Chapitre 4

Kate

Je réfléchissais, j'allais le déshabiller, le voir de nouveau nu, comment ferai-je pour ne pas céder, comment ferais-je pour ne pas à mon tour, me dévêtir pour prendre cette douche avec lui ?

- Kate ? Je le regardais.

- Si tu es trop gênée je vais me débrouiller seul ! Vas-y, je ne suis pas un handicapé, ça prendra le temps qu'il faut mais j'y arri…Il s'effondra sur le sol, son pantalon voulant lui jouer un mauvais tour avait osé se coincer dans le plâtre de sa jambe.

-… verai

Je me précipitais pour l'aider à se relever. L'asseyant sur le sol, je commençais par lui enlever son tee shirt puis son pantalon, chaque vêtement que j'ôtais m'embrasait un peu plus, il se retrouvait torse nu avec juste son caleçon cachant le reste de lui. Je soupirais hésitante puis prenant mon courage à deux mains et attrapais chaque extrémité du bout de tissu mais Castle stoppa mon geste au moment où je commençais à faire descendre son caleçon.

- Euh Kate je… Tu… Enfin c'est gênant car… Je le regardais sans vraiment comprendre.

- Bordel, Kate tu sais l'effet que tu me fais là ? Je… Enfin voila quoi, tu me rends dingue et euh ben tu… Kate tu enfin tu vois quoi ? Je fronçais les sourcils, pas sûre de ce que j'avais compris.

- Tu m'e… enfin Bordel tout mon être réagit quand tu es près de moi et là quand tu me touches… Bordel c'est trop gênant. Tu me troubles tant, enfin je ne vais pas te faire un dessin. J'eus confirmation de ce que je pensais.

- Ah …Oh… Je sentis mes joues s'embraser, ce n'était pas la première fois que je constatais son envie mais à travers le tissu c'est autre chose qu'en panorama direct.

- Bon écoutes, je…bon tu ne peux pas te doucher en caleçon alors euh pas le choix n'est ce pas ?

- Euh ben…euh o…oui…

- Après tout tu n'es pas le premier homme que je vois euh comment dire cela euh eh bien dans cet état !

- Avec toi je n'en doute pas Kate !

- Qu'est ce que ça veut dire ? Dis tout de suite que j'ai eu des tas de mecs dans mon lit !

- Mais non idiote, je dis seulement qu'aucun homme ne peut résister à tes charmes, alors tu n'as pas vraiment besoin de faire grand-chose pour les mettre dans un état second. J'ouvris la bouche puis la refermais en souriant.

- Il vous en faut peu M Castle pour être excité par une femme !

- Non pas juste une femme mais toi, juste toi seule est capable de me faire dérailler ainsi ! J'ouvris la bouche de nouveau, la refermais encore une fois et complètement bouleversée baissais le caleçon de Rick sans même le prévenir. La vue en 3D de son désir me sauta aux yeux, je me sentis rougir comme une adolescente, mordant mes lèvres jusqu'au sang, je sentis ma température monter de plusieurs degrés d'un coup. Mon Dieu mais qu'est ce que j'ai fait pour mériter une telle torture ?

A cet instant je n'avais qu'une envie me jeter sur lui et le posséder, le faire mien encore et encore jusqu'à l'épuisement total de nos sens.

Je soufflais.

- Bon bien je vais t'aider à te mettre sous la douche, ça va te détendre.

- Voyons mon trésor, ce n'est pas de l'eau qui va me détendre à ce niveau. Je tentais de détourner les yeux mais n'y parvenais pas. Mordant ma langue pour reprendre consistance, je le levais et le jetais presque dans la cabine de douche allumant le jet sans me préoccuper de plus de précautions.

- Ahhhhhhh ! C'est froid. Hurla-t-il d'une voix étranglée.

- Cela refroidira peut être tes ardeurs ! Il râla et me jeta un regard noir entre colère et désir. Je le regardais de haut en bas savourant la vue en mordant mes lèvres, mon corps pour sa part aurait fait évaporer l'eau de la douche à cet instant si je m'étais trouvée sous le jet. Pourtant la torture n'était pas finie car j'allais devoir l'aider à se toiletter, je sentais déjà que mes mains se feraient baladeuses.

Rick

Diantre j'avais l'impression de me retrouver plongé dans les douze travaux d'Hercule, ayant à subir des épreuves dont la difficulté et l'intensité augmentaient à chaque fois. Je me relevais toujours jusqu'à présent, mais là c'était le week-end de la torture, ou comment réussir à ne pas imploser de désir pour Katherine Beckett. Mon handicap nous mettait dans des situations toujours plus dangereuses. Et c'était devenu pire, depuis que nous avions avoué désirs et sentiments respectifs. Je pouvais sentir de l'impatience, du désir dans chaque regard qu'elle posait sur moi.

Que dire de la situation actuelle, elle semblerait risible aux yeux de beaucoup. Nu devant la femme que j'aimais je me sentais honteux. Non pas parce que je réagissais à elle de la plus forte des manières, cela ne se limitait pas à ma virilité, non j'avais les mains qui tremblaient, les jambes cotonneuses, la bouche pâteuse, la chair de poule mais parce que je ne pouvais pas la satisfaire, lui donner tout le plaisir que j'aurai aimé.

Et comment laisser une femme comme elle insatisfaite et inassouvie. Risible ça l'était car moi le playboy Rick Castle, ayant fait parler beaucoup de lui sur ses conquêtes, ayant eu des scènes intimes dans des lieux publics, vanté mes atouts physiques à peu près dans tous les lieux de New-York j'étais impuissant. Non pas impuissant de ne pas avoir de réaction, mais impuissant de mon incapacité à satisfaire la femme que j'aimais.

Bien évidemment j'avais essayé de faire comprendre à Kate que mes plâtres ne gênaient pas et que nous pourrions très bien nous accommoder de cette situation particulière. Mais elle avait refusé mettant en avant le fait qu'elle pouvait me faire mal avec son côté sauvage et impulsif.

J'avais lutté corps et âme, enfin surtout âme lorsqu'elle m'avait déshabillé pour me mettre sous la douche. Déjà à peine m'enlevait-elle le tee-shirt que j'implosais, inutile de passer en détail lorsque sans crier gare elle m'avait ôté mon vêtement le plus intime, dévoilant au grand jour et à ses yeux la puissance de mon désir pour elle.

J'aurai encore pu me retenir si elle ne m'avait pas désiré. Après tout c'est cette retenue qui m'avait guidée pendant nos quatre années, sinon il y a bien longtemps que je lui aurais démontré l'intensité de la chaleur entre nous. Je pensais en effet que je ne lui faisais rien. Bien sûr il y avait eu quelques hésitations, quelques moments de faiblesse mais ils n'avaient pas duré assez longtemps pour que je les analyse dans ce registre.

