A/N: Ahem. Non vous ne rêvez pas. Ceci est bien une update. Pour ma défense, mon PC déconne comme pas permis et j'ai dû attendre la reprise des cours pour écrire ce texte à la fac. Donc bon. Ce qui reste impardonnable, hein, mais j'espère que ce chapitre vous plaira assez quand même pour me pardonner au moins un petit peu ! Et du coup j'ai surement oublié de répondre à quelques reviews, désolée !
Titre chipé à Jenny and Johnny ;)


Complètement stupéfait devant la vitesse à laquelle une journée pouvait passer de « complètement géniale, la vie est belle et j'aime le monde entier » à « totalement catastrophique, est-ce que quelqu'un peut me jeter un Avada Kedavra que j'en finisse s'il vous plait ? », Louis fit néanmoins comme si de rien n'était et accéléra le pas afin de mettre le plus de distance possible entre Malfoy – ou comme ils l'appelaient avec Vera et Rose, l'homophobe – et lui-même. Il se mit à espérer rencontrer quelqu'un très rapidement, afin d'avoir un témoin en cas d'agression, mais malheureusement, il savait que peu de personnes se promèneraient dans les couloirs un samedi soir. Tout le monde était surement en train de se détendre dans sa salle commune ou de faire des devoirs à la bibliothèque. Et cette fois-ci, Rose et Vera ne seraient pas là pour le défendre.

— Weasley ! répéta Malfoy, ce qui fit encore accélérer Louis. Weasley, attends, par Merlin !

Louis eut envie de lui demander s'il croyait vraiment qu'invoquer Merlin allait soudainement le décider à tendre le bâton pour se faire battre, mais il considéra plus sage de ne rien dire, même s'il était évident que Malfoy ne croyait pas à l'excuse du « oh, je ne l'avais pas entendu. » Il accéléra encore, marchant si vite qu'il était sûr de finir par se faire mal, mais rien ne l'arrêterait. Il ne serait pas à l'abri tant que Malfoy n'aurait pas décidé qu'il en avait marre. Ce qui pouvait prendre un cerain temps.

Malheureusement, Louis entendit vite ce qu'il avait redouté dès le premier appel de Malfoy : le bruit de quelqu'un qui se met à courir. Sentant son cœur s'emballer, Louis se mit lui aussi à courir, la panique se distillant dans ses veines. Le bruit de ses pas résonnait sur les vieilles pierres du château dans un rythme effréné, nourri par sa terreur à l'idée que Malfoy ne puisse le rattraper. Ils coururent ainsi tout le long d'un couloir que Louis ne reconnaissait pas et il se rendit compte que dans sa panique, il n'avait pas prêté attention au chemin qu'il prenait. Il venait surement de mettre encore plus de distance entre lui et la protection de la salle commune, mais tant qu'il en mettait aussi entre Malfoy et lui, tout était encore à peu près sous contrôle. Bénissant les interminables jeux de loup auxquels il avait joué enfant et qui lui avaient appris à courir efficacement, Louis courait encore et encore. Il ne s'arrêterait pas, foi de Weasley !

Cependant, comme il finit par le découvrir, Malfoy était plus rapide que lui et réussit à le rattraper alors que Louis tournait pour prendre un nouveau couloir. Il sentit deux mains le saisir violemment et le plaquer dos contre un mur avec tout autant de brutalité. Il voulut crier mais Malfoy plaqua alors une de ses mains contre la bouche de Louis tandis que la deuxième le maintenait contre le mur. Ses yeux terrifiés rencontrèrent alors le regard furieux de Malfoy, et pour la première fois de son existence, Louis se mit à craindre pour sa vie.

— Vera, grogna Malfoy, tel un chien enragé. Vera, elle ne veut plus me parler à cause de ce que je t'ai dit. Dis-lui que je suis désolé, que je ne voulais pas. Dis-lui. Dis-lui Weas… aaah !

Malfoy retira vivement la main que Louis venait de mordre. Bien. Son esprit de Serdaigle n'était pas encore à cours de ressources.

— Va te faire foutre, d'accord ? cracha-t-il. Et si tu veux me tuer, mes amis sauront que c'est toi et tu finiras en prison !

Ca, il faisait confiance à Vera et Rose pour ne pas laisser son meurtre impuni, d'une manière ou d'une autre. Malfoy fronça les sourcils, comme s'il pensait que Louis était fou – ah, c'était Sainte Mangouste qui se moquait de l'infirmerie de Poudlard !

— Te tuer ? Qu'est-ce que tu racontes ? Je veux juste récupérer Vera.

— Et elle ne veut plus jamais te parler, Malfoy. Plus. Jamais.

