Chapitre 4

Cela faisait maintenant deux jours que l'équipage avait accosté et profitait de cette île pour des vacances bien méritées, le One piece pouvait bien attendre quelques jours après tout. La cabane qu'ont élaborée les trois bricoleurs avait pris des dimensions surréalistes pour une "cabane". Ils avaient construit une chambre pour les deux demoiselles et une grande pièce pour les garçons. Ils avaient aussi installé une cuisine assez spacieuse pour pouvoir y manger, bien que le groupe préfère profiter du beau temps sur la plage, et une petite réserve attenante. Pour les repas, au grand désespoir du capitaine, c'était essentiellement du poisson, des fruits et des racines comestibles. Une fois Usopp avait réussi à attraper un rongeur avec son lance-pierre, une fois cuisiné, Luffy s'était jeté dessus.

Aujourd'hui, le petit groupe avait décidé de profiter du lagon et s'était rendu dans la forêt, piochant par ci par là des fruits pour les grignoter plus tard. L'arrivée les époustoufla, le décor était vraiment grandiose, le lagon s'étendait entre les arbres et une petite cascade s'écoulait joyeusement dans l'eau turquoise. La beauté du moment fut interrompue par un capitaine surexcité qui plongea tout habillé en hurlant. Tout le monde éclata de rire. Les filles retirèrent leur paréo et se glissèrent dans l'onde avec délectation. Zoro s'adossa à un arbre pour faire une sieste et Franky s'assit au bord de l'eau, il valait mieux pour lui d'éviter de se baigner pour ne pas risquer de rouiller. Les autres camarades, entrèrent dans le lagon à leur tour. L'eau pure faisait du bien. Les garçons s'amusaient à s'éclabousser et les filles se prélassaient. Zoro, sous ses airs assoupis en profitait pour détailler le blond, laissant son esprit d'évader. Bien que parfois lent à la réflexion, Zoro avait fini par comprendre ce qu'il ressentait pour le cuistot. Il n'était guère surpris, jusqu'à maintenant il n'avait jamais été vraiment intéressé par les filles, mais que ce soit lui, le blondinet qui l'attire il ne comprenait pas. Ils passaient leur temps à se taper et se crier dessus.

- C'est parfois le meilleur moyen de cacher ce que l'on ressent réellement, déclara Robin doucement

Zoro sursauta, il n'avait pas entendu la jeune femme. De plus comment avait-elle pu savoir exactement à quoi il pensait. Devant l'air ahuri du bretteur, Robin se leva en rigolant :

- Fait attention, tu bougonnais assez fort pour qu'on puisse t'entendre.

Zoro était aussi rouge que la fleur à côté de laquelle il était assis. Il croyait être plongé dans sa réflexion et non penser tout fort. Robin était déjà redescendue, il regarda un instant autour de lui afin de s'assurer que personne d'autre n'avait pu entendre ce qu'il marmonnait. Honteux d'avoir été ainsi surpris Zoro se renfrogna, toutefois la phrase de l'archéologue avait déjà fait du chemin dans son esprit pour prendre sens. Il poussa un soupir de désespoir.

- Et bien, c'est comme ça que je suis accueilli alors que je t'apporte un jus de fruit frais

- Bordel vous pouvez pas arrêter de me surprendre, foutez-moi la paix ! râla un Zoro hargneux en sursautant à nouveau.

Il se retourna vers l'importun et se stoppa net devant le visage décontenancé de Sanji. Ce dernier hésita à balancer le jus de fruit au visage de l'épéiste, puis détestant gâcher la nourriture finalement le posa au sol, et fit demi tour sans un mot.

- Non attends je… sa voix s'étrangla. Merde quel con… cracha Zoro pour lui même.

Après sa réaction, il s'était attendu à ce que Sanji lui fracasse la tête, mais le voir aussi abasourdi lui avait coupé le souffle. Il se rendit compte qu'il avait blessé le jeune homme encore plus sûrement qu'une arme blanche.

Le blond lui retourna auprès des autres, tentant de masquer son trouble. Jamais il n'avait été aussi blessé par les mots du bretteur.

Le soir arrivant, le petit groupe regagna la cabane. Sanji pris la direction de la cuisine pour préparer le dîner. Au menu une sorte de poulet que Luffy avait réussi à assommer en balançant une noix de coco dessus. Le cuistot décida de le détailler en petits morceaux pour en faire des brochettes qu'il agrémenterait de fruits et de légumes. L'animal n'étant pas très gros, il parvint à faire deux brochettes par personnes. Tout le monde se rassembla autour du feu de camps qui avait été dressé. Sanji distribua les brochettes à chacun, arrivant devant Zoro il les lui tendit sans un regard et alla s'asseoir près des deux demoiselles. Tout le monde tendit ses brochettes pour les faires délicatement dorer. Luffy tellement pressé faillit les manger crues et Brook passa pas loin de l'incendie avec ses manches bouffantes qui frôlaient les flammes. Tout le monde rigola et passa un bon moment, ou presque. Le bretteur, déjà peu bavard en général restait prostré et le cuistot encore en rogne ne parvenait pas à s'impliquer pleinement dans la bonne ambiance de la soirée. Après le repas l'équipage s'égailla sur la plage, Luffy, Chopper et Usopp se lancèrent dans des défis complètement loufoques, Franky envisageait de nouvelles extensions à la cabane, Brook se lança dans un morceau et les filles papotèrent près du feu. Sanji retourna ranger la cuisine, il rassemblait les couteaux quand Zoro entra, fermant la porte derrière lui. Le cuisinier se raidit devant son plan de travail. Zoro se lança avant que le blond ne se retourne par crainte de perdre ses moyens devant ses yeux bleus.

- Écoute, pour la dernière fois, c'était pas contre toi, j'étais en colère mais … enfin, je n'aurais pas dû gueuler comme ça, je… Tu as le droit de m'en vouloir, mais... Euh, ce que j'essaie de dire c'est que… je te demande pardon.

Et sans attendre une quelconque réponse le bretteur tourna les talons et sortit aussitôt.

Sanji, toujours appuyé au plan de travail était bouleversé. Il ne s'attendait pas à de telles paroles et surtout, qu'elles le chamboulent à ce point. Zoro venait lui demander de l'excuser, son cœur était sur le point d'exploser. Sanji se rendit compte qu'il serrait la table tellement fort qu'elle commençait à se fissurer. Il relâcha ses doigts lentement et s'accroupit, la tête entre les genoux, tentant de réfléchir à ce qu'il se passait à l'intérieur de son cœur.