Pourquoi m'être entêté donc à continuer d'espérer qu'un jour elle ouvrirait les yeux et penserait que je n'étais peut être pas bon à jeter tout de suite ? Qu'on pouvait encore faire quelque chose de moi ? Tout simplement parce que j'espérais encore. Et également car lorsque l'on désirait autant que je désirais Kate, on ne pouvait renoncer. Seuls les faibles renoncent, or je ne l'étais pas.

Et c'était de cette force à présent qu'il fallait que je me saisisse pour ne pas la mettre dans une position plus délicate que celle qu'elle vivait actuellement. Bien que mon neurone lubrique pensait qu'il aurait aimé la mettre dans des tas de positions, je ne voulais pas qu'elle vive elle aussi ses douze travaux d'Hercule.

J'essayais en vain donc de me calmer, mais c'était impossible. Elle avait déclenché en moi bien plus que les dix plaies d'Egypte. Mes évocations allaient certainement faire sourire, je jouais encore mon rôle d'écrivain mélo-dramatique, usant de références nobles pour décrire ma situation qui semblait misérable à côté. Oui mais nous avions tous un Everest à franchir, même plusieurs et à l'heure actuelle c'est celui là qui me semblait le plus insurmontable.

Elle m'avait poussé énergiquement dans la douche et j'avais compris tout le sens de ce geste relativement brusque. Non elle ne voulait pas me finir et faire en sorte que mes autres membres soient dans le plâtre, je parle de mes jambes et mains voyons. Bien que la solution était peut être ici, si ma virilité était plâtrée nous n'aurions pas à endurer une situation qui ressemblait de plus en plus à un priapisme.

Tant bien que mal et avec plus de mal qu'autre chose je tentais à nouveau de reprendre le contrôle sur moi-même quand elle vint à son tour dans la douche. Elle était toujours habillée mais me faisait le même effet. J'avais parlé la veille de mon désir d'avoir la vision de Superman pour traverser les murs de mon appartement, j'avais à présent presque le souhait d'être aveugle tellement sa beauté faisait pulser mon désir.

- Kate non écoutes, je peux faire sans toi.

- Ah oui tu penses vraiment Cast' ? Je sentais un ton d'ironie dans sa voix, comme souvent son côté railleur ressortait.

- Ecoutes Kate ça me gêne que tu me vois ainsi. Je ne suis même pas capable de me contrôler, tu dois me prendre pour un porc.

- Cast' arrête tes conneries. Je ne vais pas me plaindre parce que tu me désires tout de même. Et disons que la vue est plutôt prometteuse.

- Kate tu ne veux pas que je me calme ?

- Euh si. Pourquoi ?

- Alors arrêtes ça tout de suite.

- Pardon, dit-elle en rougissant.

Comment était-ce possible, toutes ses actions rendaient mon désir plus ardent. Je ne pensais pas cela possible mais je la désirais de plus en plus. Mon état ne s'arrangea pas lorsqu'elle commença à me savonner, mais ses gestes doux étaient analysés comme des caresses par mon neurone solitaire, enfin du moins s'il ne s'était pas retrouvé carbonisé par mon désir. A chaque mouvement sur mon dos, mes épaules ou mon torse je râlais littéralement.

Elle de son côté était impériale ne laissant rien transparaître, pourtant je savais qu'elle était affectée. Mais elle mettait de côté ses propres pensés et pulsions pour ne pas me rendre la tâche difficile. Et moi, en abruti d'homme que j'étais à cet instant là je ne me gérais pas une seconde. Lorsque nous nous fîmes face et qu'elle me lava le torse puis le ventre je fermais les yeux pour tenter de retenir un grognement. Mais celui-ci outrepassa ma bouche fermée sans mon autorisation. Des larmes coulaient quasiment de mes yeux de frustration certes mais aussi de colère contre moi-même d'infliger ceci à ma muse, uniquement parce que j'étais incapable de m'auto-contrôler.

Elle s'en aperçut car elle essuya les larmes qui coulaient de ma main en me disant tout doucement :

- Cast' ça va aller, ne t'inquiète pas.

- Kate mais comment peux-tu dire ça ? Nous sommes tous les deux frustrés. Tu es parfaite comme toujours car tu es forte mais je ne le suis pas. Et je t'oblige à me voir ainsi, je suis vraiment pathétique et égoïste. Tu vois si j'avais réellement un cœur je serais capable de me maîtriser. Mais à la place de ça, je pense avec mon bas ventre.

- Cast' arrête de dire des choses comme ça.

- Kate je t'en conjure sors de cette douche c'est trop dur.

Je la vis sourire. D'habitude c'est moi qui m'attardais sur ce genre de jeu de mots, cette fois-ci c'était son tour.

- Ecoute Cast' on va arranger ça.

Sur ce elle s'approcha de moi, ignorant le jet d'eau coulant qui allait bientôt la tremper. A présent des goûtes tombaient sur elle humidifiant son t-shirt. Déjà que celui-ci était très suggestif sec, que dire mouillé. Je déglutissais j'étais de moins en moins persuadé de ma capacité à me calmer alors qu'elle s'approchait de moi.

- Kate ?

- Sssshhh, me fit-elle comme si elle tentait de faire taire un enfant.

Puis la distance entre nous fut si ridicule que je sentais sa respiration me caresser le torse. Elle m'embrassa dans le cou pour ensuite revenir à mes lèvres et me faire chavirer dans un baiser torride. Je gémissais de plaisir et de torture car je savais qu'il s'agissait d'une voie sans issue pour nous.

- Kate arrête, tu l'as dit toi-même on ne peut pas pas tant que je suis handicapé.

- Laisse-moi faire.

Ses baisers vinrent sur mon torse me faisant frémir encore plus. Elle descendit aussi lentement que dangereusement le long de mon torse. Je penchais la tête littéralement emporté par un torrent de sensations, et encore elle ne faisait que m'embrasser. Je perdais complètement pieds et il était presque trop tard lorsque je sentis une main s'emparerde l'origine de mon mal alors qu'elle m'embrassait le nombril. Non je ne faisais pas référence au film sur l'enfance d'Hannibal Lecter mais plutôt à la manifestation de mon amour pour Kate.

- Kate attends qu'est-ce que tu fais ?

- Ca me paraît évident non ?

- Non arrête ne fais pas ça.

- Cast' tais-toi un peu.

De ma main valide je la remontais à moi, la forçant à arrêter sa manœuvre immédiatement.

- Non Kate pas comme ça.

- Mais Cast'

- Pas de mais qui vaille Kate. Je ne veux pas.

- Tu ne me désires plus ?

- Si bien sûr que si. Mais ça ne se passera pas comme ça.