Et puis de toute manière, pour qui Malfoy se prenait-il, à ainsi exiger l'amitié de Vera ? Ce type n'avait définitivement aucune morale !

— Mais je suis désolé. Je ne voulais pas…

— Tu ne voulais pas, et pourtant tu l'as quand même dit. Une pédale, une tapette répugnante. Ce ne sont pas des mots anodins, bon sang ! Quand je dis à ma cousine qu'elle est énervante et que je vais l'envoyer sur la lune, je ne le pense pas vraiment ! Ce que toi, tu as dit, c'est quand même bien plus grave !

Louis sentit malgré lui les larmes lui monter aux yeux, à la foi à cause du souvenir de cet épisode et de la mauvaise foi de Malfoy, qui poussa alors un soupir de frustration.

— Bon sang, tu ne vas quand même pas te mettre à pleurer ?

— Va te faire foutre, répéta Louis, et lâche-moi maintenant.

— Pas tant que tu m'as pas promis, insista Malfoy. Pas tant que tu m'as pas promis que tu diras à Vera que je suis désolé. Que je ne pensais pas du tout ce que je t'ai dit.

— Et pourtant tu l'as dit, non ? Je ne lui dirai rien du tout Malfoy, okay, rien du tout ? Je ne me ferai pas la voix de la violence et de l'intolérance. Vera a choisi qu'elle valait mieux que les gens comme toi et si tu tiens vraiment à elle, laisse lui le droit de te détester.

— Elle me manque.

Louis fut tenté de lui demander s'il devait verser une larme pour la tristesse d'un connard intolérant, mais il jugea que ce n'était surement pas très prudent. Cependant, il ne pouvait pas ne rien dire, alors il répliqua simplement :

— Et tu ne lui manques absolument pas, Malfoy.

Malfoy se mit à faire « non » de la tête, très rapidement, comme un animal sauvage et enragé, son visage d'habitude si pâle rendu rouge par la fureur. Louis se demanda vaguement comment il avait pu un jour considérer Malfoy comme le plus beau garçon de Poudlard, parce qu'à cet instant, il n'avait surement jamais rien vu d'aussi laid.

— Ta gueule ! Je te jure, ferme-la ! Je veux juste récupérer Vera, je veux juste que tu me rendes la vie que tu m'as prise !

Louis eut alors un rire nerveux.

— La vie que je t'ai prise ? Tu te moques de moi ? Tu me traines dans la boue et tu dis que c'est de ma faute ?

— J'avais… j'avais peur, c'est tout.

— Peur ? Mais c'est bien ça le problème ! Les gens qui ont peur préfèrent tuer leurs peurs que les affronter, Malfoy. Tu m'excuseras de ne pas être rassuré, de mon côté.

Malfoy soupira bruyamment et Louis se rendit alors compte qu'il tremblait et qu'il pleurait. Ca lui allait bien, de se moquer de Louis pour la même chose… Et puis d'abord, de quel droit pleurait-il, quand le bourreau de l'histoire, c'était lui, et personne d'autre ?

— Laisse-moi… dit-il d'un ton suppliant étonnant pour un Malfoy. Est-ce que… est-ce que je peux juste te montrer quelque chose ?

Louis fut tenté d'envoyer Malfoy sur les roses une fois de plus. Il n'avait pas envie d'avoir quoi que ce soit à faire avec Malfoy, mais d'un autre côté sa curiosité de Serdaigle était là, à essayer de prendre le contrôle.

— Je te promets que tu n'auras pas mal et avec un peu de chance, tu vas comprendre ce que je veux te dire.

Même si ça lui coutait de l'admettre, le ton de Malfoy semblait horriblement sincère, et après plusieurs secondes d'hésitation, Louis finit par acquiescer d'un bref signe de tête. Il sentit la pression de Malfoy sur son épaule s'envoler et il comprit que Malfoy l'avait lâché. Louis envisagea un instant d'en profiter pour s'enfuir en courant une nouvelle fois, mais Malfoy le rattraperait surement très vite, alors il attendit. Il vit Malfoy déglutir avec difficulté et alors, il porta ses deux mains au visage de Louis qui eut à peine le temps de se demander ce qu'il faisait avant de sentir les lèvres de Malfoy s'écraser contre les siennes. Et une fois encore, il n'eut pas le temps de se rendre compte que Malfoy était en train de l'embrasser, parce qu'il se recula aussitôt.

— Tu comprends, maintenant ?

Louis regardait Malfoy d'un air interdit. Il avait vaguement conscience que sa bouche s'était ouverte de stupeur mais il ne comprenait pas. Malfoy venait-il vraiment de… de l'embrasser ? Alors il dit :

— Non, non je ne comprends pas.

