A/N : Euh... hello ? Je ne sais pas si j'ai encore des lecteurs, mais voilà quand même le seizième chapitre. Welp.


Louis retourna à la salle commune de Serdaigle d'un pas lent, encore assommé par les révélations de Scorpius Malfoy. Le trajet prit tant de temps qu'il rencontra Rose qui venait à sa rencontre avant même d'avoir atteint leur tour.

— Enfin ! J'ai cru que tu t'étais perdu dans la forêt interdite. Non pas que tu aurais eu grand-chose à y faire puisque les appartements des Poufsouffle ne sont pas par-là, mais on ne sait jamais, n'est-ce pas ?

Elle s'arrêta soudainement de parler quand elle vit le visage de Louis.

— Il s'est passé quelque chose ?

Louis déglutit avec difficulté et dit :

— C'est Malfoy…

Rose s'énerva aussitôt.

— Quoi ? Qu'est-ce qu'il a fait ce…

— Non, c'est pas ça… Il…

Ayant encore un peu de mal à y croire, Louis entreprit tout de même de raconter tout ce qui venait de se passer, et il pouvait voir au visage de Rose qui se décomposait au fur et à mesure du récit qu'il n'était pas le seul à trouver ces révélations stupéfiantes. Quand il eut enfin fini de parler, Rose n'eut que trois mots :

— Mais quel imbécile !

Louis ne put qu'acquiescer, et Rose se mit à se mordre les lèvres.

— Maintenant je me sens si bête de l'avoir frappé comme ça…

— Tu n'as pas à t'en vouloir, intervint aussitôt Louis. Tu ne savais pas, moi non plus, ni Vera. Personne ne savait, et les circonstances ne jouaient pas vraiment en sa faveur.

— Non, bien sûr, mais… quand même…

Elle se gratta la tête un instant avant de poursuivre :

— Tu vas lui dire ?

— A Vera ?

Rose hocha la tête et Louis poussa un long soupir.

— Oui. Il voulait que je le fasse, et elle a le droit de savoir. Elle ne l'a pas dit, mais elle a surement dû souffrir de se rendre compte que Scorpius était aussi horrible. On n'arrête pas une amitié d'enfance du jour au lendemain sans en être dévasté. Regarde ce que la fin de leur amitié a fait à Malfoy. Il en est pratiquement devenu fou.

Louis n'y avait jamais vraiment réfléchi, à vrai dire, mais maintenant que les mots venaient de franchir ses lèvres, il se rendit compte qu'il avait été idiot de ne pas se mettre à la place de Vera. Il avait accepté son support inconditionnel sans y penser, sans se demander ce que cela pouvait bien lui faire à elle de devoir tirer un trait sur ce garçon avec qui elle avait été pratiquement élevée. Il l'avait prise pour argent comptant, et il se sentit soudainement très bête.

— Allez viens, dit Rose en lui tendant la main. Tu ne pourras rien faire aujourd'hui, il est tard et elle est surement déjà dans sa salle commune, si pas prête à aller au lit.

Louis aquiesca et prit silencieusement la main tendue de Rose dans la sienne. Heureusement, le lendemain serait un dimanche et les cours ne viendraient pas se mettre entre Scorpius et Vera.


Le lendemain matin, Louis et Rose descendirent dans la Grande Salle et virent que Vera les attendait déjà à la table de Serdaigle. Elle eut un sourire quand elle les apperçut, sourire qui disparut quand elle vit les visages gênés de Louis et Rose.

— Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-elle.

Louis hésita un instant avant de répondre :

— C'est Scorpius.

A l'image de Rose, la veille, Vera commença à s'exclamer :

— Qu'a-t-il encore fait, ce…

— Non, coupa Rose. Non, il n'a rien fait de mal. Au contraire.

Vera fronça les sourcils et Louis s'assit en face d'elle.

— Tu risques surement d'être un peu surprise, mais… Il est venu me voir, hier soir. Au début, je pensais qu'il venait me tourmenter un peu plus, mais en réalité, il était absolument désespéré. Tu lui manques vraiment et…

Vera leva les yeux au ciel et interrompit Louis.

— Je m'en fiche, okay. C'est bien fait pour lui et je suis stupéfaite que tu prennes sa défense quand il…

— Il est gay, coupa Rose.

Vera tourna un visage choqué vers Rose.

— Quoi ?