J'entendais dans sa voix qu'elle souhaitait me libérer d'un poids, j'entendais même sa propre frustration de se retrouver avec moi dans cette douche. Mais je ne pouvais pas la laisser faire ceci. Je l'aimais trop et la respectais trop. J'admettais ces gestes dans l'acte amoureux, mais pas ainsi. Et je ne voulais pas qu'elle se sente obligée. Or, c'était mon comportement d'adolescent rempli d'hormones qui parlait et je me serai bien giflé de réagir ainsi.

Je devais lui montrer que ma frustration n'était pas le fruit de mon désir, mais du fait que je ne pouvais pas la combler. Alors de ma main valide je la forçais à aller contre le mur et me mettais devant elle l'embrassant fougueusement. Cette fois se fut-elle qui gémit au baiser, passant ses mains dans mes cheveux. Puis je m'emparais à mon tour de la peau fine de son cou la happant là où je la savais sensible ce qui causa un tremblement chez elle. Puis je caressais sa poitrine à travers sa tenue de soie que je sentis réagir sous mes doigts. Je sentais son désir monter et s'exprimer alors j'étouffais le prochain gémissement en l'embrassant de nouveau. Pendant ce baiser je faisais balader ma main gauche sur son ventre et m'aventurais plus au sud, commençant à torturer l'élastique de son shorty. Mais elle fut vive car alors que je me frayais un passage sous le tissu une main arrêta mon poignet dans sa progression et elle me dit :

- Non Cast' hors de question.

- Allez Kate laisse toi faire, tu ne vas pas le regretter.

J'essayais néanmoins de contrer sa pression sur mon poignet.

- Cast'…

- Kate détends toi…tentais-je de dire gagnant quelques centimètres sur elle.

Malgré elle certainement son bassin fit un mouvement vers l'avant, s'approchant de moi. Je souriais, ravi de mon petit numéro et prenant son lobe d'oreille entre mes dents, l'étirant je lui susurrais ensuite :

- C'est bien comme ça, let me Kate.

- Cast' arrête ça tout de suite où je te brise les os de la main.

Je la connaissais suffisamment pour savoir qu'elle était tout à fait capable d'exécuter ce genre de menaces. Et son regard déterminé à cet instant balaya tous mes doutes, si sa phrase en avait laissé ne serait-ce qu'un. Et comme par miracle cette menace eut un effet miraculeux sur mon état de tiraillement. Je m'étais enfin calmé. Encore haletante elle me dit :

- On va arrêter là, ok ?

- La douche ?

- Non idiot de jouer à ce petit jeu là.

- Oui tu as raison, tu es la voix de la sagesse Kate.

- Crois moi Rick à cet instant j'ai tout sauf envie d'être sage, me dit-elle arquant un sourcil.

Et c'était la énième bombe signée Kate Beckett. C'était un véritable message contradictoire qu'elle m'envoyait un peu comme lorsqu'on offrait une sucrerie à un enfant diabétique. Mais bon je ne relevais pas car sinon nous serions retombés dans le jeu. Car c'était toujours comme ça nous savions que c'était dangereux mais l'exaltation de ces joutes était plus forte que tout. C'est elle qui nous guidait, avait le primat sur toute forme de rationalité.

- Kate est-ce que tu peux juste me laver les cheveux et après je te laisse te doucher tranquillement ?

- Oui bien sûr, viens par là.

Et j'obéissais, me laissais faire. Cette fois-ci j'arrivais à me contrôler et je sentis que Kate faisait attention à ses gestes souhaitant ne pas réveiller un autre tsunami dans la mesure où nous allions toujours plus loin dans les dégâts. Cinq minutes après elle me rinçait la tête et le corps et ressortit de la douche pour aller chercher une serviette.

- Tiens prend ça, je vais t'aider à sortir et tu vas t'enrouler dans la serviette.

- Ok merci et euh ça serait abuser si après je te demande de me raser ?!

J'aurai bien abusé d'elle dans un autre contexte, mais il était convenu que ceci ne serait pas au tableau pour le moment.

- J'aime bien ce côté sauvage moi ! Me répondit-elle en mordant ses lèvres. Je soupirais, ce n'est pas elle qui avait dit qu'on devait arrêter les provocations ? Non car là c'était littéralement l'hôpital qui se foutait de la charité.

- J'ai plus l'habitude de la barbe et ça me démange, c'est assez désagréable. Elle me sourit.

- Très bien après ma douche, tu peux attendre dans ton fauteuil pendant que je me lave ?

- Femme cruelle…

- Quoi ?

- Kate tu veux que je reste dans la même pièce que toi alors que tu te douches nue ? Alors que je rêve de ton corps aussi bien de jour que de nuit.

- Ah ce n'est que ça ?

- Euh je ne te suis pas là…mon neurone a dû partir en vacances loin, très loin.

Elle sourit puis retira les vêtements humides qui couvraient encore son corps et là je déglutis plus que fortement à la vue. Elle m'autorisait à la mater en toute connaissance de cause, sachant pertinemment que même lorsqu'elle était habillée je bavais. Cette femme voulait ma mort, c'était définitif. Elle prit une autre serviette et alla dans la douche, ne semblant pas se soucier de la marionnette sans fil qui gisait dans son fauteuil roulant ou encore de mon double Hector, en hommage au faux squelette qui nous servait en classe de biologie pour expliquer le corps humain. J'étais comme lui littéralement désarticulé, on pouvait tout faire de mes os, les tourner dans tous les sens tellement l'image m'avait soufflé.

Pendant le laps de temps qui s'écoula c'était comme si toute notion de minutes ou de lieu disparaissait totalement. J'étais absorbé par la vision de rêve et cela allait bien au-delà d'une simple excitation physique. Cette femme était faite pour moi, son corps me le criait et le mien accessoirement aussi. Puis quand elle ressortit elle était drapée de la serviette de bains qui à mon grand regret était suffisamment grande pour enrouler tout son corps. Elle s'approcha de moi et me dit :

- Cast' on va aller s'habiller maintenant et je te rase après.

- A quoi bon des vêtements Kate je suis mort. D'ailleurs dis bonjour à Hector.

- Hector ? Fit-elle interrogative.

Alors que j'allais ouvrir la bouche pour lui faire le récit de mon compagnon Hector elle m'arrêta posant sa main sur ma bouche :

- Non, non finalement je ne veux pas savoir.

Puis elle se plaça derrière mon fauteuil pour m'amener dans ma chambre.

- Je vais aller me changer et je reviens ok ?

- Ok, fis-je la regardant quitter la pièce. Complètement vidé, mort, décédé. Nous avons le regret de vous annoncer le décès de Richard Castle écrivain de renom, mort sur le coup après avoir entre aperçu une déesse nue et comme on le sait la vison d'un être divin peut être fatal si on le voit dans son état naturel, c'est-à-dire nu…

Kate

Ce week end était une véritable torture et dire qu'il nous restait encore 28 jours et 15 h avant qu'il soit déplâtré. Pour notre santé mentale, nous allions devoir, espacer nos rencontres car nous allions devenir fous d'ici là.

