A/N: Vous vous rappelez de quand je faisais des updates régulières ? Ouais, moi non plus.


Le lendemain, Louis passa son temps libre entre deux examens blancs à tenter de croiser Scorpius Malfoy. Mais comme il l'avait lui-même découvert à de nombreuses reprises au cours de ses sept années passées à Poudlard, le château renfermait assez de sombres recoins, de passages secrets et d'alcôves mystérieuses pour éviter quelqu'un quand on voulait être seul. De fait, malgré la complicité malvenue d'une Vera et d'une Rose déterminées à enfermer Scorpius et Louis dans un même placard à balais jusqu'à ce qu'ils règlent leurs différents (stratégie à laquelle Louis avait répondu par un « Mêlez-vous de vos affaires, bon sang ! Je ne veux pas faire quoi que ce soit avant la fin des examens ! » catégorique), il ne put mettre la main sur le jeune Serpentard. Ne s'avouant pas vaincu pour autant, Louis décida qu'il pourrait toujours le coincer dans la Grande Salle, mais il ne l'y vit ni au déjeuner, ni au diner.

Ce fut donc sans avoir aperçu ne serait-ce qu'un seul cheveu de Malfoy qu'il se coucha ce soir-là (et ce ne fut que dans ses rêves aussi remplis de parchemins, de balais volants, de Rose et Vera habillées en cheerleaders et chantant ses mérites que Louis vit enfin Scorpius).

Le lendemain matin, Vera entra dans la Grande Salle pour le petit-déjeuner et se dirigea aussitôt vers Rose et Louis, déjà attablés devant leurs toasts et autres bols de lait.

— Scorpius est malade, leur dit-elle sans autre préambule.

Rose leva un sourcil.

— Il s'est rendu compte à quel point il a été malpoli hier et son ventre se tord devant son peu de respect des conventions aristocratiques dans lesquelles il a été indubitablement élevé ? demanda-t-elle.

Vera la regarda d'un air interdit quelques secondes avant de secouer la tête et de se tourner vers Louis.

— Je suis persuadée que c'est du bluff, dit-elle. Il refuse que je l'emmène à l'infirmerie, et il n'avait pas l'air d'avoir de fièvre. Evidemment, le visage pâle ne peut pas être pris comme un indice de maladie vu que Scorpius n'a jamais réussi à prendre la moindre couleur. En tout cas, il a dit qu'il n'irait pas aux examens blancs aujourd'hui, et probablement pas pour le reste de la semaine non plus.

Louis soupira.

— Bah, peu importe, dit-il.

Rose et Vera tournèrent vers lui des yeux scandalisés.

— Comment ça ? s'exclama sa cousine. Tu as couru le château toute la journée pour lui mettre la main dessus, et là, tu abandonnes ?

— Je n'ai pas « couru le château toute la journée », commença-t-il à se défendre mollement, mais Vera leva les yeux au ciel.

— Pitié, dit-elle. Tu mens encore plus mal que lui. Tu rêves qu'on vous enferme dans un placard à balai.

Sentant qu'il était impossible d'argumenter avec elles, Louis se contenta de hausser les épaules.

— Ecoutez, quoi qu'il se passe entre nous, ça va devoir attendre. Il n'a visiblement pas l'intention de se montrer cette semaine, et les deux semaines qui vont suivre sont deux semaines d'examens. On verra à ce moment-là.

Ce fut au tour de Rose de lever les yeux au ciel.

— Et le bal ?

— Quoi, le bal ?

— Ben, tu veux pas y aller avec lui ?

Louis la regarda quelques secondes avant d'éclater de rire.

— Rose, tu crois vraiment que deux semaines et demi convaincront Scorpius Malfoy à sortir du placard et à se pointer à un bal de fin d'année avec un autre garçon ?

Rose haussa les épaules.

— On sait jamais, dit-elle.

Vera soupira à son tour.

— Non, je crois que Louis a raison de ce côté-là, dit-elle. Scorpius peut être encore plus borné que son père sur des trucs sans importance. Alors pour quelque chose d'aussi gros que ça ? Louis a plus de chances d'être élu Ministre de la Magie.


Le reste de la journée se passa sans heurts. Louis eu l'impression de bien faire dans les deux examens blancs qu'il passa et c'est le pas léger qu'il quitta Rose dans leur salle commune afin d'aller se coucher. Evidemment, Scorpius Malfoy avait encore brillé par son absence, mais comme il l'avait dit à Rose et Vera le matin-même, Louis avait décidé d'attendre la fin des ASPICs pour contempler son prochain coup dans cette étrange partie d'échecs.

Louis avait à peine refermé la porte du dortoir que Tim se précipita sur lui.

— Je ne peux pas le faire ! s'exclama-t-il, la voix étranglée.