Malfoy leva le visage vers le plafond, comme pour cacher qu'il pleurait, et il répondit :

— Je n'ai pas envie d'être homo, Weasley. Je n'ai pas envie d'être homo et de devoir dire adieu à tout ce que j'ai toujours connu. Je veux être un bon Malfoy, avoir une femme, et des enfants, transmettre mon nom et rendre mes parents fiers de moi. Je ne veux pas que mon père me déteste, je ne veux pas que la société me rejette. Je veux la vie que j'ai toujours eue, cette que j'ai toujours planifiée, celle que tu m'as volée.

Louis essayait de comprendre, mais il ne voyait toujours pas ce qu'il se passait. Malfoy… venait de l'embrasser. De lui dire qu'il ne « voulait pas être homo. » D'admettre avoir peur. Mais… ce même Malfoy l'avait violemment insulté pour la simple raison que Louis n'était pas hétéro. C'était à devenir fou, cette histoire. Absolument rien ne faisait sens dans le comportement de Malfoy. Il ne pouvait quand même pas aimer les garçons, lui aussi ? C'était impossible. Pas Malfoy. Et pourtant… Et pourtant Louis avait senti les lèvres de Malfoy contre les siennes. Et pourtant Malfoy lui avait dit que lui-même était terrifié par le rejet…

— Tu… tu es… gay ?

Seule la respiration saccadée de Malfoy lui répondit et Louis continua :

— Mais… mais toutes ces filles… et Vera qui m'a dit que… et ce que toi, tu m'as dit…

Malfoy soupira tristement et se passa la main dans les cheveux. Il avait l'air vraiment bouleversé, lui aussi, au moins autant que Louis qui avait toujours du mal à y voir clair.

— J'ai compris que j'étais différent quand j'étais enfant, répondit-il. Et j'ai aussi compris qu'on ne le tolèrerait pas. Alors j'ai essayé d'oublier. J'y arrivais même plutôt bien. J'avais des petites copines tout le temps, même si ça ne durait jamais bien longtemps, parce qu'à chaque fois je me sentais coupable. Je ne m'entourais que de filles, et puis… Et puis tu as commencé à sortir avec Vera et… Tu le sais, Louis, tu es un garçon magnifique et… Et c'était difficile de ne pas penser à toi… Alors je t'ai évité, mais ta cousine est venue me voir pour m'inviter au bal de Carlson et… et je ne sais pas ce qui m'a pris, j'ai dit oui, principalement à cause de toi je crois… C'était surement inconscient, de toute façon…

Il s'interrompit un instant, comme s'il venait de penser à quelque chose, mais avant que Louis n'ait eu le temps de parler, il poursuivit.

— Et c'était de plus en plus compliqué, parce qu'on se voyait souvent… et quand j'ai appris que Vera et toi me cachiez quelque chose, j'ai voulu en profiter pour te faire peur, t'éloigner, mais ça n'a pas fonctionné. Mais à la limite, tant que tu étais hétéro, tout allait presque bien : je te regardais de loin, mais rien de plus, c'était juste douloureux. Et puis là, je me rends compte que toi aussi, tu aimes les garçons et… et ça a pris une autre dimension, parce que tu n'étais plus la pomme tout en haut de l'arbre, inaccessible, tu étais devenu la pomme tombée par terre, et je n'avais plus qu'à me baisser pour te goûter et… c'était terrifiant, alors j'ai…

La voix de Malfoy se brisa et quand Louis prit la parole, il se rendit compte que la sienne était également devenue rauque.

— Tu ne pourras pas, Malfoy. Prétendre être quelqu'un d'autre pendant toute ta vie.

— Et pourtant il le faudra.

— Je…

Louis s'interrompit. Il commençait seulement à s'assumer, et il aurait été hypocrite de sa part de se mettre à donner des leçons à quelqu'un d'autre.

— Est-ce que… est-ce que tu pourras… le dire à Vera ? Que je suis désolé et que je ne le pensais pas ?

— Je… oui, oui bien sûr.

— Je suis désolé. De t'avoir blessé.

— Je… moi aussi.

Malfoy sembla vouloir ajouter autre chose mais il changea d'avis parce qu'il s'éloigna alors à grands pas, laissant Louis seul contre le mur, seul face au poids de ces révélations, son cœur battant la chamade, les jambes tremblantes et ses lèvres encore pétillante du court baiser de Malfoy – Scorpius.


A/N: Combien d'entre vous l'avait vu venir ? J'avoue que c'était assez évident, mais je suis curieuse de savoir, j'avoue ! ^^ J'espère que ça vous a plu en tout cas, je dois admettre que sur ce coup je suis très anxieuse par rapport à ce chapitre alors vos avis sont plus que jamais bienvenus !