Je m'habillais rapidement reprenant ma tenue tue l'amour qui d'ailleurs n'avait pas eu trop l'effet escompté car j'avais constaté le regard brûlant de mon partenaire sur moi malgré tout.

J'appréciais outre mesure ce regard qui me faisait sentir spéciale, désirable, belle… Bien sûr j'avais eu des regards de désir plus d'une fois des hommes amants ou pas mais celui de Rick était spécial car il était respectueux et surtout seul son regard sur moi comptait. Peut importe que les autres hommes me trouvent à leur goût, belle ou désirable. Le plus bel homme de cette terre pourrait me dire que je suis magnifique cela ne me ferait aucun effet. Non car seules les paroles d'amour de Castle me bouleversait.

Décidément j'étais irrécupérable, complètement cuite. Perdue pour la gente masculine, n'appartenant plus qu'a un seul homme. Je souris mes réflexions était vraiment fleur bleue, je me ramollissais avec l'âge…Non avec l'amour…

C'est sur ces réflexions bisounours que je quittais la chambre pour rejoindre celle de Castle. Je ris encore une pensée double sens. Frappant à la porte, j'ouvrais cette dernière, cherchant mon écrivain du regard, je le vis près de la fenêtre de nouveau perdu dans ses pensées. J'allais chercher des affaires propres sachant où elles se trouvaient puis m'approchais lentement de lui

- Cast' ?

- Hum ?

- Tu viens, tu vas attraper la mort en restant à moitié nu !

- Réchauffes moi ! Me répondit il taquin.

- Castle !

- Ok pardon ça m'a échappé ! Je souris.

- Allez Writer man, viens que je te vêtisse !

- Oh l'inverse c'est mieux !

- Castle !

- Oups désolé !

- Même pas vrai ! Il tira la langue.

- Non, c'est vrai ! Il rit, je le frappais.

- Tu vis dangereusement Castle !

- J'aime le danger, s'il vient de toi. Me répondit-il m'envoyant un baiser. Je levais les yeux au ciel. Puis m'approchant de lui, lui ôtais sa serviette.

- Entreprenante détective j'aime.

- Castle la ferme ! Je l'aidais à enfiler son caleçon puis son pantalon. Mettant le tee-shirt de côté, je me saisissais des poignets du fauteuil et poussais Castle hors de la chambre.

Arrivés dans la salle de bain je demandais à mon ami où se trouvait son nécessaire de rasage.

- Juste là ! Me répondit-il en désignant le tiroir à coté du lavabo. Je pris sa mousse à raser, son rasoir remplissant le lavabo.

- Approche, je ne vais pas te manger.

- Hum dommage ! Je soupirais, on devait cesser ce genre de commentaires mais c'était plus fort que nous.

Je pris le gant, l'humidifiais et le passais sur sa peau puis commençais à appliquer la mousse l'étalant de façon égale de part et d'autre de son visage. Puis prenant appuis sur le lavabo, je me positionnais entre ses jambes et j'entrepris de le raser.

- Hum tu es douée tu as l'air de savoir y faire ! Tu as souvent fais ça avec tes autres petits amis ? Je m'arrêtais, souris puis le regardais.

- Tu te considères ainsi ? Il détourna le regard, gêné et balbutia une phrase que je ne compris pas, je ris.

- Jamais !

- Pardon ?

- Jamais je n'ai fais ça pour l'un de mes petits amis…Mais pour mon père lors de sa mauvaise période. Répondis-je sur un ton neutre. Un silence se fit, je recommençais à le raser et seul le bruit de la lame sur sa peau se faisait entendre.

- Pardon ! Je le regardais, il avait cet air désolé et triste qu'il prenait lorsqu'il compatissait pour moi.

- Cast' pourquoi t'excuses tu ?

- Parce que je suis un con insensible ! Je le regardais surprise. Puis compris d'où venait son air de chien battu.

- Rick… C'est du passé tout ça mon père va bien maintenant !

- Hum…

- Cast' Il leva la tête vers moi.

- Je t'interdis de dire que tu es sans cœur, tu es celui qui me comprend le mieux ! Je l'embrassais. Puis lui souris, il me rendit ce sourire et passa son pouce au dessus de mes lèvres. Et me montra la crème à raser qu'il y avait ôté.

- C'est trop mignon ! Je levais les yeux au ciel puis poursuivis ma tache. Quelque peut déstabilisée par le regard de mon partenaire. Passant sa main dans mes cheveux, il me sourit.

- Tu es belle Kate. Je dérapais et le coupais.

- Outch ! Sauvage ! Je pris un pansement réservé aux coupures et lui appliquais

- C'est ta faute !

- Quoi ma faute ?

- Tu…Tu… Il s'amusa de mon trouble et se pencha sur moi.

- Je vous trouble détective. Je pinçais mes lèvres. M'approchant de lui.

- Tu n'as pas idée mon chéri. Je le vis déglutir puis il s'éloigna en ronchonnant s'enfonçant dans le fond de son fauteuil. Je ris contente de mon effet et finis de le raser. Je l'essuyais avec le gant, les résidus de crème à raser. Puis pris son après rasage et lui appliquait en tamponnade.

Puis comme mue par une envie irrésistible je m'asseyais sur ses genoux pour le humer avec délice. De nombreuses fois j'avais voulu m'approcher de lui car son odeur m'attirait définitivement. Je soupçonnais son après rasage d'être responsable et effectivement il était à mettre sur le banc des accusés. Il m'enroula de ses bras et nous nous embrassâmes tendrement. Puis j'enfouissais ma tête dans son cou, savourant sa chaleur.

Nous restâmes un moment ainsi, il me caressait les cheveux moi sa nuque, nous étions bien, aucun de nous deux ne voulaient bouger.

Mais il fallait bien que l'un de nous soit raisonnable il était plus de midi et nous devions nous nourrir, d'autant que mon estomac commençait à crier famine. On ne vit pas d'amour et d'eau fraîche contrairement à ce que dit l'adage.

- Cast' !

- Hum ?

- Je vais faire à manger ! Je voulus me lever mais il me retint resserrant son étreinte sur moi.

- Nan ! Tu restes là comme ça pour toujours. Je souris attendrie, l'embrassant :

- Je meurs de faim Castle ! Je le vis faire la moue et se défaire de moi à contre cœur, c'était adorable, moi aussi j'aimais être dans ses bras mais nous n'allions pas rester le reste du week-end ainsi.

