cavalier.

— Tu veux dire que JE t'ai trouvé un cavalier, intervint Louis.

Albus éclata de rire.

— Et toi, dit-il à Louis, tu t'es trouvé un cavalier ?

Louis haussa un sourcil.

— Eh bien, j'y vais avec Vera, comme c'est prévu depuis des semaines.

— Oh, j'aurais pensé que… après ton coming out…

Louis soupira.

— Ce n'est pas parce que je suis sorti du placard pour vous que je vais le faire pour tout le monde. De toute façon, Vera a besoin de moi pour rendre Devon Pucey jaloux, et moi je suis ravi d'y aller avec elle en tant qu'amis à ce bal.

— Avec qui tu y vas, toi, d'ailleurs ? demanda Rose à Albus.

— Juliet Eliasmith.

— Connais pas.

Albus leva les yeux au ciel.

— Elle est dans ma maison depuis sept ans, Rose.

Rose haussa les épaules avant de donner un coup de coude taquin à son cousin en disant :

— Tu sais bien que je me fiche un peu des blaireaux, non ?

Albus s'apprêta à répliquer, aussi Louis préféra-t-il intervenir :

— Bon, ta mère va nous attendre Albus, il serait peut-être bien qu'on se décide à bouger.

Albus referma la bouche, abandonnant surement l'idée d'insulter Rose, et acquiesça silencieusement. C'est ainsi que les trois cousins se mirent en route vers la grille du parc de Poudlard où ils aperçurent bien vite la chevelure flamboyante de Ginny Potter.

— Heeey, dit-elle en les voyant arriver. Comment vont mon fils, ma filleule et mon neveu préférés ?

— Je suis ton fils préféré ? James va être vert.

Ginny éclata de rire.

— C'est marrant, quand je le vois ton frère et que je l'appelle lui « mon fils préféré », il me répond exactement la même chose.

— Maman, tu ne peux pas avoir deux préférés, il faut faire un choix.

— Effectivement… C'est Lily ma préférée.

Ils se mirent tous à rire avant que Ginny ne dise :

— Louis, Rose, vous n'avez pas votre permis de transplanage je crois ?

Les deux concernés hochèrent la tête et elle poursuivit :

— Très bien, l'un de vous va voyager avec moi et le second avec Al.

— Je suis avec toi ! s'exclama Rose. Pas envie de me retrouver désartibulée.

— La confiance règne… grogna Albus.

— Et merci pour moi, s'indigna Louis.

Ginny coupa court à d'autres protestations en saisissant brutalement la main de Rose et en transplanant avec elle aussitôt. Les deux garçons levèrent les yeux au ciel avant d'éclater de rire. Albus prit ensuite la main de Louis dans la sienne, et lui demanda :

— Prêt ?

— Prêt.

Le noir se fit alors autour de Louis qui se sentit compressé de toute part. Mais quelques secondes plus tard, un soleil resplendissant vint lui brûler les yeux. Il était arrivé à Londres… et entier.

Cette journée fut de loin la meilleure que Louis avait passée depuis longtemps. Ils achetèrent des robes de soirée et Louis était littéralement tombé amoureux de la sienne, d'un bleu nuit qui mettait en valeur son teint. Ils passèrent aussi beaucoup de temps chez Fleury & Botts et au magasin de balais et d'accessoires de Quidditch avant d'aller manger une glace chez Basile Fortarôme. Comme quoi, faire les magasins n'était pas toujours une corvée.

Mais le meilleur de cette journée, c'était peut-être que Louis put enfin parler librement de son homosexualité à une adulte de sa famille qui lui confirma ce que Rose lui avait déjà dit.

— On t'aime comme tu es, Louis. Et on te soutiendra toujours quoi qu'il arrive.

Quand Louis, Rose et Albus furent rentrés à Poudlard ce soir-là, Louis se sentait en paix avec lui-même et même un peu avec le monde.

Arrivé dans son dortoir, il défit ses achats et se rendit compte qu'il avait par inadvertance pris avec lui le livre sur l'Histoire de la Sorcellerie au Japon qu'Albus s'était acheté. C'est ainsi qu'il se retrouva à se diriger vers la salle commune de Poufsouffle, quelque part au sous-sol. Avec espoir, Louis se dit que peut-être allait-il tomber sur Vera – après tout, sa salle commune à elle se situait dans ce périmètre également.

Il arriva rapidement devant le tableau qu'il savait être l'entrée de la salle commune de Poufsouffle et attendit que quelqu'un en sorte ou s'en approche. Il n'eut pas à patienter trop longtemps car deux filles de première année se dirigèrent dans sa direction.

— Salut les filles, dit-il en souriant.

Les fillettes rougirent et Louis se demanda furtivement si c'était parce qu'il était en septième année ou parce qu'une fois encore, son charme faisait des ravages. Réprimant un fou-rire, il poursuivit :

— Je dois parler à mon cousin, Albus Potter. Vous pouvez aller me le chercher s'il vous plait ?

Les deux petites filles hochèrent la tête d'un air un peu nerveux, et moins de trois minutes plus tard, Albus se retrouva devant lui. En voyant Louis, il éclata de rire.

— Eh bien, que se passe-t-il ? demanda Louis.

— Les deux petites, elles m'ont dit « un beau monsieur veut vous voir. »

Louis, l'air faussement vexé, répondit :

— Tu sais que je suis beau, Potter.

— Dans tes rêves, Weasley.

Les deux cousins éclatèrent de rire avant qu'Albus ne demande :

— Bref, tu voulais quelque chose ?

— Oui, dit Louis en lui montrant le livre qu'il tenait à la main. J'ai embarqué ton navet sans faire attention.

Albus leva les yeux au ciel, un sourire trahissant cependant son amusement.

— Mon navet est un livre fascinant écrit par un des meilleurs historiens de notre temps, Weasley.

— Evidemment… Bref, ne m'en veux pas, mais j'ai des choses plus intéressantes que l'Histoire de la Magie japonaise à faire. Je te verrai plus tard.

— Si tu ne meurs pas étouffé par ton égo entre temps, répliqua Albus avec un clin d'œil avant de retourner dans sa salle commune.

Louis rit tout seul pendant une bonne trentaine de secondes, les mains dans les poches et l'allure peu pressée. Cette journée avait décidément été excellente. Il ne lui restait plus qu'à convaincre Tim de lui pardonner maintenant et à croiser Vera, et tout serait parfait.

— Weasley !

Le cœur de Louis manqua un battement quand il reconnut la voix qui venait de l'appeler. Apparemment, la journée allait prendre un tournant désagréable, car « Scorpius Malfoy » n'était pas synonyme de joie et de plaisir.


A/N : Cliffhanger en carton bonjouuuur XD