Louis leva un sourcil, et un air sardonique sur le visage, il demanda :

— Ca y est, tu me parles à nouveau ?

Depuis que Louis avait poussé Rose dans ses bras pour le bal de fin d'année, Tim avait boudé son ami et refusé de rester plus longtemps que nécessaire dans les mêmes environs que lui. Tim préféra ignorer la remarque de Louis et poursuivit :

— Je ne peux pas y arriver, Louis ! Les ASPICs, je vais me planter, c'est sûr ? Que va dire ma mère après les résultats extraordinaires de ma sœur l'an dernier ? Je vais être la honte de ma famille ! Et même si je survis aux examens, ce dont je doute fortement, je vais mourir avant le bal parce que je vais exploser de stress et d'angoisse parce que j'y vais avec la femme de ma vie sauf qu'elle ne sait pas qu'elle est la femme de ma vie ! Et si j'arrive à vivre jusqu'au bal je vais soit m'évanouir dès qu'on va devoir danser ensemble, soit me rendre complètement idiot devant elle.

Tim jeta ses mains en l'air avant de s'effondrer sur le lit encore vide de Kevin.

— Je suis foutu, Louis. Foutu, foutu, foutu.

Louis aurait voulu sourire, car en temps normal, la crise de Tim aurait semblée amusante. Tim était de loin un des meilleurs élèves de leur année, et il n'y avait aucune raison qu'il rate ses ASPICs, mais comme Louis l'avait lui-même découvert au moment des BUSEs, deux années auparavant, il était très facile d'oublier d'être rationnel quand l'examen n'était plus simplement un test de fin d'année mais une épreuve nécessaire à la validation d'un diplôme. Là où l'échec des examens de sixième année se serait simplement traduite par des cours supplémentaires tout l'été pour la session de rattrapage en septembre et la possibilité d'améliorer ses notes au cours de l'année scolaire par des devoirs et projets supplémentaires, une mauvaise note aux ASPICs signifiait autant de possibilités de carrière qui se refermaient devant eux.

Quant aux inquiétudes de Tim concernant Rose… elles auraient pu sembler attendrissantes et même amusantes si son ami n'avait pas sincèrement semblé si proche de la crise d'hyperventilation. Louis soupira. La nuit s'annonçait longue…


Les jours qui suivirent furent calmes, et Louis eut l'étrange impression d'être retourné à sa vie d'avant, celle où le bal de fin d'année n'avait pas encore été annoncé et où il avait simplement été un étudiant parmi tant d'autres qui cherchait à se fondre dans la masse pour que personne ne découvre jamais son secret. Cela faisait à peine trois mois que sa vie avait basculée, et Louis accueillit le répit avec gratitude.

Le samedi soir, il poussa la porte de la bibliothèque, Tim sur les talons. Les locaux avaient été réservés aux élèves de cinquième et de septième années, et Louis aperçut ses cousins Hugo et Lily assis parmi leurs amis, leurs livres d'Histoire de la Magie ouverts devant eux. Lily regardait son manuel avec un air de dégoût mêlé de profond désespoir tandis que Hugo semblait lui avoir déjà abandonné et qu'il gribouillait des nuages sur un morceau de parchemin qui avait vraisemblablement connu de meilleurs jours. Avec un sourire, Louis se rendit compte qu'au moins, lui avait pu se débarrasser des matières inutiles deux ans auparavant. Tout compte fait, peut-être bien qu'il était plus facile de passer ses ASPICs que ses BUSEs.

Il fallut quelques minutes à Louis et Tim pour trouver Rose et Vera tant l'endroit était bondé, mais ils finirent par les trouver sur une table à proximité du rayon « Botanique. »

— Désolé pour le retard, murmura Louis en s'asseyant à côté de Vera. Quelqu'un ne trouvait plus son sac.

Tim rougit mais ne répondit pas. Son regard était fixé sur la seule chaise libre, entre Rose et Louis. Il resta debout quelques secondes, l'air un peu pataud, avant qu'un regard intrigué de Rose ne le force à s'asseoir.

Louis avait décidé de prendre le taureau par les cornes et forcé Tim à l'accompagner à la dernière séance de révisions que Rose avait tenu à organiser.

— Je compte ne rien faire le dimanche avant le début des examens, avait-elle dit. Il faut se reposer, et de toute manière, si à moins de vingt-quatre heures de ton examen, tu ignores un truc que tu as passé sept ans à apprendre, les chances pour que tu réussisses enfin à le retenir sont quasiment nulles.

Elle avait conclu qu'une séance de révisions en groupe ne pourrait pas leur faire de mal, et demandé à Vera et Louis s'ils étaient partants. Alors quand Tim avait craqué, trois jours auparavant, Louis avait décidé qu'il était temps que son ami et sa cousine passent un peu de temps ensemble avant le bal, auquel cas Tim serait bon à envoyer à Sainte Mangouste une fois le bal arrivé, et l'avait forcé à se joindre à eux.