Nous descendîmes, j'aidais Castle à s'asseoir sur le canapé, il protesta :

- Je veux être avec toi ! Je peux t'aider !

- Non Cast restes là, je fais toute seule, c'est une surprise !

- Mais ? Je l'embrassais furtivement.

- Bon tu pourrais m'embrasser vraiment si c'est pour t'éloigner de moi ainsi.

- Je ne pars pas au pole nord quand même !

- La cuisine c'est déjà trop loin pour moi qui suis dans le salon. Je levais les yeux au ciel puis partis m'afférer à la tache.

J'ouvris le frigo et découvrais avec enchantement tout ce dont j'avais besoin pour préparer des tagliatelles à la crème aux émincés de dinde et petits légumes.

Je commençais ma préparation, m'évadant complètement dans l'élaboration de mon plat que je voulais parfait pour mon amoureux. Amoureux je souris complètement euphorique moi qui n'utilisais jamais ces mots et encore moins les pensais, c'était nouveau pour moi mais avec lui tout était nouveau.

Sans me rendre compte je me mis à fredonner une chanson que ma mère fredonnait lorsqu'elle cuisinait pour nous cela faisait si longtemps que je ne l'avais pas chantée.

watch?v=CJ5DvuRmdcI&feature=related

Rick

J'écoutais Kate chanter de sa si jolie voix et j'étais transporté, bouleversé, je ne connaissais pas cette chanson, qui plus est était en français et même si je ne comprenais pas les paroles, je comprenais par l'intensité de son chant que c'était une chanson d'amour et tout bonnement magnifique. J'étais transporté dans un autre monde, j'avais les larmes aux yeux, des frissons parcouraient mon corps. Jamais de ma vie encore je n'avais entendu une si superbe voix et une si belle chanson. Tout prenait sens parce que j'étais amoureux même une chanson inconnue dans une langue que je ne maîtrisais pas.

Oui mais l'amour était une langue universelle. Cette femme me tuait, elle avait tant de cordes à son arc et à sa voix aussi au passage, je savais qu'elle jouait de la guitare, j'avais pu entendre sa jolie voix un jour mais là elle m'achevait avec sa voix si douce, si tendre, et surtout car j'avais l'impression qu'elle me la chantait. Je l'admirais s'afférant à sa tache, si charmante concentrée dans son plat, éminçant les légumes finement les faisant revenir dans du beurre puis passant à la viande, je me perdais dans sa contemplation envoûté par le chant de ma nymphe. Je m'imaginais toutes sortes de scénarii, où elle cuisinerait pour moi et notre enfant en chantant cette magnifique chanson, nous serions heureux, mariés et plus rien pour nous séparer, jamais.

La chanson finie elle continuait à s'affairer à sa tache ne prêtant aucune attention à moi, j'avais beau adorer la regarder, je commençais à trouver le temps long. Je voulais qu'elle me regarde, qu'elle s'occupe de moi un peu capricieux me direz-vous oui je plaidais coupable. Je réfléchissais à ce que je pourrais faire pour attirer son attention et je trouvais. Un sourire apparut sur mes lèvres, je la savais fan de comics, alors comme un petit enfant qui joue au super héros je commençais à imiter l'un deux m'allongeant sur le dos je laissais pendre ma tête dans le vide et l'appelait.

- Kaaaaaaate !

Quand on connaissait Kate il était vrai que faire l'enfant pouvait être une entreprise à double tranchant. Il fallait choisir le moment opportun car c'était soit la punition directe ou alors l'image. Nous en revenions encore à cette idée, qui s'apparentait certainement à un fantasme pour moi de Kate en maîtresse d'école. Certainement ses penchants pour le contrôle et la domination devaient jouer dans le tableau. Bref je rappelais à l'ordre mon neurone lubrique, oui le même que celui de la salle de bains, finalement il n'était pas mort sous l'incendie criminel déclenché par la jeune femme déambulant dans ma cuisine. Toujours est-il, j'avais constaté que jouer les adultes attardés avec Kate pouvait s'avérer très rémunérateur. Pas en termes financiers, et après tout je m'en moquais car je n'avais aucun soucis avec les chiffres sur mon compte en banque mais en sourires et marques d'affection divers.

Combien de fois l'avais-je surpris à sourire à mes frasques enfantines ? Evidemment si on lui demandait elle nierait en bloc, il ne fallait pas oublier à qui on s'adressait tout de même : la grande et sérieuse Beckett. Je n'employais pas ici son prénom car j'avais compris qu'il y avait réellement deux personnalités et que chacune s'incarnait dans son identité. Attention je ne traitais en aucun cas ma nymphe de schizophrène, non c'est juste qu'elle avait deux visages.

Lorsqu'elle était Beckett, c'était la femme très sûre d'elle, une beauté froide dirais-je, régnant sur un monde peuplé de testostérone, très privée et professionnelle. C'est celle que j'avais côtoyé pendant longtemps et c'était le visage qu'elle montrait les trois quarts du temps. Et j'avais compris et elle m'avait laissé voir Kate jeune femme resplendissante, douce, attentionnée, patiente, romantique, à fleur de peau. Elle m'avait fait entrevoir Kate assez tôt dans notre partenariat. Je me souvenais encore la première fois comme si c'était hier. C'était suite à l'enquête sur Mélanie Cavanaugh, lorsqu'elle s'était confiée sur l'histoire du meurtre de sa mère elle s'était montrée fragile devant moi. Et c'est peut être à partir de ce jour où j'avais encore été plus fasciné par elle.

Mais les deux personnalités se rejoignaient parfois. En effet elle était aussi allumeuse en Kate qu'en Beckett. Je devais avouer que j'aimais beaucoup cet aspect de sa personnalité. Bien sûr cela m'avait amené à prendre un nombre considérable de douches froides, mais je ne m'en plaignais qu'en apparence. Je la vis se tourner vers moi et attendais sa réaction. Punition ou récompense ? je ne le savais pas encore. Et voilà que l'image de la maîtresse d'école refaisait surface, ça devenait obsessionnel chez moi.

Kate

Je me tournais vers Rick qui m'appelait et le regardais incrédule. Il avait la tête dans le vide un sourire niais sur les lèvres.

- Qu'est ce que tu nous fais ?

- Je suis spider man et je veux un baiser de Marie Jane ! Je le regardais surprise, levant un sourcil, je ne savais pas comment réagir rire, me moquer, l'ignorer ?

- Sérieusement Rick ? Tu as quel âge ? Tu vas te faire monter le sang à la tête. Mais contre toute attente il n'en démordit pas faisant son caprice d'enfant de 5 ans voulant sa glace avant le repas. Fermant les yeux il étendit ses lèvres quémandant sa friandise.