Louis soupira et poursuivit.

— Il me l'a avoué hier soir. C'est pour ça qu'il a été odieux avec moi, parce qu'il ne s'assume pas, que je lui ai fait peur, qu'il n'a pas envie de s'assumer et qu'il ne veut pas être homo et…

— Scorpius… Scorpius n'est pas gay, il est… il change de copine comme de chemise et… Il n'existe pas de sorcier plus hétéro que lui, à part peut-être mon père.

— Il m'a embrassé, Vera. Il m'a embrassé et a confirmé qu'il essaie de jouer l'hétéro. Il pense qu'il y arrive plutôt bien et qu'il va pouvoir le faire toute sa vie, pour ne pas salir l'honneur des Malfoy, et des conneries dans ce goût-là.

Vera resta silencieuse pendant quelques instants. Lorsqu'elle parla enfin, Louis fut surpris de son ton. Il s'attendait à la voir compatissante, mais elle semblait furieuse.

— Je suis sa meilleure amie, dit-elle.

— Ve…

— Je suis sa meilleure amie et il n'a jamais songé à m'avouer ça.

— Tu sais, ce n'est pas une chose qui s'avoue facilement, dit Louis. Et j'en sais quelque chose, regarde le temps que ça m'a pris.

— On se connaît depuis toujours, et on s'est toujours promis de tout se dire. Moi, en tout cas, je lui dis tout, poursuivit Vera, visiblement sourde à ce que Louis venait de lui dire. Absolument tout. Je lui ai même raconté ma première fois, bon sang, et lui il croit bon de me cacher ça ?

— Vera…

Mais Vera ne l'écouta pas plus que la première fois, se leva comme une furie sans avoir touché à une seule miette de son petit déjeuner, et sortit de la Grande Salle à grands pas.

— Bon… fit Rose.

Louis espérait que Vera finirait par comprendre que le silence de Scorpius n'avait rien eu à voir avec elle, qu'il s'assumait encore moins que Louis et que c'était pour ça qu'il n'avait rien dit, parce qu'il n'avait jamais eu l'intention de choisir de s'assumer et qu'il pensait que ça ne serait jamais un problème pour lui de ne rien dire parce qu'il vivrait en hétérosexuel jusqu'à la mort.

— Bah, ne t'en fais pas, dit Rose. Tu connais Vera, elle va lui crier dessus pendant cinq ou dix minutes, lui mettre une gifle, puis le serrer dans ses bras en s'excusant pour la gifle, et puis celle qu'elle lui a donnée avec moi, et en lui disant qu'elle sera toujours là pour lui, blablabla.

Louis savait que Rose disait vrai, et de toute manière, il se doutait que quoi que Vera ne dise à Scorpius, il le pensait déjà, et bien plus encore. Louis en avait après tout fait lui-même l'expérience : quand quelqu'un se déteste, personne d'autre ne peut le haïr encore plus.


Pour cette dernière semaine de cours avant les ASPIC, les professeurs avaient décidé de mettre la pression à leurs élèves de septième année en leur donnant des devoirs blancs. Quand elle rejoignit Louis dans la Salle Commune de Serdaigle et qu'elle se laissa lourdement tomber à côté de lui sur un canapé près du feu, Rose maugréa.

— J'ai croisé Hugo et Lily à la bibliothèque. Ils sont « sur les rotules » et « terrifiés » à l'idée de commencer leurs BUSE la semaine prochaine. Ah. Qu'ils viennent passer des ASPIC et on en reparlera.

Louis préféra éviter de rappeler à Rose l'état dans lequel elle était alors qu'ils allaient passer leurs propres BUSE, deux ans auparavant, et se contenta de lui demander si elle avait revu Vera dans la journée.

— Nope. Pas vu Malfoy non plus, d'ailleurs.

Louis jeta un coup d'œil à l'horloge fixée au dessus de la cheminée et dit :

— C'est bientôt l'heure du diner. On les verra surement dans la Grande Salle.

Rose acquiesça et le suivit lorsqu'il se leva et sortit de la Salle Commune. Arrivés en bas, ils virent que Vera et Scorpius Malfoy s'étaient isolés à la table de Serpentard, et qu'ils semblaient en pleine discussion.

— Tu crois qu'on devrait y aller ? demanda Rose.