Le petit groupe révisa ainsi pendant deux bonnes heures dans le silence et un relatif confort, l'un demandant occasionnellement à l'autre une clarification sur les propriétés de tel sort ou les ingrédients de telle potion. Quand Tim se leva, Rose lui sourit et demanda :

— Tu vas où, Timmy ?

Tim devint rouge comme une tomate et Louis dût dissimuler son sourire.

— Je… hum… toilettes, parvint-il à balbutier.

— Oh, quand tu reviendras, est-ce que ça t'ennuierait de me rapporter 1001 Sorts et Contre-Sorts, s'il te plait ?

— Oh, hum, bien sûr…

Sur ce, il s'enfuit presque en courant. Vera, qui n'avait rien manqué de l'échange, se tourna vers Rose.

— Tu te rends compte que ce type est complètement amoureux de toi, hein ?

Rose, qui avait replongé dans ses notes de Sortilège, tourna vivement la tête vers Vera.

— Pardon ?

Vera leva un sourcil.

— Non, sérieusement ? T'avais pas remarqué ?

— Remarqué quoi ? Pitié, Tim n'est pas amoureux de moi, on se connait à peine et honnêtement…

Elle s'interrompit, se mordit la lèvre et baissa les yeux, soudainement gênée.

— « Honnêtement » quoi ? insista Vera.

— Honnêtement, faudrait être sacrément fou pour tomber amoureux de moi. Louis n'a pas tort, je suis la personne la plus énervante que je connaisse.

Vera préféra ne pas répondre et se tourna vers Louis.

— Louis ? C'est ton ami, il t'en a surement parlé.

Louis hésita quelques secondes. Tim ne lui avait jamais demandé de garder le secret, et il n'aurait pas trahi quoi que ce soit s'il avait avoué la vérité à sa cousine. Mais qui était-il, pour révéler ainsi des choses que Tim n'était évidemment pas prêt à avouer ? D'un autre côté, peut-être qu'informer Rose des sentiments de son ami l'éviterait de se ridiculiser au bal de Noël…

Au final, il se décida pour un simple :

— Tout ce que je peux dire, c'est que tu ne le laisses pas indifférent.

Rose se mit aussitôt à rougir.

— Quoi ? s'exclama-t-il, s'attirant les regards noirs de plusieurs élèves autour d'eux. Toi aussi tu es amoureuse de lui ? reprit-il en chuchotant.

— Et voilà la confirmation que je demandais, commenta Vera d'un air triomphant.

Louis se donna mentalement une claque derrière la tête.

— Non, dit Rose. Non, je ne le connais pas assez… Mais… c'est la première fois que quelqu'un est intéressé, c'est plutôt flatteur…

A ces mots, Louis devint soudainement sérieux.

— Rose… murmura-t-il. Ne joue pas avec lui, s'il te plait. Il… il est plutôt mordu, si tu lui fais croire des choses et ne les lui donnes pas, il risque d'avoir plus mal que tu ne pourrais le croire.

Rose sembla alors s'indigner.

— Pour qui me prends-tu, Louis Hervé Weasley ? Je ne suis pas ce genre de personne et…

— Tim arrive, coupa alors Vera, et le silence tomba à nouveau autour de la table.

Il se faufila jusqu'à eux et tendit son livre à Rose qui le prit en le remerciant, un sourire un peu incertain aux lèvres et les joues rouges. Louis ne put s'empêcher de penser que sa cousine était mignonne, quand elle était toute troublée… Tim se rassit, et hésita un instant avant de parler.

— Vous ne devinerez jamais qui j'ai vu à une table près du rayon des Sortilèges, dit-il.

Les trois autres le regardèrent, un air interrogateur sur le visage.

— Scorpius Malfoy.

Le regard que Vera et Rose échangèrent n'échappa pas à Louis. Il se demanda vaguement si elles envisageaient de les trainer de force dans la Réserve, à défaut de placard à balais, Scorpius et lui. Tim se racla la gorge et poursuivit.

— Le bâtard est venu me parler.

Il se tourna alors vers Louis.

— Il veut te voir.


A/N: Voilà voilà... J'espère que vous m'en voulez pas trop de vous avoir fait attendre pour ça.

Autre chose, ça fait longtemps que j'ai arrêté de répondre aux reviews parce que je suis juste toujours hyper honteuse de ne jamais updater cette histoire et que je suis de toute manière généralement très nulle pour les ràr, mais je tenais à dire merci à tous ceux d'entre vous qui continuent à reviewer malgré la vitesse d'escargot asthmatique à laquelle j'écris cette histoire. Des bisous à tout le monde !