- Je veux mon bisou de super héros ! J'ouvris puis refermais la bouche puis décidais d'accéder à la demande de mon héros préféré cédant encore au caprice du gosse. Mais j'avais beau nier, j'avais du mal à lui résister. Je me mis à genou enveloppant son visage de mes mains et je lui donnais ce qu'il désirait. C'était un baiser très tendre, je ressentais tout l'amour qu'il avait pour moi à travers ce dernier, très vite notre échange devint passionné il passa sa main sur ma nuque et me rapprocha, un gémissement s'échappa de ma bouche. Puis en manque d'air nous nous séparâmes. Il se redressa pour me voir de façon normale et posa sa main sur ma joue j'en fis de même, nous nous regardâmes un long moment sans jamais rompre le contact de nos mains sur notre peau.

Mais très vite une odeur de brûlé parvint à mes narines, je me relevais rapidement pour aller éteindre le feu sous la viande.

- Ahhhhhhhhhh non, voila monsieur le super héros par votre faute tout est à refaire !

- Et maintenant c'est de ma faute ?

- Bien sûr que oui…tu m'as distraite.

- Moi ? fit-il comme étonné. Je suis capable de faire perdre le nord à la grande Kate Beckett…je suis trop fort !

- Cast' ça va les chevilles, elles n'enflent pas trop ?

- Chérie généralement ce ne sont pas les chevilles qui enflent chez moi avec toi.

Et en voilà un de plus un de ces nombreux sous-entendu qu'il était capable de lâcher. Je le retrouvais comme au début de notre partenariat, beaucoup plus incisif et même si j'étais aussi rouge qu'une tomate je m'avouais silencieusement que je l'aimais bien ainsi. Néanmoins, pour continuer à garder la face je le réprimandais.

Deux secondes là Kate, venait-il juste de m'appeler « chérie ». Comment ça se fait que je n'étais pas déjà partie en courant. Moi qui d'habitude fuyais à grandes enjambées dans ce genre de configuration.

Evidemment c'était pour me taquiner mais avec lui c'était toujours autant pour rire que sérieusement. Il ne disait jamais rien complètement au hasard.

- Castle…

- Compris…je me tais.

- Bien fis-je ravie que mon ton soit aussi efficace.

Les derniers émincés de dinde ayant brûlé, je comptais bien à présent les surveiller et faire en sorte de ne pas réserver le même sort aux suivants. Je restais donc à côté de la plaque de cuisson. Il me fallut dix minutes de plus pour parachever la préparation de mon plat. Avant de servir je prenais la précaution d'ébouillanter les assiettes afin de conserver les aliments bien au chaud. Je veillais à ce que la présentation soit impeccable. Satisfaite de la finalisation je prenais les assiettes et les amenais.

- On va pouvoir passer à table Cast'.

- Ca sent délicieusement bon en tout cas, me répondit-il.

Au lieu de nous installer à table j'apportais le tout au salon, pensant que Rick apprécierait de ne pas être dans son fauteuil pour une fois. Ca permettait de ne pas lui rappeler son statut d'handicapé. En préparant le repas j'avais pensé qu'il fallait quelque chose qu'il puisse manger facilement. Je le connaissais assez pour savoir qu'il détestait dépendre des autres. Et je comprenais ce pan de sa personnalité d'autant mieux à présent, depuis qu'il s'était ouvert sur son histoire avec son père.

- Cast', je peux te poser une question ?

- Bien sûr ma belle.

Je souriais légèrement mais ne perdais pas mon envie de parler avec lui sérieusement comme cela nous arrivait très souvent. Voilà une chose de plus que j'aimais dans notre relation bien sûr il y avait de l'attirance, de l'humour mais nous étions capables d'aborder tous les sujets ensemble du plus futile ou plus sérieux.

- Le fait de grandir sans ton père ne t'as pas empêché de vouloir une vie de famille ?

- Au début si. Mais après avoir fait mes crises j'ai compris que ça pourrait être mon salut. Et tu sais quand on se construit, on prend soit modèle sur ses parents soit on fait l'opposé. Je ne sais pas grand-chose de mon géniteur, mais je sais au moins que je ne veux pas lui ressembler. Jamais je n'abandonnerai quelqu'un que j'aime, une femme, un enfant. Il soupira

- J'ai eu beaucoup de femmes dans mon lit tu sais ! Je fronçais les sourcils, contrariée. Il me regarda droit dans les yeux en souriant.

- Mais si peu ont compté !

- D'abord il y a eu Kyra, oh oui, je l'ai aimé, adoré même un peu trop au point de l'étouffer, je ne savais pas trop comment faire tu sais. Mon cœur se serrait en pensant qu'elle avait pu aimer une autre femme mais quoi de plus normal moi aussi j'en avais aimé d'autres.

- Je l'ai aimé oui plus que tout mais je l'ai tant étouffée qu'elle m'a demandé de m'éloigner, elle ne voulait pas me quitter je le sais mais pour moi c'était comme un second rejet et je suis parti pour toujours car je ne pouvais pas supporter plus. C'était trop dur…

- Puis il y a eu Meredith, je l'ai aussi aimé mais ce n'était en rien comparable car mon cœur était fermé depuis Kyra. Mais il y a eu un merveilleux accident, mon bébé, l'amour de ma vie Alexis, la plus belle chose qui me soit arrivée. Je souris en voyant ses yeux pétillants de fierté lorsqu'il parlait de sa fille.

- Mais Meredith était instable et la retrouver avec un autre homme dans notre lit a plus blessé mon orgueil de mâle qu'autre chose, ce qui voulait tout dire.

- Puis il y a eu Gina, je l'ai aussi aimé à ma façon mais pas assez pour lui laisser une place importante auprès de moi et de ma fille. Elle s'est lassée de mon non engagement et a demandé le divorce, ce que je ne regrette pas d'ailleurs. Car je ne pense pas que je lui aurai laissé une place, même avec le temps.

- Et enfin… Il me regarda avec un sourire resplendissant.

- Et enfin ? Demandais-je.

- Et enfin j'ai rencontré la femme la plus fantastique, le plus extraordinaire du monde. Celle qui a su faire exploser mon cœur.

- Kate tu es celle qui m'a redonné le goût à l'écriture, j'étais désabusé je n'avais plus goût à rien et tu es entrée dans ma vie comme un ouragan, tu es la meilleure chose qui me soit arrivée depuis Alexis et je dois dire que ça me fait peur…J'étais touchée en plein cœur toute ses paroles auraient pu sortir de ma bouche, nous étions encore une fois sur la même longueur d'ondes…

Les pièces du personnage s'assemblaient devant mes yeux de plus en plus. Je comprenais autrement sa fidélité à toute épreuve. L'an dernier je l'avais un peu secoué à propos de Damian Westlake en lui reprochant la foi inébranlable qu'il avait en lui. Mais je comprenais mieux à présent. Il avait dû se raccrocher à certaines figures au cours de sa vie, en en faisant des hybrides du père qu'il n'avait jamais eu. J'avais perdu ma mère, mais j'avais eu la chance de la connaître, d'être aimée par elle.