Louis s'apprêtait à répondre qu'il valait peut-être mieux les laisser entre eux quand Vera les aperçut et leur fit signe de les rejoindre. Son cœur battant la chamade, les mains moites et les genoux tremblants, Louis suivit donc sa cousine jusqu'à la table de Serpentard.

— Salut, dit Vera.

Rose répondit aussitôt et Louis l'imita quelques secondes plus tard, mais Scorpius Malfoy ne releva même pas la tête de son bol de céréales.

— Ne faites pas attention à lui, dit Vera en levant les yeux au ciel. Il boude.

— C'est pas vrai ! s'exclama Scorpius Malfoy. C'est juste que je…

Mais il s'interrompit avant d'avoir dit quel était son problème, comme s'il venait de se rendre compte qu'il en avait trop dit. Malheureusement pour lui, sa meilleure amie était du genre langue bien pendue, et Vera expliqua :

— Enfin, non, il ne boude pas. Pas tout le monde, en tout cas. Il ne veut juste pas vous parler.

Rose leva le nez en l'air, comme offusquée, et Louis se contenta de hausser les épaules.

— Peu importe, dit-il. Nous ne sommes pas amis. Nous ne l'avons jamais été. Rien ne va vraiment changer dans ma vie si Scorpius Malfoy décide de ne pas m'adresser la parole.

— Je suis désolée, dit quand même Vera. On se voit demain ?

Louis fit « oui » de la tête avant de retourner à la table de Serdaigle, Rose sur les talons.

— C'est quand même un sacré hippogriffe, ce type, dit-elle en s'asseyant sur le banc face à Louis.

Louis leva un sourcil et Rose poursuivit :

— Enfin, quand même ! Il te traite comme de la soupe avant de t'embrasser et de te révéler que s'il t'a appelé par ces mots horribles c'est parce que tu lui plais, et boum, maintenant il ne veut plus te parler ? Sans parler de moi, même si je le connaissais à peine, on aurait quand même dû aller au bal de Carlsson ensemble, il pourrait au moins prétendre que j'existe !

— Je ne lui en veux pas. Ca doit surement être compliqué pour lui en ce moment. Il n'avait peut-être pas besoin de tout ça aussi proche des ASPIC.

— Tu essaieras de lui parler après les examens ?

Louis hésita quelques instants avant de répondre :

— A quoi bon ? Il a son opinion, et il ne la changera pas. Il le fera encore moins pour quelqu'un qu'il connait à peine.

— Fais comme tu veux, dit Rose, mais ce type t'a embrassé. Tu as donc le droit d'essayer de lui ouvrir les yeux. C'est lui qui a installé cette nouvelle dynamique dans votre relation. Il n'a qu'à en payer le prix.

Louis préféra ne pas lui faire remarquer que ce baiser n'était pas exactement le type de baiser que l'on donne quand on veut commencer une relation, parce qu'il n'avait pas arrêté d'y penser aujourd'hui, même en plein devoir blanc quand il aurait vraiment dû se concentrer sur autre chose. La vérité, c'était qu'on ne se fait pas embrasser par le garçon qui occupe la première place de votre liste des garçons les plus mignons de Poudlard sans y être vraiment insensible.

Louis se rendit compte que Scorpius Malfoy était confronté au même problème que lui, en réalité. Il ne savait pas s'il était premier sur la liste de Scorpius (ni même si Scorpius avait une liste de ce genre), mais il plaisait évidemment beaucoup à Scorpius. Et tout comme Scorpius n'avait pas tellement eu de craintes tant qu'il pensait Louis hétéro, Louis n'avait jamais entretenu d'espoir vis-à-vis du jeune Serpentard parce qu'il n'aurait jamais imaginé qu'il soit lui aussi homosexuel.

Scorpius avait semblé catégorique sur le fait qu'il n'agirait pas sur ses « sentiments » (si tant est qu'il puisse appeler cela des sentiments, car après tout, Louis et Scorpius se connaissaient très peu), mais Louis avait décidé qu'il était temps qu'il prenne sa propre vie en main et qu'il se donne les moyens d'obtenir ce qu'il voulait. Avec un peu de persuasion, peut-être pourrait-il ouvrir les yeux de Scorpius et lui faire comprendre qu'ils voulaient tous les deux la même chose.

Désormais, Louis avait toutes les cartes en main. A lui de savoir les jouer correctement.


A/N : Voilà voilà... /awkward author is awkward