- Rick je sais que tu n'abandonneras jamais. Et promets-moi de ne plus douter de ton cœur. Tu es l'homme le plus généreux que je connaisse le meilleur partenaire qu'il soit, le plus fidèle ami que j'ai, …l'homme…..

Et là je bloquais. Comme toujours exprimer mes sentiments était difficile. Non parce que je ne les éprouvais pas mais parce que j'avais l'impression qui si je les déclarais j'allais perdre la personne. Et c'était trop de souffrances que de perdre l'être aimé qu'il soit parent, ami ou amour.

- Gosh Cast' je suis ridicule.

- Non Kate, tu ne peux pas savoir ce que ça me fait d'entendre tes paroles.

- Mais regarde je suis incapable de te dire….ce que toi tu as tant de facilité à me…

Et sur ce il bloqua la progression de ma phrase en m'embrassant. Je me perdais une nouvelle fois dans notre ballade. Nous nous embrassions souvent, mais je ne m'en lassais pas et ne pensais pas pouvoir m'en lasser. Ce baiser était différent, bien évidemment passionné mais beaucoup plus doux. Et il ne dérapa pas sur plus. L'intensité nous suffisait. Lorsque nous nous séparâmes il me regarda, transperçant mon cœur et mon âme en raison de la tendresse, de l'amour qui se reflétait dans ses yeux.

- Merci Rick.

- Always Kate, always.

- Always, répétais-je.

C'était notre formule, cette façon pudique que nous avions de nous déclarer notre amour. C'était d'ailleurs probablement plus fort qu'un « je t'aime ». C'était en tout cas la nôtre. Pour une fois ce n'est pas moi qui mis un terme à ce moment plus qu'intense, mais lui.

- Tu veux faire quoi ?

- Ce que tu veux.

- Un jeu vidéo, ça te tente ?

- Pourquoi je ne suis pas surprise ?

- Parce que tu me connais.

- Ok tu en as un en tête ?

- Tekken ?

- Parfait.

J'adorais les jeux de combats et celui-ci était particulièrement bon.

- Prépare-toi à perdre Kate.

- Tu me sembles bien confiant.

- Je suis imbattable.

- Parce que tu ne t'es pas encore mesuré à moi….

- C'est ce qu'on va voir. Allons-y. Aucune pitié, sans foi ni loi.

- Adjugé.

- Et tu ne prends pas Jin il est à moi ! Me déclara mon partenaire.

- Non t'inquiète moi je prends Christie Monteiro !

- Pff de la Capoéra face au Karaté ? Je vais te pulvériser ma belle ! Je ris

- C'est ce que nous verrons, mon beau. Il rit lui aussi à ma réplique puis après un clin d'œil me fit signe de la tête de sélectionner mon personnage.

Il posa la manette sur la table basse ne pouvant la tenir avec ses deux mains mais positionna ses doigts de la main plâtrée sur les touches de jeu. Le joystick entre deux doigts de celle valide.

Le jeu débuta et un combat sans merci commença personne ne voulant laisser gagner l'autre nous avions chacun un round de gagné. J'effectuais deux combos à la suite et le mis ko sur la troisième manche.

- Quoi mais comment t'as fais ça c'est de la triche !

- Comment ça de la triche, je n'ai fais qu'appliquer la technique du personnage, j'y peux rien si tu ne sais pas jouer. Il me regarda d'un sale air et exigea une revanche. J'acceptais de bonne grâce rigolant devant sa mine déconfite alors que je le battais une seconde fois.

- Ah mais bon sang c'est pas juste tu as un avantage sur moi, toi tu n'es pas handicapée ! S'exclama-t-il en montrant son plâtre.

- Vraiment ? Quelle mauvaise foi ok ? on refait une partie et je joue dans les mêmes conditions que toi ! Posant la manette, je positionnais mes doigts sur celle-ci, en attente. Il sourit persuadé que cette fois si, il gagnerait. Une lutte sans merci eut lieu entre nos personnages et finalement il remporta la partie.

- Yes ! J'ai battu Kate Beckett ! Oui ! Cria-t-il en levant les bras en l'air. Je souriais en le voyant si heureux, je ne lui dirai pas que je l'avais laissé gagner, inutile de rabaisser sa fierté d'homme.

Finalement après quelques autres parties, nous nous lassâmes du jeu. Je bayais à plusieurs reprise épuisée de ses deux nuits agitées et encore si je les avais passés en faisant des folies de mon corps, ça irait très bien mais là ce n'était pas le cas, la frustration m'avait maintenue éveillée et à présent elle m'assommait.

- Va te reposer, tu sembles complètement HS. J'acquiesçais mais je ne voulais pas me reposer sans lui, je voulais sentir sa chaleur contre moi. Alors je me blottis dans le creux de son épaule étendant mes jambes sur le canapé.

- Je veux rester là, dans tes bras. Il me sourit embrassant mes cheveux en m'entourant de son bras.

- Pas de problème détective ! Je veille sur votre sommeil. Je souris et m'endormis sans même m'en rendre compte.

Rick

Elle était là dans mes bras, tranquillement en train de dormir et moi je la contemplais si heureux de l'avoir ainsi. J'avais tant lutté pour faire partie de sa vie, d'abord en tant que partenaire, puis en tant qu'ami et à présent en tant qu'amant que cette situation me semblait encore irréelle, onirique même. Mais non tout ceci était bien vrai, palpable autant que son corps reposant contre moi.

Son état d'épuisement était tel qu'elle s'était endormie tout de suite et elle s'était blottie contre moi. A nouveau ce n'était pas Beckett qui était avec moi mais Kate. Son visage était complètement détendu alors qu'elle était assoupie et si possible encore plus majestueux. Je ne pensais pas de me lasser la regarder ainsi, observant ses lèvres bouger de temps en temps, entendant des petits sons de confort sortant de sa bouche.

Ne décrochant pas mon regard d'elle je réalisais le parcours accompli par nous. Enfin, nous nous autorisions une relation. Et finalement même si j'avais particulièrement envie de la connaître bibliquement sachant que l'expérience serait formidable, c'était une bonne chose que nous n'ayons pu le faire tout de suite.

Il était certain que si je n'avais pas été handicapé nous aurions déjà et serions certainement encore en train de faire dialoguer nos corps, apaisant les charbons ardents de désir qui brûlaient entre nous depuis quatre années. Mais mon handicap nous avait obligés à se confier, s'ouvrir, se découvrir dans le quotidien.

Et c'était souvent là que les couples s'effondraient dans la routine et la quotidienneté. Forcément les débuts étaient toujours extraordinaires, animés. Les commencements de relation amoureuse, c'était un peu comme partir en vacances. Tout était toujours magnifique. Mais là ce week-end avait été très domestique. Et je me sentais bien avec elle nous étions aussi coordonnés que dans notre vie professionnelle.

Ca pouvait marcher, même très bien surtout si Kate ne fuyait pas comme elle le faisait souvent. J'avais décidé de lui confier mon cœur car elle seule pourrait le faire battre correctement. Avec elle je ne voulais pas faire semblant, j'avais envie de tout vivre et pourquoi pas un jour nous donner un merveilleux enfant.

Mes pensées allaient loin, très loin même. Mais dans mes bras, j'avais la sensation de tenir la femme de ma vie. Ce n'était pas explicable, j'avais des difficultés à mettre des mots sur ce que je ressentais, mais l'intensité parlait d'elle-même.

Après avoir fait un retour sur moi-même et ravi que nous en soyons enfin là je me saisissais d'un ouvrage de la maison d'édition Black Pawn. Je devais rendre à Gina mes avis et comme toujours j'avais du retard sur la dead line. Je profitais donc que ma belle soit profondément endormie pour m'en occuper. Néanmoins je la regardais de temps en temps me délectant de sa beauté. Au bout d'une heure et demi, elle commença à remuer et à faire des petits gémissements. Je fermais le livre et le posais à côté de moi sur le canapé.

Kate

Lorsque je me réveillais, j'avais la tête sur les genoux de mon partenaire et je sentais ses doigts caresser mes cheveux. Je refermais les yeux savourant ses douces caresses.

- J'ai dormi longtemps ?

- Deux heures environ !

- Je me redressais.

- Deux heures ? Il fallait me réveiller !

- Pourquoi faire tu dormais si bien ! Tu en avais besoin apparemment. Me dit-il taquin en me faisant un clin d'œil.

- Et toi tu as dormi ?

- Non je t'ai regardé dormir ! Je souris et l'embrassais furtivement.

- C'est mignon mais un peu flippant quand même ! Il rit.

- Je n'ai pas fait que cela quand même ! Il me montra un livre.

- J'ai du retard de lecture, Gina exige que je donne mon avis sur trois romans qui doivent sortir ce mois ci. Me répondit-il d'un air désobligé.

- Elle est bien tyrannique cette femme ! Lui lançais-je moqueuse. Il plissa les yeux me tira la langue.

- Très mur Castle. Dis-je en riant.

- Mais tu sais je pense que j'aime les femmes tyranniques, fortes, dominatrices.

- Ca veut dire quoi ça Cast' ?

- Ca veut dire ma chère détective que je suis fasciné par les femmes à fort caractère, qui savent ce qu'elles veulent et n'ont pas peur du chemin à faire pour l'obtenir.

Sur ce je me redressais et venais l'embrasser dans le cou happant sa peau, lui déposant des baisers brûlants. Il commençait déjà à grogner et pencher la tête en arrière s'abandonnant totalement à ma torture. Les sons qu'il émettait me stimulais alors je m'installais au-dessus de lui sur le canapé et l'emportais dans un baiser cette fois-ci torride et acharné. A l'instar de tout à l'heure dans le jeu vidéo il y eut une véritable lutte entre nous. Nos langues se battaient pour dominer le baiser, et comme tout à l'heure, aucun de nous ne voulait céder. Les respirations étaient fortes, saccadées et nos gémissements ne tardèrent pas à arriver sur la scène s'invitant dans notre conversation. Nous étions tellement dans notre baiser qu'aucun de nous n'entendit que quelqu'un entrait dans la maison jusqu'à ce qu'une voix nous appelle.

- Papa, lieutenant Beckett.

Je me détachais de Rick très gênée et confuse. Nous nous étions fait surprendre par Alexis.

- Ma chérie mais tu ne devais pas rentrer ce soir ?

- Si mais finalement je suis là plus tôt.

- Oui je vois, fit Rick tout aussi troublé que moi.

Je m'étais dégagée de ma position, pour m'asseoir convenablement sur le canapé.

- Lieutenant Beckett je vois que vous avez effectivement bien pris soin de mon père.

Voilà qu'elle rendait mon mal être un peu plus important. Mais quand je vis qu'elle souriait en nous regardant je compris qu'elle n'était pas défavorable à ce qu'elle venait de voir.

- Alors papa comment te sens-tu ?

- J'aimerai pouvoir courir le 100 mètres, mais ça va bien.

Le 100 mètres et d'autres activités sportives oui me dis-je intérieurement.

- Bon je vais aller ranger mon sac dans ma chambre.

Alexis monta à l'étage, nous laissant très habilement de l'intimité. Quant à moi ma mission au loft était finie. J'en avertissais donc Rick.

- Cast' je vais y aller maintenant.

- Quoi tu pars ?

- Oui je t'avais dit que je restais avec toi jusqu'à l'arrivée d'Alexis et de ta mère. Maintenant tu n'es plus seul.

- Mais tu peux rester tu sais.

- Non ça va je vais rentrer chez moi et te laisser avec ta fille.

- Ok, fit-il résigné.

Peut être avait-il le sentiment que je fuyais une nouvelle fois. Alors pour le rassurer je mettais une main sur sa joue la caressant et lui dis captant son attention d'un regard.

- J'y vais mais je ne fuis pas ça.

Et je l'embrassais à nouveau tendrement.

- Je reviendrai te voir dès que possible. Et si tu as besoin tu m'appelles.

- Ok merci Kate. Je peux encore avoir un baiser ?

- Such a child Cast'…

Mais j'obtempérais néanmoins. J'aimais tant l'embrasser.

Puis je me levais du canapé et montais à l'étage saluer Alexis, frappant à sa chambre.

- Oui ?

- Alexis, je vais y aller maintenant que tu es là ! Annonçais je en entrebâillant la porte.

- Ok ! Merci lieutenant Beckett, pour tout ! Je lui souris

- Ce n'est rien tout le plaisir était pour moi !

- J'ai pu constater ça oui. Répliqua-t-elle en riant. Un peu gênée j'eus un rire crispé.

- Bon, j' y vais et Alexis ?

- Oui ?

- Appelle-moi Kate ! Avec un sourire radieux, elle me répondit.

- Très bien à bientôt Kate.

- Oui ! Sur ce je fermais la porte et partais me changer. Puis lorsque chose fut faite, je redescendais au pas de course, faisant un dernier détour vers le canapé pour un dernier baiser à mon amoureux.

- A plus tard Rick !

- Plus tôt que tard Kate j'espère. L'embrassant de nouveau, je lui répondis :

- Oui… Aussi vite que possible. Et sur ces paroles je sortis du loft en lui jetant un dernier regard.